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Full text of "Revue celtique"

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Prof. Dr îh. SA.AOER 



a: fps 



REVUE CELTIQUE 



TOME XVI 



Digitized by the Internet Archive 

in 2010 witii funding from 

University of Ottawa 



http://www.arcliive.org/details/revueceltique16pari 



\ \^ FONDÉE -4 ^^ 

/w V H. GAIDOZ y ^ 

>/ .870-, 885 \0^ 

^J^^ PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE ^^\ 

*-'"h. d'arbois de jubainville 

Membre de l'Institut, Professeur au Collège de France 
AVEC LE CONCOURS DE 

J. LOTH E. ERNAULT 

Doyen de la Faculté des Professeur à la Faculté des 

Lettres de Rennes Lettres de Poitiers 

ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT 

G. DOTTIN 

Maître de Conférences à la Faculté des Lettres de Rennes 
Secrétaire de la Rédaction 



Tome XVI 



f^rof Dr. Th.BAAO^R 

: -?OÊse L t. ,< s(;»-< e w &g s si 
NIJMEGEN 



a ^Cjl^ 




PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 

SERVICES 
DATE, 



581471 



TABLE DES MATIÈRES 

CONTENUES 

DANS LE TOME XVI 



Pages. 
ARTICLES DE FOND. 

Plan du « Navan Fort » appelé en vieil irlandais Emiiin Mâcha (pi.), 

par H, d'Arbois de Jubainville i 

Notice d'un manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de 

Giessen, par Ludw.-Chr. Stern 8 

The Prose Taies in the Rennes Dindknchas, published with Transla- 
tion and Notes by Whitley Stokes 31, 135,269 

Le roi Loth des romans de la Table ronde, par J. Loth 84 

Some Irish Etyma, by Kuno Meyer 89 

M. O'Clery's Bcatha Ceallaig, by Kuno Meyer 91 

L'expression « ^u^n^f//, par J. Loth 94 

La division des syllabes (à propos d'un rapprochement entre le latin 

et l'irlandais), par Louis Havet 125 

Laurus, Lauracus, Laarius, Launacus, par H. d'Arbois de Jubain- 
ville 129 

Sur quelques textes franco-bretons, par Emile Ernault 168 

Dialectica. i . La terminaison bretonne -mp, -mb dans le système ver- 
bal et pronominal; 2. It, dr à Ouessant; 3. Le breton de Quiberon, 

par J. Loth 201,323 

Récent Changes made in Scotch Gaelic, by T.-O. Russel. . . 207, 341 
Etudes bretonnes : IX. Sur l'argot de La Roche (fin), par Emile 

Ernault 212 

La religion des Calâtes, par Salomon Reinach 261 

A propos de Ncnnius Vindicatus, par J. Loth 267 

Le sort chez les Germains et chez les Celtes, par J. Loth. . . . 513 



VI Table des Matières. 

La désinence bretonne de la première personne du pluriel, par Emile 

Ernault 31 j 

E ben, y bcn, par J. Loth J5j 

Bas-relief inédit autrefois à la bibliothèque de Strasbourg (fig.\ par 

Salomon Reinach 369 

The Annals of Tigernach, published by Whitley Stokes 374 

Deux notes du manuscrit irlandais de Rennes, par Douglas Hyde. . 420 

Contes irlandais (suite), par G. Dottin 421 



MÉLANGES. 

Le pronom adverbe se, soi en breton, par J. Loth. 
Le Beulan-Peulûti de Zimmer, par J. Loth.. 



237 
238 



BIBLIOGRAPHIE. 

The Outlines of the Phonology of Manx Gaelic, by John Rhys (G. 

Dottin) 240 

NÉCROLOGIE. 
François-Marie Luzel 3j6 



CHRONIQUE. 



Accusatifs gaulois en -as. 98. 
Bertrand (Alexandre). Les Celtes divis 

les vallées du Pô et du Danube. 

101. 
Brendan (saint). 246. 
Campbell (John Gregorson). Contes 

gaéliques. 247. 
César. De bello gallico, p. p. B. 

Kùbler, 95 ; p. p. H. Meusel, 95, 

256. Voir Orthographe. 
Contes celtiques. 246, 247, 347, 

352. Voir O'Brien, Campbell, 

Curtin. 
Curtin (Jeremiah). Taies of the Pai- 
ries and of the Ghost World col- 

lectcd from oral traditions in S. W. 

Munster. 3^2. 



Dijon (musée de). Catalogue des An- 
tiques, roo. 
Droit irlandais. 108. Voir Ginnel. 
Eglise (histoire de 1') dans le pays de 

Galles, 345. Voir Liturgie. 
Engler (A.), 255. Voir Hehn. 
Gaélique. Son orthographe, 342. 
Gildas. 106. 
Ginnel (Laurence). The brehon Laws, 

108. 
Hariulf. Chronique de l'abbaye de 

Saint-Riquier, 98. 
Hehn (Victor). Kulturpflanzen und 

Hausthiere, 6^ éd., p. p. 0. Schra- 

der et A. Engler, 255. 
Holder (A.). Altceltischer Sprach- 

schatz, III. 



Table des Matières. 



vil 



Irlande (L'article) dans la Grande 
Encyclopédie, par F. Lot, i lo. 

Jones (J. Morris). The Elucidarium 
and other Tracts in Welsli from 
Llyvyr agkyr Llandewivrevi (en col- 
laboration avec John Rhys), 106, 
247. — GweUdigaetheu y bardd 
cwsc d'Ellis Wynne, 344. 

Kùbler (Bernard). 95. Voir César. 

Liturgie galloise. 345. 

Lot (Ferdinand), 98, i 10. Voir Ha- 
riulf, Irlande. 

Marinier (L.). La survivance de l'âme 
et l'idée de justice chez les peuples 
non civilisés. 1 10. 

May (Martin). Civilisation celto-ger- 
maine, 254. 

Meusel (H.), 95, 256. Voir César. 

Meyer (V^nno). Hibernica minora, 105. 

Mommsen (Th.). Chronica minora, 
106. 

Montelius (Oscar) Les temps préhis- 
toriques en Suède et dans les autres 
pays Scandinaves, trad. par Salo- 
mon Reinach, 252. 

Nennius. 106. 

O'Brien (Patrick). A garland of Gae- 
lic Sélections, 245. 

O'Donoghue. St. Brendan the Voya- 
ger in Story and Legcnd, 246. 

O'Grady (Standish). The Coming of 
Cuchulainn, 243, 340. 

Orthographe donnée par César aux 
noms gaulois, 97. 

Petitot (Emile). Origines et migra- 
tion des peuples de la Gaule jus- 
qu'à l'avènement des Francs, 284. 



Reinach (Saiomon). Catalogue du 

musée de Saint-Gern.ain-en-La\'e : 

bronzes figurés de la Gaule, 100. 

Voir Montelius. 
Rhys (John). 106, 247. Elu principal 

de Jésus Collège. 256. Voir Jones. 
Russel (T.-O.). Sur l'orthographe 

gaélique, 342. 
Schrader (0.). 255. Voir Hehn. 
Stokes (MissMargaret). Three months 

in the Forests of France, 256. — 

La croix de Cong, 450. 
Stokes (Whitley). The Martyrology 

of Gorman, 352. 
Strachan (J.). Contributions ta the 

History of the déponent Verb in 

Irish, 348. 
Vaughan-Williams (Sir Roland Lo- 

max L The ancient Church in IVaies, 

345- 

Verbe irlandais, 348. Voi.- Strachan. 

Williams (Rév. Hugh). Some Aspects 
of the Christian Church in Wales 
during the fifth and sixth centuries, 

545- 
Williams (Rév. Robert). Sélections 

from the Hengwrt MSS., 247. 
Willis-Bund (J.-W.). Welsh Saints, 

345- 
Windisch (E.). Élu correspondant de 

l'Institut, 113. 
Wynne (El lis). Gweledigaetheu y 

bardd cwsc, 344. 
Zimmer (H.). Éd. de Nennius, 107, 

Sur J. Morris Jones, i^j. 



PÉRIODiqUES ANALYSÉS. 



Academy, 123, 258, 360. 
Annales de Bretagne, 1 1 4, 3 58. 



Anthropologie, 1 14, 259, 362. 
Archaeologia, 122, 



VIII 



Table des matières. 



Archaeologia Cambrensis, 121. 
Archivio glottologico italiano, 564. 
Bibliothèque de l'École des Chartes, 

358. 
Boletin de la Real Academia de la 

Historia, 122, 259. 
Bulletin archéologique du Comité 

des travaux historiques et scienti- 
fiques, 2^6. 
Bulletin de la Société archéologique 

du Finistère, 256, 367. 
Congrès des Sociétés savantes, 260. 
Folk-Lore, 121^ 3^7. 
Gazette des Beaux- Arts, 366. 
Indogermanische Forschungen, 116. 
Journal of the County Kildare ar- 

chaeological Society, 362. 
Journal of the R. Society of the An- 

tiquariesoflreland, 116,260,364. 
Nachrichten der k. Gesellschaft der 

Wissenschaften zu Gôttingen, 353. 
Proceedings of the R. Irish Aca- 

demy, 1 22. 
Revue archéologique, 355. 



Revue internationale de l'enseigne- 
ment, 357. 
Revue des traditions populaires, 258. 
Revue épigraphique du midi de la 

France, 122,2 58, 367. 
Scottish Review, 123. 
Sitzungsbericht der k. preussischen 

Akademia der Wissenschaften zu 

Berlin, 3 56. 
Transactions of the Gaelic Society 

of Inverness, 1 17. 
Zeitschrift der Savigny-Stiftung fur 

Rechtsgeschichte, 1 18. 
Zeitschrift fur das Gymnasial-We- 

sen, 115. 
Zeitschrift fur deutsche Philologie, 

364. 
Zeitschrift fur romanische Philologie, 

3 54. 
Zeitschrift fur vergleichende Litera- 

turgeschichte, 3 54. 
Zeitschrift fur vergleichende Sprach- 

forschung auf dcm Gebiete der in- 

dogermanischen Sprachen, (21. 



TABLE, par M. E. Ernault, des principaux mots étudiés dans le t. XVI 
de la Revue Celtiijue, p. 452. 



PLAN DU « NAVAN FORT » 



APPELÉ EN VIEIL IRLANDAIS 

EMAIN MACHA' 



Tous ceux qui se sont occupés de la plus ancienne littérature 
épique, conservée jusqu'à nous par les manuscrits irlandais, 
ont entendu parler d'Emain Mâcha, c'est-à-dire de la capitale 
du roi Conchobar, qui régnait en Ulster vers le début de l'ère 
chrétienne. 

Emain Mâcha a été détruite au commencement du iv^ siècle 
de cette ère par les trois Colla; et, depuis, elle est restée 
déserte. Sous la date de 331, les Annales des Quatre Maîtres 
s'expriment ainsi : « Bataille d'Achad Leithderg en Farney ^ 
« livrée par les trois Colla aux guerriers d'Ulster. Là fut tué 
« Fergus Fogha, fils de Fraechar Fortrên. Fergus Fogha est le 
« dernier des princes d'Ulster qui résidèrent à Emhain. Après 
« cette bataille les trois Colla brûlèrent Emhain qui, depuis lors, 
« ne fut plus habitée parles rois d'Ulster ni par leurs sujets 3, » 

Le témoignage des Annales des Quatre Maîtres terminées, 

1 . Navan représente à la façon anglaise la prononciation actuelle 
d'Emain, quand la préposition i n- « en « précède ce nom topographique : 
i n-Eamhain, comme dans les textes cités ci -dessous, n. 3 ; et plus loin, p. 2, 
n. 2; p. 3, n. 2 et 3. 

Le groupe initial tonique m bref ne doit pas être pris pour une diphtongue, 
c'est la notation moderne de Ve initial primitif qui se prononce maintenant 
comme l'a anglais dans heart « cœur », ou comme en général l'a français. 
L';» intervocalique, noté ml: ou m pointé dès le commencement du qua- 
torzième siècle, a pris le son de notre v ou du v anglais. Q.uant au groupe 
az de la syllabe finale qui est atone et brève, ce n'est pas la notation d'une 
diphtongue; le son — ^aujourd'hui un peu sourd — qu'il figure, est analogue 
à celui de l'a bref anglais qui se rapproche, comme on sait, de notre e muet. 

2. Farney, comté de Monaghan, en Ulster. 

3. CathAchaidh Leithdeircc hi Fernmoigh la-sna tribh CoUaibh for Ul- 
tuibh, du i ttorchair Fergus Fogha mac Fraechair Fortriuin ; tiugh-flaith 
Uladh i n-Eamhain in Fergus hi sin. Ro loicset iaromh Eamhain agus nî- 
s-aittreabhsat Ulaidh inte o-sén. Ed. d'O'Donovan, t. I, p. 124. 

Revue Celtique. XVI. î 



2 H. D' Artois de Juhainville. 

comme on le sait, en 1636, s'accorde sur ce point avec celui 
des Annales d'Inisfal qui vont jusqu'en 1320. Ces Annales, 
après avoir mentionné la défaite et la mort du roi d'Ulster 
Fergus Fogha dans la bataille d'Achad Leithderg, poursuivent 
leur récit comme il suit : « Les Colla avec les guerriers de 
« Connaught brûlèrent Emain tout entière, en sorte que les rois 
« d'Ulster et leurs sujets n'y habitèrent plus désormais ^ « 

Tigernach, qui acheva sa chronique en 1088, est d'accord 
avec les Quatre Maîtres et avec les Annales d'Inisfal. Voici la 
traduction du passage : « Bataille d'Achad Leithderg en Farney 
« où Fergus Fogha, fils de Fraechar Fortrên, dernier prince 
« d'Emain Mâcha, fut tué par les trois Colla. Colla Mend périt 
« aussi dans cette bataille. Ensuite les trois Colla détruisirent 
« de fond en comble Emain Mâcha. Les rois d'Ulster et leurs 
« sujets n'y ont pas habité depuis cette époque -. » 

La seule différence entre les Annales des Quatre Maîtres 
d'une part, celles d'Liisfol et celles de Tigernach d'autre part, 
semble porter sur la chronologie : si nous nous en croyons 
l'éditeur, la destruction d'Emain Mâcha aurait eu lieu, sui- 
vant les Annales d'Inisfal et suivant Tigernach en 322, tandis 
que les Quatre Maîtres la datent de 321. C'est une question 
accessoire qu'il est inutile de discuter ici. 

Le triste sort d'Emain Mâcha frappa beaucoup les esprits. 
Quand le christianisme se fut établi en Irlande, on opposa la 
ruine de cette célèbre capitale à la splendeur des établissements 
que la religion nouvelle avait fondés et qui alors n'avaient pas 
de si belles légendes. Dans Thymne de Fiacc, en l'honneur de 
saint Patrice, on lit : « C'est en Armagh qu'est la royauté ; il 
« y a longtemps qu'elle est partie d'Emain 3. » 

I. Gluaisid na Colla gan Oilneagmacht leo iar sin, agus ro loigsiad 
Eamhainula, go na-r-aitioghadar Olltaicc innte sin anuas. O'Conor, Re- 
rum Inhcndcariim scriptores, t. I, 3>: partie, p. 10; cf. i'"-' partie, p. 76. 

2 Cath Achaig Leithdeirg i Fernmuigh i torchair Fergus Foga mac 
Fraechair Fortriùin, tuigh-fhlaith LUadh an-Eamhain Mâcha, la-sna tri Colla, 
ocus dorochair Colla Mend i-sin cath sin. Rochlaidsid iarom na tri Collo 
Eamhain Mâcha, ocus ni ro-s-aitrebsad \l'\aid innti o sin aile. O'Conor, Re- 
rum hiberuicartnn scriptores, t. I, première partie, p 69. 

3 . In Ardmacha hl rige, 

is clan doreracht Emain. 

\\'indisch, Irische Texte, t. 1, p. 14. 



Pbn du Navanfort (Emain Mâcha . j 

La même idée est exprimée dans le prologue du Martyrologe 
d'Oengus : 

Le fort d'Emain a disparu 
D n'en reste que les pierres ; 
Aujourd'hui la Rome de TOccideni 
C'est la populeuse abbaye de Glendalough ' . 

Emain Mâcha est resté inhabitée jusqu'à ce jour, si ce n'est 
qu'en 15S7, Niall O'Neil], roi d'Ulster, voulant plaire aux 
gens de lettres d'Irlande, y fit hàtir une maison. Les Quatre 
Maîtres signalent ce Êiit en reproduisant sous la date de 1387 
deux notices empruntées à deux chroniques différentes, aux- 
quelles, suivant leur s\"stème, ils ne renvoient pas : 

ce Construction d'une maison à Emain Mâcha par Niall 
« O'Neil, roi d'Ulster, pour satisfaire les gens de lettres d'Ir- 
« lande - » . 

« Construction d'une maison à Emain Mâcha par Niall 
« O'Neill, car il n'y avait pas eu de maison à Emain depuis 
« longtemps 5 ». 

Au XVII' siècle, il ne restait plus de traces de cette maison, 
il ne subsistait de la vieille forteresse que les fossés et la motte, 
comme aujourd'hui 4. 

Emain Mâcha, en anglais ihc Navan fort, est située à deux 
milles anglais, soit environ trois kilomètres à l'ouest d'Armagh, 
Ard Madw, la fondation de saint Patrice, par laquelle elle a 
été supplantée, comme le dit rh3-mne de Place cité plus haut. 
C'est un cercle à peu près parfait qui a de diamètre environ 
huit cent pieds ;mglais, soit deux cent quarante-quatre mètres, 

1 . Broc Erana ro-sciich-e, 

.'icht mairde a-docha. 
Is Rû.îim ianhair betha 
Gleaud- d.Uaclî-da-locha. 
F^ircOengaso, Protoi;ue, quatrain 194; édition de Whiiley Stokes, p. xix. 

2. Teacli do dénora i n-Eamhain Mâcha do Niall Néill (do n'gh 
Ul-îdli") do diol d,4mh Éreann. Ed. d'O'Donovan, t. IV,. p. 707. 

; . Teach do dénamh i n-Eîmliain Mâcha la Niall Ô Néill, ar ni bhui 
tegh Jnîi-sidhe fri ré in-chéiu go sin. Ed. d'O'Donovan, t. IV, p. 70S. 

4. Emania prope Ardiuacham, nuuc fossis latis, vestigiis murorura emi- 
nentihus et ruderibus pristinam reddens splendorem. Colgan, Trias ihauma- 
tur^a, p. 6. Louvain, 1647. 



4 H. D'Arbois de Jubainville. 

et une contenance d'un peu plus de quatre hectares et demi. Du 
côté de l'ouest, les terrassements sont encore bien conservés. 
Si l'on suit dans le plan ci-joint la coupe SD' qui va du 
nord-ouest au sud-est^ et que l'arpenteur, M. Me Bride, appelle 
Longitudinal section, on trouve d'abord un rejet de terre haut 
de quatorze pieds anglais, soit un peu plus de quatre mètres. 




//// 9 



/mS 



///V/2 



//yfZZ 



///Vd 



//Nj^ 




T U V W X Y 2 A' O B' C 

Longitudinal section. 



0* 



Puis vient un fossé ; du sommet du rejet de terre au fond du 
fossé, il y a onze pieds anglais, un peu plus de trois mètres. 
A environ cent pieds anglais ou un peu plus de trente mè- 
tres du fossé commence la motte qui offre au sommet une 
plate-forme en forme d'elHpse; son grand diamètre est de cent 
quatre-vingts pieds anglais ou cinquante mètres, le petit de cent 
cinquante pieds anglais ou quarante-cinq mètres, la con 



Plan du Navan fort (Emain Mâcha). 5 

tenance d'environ dix-neuf ares. Du fond du fossé au sommet 
de la motte on compte trente-cinq pieds anglais ou un peu 
plus de dix mètres. Le sommet de la motte dépasse de quinze 
pieds, soit environ cinq mètres, le sol qui l'avoisine, c'est-à- 
dire la plate-forme du reste de la forteresse. 

Si l'on suit la coupe A R ou Cross Sectmi, qui va de l'ouest 






A/V^ 






////S"^. 



H 



^ 



^ 
^ 



/y-v/y 



8 C DErCH J K L M N P 

Cross section. 



à l'est, les différences de niveau sont un peu plus grandes, la 
pente naturelle du sol est beaucoup plus forte; ainsi du fond du 
fossé au sommet de la motte il y a quarante-cinq pieds, soit 
près de quatorze mètres. Quand venant d'Armagh, comme 
je l'ai fait il y a treize ans, on arrive au point A, le Navan 
Fort produit un grand effet. 

On remarquera que la motte n'est pas au centre de la forte- 
resse; en suivant la coupe SD', on trouve de la base de la 



6 H. D'Arbois de Juhainville. 

motte au fossé, dans la direction du nord-ouest, cent pieds 
anglais ou un peu plus de trente mètres comme nous avons 
vu, et dans la direction du sud-est, quatre cent quatre-vingts 
pieds ou environ cent quarante-quatre mètres. Si l'on prend 
la coupe A R, de l'ouest à l'est, on trouve à l'ouest de la motte 
cent vingt pieds anglais ou un peu plus de trente-six mètres, 
et à l'est quatre cent quatre-vingt-dix pieds ou cent-quarante- 
neuf mètres qui, ajoutés au diamètre de la motte, donnent le 
total de deux cent quarante-quatre mètres, diamètre moyen 
du cercle formé par la forteresse d'Emain ainsi qu'il a été dit 
plus haut. 

Ce que nous savons des anciens édifices irlandais donne 
le droit d'affirmer que la plupart des constructions élevées à 
Emain Mâcha pendant la période épique de l'histoire d'Irlande 
ont dû être en bois ; cependant il y avait été employé au 
moins quelques pierres : de ces pierres il est question dans le 
prologue du Martyrologe d'Oengus cité page 3, elles étaient en- 
core en place quand ce document a été écrit ; depuis elles ont 
sans doute servi de matériaux pour construire des maisons. 
O'Donovan écrivait en 185 1 qu'il n'avait pu trouver à Emain 
aucune trace de mur en pierres ^ Je n'en ai pas vu plus que lui 
lors de la visite que j'ai faite à cette vieille forteresse en 1881. 

Emain Mâcha, avec sa motte, offre une grande analogie avec 
les plus anciens châteaux féodaux du moyen âge français 
comme avec certains lieux de refuge antérieurs à l'époque ro- 
maine et dont les archéologues ont constaté l'existence sur le 
territoire de la Gaule antique. 

Certaines personnes penseront que la dimension du Navan 
Fort est bien modeste ; mais la grande salle des fêtes, dite 
Craobh-Ruadh, paraît avoir été située en dehors de cette forte- 
resse ; son nom est conservé par un fond de terre — townlufid 
comme on dit en anglais — appelé avec la notation anglaise 
Creeve Roe ; et dans un autre fond de terre du nom de Trea, 
joignant Creeve Roe, se trouve une motte appelée King's Sta- 
bles (c Etables du roi - » . 



1. Annales des Quatre Maîtres, t. IV, p. 708, note. 

2. Annales des Quatre Maîtres, ibid. 



Plan du Navan fort (Emain Mâcha) . 7 

Je dois le plan du Navan fort ^ à l'obligeante générosité du 
Révérend Close, trésorier de l'Académie royale d'Irlande, que 
je prie d'agréer mes remerciements et ceux des lecteurs de la 
Revue Celtique; je n'ai pas de procuration, mais je me porte 
fort pour eux sans crainte. d'être désavoué. 



H. d'Arbois de Jubainville. 



I. Le format de la Revue Celtique a exigé une légère réduction du plan 
de M. Bride. L'échelle du plan ainsi réduit est de six pieds anglais par mil- 
limètre. Quant à l'échelle des deux coupes, p. 3 et 5, elle est indiquée en 
pieds anglais dans ces figures. 



NOTICE 

d'un 

MANUSCRIT IRLANDAIS 

DE 
LA BIBLIOTHÈQ.UE UNIVERSITAIRE DE GlESSEN. 



Le manuscrit de la bibliothèque universitaire de Giessen 
coté n° 1267, est signalé dans le catalogue de J.-Val. Adrian^ 
comme un recueil d'histoires et de poèmes en langue irlan- 
daise ; l'éditeur a joint à la brève note qu'il en donne la tra- 
duction anglaise de cinq fragments de texte dont l'original est 
reproduit en fac-similé et réuni sur une même planche. Le 
savant irlandais distingué à qui l'on doit la traduction de ces 
spécimens, T. Crofton Croker, n'en avait sous les yeux que 
Ls calques, de sorte qu'il ne pouvait avoir connaissance de la 
diversité des matières contenues dans le volume. Qu'il me soit 
donc permis de donner, au profit de ceux qui s'intéressent à 
la littérature gaélique moderne, une description détaillée de ce 
manuscrit imparfaitement connu qui, au reste, semble être 
tombé dans l'oubli. 

C'est un petit volume in-quarto de 66 feuillets en papier. 
Il est provenu de la riche bibliothèque du baron René-Charles 
de Senckenberg, mort en 1800, et appartenait autrefois à Jean 
Schilter, célèbre jurisconsulte et antiquaire à Strasbourg, qui 



I . Catalogus codicum mnnuscriptorum bibliothecse academicie Gissensis, 
Fraucofurti ad M., 1840, p. 384. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 9 

paraît l'avoir reçu en 1695 d'un Irlandais, peut-être même du 
scribe des textes. Le manuscrit primitif, qui paraît tout en- 
tier de la même main, finissait par le fol. 62, et les derniers 
feuillets manquaient, aussi bien qu'un feuillet à la suite du 
fol. 24 et un autre à la suite du fol. 46; le reste (fol. 63-66) 
est ajouté après coup. 

Des choses étrangères au sujet qui se trouvent dispersées 
par tout le livre, partie en langue latine' et partie en langue 
anglaise, peuvent mettre sur la voie du nom du scribe et de 
son temps. Il se nomme Domhnall o Headrisgeoill (Eider- 
sgeoil) ; il était donc de l'ancienne famille des Driscolls, sur 
laquelle on peut lire une notice instructive de J. O'Donovan 
dans le Miscellany of the Celtic Society, 1849, p. 384-403. 
Le scribe anglicise son prénom, ce me semble, tantôt Daniel, 
tantôt Dennis. Outre le nom de Cornélius O'Driscoll qui s'est 
inscrit deux fois (fol. 11 v°, 28 v°), on trouve les noms de 
nombre d'autres lecteurs. Suivant une inscription (fol. 16 v°) : 
Damhnuill 6 Headrisgeoill : xxxxxxxx9, on est tenté de 
croire que Daniel DriscoU écrivait en 1689; car on trouve 
ailleurs, sur les marges et sur des pages laissées blanches çà et 
là, les années 1688, 1689, 1691, 1692, 1693, 1^955 et au bas 
du fol. 53 v° : An aois 6. C. V. et da XXXX thuicfâs, c'est-à- 
dire, si je ne me trompe pas : Anno (1)685 'l'-n consequetur. 

La première page du feuillet qui se trouve en tête du vo- 
lume, donnée en partie en foc-similé dans le catalogue d 'Adrian, 
paraît être en contradiction avec cette chronologie. Le scribe 
y a arrangé quelques phrases pour le titre d'une édition qu'il 
se proposait de faire de son recueil, savoir, outre un quatrain 
sur la m.ort et le nom de Dennis DriscoU, les mots : iar na 
chur a cclô a manisdir na mhrathair neirionach a Lohhain maille 
hughdardhàs M. D. LXXXV:, c'est-à-dire « imprimé au cou- 
vent des frères irlandais à Louvain avec autorité en 1585. » 
Puisque les impressions les plus anciennes des Franciscains ir- 
landais du couvent de Saint-Antoine de Padoue à Louvain ne 
datent que du commencement du xvii" siècle ^, nous serons 



I. O'Curry, Manuscript viatcriah, p. 644, cite par erreur 1616 comme 
date de la fondation du couvent des Récollets irlandais à Louvain. C'est 

Revue Celtique, XVI. 2 



10 , Liidw.-Chr. Stern. 

justes en corrigeant Tannée mise sur le titre du manuscrit de 
Giessen en 1685. Je le regarde comme écrit à Louvain en 
1684, et cette fixation correspond parfaitement avec la condi- 
tion de l'écriture et avec le contenu du livre. 

Les pièces comprises dans le manuscrit de Giessen appartien- 
nent à la littérature irlandaise moderne et sont connues pour la 
plupart par d'autres manuscrits ou même par des publications. 

Fol. 2 r°: As truadb lioiii a compàin do chor^ « Ta condition 
est triste, ce me semble, mon ami. » — Poème adressé à un 
inconnu qui s'est converti du catholicisme au protestantisme; 
il est dirigé contre l'hérésie de Luther et de Calvin et glorifie 
l'église cathohque. L'auteur est Bonaventura O'Hussey 
(Giolla-Brighde O'Heoghusa), fi-ère franciscain du collège de 
Saint-Antoine à Louvain, qui fleurit en 1608. Voir O'Reilly, 
Irish writers, p. 169. Le poème se compose de 88 quatrains 
sur le mètre nommé Rannaigecht mhôr ; il a été publié dans 
le Catechismus hibernicus de B. O'Hussey, sec. éd. Rom:^ 
1707 cura Philippi Maguire, p. 237-255, mais difteremment à 
l'égard du nombre et de l'ordre des quatrains. Le texte du 
manuscrit de Giessen comprend les quatrains 1-4, 6-19, 21-22, 
X, 23-29, 31-38, 40-72, 78, X, 79-81, 73-77, 82-84. L'édi- 
tion manque de deux quatrains fournis par le manuscrit aussi 
bien que du ccangal ou sommaire qui fait le dernier ou 73^ 
quatrain du manuscrit. Une copie du poème qui correspond, 
à l'exception d'un seul quatrain, parfliitcment à l'édition se 
trouve dans le manuscrit de Goettingue daté de 1659, Cad. 
bis t. 77 j, fol. 4 v°-7 v°2. 

l'église qui fut fondée en 161 7, tandis que la fondation du couvent date de 
1609 (voir Piot, Histoire de Louvain, 1839, P- 3<^o)' ^^^'^ l'imprimerie 
doit déjà avoir existé. Le catéchisme de Bonaventura O'Husse}' parut à 
Louvain en 1608 (O'Reilly, Irish writers, p. 168). En 1616 on y imprima 
le Spéculum vitcc vel Desiderius (dont l'original est le livre espagnol Espejo 
de religiosos, imprimé à Burgos en 1548), traduit en irlandais (Sgithaii an 
chrdbbaidh) par Florence Conry, et non pas en 1625 comme disent O'Reilly, 
p. 182, et J. Reid, Bihliotheca scoto-celtica, p. xxvi. J'ai pu constater la 
date sur un exemplaire du livre qui se trouve dans la bibliothèque de la ville 
de Hambourg. Le couvent de Saint-Antoine fut supprimé en 1783. 

1 . Je donnerai les textes tels quels, bien que l'orthographe du manus- 
crit laisse beaucoup à désirer. 

2. Voir Thurneysen dans le catalogue des manuscrits de Goettingue, 
Berlin, 1893, II, p. 257. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. ; i 

Fol. 9 r°. Fiiarus a psalîer Chasiï « J'ai trouvé dans le 
psautier de Cashel » ^ — Poème concernant les neuf invasions 
étrangères (gahhàil) qu'a subies l'Irlande, 30 quatrains sur le 
mètre appelé Debide. Parmi ceux qui ont pris possession de 
l'île il y en a trois qui ont vécu avant le déluge, savoir : i . les 
trois filles de Caïn (quatrain 2); 2. Luas, Cab et Laghra 
(qu. 3); 3. Fintan et Ceasair (qu. 4) — différemment du 
poème de Gilla Coemain et d'autres légendes sur les Capturai 
Hiberni^e. Les conquérants qui arrivèrent après le déluge sont: 
4. Adhna (qu. 8); 5. la colonie amenée par Partholon 
(qu. 10); 6. la coloniedes fils de Neimed (qu. 12), desquels 
descendent les Firbolg (qu. 14) et les Tuatha Dé Danann 
(qu. 15); 7. la colonie des fils de Miled (ou Mil), c'est-à- 
dire les Gaels ou Scots (qu. 20); 8'. les Lochlannois (qu. 24) 
et 9. les Anglais (qu. 26). G. Keating cite ce poème plusieurs 
fois dans son histoire d'Irlande, savoir les quatrains 2 (éd. 
Haliday, p. 148), 5 (p. 152), 8-9 (p. 160), 18 (p. 290). Les 
quatre quatrains avant le dernier et un autre qui manque dans 
le manuscrit ont été extraits par N. O'Kearney dans ses Pro- 
phecies of St. Columbkille, Dublin, 1856, p. 126-127; ils ont 
pour objet une prétendue prophétie de St. Berchan concernant 
la bataille de Sain2;el où les Anglais auraient été vaincus 2. La 
dernière ligne, a righeacht na caemh Temhrach, selon O'Kearney, 
est dans notre manuscrit ar faithe na claon Temrach » sur le 
champ du bourg penchant de Tara ». Cette leçon vaut mieux, 
attendu que claon est une épithète bien connue de Tara >. 

Fol. 10 r°. Tein le mo cxoidhe go bec\u « mon cœur est vé- 
ritablement malade ». Une complainte sur la prise en pos- 
session de l'Irlande par les étrangers (goill) et sur leur domi- 



1. Voir O'Curry, Mamiscript matcrials, p. 19; O'Donovan, Book of 
Rights, p. XXII et suiv. Psalterium ou, en irlandais, saltair, signifie un l'ivre 
de 150 chapitres en vers, comme dans le cas du Saltair na rann, et puis 
généralement, selon Ducange, liber, codex qullibet. 

2. Sur la bataille imaginaire de Saingel ou Singland (près de Limerick), 
voir la note d'O'Donovan dans les Annales des Quatre Maîtres, A.D. 1383. 

3. Voira râiih clain-Tenira dans le Tegasg flatha, 1. 60. C'est ce mot 
qu'il faut entendre dans la ballade de Garbh et Cuchulainn : sonn catha na 
claoin Teanihrach (H. Maclean, UUonian hero ballads, p. 18). 



12 Ludw.-Chr. Stcrn. 

nati'on de trente ans, deux quatrains sur le mètre appelé 
Debide et deux sur la Rannaigecht bheg. 

Fol. 10 v°. Des vers aux lignes longues sur un mètre que les 
savants irlandais nomment Ollbrecad déne cenntruime (n° 53 
de M. Thurneysen). Le poète chante les beautés de sa bien- 
aimée Anny, après le départ de laquelle il se trouve délaissé 
comme un navire sans voile ou comme Enée après la des- 
truction de Troie. 

As blasda binn gasta grin tapaidh g/d tim an oirchiabhach, 
As breadha dlaoi go salaibh sios gradh mo C7oidhe an mhiolbriarthach ; 
As dirge na an rôs loinnC) ar a beol Anaoi beg rosgiamhach, 
Mise na deoig mar loing gaii seol no mur Aognus a ndeoig na ttroi- 

[gheanach. 

Fol. II r°. Mor ata ar tegusg fJatha « Beaucoup dépend de 
l'instruction du prince. » — Direction poétique écrite pour le 
quatrième comte de Thomond Donogh O'Brien, qui vécut 
sous les règnes d'Elisabeth et de Jacques I", par le barde de sa 
cour Tadhg Mac Daire Mac Bruadin (ou Mac Bruaidedha), 
qui fleurit au commencement du xv!!"" siècle. 25 quatrains du 
poème, qui est du mètre appelé Debide, ont été publiés par 
Ch. Vallancey, Ibero-celtic grammar, Dublin, 1773, p. 184- 
191, le poème complet de 54 quatrains par Theoph. O'Flana- 
gan dans les Mémoires de la Société gaélique de Dublin en 
1808; cette édition a été réitérée dans le Gaelic Journal, I 
(1885), p. 352-354. Le texte du manuscrit de Giessen est 
moins correct que l'édition d'O'Fknagan ; il a un 55^ qua- 
train qui semble être ajouté après coup. 

Aingil nimhe, naoimh talmhan, drong ogh absdal modh anghlan, 
an ri dar saor oïrecht so go tti d'aodhairec/;i mhanmo. 

Fol. II v° et 12 r° sont laissés blancs; on y a écrit 
des noms de saints et autres et .une addition anglaise de 
denrées. 

Fol. 14 r°. Conduibh ort a mhacaoimh mna « Prends-toi en 
garde, jeune fille. » — 5 quatrains sur le mètre nommé Ran- 
naigecht mhôr, avec le refrain Cuimnigh orm na pas fear 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen . 1 5 

« Songe à moi, ne te marie pas ! » Le poète donne ce conseil 
aux jeunes filles : 

Na braiter do gradh na tfuath, na nocht hinntin go luath leam, 
ceil do run, taisig do phog, cuimnigh orm, na p6s fear. 

Fol. 14 v°. Trmdh si n a aoinf ère (lisez aoinfhir Aoife") «. C'est 
triste, ô fils unique d'Aoife. » — Elégie dans laquelle Cuchu- 
lainn déplore la mort de Conlaoch qu'il a tué lui-même en 
combat singulier, ne sachant que ce fiât son fils, le fils d'Aoife ; 
18 quatrains qui sont sur le mètre appelé Rannaigecht bheg. 
Le poème se trouve quelquefois comme accessoire de la bal- 
lade bien connue « Comment Conlaoch vint en Irlande ». 
Voir Charl. Brooke, Relies of ancient Irish poetry, Dublin, 
1789, p. 269, et édition de 18 16, p. 399; D'Arbois de Jubain- 
ville, Catalogue de la littérature épique, p. 16, et V Épopée 
celtique en Irlande, p. 51. La ballade date du xv^ siècle et se 
trouve déjà dans le Livre du Doyen de Lismore (édition de 
Maclauchlan, p. 24, et de Cameron, Reliquiae celticae, I, 58). 
La récente rédaction écossaise de la ballade se trouve fréquem- 
ment augmentée de quelques quatrains de l'élégie, bien que 
celle-ci soit différente par rapport à l'espèce du mètre. Voir 
J.-F. Campbell, Leabhar na feinne, p. 9 ; Gaelic Society of 
Inverness, XIV, 355 ; Highland Monthly, I, 530; H. Maclean, 
Ultonian hero-ballads, p. 65. 

Fol. 15 r°. A bean fuair faill ar an bhfeart « ô femme que 
l'on a abandonnée sur la tombe. » — Elégie sur U mort des 
frères O'Donnell et d'O'Neill, célèbres combattants pour l'in- 
dépendance de l'Irlande sous le règne de la reine Elisabeth, 
lesquels moururent à Rome et furent enterrés dans l'église 
des Franciscains à San-Pietro-Montorio. Ce sont les frères 
Rory O'Donnell, premier comte de Tyrconnell (mort le 
28 juillet 1608, âgé de 33 ans), et Caffar O'Donnell (mort le 
13 septembre 1608)^ et leur neveu Hugh O'Neill, baron de 
Dungannon (mort le 13 septembre 1609, âgé de 24 ans) ; le 



I . Le frère aîné de Rory et Caffar, Hugh Roe O'Donnell, mourut le 
10 septembre 1602 en Espagne. Nous avons sa vie par Lughaidh O'Clery, 
dernièrement publiée par D. Murphy. 



14 Ludw.-Chr. Stern. 

père de ce dernier, le comte de Tyrone, mourut le 20 juil- 
let 16 16 dans son soixante-seizième an et fut enterré dans la 
même église. Le poème de consolation, qui est sur le mètre 
appelé Debide, est adressé à Nuala, sœur des O'Donnells, par 
Owen Roe Mac Ward, dont la mort est enregistrée par les 
Quatre Maîtres en 1609. Le texte que M. O. Connellan en 
a publié, d'après une copie plus récente, dans les Mémoires de la 
Société ossianique de Dublin, V (1860), p. 295-300, a 40 qua- 
trains^; le ipanuscrit n'en a que 19 et le ceangal ou som- 
maire, savoir les quatrains i-io, 12, 11, 17, 18, 22, 28, 30, 24, 
23, 402. O'Reilly, Irishwriters, p. 161, avaitsous les yeux une 
copie qui manquait du 40*^ quatrain, c'est-à-dire du ceangal. 
Fol. 16 r°. Quatrain, éloges d'une honorable tribu. 

So an treabh na bhfuil flath don ôr fliuil ird 3, /4ll*t> [{) 
Nar creach bean gan fear na aon tighe naoimh, ' 

Nar glac breab neach da threithe biodh, 
'S nar leig creac tar lear le trein gan diol. 

A la même page se trouvent des noms et des vers latins sans 
importance. A la page suivante on lit : Si pater est Adam et 
mater est Aeva, cur non sunt homines nobilitate pares ? Non 
pater aut mater da(n)t nobis nobilitatem, sed moribus et vita 
nobilitatur homo — dicton qui est répété fol. 6G r°. 

Fol. lé v°. Creadfa sirfin saogalfada ? « Pourquoi devrais- 
je désidérer une longue vie ?» — Deux quatrains sur la mor- 
talité; ils sont sur le mètre nommé Setna. Le second est cité 
par G. Keating, Tri bior-ghaoithe an hhàis, p. 216. Un troi- 
sième quatrain sur le mètre appelé Rannaigecht mhôr, concerne 
le péché, la rétribution et la salvation. 

Peacach me ag deanamh ort, ormsa na noclil an côir; 

cia do thuillios tfearg is tfioc, feac orura, a Chriosd, is fôir ! 

1 . Le texte irlandais est suivi d'une paraphrase anglaise en vers par Cl. 
Mangan. On ne saurait trop improuver cette manière de faire connaître la 
poésie celtique, laquelle consiste à atténuer l'énergie de la pensée et à ef- 
facer la grâce de l'expression pour y substituer des rimes sonnantes sans 
force et sans caractère. 

2 . Une copie de cette élégie qui se trouve dans un manuscrit de la Grande 
Bibliothèque Royale à Copenhague, n'a également que ces 19 quatrains et 
le sommaire. 

3 . Probablement pour aird, par licence poétique, à cause de la rime. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 1 5 

Fol. 17 r°. La naoïi da raibb ô DoinhnuUl i. Aodb ritadh mac 
Neil gairbh iiiïc Toirdhcalluibh an fhiona... « O'Donncll, sa- 
voir Hugh Roe, fils de Niall garbh , fils de Turlogh du vin, 

étant un jour » C'est le récit ailleurs intitulé Eacbtra an 

chcatharnaigh chaoih'iahhaigh « Les faits du Kerne ou aventurier 
à raies étroites «, c'est-à-dire probablement vêtu d'un habit à 
petites raies. Il s'agit d'un sorcier qui fait voir ses tours 
d'adresse dangereux, mais sans faire du mal, à la cour de 
plusieurs gentilshommes irlandais au commencement du 
xv!*" siècle. La pièce a été dernièrement publiée d'après deux 
manuscrits, de 1800 et de 1740, par St. H. O'Grady dans la 
Silva Gaddica, p. 276-289. D. Hyde donne quelques extraits 
d'un manuscrit de 1762 dans son livre Beside the firc, p. xxvi, 
et J.-F. Campbell a publié le conte albano-gaélique sur le 
même sujet dans les Popular taies of the West-Highlands, I 
(1860), p. 289. Les textes diffèrent beaucoup l'un de l'autre; 
celui de Giessen se termine inachevé au bas de la page 
fol. 24 v°. Les derniers mots du manuscrit sont : Do bhi an c. 
c. r. a ttig r(igb) Laigen — voir Silva Gadelica, p. 288, 
ligne 4. 

Fol. 25 r°. Da mbcinsi agus Conlaoch slan « Si nous fussions 
sains, moi et Conlaoch ». — Deux quatrains sur le mètre 
nommé Debide, adressés par le poète à un ami chéri ; le pre- 
mier quatrain est emprunté de la complainte de Cuchulainn 
citée plus haut. 

Da mbeinsi agus Conlaoc/; slan ag imbhcrt ar ccleas ccorahlan, 
ni' bforlan oruin ar cceann cheithre hollcogeadh Eirionn. 

Do bheirim rao briatar nach bras duitsi aiiois, cedh beag fhognHi-, 
g»rab tu an Conlaoc nach tim, leath mo cro'ide. ar na chomhroinn. 

Voir Ch. Brooke, Relies^-, p. 397, et Campbell, Leabhar na 
feinne, p. 14''. Suivent deux quatrains sur le même mètre qui 
semblent cependant appartenir à un autre poème. 

Suathrt/n anois ata in dail is toclia re mnaoi a fcr-graidh, 

dalta a sliasda go ngoire na mac[h] a hùrbr?(ne. 
T(r)eig/(f/; bean laog a broinn ag an bhfear bhios da teaghall; 

mrt/Vg do bheir taobh, a dhuine thall, re cuire na rosg romhall. 

Fol. 25 r°. 56' riogpuirt Eirionn anall « Six résidences roya- 



i6 Ludw.-Chr. Stem. 

les d'Irlande autrefois » . — Poème de 7 quatrains sur le mè- 
tre Debide concernant les six résidences royales en Irlande et 
les derniers rois qui y ont résidé. Il s'agit de Diarmaid Donn, 
fils de Fergus Cerbhall, roi suprême d'Irlande, à Temair ou 
Tara (comté de Meath), mort en 565 ; Muirchertach, fils de 
Niall Glundubh, roi d'Ulster de la tribu des Ui Neill, à Oi- 
leach ou Elagh (en Donégal), tué en 941 ; Cerbhall, fils de 
Muirigen, roi de Leinster, à Naas (en Kildare), tué en 904 ; 
Fergus Fogha, roi d"Ulster, à Emain, près d'Armagh, tué en 
331; Raghallach, fils d'Uadhach, roi de Connaught, à Crua- 
chan, tué en 648; et Cormac, fils de Cuilennan, roi de 
Munster, à Cashel, tué en 903. Voici le texte du poème. 

Se riogpuirt Eirionn anall inneosadfh] daoibh an anmann, 

sloinneadli] daoibh re seal na flatha gar fasuigheadh. 
Nâs is Oileach is Eamhuin, bailte na riog gan meabhuil, 

Teamhair bnV/; a ccurthaoi smacht, Caisiol is Cruacha Connacht. 
O remhius Dhiarmada dhuinn mie Feargusa m/c Cearbhuill, 

6 breithir Ruadhain na thoigh ni raibh ri a tTeamhrigi. 
Ni raibh ri a nOileach 6 Muirct'rtach morglireidheach, 

ata Nâs gan ri anall on la do rochair Cearbhall 2. 
O thoirchuir Feargus Fogha le na CoWaibh ar Muig-chobha 5, 

do sguir a bhlaidh-sa sa b?ig, ata Eamhain gan aon rig. 
O ré Raghallfl?>/; ratha m/c Uadhach an ardfhlatha, 

do thuit le cloinn Mhothlain mhir, ni raibhe rî a cCruaclwm4. 
Cormac a cCaisioU fa dheoig deg mac Cuileannain corîHmhoir, 

Cormrtc, rohudb makh a ré, do caith a seat7;/ et a se S. 

O'Curry discute ce poème dans ses Manners and customs, 



1. Voir Silva Gaddica, p. 69, 77. Ce quatrain est cité par Pétrie, Tara, 
p. 125, et par O'Donovan dans son Supplément au dictionnaire d'O'Reilly, 
p. 566. Dans le texte, Cearbhuill est fautif au lieu de Choniiill. 

2. Ce quatrain est cité par le même O'Donovan, 1. c, p. 659, et dans 
les Annales des Quatre Maîtres, an 904. Le roi Muircheartach a la même 
épithète (môrghroidheadh) dans le poème de Cormacan eiges, quatrain 4, 
édition d'O'Donovan. 

3 . Sur les trois Colla, voir les extraits d'O'Grady dans la Silva Gadelica, 
II, p. 461 et suiv.- 

4. Voir Silva Gadelica, 451; II, 497. Suivant les Annales des Quatre 
Maîtres, A. D. 645, Raghallach fut tué par Maolbrighde mac Mothlachâin. 
C'est la forme usuelle du nom. Les Annales de Clonniacnoise cependant 
le prononcent Moyle-Bride O'Mothlan. 

5. C'est-à-dire: il régna 7 ans et 6 mois, étant arrivé au pouvoir en 896. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 17 

m, 25, et fait connaître son auteur, Eochaidh O'Hussey, qui 
l'écrivit à l'occasion de la rénovation du château de Mac Der- 
mot situé sur le Rocher de Loch Ce, environ 1620. 

Fol. 25 v°. Eolach me a tteacht na neasga « J'ai connaissance 
de l'arrivée des mois ». — Poème de 7 quatrains sur le mè- 
tre nommé Debide, où les mois de l'année sont comparés avec 
les heures du jour et de la nuit, de sorte que minuit corres- 
pond à janvier et midi à juillet. 

Fol. 25 v°. A fbir eâhlmr aga mhi hean « O homme jaloux 
qui es marié ». — Poème qui se compose de 3 quatrains sur 
le mètre nommé Rannaigecht mhôr et d'un ceangal aux lignes 
longues. Conseil pour le mari jaloux : 

Na cread sgeal a bhfior na mbreig, eisdec/j/ do diluas fein na cluin, 
na cread do raidhrc do shùil, leath a ttuigfe tu na tuig. 

Fol. 26 r''. A fbir fbeacbus uait an cnàinh « O homme qui» 
regardes l'os devant toi ». — Poème de 28 quatrains qui ap- 
partiennent au mètre appelé Rannaigecht mhôr, sur la nature 
périssable et l'instabilité des choses d'ici-bas, par le frère fran- 
ciscain Owen Roe Mac Ward le jeune qui fleurit en 1640 
(voir O'Reilly, Irisb luriters, p. 191, qui avait 27 quatrains 
du poème). Le poète fait dire les mots du texte au crâne de 
Hugh O'Neill qui décéda dans son vingt-cinquième an : 
dearbh ua ui Dhomhnuil fa me is oighre ui Neill da gairm 
diom. Le monde, dit-il, ne tient pas ce qu'il promet et sur- 
tout il ne l'a pas tenu à moi ; la fin imminente doit nous ex- 
horter à être pieux. 

Fol. 27 r°. Goll mear milcata « Goll fier, martial ». — Poème 
qui célèbre les louanges de Goll, le plus fort héros des guer- 
riers fianniques de Finn mac Cumaill ; c'est un rosg de 
19 quatrains qui sont du mètre appelé Blogbairdne de 5 syl- 
labes -^ " ^ - - (n° 9 de M. Thurneysen). Le poème a été 
publié par S. O'Halloran dans les Mémoires de l'Académie 
royale d'Irlande, II (1788), antiquités p. 7-17 (voir Burke, 
Tbe Collège Irisb gramiuar, p. 250); les quatre quatrains du 
début seulement se trouvent dans Tbe Higbland Sociely's 
Report on tbe poenis of Ossian, Edimbourg, 1806, p. 141-2; 
Al. Cameron donne le texte du manuscrit d'Edimbourg n° 48 



i8 Ludw.-Chr. Stern. 

dans les Reliquiae celîicae, I, 124 ^ Les vers sont remar- 
quables par leur forme artificielle, ayant à la fois l'allitération 
dans chaque ligne courte et l'assonance à la fin des lignes 
longues, conformément aux règles. En présentant le texte de 
notre manuscrit, je prendrai la liberté d'utiliser les diverses 
leçons des autres textes que nous avons entre les mains ; pour- 
tant il y a plusieurs mots dans le poème qui restent douteux. 

GoU mear mileanta 2, ceap na crôdhachta, 

lâmh fhial arrachta, mian 11a môrdhachta. 
Fraoch nach fuaraightear 5, laoch go làn-deabhaidh4, 

réim an rîgh-churaidh mar iéim lân-teineadh. 
Leomhan luath armach, leônadh lân-mhileadh, 

tonn ag tréan tuarguin, GoU na ngndth iorghuil. 
Leomhan lonn-ghni'omhach, beôdha binn duanach S, 

créachtach comhdhdlach, éachtach iolbhuadhach. 
Dith ar dheagh-dhaoinibh, fi'och an ollbhuadliaibh 6, 

uaill os ârd-n'oghaibh, buaidh ar borb-shluaghaibh. 
Triath na trom-chana, briathra bionn-mhalla, 

mileadh mear-dhdna dlightheach diongbhdla?. 
Tréan-fhear tréan-lamhach, séimh-fhear slôgh-armach, 

fear lonn Idn-shniomhach, GoU mear môrdhdlach. 



1 . On connaît un autre rosg à la louange de GoU commençant par Ard 
aigneadh Ghiiill, poème qui se trouve dans le Livre du Doyen de Lismore 
(Rel. celt., L 55) et ailleurs (Ch. Brooke, Relies^, p. 438). James Mac- 
phersou avait sous les yeux probablement le GoU mear viilcanta, lorsqu'il 
écrivit au sujet de son prétendu chant de guerre d'UUin (Fingal, livre IV, 
p. 56, édition de 1762): « It runs down hke a torrent, and consists almost 
entirely of epithets » — description qui ne convient point à son propre 
chant de guerre. Il a traduit ce dernier d'une pièce gaélique fabriquée sans 
doute par ce faussaire Lauchlan Macpherson-Strathmashie (Report on the 
aiithcnticity of ihc poams of Ossian, p. 145). Celle-ci débute par A mha- 
cain cheann et est une imitation de la plainte funèbre de Rob Roy Macgrcgor 
Sàr mharcach nach fann (Stewart, Collection, p. 301 ; Menzies, Comh- 
chriiinncacha, p. 256). Ce chant que J. Macpherson a traduit positivement 
d'un original gaélique (savoir de Macpherson-Strathmashie) est retraduit 
dans l'édition gaélique des poèmes d'Ossian en 1807 {Fingal, 4, 299-310) et 
encore une fois par Don. Campbell, Treatise on the language, poetry, and 
viiisic of the Highland clans, Edimbourg, 1862, p. 122. 

2. mileata. G. 

3 . fuareadh G, fuar i'dhaidh R, bhfuarthear H, fuaruightear C. . 

4. ndeabha/i//; G. 

5 . nduadach G. 

6. aniolbhuadhac/j G. 

7. duille dionsfbhata G. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Ciessen. 19 

Sgâth I ar sgiamh-ghaire, blâth co mbuan aille, 

tuile thréan shléibhe, buille buadh-lâimhe 2. 
Môrdha mear iomghuin, crodh' ar ceannarghuibh, 

tûir go dtrom-fhoghluibh 3, muir 6s mion-aibhnibh. 
Tonr. 6s tréan-f hairge 4, Goll nach gl6r dhordha, 

searc na sior-fhoghla, mac mear môr Morna. 
Sgi'os ar churadhaibh, cios ar chineadhuibh S, 

grian 6s glan-f headhibh, fîal re filidhibh. 
Goll mear m6r fuighleach, flaith nach fior-dhiamliair^, 

gach tir tréin-leônadh?, ri go righriaghuil. 
Duais go ndearbh-f héile, cruas gach comhdhâla, 

fear diau dith-gaire^, triath gach trom-dhdimhe. 
Sûil gach sior-mhuirir, clù nach câinfidhear, 

gris an bhuan-einigh9, beô nach bâithfidhear. 
Féinnidh fear an-mhîn, céillidh comhall-ghlôr 'o, 

béim Ghuill ghlan ioralàn mar thuinn thorainn mh6ir 
Curadh cruadh-reannach, doghbhaidh ' ' eirionnach, 

colg lom luath-bhuilleach, Goll borb béimionnach. 
Flaith na bhtbghail clirioch, maith gan mûgha ghnâith, 

sruth ag siubhal luath, cruth mar chubhar bhkiith. 
Einfhear iomarcach, tréinfhear tromfholtach, 

sgiath na sgiamholtach '2, cliath na gconnachtach. 
Feidhm nach feidhm-fallsa, béim na môr-ghlonnsa, 

cr6dh' an comhlann-sa, mordha an m6r GhoU-sa. 

Le scribe du manuscrit de Giessen a signé cette pièce : Scrip- 
tum per me Dannilem Driscoll. 

Fol. 28 r°. Caith a hhfuiglnr re daonnachl « Employé ce que 
tu possèdes à l'iiumanité » . — Exliortation à être hospitalier ; 
on doit prendre exemple sur Guaire d'Aidhne (voir Keating, 
traduction d'O'Mahony, p. 435; Silva Gadelica, p. 399; 



1 . sgiath G, a sgiath ar sgiath ghoire H. 

2. a bhuadhlaimhe G. 

3 . ga ttrom fhorrom H. 

4. trén fliearrdha G. 

5 . gach cinneadhudh G. 

6. nach fiordhiamur G, noch B. 

7. lein G. 

8. mac dian deagh dhaire H; dighaire C. 

9. na buainein G. 

10. ceill. comhol ghl6r G, ceilth comhall H. 

11. dogbh' C, dogbhuibh H. 

12. sgeimhioltach H, sgeimhealtach C. C'est sans doute un mot dérivé 
de sgeuuhiolta (emissariorum manipuli, tirailleurs) ; voir O'Donovan, Sup- 
plément s. V., et comparer sgcinililc, Diction, scoto-celticum. 



20 Ludw.-Chr. Stem. 

O'Donovan, Hy-Fiachrach, p. 391), et St. Columba; 13 qua- 
trains sur le mètre appelé Rannaigecht bheg. 
Fol. 28 r°. Quatrain satirique. 

Doni Maire ImU is baibhinig, 
is à\o\aidhâ mathtT cart is bulbhin/d, 
cuim àz father smxh. ar ceirlinig, 
is crathuig an brat/^air go la dia dislaoi uire. 

Fol. 28 v°. A thigerna ro mhilis a losa Crist « O doux 
seigneur, ô Jésus-Christ ». — Invocation de Jésus et de la 
sainte Vierge, prière miraculeuse, comme il est dit dans un 
épilogue, pour celui qui est à l'agonie. Le scribe avait l'inten- 
tion de transcrire la pièce sur le fol. 11 v° où il a mis le titre 
y appartenant : Ortha Muire bantig^^rna. 

Fol. 29 r°. Tôruigheacht Shaidhhhe « La poursuite ou le 
voyage à la recherche de Sadb », conte du cycle ossianique 
sur l'enlèvement de Sadb, épouse de Glas, et sa reconduite. 
M. d'Arbois de Jubainville, Catalogue de la littérature épique, 
p. 251-252, relève une douzaine de textes de cette compo- 
sition, et M. Nettlau, dans la Revue Celtique, X, 459, en 
mentionne un treizième contenu dans le manuscrit H. i. 17 
de TCD. Commence: Fleadh mor caoin moradhbhul do ro- 
iiadh re Fionn mhic Cubhuil m/c Trenmhoir i Bhaoisgne a 
mbruigin Teamhra Luacra hudh deas « Un grand festin noble 
et prodigieux fut arrangé par Fionn, fils de Cumall, fils de 
Trenmor, descendant de Baoisgne, dans le château de Temair 
Luachra du sud. » Voici un court précis de ce récit inédit. 

Après le festin de Temair Luachra, Fionn et ses guerriers 
font la chasse. Ils regrettent à cette occasion que les Fianna 
n'ont plus, sous le règne du roi suprême Cormac, fils d'Art, 
la puissance qu'ils ont eue autrefois, bien que, à l'avis de Finn, 
ses 2,000 chasseurs vaillent encore mieux que 30 bataillons de 
Cormac, Les femmes des Fianna sont restées chez elles à Te- 
mair Luachra, et suivant la proposition de Maigneis, épouse 
de Finn ^ et fille de Garadh Glundubh (qui était un descen- 



I . Nous avons les noms de plusieurs épouses de Finn mac Cumaill. Les 
plus célèbres sont Ailbhe gruadbrec et Grainne. On connaît de plus Ba- 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen , 2 1 

dant de Cet mac Magach, célèbre chevalier de la Craeb Ruad), 
elles vont trouver dans le voisinage un bain en plein air. 
Pendant que les autres femmes se baignent, Sadb, fille d'Eogan 
ôg, fils d'Eogan môr, fils d'Oilill olum^ laquelle est l'épouse 
de Glas mac Aoncerda Berra, fait le guet pour avertir ses ca- 
marades dans le cas où un étranger s'approcherait. Malgré 
cette précaution, les femmes en se baignant sont surprises par un 
guerrier étranger ; c'est un alhnharach ou pirate qui a abordé 
dans cet endroit retiré. Il avance et se place en face des 
femmes, qui mettent leurs habits à la hâte, pour les ques- 
tionner sur le pays et ses habitants. C'est Maigneis qui lui 
donne intrépidement les renseignements qu'il désire, surtout 
sur la caste militaire des Fianna, sur leur histoire et leurs pri- 
vilèges. Cette partie du récit (fol. 31 v°) a été publiée en 1854 
par N. O'Kearney dans les Mémoires de. la Société ossianique 
de Dublin, I, 42. Ensuite, l'étranger se fait connaître comme 
Ciothach Cruad-armach, roi d'une île qui porte son nom dans 
le pays oriental de DreoUann mhôr (voir Silva Gadelica, 
p. 299), et il choisit la belle Sadb afin qu'elle l'accompagne 
dans son royaume. Sans s'inquiéter des menaces des femmes, 
il la saisit entre ses bras et la porte au bord de son vaisseau. 
Maigneis, convaincue que Finn et les Fianna poursuivraient 
l'étranger, lui impose le tabou ou la prohibition magique 
(gess) de ne laisser toucher la femme de Glas par aucun homme 
avant la fin de la première année. Maigneis expliquant aux 
Fianna rentrant de la chasse ce qui est advenu, Finn hésite à 
poursuivre le ravisseur dans le pays de Dreollann tout de suite, 
puisqu'il a des intérêts importants qui lui défendent de man- 
quer à la fête de Tailten. Mais il accepte la proposition de 
Goll, en conséquence de laquelle le navire des Fianna nommé 
Brecbharc est équipé pour l'expédition guerrière en Dreollann 



dhamair ou Bodamar (Rcv. Celt., XiV, 242), Smirnat la Blonde (BB. 
285a. LL. 139^) ou Smirgad {Silva Cad., p. 98), puis Moingfhinn (p. 106), 
Berrach brec (p. 141), Sadb, fille de Bodb (p. 155), Aine (p. 162), Blâ ou 
Blaoi, fille de Derg et mère d'Ossin (p. 195 suiv.), Dairfliinne (Oss. Soc, 
I, 12). L'agallamh na senôrach fait mention de Maiginis, fille de Garadh 
{Silva Cad., p. 203), mais c'est dans le Livre du Doyen de Lisraore (no. 20) 
que Myginis est désignée comme femme du chef des Fianna. 



22 Ludw.-Chr. Stem. 

et son commandement confié à Ossin, fils de Finn. Les prin- 
cipaux héros Diarmuid, Goll, Conan, Glas, Mac Lughach et 
mille autres guerriers prennent part à l'expédition. Après un 
voyage de longue durée ils atteignent l'île de Faolinn 
(fol. 34 v°), où ils sont accueillis de flèches et de javelots par 
une population ennemie; à l'instigation de Conan ils descen- 
dent à terre malgré cette opposition .ouverte. Le seigneur de 
l'ile, du nom de Turcholl, reconnaît le bâtiment de Finn mac 
Cumaiil, sous lequel il a été en service autrefois. C'est à cause 
de cette ancienne amitié qu'il donne l'hospitalité aux héros 
pendant quinze jours, jusqu'à ce que Glas, mari de Sadb, leur 
rappelle le but de l'expédition. A cette occasion, Conan, le 
Thersite des Fianna, ne peut retenir sa raillerie. « Ton mal- 
heur et ton amour de la mort sur toi, ô Glas ! » dit-il, « c'est 
ton grand amour pour la femme qui est à présent chez un 
autre homme à ta place ! » ^ Les héros font leurs adieux à 
Turcholl en refusant le secours d'homn-ss qu'il leur offre, 
bien qu'ils conviennent de la difficulté ce leur entreprise. 
« C'est abattre un chêne des poings, » disent-ils, « ou nager 
contre une cataracte ou mettre la main dans un nid de grif- 
fons (ou un lien d'osier autour de sable) cette expédition-ci ! » ^. 

Ensuite ils reprennent la mer et atteignent l'île du roi Gorm- 
shuileach qui lui-même a servi dans le corps des Fianna ; 
c'est pourquoi il reçoit les guerriers avec empressement hos- 
pitalier. Après quinze jours ils font voile à partir de cette île, 
accompagnés du fils du roi nommé Sigrach, qui a connais- 
sance du pays de DreoUann et s'offre à leur servir de guide 
(fol. 40 r°). 

Enfin ils arrivent à leur but et dès qu'ils sont débarqués, 
Sadb reconnaît les Fianna venus pour la délivrer de son ra- 



1 . Ort do dhonn?(5 et do grad bhais a Ghlais, ar Conan Maol mac 
Morna, as mor an grad sin agad don mhnaoi ata ag icr eile tar do cheann ! 
(fol. 36 vo). 

2. As tuarccflm darac do dornibh no as snamh an agha/dh esa no lam a 
nead gribhedibhsi an tur«^ sin (fol. 36 vo) ; et plus loin: As tuarga/;/ da- 
rach do dhoir»ibh no as snamh an agaM easa no gad um gainibh an toisg 
sin (fol. 39 vo). Comparez: gat um ganam 7 snam inagid srotha, Stokes, 
To!^ail Troi, 629, et K. Meyer, Battle of Veniry, p. 83-85; The Vision of 
Mac CongUnne, p. 70 suiv. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliottiè(jue universitaire de Ciessen . 2 3 

visscur. Ciothach est par hasard absent, en expédition, mais 
ils rencontrent son fils Dorn dedsholus et ses deux fils adop- 
tifs, Sgiathan sgiathsholus et Tregmon, fils du roi de Grèce. 
Ils assoient un camp vis-à-vis des ennemis. Dans une sortie 
qu'ils entreprennent, Sigrach et le prince O'Liathan réussissent 
à arracher Sadb du milieu des ennemis, mais Dorn la rapporte 
et la cache avec les autres femmes dans une place forte de l'île. 
Ensuite, Diarmuid enlève Sadb de nouveau avec les femmes 
des DreoUannois, et Fathannon est chargé de les embarquer. 

Ne voulant paraître peu chevaleresques en s'enfuyant avec 
leur proie sans coup férir, les Fianna se disposent à la bataille 
et leurs chefs distribuent parmi eux les princes ennemis qu'ils 
se chargent de vaincre^ (fol. 43 r°). La bataille est combattue. 
Conan encourage les guerriers et Ossin fliit ses épreuves, 
semblable à un lion ou à un taureau. Glas tue Dorn et Diar- 
muid tue Sgiathan. Sigrach et Mac Lughach ont à soutenir 
un grave combat contre le fils du roi de Grèce qui a la pru- 
dence d'éviter Goll, le plus fort héros des Fianna. Il succombe 
enfin, probablement — car il manque un feuillet du manus- 
crit entre fol. 46 et fol. 47. 

Après la défaite des ennemis, étant venus à bout de leur 
entreprise, les Fianna partent pour regagner leur patrie ; ils 
emmènent Sadb et laissent les autres femmes dans l'île. Ils 
atterrissent d'abord à l'île d'Innis Uill, où Gormshuileach les 
héberge une autre quinzaine et soigne leurs blessés. Ensuite 
ils naviguent pour l'Irlande et arrivent à Alwen, résidence de 
Finn, où ils racontent leurs aventures (fol. 48 r°). 

Retourné dans son pays, Ciothach entend la mort de son 
fils et de ses fils adoptifs et voit les ravages causés par les 
Fianna. Accompagné d'un seul garçon, il s'embarque pour 
l'Irlande, où il aborde à Benn Edair^. Il recherche l'amitié du 
roi suprême Cormac pour en faire profit contre les Fianna 

1 . Une telle distribution de la victoire se trouve parfois dans les récits et 
dans les ballades gaéliques ; voir la bataille de Magh Leana, p. 114 ; Lea- 
bhar na feinne, p. 83, etc. 

2. Beann Eadair est le lieu de débarquement aussi dans la ballade de 
Dearg mac Dreabhail : « Do ghabh an Dearg deud-gheal cuan Ag Binn Ea- 
dain nam môr shluagh ». En albano-gaélique on prononce Eadain au lieu 
d'Eadair. 



24 Ludw.-Chr. Stern. 

(fol. 48 v°). Il provoque Finn et la tribu de Baoisgne au 
combat et fait en sorte que la tribu de Morna s'abstient de 
s'opposer à lui. C'est Ossin qui le combat le premier, mais il 
succombe en duel et est lié par Ciothach. Glas et beaucoup 
d'autres guerriers des rangs des Fianna ont le même sort. Fi- 
nalement Osgar, fils d' Ossin, âgé seulement de dix-neuf ans, 
entreprend la lutte contre le roi Ciothach pour délivrer son 
père des liens. Endossé de l'armure de Finn, il soutient un 
combat de trois journées contre l'étranger et réussit enfin à le 
dompter et à lui trancher la tête. 

Le récit finit par ces mots : « Lorsque Finn vit le grand 
homme tomber, il alla à la rencontre d' Osgar et lui donna 
trois baisers. Finn et Osgar dégagèrent Ossin des liens et puis 
tous les autres guerriers des Fianna. Il y avait beaucoup d'Ir- 
landais qui approuvaient cet exploit, bien qu'il y eût d'autres 
qui le désapprouvaient. Mais il n'y avait personne, ni homme 
ni femme, à qui cet exploit faisait plus de déplaisir qu'au roi 
d'Irlande Cormac, fils d'Art. Voilà la poursuite de Sadb, fille 
d'Eogan ôg, et la mort du roi de la grande Dreollann et son 
combat avec Osgar. Fin. » ^. — Scriptumpermc Dan. Driscoll. 

Fol. 52 v°. Miaii mïc Comhuill fa hard gnaoi « La joie de Mac 
Cumaill, élevé de sa personne ». — Cinq quatrains et demi 
sur le mètre nommé Rannaigecht mhôr, concernant la chasse 
et les autres plaisirs que Finn aimait. Le petit poème se 
trouve intercalé dans l'agallamh moderne ; voir Société ossia- 
nique, IV, 15-16. Dans le manuscrit les deux derniers qua- 
trains sont conçus en ces termes : 

Faoidh buabhuill ar sgiir do sheilg, 
guth gadhair ar leirg na bhfian, 
fleag Almhaine ameasg na ndamh — 
fahiad sin so brach a mhian. 



I . Mar do chonarc ¥ionii an fer mor ag tuitiiii do leig a ccoinnc et a 
ccomhdhail Osguir et torbhur/f.ç teora pog dho. Do sgaoil Vionn et Osgwr 
d'Oisin ar tus et don bhtein uile sin araach. Bhadar moran dfcruibh Ei- 
rionn leir mhaith an gniomh sin, gi go raibh cuid eile aca 1er b'olc é, et ni 
raiblie ann sin uile fear na bean 1er mheasa an gniomh sin na Corbhmhac 
mac Airt .i. rf Eirionn. Cona 1' toiraidher/;i Saidhbhe iiigine Eogain oig et 
bas rf na Dreollamw moire agus a chomrac re Hosgur gonuig sin. Finit. 
F. (fol. 52 ro). 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen . 2 5 

As me Oisin mrtc an riog, 

faraor nocha mhair mo sgiamh, 
ào chuaidh mo gliaisge ar ccùl, 
a ri na ndul, nî bhfuil ma (sic) mliian. 

Fol. 52 v°. Fiarfxxïios (Ike fiafraighis^ Padraig mhacha « Pa- 
trice de Mâcha demanda » à Ossin, si son père était natif de 
Munster ou de Leinster, Ossin nomme la suite des aïeux de 
Finn, savoir: Cumall, Trenmor, Ferdalocli, Conn, Gairi-don- 
mlioigh, (Baoisgne), Daire-donn, Deaghaidh (Dega) ; les 
quatre fils de Daire-donn étaient Curoi, Baoisgne, Fiacha et 
Eochaidlî. C'est ainsi que Finn descendait des Clanna Dea- 
ghadh dans le Munster du sud, le chef desquels était Curoi, 
tandis que les clanna Baoisgne habitaient Leinster et Meath. 
Le poème de 9 quatrains, le mètre desquels est en désordre 
dans le manuscrit de Giessen, se rencontre aussi dans le Dua- 
naire Fhinn des Franciscains de Dublin ; voir Gocttinger Ge- 
lehrte Jn~eigeii^ 1887, p. 172. 

Fol. 53 r°. Eoc. ô beogusa ce. Do chuaidh mo shuil tar mo 
chuid « Mes yeux sont passés par-dessus ma nourriture ». — 
Soupirs amoureux de 12 quatrains sur le mètre appelé Rannai- 
gecht mhor par Eochaidh O'Hussey. Les mots du début for- 
ment la fin du sixième quatrain, mais les quatrains qui suivent 
semblent appartenir au même poème. Quatre quatrains y sont 
joints, à la suite, sans interruption: Mairg do bheir gmd leaûi- 
troiiiacb « Malheur à celui qui aime sans espérance » ; ils sont 
du mètre appelé Rannaigecht bheg. 

Fol. 53 v°. Ag admhail t'oides ma taim « Si je concède ta maî- 
trise ». — Quatre quatrains, dont un appartient au mètre 
nommé Debide, les autres à la Rannaigecht mhôr, adressés 
par le poète à un autre sur son genre de poésie. Il dit qu'il ne 
marche pas sur les traces de son maître et qu'il ne le prend 
pas pour modèle : 

Ag admhail t'oides ma taim, nier .eannus do lorg um dlidn; 

misi ag cumhdach na cora, tusa ag dion na heagcora. 
Daithador mhisi re dan, do nim bân do ni bhios duibli, 

do nim duibh do ni bhios bân, do ni'm dan gan daith gaii chruith. 
Dân direach mas peacadh e, feadh mo ré ni dhearn/^j- suid, 

cuirim ûagnusc ar mac de, nar peacuidh me sa reim ud. 

Revue Celtique, XVI, 3 



26 Ludw.-Chr. Stem. 

Optimiis Scotortim, mas laidin choir a labhraim, 

ni heirionnac Corbnirt/c chais ' acht Albanac gan amharus. 

Le dernier quatrain est réitéré à la page fol. 55 r°. 

Fol. 54 v°. A cceann naoi mhliaghna fuar Fionn ceannas ar 
fhiannuihh Eirionn « Après neuf ans Finn obtint la position 
de chef sur les Fianna d'Irlande ». — Poème de 11 quatrains 
sur le mètre nommé Debide, lesquels ont pour objet les âges 
des héros les plus célèbres parmi les Fianna. Des âges excessi- 
vement avancés sont attribués à tous, savoir : 249 ans à Finn, 
334 à Ossin, 38 à Osgar, 213 ans à Cailte, 140 ans à Cu- 
mall, 400 ans à Goll, 140 ans à Conan, 112 ans à Mac Lu- 
ghach, 169 ans à Diarmuid et 100 ans à Cairel. La pièce a été 
publiée, d'après le livre noir de Clanranald, dans les Reliquiae 
celticae, II, 304, mais le nombre des variantes est assez consi- 
dérable; c'est pourquoi j'ajoute le texte de notre manuscrit 
en entier. 

A cceann naoi nibhaghna fua(i)r Fionn ceannas ar fhiannuihh Eirionn 

6 Modh-nuadhadh na neac/;, ri ^an omhan gan eitheach. 
Se fithchidh bhaghun fa dho is naoi mbhaghna ni sa mho 

saegal Fhinn fa séun fa raith fa bhuaidh fa trcan don ardfhlaith. 
Do bhi saoghal Oisin m/c Finn tri cead bhaghun go haoibhinn, 

seacht mbhaghna deag fa dho, mi seac/j/mhuin et aon 16. 
Fithce bhaguin sa hoc/;/ deag saogaZ Osguir, is ni breag, 

gan troig thar ais ag cur cath idir an fhein san ardfhlaith. 
Tri bliagna deag ar da ceid saoghal Caoilte na mor thread , 

6 an lo a rugadh an fiai fionn gnr bathflrf/; é a Liaithr«im. 
St&cht bhfithcidh bliaguin go htacht saogal G/bhuill do dûSiOàheadh gan 

cios an domhuin gan dail do go humh da thogbhail. \nert, 

Ceithre cead bliaghuin acht mi saogal mie Morna fa maith gnaoi 

nir leig neac soir na siar uaidh gan comhrad (1. comhrac) aon fir. 
Seac/;/ bhfithcidh hVizgttin fa sheol saogal Canain mhallar/j/aig mo/r^, 

ag iniHrbhaidh idir an bhfein, ag bualladh dorn et fa meir. 



1. Ce sont les Dalcassiens (dâil Cais), ou les tribus de Thomond, qui 
sont descendus de Cormac Cas, fils d'Oilill olum. — Je ferai remarquer en 
passan; que dans un poème de Mac Brodin publié par O'Flanagan, Deir- 
d. ,, p. 229, la leçon A koghain do shil cconchair ccais me paraît être fautive. 
On trouve les mêmes vers, dans les Reliquiae celticae, II, 144, avec la mei- 
lleure leçon A leomhain do shiol Chermaic chais. O'Flanagan attribue à con- 
chair, mot qui se trouve aussi dans le Tegasg flatha, 1. 199, le sens de 
« puissant, compact. » 

2. Canan est l'orthographe du manuscrit, au lieu de Conan; la voyelle 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 27 

Chuig f hithcidh bliaguin sa dho deg saoga/ mie Luidhgh, snf breag, 
ar ghoil ar gaisgt' ar greann a mharr aidhne na Heirinn. 

Ocht bhfithchidh bliag»/;/. re suirge saogal Diarmada ui Duibhne, 
naoi mbliagna don macaom og le cluithe luibe et liath/oid. 

Cuig Jilhchidh bliagHm, is derhh liom, saogfll Caroil mie mie Finn, 
ni dhearna fris comhmc lann neac nar bhuin Carul a cheann. 

Fol 55 v°. Oisin is fada do suan « O Ossin, ton sommeil 
dure longtemps ». — Début du poème qui suit, 6 quatrains. 

Fol. 56 v°. Agallaïub Phadraig et Oisin « Dialogue de saint 
Patrice et d'Ossin «. — Poème ossianique de 40 quatrains qui 
sont sur le mètre appelé Rannaigecht mhôr. Le saint exhorte 
le vieux guerrier qui tient toujours aux souvenirs de l'âge hé- 
roïque en dédaignant à accepter la doctrine chrétienne, à se 
convertir et à avoir recours à Dieu dans sa vieillesse aban- 
donnée. « Fais attention, « lui dit-il, « à toi-même, pauvre 
homme, considère la tombe et ta vieillesse ! « 

Tabhair th'aire dhuit fein, 6 taoi gan cheill anois. 

tabhair th'aire dliuit, a thruadli, smuain ar an uaig et ar h'aois. 

Le texte le plus ancien de ce poème que M. d'Arbois de Ju- 
bainville cite dans son Catalogue, p. 2, date de 1721 ; il se 
trouve aussi dans le Codex Phillippicus 1028 1, écrit en 1730, 
et dans 10271 de la même bibliothèque, lequel date également 
du xviii^ siècle. Un fragment du poème, dans le manuscrit 
d'Edimbourg n° 62, a été publié dans les Reliquiae celticae, I, 
164. Une rédaction récente qui est augmentée de beaucoup 
d'interpolations, a été imprimée par J. O'Daly dans les Mé- 
moires de la Société Ossianique, IV, 2-62. Chez les monta- 
gnards d'Ecosse, cette ballade est incorporée avec un autre 
poème ossianique qui se trouve déjà dans le recueil du Doyen 
de Lismore {Rel. celi., I, 10) : Iriuis duinii, a Phadraig, an 
onoir do kighinn. Cette rédaction albano-gaélique est bien 
connue sous le titre de Urniiigb Ossin « la prière d'Ossin » ; 
on en a beaucoup de textes, voir Th. -F. Hill, Ancient Erse 
poenis, édition 1878, p. 21-25 '■> Report, appendix, p. 1 18-129, 



brève a se prononce en irlandais moderne, du moins dans une partie de 
l'Irlande. Voir les grammaires de Lynch, Molloy, O'Growney, etc. 



28 Ludw.-Chr. Stem. 

J.-F. Campbell, Lcahhar na Feinne, p. 41-47; Reliqiiiae ccl- 
ticae, I, 263, et Scottish Revieiu, VIII (1888), p. 350 et suiv. 

Fol. 58 v°. Mo tegasg da ngahhîha a cbiiirp nar chJechta riot 
srian « Si tu acceptais mon instruction, ô corps, qui n'es pas 
accoutumé de mettre un frein à toi ». — Exhortation à la 
piété, 7 quatrains aux lignes longues avec la rime en ia. Sui- 
vant O'Reilly, Irisb writcrs, p. 192, l'auteur du poème est un 
nommé Edmond Mac Donogh, qui fleurit en 1640^ 

Pol. 59 r°. Ag so baramhuil na niigdar et na bhfcalhoirighe do 
na crioclmhh et don nadur tairnghes a lucht aitribh na ccrioc sin 
« Les opinions des auteurs et des philosophes sur les pays et 
sur la nature qui caractérise les habitants de ces pays ». 
Pièce en prose traduite, comme il est facile à voir, de l'an- 
glais 2, L'auteur dit que les peuples septentrionaux ont plus 
de faim et que c'est la raison pourquoi ils sont plus belliqueux ; 
il ajoute que les hommes maigres sont moins inoffensifs que 
les hommes gras; c'est pourquoi César ne voulait avoir au- 
tour de lui que ceux-ci. Jean Bodin, auteur du livre Universae 
naturae theatrum en 1596, est cité. Plus loin, il est question 
du caractère des divers peuples et de ce qu'ils aiment dans 
leurs femmes. Quatre distiques latins et deux quatrains irlan- 
dais terminent ce traité. 

Fol. 61 v°. Cnoc an âir an cnoc so thsiar « La colline du 
massacre, la colline de l'ouest » 5. Poème ossianique qu'ont 
publié Theoph. O'Flanagan dans Deirdri, p. 199-203 et, 
d'après un manuscrit plus moderne, J. O'Daly dans la So- 
ciété Ossianique, IV, 80, 86-92; trois textes du poème sont 
reproduits dans les Reliquiae ccJticae, I, 137, 149; II, 305. Le 
catalogue de M. d'Arbois de Jubainville n'en cite aucun ma- 
nuscrit avant 1752. Il s'agit de Niamh-nuadh-chrothach qui 
est poursuivie par Tailc mac Treoin, guerrier monstrueux à 



1 . Le poème d'Eamon Mac Donogh est contenu aussi dans le manuscrit 
du Musée Britannique coté additioiial 31877, fol. 136 v°. 

2. On y trouve, fol. 60 v", la forme Polonians ; les Espagnols sont ca- 
ractérisés ar cheantreine (headstrongness) et les Irlandais ar ghloirdhao- 
nihaoin (vaingloriousness), etc. 

3 . C'est un autre lieu nommé Cnoc an air dont la légende se trouve 
dans l'Agallamli nasenôrach; voir Silva Gaâdica, p. 126. 



I 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothècjiie universitaire de Giessen. 29 

tête de chat; il est tué en duel par Osgar, mais aussi la jeune 
fille meurt de douleur. Le manuscrit ne donne que 15 qua- 
trains (qui sont du mètre appelé Rannaigecht mhôr) ; les qua- 
trains 8, 14 et les trois derniers manquent, car la pièce s'ar- 
rête inachevée au bas de la page. 

Fol. 63 r°. Turris Babilonis. — Morceau concernant la tour 
de Babel, la diffusion des 72 langues, l'école des langues dans 
la plaine de Senax (lire Senaar), Nuil (lire Niul ou plutôt 
Nél) qui épouse Scota, fille du Pharaon et mère de Gadelus 
(Goedel glas) duquel sont descendus les Gaels ou Scoti. La 
pièce est écrite comme prose, mais ce sont les quatrains 15-20 
du poème bien connu sous le titre de « Dirge of Ireland » 
qui a été publié en 1855 par M. A. O'Brennan. On considère 
John O'Connell comme son auteur, le même qui était évêque 
de Kerry de 1691 jusqu'en 1704. Voir O'Reilly, Irish luriters, 
p. 195. L'éditeur appelle ce poème, qui donne un résumé de 
l'histoire d'Irlande, un des meilleurs échantillons de la « great 
rivalry in dirgic poetry ». La forme du vers est la même que 
dans la Lamentation d'Irlande publiée par M. Thurneysen 
dans la Revue Celtique, XIV, 154. L'édition d'O'Brennan 
est très médiocre ; il lit par exemple, à la dernière ligne du 
20^ quatrain, k'tn do dhannas (mot qui n'existe pas) au lieu de 
lân do dhaonnacht, ce que porte le manuscrit. Une copie iné- 
dite du poème se trouve au reste dans le livre noir de Clan- 
ranald ; voir: Reliquia celiica, II, 146. 

Fol. 63 v°. Un alphabet, où il est dit sur x, y, :{ : ni bhfuil 
:\.cht oilithrig ô greacuibh ionnta; un Pater latin; un verset 
soi-disant de S. Jérémie (togbhadh [1. tôigéabh] uaibh ar se 
an breitheamh an £udh et an seanoiret do b'.earleanbhainbha- 
namhla na nait daoibh), interprété comn.j dirigé contre l'in- 
dolence du clergé. Voir la prophétie d'Isaïe, ch. 3, v. 4. 

Fol. 64 r°. Les premiers 4 quatrains du poème susindiqué 
de B. O'Hussey (fol. 2 r°). 

Fol. 64 v°. Une plaisanterie en anglais : Was not that a hand- 
some Jester, etc. — Les distiques latins cL un quatrain irlan- 
dais transcrits du fol. 61 r°. 

Fol. 65 r°. L'alphabet, le Pater, un quatrain tiré du poème 
de B. O'Hussey (fol. 4 r"). 



30 Ludw.-Çhr. Stern. 

Fol. 66 r°. Quelques phrases en latin, anglais et irlandais 
avec des gloses allemandes interlinéaires. 

Les feuillets 63-66 ont été ajoutés après coup; ils furent 
écrits probablement pour J. Schilter par un Irlandais qui 
semble avoir donné des leçons d'irlandais à ce polymathe. 

Berlin, octobre 1894. 

Ludw.-Chr. Stern. 



THE PROSE TALES 



RENNES DINDSENGHAS 



8i. Ess RÙAiD. 



(Lee. p. 498''). 

Eas Ruaid, canas rohainmniged ? 

Ni ansa. Aed Ruad mac Baduir[n]d ri Eriiid robaided and 
oc faircsin a delba [p. 499'''] oc snam an esa, a quo Eas Ruaid 
nominatur. Is e a sid, Sith ^d-'', ar ur an easa. 

Aliter : Ruad ingen Mai'^ Milscoith meic Duinn Desa 
doroega Aed ^ mac Labra.r" .ubric meic Roga [Rodaim]. Is 
as tainic a hilathaib Maigi Masin. I curach creduma Abcain3 
eigis tai»/c 7 a lam cle fri hErind. Dia luid la Gœith mac 
Gaisi Glaine do œnach Fer Fidga tuarcaib a scol creda fora 
churach ind n-ingen, 7 doluid a[o]enur isin n-inbear, conas-ïaca. 
JEd [don tsuidiu ir-raba, 7 ni fidir Aed] cia bae in ingen, [7 ni 
fitir in ingen] cia tir inda raba, co cuala dord na samguba4 
isinn inhiur nach cuala nech [riam], 7 asb^rt : « Bid he seo 
inbtv bus ainm i n-Erind, » 7 dothuill5 'na suan, 7 dolig^ tar 
bruindi a lunga, cor' baidead. Conad de asbearar Eas Ruaid. 

No comad o JEd Ruad mac Baduirn .i. o ns. Evenn no- 



^t) 



1 . Voir Revue CelUquc, XV, 272, 478. 

2. dorœda iEda, Lee. 

3 . a curachaib creduma cain, Lee. 

4. saniduba, Lee. 

5 . co;/atuil BB. conatuil H. 

6. deilligh BB, H. Cf. infra No. 93. 



^2 Whitley Stokes. 

hainmnichthea dia rotelleastair ara oclach ina thuaristal, dia 
brisistair na reanna aicsidi 7 nemaicsidi fair, coro greis in t-oc- 
lach na curu i cenn in rig .i. muir 7 ga;th 7 grian 7 eoi- 
theoir 7 firmaimint, cor' thogair JEd tre theasbach dul 'san 
eas da fothrucud ^ Eas nDuinn meic Dubain nié^fc Bili a hainm 
roime sin nocor'baithead JEd tre firt mara 7 morgaithi. Vnde 
dicituT Eas Ruaid. 

It was Aed Ruad, son of Badurn, king of Ireland, that was 
drowned there while gazing at his image and swimming the 
rapid. From him Ess Ruaid « Ruad's Rapid » is named. His 
gravemound, Sid Aeda, is on the rapid's brink. 

Aliter : It was Ruad, daughter of Maine Milscoîh son of 
Donn Desa, who chose Aed [Rôn] son of Labraid Lesbrecc, 
son of Roga Rodam. Where she came from was out of the 
ilatha(?) of Mag Maen. In Abcan the poet's boat of bronze 
she came, with Ireland on the kirboard side^. Whenshe went 
with Gaeth, son of Gaes GLnn, to the assembly of the Men ot 
Fidga the giri hoîsts her sail of tin on his boat, and en- 
tered the inver alone. Whereupon Aed saw her from the seat 
he occupied, but he knew not wlio the girl might be, and 
she knew not what land she was in. In the inver then she 
heard the mermaid's melody which none had ever heard, and 
she said : « This inver is the noblest in Erin ! » And she fell 
asleep (at the music), tumbled over the bow of her boat, and 
was drowned. Hence is said Ess Ruaid. 

Or it may hâve been named from Aed Ruad son of Ba- 
durn, king of Ireland, when he defrauded his champion con- 
cerning his stipend, and broke upon him the stars, visible and 
invisible?. Thereupon the champion incited against the king 
the sureties, to wit, sea and wind, sun, ether and firmament, 
and called Aed, by means of (the sun's) sultriness, to enter the 
rapid and bathe. Ess Didnn « the Rapid of Donn, son of Du- 
ban, son of Bile » had been its name before that, till Aed was 

1 . fothrucucu?;, Lee. 

2. Literally : and her left hand towards Ireland. 

3 . I do not understand this. It is probably an idioni denoting a gross 
breach of faith. 



The Rennes Dindse/ichas. 3j 

drowned (therein) by a miracle of sea and mighty wind. Hence 
Ess Riiaid « (Aed) Ruad's Rapid » is said. 

§§ 1-5 are also in LL. 165» z|: BB. 391^25; and H. 50^. Bodl. no. 42. 
The curious § 4 is found only in Lee. Versified, LL. 213a 22. Edited froni 
BB. in Silva Gadelica, II, 479, 52^: from BodL in Folklore, III, 505. 

Ess (Aeda) Riiaiâ, the salmonleap at Ballyshannon, co. Donegal, is an- 
glicised Assaroe. 

A brief dindsenchas corresponding with ïi 2 is found in LL. 20b 10 : Aed 
Ruad trâ atbath di'b artùs .i. badud robàded i n-Es-ruaid, 7 co tucad a chorp 
issin sid sin. Xinde Sid n-iEda 7 Ess Rûaid. « Nowofthem Aed Ruad was 
the first to die, to wit, he was drowned a drowning in Assaroe, and his body 
was brought into that sid. Whence « Acd's Sid « and « Ruad's Rapid ». As 
to boats of bronze, see above, nos. 5 and 45; and cp. the lioigùie crèdume 
in LU. 45=». 

According to the poem in LL. 213, the object of the lady Ruad's hapless 
love was Aed Rôn son of Imchad (dia tue in morgrad mada \ d'Acd Rôn mar 
inac luichada). 

For another instance of the action of the sun and wind when given as 
sureties (rallia), see LU. 158b, Rolls Tripartite Life, p. 567. 



82. Druim Cliab. 

(Lee. p. 497'0. 

Druim Cliab, canas rohainm/»VeJ ? 

Ni ansa. IS and doroindi Curnan Cosdub mac Redoirche 
nieic Dibaid .111. cliab cwraich do arcain Dune Barc for Aindle 
mac Loga Lamfota, co mbiç \)Y\:\.dain co leith icon togail sin, 
co ndrochair Ainle ann conx rignaib 7 co lin a fualais olcheana; 
7 is annsin adb^rt Cz/rnan : « Is maith cach dail [dia] diagaid 
fir. » ri. \Jndô Druim Cliab. 

'Tis there that Curnan the Blacklegged, son of Reodoirche 
son of Dibad, built thrice fifty boatframes to destroy Diin Barc 
on Ainle son of Lug Longhand. A year and a half was he at 
that destruction, and there Âinle fell with his queens and the 
rest of his fimily. And 'tis then that Curnan said : « Good is 
every gathering to which mengo, « etc. Whence Druim Cliab 
« the Ridge of (boat) frames » . 

Also in LL. 165-' 20 : BB. 392*30: H. 51»: and Bodl. no. 34. Versified 
LL., 213a 52 — 213^6, where Caurnan's utterance (probably the first line of 



34 Whitley Stokes. 

a lost poem) is given as Maith cach daldia tiagatfir. In LL. 165^ it is Is m' 
in ni dia tiagatfir denam. Edited from LL. in Silva Gadelica, II, 479, 526: 
from Bodl. in Folklore, III, 498-9. 

Driiiin Cliab now Drumcliff in the barony of Carbury and co. of Sligo. 
See the Four Masters, A.D. 871, 1187. 

Dûn Barc « Fort of Ships », is perhaps Dûnna mBarc (now Dunnamark) 
in Bantry Bay. 



83. Nemthenn. 

(R. 115^ i) 

Neimthend, cid dia ta ? 

Ni ansa. Dreco ingen Chalcmail mcic Cartan w\eic Co;/naitli 
bandnii 7 banliccerd, is le ronairnecht laith neime do ceitMb 
macoib f/r/;et Yergus-x Leithdf /rg, co /z-eblaMr uile di sodlioin ^, 
conïà don airm a n-eiplewr is ainm Nemtenn. 

Dreco daughter ofCalcmael son of Cartan, son of Connath 
was a druidess and a female rhymer, and by her was pre- 
pared a poisonous liquor for Fergus Redside's four and twenty 
sons, so that they ail died of it; and the place at which they 
perished bears the name Neni-îbeiin « strong poison ». 

AIso in LL. 165^ 29: BB. 592^ 9: H. 51^: Lee. 491^: Bodl. no. 35. Ver- 
sified in LL. 2i3i'8, where the names of the twenty-four sons are given, and 
Dreco is described as driii 7 degfiU « a wizard and a good poet ». Edited 
from BodL in Folklore, III. 499. 

Fergus Lcthderg, one of the four chieftains said to hâve come to Ireland 
withNemid, A. M. 2850. 

Nemthmu, now Nephin, a mountain in co. Mayo. 



84. DUBTHÎR. 

Dubthir, canas ro ainmniged ? 

Ni ansa. Da mac forfacaib Guaire mac in Daill .i. Guaire 
Gann 7 Daire [Duhchestach], coro marb in Guaire in Daire oc 
Daiminis, coiiid de roleith fid 7 mothar dar crich nGuaire don 

I . soghoin R. 



The Rennes Dindsenchas. 



35 



fingail sin dorigne ar Daire nDubcestac/;^ for a brathair. Unde 
Dub//;/r. 

There were two sons whom Guaire son of the Dali 
(« Blind ») left, namely Guaire Gann (« the Scanty ») and 
Daire Dubchestach (« of the dark questions »). And at Daim-' 
inis Guaire killed Daire, so that a wood and stunted bushes 
overspread Guaire's country, because of the parricide which he 
committed on Daire Dubchestach his brother. Whence Dub- 
thîr « dark-land ». 

Also in LL. 1651^8: BB. 392-^34: H. 51'^: Lee. 499: Bodl. no. 37. Edi- 
ted from LL. in Silva Gadellca, II, 472, 517-518: from Lee. in Progs. of 
the R. I. Âcadeiny, Irish mss. séries, I, 184 : from BodL in Folklore, III, 501. 

Diibthir (Duhthtir, LL.) is supposed to be in Connaught, and Daminis 
may be the famous island (now Devenish) in Lough Erne. 

As to land being cursed with sterility in conséquence of a murder, see ' 
Herodotus, VI, 139: 'ATîoz-cst'vaat oï TOîat neXaiyoTat xoù; açjïtsoo'jç Traîoà; 
x£ xal yuvaîy.aç oi'-e y^ y.ap-ov stpepE x. t. X. 



85. Mag Slecht. 

Magh Slecht, canas ïoninmniged ? 

Ni ansa. Ann roboi ri[g]idal Erenn A. m Crom Croich, 7 
da idhal decc do clochaib ime, 7 eisium di or, 7 is é ba déa 
do cacb lucht rogab Erinn co toracbt Vatiic. IS dô no idpradis 
cétgdnQ câcha sotha 7 primgene cacha cloinde. IS cuca rosiacht 
TigtTn[m]c?.f mac EoWaicb ri Ereiiii dia samna co firu 7 co mna 
Eremi imalle dia adhradh, covo slecht uilefiadhu co ra;m[d|etar 
tul a n-etan 7 maetha hi srona 7 foircledha a nglun 7 corra a 
n-uillend, co n-eplat^fr teora cet/;rama[i]n fer n-Erciin oc na 
slechtonaib sin. IJnde Mag Slecht. 

'Tis there was the king-idol of Erin, namely the Crom 
Croich, and around him twelve idols made of stones ; but he 
was of gold. Until Patrick's advent, he was the god ofevery 
folk that colonized Ireland. To him they used to offer the 
firstlings ofevery issue and the chief scions ofevery clan. 'Tis 



36 Whitley Siokes. 

to hini that Erin's king, Tigernmas son of FoUach, repaired 
on HallontiJe, together with the men and women oi Ireland, 
in order to adore him. And they ail prostrated before him, so 
that the tops of their foreheads and the gristle of their noses 
and the caps of their knees and the ends of their elbows broke, 
and three fourths of the men of Erin perished at those pro- 
strations. Whence Mag SI echt « Plain of Prostrations ». 

Also in BB. 395^4: H. 51b: Lee. 500^. Versified, LL. 213'" 38 ', where 
the principal idol is called Cromin Crâaich, and in Cronim crin, and the 
object of offeringhim a third of their progeny is stated to be to obtain milk 
and corn (hlicht ociis ith) — whence \ve may infer that the Irish Ceks Hke other 
races, hcld that the Earth-gods could be propritiated by human sacrifices. 
See more as to this idol in the Tripartite Life, p. 90, 92, where he is called 
Cenn Cruaich (ci. Peiinocriiciiim ?) and the twelve subgods are covered with 
copper (uma) : in LL. 16^ 31, where the writer says that only four of the men 
of Erin escaped from Mag Slécht : in the Four Masters A. M. 3656: in 
O'Curry's Lectures, pp. 103, 538; and m Rei'tie Celtique, I, 259-260. 

Mag' Sh'cht is the plain lying round Ballymagauran in the co. of Cavan. 

As to the sacred number twelve, see the Index rerum to the Tripartite 
Life, Rolls éd. p. 589. 

86. Crechmàel. 

Crech mdol, c^nas ro aininniged ? 

Ni ansa .i. Crech msel drai [leg. dri'ith] Enda Cennsdaig 
dorât gradh do Sampait ingin Bentrai. Buachal da/w 7 banli- 
cerd Isen^, conas-ïuair in druth oc imain a bô do edrud, coro 
gab algais di 7 rola laim fuirre da fcreicniugw^. IMsôi in ben 
iris, 7 rocu[i]r 7 rocengoil, 7 rothend a buaraich 'ma braghait, 
conid romarb in drai [leg. drûth]. Unde Crccbmâcl. 

Crechmdel, Enda Cennselach's bufïoon, gave love to 
Bentrae's daughter Sampait. She was a herdsv^oman and a 
poetess. The buffoon found her driving her kine home at 
evening, and he made an urgent request of her, and put his 
hand upon her to force her. The woman turns against him, 
and cast him down and bound him and tightened her cow- 

1 . In the lithographie facsimile, 213!^, 1. 52, for hana weshould probably 
read hanu : 1. 53, for uiset oie road luiset oh: I. 54, for denon and sana read 
deiiioi! and fccna. 

2. Sic BB. isein H. is he R, 



The Rennes Dimiienchas. 37 

spancel round his neck^ so that the buffoon died. Whence 
Crechmacl. 

Also in LL. 167b 16; BB. 393-> 44; H. 52^; Lee. 497->; D. 4. 2. fo. 56b 3; 
and Bodl. no. 40. Versified, LL. 199-* 62 — 199I'' 13, where Sampait's iather 
iscalled Bethra, and hard occurs as the équivalent of leccerd. Published from 
BodL in Folklore, III, 503-504. 

Crcchinad was the name of a wood not identified. Eiida Cciiiiselacb is 
mentioned in the Book of Armagh, fo. i8-i i, as having a son, Crimthann, 
contetnporary with S, Patrick. 



87. Lia Nothain. 

Lia Nothain, canûs roainiuiiiged? 

Ni ansa. Nothain^ ingeii Coiimolr do Coiinacht-ïih robôi as 
cacb diibt[h]air diaroile .IIL hlindaii, 7 ni tue a haghaidh for 
mâchoire, 7 praind céit domeiledh [cach lae]. Luidii dano a 
iiûiair a crich Beirre do iar[r]aidli a ingine, co mbôi hlhdaùi 
hiin fora fochmarc, conid ann fu^fuair isin ûdhaid, 7 ba lor do 
grain a delb, 7 ba hedh roraidh fris : « Indat bi ïor ndôine .i. 
mo muime 7 mo mâtbak 7 mo hnixhair 7 car/; a[r'] farcb/y.y 
oc Druim Gain ? » 

« Marb uile acbt mise, » ar Coiim-Àor. 

« Bamsa marbsa di sodhain, » ol sise, « 7 tiaghsa latsu^ 
immarach ar in magli coro saidlie mo lia 7 coro claide mo 

fdTt. » 

Unde Lia Nolbain. 

Nothain, Commaer's daughter, of Connaught, was wande- 
ring for thrice fifty years from one jungle to another, and her 
tace never fell on a fieid, and every day she would eat a dinner 
for a hundred. 

So her fither fored forth of the district of Berre to seek his 
daughter, and a full year was he a-searching for her, and then 
he found her in the forest, and horrible enough was her 
aspect. This she said to him : « Are your people alive, to 
wit, my nurse nnd my mother and my brother and whosoever 
I left at Druim Gain ? » 

I Nothtain R. 2. Sic BB. tia^hsu latsa R. 



38 Whitley Siokes. 

« Ail are dead save myself, » says Conmaer. 

« Then I too should be dead, » quoth she. « To-morrow I 
go with thee on the plain that thou mayst set my gravestone 
(lia) and dig my grave. » 

Whence Lia Notlmin « Nothain's Gravestone ». 

Also in BB. 593b 20; H. 52^, and Lee. 500b. Versified, LL. 214^5 '. The 
versions in LL. 167^29, and Bodl. no. 41 (Folklore, III, 504) are very dif- 
férent. 

Lia Notbain not identified. Nor is Bcrre, which raust be somewhere in 
Connauglit. 

88. Carn Furbaidi. 

Carnn Furbaidhe 7 Ethne, c.inas i-oaiiwmigthe ? 

Ni ansa. Eithnc ingeii Eichacb FeidhhV^ ben Coiichohair 
raeic Nesa, ba si vnâthair Fwrbaidhe. Asbert daiio a drùi fri 
Clothraind [ingin Echach Feidlig] macc a sethar da marbad. 
Mus-l'ic Eithne anoir dia basait co Cruachaiii. Doluidh da;/o 
Lughaid Sriab nderg ara cind — mac sen Clothroinde — 7 
baidhidh - in mnôi .i. Eithne, isin aboind fo/'sa fail a ainm, 7 
dobdV't a mac treithi, iarna bddhadh .i. Fwrbaidhe Ferbend .i. 
da beind hatar ina uisinib .x. uii. hlhdna a oes ar Tain bo 
Cnalnge. Luid dano Furbaidhe do digoil a mâthar co drochair 
leis Clothru. Luidh dano Lugaid ind iarmovacbt F//rbaidhe, 
conid romarb hi mullach Sleibe Uillenn, coro ladh a carnn and 
.i. cloch cach fir bai la Lugaid. Unde Carnn Furbaidhe 7 Eith- 
ne no;;//?/a[n]twr. Sliab Uillend mwiorro o Uilend Fa^bard^rg 
mac Find hiii Baiscne, ronapad and, nomiuiiur. 

Ethne, daughter of Eochaid Feidiech, wife of Conchobar 
mac Nessa, was Furbaide's mother. Now lier wizard had told 
Clothru, (another) daughter of Eochaid Feidlech's, that her 
sister's son would kill her. So Ethne (who was then in-child 

1 . The facsimile is hère very incomplète, owing doubtless, to the ob- 
scurity of the ms. The first quatrain should be: 

Ata sund fo choirthe chrûaid 
ben co ndoirthi is co //dimbûaid, 
ca» gairm sochair moasech, 
diar'bo ainm Nothain Nertbuillech. 

2 , baidhigh R. 



The Rennes DindUnchas. 39 

with Furbaide) goes from the east to Cruachan for lier lying- 
in. Then Lugaid of the Red Stripes — he was a son of Clo- 
thru's — went ahead of Ethne, and drowns her in the river 
which bears her name. And after she was drowned he eut out 
from her womb her son, even Furbaide Fer-benn, that is, two 
horns (henn) were on his temples. Seventeen years old was 
Furbaide at the Driving of the Kine of Cualnge. Then Fur- 
baide went to avenge his mother, and Clothru fell by his 
hands. So Lugaid went in pursuit of Furbaide and killed him 
on the top of Sliab Uillenn, and thereon was cast his cairn, 
to wit, a stone for each man who accompanied Lugaid. 
Whence Cani Furhaidi « Furbaide's Cairn », and Ethne are 
(so) named. Sliab Uillenn, however, is named from Uillenn 
Red-edge, son of Find hua Baiscni, who was killed there. 

Also in BB. 394a 14: H. 52b: Lee. 301^ and Bodl. no. 8. Versified, LL. 
199*35. Edited (from Bodl.) in FoIJdore, III, 476-477. 

Cani Furhaidi on the top of 5//fl/' Uillenn, not identified. Ethne the river 
Inny, dividing the co. of Longford from the western half of Westmeath. 

As to Eochaid Feidlech and his three daughters, Ethne, Clothru and 
Medb, see LL. 124b 34: O'Mahony's Keating 277, and O'Curry, M. andC. 
II, 240, 24i.Asto Lugaid Sriab nderg's incestuous parentage,.see thedind- 
senchas of Druim criaich, infra, no. 140. The Csesarean opération by which 
Furbaide was brought forth is mentioned in LL. 125-^3, 199^45, and also 
in Lee. cited by O'Donovan, Supp. s. v. Glaise. 



89. Ard Fothaid. 

Ard Fothaidh, can^i' roainninigcd? 

Ni ansa. Voû\ad Airgthech m^c 'Lxxigdech meic Meic nia co- 
watail and co cend teora coigtighes fri foghar ceirce Bairche, 
dia mbai for echtra. Unde Ard Vothaid noniinatiir. 

Fothad Airgthech son of Lugaid son of Mac nia, when he 
was on an adventure slept there, till the end of three fortnights, 
at the clucking of Bairche's hen. Whence Ard Fothaid is named. 

Also in BB. 399*32: H. 58*: Lee. 506^. and Ed. 4b 2. Edited (from Ed.) 
in Silva Gadelica, II, 483, 531, -Aaà Folklore, IV, 479. 

Ard Fothaid seems the same as the Ard Fothad oi ûi^V omx Masters, A.D. 



40 Whitley Stokes. 

639, « the name of a fort on a hill near Ballymagrorty. .. in the co. of 
Donegal » (?). See also Reeves Fita Cohunhae, p. 38 note. It is spelt Ard 
Fothaid in the Tripartite Life, Rolls éd. p. 148, and Ardd Fotliid in the Book 
of Armagh, fo. 18'' 2. 

Fothad Airgthech, a son of Mac-con, was slain in battle A.D. 285. In 
LU. 133'' is a story about the identification of his tomb, which is printed 
and translated in Petrie's Round Toivers, pp. 107, 108. The allusion to 
Boirche's lien is to me obscure. Vide supra, n° 64. 



90. Mag n-Itha. 

Mag nitha, cann.^ roainiuniged ? 

Ni aiisa. Ith mac Breogain [is e cétna] fuair Eirind am'is [do 
macaib Miled,] co ro marbsat Tuatha Dé Danann ar formdiu- 
ghudh n-Eran/ impn, dia rocljt cuca co Oilech Neit dia n-ei- 
p^Tt : « Is coir d[a]ib corc etraib [do dénum.] Is maith in inse 
a tathi. Is imda a mil 7 a iasc [7 a mes 7 a cruithnecht. Is 
mesraigthi a fuacht 7 a tes. »] Coro [cojcratar in toisicli iar- 
sin, co rot-marbsrtt ar in maigh ucut. \]ndc Mag n-Itba. 

Ith son ofBreogan, 'tis he that first of the sons of Milfound 
Ireland, and the Tuatha Dé Danann kilied him because they 
were envions of the Milesians having Ireland. It was when he 
got to Ailech Néit and said : « It is meet for you to make 
peace between you and us, Good is the island wherein ye are. 
Abundant are its honey and its fish, its mast and its wheat. 
Moderate are the cold and the heat thereof. » So then the 
chieftains (of the Tuatha Dé Danann) conspired ^ and kilied 
him on yonder plain. Whence Mag n-Itha « Ith's Plain. » 

Also in BB. 399148: H. 58->; Lee. 507». The copy in Bodl. 53 (edited 
in Folklore, III, 515) difïers. 

Mag nItha seems the plain along the river Finn in the barony of Raphoe, 
co. Donegal, now called the Lagan, rather than Mag n-Itha Fothairt in the 
co. Wexford. 

Ailech Kèit (also called Ailech Frighrenn), the palace of the northern Irish 
Kings, near Derry. See infra no. 91. 

Ith son of Breogan, one of the Spanish invaders of Ireland, O'Mahony's 
Keating, p. 180. 

I . Lit. whispered together, a compound of con- and the root kar. 



The Rennes Dindsenchas. 41 



91. AlLECH. 

Ailech, canas wainmniged? 

Ni aiisa. Ailech o ail-ech asb^rar .i. ail eich andsin, ar it 
eich t//csat a ailbech la Fri[g]rend mac Rubit Rùaid mac Di- 
doil do Fomuirib Fer Falga, 7 Baine ainm a ingene, 7 Tair- 
hen a gilla, 7 Bernas a mac. Unde Ailech Fiigrenn 7 Cnoc 
mBaine 7 Snâni Maighi Tairb/rt 7 Bernas Tire h^Eda. 

Ailit(?r ; Ailech ond ailigh tuarccaib Corrchend o Cruaich fri 
lighi JEda meic in DagJ^ï iarna marbadh, co nar'léic in Daghda 
a marbadh isin gnimsin, acbt in marb ara muni àogrés co 
fagbad ailech a chum[f]at do chor fora lighi. Rosir da/w Corr- 
cend Erinn fon marb sin co fuair lice a chomfat oc Loch Fe- 
boil, coiias-tua.rgaïh fair, conïd ann asb^rt oca breith : « Ach, 
ach do ail, is di dobeb ! » « Is coir didiu, » ol in Dagii^^ 
« cid ail-ach ainm in denna so, » 7 dobath Corrcend — mide 
Oilech — 7 dobreath in Dagda Ailech do Neit m.ac Indui, do 
brathair a athar iarsin, 7 dia mnoi do Nemoin. Unde Ailech 
[Néit] nomimnur. 

Ind aimsir immorro Abraim meic Thara rocumda^^L 

[fo. 116^2] Ailit^r ; Frigriu mac Rubai Ruaidh doluidh a 
hinis Bretan. Cerd sidhe do Fubthaire do rig Alban ^, co tue 
ieis Aihg a ingin- for aithiud dochum Ereiiii. Doluid dano Fub- 
taire a lurg a ingene co hOilech, co ndt-rna Frigriu tech di 
do dé'rgiubwr^ 7 doheccra[d] in tech sin do or 7 do argad 7 do 
uma; 7 do gemoib, co mbâ comsolus al-lô 7 a n-oidchi in tech 
sm, 7 ruccad and in ingen dia taiscfJ^ 7 adberar ba dalta hi 
don Cé'rd 7 ni ba ben, 7 co mba si sin ben Eiichacb 3 Doimplen 
[7] màihair na Colla, 7 Fiacha Srabtine ba ri intan sin. IJnde 
Ailech Erigrenn noniinauir. 

Ailech from ail- and ecb, that is ail « stone » and eich 
« horses », for it is horses that drew the srones of which it 
was built for Frighriu son of Rubne the Red, son of Didol, of 

1 . do Fubthainre, R. 3 . QCâchach R. 

2. ailech R. ^ 

Revue Celtique, XVI. 4 



42 WIntley Sîokes . 

the Fomorians of the Isle of Mann. And Baine was his daugh- 
ter's name, and Tairbert was his servant and Bernas his son. 
Whence Ailecb Frighrenn « Frighriu's Stone-house », and 
Cnoc inBaine « Baine's Hill », and Snâm Maige Tairbirt « the 
Swimming-place of Tairbert's Plain and Bernas of Tir Aeda. » 

Otherwise : Ailecb from the ail « stone » which Corrchenn 
of Cruach Hfted for the grave of Aed the Dagda's son, after 
he had killed him (for seducing his wife). Now the Dagda 
would not iet Corrchenn be killed for that deed, but (sentenc- 
ed him to carry) the corpse on his back until he should find 
a stone as long as Aed to put upon his grave. So Corrchenn 
carrying that corpse searched Erin till he found at Lough 
Foyle a stone of the right length. This he heaved up on his 
back, and then he said while carrying it : « Acb, acb « ah, ah », 
thy stone (ail), I shall die of it ! » « Meet it is, » quoth the 
Dagda, « that Ail-acb be the name of this noteworthy stead, » 
and then Corrchenn died. Whence Ailecb. And the Dagda after- 
wards gave Ailech to his father's brother Net and to his wife Ne- 
main. Whence it is named Ailecb Néit « Nét's stonehouse ». 

Now it was built in the time of Abraham son of Terah. 

Otherwise : Out of the island of Britain went Frighriu son of 
Rubae the Red. He was the craftsman of Fubthaire king of 
Scotland, and with the king's daughter Ailech he eloped to 
Ireland. Then Fubthaire went on his daughter's track to Ail- 
ech, (and the king of Ireland protected the two lovers from 
Fubthaire, and granted to the girl the site of Ailech). There, 
then, Frighriu built her a house of red yew, and that house 
was set out with gold and silver and brass and gems, so that 
it was equally radiant by night and by day. And therein 
the girl was put to be hoarded, and 'tis said that she was a 
fosterling (or pupil) of the craitsman, and she became the 
wife of Eochu Doimlén and the mother of the (three) Collas. 
And Fiacha Sraibtine was then king. Whence Aikcb Frigbreiin 
« Frighriu's Stonehouse » is named. 

Also in BB. 399b 22: H. 58b: Lee. 507^. Versified LL. 164a (where 
Frighriu is styled cerd Criithmaige ce \ i rè tuhthairc 6 Ht) : also (by Flann 
Manistrech) in LL. iSi^ R. 11 5b 2, Lee 507b. A third poem on the subject 



The Rennes Dindsenchas. 43 

hegïnmng A iîech Fiigretin (faithchc rîgraîth) rîgda in domain is found in H. 
and Lee. 509a, whence it has been edited, with an English Iranslation, in 
Ti}e Ordnance Survey of tlie Co. of Londonderry, I, 223 et seq. 

Ailcch is now Elagli or Greenan Ely (Grianan Ailig), a fort on the sum- 
mit of a hill near Burt in the barony of Inishowen. 

As to the Dagda see Revue Celtique, XII, 124. As to the battle-god Net 
and his wife, see Cormac's glossary, s. v. hièit. 

Eochu Doinilén, a son of Cairbre Lifechair, see the Four Masters, A.D. 276. 
Fiacha Sraibtine, overking of Ireland from A.D. 286 to A.D. 322, when he 
was slain by the threc Collas, or Conlas, as the name is spelt in LL. 
1641^ 5, the ancestors of many great fliraiUes in Ireland and Scotland. 



92. Carraic Lethdeirg. 

[CJarrac Leithck/rg, axwas rohainmnigedh ? 

Ni ansa À. Leithdcrg ingen Co}ic\\ohair meic Nesa, bean 
Tromdai meic Calatruim^, dorât gradh ind aislinge do Fotlwi 
Cananne, co tainic se ocus- triar fear ime fodesin dia saighidh3 
.i. Feithlenn mac Fidrui 7 Lurga mac Luaith 7 Eirisnech mac 
Inmaise[i]Lh, 7 Fothad in ceihraniad'i, acht ba hiar nguin Ai- 
kWa maie Eogain. Briccem mac Tuinde tue eathar doib. Ro- 
marhad daiio Tromda, 7 tuccad a ben iiadli don 5 carraic. Unde 
Carrac LQîbdeirg. 

Lethderg (« Red-side ») daughtcr of Concliobar mac Nessa, 
wife of Tromdae son of Caiatrom, gave love in a dream to 
Fothad Cananne. So to her came he and three men witii 
himself, namely, Fethlenn son of Fidrue and Lurga son of 
Luath and Eirisnecli son of Inmaisech, and Fothad was the 
fourth, but it was after the slaying of Ailill son of Eogan. 
Briccen mac Tuinde (« son of Wave ») gavethem aboat. So 
Tromda was killed and his wife was taken from him to the 
crag. Whence Carrac Lethdeirg « Lethderg's Crag ». 

Also in BB. 400^ 11 : H. 61^: Lee. 510^. 

Carraic LetJjdeirg, net identified. As to Fotliad Canainnc see Revue Ce, 

1. caladhdrûib R. 4. in .iiii.ad BB., in imad R. 

2. cotainicset R. S- sic BB. and Lee. din R. 

3 . saidhigh R. 



44. Whitley Stokes. 

tique, XIV, 248 and Silva Gadclica, II, 474, 519. His name occurs in LL. 
139a 15 as that of the husband of Callech Bérri. He was called after his 
hound Canann, Coir Anmann, Lee. 445''. 



93. Mag Coba. 

Mag Coba, canas roaimuniged ? 

Ni ansa. Coba cu[th]chaire Eirimon meic Miled Es^aine. Is e 
cétna ro indlestar airrcis 7 cuithigh art//j- a n-Eïriun, 7 indles 
fodesin a chois i suidiu duus in bad^ doith^, coro sedlad buinde 
a sliasta 7 a da doit inde, 7 co deiligh a delà iarna thœmad, co 
7/-apadh de. Vnde M.ag Coba. 

Coba the pitfiill-maker (or trapper) of Erem son of Mil of 
Spain. 'Tis he that first prepared a trap and pitfall in Erin, 
and he himself put his leg into it to see if it were in trim(?), 
whereupon his shinbone and his two fore-arms were frac- 
tured (?) in it, and his drinkingcup after being emptied fell 
down, so that he died thercof (i. e. of pain and thirst), 
Whence Mag Coba. 

AIso in BB. 400b 54; H. 61^: Lee. siob, and Ed. 5» i. Edited from Ed. 
in Folklore, IV, 482. 

Mag Coba seems to hâve been an old name for a portion of the baronies 
of Iveagh in Ulster. See Reeves Ecd. Antiqq., p. 349, note s. 

As to Erem (= Aryaniaii) son of Mil, see the Four Masters A M. 3501, 
and the dinisenchas oî Mag uDiiinach, Lee. 524'', mfra no. 52). 

Thisstory ofCoba eontains some rare words — airrches « trap », cuithech 
("pitfall », and its derivative cuthchaire « trapper », doith (leg. doich?) 
« active », ro sedlad « was fractured(?) », delà « drinking-cup ». 



94. Ard Mâcha. 

Ard Machae, canas xoainmniged ? 

Ni ansa. Mâcha ben Nemedh meic Agnomoin atbath and 7 

1 . sic BB. bat R. 

2. better, perhaps, doich .i. eascaidh no tâipaiàh expéditions, quick, nimble, 
active, P. O'C. 



The Rennes Dindsenchas. 45 

when she reached the end of the green she brings forth a boy 
and a girl — Fir and Fiai « True and Modest » their names 
rohadnacht, 7 ba hé indara magh .x. roslecht la Nemedh, 7 
dobretha dia mnoi co mbeith a ainm uasa. \Jï\de Mao- Mâcha. 

Ailitfr; Mâcha ingen yEdha Ruaidh maie Baduini, is le ro- 
thornedh Emoin. Is ann ro hadnacht dia rz^j-marb Rechtaidh. 
Rigd^rg, 7 isdiaguba rognith Oenach Mâcha. Unde Mag Mâcha. 

Ailier.- Macha2 dano ben Chrn[i]nd meic Agnoman doriacht 
and do comrith fri heacha Concohair, ar atbcrt an fer ba luai- 
thiu^ a bean. KvcAaid d3.n0 bôi in ben, is hi inbadhach, cor' 
chuin[n]igh cairde coro thoeda bru, 7 ni lucad di, 7 dognith in 
comrith iarwm, 7 ba luaithem si, 7 o ro siacht [cenn] in céiti 
bmdh mac 7 ingen — Fir 7 Fiai a n-anmand — 7 atb^rt co 
mbedis \J\aid fo ceis ôited in car/; uair d/^j"-fic£id eicin. Conïd 
de bai in cess ïor \]\\iaih fri re noinaide o ûaith Concohair co 
flaith Mail mcic Roc/;raide, 7 atb^rat ba hi sin Grian Banchî^r^ 
ingt'/z M'idir Bn Léitb, 7 atbeb iar suidhiu, 7 focresa a iert i n- 
Ard Machaî, 7 focer a guba 7 roclan[n]udh a lic^. Unde Ard 
Mâcha. 

Mâcha wife of Nemed son of Agnoman died there (on Mag 
Mâcha) and was buried, and it is the twelfth plain which was 
cleared by Nemed, and he bestowed it on his wife so that it 
might bear her name. Whence Mag Mâcha « Macha's Plain ». 

Otherwise : Mâcha daughter of Aed the Red, son of Badurn 
— 'tis by her Emain was marked out — was buried there 
when Rechtaid of the red fore-arm killed her. To lament her, 
Oenach Mâcha « Macha's Fair » was established. Whence Ma? 
Mâcha. 

Otherwise : Mâcha wife of Crund son of Agnoman went 
thither to race against king Conchobar's horses, for her hus- 
band had said that his wife was swifter (than they). Thus 
then was the wife, big with child - : so she asked a respite till 
her womb should hâve falien, and this was not granted to her. 
So then the race was run, and she was the swiftest. And 

1. luiathiu R. 

2. P. O'C. explains ionhhadhach by « timely, seasonable, in due time », 
as if it were derivcd fiom inbuid. 



46 Whitley StoKes. 

— and shc siiid that the Ulaid would abide under feebleness of 
childbed whensoever need should befall them. Wherefore the 
Ulaid suffered feebleness for the space of a nomad from the reign 
of Conchobar to the reign of Mal son of Rochraide « Great 
heart ». And men say that she was Grian Banchure « the 
Sun of Womanfolk », daughter of Mider of Bri Léith. And after 
this she died/and her tomb was raised on Ard Mâcha, and 
her lamentation was made, and her gravestone was planted. 
Whence Ard Machae « Macha's Height » , 

Also in BB. 400^49 : H. 61^: Lee. 510^; and Ed. 4^2. Edited from Lee. 
in Reeves' The Ancient Churchcs of Arviagh, 1860, p. 41 ; from Ed. in Folk- 
lore, IV, 480. 

Ard Mâcha now Armagh. Mal son of Rocliraide overking of Ireiand 
A.D. 107-110. As to Mider see infra no. 126. 

Tliat the second Mâcha marl<ed out Emain (now the Navan, about two 
miles west of Armagh) is told also in Cormac's Glossary s. v. Emain, and 
in LL. 20b 48. 

The story of the third Macha's race with Conchobar's horses and of the 
birth of hev twins is related more fuUy in LL. 125'^ 42, whence it has been 
published by the late Sir Samuel Ferguson in a note to his Congal, 
London, 1872, pp. 189, 190, with a Latin version, and by Prof. Windisch 
in the Bcrichtc of the Royal Saxon Gesellschaft der Wissenschaften, 1884, 
p. 336-347, w'ith a German translation. 

95. Lecht Ôenfir Âife. 

Lecht Oinfir Aife, canas roainiiiiiigcd ? 
Ni ansa. Oenfer Aife mac do Cboïiiciûainii dorocht tar muir 
co Traigh mBaile no co hAth niBcc i G);/aillib Mwrthemne, 
como farnaic do fria athair, co ron-iarflir/;/ a athair cia bui 
and, 7 ni dernai =^ a sloindedh dô. Nôi mhlhdna ba sldn dô. 
Imuforbair doib co nàrochair in mac. Coind and ishcn in mac : 
« AndsLi labroind [ani] biis no [a]ni thoas ». Conid and asbf/t 
Cil culaiiiii : 

« Oenfer Aife ciarba du 

do dicHth 'na athardu, 

bidam bithchuimnech - rem re 

dom gleo fri hOenfer Aife. » 

1 . dcrnaidh R. 

2. sic H. bidh damh bidh cuimnech R. 



The Rennes Dindsenchas. 47 

Ros-fuc leis Cu culaiiin iiirsin roro[n]adnacht oc [Oenach] 
Airrbe Rofir, 7 coro cachoin a guba. Unde Lecht Oenfir Aife. 

Oenfer Aife « Aife's Only-man », a son of Cûchulainn's, 
[sent by his mother from Scotland] came over sea to Baile's 
Strand or to Littleford in Conailli Murthemni. There he met 
with his father, and his father asked him who he was. And he 
would not déclare his name. He had completed (only) nine 
years. So flither and son attacked each other, and the son fell. 
Then said the son : « 'Tis hard that I should speak what is 
or what turns ». Then said CùchuLiinn : « Aife's only-man, 
though 'twas meet (for him) to be hidden in his patrimony 
during my time I shall be ever mindful|of my fight with Aife's 
only-man ». 

Thereafter Cûchulainn took him away and buried him at 
Oenach Airbi Rofir, and sang his dirge. Hence Lecht Oenfir 
Aife « the Monument of Aife's Only-Man ». 

Also in BB. 401^28: H. 62b : and Lee. 511^, 

Lecht Oiiifir Aife not identifàed. Trâig Baile now Dundalk in the Co. ot 
Louth. 

Conailli Muirthemni the part of tlie same county whioh lies between the 
Cooley mountains and the Boyne. 

Aife daughter of Scathach the Scottish aniazon who taught Cûchulainn 
the art of war. Oenfer Aife was a name for Conlaech, Aife's son by Cûchu- 
lainn, O'Curry, M. and C, II, 312, where it is said that the spear by 
which Conlaech fell had been made by his own mother and bestowed by 
her on his father (as a love-token). Other incidents in the story are given 
by Kearing, pp. 279, 280 of O'Mahony's translation. 

The combat between Cûchulainn and his son is thus referred 10 in the 
Tâin bô Cualnge, LL. 88^14: 

Ni tharla rumm sund cose | a bhacear Oenfer Aife. 
da mac samla galaib gliad, | ni fuanw sund, a Fir diad. 

« Since Aife's Only-man fell, never until now hâve I met thy like in battle- 
fîghts, never hâve I found hère, O Fer diad ». And Conlaech's death on 
Traig Baile is mentioned by Cinaed hua Artacdin, LL. 31-^9: For Trâig 
Baile, bressim iigle, dorochair Oinfer Aife. 

A taie called Aidcd Conlaich is preserved in H. 2. 16, col. 955, 957; in 
two mss. in the Advocates' library (XXXVIII and LXII), and in 17 other 
mss. Hsted by d'Arbois de Jubainville in x\\ç. Essai d'un catalogue, pp. 16, 17. 
See also O'Mahony's Keating, pp. 279-280. It is (as hath often been ob- 
served) the Celtic reflex of the story of Sohrab and Rustam. 



48 Whitley Stokes 



96. Carn Mail. 

Carnd Mail i Maig Ulad, nô Carn hnïgdech, cid dia tat ? 

Ni ansa. Lugaid Mal ro cuired a hEùnn lucht secht long co 
hAlpfl'/n, co loxacht afrithise adochum nEirt'/z» co morloinges 
Alb^;;, co tucsatar cath do UUtaib 7 co roemid riam. Cloch 
àzno càch fir doriacht la hMgaid is de doronad in carn, 7 is fair 
bai Luga/J ac cur in catha. UnJf Carn Liiigdech. 

« The Lord's Cairn » in Mag Ulad, or « Lugaid's Cairn », 
whence are they ? 

Not hard to say. Lord Lugaid, with the crews of seven 
ships was expelled from Erin to Alba; but he returned to L'e- 
land with the great fleet of Scotland, and they gave battle to 
the Ulaid and routed them. The cairn was made up of a stone 
for every inan who came with Lugaid, and upon it Lugaid 
stood while delivering the battle. Whence Carn Luigdech 
« Lugaid's Cairn ». 

Also in LL. lyoi' 17 : BB. 402» 6: H. 63-1; and Lee. 51 1^. Edited from Lee. 
by O'Donovan in the Miscdlany of the Ccltic Society, p. 66. 

Carn Mail, not identified, but somewhere in the part of the co. Louth 
between the Cooley mountains and the Boyne. As to the mode and object 
ofmaking it, see no. 29, Revue Celtique, XV, ^31-332. 

As to Lugaid Mal, a son of Daire Sirchrechtaeh, see the MisceUany of the 
Celtic Society, p. 7. 



97. RÀITH MÔR MaIGE LiNE. 

Rath Mor Maige ^ Line, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Rath Rogein a ainm ^ïiits co flaith Bresail B/ic 
meic Briuin ri \]\ad, co nàtchaid sidhe for echt/a fo Loch Loegh, 
co mboi .1. hYiiidan and. Mor da»o ingen Rithir meic Derlaim 
[a ben] frisin resin isin raith, co n-epeirt si^: « Is cian lend 

I . maide R. 2. se R. 



The Rennes Dindienchas. 49 

echtra Bresail, 7 asbnV aroile ben: « Bid cian duilsiu, ar ni 
tharga co brdth ^ dia echtra coa eol co tiset a mairb co cdch » . 
Ba marb daw Mor îochétou, 7 rolil a hainm don raith, \inde 
Râith Mor Maige Line, 7 doriar/;^ Bresal Brec fescur dadaig 
la de, amail asbcrar i n-Echtra Bresail 7rl. 

Râith Rogein « Rogen's Fort » was its name at first and down 
to the reign of Bresal Brec son of Briun, King of Ulster. He 
went on an adventure under Loch Lôig and was there for 
fifty years. Now his wife Mor daughter of Rither son of Der- 
lam was ail that tinie in the fort, and she said : « Bresal's ad- 
venture seems long to us », And another lady said « It will 
be long for thee, for until their dead shall conie back to ail 
others, never will he return from his adventure to his home- ». 
Forthwith Mor died and her name clave to the rath, 
hencc Râith Mor. And Bresal Brec returned at nightfall the 
y after(?), as is told in Bresal's Adventure, etc. 

Also inLL. lyob 25 : BB. 402b 39: Lee. 512^. Edited(from LL.) mSRva 
Gadclica, II, 471, 516. See also Reeves Ecd. Aiitiqq. 386. 

Rdith Môr Maige Line, now Rathmore, co. Antrim. Loch Léig/ idam- 
nâns Vituli Stagnum, now Belfast Lough. 

Echtra Bresail: this taie seems lost. 



98. Benn Boirchi. 

Bend Boirche canas ïoainiiiniged ? 

Ni ansa. Boirche boaire meic [Rossa] Rigbuidhe ba sed a 
suidhe mbuachalla insin, 7 is cimvà argaire[d] car/; mboin ota 
Dun Sobairce cotice Boaind, co ticdis co Beind mBairce, 7 [ni] 
gelled bô imfwrail sech aroile. Unde Bend Bairche dicitur. 

Boirche the cowherd of the son of Ross Rigbuide that bciin 
(« peak ») was his herdsman's seat, and 'tis equally he would herd 
every cow from Dunseverick as for as the Boyne, and they 

1. bracliR. 

2. or, if we read with LL, coa seol, « to his bed », seol .i. Icabaidh, 
P. O'C. 



50 Whitley Sîokes. 

would corne (at his call) to Benn Boirchi, and never a cow 
w-uld graze a bit more than another. Whence Benn Boirchi 
« Boirche's Peak » is said. 

Alitt'r Bennan mac Boirchinn (;/ô Birchinn) romarb Ihcal 
mac Manannan i ndul co[a] mhnâi .i. Leçon ingen Lotair a 
hainm-siden, conià é sin fdth dia roleic Manannan a tri lomann 
cumad dia cnde .i. Loch Ruide 7 Loch Cuan 7 Loch Dacha^ch, 
7 romarb Bennan iarsin for in mbeinn ucut. Unde Benna 
Bairchi dicitur. 

Otherwise : Bennan son of Boirchenn (or Birchenn) killed 
Mananndn's son Ibel for going in unto his wife hight Leçon, 
Lotar's daughter. And this was the cause of Mananndn's cast- 
ing from his heart his three drauglits of grief (which became) 
Loch Ruidi, Loch Cuan and Loch Dacaech. And after that 
he killed Bennan on that peak. Whence Benna Boirchi is said. 

Also in BB. 405-'' 4: H. 64^ : Lee. 512b, and Ed. fo. 5^ i. Edited, from 
Ed. and BB., in Silva GadeJica, II, 480, 527 : from Ed. in Folklore, IV, 487. 

Benna Boirchi « Boirche's Peaks » now that part of the Mourne Mount- 
ains in the ce. of Down, where the river Bann has its source, Fotir Mas- 
ters, A.D. 1493, note j. Loch Ruidi not identified. Loch Cuan, now Strang- 
ford Lough. Loch Dacaech, now Waterford Harbour. 



99. Tailtiu. 

Tailltiu, canas roainniniged ? 

Ni ansa. Tailltiu ingen Magmoir ben Echach Gairb m^/c 
Duach Teimin, is leis doronad Dun na nGiall i Temraig, 7 ba 
hiside buimi Loga meic [in] Scail Bailb. Is i rowataig coa fer 
caillid Cuan do slaide di comad ôenach ^ imo lecht, 7 atbath- 
si i kalaind Auguist iarsin, 7 roacht a guba 7 a nasad la Lu- 
gaid. Unde Lugnasa[d] d/V/m//s. Coic cet hliadan immorro 7 
mih ria ngein Crist andsin, 7 «ognithi ind œnach la cach rig 
nogi^ihed Eiri co tainic Vatraic, 7 côic cet ;cnach i Tailltin o Pa- 
traic co duboenach Dondchada maie Mailsechl ai nn. 

I . œnaig R. 



The Rennes Dindsenchas. 5 1 

Teora geisi do Tailtin : teck tairrsi cin tairlim, a deiscin mr 
clegualainn^ [oc toidecht uaithi] 7 aurchur nad gremna- indi 
[iar fuined ngréine]. Unde ^nach Taillten dicitur. 

Tailtiu daughter of Magmôr was the wife of Eochu the 
Rough son of Dua the Dark. 'Tis by him that the Fortress of 
the Hostages was buih in Tara, and she was the fostermother 
ofLug the son of the Dumb Champion, 'Tis she that asked 
her husband to clear away for her the Wood of Cùan, so that 
there might be an assembly around her grave. And after that 
she died on the calends of August, and her lamentation and 
funeral ganes were held by Lugaid. Hence we say Lug-nasad 
« Lugh-games », Lammas-tide. 

Now that was fifteen hundred years before the birth of 
Christ; and untii Patrick's advent the fair was held by every 
king who took Ireland; and there were five hundred f^iirs in 
Tailtiu from Patrick till the Diib-oenach « Black Assembly » of 
Donchad son of Fland son of Maelsechlainn. 

Three were the tabus for Tailtiu : crossing it without aHght- 
ing : looking at it over the left shoulder (w4ien leavingit); 
and casting unprofitably in it (after sunset). Hence Oeiiach 
Taihen « Tailtiu's Assembly ». 

Also in BB. 403^30: H. 10'': Lee. 5i3-*; and Ed. fo. 5b i. Versified, 
LL. 200^' 12. Ediied from BB. nxSilva Gadelka, II, 469, 514: from Ed. in 
Folklore, IV, 486-487. See also O'Curry, M. and C, II, 148. 

Tailtiu now Teltown in Meath. For traditions relating to the assembly or 
fair held there, see the Four Masters A. M. 4370 and O'Mahony's Kcating, 
p. 301. Dûii lia iigiall znz Duiiia iia ngiaU, supra, no. I, § 12, 13, Revue 
Celtique, XV, 281. 

The above etymology of Lngiiasad is also in Cormac's Glossary. 

Donnchad son of Flann Sinna, son of Mael-sechlainn, was overking of 
Ireland from A.D. 918 toA.D. 942. The « Black Assembly » raeans, per- 
haps, the assembly whichin A.D. 925, was prevented by Muirchertach son 
of Niall. 

100. Slîab Puait. 

Shab Puait, cinasroaiiiiiiiiiged? 

Ni ansa. Fuat mac Bile meic Brighe meic Bre[o]guind dota- 

I . -guala«m R. 2 . nadcrgmna R. 



52 Whitley Stokes. 

rail inse for muir oc tuiàecht dochum Eyeim À. inis Magdena 
nô Moagdeda, id est mor-ôc diada. Cacb oen nofw/Vmed a bond 
fuirre ni aprad ga3 cein nobid indti. Tue daiio Fuat fot leis 
eisi, conid fair condesscd oc breithemnaj 7 oc eiarcert. Intan 
dano nodordad goe imsôadh ^ a fonn ind arda 7 a fer fri grian, 
7 o'tberedh immorro flr imsôadh a fer i n-arda, 7 ata dano in 
fot sin be//5 issin tsléih, 7 is fair dellig in grainne torchair a 
gerran Fairaic, conid adradli sruith[e] o sin ille ar coimet na 
firinde and. 

Aliter coiiadh o Fuat [mac Bile] mcic Breogain codiles ro- 
raitea. Undc Sliab Vuait [nominatur]. 

When Fuat son of Bile son of Brig son of Breogann was 
coming to Ireland he visited an island on the sea, namely Inis 
Magdena or Moagdeda, that is Môr-ôc-diada « Great-young- 
divine ». Whosoever set his sole upon it would tell no lie so 
long as he was therein. So Fuat brought outofit a sod where- 
on he sat while judging and while deciding questions. Now 
when he would utter falsehood its under part would turn up- 
wards and its grass down to the gravel. But when he told 
truth its grass would turn upwards. And that sod is still 
on the mountain, and 'tis on it lay the single grain which fell 
from Saint Patrick's gelding. So thenceforward, because of 
preserving the truth, it is the adoration of elders. 

Otherwise: itmay be from Fuat son of Bile, sonof Breogan, 
that the mountain, properly, was called. Whence SJiab Fuait 
« Fuat' s Mountain ». 

Also in BB. 404^51: H. 74-'': Lee. 514^ and Ed. fo. 5^1. Vcrsified, 
LL. 204-'' 16. Edited from BB. in Silva Gaddica, II, 475, 521 : from Ed. in 
Folldore, IV, 483. 

Sliah Fiiait, a mountain near Newtown Hamilton in the Co. of Ar- 
magh, is Stiah Uait in the Annals of Uister. Hence the / appears to be 
prosthetic. [/a/ from * Aveu t os? cognais, with mons Avcntiniis? ks\.o^N\\id\ 
see Servius, ad Aen. 7.657. 

For other Irish ordeals see Irisclie Texte, III, 188-193. 

The story of the grain of wheat is told in the Triparlile Life, Rolls éd. 
p. 240. 

I . imsodhadh R. 



The Rennes Dindsenchas. 5 j 



loi. Sliab Callann. 

Sliab Kallann, canas roainmniged ? 

Ni ama. Callann fo//buachail Buidhe meic Buain meîc ¥or- 
gatnnâ como forbart in Donc! Cuailnge riana re choir ddir in 
tsescraid ^ imbi, co ro gaib do 7 in cù oc cosnam in tsescraid ^, 
co drochair in eu di sodhoin. Nô comadh oc 5 tahain na tana 
coro cosain in cù, conid and dobreatha guin galand fair o chac/; 
nô o Dun[d] Chua'ûngi isin tsléib. Unde Sliab Kiûlann dicitur. 

IS hé imiiiorro tàinhugud fir in cou sin. Cuilen he do Dâol 
cho'm Celtchair. Is and dono fofrith sein, i clocund Conganchnis, 
ar tri coin haiar ina chind .i. in eu robôi oc Culand cerd 7 in 
cii robôi ac Celtc/;^7;/' 7 in cù robai ac Mac da Thô. Brec im- 
morro, 7 dub 7 odhor a ndatha, ut dicitur. 

Callann was the herd-hound of Buide son of Bccan son of 
Forgamain; and when the Donn of Cualnge, before his proper 
time, proceeded to bull the dry cows around him, he and the 
hound began to contend for the cows, and by him the hound 
fell. Or it may be that the hound fought at the taking of the 
drove, whereupon a mighty deathblow was inflicted upon hiîn 
by every one, or by the Donn Cùailngi, at the mountain. 
Whence Sliab Callann « Callann's Mountain » is said. 

Now this the true account of that hound. He was a pup ot 
Celtchar's hound Dael. And he was found in the skull of Con- 
ganchnes ; for there were three hounds in that skull, to wit, 
the hound that Culand the craftsman had, and the hound that 
Celtchar had, and the hound that Mac da Thô had. Speckled 
and bkick and grey were their (respective) colours, as is said. 

Also in BB. 404b i : H. 64^: Lee. 514b i ; and Ed. fo. 5^ i. Edited from 
Ed. in Folklore, lY, 482. 

Sliab Callainn, now Slieve Gallion, a mountain in the co. of London- 
derry, on tlie borders ofTyrone. 

Tlie Donn of Cualnge (now Cooley in the co. of Louth) is the brown 
bull to obtain which was the primary object of the expédition known as 
the Tâiii bô Cualnge « Driving of theKine of Cualnge ». 

1 . tsescraich R. 5 . do R. 

2. sescraich R. 



54 Whitley Stokes. 

The finding of the hound's father Dael is referred to in LU. 61-'', left 
margin, where the writer dénies that Culann's hound was one of the three 
found in the skull of Conganchnes. As to Mac dâ Thô's hound, Ailbe, see 
Irischc Texte, I, 96. 

102. Sruthar Matha. 

Sruthar Matha, canas roainmniged? 

Ni ansa. Matha mac Roirend meic Rogain Rer/;/aidh[i] rig- 
imuccaid Cathair Mair ri Erend. Ba herbagaid da;/o Matha în 
mucahî Cuind Cctchataig À. fri hOdba. Boi dayzodaire toirthech 
ind iart/;ar Maige ^ Mâcha, 7 ni basi mes a samla ar meit 7 ar 
bola[d]maire. Intan ticc^^ ga^th tairis atcluinti a bokidh fo 
hÉrinn - cepedh leth nobrred gaoth hé, co mbad commaidm 
cride do mucaib Evcnii 'co toi7/r/;fain. Taraiil dano a holad 
mucca Cathair fO ndaïsed impu. Lotar dia saighid co Comar 
tri n-uisqwc. Luidh daiio Matha nandiaidh codian, co torchitir, 
co roeimidh tulcnaim a chind, co ndecha/W do d'ihad agaile isin 
sruth, co ro baided and, co n-epairt car/; iman sruth : « Sruth 
dar Matha ! » Unde Sruthar Malba. 

Matha son of Roiriu son of Rogan Rechtaide was the chief 
swineherd of Cathair the Great, King of Ireland. He was a 
contender against Odba the swineherd of Conn of the Hund- 
red Battles. Now in the western part of the Plain of Mâcha 
there was an oakwood, and no mast was ever like its mast fer 
size and for fragrance. When the wind would blow over it the 
odour thereof would be smelt3 throughout Erin, to what 
point soever the wind would carry the scent, so that it was 
a heartbreak to the swine of Ireland when it reached them. 
Now its fragrance came to Cathair's swine, so they went mad 
and rushed towards it as far as the Meeting of the Three Wa- 
ters. After them, then, went Matha furiously, and he feli and 
fractured the frontal bone of his head. Then he went to 
quench his ardour in the stream, and therein he was drown- 

I . maide R. 2. foth R. 

3 . at-clulnti : so in Welsh, clywed « to hear » means also « to smell », 
« to taste » and « to feel ». The Elucidariwn, edd. Jones and Rhys, Oxford, 
1894, p. 263. 



The Rennes Dindienchas. 5 5 

ed, aiiu -ery one said by thc brink : « The strenm (snilb) 
over Matha (dar Matha) ! ». Whcnce Sruthar Matha. 

Also iiiLL. 169a 52 : BB. 4041^ 31 : H. Gy. Lee. 514'^'; andBodl. no. 51. 
Edited froni Bodl, in Folklore, III, 514. 

Srulhair Matha not identified. It must hâve been near the Meeting of thc 
Tliree Waters (Suir, Nore and Barrow), i. e. near Waterford. 

Cathair Môr overking of Ireland A.D. 120-122. Conn of the Hundred 
Battles, A.D. 123-157. 

103. Odba. 

Odba, canas roainniniged ? 

Ni aiisa. Odba Uancend mac Bla Ballethain, meic Thad- 
-lomna Line, righmucaidh Chuind cet cbatbaig, fer selgca oss 7 
elta arcena, fer daiw nad bôi hi taigh acht a fe — [fo. 120'' 2] — 
dhaib 7 hi fanglennaib fri seilg 7 mucaidecht^, 7 ba scd a 
suide mbuachalla in cnoc ucut, 7 is and dogc^ intan ff/;apad a 
adnacal and. Unde Odba nominatur. 

Nô - is i Odba bean h£"renioin roadnacht and, 7 ba si sin 
mâtbair Luighne 7 Laighne 7 Muimne, 7 is andsin roclas a 
fert la h£"remon, Unde Odba diciiiir. 

Odba Uancenn son of Blae BroadUnib', son of Tathlomna 
(Cathlomna ?) ot Linè, was chief swineherd of Conn of the 
Hundred Battles. He was, besides, a hunter of stags and does. 
Moreover he was one who never lived in a house, but always 
in woods and deep glens-i, hunting and herding swine. And yon 
hill, Odba, was his herdsman's seat, and therein he chose to 
be buried when he died. Whence Odba is named. 

Or it is Eremon's wife Odba that was buried there, and 
she was the mother of the Luigni and Laigni and Muiinni ; 
and 'tis there that her grave was dug by Eremon. Whence 
Odba is said. 

Also in LL. 170^ 32 : BB. 503'^ 4 : H. I2-'; and Lee. 515». 
Odba is said by O'Donovan (^Foiir Masters, A. M. 3502) to hâve been the 
name of a mound on the summit of a hill in Meath. 

I. mucaigei7;^ R. 2. 7 R. 

3 . or perhaps 7ûXaTU'.paXXo; (bail zn cpaÀXoç). 
4. fainghkan a deep vale or glen, P. O'C. 



56 Whitley Sîokes. 



104. Inber Cichmaini. 

Inber Cichmaine, canas roainniniged ? 

Ni ansa. Cich-Maine Andoe ^ mac AiMla 7 MeJba, in sccht- 
nwd mac do Oïlill 7 Meidb, is é forruidbich^ F^rgna mac 
Findca^ime oc côsnam churaich forsin tracht. 

Né Cich-moine mac Oi/t'Ua Find fuarawr na hiascaire and 
oc telach al-lin 7 a cocholl^, coro marbsat isin inber, et unde 
Inhcr Cich-muine noiiiinatur. 

Cich-Maine Andoe son of Ailill and Medb — he was their 
seventh son — 'tis he whom Fergna son of Findchaime van- 
quished (?) when contending for a boat on the strand. 

Or 'tis Cichmuine son of AiHll Find whom the fishermen 
found there loosing their nets and seines, so they killed him in 
the inver, and hence Inber Cichniaiiii is named. 

Also in BB. 405-1: H. 12^: Lee. 5i5'S and Ed. fo. 5b 2. Edited (from 
Ed.) in Folklore, IV, 491-2. 

Inher Cichmaini is on the east coast of Ulster (O'Curry, M. and C, III, 
162, 188). Etâin was reared there, LU. I2c,a25. 



105. MÔIN TiRE NÀIR, 

Moin Tire Nair, canas roainniniged ? 

Ni ansa. Nar mac Findcadha meic ConoWi [Cernaig] robith 
and la hEitsine mbanfeinded iar md.rhad a da hén for Snam da 
En for Sinaind. \]nde Snam da En àicitm- [7 Môin Tire Nâir]. 

Ndr son of Findchad son of Conall Cernach was there slain 
by Etsine the championess, after he had killed her two birds 

1 . adnoe R. 

2. sic BB , forruidbigh Ed., foruidbich H., foruirbich R. seems (or for - 
ro-iid-fich, where the simplex may be cognate with Lat. vi-n-co and Goth. 
vcihaii. 

3. telach .i. sgâoileadh, O'CL cochall a net, a fàshing-net, P. O'ConnelL 



The Rennes Dindsenchas. 57 

at Sndm dd En on the Shannon. Hence is said Suâin âà En 
« the Swimming-place of Two Birds «, and Môin Tire Nâir 
« the Moor of Nar's Land ». 

Also in LL. i66b 13 : BB. 405-'^ 49 : H. 65b ; and Lcc. $151». Edited from 
LL. in Silva Gadelica, II, 469, 514. 

Ta- Nâir was in the Owles, co. Mayo: see infra, no. 140. Môin Tire 
Nâir is not identified. Sndin dâ En \s, according to Joyce (/m/; Naines of 
Places, p. 248) a portion of tlie Sliannon near Clonmacnois. 

The prose taie is very incomplète. According to the metrical version in 
LL. 203"% Nâr was Estiu's husband, and the « two birds » were her para- 
mour Bude and his fosterbrother, who used to visit her in birdshapes, sing- 
ing so that ail around her fell asleep. Then Bude assumed his human 
form and shared Estiu's bed. Adruid reveals the secret to Nâr, who watches 
his opportunity and kills the birds with a single cast as they were crossing 
the Shannon. Estiu, who had gone to meet them, falls dead on the bank, 
and Nâr dies of grief for his faithless wife. 



106. FiCH mBuana. 

Fich mBuana, canas roainniniged ? 

Ni ansa. Buan ingen Samaira ^ dorad gradh do Coinqulamn 
dia lotar na curaidh do chosnam in churadhmire .i. Laoghaire 
Buadhacli 7 Conoll Qrnach 7 C//quk//z;2. Lodar a nihreith co 
hEmoin, 7 ised rofoidit co hO'ûill 7 co Meidb, condas-iseid 
Oilill co Sam[a]er co hEs Rnaid, 7 rogle sen in curadhmir do 
Co'mculaimi. 

Luid dawo Conold 7 aara^ .i. Raithen, (or Snam Raithin, 
coro baided and Raithen, unde Snam Raithin. Luid da;/o 
Buan indiaid 5 Conculainn (or fuilHcht a carpait comce in n-all 
ucat, coro ling leim n-uathmar 'mon n-all inadiaid-^, co n-apad 
de. Unde¥ich mBuana. 

Buan daughter of Samaera gave her heart to Cùchulainn, 
when the champions, even Loeguire the Gifted, Conall the 
Victorious and Cùchulainn, went to contend for the Cham- 



1 . Samarîa R. 3 . andiaig R. 

2. arad R. 4. inadiaig R. 

Revue Celtique, XVI , 



^ 



$8 Whitley Stokes. 

pion's Bit. For the award they fared to Emain, and thence 
they were sent to Ailill and Medb. Ailill (refusing toarbitrate) 
sent them on to Assaroe, to Samaera, and lie adjudged the 
Champion's Bit to Cûchulainn. 

Then Conall and liis cliarioteer Ratlien went over Sndm 
Rathin, and there Rathen was drowned : wlience Snâm Rathin 
« Rathen's Swimming-place ». Then Buan followed Cûchu- 
lainn on his chariot's track as far as yon rock (Fich inBuana), 
and she leapt an awful leap after him (striking her head) 
against the rock, and thereof she died. Whence Fich mBuana. 
« Buan's Farm ». 

Also in LL. lèd^ 21 : BB. 405^9; H. 65b; and Lee. sis^. 

Fich iiiBiiaim, called in the poem Fich Nemain « vicus Nemani «, not 
identified. Nor is Sn.im Rathin, unless it be the Sndiiih Ralhaimi of the 
Foui- Masters, A.D. 1148, which, O'Donovan thought, was probably one 
of the ancient names of Drumsna on the Shannon, on the confines on the 
counties of Roscommon and Leitrim. Ess Ruaid, see no. 81, supra, p, 33. 

As to the contention for the Champion's Bit, see the FUd Bricrend eà. by 
Windisch, Irische Texte, I, 235. As to Buan's leap, ibid. 290:= LU. 109''. 



107. Loch Gabar. 

Loch Gabar, canas roainmniged? 

Ni ansa. Da gabar Echach^ Cind Maire ri Muman dobre- 
tha uadh a ngiallacht do rig Temrac/; do Enna Aighnech- mac 
Oeng/zi-a Tuirbich Temra^/j fri dlig^^ a tuath, uair na tancatar 
feis Ttinrach. Robaidit a eich isin loch. 

Nô dawo, robai glaschuUach la Glascoin ina sleib, 7 ba sed a 
ainm, Searrach, dia ta Glenn Serraich. Doluid fora seichim co 
mbôi et^r scuru Enna Aignig do saigid echmarta, co luid ind 
eich riam isin loch, coros-baidte and .i. Gdoth 7 Grian a n-an- 
mand. Unde Loch Gabar dicitur. 

Two ofthe steeds of Echu Horsehead king of Munster were 
sent by him, as a sign of submission, to the overking of Ire- 
land Enna Aignech son of Oengus Turbech of Tara, for they 

I. Echaclia R. 2, Aidhnech R. 



The Rennes Dindienchas. 59 

were due from his tribes since they came not to the Feast of 
Tara. Echu's steeds were drowned in the lake. 

Or also, Glascû had on his mountain (Shab Glascon ?) a 
grey British stallion named Serrach « Foal », from which 
Gknn Serraig is named. This stalHon went following them 
(Echu's two steeds), to seek a mare to cover, till he was among 
Enna Aignech's studs, and the (two) horses fled before it into 
the lake and weré drowned therein, « Wind » and « Sun » 
were their names. Hence Locl} Gahar « Lake of Steeds » is 
said. 

Also in BB. 405b 37 : H. 13^: Lee. 516^. 

Loch Gahar (or Loch dd Gahar) « is now dried up, but the place is still 
called Loch Gobhar, anglice Lagore or Logore ». O'Donovan, Four Mas- 
ters, A. M. 3581. It is near Dunshaughlin in Meath. Gknn Serraicli is men- 
tioned in the Book of Rights, pp. 4, 14, but O'Donovan did not know its 
situation. It must hâve been in Leinster. 

Enna Aignech was overking of Ireland from A. M. 4888 to 4907. See 
Rev. Celt., XV, 474. 

Cullach generally means « a boar » ; but ODavoren, 68, glosses it by 
ech bretnach « a British steed », and the context shews that we hâve hère 
to do with an equine animal. Echiiiarta is gen. sg. of eachuiairt, which 
O'Don. Supp. explains by « horsing » and P. O'C. by « to cover a mare ». 



108. LUSMAG. 

Lusmagh, canas roainmniged ? 

Ni misa. Is ass tue Diancecht cach lus n-ice ^ fowammalt ar 
Tiprait Slainge ind Achad Abla fri Magh Tiiiredh. aniartuaid 
intan fechta in cath mor etcr Tuatha Dea [Danann] 7 Fo- 
moire. Car/; oen do Tuathaib De 'Danann nolaigtis fon lind 
lusraidh sin atraighedh slemoin slancrechtach. Un^^ Lusma^ 
no;;////atur. 

'Tis thence that Diancecht brought every herb of healing, 
and grated them on Slainge's well in Achad Abla to the north- 
west of Moytura, when the great battle was fought between 
the Tuatha Dé Danann and the Fomorians. Everyone of the 

I . Sic BB. luid îce R. written, apparently, over an erasure. 



6o Whitley Stokes. 

Tuatha Dé Danann whom they would lay underthat water of 
herbs would rise up smooth and healed of his wounds. 
Whence Lusmag « Herb-plain » is named. 

Also in BB. 406=»: D. 4. 2 (R. I. A), fo. 55^2: H. 43b, Lee. 388», and 
Ed. fo. 5b I. Edited from Ed. m Folklore, IV, 489. 

Lusmag prohably in King's count}'. Achad Ahla « field of the apple-tree », 
not identified. Northern Mag Tuired nowa townland in the barony of Tir- 
errill, co. Sligo. For a romantic account of the battle, see Reinie Celtique, 
XII, 56-1 10. The heahng-well is mentioned ibid., pp. 94, 96. Compare the 
story of Ard Lemnachta, Rev. Celt., XV, 427. 



109. Benn Codail. 

Bend Codhoil, canas roaiiimniged? Ni ansa. 

Codhal Corrcichech is é rob aite hErend dia ta Inis Emui, 
7 is and airb^'edh bith a dalta, forsin mbeind ucat, 7 nach 
tairbert dob^redli fuirri ^ conochad in talmoin foib, 7 meine 
epr^d Oiriu fria haiti : « atomannar- suas co tiaghat na goith 
gaithi trianar cluasa, » 7 mine apradh si sin noasfad co[m]bad 
leir Er/w de, 7 al-laithi domelad comorba Erenn tuara Codail 
(orheir a gail 7 a slaine. Unde Benn Codail. 

Codai the Roundbreasted' 'tis he that was fosterer of Eriu 
homwhom Inis Érenn « Eriu's island », is named. And on yonder 
peak he used to feed his fosterling. And every vigour 3 which 
he bestowed upon her used toraise the earth underthem. Un- 
icss Eriu had said to her fosterer. « I am heaved (?) up on 
high so that (the sun scorches me and) the spears of wind are 
coming through our ears » — unless she had said tbat^ the 
peak would hâve grown until Ireland was full thereof. And 
the day that Ériu's successor eats Codal's food (game, fish or 
venison) she increases her valour and her health. Whence 
Benn Codail « Codal's Peak » . 

Also in BB. 406125: H. 13b : Lee. 5 16^; and Ed. fo. 51^2. The beginning 
is cited in H. 3. 18, p. 610^. Edited (from Ed.) in Folklore, IV, 490. 

1 . Sic Lee. fair R. 

2. atomandar BB. isium romorthogbaither, Lee. 

3 . I take tairbert hère to be = airbheart .i. treoir strength, vigour, forti- 
tiide, P. O'C. It also means a portage or isthmus. For a proper name. 
Tairbert v. supra, no. 91. 



The Rennes Dindsenchas. 6i 

Bcnii Codai! not identifîed. hiis Ereiin said to be now Ireland's Eye, a 
small island near Howth, co. Dublin. (Joyce, Irish Naines of Places, p. 104). 
Ériu called after a queen of the Tuatha dé Danann. For an instance of sym- 
pathy between human beings and mountains see Rev. Celtique, XII, 108. 
But I know of no parallel in folklore to the concurrent growth of a peak 
and of a child reared upon it. 



110. Tlachtga. 

TLichtga, canns ro aininniged? 

Ni ansa. Tlachtga ingen Moeha Ruith meic Ferg//5a forda- 
roeblengaw;- tri racic Simoin druadh dia ^ luid lia hathair do 
foglaim druidef/;/a in betlia, arbitli is i dorigne do Triun in 
Roth Ramach 7 in Lia hi Forcarthu 7 in Coirt[h]iaCnamcoill. 
[fo. 121'' 2] Terlai iarwm anair 7 a ndede sin iee, co loracht 
tulaich Tlachtgai, conià. ann ros-iamnad 7 rue tri macu '.. Doirb 
a qwo Mag nDoirb, 7 Cuma a qwo Mag Cuma, 7 Muach a qwo 
Mag Muaich, 7 co /zdechsat na tri anmand sin i^ nàermat a 
hEre nis toraigii 3 digal echtrand. Un^^ Tlachtga dicitur. 

Tlachtga daughter of Mog Ruith son of Fergus: three sons 
of Simon Magus ravished her when she went with her father 
to îearn the world's magie : for 'tis she that made for Trian 
the Rowing Wheel and the Stone in Forcarthu and the Pillar- 
stone in Cnâmchoill. Then she escaped from the east, bring- 
ing those two things with her, till she reached Tlachtga Hill ; 
and there she lay-in and ' jre three sons, namely Dorb, from 
whom is Mag nDoirb, iuid Cuma, from whom is Mag Cuma, 
and Muach, from whom is Mag Muaich. And till thèse three 
names are forgotten in Ireland, foreigners' vengeance will not 
visit it. Whence Tlachtga is said. 

Also in BB. 406'': H. 13b: Lee. 516b; and Ed. fo. 5b 2. Edited frora Ed. 
in Silva Gadelica, II, 466, 511, and in Folk-ïore, IV, 490-491. 

Tlachtga is now the Hill of Ward near Athboy in Meath : Forcarthu is 
near Rathcoole in the co. Dublin; and Cndmchaill is Cieghile near the town 
of Tipperary. Mag Citmina, Mag nDoirb and Mag Muaich are now forgotten, 
so the prophecy as to foreigners' vengeance lias been fulfîlled. 

1 . druagix; do R. 3 . toraidh R. 

2. a R. 



62 Whitley Stokes. 

As to the wizard Mogh Ruith and the Rowing Wheel, which is to roU 
over Europe before Doomsday, crushing the tribes to which the pupils of 
Simon Magus respectively belonged, see the Bodleian ms. Laud 6io, fo. 
109a I, and O'Curry's Lectures, pp. 272, 385, 401, 421, 423, 428. Of the 
pillar-stone of Cnamchoill it is said : Dali cach oen notn-aicfe, bodar cach 
oen nod-cluinfe, marb cach ôen risi mbenfa, Laud 610, fo. 109^2, « Blind 
(will be) every one who shall see it : deaf every one who shall hear it, and 
dead every one against whora it shall strike ». 

In Ed. Tlachtga is said tohave died in childbed, and over her the fortress 
was buiit. 



III. Mag mBreg. 

Magh niBregh, canas wammniged ? 

Ni ansa. Brega mac Bregoin sindser clainni Brcogain, 7 is 
leis roslecht in mag, et a qwo now/;zatur. 

Ailitcr; Dil ingen Mik^ (wd Lugmanrach) dodechaid a tir Fer 
Falga la Tulchainde drai Conaire. I n-oenuair rogeinir-si o[a] 
màthair 7 rue in bo loegh. Rocar in ingen in laogh iar//m 
sech na liindile archena, ar rogenir i n-oenuair fria, 7 foremid 
Tulcinde a tahain-se co tuccad a Ixgh le. 

Bôi cairdes do suide frisin Morrighain, 7 rogaid di tahairt 
na himana co Mag niBolgaidhe, ar rop edh ainm in maighi o 
thus, 7 rochar Brega dano dam Dile in magh sin, 7 folil a 
ainm de. Un^^; Mag Birg. 

Brega son of Breogan was the eldest of Breogan's children, 
and by him the plain was cleared (of trees), and from him it 
takes its name. 

Otherwise : Dil daughter of Lugmannair eloped from the 
land of the Men of Falga (the Isle ofMann) with Tulchainde, 
Conaire's wizard. The same hour that she was born of her 
mother a certain cow dropt a calf. So the girl loved the calf 
more than the other cattle since it had been born at the same 
time that she had, and Tulchainde could not get her away till 
the calf was brought with her. 

There was friendship between him and the Morrigan, so he 
begged h°'- to bring the drove to Mag mBolgaide — for that 



■ The Rennes Dindknchas. 6î 

was the first name of the plain, and there Dil's ox Brega loved 
that plain, and its name clave to it. Whence Mag niBreg. 

Also in BB. 406b 45 : H. 14a : Lee. 517^ and Bodl.no. 2. and Ed. fo. ib i. 
Edited from Bodl. in Folklore, III, 470; from Ed. in Silva Gadeîica, II, 

472, V7- 

Mag mBreg (also Bregmag) the name of a large plain in East Meath. 

Conaire i. e. Conaire Môr, the hero of the Brudcn da Derga, overking of 
Ireland, killed by outlaws B. C. 40. His druid (or rather chief bufïoon) 
Tulchinne or Taulchinne is described in LU. 92b — 93^. The Morrigan 
(jnorigain gl. lamia, Regina 215, fo. ici) was one of the Tuatha dé Da- 
nann ; see Rev. Celtique, Xll, 128: see also Hennessy's paper « The ancient 
Irish Goddess of W^ar », Revue Celtique, I, 35 et seq. Breogan perhaps the 
Spanish sovran in O'Mahony's Keatiiig, pp. 178, 179, 196. 



112. Mag Lena. 

Mag Lena, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Lena mac Roida .i. mac Mis Réta, is hé roalt 
muicc M^fc Datliô fosfuair i nDaire Bainb i n-orther Bladlima. 
Fororbairt leis [co cenn .uii. mhliadan] co mbatar .uii. n-air- 
tim di forbaidh saille for a sruib. Dia tultaMr Ulaid 7 Fir n- 
Olnecma^^^ do feis Meic Datho dodechas o Maine Athrai 
cuice do cuingidh na muice do chobair a einich, 7 dofargaidh 
.1. tor: toga[idi] dia eisi, 7 ni rogab uada. Dochuaidh dano 
Lena re muicc (or Dubclais n-aidhchi gair riana thidnacul uad. 
In bail i^ mboi conâtail and, co n-uargaib in mue muc-clais 
tairis cen airiugud ^ dô, co rod-muchai, co w-aclaid-sium dano 
oc suide, co rocht grainne a cloidim in muic, co mbo marb, 7 
dodechaid Follscaide mucaid Maie Dathô co rue in muic fri- 
sin feis, 7 co rola firt Lena' ann. Unde Mag Lena. 

Lena son of Roed i. e. son of Mes P.oeda, 'tis lie that reared 
(his grandfather) Mac Dâ-thô's pig, which he found in Daire 
Bainb in the eastern part of Bladma. It grew up with him till 
the end of seven years, when there were seven inches of a 
growth (.'') of fat on its snout. When the Ulaid and the men of 

1 . a R. ?. firtscena R. 

2. airi'udad R. 



64 Whitley Stokes. 

Connaught went to Mac Ddthô's feast, Maine Athrai (Mac Da- 
thô's wife) sent to Lena to ask for the pig to help liis hospi- 
tality, and oft'ered fifty choice hogs in lieu thereof, and Lena 
did not take them. Now one niglit, shortly before he deli- 
vered the pig (to Mac Ddthô), Lena went with it to Dubclais 
« Black Trench ». There he fell asleep, and the pig (by its 
rooting) raised the trench over him, without his feeling it, so 
that he was smothered. Hereat then he attacks^ the pig, and 
the point of his sword reached it and killed it. And Mac Dd- 
thô's swineherd Follscaide went and carried the pig to the 
feast, and there (on the plain) set Lena's gravemound. Whence 
Macr Lena « Lena's Plain » . 

o 

Also in H. 14'' : Lee. 517a, and D. 4. 2. (R.I. A.) fo. 50-^ i. Edited inac- 
curately 2 {rom Lee. in O'Curry's Balile of Magh Leami, pp. 15, 16 note, 
whence reprinted in Irische Texte, I, 112. 

Mag Lena « now Moylena, alias Kilbride, a parish comprising the town 
of Tullamore, in the King's County », O'Donovan, Four Masters, A.D. 902. 

As to Mes-Roida and his father Mac Dâ-thô see Scél Mucce Maie Dathô 
LL. iiib — 114» éd. Windisch, Irische Texte, I, 96-108. 



113. Odras. 

Odras, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Odras ingen Odarnatan xwaic Laime iwaic Luaidre, 
is i ba banbruga/J do Buchat Buasach [bôaire] Corm^?/c h/h' 
Cuind, co luid do eis a fir le buaib, conos-toracht in Morrigan 
co tarb Liathmuine [le], co ndart boin dia buaib ina timcull, 
7 hased ainni in tairb, Slemuin. Oca imain aniar o Temraig 
dotaraill le Fraech nOirend coro gelt n-and, con'ià Fraech 
Slemna a ainm di sodoin. Fosruataig in Morrighan co mboi i3 
n-uaini Cruachan. larsin doluid Odras 7 a gilla lee .i. Cadha, 
co nd/-och(nV i5 Cuil Cadha. Doluid Odras beos hi lurg a bô 

1 . -aclaid Ht. « hunts » or « follows », in the Laws « sues ». O'Curry's 
rendering seems mère guesswork : « He started, however, turning against 
her (before he tvas quilc dcad) ». 

2. e. g. for Forbairt read Forforbairt : for ceathrachadh read ceathracha : 
for cri tri nonmair read eri nonmair : for hidlachad read hidlacad, 

3. a R. 



The Rennes Dindsenclias. 65 

dosaighid ^ sidha Cruach^;;. Dofuit codlad fuirre i nDaire Fal- 
gud condos-fuisce in Morrigrt// and, 7 dicain [brichtu] fuirre, 
co ndeirgne iinn [usci] di Odra[i]s, co luid isind aub fil f/i 
Sliab Bodbgnai aniar. Unde Odras. 

Odras daugliter of Odarnatan son of Laime son of Luaidre, 
'tis she was hospitalier to Buchat Buasach the cow-chief of 
Cormac hua Cuind. She went after her husband with kine, 
and to her came the Morrigan, bringing a bull of Liathmuine. 
His name was Slemuin « Smooth », and he bulled one of 
Odras' cows around her. As he was being driven eastward 
from Tara he halted at Oiriu's Heath and grazed there. Hence 
its name, Fracch Sleinna « Slemuin's Heath «. The Morrigan 
carried him off and installed him (with the cow) in the cave 
of Cruachu. Thereafter went Odras along with her servant 
Cada, who fell dead at Gi'iil Cada « Cada's Recess ». Still on 
flired Odras, in the track of her cow, towards the elfmound 
of Cruachu. Sleep fell upon her in the Oakwood of Falga, 
and the Morrigan awoke her and sang spells over her, and 
made of Odras a pool of water which entered the river that 
flows to the west of Slieve Bawne (the Shannon). Hence Odras. 

Also in LL. i68a 19: H. 71»: Lee. 523-''. 

Odras Cûil Cada, and Fracch Skmna not identitîed. Liathmuine « grey- 
brake >■>, probably the Liathmuine i n-Uhaib mentioned in LU. 39^. Siiah 
Bodhgitai now Slieve Bawne, a mountain in tlie district extending from 
Lanesborough to Rooskey, on tlie west side of the Shannon, in the co. of 
Roscoramon, O'Donovan, Four Masters, A.D. 678, note u. 

The Morrigan's magical transformation of Odras into a pool of water is 
another parallel to the story of the witch Geirhild in the Landndmabôk . 
See above, no. 1 5. 

As the end of the poem which in R follows the story of Odras, is the 
following scribe's note : acsin a bruaîsi/; bedaigi 7 olc indil ort. 

114. Cleitech. 

Cleitech, canas roaimimiged? 

Ni ansa. Cleitech drai ro aittreb and, 7 is and roadnacht. 
Unde Cleitech. 

I . dosaidhig R. 



6G Whitley Stokes. 

Nô is ann robôi cleithi tech Erenn 7 is eisidhe roloiscedh îor 
Muirc^rtach mac Earca. A^ti ba cleithi acli don Erind bas meic 
Erca ann. No bas Cormaic hi'ii Chuind dia roglen cnaim iaich 
ina braghait. 

Alite;-. No comad and dogneth Cleitecli mac Degad a tech. 
Unde Cletech. 

Cleitech a wizard (of the Tuatha Dé Danann) dwelt there, 
and there he was buried. Whence Cleitech. 

Or 'tis there was the top(i. e. chief) of the housesof Erin, 
and this house was burnt on Muircertach son of Ere. Or the 
death of Erc's son there was the top (i. e. chief) of groans, for 
Erin. Or the death of Cormac grandson of Conn, when the 
salmon's bone stuck in his throat. 

Ahter : Or maybe it was there that Cleitech son of Dega 
(Deda ?), would build his house. Whence Cleitech. 

Also in LL. 166'' 36: H. 14b: Lee. ^17^, and Bodl. 47. Edited from LL. 
in Siîva Gadelica, II, 486, 534, and from Bodl. in Folklore, III, 511. 

Cleitech near Stackallan Bridge, on the south side of tlie Boyne. 

Tlie story of Muirchertach's death, A.D. 527, is told in tlie unpublished 
Oided Muirchertaig macc Erca, H.* 2. 16, col. 310-320. « According to this 
story », says O'Donovan (Four Masters, A.D. 526, note F) « Muircliertach 
fell a victim to the revenge of a concubine named Si'n (Sheen), for whom 
he had abandoned his lawful queen, but whom lie afterwards consented to put 
away at the command of S. Cairneach. This concubine having lost her fa- 
ther, mother, sister, and others of her family, who were of tlie old tribe 
of Tara, by the hand of Muircheartach in the battle of Cirb or Ath Sidhe, 
on the Boyne, tlirew herself in his way, and became his mistress for the 
purpose of wreaking her vengeance upon him with the greater fiicility. And 
the story states that she burnt the house of Cletty over the head of the nion- 
arch, who, when scorched by the fiâmes, plunged into a puncheon of 
wine, in whicli he was sufïocated. Hence it was said that lie was drowncd 
and burnt ». See also Tigernach's Annals, A.D. 534 (RawL B. 488, fo. 
7''i): Chroniciim Scotoriwi, A.D. 531 : Aimais of Ulster, A.D. 533; and 
Petrie's Tara Hill, pp. 96, 97. 

As to Cormac's death from the fishbone, see the Four Masters, A.D. 266. 



115. Cerna. 
Cerna, canas roainmniged? 



mi 



The Rennes Dindsenchas. 6j 

Ni ansa. Cerniam ainm tuisig in[t]sîda fil and. Unde Cerna. 
nominztur. 

Aliter ; Cerna. A. cœr nia, daig is and atd primrelicc airthir 
Midhe 7 Breg, 7 dano is and roadnocht Cerna Cas mac Cairpri 
msic Etaini 7 a athair. Ar imed didiu niad 7 tûisech and 
unde dicitiix Cœrniad 7rl. cér imad. 

Cerniam was the name of tlie chief of the elfmound that is 
there. Wlience Cerna is named. 

Otherwise : Cerna i, e. caer-nia[d] « abundance of champ- 
ions », because there is the principal burial-place of Bregia 
and the eastern part of Meath, and, moreover, 'tis there that 
Cerna Cass son of Cairpre son of Etdin, and his father were 
buried. 'Tis because of the abundance of champions and chiefs 
there that Caer niad is said, etc. : câer (means) « abun- 
dance ». 

Also in LL. 168* 39: H. 15^: Lee. 518^; and Bodl. no. 48. Edited from 
Bodl. in Folklore, III, 512. 

O'Donovan, Four Mastcrs, A.D. 890, note 2, says that Cearna is not 
identified, but that it is referred to in the Dindsenchas as situate in Meath. 

câer, protoceltic qairo- (-â?), root qi, Skr. cinoti, Av. ci. 



lié. Cloenloch. 

Cloenloch, canas roainmniged? 

Ni ansa .i. Claon mac Ingoir meic rig Bretan Ala Cluaidhe, 
is e cétna cennaighe ^ dodechaid a hAlpain i nEirind co nduis- 
ib flatha fer nGaeidhel, conid and docer, ocon loch ucat. Unde 
Cloenloch nominatur. 

Cloen son of Ingor, son of the king of the Britons of Ail 
Clûaide, was the first merchant that came out of Alba into 
Erin with présents fit for princes of the men of the Gaels, and 
there he fell, at yonder lake. Whence Cloenloch is named. 

Also in LL. 169b 15 : H. 66^: Lee. 518^, and Bodl. no. 49. Edited from 
LL. in Silva Gadelica, II, 468, 515 : from Bodl. in Folklore, III, 515. 

I . cendaidhe R. 



68 Whitley Stokes. 

Ail Clûaidc « the Rock of Clyde », now Dumbarton. 

Three lakes called Claonloch « crooked lake » are mentioned in the Aii- 
nals of the Four Masters. This one, perhaps, is Claonloch Slèibhe Ftiaid, A.D. 
1009, which is near Newtown Hamilton in the co. of Armagh. A Cloen- 
loch near Gort in the co. of Galway is mentioned in Chron. Scot, pp. 45, 
369. 

117. HiRARUS, 

Hirarus, canas roainniniged ? 

Wi ansa À. Eôin Baile hatar oc tathaigid Cairpr/ Likchair 
do Raith Cairprf. « Tortha, tortha », a do dib; « TIagu, 
tiagu, » in deda aile. Secbt coecait oidhchi badar oc fochetal 
do, 7 ciped teach [fo. ii'i,^ i] ind Ere a mbeith Cairpre taircitis 
chuccai. Cetheora poca insin in Meic Oicc. Ros-delb ir-richt 
cethri [n-én] co mbidis oc togerad ca;m nErtv/n. 

Asrubart Cairpre insin fria druid ^ .i. Bicne a ainm : « Cisi 
aird arangairet duit ? » ar in drûi 2. « Etrom 7 turcbail ngréne, » 
ol Cairpre. Corna iarsin tarclamad crand do car/; fid i n-Erinn 
don drui[d], 7 foreimidh diclietal foraib co iMcad crand do a 
Fid Frosmuine, rondergenai dicetal fair. Tuargabad in t-herus 
soin os fedhoibli ^renn, coro fastai na heonu ucat [cen togai- 
rad Cairpri o sein illc.] 

« As uasal 7 lier in t-herwj-, a Bicne, 7 bid se a hainm, Her- 
heriis, » 7 îorhcbad dia comforba car/; ndoraid forfeimdibitis 
fir Ere»?; do gleodh dosum acht co tarmalad ni dia thorud, do 
ith nô do blicht nô mes nô iasc. Unc/f YWravus nominatur. 

The (four) birds of Baile came haunting Cairpre Lifechair 
to Raith Cairpri. « Come, come 3 ! » say two of them. « I 
go, I go » say the other two. For seven times fifty nights 
they were lampooning(?) him, and no matter what house in 
Erin Cairpre was in, to him they would repair 4. Now those 



1 . sic LL. draui R. 

2. sic LL. an draui R. 

5. tortha from to-orlha: cf. ortha À. eirg, LU. 57^, cognate with Lat. 
orior, Gr. ôo-vj-ai? 

4. tairgeadh .i. teacht a coming onward, P. O'C. 



The Rennes Dindsenchas. 69 

birds were the Mac Oc's four kisses. He had shaped them into 
the form of four birds that they might be girding at the nobles 
of Erin. 

Cairbre told that to his wizard hight Bicne. « In what 
quarter do they cry (?) to thee ? » asked the wizard. « Be- 
tween me and the sunrise, » says Cairbre. So then a tree from 
every forest in Ireland was collected for the wizard, and he 
was unable to sing spells over them until a tree was brought 
to him out of Fid Frosmuine. Over this he sang a spell and 
that herus (spindletree ?) was uphfted over the woods of Erin, 
and it detained yonder birds (on its branches), and there was 
no mocking of Cairbre thenceforward. 

« Noble and high is the benis, O Bicne; and this shall be 
the name of the place, Hér-herus « high herus ! » And to his 
successor this was left, that when the men of Erin should be 
unable to get any difficult question decided^ by him he should 
partake of some of its fruit, corn, milk, mast or fish. Whence 
Hirarus is named. 

Also in LL. 166*23: Lee. 518-': H, 15b. 

Hirarus perhaps loraras, now Ories or Oris in the barony of Clonlonan 
and county of Westmeath. See the Four Masters, A.D. 1160. Fid Frosmuine 
not identified. 

As to the Birds of Baile and the Mac Oc's Kisses, see O'Curry Lectures, 
pp. 478, 479. 

The taie is incomplète, especially at the end, and there are some obscure 
words in it: Fochetal seems cognate with W. go-gaiiu: togerad (leg. fo-gêr- 
ad ?) cognate with gêr « sharp » : herus now feorus, gl. accrus, leg. acc- 
rus, Ir. Gl. no. 582 : feoras spindle wood, a spindle tree, prick wood orpeg- 
word, P. O'C. 

118. Mag Findabrach. 

Mag Findabrach, can as voainmnigcd ? 
Ni ansa. Lixgaid Lâigde- donacht aniar on Etharlaighe > do 
tabairt catha Crinda la Cormac [hua Cuinn] fri hUlltu, conid 

1 . gleôdh .i. glanad no criochnaghadh cleaning. . . ending, deciding, 
P. O'C. 

2 . laide R. ; . etharlaidhc R. 



70 Wlntley Sîokes. 

he Lugaid iarsin romarb na tri Ferg//i-a .i. Fergus Duibdetach 
7 Vergus Foltlebar 7 Fergz^i' Bôd dar Brega. forsin oenlic oc 
Raitlî Crô, dia ii-ep£'rt CoriiMc : 

For an oen-lic oc Raith Cro 
fortbe ^ na tri Ferguso, 
co n-ebt7't Corm^/c « is gle 
ni ceil a doe for Ldige ^ 

Ociis rorighsat Ulaid Eocliaz^ Gunnfat iardain, 7 adberar 
Lugaid dia marb^i, 7 is eisein cath inro chaid[set] fir Hérenn 
a n-armu co nach denad nech acbt a inathar do tarraing co[n]a 
lamaib a broind aroile. Co;zid de ata Ath in Inathair fri Crinda 
anoirtuaidh, 7 dofuit Lugaid Làigde 3 in la sin. 

Dotoet4 dano Findabair ingen Luig[d]ech aniar os cethaib 
forngaire S do comfis a aihar, con'id co;zdrainicc fri tasc a hatliar 
isin mag ucut, co r[o]eimid a cride cnomaidm inde 7 ina dalta 
dia cumaidhsi .i. Brech mac Broiclidi. Unde [Mag Finnabrach 
7 Breclimag]. 

Lugaid Ldigde c^me from the west, from the Etharlaige, to 
deliver tlie battle of Crinna in aid of Cormac liua Cuinn against 
the Ulaid ; and that was the Lugaid who aftcrwards killed the 
three Ferguses, — to wit, Fergus the Blacktoothed, Fergus 
Longhair and Fergus Fire-over-Bregia — on the same flags- 
tone at Raith Cro. Whereof Cormac said : 

On the same flagstone at Raith Cro (was) the slaughtering 
of the thrce Ferguses, so that Cormac said : « it is clear his 
arm doth not fail Ldigde ». 

And the Ulaid crowned Eochaid Longneck ^, and 'tis said 
that Lugaid killed him; and that is the battle in which the 
men of Erin used up their weapons so that no one could do 



1. fortmboi R. foirthhe .i. foirthcibeadh no gearradh, P. O'C. 

2. ar laide R. 

3 . laide R. 

4. Dotaeth R. 

5 . In the poem this is os cethaib fian forngaire. Probably Cetha Forn- 
gairi is a place-name. 

6. With Ir. giinn neck, P. O'C. compares Corn, codna. 



The Rennes Dindsenchas. 71 

augh. but drag with his hands the entrails out of another's 
belly. l'^ence is Aîjj in Inathair « the Ford of the Entrails », 
to the nt rth-east of Crinna. And on that day Lugaid Ldigde 
(himselfj fell. So then his daughter Findabair came from the 
west over Cetha Forngairi [?] to learn about her father, and on 
yon plain she met the news of her father's death, and her heart 
broke in her like a nut. And in like manner the heart of her 
fosterlino; Brech son of Broichde broke out of grief for her. 
Whence are Mag Finnabrach « Finnabair's Plain », and Brech- 
mag. 

Also in LL. 16'^^ ly. BB. 407-1 25 : H. 16^, and Lee. 5 19a. 

Mag Finnabrach not identified. Etharhige or Atharlach, now Aharlovv, a 
glen in Tipperary. Rdilh Crô near Slane in the co. Meath. Brechmag, angli- 
cised Breaffy. perhaps in co. Clare. 

The battle of Crinna (on the Boyne, near Stacl^allan Bridge) is dated 
A.D. 206, by the Four Masters, who there give the above quatrain. There 
is a long story about this battle in the Book of Lismore, fo. 121a — 123», 
which has been edited and translated in SiJva Gadclica, I, 319-326, II, 359- 
368. and of which there is a précis in O'Mahony's Keatlng, pp. 323-327. 



119. Lia Lindgatain. 

Lia Lindgatain, canas roaimnniged ? 

Ni ansa. Lindgadan mac Lasghaire Buadaich maie Conna'id 
Buidhe maie Iliach tall boin m^el Deichteri màthar ConcnXainn 
a Dun Delga a Muigh M^rthemne, coma, romarb Ci'iciûaiiiii 
oc in lia ucat. Unde Lia Lindgadan. 

Ail[i]tt'r ; Lindgadan Labar, callaire Herenn a flaith Find meic 
Findtain, 7 ni lamthai labra leis ar muir nô ar tir cen fiar- 
faighe^ dosom, ar is hé ba rondaire 7 ba sluaghrechtaire fer 
nErenn. Co cuala-som fecht and fria di chulaid asin carraic 
in mac alla 'coa fregra. Amsoi fon ail 7 nodo-sine fris dia di- 
gail fair in gotha rochuala, co^zatarraid barr na tuinde -, coron- 
esart 'moan cairric, conià romarb and. Unde Lia Lindgadan 
noniinaiu}\ 



I. fiarfaidhe R. 2. murthuinde Ed. Wclsh ?HorJo«. 



72 Whitley Stokes. 

Lindgadan son of Loeguire the Gifted, son of Connad the 
Yellow, son of Iliach, stole out of Dundalk onMagMurthemne 
a hornless cow which belonged to Dechtere, Cùchulainn's 
mother, so Cûchulainn killed him at yonder stone. Whence 
Lia Lindgadain. 

Otherwise : Lindgadan the Arrogant, the crier ^ of Erin in 
the reign of Find son of Findtan, and no one durst speak to 
him, on sea or on land, without being asked by him; for 'tis he 
thatwas spencer and host-steward of themen of Ireland. Once 
upon a time he heard, behind him, out of the crag the écho 
answerino; him. He turned to the chff and stretched towards 
it to avenge on it the voice he had heard. Whereupon the crest 
of the wave overtook him, and dashed him against the rock, 
and there killed him. Whence Lia Lindgadain « Lindgadan's 
Stone » is named. 

Also in LL. 165^25: BB. 407^5: H. ôy»: Lee. 519'': and Ed. fo. 5^2. 
Edited frora Ed. in Folklore, IV, 484-485. 
Lia Lins'adain not identified. 



120. GÀIRECH. 

Gairech, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Don gair rolasat macraid Emna im Comculaifin ina 
lighe chro, co rot-freagratrt';- 7 carpait 7 graigi- 7 [fo. 124-' i] 
armu 7 ailchi na ngrellach san chan imon n-ath, co mhinar 
amal tinde foibdidi ïor fiuchw^. Unde Gairech dicitur. 

From the gai r « outcry » which the striplings of Emain sent 
forth around (their fosterbrother) Cûchulainn as he lay in his 
bed of gore. And chariots and horses and weapons and the 
stones of the mires 3 answered it on this side and that around 



1 . In the pocm he is called calJairc choirinlighe the callaire of the ale- 
house: callaire .i. bolsgaire no fcar garma, P. O'C. 

2. cairge R. 

3. orcallach clav. loam, mire: the nanic of several lands in Ireland, so 
called from being flat, moist, bare, trampled places, P. O'C. 



The Rennes Dindsencluis. 7^ 

the ford, so that they became likea (redhot) ingot^ dipt (and) 
boiling. Whence Gàirech is said. 

Also in LL. 165b 48: BB. 407b 25 : H. 6j^: Lee. 520^. Edited from LL. 
in Silva Gadelica, II, 480, 528. 

The Hill of Gairech, says O'Curry {Lectures, p 39) is « sorae distance 
southeast of Athlone, where the Ulstermen routed their enemies and 
drove them in disorder over the Shannon into Connacht » . 

The tragical death of the stripHngs of Emain is recounted in the Tàia 
bd Cûahigi, LU. 78b, LL. 76b. 



121. LUIBNECH. 

Luibnech, canas roainiuniged? 

Ni aiisa. Lubaii dtrgoir roboi isin chétaig- Crimibainii [À. 
lennbrat sainemail Crimthainn] Niad Naire dosn-ucsat Ulaid 
aniar o Temraig Luachnx ar in mbaethréim 3 rucsat o Dun da 
Bend co Cend Febrat Sleibe Gain, 7 dia ro ortsat in cathraig'^ 7 
dia ro marbsat in rii 7 tuc[sat] leo a cetaig, conid and cota- 
bruiset 7 ro scarsat a tri coecta luban co ;z-uboll oir ar cach lu- 
bain. Is frisin dû sin adberar Luibnech 5. 

A bow*^ of red gold which was in the cétach Crimthainn, 
that is, Crimthann Nia Nâire's beautiful mantle which the 
Ulaid carried oif from the west, from Tara Luachra, in the 
furious foray which they made from the Fort of two Peaks to 
Cenn Febrat of Sliab Gain. When they wrecked the town, and 
killed the king and brought away his mantle, 'tis in that place 
(Luibnech) they broke it up and tore out its thrice fifty lâ- 
hàns « bows » with an apple of gold on each. Of that place 
Luibnech is said. 

Also in LL. i6)b 38: BB. 407-^ 58 : H. 67b ; and Lee. 520-1. 

Luibnech (gen. Liiibiiige), not identified. It was, according to O'Dono- 

1 . tin[n]e .i. caor the mass, cast or charge of any métal from the forge 
or furnace, as much as either melt[s] at once, P. O'C. 

2. chetaid R. 

3 . bsethrem R. 

4. carrac R. 

5 . frie isindu in abbar luibnec/jR. is fns innûi adbt'rar luibnech BB. fesin 
àicittcv, Lee. 

6. îâbdu a bow, a hoop, an arch, P. O'C. 

Revue Celtique, XVI. 6 



74 Whitley Sîokes. 

van (Book of Rights, lo note u) a place on the borders of ancient Meath 
and Munster. 

The story of the furious foray of the Ulaid is told in a fragmentary 
manner in the Book of Leinster, 261 1> 26 — 268b, and the Lebar na hUidre, 
19a — 20b, whence it has been edited by the late W. M. Hennessy, in the 
Todd Lectureseries, vol. I. He identifies Dân dà Beini « Fort of Two Peaks », 
with Dunsandel near Coleraine. He thinks that Tara Luachra is on the 
confines of Limerick and Kerry. Sliab Câin is a hill to the south of Ardpa- 
trick, co. Limerick. 

As to Crimthann Nia Nâire and his mantle, see above, no. 30 (Revue Cel- 
tique, XV, 332). 



122. Lecc Thollchinn. 

Lecc Thollcind, cid dia ta ? 

Ni ansa. Tollchend druth Enna Ceiidsclaig^ nô ^âiach meic 
Enda Ceindsek/V doroch^/r i - cath in Saxanu ïor Muir hicht 
dia ngaet 3 Niall A'^ci/giallach do laim ~Echach, coro tescad a 
cend and don druth cosin cathbarr moaille fris, 7 rogloidastar 
a cathbarr 'moa cend, 7 forfeimdes a brud 110 a etarscarad fria 
cend, coro ladh im-muir, coro idnaic car/; tond diaroile, co 
roacht forsin licc-ut, 7 nôi [tuill] and, a da n-o 7 a da su[i]l 7 
a da oil 7 a da sroin 7 a bel, et nmic Tollcend dicebatiu% 7 Lee 
ToWchind in lecc fo;'[s]a tocomlai. 

Tollchenn the jester of Enna Cennselach orof Eochaid, Enna 
Cennselach's son, fell in a battle against the Saxons on the 
Ictian Sea when Niall of the Nine Hostages was mortally 
wounded by Eochaid's hand. The jester's head was eut off, and 
together with it the helmet, for the helmet stuck round the 
head and could not be broken or scparated therefrom. So the 
head was cast into the sea, and one wave delivered it to ano- 
ther till it arrived at yonder Lecc « flagstone » ; and there were 
nine holes therein, its two ears and two eyes and two cheeks 
and two nostrils and the mouth. Whence was said Toll-chenn 



1. cendselaid R. 

2. aR. 

3 . ngaeti R. 



The Rennes Dindsenchas. 75 

« h:!°-head », and Ixcc Thollchinn « Holehead's Flagstone » 
the stone whereat it arrived. 

Also in LL. 166^ 5 : BB. 408b 28 : H. 67b : Lee. 520». 

Lecc Thollcinn not identified. Miiir n Icht the channel between France and 
England. Niall of the Nine Hostages slain by Eochaid, A.D. 405, accor- 
ding to the Annals of the Four Masters. 



125. Indber mBicni. 

Indber niBicne, canas ro aininniged ? 

Ni ansa. Bicne gilla Conoïïl Q'rnaigh^ adbath and oc timain 
na mbo dobretha ^ a hAlpain iarsin mbôdr mor boi a n-aimsir 
Bresail Bodibaidh ineic Rudraighi 3 nô Bresail Bric, coind and 
atbath Bicne mac Loegaire coiia n-imain hi tir, 7 is and con- 
rallsat in bùar4 a n-adarca dib, conid de atberar Bendchor 
Ulad 7 Indber mBicne nominatur. 

Bicne, Conall Cernach's servant, died there while driving the 
kine (of Frdecli son of Idath) tliat were brought eut of 
Scotland after the great murrain that befei in the time of Bres- 
al Bô-dibad son of Rudraige, or (in the time) of Bresal Brecc. 
There, then, died Bicne son of Loegaire (smothered in a 
quicksand) when driving them ashore, and 'tis there that (in 
grief for him) the cattle shed their horns. Whence Bennchor 
Ulad « horn-casting of Ulster » is said, and Indber mBicni 
« Bicne's Estuary » is named. 

Also in LL. 166-^ 14: BB. 408» 58 : H. 68^ and Lee. 520. Indher mBicni 
seems =^ the Inber Béce of Cormac's Glossary s. v. Coire Breccain, now 
probably, Bangor Bay. As to the Ostium fluvii nomine Bicne see Reeves 
Eccl. Antiqq. 387. 

Bennchor Ulad now Bangor in the co. Down, the site of S. ComgeU's great 
and fa mous monastery, of which the churchyard and the Antiphonary are 
now the only rehcs. 

The story hère referred to, Tâin Bô Frdich, LL. 248'> — 2)2b, has been 
edited by Crowe in the Proceedin^s of the R. I. Academy, Irish niss. séries, 
voL I, pp. 136-156. 

1 . c«rnaidh' R. 3 . rugraidhe R. 

2. dobrethta R. 4. buair R. 



yô Whitley Stokes. 

As to Bresal Bôdibad « cow-destruction », seeûieCoir Aniiiaiu!, where it 
is said that only three heifers survived the murrain. He reigned (according 
to the Four Mas ter s) from A. M. 4991 to A. M. 5001. 

As to shedding horns in token of grief, see above, no. 16. 



124. Loch Séta. 

Loch Séta^, cmas Yoainmnigcd ? 

Ni misa. Set as dech ro bôi i D-Erinn intansin .i. mind Lse- 
oahe Luire meic \]mini rolasat ino;ena Fainle mcfc Duib 
[fo. 124'' i] da Roth ind. Mondial 7 Dian 7 Dalb, Echen 7 
Biblu a n-anmann, 7 romarbta iarsin Faillie 7 a coicingena ind, 
7 tucsat isin loch lasin set, Un^^ [Loch Séta.] 

The best set « jewel » that was then in Erin, to wit the 
diadem of (the king of Leinster) Loeguire Lore son of L^gaine, 
which the daughters of Faindle son of Dub-dâ-Roth flung 
into the lake. Monchae, Dian, Dalb, Echan and Biblu were 
their names. And afterwards Faindle and his five daughters 
were killed for this crime, and they (the executioners) cast 
them into the lake along with the jewel. 

Also in LL. i68b48: BB. 408b 4: H. 68b: Lee. 520^; and D. 4. 2, a ms. 
in the hbrary of the R. I. Academy. 

Loch Séta not identified. It must be in Leinster. 

Loeguire Lorc monarch of Ireland, according to the Four Mastcrs, A. M. 
4607, 4608. 

This story, hke many othcrs in the Dindsenchas, is incompletely told, 
the narrator assuming that his hearer or reader knew why the diadem was 
flung into tlie lake. 

125. Traig Tuirbi. 

[TJraig Tuirbe, canas xoainmnigcâ ? 

Ni ansa À. Tuirbe Tragmar, atha/r Gobain soir, is e rodon- 
selb. is on f()rba sin^ foceirdedh aurchur dia biail5 a Taulaigh 

I . setna R. 
2 is e sin R. 
3 . buil R. 



The Rennes Dindsenchas. -jj 

in Bêla fri hagaid in tuile co «-aurgairedh in fairrge, 7 ni tui- 
dhcedh tairis. Ochs ni fes can a 3 genelach sainriud, acht minip 
oen dona hespadachaib atrullatar o Temraig riasin Sab n-Il- 
danach fil i4 nDiamraib Bregh. Unde Tra'ig Tuirbi. 

Tuirbe's strand, whence was it named ? Not hard to say. 
Tuirbe Trdgmar, father of the Gobbdn Saer, 'tis he that 
owned it. 'Tis from that héritage he used to hurl a cast of his 
axe, fi-om TuJach in Bêla « the Hill of the Axe » in the foce 
of the flood-tide, so that he forbade the sea, and it would not 
corne over the axe. And no one knows his genealogy unless 
he be one of the defectives who fled from Tara before the 
Master of Many Arts and who are (now) in the Diamrai of 
Bregia. Whence Trâig Tuirbi « Tuirbe's Strand ». 

Also in BB. 408b : H. 68-'': Lee. 520b, and Ed. 5b i. Edited from BB. in 
Silva GadeHca, II, 473, 518 : from Ed. in FoUdore, IV, 488. 

According to Pétrie (Round Toivers, pp. 382, 383) Trâig Tuirbi « Tur- 
be's Strand » is now Turvey on the nortlicrn coast of the co. of Dublin, 
and the Diavira Breg are now Diamor in Meath. As to the Gohbdn (« beak- 
let, snoutlet ») Sacj- see Pétrie ubi supra. 

Sab ilddnach should be Saiiiilddnach « skilled-in-many-arts-together », as 
it is in Ed. and in the Second Bat lie of Moytiira. See Revue Celtique, XII, 
pp. 74, 76, 78, 80. It was applied to Lugh mac Ethlenu. 

The taie of Tuirbe and his axe rerainds one of Paraçurâma. « This hero, 
after the destruction of the Kshatriya race, bestowed the earth upon the 
Brahmans, who repaid the obligation by banishing him as a homicide from 
amongst them. Being thus at a loss for a domicile, he solicited one of the 
océan, and its regent-deity consented to yield him as much land as he could 
hurl his battle-axe along. Paraçurâma threw the weapon from Gokernam 
to Kumâri, and the retiring océan yielded him the coast of Malabar, below 
the latitude of 15° ». H. H. Wilson, Catalogue of the Mackeii:[ie Collection, 
2d éd. Madras, 1882, p. 56. 

So in his Glossary of Judicial and Revenue Ternis, London, 1855, p. 402: 
« Paraçurûma. . . an avatar of Vishnu, to whom is ascribed the recovery 
from the sea of Kerala, or Malabar, by casting his axe from a point of the 
coast, Mount Dilli, to the extrême south ; the sea retiring from the part 
sowwhich the axe flew ». 



3 . an R. 

4. a R. 



78 Whitley Stokes . 



126. Bri Léith. 

[B]ri Leith, canas roaimnniged? 

Ni aiisa. Liath mac Celtchair Chualand is e m^c flatha is 
coimebôi hisidcuirib Hcreniij co ro carasMr-sein Brii mBruach- 
bricc ingen Mid/r Morglonnaigh mc/clndui maie Cechtaigh^ 
Dochoidh da//o Bri a hingenraidli co FtTta na ningen a tseh 
Themrach. Luid Liath lin a macc^em co mbôi hi Tulaigh na 
hiarmaithrighi. Feimdiset comracc ni bad nesom fri taibleoraib 
side Mid/r [fo. 124'' 2] ar ba lir becli-teilleoin hi 16 dinnle- 
imfreagra a ndiubraic[th]e, co ro briscif Ico Cochlangilla Leith, 
co 7/-apad. 

IMsôi in ingen do Bri Leith coro bris a cride inti, 7 atb^rt 
Liath : « Cenco roosa in inginsi is mo ainmse bias fw/rre » 
.i. Bri Leith .i. bri asa Hath, conid de atberar Bri Leith 7 
Dind Cochiain. 

Liath son of Celtchar of Cualu, was the fairest prince's 
son that Hved in the foiry-troops of Erin, and he loved Bri 
Bruachbrecc daughter of Mider of the Mighty Deeds son of 
Indui, son of Cechtach. (To meet her lover) Bri went with 
her maidens to the Grave of theGirls beside Tara. And Liath 
went with ail his youths till he stood on the Hill of the 
Aftcr-repentance. And they could not corne nearer together, 
because of the slingers on Mider's clfmound. For as numerous 
as a swarm of bées on a day of beauty was the mutual answer 
of their castings. And Cochlan, Liath's servant, was sore- 
wounded by them and he died. 

Then the girl turns to (Mider's elfmound, now) Bri Léith, 
and (there) her heart broke in her, (and there she died). And 
Liath said : « Though I shall not attain this girl, 'tis my name 
that she shall bear, » Hence Bri Léith, that is « Liath's Hill » . 
Hence is said Bri Léith and Dind Cochlàin « Cochldn's Height ». 

1 . cechtaidh R. 

2. ainnbe R. ainleH. ainle Bodl. nalaind Lcc. Read dndle by metathesis 
for dinde, dilde, derived from dJind « beautiful « . 



The Rennes Dindienchas. -jc) 

Also in BB. 408b 54 : H. 68^: Lee. 521 «: Bodl. no. 9; and Ed. fo. 2^ i. 
Edited from BB. in Silva Gadelica, II, 476, 522 : from Bodl. in Folklore, 
III, 477. 

Brî Lcith west of Ardagh in tlie co. of Longford. Ciialti a district in the 
co. of Wicklow. Ferta na n-Ingeii probably tlie first of the two Cloenjertae, 
Rev. Celtique, XV. 283. See O'Curry's Manners andCusloiiis,lll, 356, 357, 
where he renders briiachhrec (« bigbellied-frecl^led » ') by « of the frecicled 
face » tulach na hiannaithrige by « Hill of Pursuit », tahleori (derived from 
tahaill « sling », W. /<?/), by « battlement-warders », and teiU'nui by « hu- 
mming wild bées ». 

As to the elfking Miderof Brî Léith see Windisch's Irischc Texte, I, 115, 
ri6, 876, O'Curry's M. and C, II, 192-194, III, 191, and d'Arbois de 
Jubainville's Le Cycle Mythologique Irlandais, pp. 274, 311-322. 



127. Tethba. 

[Tjethba, canas ro aimnniged? 

Ni ansa. Tefli ingen Eachach Oiremon co ros-car Noisiu mac 
Nechtoin Findgualai o Loch Léin, 7 ba hi a muime de, Eitech 
ingen Lendglais meic Luind de Glomraighiu Trachta Tuirhe. 
Is i dociiôidli marôen^ lia dalta. O dorocht [Tethba] co hArd 
Nôisen — 7 ba hArd n-Umai co sin — asbcrt-si : « Bid tes- 
baidh do cumtuch in tirese mo dulasa as. » « Ni ba fir on, » 
ar Noisiu. « Ni theseba do slondu[d]su don tirse : issed on 
arata. » « Is teidmnech ind ail breithre facbaisiu hr in tirse, 
ar sisi 3 : « bat-lile comhui de ar ar tarrggraig. » Ba fir àidiu, 
ar itbath a muime oc dul buddes, conid de ata Cenn-etich 7 
Tethba. 

Tethba was Eochaid Airem's daughter, and she was loved 
by Noisiu son of Nechtdn of the White Shoulder, from Loch 
Léin. And his fosterraother was Etech daughter of Lennglass 
son of Lon, of the Glomraige of Tuirbe's Strand, and 'tis she 
that went along with her fosterhng (when he eloped with 
Tethba). When Tethba reached Ard Nôisen — till then it had 



1. hruach .i. brumhôr big-belHed, largebcliied, P. O'C. 

2. mâroen R. 

3 . tirese ar isisi R. 



8o Wintley Stokes. 

been Ard n-Umai — she said : « My going hence will lessen 
this land's covert ». « That is untme, » saysNôisiu: « thiiie 
appellation will never be wanting to this land. Such is what 
remains (and it will suffice). » Quoth she: « The shameful 
word'^ which thou hast left on this land is deadly. Grief 
therefor will follow thee on our journey. » That came true, 
for in wending southwards his fostermother died. So thence 
is Cenn-Etich and Tcthba. 

Also in BB. 409^12: H. éSb; Lee. 52i''>; Bodl. no. 13; and Ed. fo. 3»!. 
Edited from BB. in Sih'a Gaddica, II, 473, 518: froni Bodl. in Folklore, 
III, 480-481. 

Tethha, anglicised Teffa, a territory in the counties of Weslmeath and 
Longford. Loch Léin now the Lakes of Killarney. Tracht Tnirbi near Mala- 
hide in tke co. of Dublin. Ard Nôisen « Noisiu's Height », not identified, 
Çom Etich now Kinnitty in King's county, O'Curry Lectures, p. 340 : Cbron. 
Scot., p. 367. 

Eochaid Airem overking of Ireland A. M 5070, according to the Four 
Masters. 

128. Loch Andind 7 Loch n-Uair, 

[L]och Aindind 7 Loch n-Uair, canas roaiiimnigthe? 

Ni ansa. Aindind Oach 7 hUar Etharchar da mac Gumoit do 
rigaib Fear mBolg. 7 is do leith genek/^ fer nGréc doib .i. 
Grecus mac Point 7 Danaus mac Point, 7 is eisen sen Fher 
mBolg, 7 rogab wen indara fine ior aroile, co tallsat ïonn a 
n-uisqwc somblasta, daig is cornus cachta berar [for] uisq//€ hi 
tirib Gr^'c, 7 adachta fo dœire .i. uir do tarraing for lecaib loma 
co mbeidis sccJjt cubait ina doimne. Roteichset da/zc riasin cu- 
machti moir dochum vîExcnn, 7 ni gabsat acht \c lochoib lind- 
glanaib. Rogab da«o Aindind 7 Uar ac dib lochaib cutrumaib 
.i. CLitruma fodeas 7 fotuaidh, uaidh[ib], 7 co n-eplet^r diblin- 
aib car/; coa loch, et a C[U\hns nomina[n]tur. 

Aindinn Oach « the Eared » and Uar Etharchar were two 
sons of Gumor (Ugmor ?) of the kings of the Fir Bolg. And as 
regards pedigree they were of the men of the Greeks, to wit, 

I . Literally « shame of a word », « verbal insuit ». See Revue Celtique, 
VIII, p. 50, linc 10. 



The Rennes bi. 

Grecus son of Pont and Danaus son ox 

the ancestor of the Fir Bolg. And one of the l 

vailed over the other and deprived them of their s s. 

water, for in the lands of the Greeks a power of impou.. 

is given over water; and they were made subject to slavery, 

namely to drag mould (in leathern bags) on to bare flagstones, 

80 that it might be seven cubits deep on the stones. 

So (having built boats of the leathern bags) they fled be- 
fore that tyranny to Ireland, and there they set up only at 
clear-watered lakes. So Aindinn and Uar set up at two of 
thèse Likes which were equal, that is equal in the south and 
in the north; and there they both died, each at his kike; and 
from them the lakes are named. 

Also in BB. 409^1 34: H. 69^: Lee. 521^ Bodl. no. 14: and Ed. fo. 3^1. 
Edited from Bodl. in Folklore, III, 482. 

Loch Aindinn, now Lough Ennell in Westmeath. (Aindenn son of Ne- 
med, BB. iib). Loch Uair now Lough Owei in Westmeath. Turgesius 
(Thorgils) was drowned in it A.D. 847. 

As to the Fir Bolg and their bags see LL. 6^. As to their flight to Ire- 
land, O'Mahony's Keating, p. 129. 



129. Druim Suamaich. 

[DJRLiim Suamaich, canas ïoaininniged ? 

Wiansa. Suamach mac Samgubai, sencha[id] 7 aiti Cormaic 
Conloinges meic Coiichohair, 7 Caindlech ingen Geim Gelta 
mt'/c Rodba meic Tuaich Tuile, di ^ claind Conoiïl Ct';/[g]ancnis, 
ba si sin a muime. Co du[d]caid Cormac aniar o Cruachain Aei, 
do gabail rigi n-lUmi^ 7 ro an a oiti dia éis ardaig rofitir dofie- 
dsad a dalta 7 na bad ri Ulad. Doluid Suamach i^ ndiaidh a 
diihx dia ergaire arna tesed in targraidh. Intan tanic co Tulaig 
nDér .i. dera in Dagdai oc cainiud a meic, is and a/ro//nairc 
daighidh na hoirgne i^ [mJBruidin da Choca. Atbail Suamach 
cenfuirech, 7 atbail Caindlech i n-Ard Caindlech. Vnde Druim 
Suamaich 7 Ard Caindlech dicuntur:. 



1. diaR. 

2. a R. 



^^ 



Stokes. 



_,amguba was the storyteller and fosterfa- 
. Conlonges son of Conchobar, and Cormac''s 
.cr was Caindlech daugliter of Geim Gelta son of 
a, son of Tuach Tuile, of the clan of Conall Hornskin. 
rvhen Cormac went eastward from Cruachan Ai to seize the 
crown of Ulster his fosterflither h ad stayed behind him be- 
cause he knew that his fosterling would fall and never be 
king of the Ulaid. (Howbeit) Suamach foUowed his fosterling 
to forbid him to go on that journey. When he came to the 
Hill ofthe Tears — that is, the tears of the Dagda bewailing 
his son (Germait) — there he beheld the blaze ofthe wrecking 
of Bruden da Ghoca. Suamach died forthwith, and Gaindlech 
(hearing that her fosterling was slain) died on Ard Gain- 
dlech, Whence Druim Suamaich « Suamach's Ridge » and 
Ard Caindlech. 

Also in LL. 166^46 : BB. 409^' 31 : H. 69b : Lee. 522», and Bodl. no. 45. 
Edited from Bodl. in Folklore, III, 308. 

Druim Sitainaig and Ard Caindlech, not identified. Bruden da Choca now 
Breenmore, in the barony of Kilkenny West, in the co. ofWestraeath. 

The taie is an incident in the unpublished story of Togail Bruidne da Choca, 
as to which see O'Curry, Lectures, p. 260: Manncrs and Cnstonis, III, 254. 
Hère follows the passage in question, from the oldest copy, viz. that in 
H. 3. 18, for a loan of which MS. I am indebted to the Board of Trinity 
Collège, Dublin : 

Dodechaid âïdiu Suamach mac Samgub^ anîar andiaidh na turrgraighe 
di vreit[h] rohaid da daltae, cor-rainic Tulaig Dér .i. derce folas rotheilg in 
Dagdse inte a comrac fri tasc a meic in Cermatae. Conid de digairter Tu- 
lach Der di. O\conivcùrc iar«/« Suamach daigh na hoirgne uad fora daltée 
ni rodamairdo co robris a cride ann, conïd de digarar Druim Suama/V don 
t'ûaig sin co sudiu, H. 3. 18, pp. 717-718. 

Then Suamach son ofSamguba went from the west aftcr the expédition, 
to give a warning to his fosterson. And he reached the Hill of Tears, that 
is, the tears of blood which the Dagda shed thereon when he met with the 
report (of the death) of his son, the Germait : hence it is called Tiilach Dér 
(' the Hill of Tears «. Now when Suamach beheld the blaze of the wreck- 
ing on his fosterson he could not endure it, and his heart broke in 
him. Hence from that time to this the hill is called Druim Suamaig a Sua- 
mach's Ridge », 

In the same story Suamach is said to hâve been a seer and a man of 
great knowledge (ba fisid-simn ocus ha fer morcelais, H. 3. 18, p. 715), and 
his wife Caindlech is said to hâve fallen at Muine Caindlige « Caindlech's 
Brake » (p. 713). 



The Rennes Dindsenchas. 



130. DÛN MAC Nechtain Scéne. 

[Lee. 522']. 

Dun mac Neachtain Sceine, canas ra hainmnigead ? 

Ni ansa. Neacht Indbir Sceine do Corca Laidhi, bcan Fir 
Uillne meic Lmgdecb Mail, mâthair a thii mac A. Diachail 7 
Foili 7 Fannall ^ a n-anmand. Is iat geogna Cuchulainn dia- 
ragaib armu, amail adfedar ar Macgnimarthaib) C(?//cuIainn. 
Un^6' Dun mac Nechtain Scène dicitur. 

Necht of Inver Scéne of the Corco Ldigdi, was the wife of 
Fer Uillne son of Lugaid the Lord, and the mother of her three 
sons, whose names were Diachail (Tuachail ?) and Foill and 
Fannall. 'Tis they whom Cuchulainn slew when he (first) 
took arms, as is told in the Boyish Dceds of CûchuJainn. 
Whence is said Diïn Mac Nechtain Scéne « the Fort of the 
sons of Nechtan Scéne » . 

Also in LL. i7ot'4o and BB. 410^ 25. 

Dûn Mac Nechtain Scéne not identified. Inhcr Sccne now Kenmare Bay. 
Fer the adventure hère referred to, see Lebor na hUidre, p. 52^-52b, 
and LL. 61 ''-ô/^, where the fort is called, Dûn mac Nechta Scéne. 
( 

\ 

I 

Whitley Stokes. 
(A suivre.) 



Tuachail 7 Foil 7 Fannail, LL. Diuchaii 7 Foill 7 Fannall, BB. 
in là, LL. 
m(ifc[gnim]rad, BB. 



LE ROI LOTH DES ROMANS DE LA TABLE RONDE. 



Dans les romans français de la Table Ronde, Loth est roi 
d'Orcanie et père de Gauvain. Il a épousé la sœur d'Arthur. 
Chez Gaufrei de Monmouth, il est de souche royale, frère 
d'Auguselus et de Urianus, neveu de SicheJiniis (leg. Sichel- 
■mus?), roi de Norwège. Arthur, après sa conquête du nord de 
l'île sur les Saxons, donne à Auguselus le pouvoir sur les 
Scots, à Urianus le sceptre sur les Murefenses, à Lot, qui avait 
épousé sa sœur, du temps d'Aurélius Ambrosius ^, et en avait 
eu deux fils, Malgainus et Modredus, la Londonesia et les pro- 
vinces qui en dépendaient-. Arthur assure ensuite à Loth la 
possession de la Norvège, à laquelle il avait droit, comme neveu 
de Sichelmus (///5f . Brit., VIII, 21 ; IX, 9; IX, ii, 12; X, 6). 
Ce passage de Gaufrei me paraît des plus instructifs. Il vise, 
en effet, une époque, semble-t-il, assez facile à préciser. Tout 
d'abord, Londonesia ne désigne nullement Londres et le pays 
y attenant, comme le dit la traduction du Brut Tysilio de 
San-Marte (p. 608; cf. Myv. Arch., 2^ édit., p. 464); on doit 
lire Lodoncsia ou mieux Londonesia : il s'agit, en effet, d'un 



1. San-Marte a faii dans sa traduction du Brut-Tyrilio un singulier 
contre-sens en faisant épouser à Loth la sœur d'Aurélius Ambrosius {Hist. 
reg. Brit., p. 608). Il est vrai qu'il a suivi la traduction de Peter Roberts. 
L"édition de la Myvyrian (2e éd., p. 464) ne dit rien de pareil. Peter Ro- 
berts a puisé son contre-sens dans XHisloria de Gaufrei: Lot autem, qui 
tempore Aurelii Ambrosii, sororem ipsius duxerat (IX, 9). 

2. ... reddit Auguselo regiam potestatem Scotorum ; fratremque ejus 
Urianum sceptro Murefensium insignivit; Lot autem, qui tempore Aurelii 
Ambrosii sororem ipsius duxerat, ex qua Walgainum et Modredum genue- 
rat, ad consulatum Londonesiae ceterarumque comprovinciarum quae ad 
eum pertinebant, reduxit (IX, 9). 



Le roi Loth des Romans de la Table Ronde. 85 

partage de l'Ecosse, comme le montre clairement le contexte. 
Lodonesia est la région de Lothian, comprenant, dans son 
sens le plus étendu, tout le territoire occupé actuellement par 
les comtés de Berwick, Roxburgh, et des Lothian (Skene, 
Celt. Scot., I, p. 13 1)^ Murefenses indique la région connue 
dans les chroniques latines sous le nom de Moravia, et com- 
prenait la région de Moray et de Ross. Le nom de Scotia 
comprend le reste de l'Ecosse celtique. Or, cette division n'a 
de sens qu'à un seul moment de l'histoire d'Ecosse, après la 
grande bataille de Carham, sur la Tweed, livrée, en 1018, par 
Malcolm, roi des Scots, et Eugenius Calvus, roi des Bretons 
de Strath-Clut, aux Northumbriens. L'armée des Angles fut à 
peu près détruite {Simeonis Diinclm., Hisl. EccL, à l'année 
ICI 8). A la suite de ce désastre, tout le district au nord de la 
Tweed passa au royaume d'Ecosse et en forma la limite méri- 
dionale (Sim., Jt' Ohs. Dun., ap. Skene, Celt. Scotl., I, p. 394). 
La Chronique des Pietés et des Scots, document rédigé vers la 
même époque, donne la division suivante de l'Ecosse : « Ultra 
(Tede flumen) usque ad flumen Forthi magni, scilicet, Loonia 
(Lodonesia) et Galweya (Galloway), et Albania tota, quae 
modo Scotia vocatur, et Morovia, et omnes insulae occiden- 
tales oceani usque ad Norwegiam et usque Daciam, sciHcet 
Kathencsia, Orkaneya, Enchcgal, et Man et Ordos et Gurth, et 
ceterae insulae occidentales oceani circa Nonuec^iam et Daciam 
(Chron. Pict., p. 154, ap. Skene, Celt. ScoîL, p. 396). D'après 
la Chronique, l'Ecosse comprend, au commencement du 
xi^ siècle, trois régions : Loonia et Galweya, la région de Lo- 
thian et de Galloway, de la Tweed au Forth ; la Scotia ou 
Albania proprement dite, et la Moravia. La Scotia ou Albania 
est nettement distinguée des pa3''s au sud des Firth, et de la 
Morovia, au nord de la Spey. Au nord et à l'ouest de ces pro- 
vinces est le territoire qui est sous la suprématie des Scandi- 
naves et portant le nom de Nonuegia et Dacia. Sur le conti- 
nent, c'est Caithness et Airergaidhel (Skene, Celt. Scotl., 
p. 396). Cette division correspond, on le voit, parfaitement à 



I . Le nom de Lotb n'a rien à faire avec celui de Lodonesia ou Loudoscîa, 
malgré certaines apparences. 



86 J. Loth. 

celle que nous trouvons dans Gaufrei. La place à part donnée 
à la Moravia est particulièrement significative. Ce n'est qu'à 
la mort de Sigurd, roi Scandinave des Orcades, tué à la ba- 
taille décisive de Clontarf, en Irlande, en 1014, que les chefs 
du pays de Moray deviennent indépendants et sont soustraits 
à la domination Scandinave. Ils prennent même le titre de ri 
(roi) (Celt. Scotl., I, p. 387, 397). Gaufrei s'est donc inspiré, 
pour son partage de l'Ecosse, d'une source du commencement 
du xi^ siècle. 

La Lodonesia paraît avoir été occupée principalement par des 
Pietés avant son annexion à la Northumbrie : « Erai tune rex 
Pictorum Lothus — (Buchanan, Hist. Scot., V, c. 45). Boe- 
thius (Scot. Hist., I, IX) dit aussi que Loth, père de Modred 
et Walwan, était roi des Pietés : « Oui Pitblandiae novum a se 
nomen Londoniae egregiam ob prohitatem reliqucrit ad posteras (ap. 
San-Marte, Hist. reg., p. 381). La royauté de la Norvège, 
confiée à Loth par Gaufrei, est un souvenir de l'époque peu 
éloignée encore de son temps où l'extrême nord du continent 
et les îles portaient, comme nous l'avons vu, le nom de Nor- 
wegia. Les mariages entre les flmiilles des chefs Scandinaves et 
des chefs Celtes d'Ecosse étaient, à cette époque, firéquents, et 
il n'y a rien d'étonnant que Gaufrei ait donné à Lot un oncle 
du nom de Sichelm, nom qui n'a rien de celtique. Le titre de 
roi d'Orcanie que Loth a dans les romans français est équi- 
valent à celui de roi de Norvège. 

La version galloise de Gaufrei transforme Loth en Llew, 
fils de Cynvarch, et Auguselus en Arawn, La Moravia est 
remplacée par Reged ÇMyv. Arch., 2^ édit., p. 634). 

L'auteur du Brut Tyrilio, voulant concilier Gaufrei qui fait 
de Loth (Llew) le père de Walgainus (Gwalchmai), et la tra- 
dition galloise qui le qualifie de fils de Gwyar, le donne bien 
comme beau-frère d'Arthur, mais ajoute et de Giuyar, mère de 
GiuaJchiuai l'empereur: (ef oedd vraïud yngyfraith y Arthyr cic 
y Wyar, mam Walchmei amherawdr. Myrv. Arch., p. 464). 
Il faut évident suppléer et mari àe Gwyar, mère de Gwalchmai. 

Dans le Mabinogi de Kulhwch et Olwen (édit. Rh}^s- 
Evans, p. 133), G walchmei, fils de Gwyar, est neveu d'Ar- 
thur, fils de la sœur de ce dernier. 



Le roi Loîh des Romans de la Table Ronde. 87 

Le nom de Loth se retrouve-t-il dans les traditions galloises? 
Le contraire serait étrange : comment serait-il venu aux ro- 
manciers français ? Le Mabino2;i de Kulhwch et Olwen men- 
tionne un Lloch Llawwynnyawc, ou Loch à la main blanche 
ÇEdit. Rhys-Ev., p. 107). Ce personnage apparaît encore dans 
le même roman, et cette fois il est présenté comme de la fa- 
mille d'Arthur : « Gweir, fils de Kadellin Talariant, Gweir 
Gwrhyt Ennwir, Gweir Baladyr hir, oncles d'Arthur, frères de 
sa mère, fils de Lloch Llawwynnyawc, de l'autre côté de la 
mer Terwyn (p. iio; Lloch est écrit ici Lliucli). On a fiit de 
la mer Terwyn la mer Tyrrhénienne. C'est, eu eftet, le nom 
qu'elle a pris assez souvent dans les écrits des lettrés, mais il 
ne paraît guère douteux que cette mer, comme la mer To- 
ri n des Irlandais, n'ait désigné toute autre choses En l'ab- 
sence d'indication précise, je ne me hasarderai pas à l'iden- 
tifier; il est possible qu'il s'agisse de l'estuaire du Firth of 
Forth ou de celui de la Clyde. Ces estuaires sont souvent qua- 
lifiés de mer, notamment par Bède. Lloch serait ainsi un chef 
picte ou Scot. On remarquera qu'il n'est plus ici beau-frère 
d'Arthur, mais son grand-père maternel. 

En supposant que le nom de Loth ait été emprunté par les 
Gallois aux Gaëls, la forme Lloch n'a rien d'anormal. Le ch 
gallois avait à peu près le son du th vieil-irlandais, tandis que 
le th vieux-brittonique devait avoir un son assez difterent, 
comme le montre son évolution dans la plupart des groupes, 
par exemple en comique et en breton-armoricain. La forme 
Loth des romans français s'expliquerait, non par un emprunt 
direct aux Gaëls, absolument invraisemblable, mais par une 
faute de lecture : on a lu Loti: au lieu de Loch. J'ai montré 
dans mon étude sur les Théories h's plus récentes de l'origine des 
romans arthnriens, que plusieurs des noms les plus importants 
dans ces romans étaient parvenus aux écrivains de langue 
française par une source écrite : Loth serait de ce nombre. 

Une autre hypothèse est possible : Loth serait une forme 



I . Il est probable que cette confusion de la mer Terwyn avec la mer 
Tyrrhénienne n'est- pas étrangère aux pérégrinations en Italie de plusieurs 
personnages, par exemple de saint Patrice. 



88 J. Loth. 

brittonique et Lloch une forme galloise altérée de ce nom ; je 
dis altérée, car le nom se retrouvant dans plusieurs textes fort 
différents (Mabinogion, Livre noir), il est difficile de supposer 
une erreur d'écriture ; ou enfin Lloch ne serait pas le Loth des 
romans. Dans ce cas, retrouve-t-on le nom de Loth chez les 
peuples brittoniques ? 

Au tome VI, p. 198 des Anciens évêchés de Bretagne, de 
MM. Geslin de Bourgogne et Anatole de Barthélémy, je relève 
une donation £iite à l'abbaye de Bégar, par Eudo Loth et Loth 
f rater ejus, arniigcri, à la date de 1279. Cette donation est Élite 
en leur nom et au nom de leurs héritiers. Ce sont des sei- 
gneurs en possession de terres dans le voisinage de Bégar. 
Bégard est aujourd'hui dans l'arrondissement de Guingamp 
(Côtes-du-Nord). Le nom de Loth, s'il représente une forme 
vraiment bretonne, a dû, dans le cours du xiii^ siècle, en tout 
cas sans aucun doute, au xiv% s'écrire Lo:{. Or, tout juste- 
ment, c'est le nom d'une fomille noble du même pays, pro- 
priétaire de grands biens aux xv^-xvii^ siècles dans plusieurs 
parosses de l'évêché de Tréguier. Un Guillaume Loz apparaît 
en 1395 ; un Yvon en 1481, etc. (de Courcy, Nobiliaire de 
Bretagne, p. 118). 

Si le nom de Loth avait été int.oduit chez les Armoricains 
par mode, sous l'influence des romans arthuriens, on l'eût 
prononcé Lot, et il n'eût point évolué en Lo^. Il est donc à 
peu près certain que le nom de Loth n'était pas inconnu des 
Bretons. Dès lors, il est probable que ce n'est point par les 
Gallois qu'il est parvenu aux écrivains français. Mais les Gallois 
n'étaient point les seuls Bretons d'Angleterre. Les Bretons du 
nord de l'île, ceux du sud ont pu mieux conserver ce nom. 
Une autre conséquence du fait que le nom de Loth est britto- 
nique, c'est qu'il ne saurait être d'origine gaëhque : le //; brit- 
tonique ne peut en effet correspondre au th vieil-irlandais. 

J. Loth. 



SOME I RISH ETYMA 



;. TIBRE. 

This Word and its derivatives hâve hitherto been explained 
as if connected with tihim « I laugh ». O'Beirne Crowe ren- 
dered tibrehy « dimples », see Windisch Wôrterbuch, p. 821, 
Siniilary O'Clery s. v. tihrigb explained//'/ tuiiiii tibrigh hy fri 
tuinn ghâireachtaigb « against a laughing wave ». But the fol- 
lowing gloss from Harl. 5280, fo. 41 a seems to give the cor- 
rect meaning of the word : tibre À. finda na gnïaidi fàcbus an 
allan dia hésc « the hairs of the cheek, which the razor leaves 
behind ». Thus in the wellknown description of CùchuHnn 
(LU. p. 81 a): cethri tibre cechtar a dà griïad A. libre buide 7 
tib'-e liane 7 tibre gorin 7 (ibre corcra. Now tibre is either the 
plural or a sister-form of tibur, which occurs in the compound 
tibur-gér « haarscharf » : côica claided fuilchrech tibiirgcra, LL. 
51 a, 5. Then we hâve the adj. tibrech « hairy » in ûas tuind 
tibrig LL. 17 b, 2 (cf. O'Clery's quotation) applied to a wave 
in the same way as nwngach in SC. 45, 16 to the sea. 







IL 



RITH. 

This would be the form which W. rhyd « ford » should 
Rtvue. Celtique, XVI. 7 



90 Kuno Meyer. 

hâve in Irish, and I think we hâve the word in the place- 
name Humar-rith, LU. 70 b, 11 : Humarrith aiiiin ind àtha 
sin dano. 



III. 



URGARTWGUD. 

That urgartiugud « to while away the time, to amuse » is 
derived from garii « short » is, I think, coniirmed by the si- 
milar dérivation of W. difyru « to amuse » from hyr « short » 
and of O. N. skciiita in the same .sensé from shaninir « short ». 
For examples of the word see Cath Finntrâgha, Index, and 
add do irgartigud a menman, LU. 22 a, 27. 

Kuno Meyer. 



M. O'CLERY'S BEATHA CEALLAIGH 



In the Brussels MS. 2324-40, fo. 53''-59% there is a copy of 
the Life of St. Cellach made in 1629 by Michael O'Clery from 
th Leabhar Breac, pp. 272''-275'', as appears by the following 
colophon : I mainistir na m-brathar i Cinel Feichin roscriobh 
an brathair hocht Michel o Chirigb an tecclamadh so labhrus ar 
CheaWacb arna tecchmadb as stair labhrus ar coccadh Con- 
nacht asan leabwr da n-goirtt'r Leabhar Dhùna Doighre. 3. oc- 
tob^r 1629. O'Clery lelt out the narrative of the war between 
Connaught and Ulster as well as the entire end of the pièce, 
which relates the vengeance taken by Cûchoingelt on the 
murderers of Cellach. He divided his vv^ork into 15 chapters 
and called it Beaiha Ceallaig epscoip ocus a mhartra. 

O'Clery's work is valuable for two reasons. First, this 
is one of the rare instances where we can compare with 
the original the copy made by one of the best among the 
later scribes. Secondly, the Leabhar Breac was in a better 
State of préservation in O'Clery's time and he was able to 
read several passages which hâve since then become illegible; 
and in several cases he corrected the mistakes into which the 
scribe of LBr. had fallen. I therefore give a list of the most 
important variants. The références are to the printed text in 
O'Grady's Silva Gadelica (vol. I, pp. 49-59) corrected by the 
facsimile of the original. 

P. 49, 9 noticced B — 10 chrech B ;/cbc'rthe B uada B — 
12 after a crech B bas : Dorala somh i n-eccraite adbail fri 
ceiniul Conuill 7 Eogain 7 fri hUllta archena gorotionoilset 
slùagh lânmor do crechad Connacht. Fergus (Forg//5 MS.) 7 
Domhnall da mac Mhuircertaig mie Erca at iad roptar tôisigh 



92 Kiino Meyer. 

do slogaibh Uladh. Acht atd ni cena roairccset rempu go 
Muaidh et rucc Eogan forra 7 roferadh cath ettorra cotorcair 
Fergus (Forg//i" MS.) 7 Domhnall et roba tromgonta Eogan 
Bel ann conadh for crannaibh a slegh rohimcuiredh he, etc. 
as on p. ^0, 21. 

P. 50, 25 lar sin tra roba cinnte la cach bas (ïfàgbhûil dô B 

— 27 comairle LB comhairliuccz^J/; B — 30 cose LB fôs B 
dib LB dhaibh B dô cluain LB go cluain B — 32 eili om. B — 
33 lar sin atbath Eogan et tangat^r clanna Fiacrach go Cluain 
go Ciaran mar do theccaisc Eogan doibh et o rangatt?/r fe- 
rais etc. as on p. Ji, S. 

P. 51, 9 roïi'esûadb B — 10 a toscca do Chiaran B — 11 
agaid {i.e. adaig) LB lioidche B — -12 roaiclet^rasom LB aic- 
cillsetrtirsom B — 13 do imtigh B — 19 gurab B — 21 .i. 6- 
Codnaig ont. B — 22 ni ba LB nirbo 5—25 oinigh ïo B — 
27 gurbo B ■ — 32 Dala Cellaig immorro B — 33 nocor LB — 
goro B — 34 i;//thuillea/// LB imtuilledh na hesccaine B — 
35 ar a dhoilghe B 

P. 52, 5 siiiblilfT/; luigheach 5 — 8 sechnom J5 go ceirn B 

— 9 ar iffern B — 11 Ocus oni. B — 14 he dana B dofui- 
righ B — 17 bi LB boi B — 21 do LB ro B — 22 dorinde B 
ol LB ar B ar cùla B — 23 nara LB narab B — 26 co mo 
indsin LB go mor annsin B — 2S or LB ol B — 29 rempv B 

— 34 7 for a ghenmnaigecht om. B — 35 for Eirinn LB ann- 
sin B cotucsat B — 37 ocûs bôi LB combôi B — 38 cleirchi B 

— 40 chatliair B — 40 mar LB marsin B as menci B — 
41 na LB inas B 

P. 53, 2 frisar B — 7 a mhac LB na m^rcaomh B — 8 fria 
Guaire om. B — 9 sechaind LB torainn B — 13 ol LB ar B 

— 15 dheinim B mo thratlia 7 m'urn^/Vhthe B — 16 ama- 
rach B — 19 imbôi B imatL5 ni hiat B — 23 m'fcrann-sa LB 
an ferann sa B — 24 ndena LB fliccba B ina bfil B — 25 i 
and uli om. B — 28 rainic oni. B iarum LB sium B — 30 ûa- 
dha B — 32 as a haithle LB iarum B — 34 ata a n-ddn 
dam-sa B — 36 smuainedh B 

P. 54, 3 sein B — 4 hoirdtvxaigedh B — 5 naomlitha B — 
8 deinedh B — 9 Guaire mac Colmain B — 14 do sir i^ — 

— 19 cuirit B — 20 ar a chenn B aithnighedh B — 25 over 



M. O'Clery's Beatha Ceallaigh. 9j 

dénam B adds radh — ^27 \\u2\gnech B — 28 ar aba B — 
29 cin in chomairli bar LB doraidhset B — 32 buidech B — 

34 fhurailim B — 3 5 do insachsat ina cethrar LB docuattï^r B 

— 36 maraon B — 37 maith leis B — 39 oirecthar LB ec- 
carthar B 

P. 55, diin B — 4, 5, dii2thain B — 5 naisccedb B — 10 no 
tdirnic LB co tdrnaic B — 12 ann oui. B — 13 roclaochlai- 
dhsidlî bar n-aiccn^f B — 16 dogebtai B — 19 7 as cuma B — 
22 do LB ro B — 23 ruccat/zr B — 26 dogébthai LB dogeb- 
hadh sibh B — 37 daibhsi sa i? — 41 oram nireim nacJms B 

P. 56, r mon B — 2 bar LB ar B — 3 dldiii LB cena B 

— 10 cellach itir B — 12 ar thocc[th]ib LB tar togha B — 
I-) inn élôd LB elvdh B — 16 for oman LB ar eccla B — 18 
do thecht ani chenn LB d'fligail damh B cuma dô LB cuma 
robai B — 23 alita, om. B — 25 ut dixit LB 7 doraidh B — 
26 mhadan B dotaed B mar lasdn LB m'arraccldn B — 27 rus- 
fôi LB rosfdidh B — ^ 28 A ingean drt'ga uaille B — 29 madan 
B soillsighes B — 31 a affer acainn oui. B — 32 ar côir B — 

35 forci V B — 41 fhuara B 

P. 57, 4 comtharraing LB tharraing B — 13 ocus LB is B 

— 15 form B — 16 mac som LB mac lie 5 — 19 ni maith B 

— 20 tar (?zd er) cend B er cend B — 21 ocus LB is B — 
26 ar ti'is B — 28 naomta B — 30 bi LB boi B — 34 a bhecc 
nô a mhôr B — -37 rainic B — 38 déinedh B — 41 no fos- 
cadh B — 42 inis B — 43 folamh B itir oui. B 

P. 58 8 ina fhiadnaise don béist B — 9 ianaidb B for on- 
faisi B nlsfuair don LB ni fhùair an B — 10 slich[t na péiste] 
LB a slicht B — 11 dolen B — 16 crôda LB beodha B — 
18 ainm hé LB ainm de i? — 20 slicht in chôicir LB an 
coiccer B ar fud B — 22 a/;n-u LB armu B — 25 iar n-ithe 
neithe B — 26 dolai for M. co môr B — 29 i n-iath B — 
31 Eochaid LB Eoghain B — 33 nochanfuil B — 35 ar sal- 
maibh (nô salmcedlaib) B 

P. 59, 5 ar ecla B — 6 rosfeimdett^?;- B — 7 beos ont. B 

— 13 coranccatt^rr B — 15 anni atconncat^r B doroine B — 
16 bi LB bôi B — 177 roimarcuirset hé B — 23 rotoirinn B 

— 25 damhaibh B et tictis B gâcha B — 26 tainic B — 28 
cumann B — 29 nach mair B — 30 éis 5 — 32 ga tigh B 



94 Kuno Meyer. 

— 3 3 doriiide B aftcr bithtruaige B ends thiis : Acht ata ni 
chena rodighail Cucoingelt go maith a brathair ar an lucht 
rosmarbh, oir domarbh iad a ccethrar i n-aonbruighin 7 ri. 

Kuno Meyer. 



L'EXPRESSION E OUENTELL. 

L'expression e quentell dans les Anciens Noëls bretons paraît 
avoir parfois embarrassé M. de la Villemarqué; en plusieurs 
endroits, il ne la traduit pas : 

Vers : Noue! ! nouel ! e quentell don guelet 
So diliu~ret bon guir roue binniguet. 

Traduction: Noël! Noël! Pour nous rendre visite 

Notre vrai roi béni est envoyé par Dieu. 

Cf. vers 282, 283, etc. 

Le dictionnaire de Le Gonidec traduit e hntel par à temps, à 
propos, à point. Tel est bien le sens de cet idiotisme, comme 
en fait foi le dictionnaire français-breton de Grégoire de Ros- 
trenen : à tems, au temps qu'il faut: eqenteU; arrivera tems : 
arruont e qentell (au mot teuis') ; la moisson a été faite à tems : 
an éaust a so bet great ê qe)itell (au mot moisson'). Il n'est pas 
inutile de remarquer que le même dictionnaire traduit /rt/Vé^ la 
moisson par qentelya an eaust : y aurait-il entre les deux expres- 
sions le même rapport qu'entre l'idiotisme français de saison, 
hors de saison, et saison (sationeni) ? Ou faut-il simplement y voir 
une évolution du sens de kentel, leçon ? A ce propos, il n'est 
pas inutile de remarquer, comme l'a fait, je crois, M. Win- 
disch, que kentel ne correspond pas exactement à l'irlandais 
-citai da.nsfor-cital. La forme brittonique correspondant exac- 
tement à l'irlandais est le gallois cathl := *can-tlo-. 



iD^ 



J. LOTH. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE; I. César, De bello gallico, publié par M. Meusel. — II. La Chronique 
de Saint- Riquier éditée par M. Ferd.nand Lot. — III. Le nouveau catalogue du 
musée de Dijon. — IV Les bronzes gallo-romains du musée de Saint-Germain dans 
un nouvel ouvrage de M. S. Reinach. — V. Les Celtes dans les vallées du Pô et du 
Danube, par M. Al. Bertrand. — VI. Hibernica minora, par M. Kuno Meyer. — 
VII. The Elucidarium. etc., en gallois, édites par MM. J. Morris Jones et John 
Rhys. — VIII. Gildas et Nennius dans les Monumenta Germaniae historica. — IX. 
Le droit irlandais suivant M. L. Ginnel et le droit gallois suivant M. Hubert Lewis. 
— X. La doctrine de l'immortalité de l'âme suivant M. Marillier. — XI. L'Irlande 
dans la Grande Encyclopédie. — XII. Le Trésor vieux-celtique de M. Holder. — 
XIII. Un nouvel ouvrage de M. J. Rhys. — XIV. M. E. Windisch correspondant 
de l'Academie des Inscriptions. 



I. 

Les travaux sur César, De bello gallico, se multiplient. 

L'édition donnée en 1892 par M. Dosson a été annoncée ici, t. XIV, 
p. 86. 

En 1893, la librairie Teubner a publié l'édition de M. Bernard Kubler ', 
qui, par l'importance qu'elle attribue, avec raison, je crois, aux mss. de 
Paris 5764 et du Vatican 3324, inaugure un système opposé à celui de la 
célèbre édition donnée par Nipperdey. 

La même année, M. Henri Meusel, simple professeur de gymnase à 
Berlin, a terminé son savant Lexicon caesarianiim, le travail le plus consi- 
dérable dont l'ensemble des Commentaires ait été jusqu'ici l'objet, et qu'on 
me reproche, peut-être avec raison, d'avoir mentionné trop brièvement 
dans la Revue Celtique, t. XV, p. 137 ; j'aurais dû en effet signaler le soin 
avec lequel le savant auteur a étudié les mss., et les efforts intelligents par 
lesquels, s'éclairant à la lois par les manuscrits et par les règles de la gram- 

I . C. Juin Caesaris comuicnlarii cum A. Hirtii alicruvique supplemeutis ex 
recensione Bernardi Kiibleri. Vol l. Coniinentarii de bello gallico. Editio inajor, 
in-i2, cxxx-237 pages. Aux pages xi-cxix, M. Kubler a réuni en un tableau 
à trois colonnes. 1°, 2° les leçons les plus importantes des deux classes de 
mss., 30 les conjectures les plus intéressantes des éditeurs. Mais au bas des 
pages du texte il n'a pas mis de notes. 



c)6 Chronique. 

maire, il cherche à déterminer la leçon qu'il faut choisir pour retrouver la 
langue de César, 

Enfin M. Meusel vient de donner une édition nouvelle du De bcJlogallico >. 
Son système est celui de M. Kùbler, à cette différence près qu'il a étudié les 
variantes d'un plus grand nombre de manuscrits. Contrairement à la doc- 
trine de Nipperdey, il reconnaît dans les manuscrits latins 5764 de Paris 
(Thuaneus). xi^ siècle 2, et de Vienne, en Autriche, 95, xii^ siècle 3, les pré- 
cieux représentants d'une vulgate antérieure à l'édition donnée, avec cor- 
rections plus ou moins bonnes, vers l'an 500 de notre ère, par Julius Celsus 
Constantinus, qui a eu pour collaborateur, dans son travail sur le livre II, 
Flavius Licerius Firminus Lupicinus. 

De cette édition corrigée dérivent : 1° les mss. d'Amsterdam 81 (Bongar- 
sius prUmis)A, ix«-xe siècle, et de Paris, lat. 5056 (Miisciacensis vulgaire- 
ment appelé Moysiacensis) ix^ siècle 5 ; 2° les mss. de Paris, latin 5763 (Flo- 
riacensis, ou Parisinus antiquus) i\^-yfi siècle 6; du Vatican ■^%b^(RomarAis)l^ 
xe siècle ; de lord Ashburnham, aujourd'hui à Florence dans la bibliothèque 
Laurentienne sous la cote R 33, x^ siècle 8. Les deux premiers mss. forment 
une famille qu'il faut distinguer de celle à laquelle appartiennent les trois 
derniers. 

On doit mettre à part deux mss., de caractère mixte, l'un qui porte au 
Vatican le n" 5324 (Ursiiiianus), xi<^ siècle, l'autre le no 541 de la biblio- 
thèque Riccardienne à Florence, xi^-xii^ siècle. A la fin des livres Vil et VIII 
de cette famille, on trouve la mention de la révision faite par Julius Celsus 
Constantinus. Cette mention fait défaut dans Vexplicit des livres I-VI de 
cette famille, tandis qu'on la trouve à la fin de chacun des huit livres dans 
les cinq mss. précités qui représentent complètement l'édition donnée par 
Julius Celsus Constantinus avec le concours de Flavius Licerius Firminus 
Lupicinus. Ainsi dans les mss. du Vatican 3324 et de la bibliothèque Ric- 
cardienne no 541, les six premiers livres du De bello gallico appartiennent à 
la vulgate ancienne représentée par les mss. de Paris 5764 et de Vienne 95 ; 
les deux derniers livres dérivent de l'édition corrigée par Julius Celsus Cons- 
tantinus et par Flavius Licerius Firminus Lupicinus?. 

1. Berlin, Weber, 1894, in-8, xii-261 pages. M. Meusel place les va- 
riantes en notes. 

2. Châtelain, Paléographie des classiques latins, pi. XLVIil. 
5. Châtelain, ibid., pi. L, 20. 

4. Ce ms. vient de Saint-Benoît-sur-Loire, comme le Parisinus anti- 
quus, latin 5763 de Paris. 

5. Châtelain, Paléographie des classiques latins, pi. XLVII. 

6. Châtelain, ibid., pi XLVI. 

7. Autrefois de Corbie ; Châtelain, Paléographie des classiques latins, 
pi. LIV, cf. p. 15. 

8. Châtelain, ibid., pi. La 2. 

9. Le ms du British Muséum, Additionat 10084, xi<^ siècle, dont une 
page a été reproduite en photogravure par M. Châtelain, pi. L a, 1° (cf. 
p. 30) n'a pas été examiné par M. Meusel. C'est un des mss. qui repré- 



Chronique. 97 

Observation fort intéressante : l'ancienne vulgate est le texte que l'es- 
pagnol Orose avait sous les yeux quand, au commencement du v<: siècle, 
il écrivait le sixième livre de ses Historiae advcrsiis pagaiios '. Au contraire, 
Priscien, au livre VII de ses hutitiitiones gravi))iaticac rédigées à Constanti- 
nople environ cent ans plus tard, s'est servi de l'édition corrigée par Julius 
Celsus Constantinus et par Flavius Licerius Firminus Lupicinus; un passage 
de César, livre V, c. i, fin du § 2 2, cité par Priscien, Institidiones gram- 
maticae, 1. VII, c. 75, est emprunté à cette édition. 

M. Meusel s'est attaché, entre autres détails curieux, à déterminer aussi 
exactement que possible l'orthographe donnée par César aux noms gaulois 
mentionné s dans le De bello gallico. Il avait commencé à traiter ce sujet en 
1886 dans les Jahrcsberichte des Philologischen Vereins ^11 Berlin, t. XII, 
p. 262-271 ; il l'a étudié plus complètement en 1894 dans le t. XX du 
même recueil, p. 214-398. La leçon de César, et la bonne leçon, ne sont 
pas toujours identiques. Les lecteurs du De bello gallico connaissent la leçon 
défectueuse Andes ou A)idi pour Andecavi « Angers » ; il y a des circons- 
tances dans lesquelles la défectuosité de la notation adoptée par César est 
certaine sans avoir une aussi grande importance. C'est ainsi que le grand 
capitaine a appelé Lexovii par un e dans la première syllabe les habitants de 
Lisieux, dont le nom est écrit Lixoviatis au singulier dans leur plus ancienne 
r.iOnnaie (Muret, n° 7141), et Lixovio[s] au commencement de la domi- 
nation romaine (Muret, nos 7157, 7159, 7163, 7165, 7166. La lecture Le- 
xovio, n° 7156, est douteuse). Il est clair que César aurait dû écrire Lixovii 
par un / à la première syllabe, mais il paraît certain qu'il a substitué un e à 
cet / Ce nom de peuple paraît dans cinq endroits : III, 9, 10; 11,4; 17, 3; 
VII, 75,3; dans les cinq premiers passages tous les mss. offrent e, dans le 
dernier 1'/ est spécial à l'édition corrigée. Donc l'orthographe Lexovii doit 
être respectée par les éditeurs, toute défectueuse qu'elle est ; telles sont les 
notations Haediii, Helvetii, par une /; initiale que César a écrite, bien que 
les Gaulois ne connussent pas cette lettre. 

L'édition corrigée offre la variante Lt'.to/'/V avec b au lieu de v. M. Meusel 
rejette ce b avec raison. Avec raison aussi il écrit Esiivii et non Esiibii le 
nom d'un peuple voisin des Lixovii ; de bonne heure, les scribes latins ont 
commencé à confondre le b et le v, à écrire par conséquent b quand il aurait 
fallu écrire v, — M. Meusel en a relevé un certain nombre d'exemples; — 
mais ils ont aussi écrit v lorsqu'ils auraient dû écrire b, en sorte qu'il peut 
être hardi d'affirmer avec M. Meusel que, des deux leçons Cavilloiitim et 
Cahillonum « Chalon-sur-Saône », la première soit la bonne. La leçon Ca- 

sentent l'édition corrigée, et il est au Musée britannique au moins depuis 
1840. List of additioiis to the mss. in tlie British Muséum in the years 
MDCCCXXXVI-MDCCCXL, London, MDCCCXLIII, p. no. 

1 . L'honneur de cette découverte revient à un professeur de gymnase, 
M. Rudolf Schneider, qui l'a exposée dans \qs Jahresberichte des Philologischen 
Vereins :(u Berlin, t. XI (1885), p. 1 51-173. 

2. Ici la correction paraît préférable à la vulgate ancienne. 



98 Chronique. 

hilhnum est celle qui au temps de l'empire romain a pour elle le plus d'au- 
torité '. Elle est justifiée par le rapprochement avec le nom d'homme Ca- 
hillo, que des inscriptions conservent. De ce que dans une inscription, repro- 
duite au tome I'^'' du Corpus inscriptionum laliuariim n° 607, on trouve au 
datif pluriel libertav[us] = Uhertabiis, et de ce qu'on a relevé d'autres exem- 
ples analogues, comme Favio zzi Favio, acervissimam = acerhissimam (H. 
Schuchardt, VokaUsmus des Vidgiir-lateins, t. I. p. 131; t. III, p. 67), 
Vivi = Vibi, génitif du gentilice romain Vibius (C. /. L., IV, 2953), etc., 
il ne faut pas conclure que libertavits, Faviiis, acervissima, Vivius auraient 
été écrits ou dictés par un auteur tel que César. 

Ces exemples suffisent pour montrer quel intérêt présentent pour les 
études celtiques les travaux de M. Meusel, soit qu'on adopte ses doctrines, 
ce qui est le cas le plus fréquent, soit qu'on en puisse contester le fon- 
dement. 

Je termine par une petite observation personnelle. Suivant M. Meusel 
(Jahresbcrichte, tome XX, p. 230), MM. Holder et d'Arbois croient que 
la finale as, à l'accusatif pluriel de certains noms de peuples gaulois chez 
César, est gauloise par a long et non grecque par a bref : M. Meusel a l'air 
de nous attribuer la paternité de cette doctrine qui est due à Ebel, Revue 
Celtique, t. II, p. 403 ; je crois comme Ebel que bien des Romains, sachant 
le grec mieux que le gaulois, prononçaient bref l'a de l'accusatif pluriel en 
as dans les thèmes consonantiques gaulois. J'ai développé cette doctrine 
dans la Revue Celtique, t. XIV, p. 252, 253. César prononçait-il Lingôms 
comme les Gaulois ou Lingônâs comme Lucain ? Je l'ignore. Mais il est 
inadmissible que César ait cru la déclinaison gauloise identique à la décli- 
naison grecque. S'il avait eu cette opinion, il n'aurait pas écrit à côté à'Al- 
lobrogas (I, 14; VII, 64), Allobrogibus (I, 6, 10, 14, 28 ; VU, 64), à côté de 
Liiigonas (I, 26), Lingonihus (VI, 44). On lirait dans les commentaires v^/- 
lobroxi, Liugosi. Les datifs- ablatifs pluriels en -bus des noms gaulois chez 
César sont une notation romaine des datifs-ablatifs pluriels celtiques en -bis. 
Comme l'accusatif singulier Allobroga de Juvénal, qui est dû à l'influence 
combinée delà déclinaison grecque et de l'accusatif pluriel gaulois, les accu- 
satifs pluriels en es de César sont dus à l'influence de la déclinaison latine 
et à celle de l'accusatif singulier gaulois en en ou in ; Atrebatein (V, 22) est 
la notation romaine d'un accusatif singulier gaulois Atrebaten, d'où l'accu- 
satif pluriel Atrebates (11, 4, 25). Je m'arrête, quand on parle de César et 
des Coijitnentaires, on pourrait ne jamais finir. 

II. 

M. Ferdinand Lot, avec son édition de la Chronique de Saint-Riquier 2 
qui se termine en 1104, nous transporte en un monde difi"érent de celui où 

1. A. Holder, Altceltischer Sprachschat^, t. I, col. 662. 

2 . Hariulf, Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier, Paris, Alphonse Pi- 
card, 1894, in-8, LXXiii-362 pages. 



Chronique. c)9 

César écrivait, mais il ne nous fait pas sortir de Gaule. Les noms d'hommes 
qui apparaissent dans cette chronique sont presque tous germains d'origine; 
un d eux, accompagné d'un surnom, résume l'histoire de la Gaule en deux 
mots: Ansehnus Cosdiiueiisis. [Anselmus, c'est « celui qui a le casque, hehn » 
des Anses, c'est-à-dire des grands dieux du panthéon germanique ; Cos- 
diinensis « de Coudun » (Oise), adjectif formé avec le suffixe -ensis qui est 
d'origine latine, atteste la puissante influence de la domination romaine qui 
a précédé la conquête germanique, mais cet adjectif dérive de Cos[s6]-danon, 
nom de lieu gaulois qu'on trouve aussi dans le département de l'Aube, 
où Cosdon est un écart de la commune de Paisy-Cosdon. Ce nom de lieu 
est un monument de la période celtique de notre histoire. 

Un autre nom de lieu gaulois est Lango-ratmit, probablement « forteresse 
de Langos ». Lamjos est un nom d'homme gaulois écrit Lagge au vocatif 
dans une inscription de Narbonne (C. /. L., XII, 4938). Dans Lango-ratum 
on peut reconnaître un synonyme de Latigo-briga, nom d'une station ro- 
maine d'Espagne sur la route de Lisbonne à Braga {Itincraire d'Aiitouin, 
521, 7) écrit Laiigo-bn'ca par le Géographe de Ravenne (307, 3). On trouve 
le premier terme lango- dans Aa^yo-iSpitat, nom d'un peuple d'Espagne 
mentionné par Plutarque, Vie de Sertorius, § 13 *. 

Deux noms de lieux sont des noms d'homme gaulois employés comme 
noms de fiuidi sous l'empire romain ; Caours, Somme, ccdesia Cadorcensis 
dans un diplôme de l'année 856, est un linciQn fiuidu s Cadurcus dont le pre- 
mier propriétaire s'appelait Cadurcus, parce que probablement il était de 
Cahors. Saint-Riquier s'est d'abord appelé villa Centula (p. 12, 13, 25), 
Centulus vicus (p. 16); c'est un antique f 11 tid us CintuUiis, dont le premier pro- 
priétaire s'appelait CintiiUiis. Le nom d'homme CiniuUiis est offert sous l'em- 
pire romain par des inscriptions recueillies dans l'empire d'Autriche, en 
Carinthie, près de Klagenfurt (C. /. L., III, 4944), dans l'Italie septen- 
trionale : à Vérone (C. /. L., 3361), près de Come (C. /. L., V, 5223), 
près de Milan (C. /. L., V, 5676), près de Novare (C. /. L., V, 6604); 
enfin en France à Nîmes (C / L., XII, 3944). Cintidliis écrit CeutiiUus, 
Centulus au moyen âge est un des rares mots gaulois qui ont continué à être 
employés comme noms d'hommes après l'empire romain, des comtes de Béarn 
et de Bigorre l'ont porté. Le plus ancien exemple de cet emploi moderne 
date du règne de Louis le Débonnaire, on le trouve chez Eginhard, An- 
nales, année 819, où il est question du gascon Lupus, fils de Centullus2. 
CintuUus paraît dériver du thème cintu- « premier ». 

L'abbaye de Saint-Riquier (Somme), qui date du commencement du 
vue siècle, doit sa fondation à un personnage appelé Richarius qui fut amené 
à la vie monastique par la prédication de deux moines ; l'un, breton, s'ap- 
pelait Chaydocus (p. 14, 15), Chaidocus (p. 76) ou Caydocus (p. 266), mieux 



1 . Edition Didot, p. 685, 1. 4$. 

2. D. Bouquet, t. VI, p, 178; Migne, Palrologia latina, t. 104, col. 
486 c; cf. Mas-Latrie, Trésor de chronologie, col. 1537, 1562. 



1 00 Chronique. 

Cadoc; l'autre était irlandais, son nom est écrit dans la Chronique, Fricorus 
(p. 76). Cette abbaye a donc une origine néo-celtique. 

m. 

Une des rares inscriptions celtiques de la Gaule est conservée en original 
au musée des Antiques de Dijon ', dont la Commission des antiquités de la 
Côte-d'Or vient de publier le catalogue en un beau volume in-4 de xxxii- 
389 pages, orné de 25 planches en photogravure. Parmi les bas-reliefs re- 
produits par ces planches nous signalerons le n° 78, pi. II, représentant 
trois déesses mères et provenant de Vertilliim, Vertault (Côte-d'Or), et les 
nos y^ et 80, pi. III, où l'on reconnaît le dieu au marteau accompagné 
d'une déesse. La plupart des noms d'hommes gaulois mentionnés dans ce 
volume ont déjà été publiés par l'abbé Lejay, Inscriptions antiques de la 
Côte-d'Or, 1889. Nous ne trouvons guère à signaler comme inédit que le 
nom de femme Sacriina, n° 244 ; mais il est intéressant de voir reproduites 
par de belles planches des inscriptions déjà publiées, comme la dédicace Deo 
Marti Cicolliti, n° 73, pi. VI ; Lejay, no 145 II serait bien à désirer que les 
antiques de tous les musées de province fussent l'objet de publications sem- 
blables. Celle-ci a pour auteur M. d'Arbaumont, qui a eu pour les inscrip ■ 
tions latines la collaboration de M. Cagnat, professeur au Collège de 
France. 



IV. 

Le catalogue du musée de Dijon nous fait connaître deux images du 
dieu au marteau (ou au maillet, comme dit M. S. Reinach) ; on trouve 
trente reproductions de statuettes de ce dieu aux pages 141-156 d'un ré- 
cent ouvrage publié par le plus fécond de nos archéologues contemporains, 
nous voulons parler du volume intitulé : Antiquités nationales. Description 
raisonne'e du musée de Saint-Germain-en-Layc . Bron:(es figurés de la Gaule ro- 
maine, par Salomon Reinach, in-8, xv-384 p., avec 535 figures intercalées 
dans le texte, et une planche. Ce livre est édité par la maison Didot. 
Bien qu'il ait pour objet l'étude d'un ensemble d'objets d'art tous contem- 
porains d'une époque où l'indépendance gauloise avait fait place à la do- 
mination romaine, il abonde en indications précieuses pour les études cel- 
tiques. Nous signalerons entre autres, d'abord, les quelques pages du 
préambule où l'auteur étudie l'art celtique avant la conquête romaine, en- 
suite le savant chapitre consacré (p. 137-200), aux divinités celtiques : le 
dieu au marteau ou au maillet que M. Reinach appelle Dispater, le dieu 

I . C'est l'inscription de la casserole dédiée par Doiros Segomari au dieu 
Alisanos, n° 445. La traduction est donnée d'après M. d'Arbois, dit le ré- 
dacteur Mais je ne suis pas tout à fait certain que ieuru soit la troisième 
personne d'un temps passé et non la première personne du singulier du pré- 
sent de l'indicatif. 



Chronique. loi 

Cernunnos, les dieux accroupis, les dieux cornus, le serpent à tête de bélier. 
Les connaissances générales que M. S. Reinach possède en archéologie 
donnent à ses travaux sur tout sujet spécial une ampleur que n'ont pas tou- 
jours les travaux des autres archéologues. A propos, par exemple, du dieu 
au marteau, il a fait des rapprochements fort instructifs, et on ne peut 
que trouver très séduisante sa doctrine, p. 166-167 : les attributs des 
DIEUX SONT DES FÉTICHES DÉCHUS, maxime certainement vraie en bien des 
cas. Enfin nous nous reprocherions de ne rien dire |ici des dix-sept san- 
gliers figurés aux pages 268-274; l'un, no 267, est un sanglier enseigne, 
qui a pu servir de drapeau à une armée gauloise. 

V. 

Le livre de M. S. Reinach est dédié à M. Alexandre Bertrand, conser- 
vateur du musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye ; 
M. S. Reinach a collaboré à un nouvel et savant ouvrage archéologique de 
M. A. Bertrand : Les Celtes dans les vallées du Pô et du Danube, Paris, Le- 
roux, 1894, VI1-241 pages et 115 figures intercalées dans le texte. L'objet 
de ce livre, fort instructif, quoique provoquant la controverse, est d'établir 
par les monuments figurés que vers l'époque où Rome fut fondée, au hui- 
tième siècle avant notre ère, la civilisation qui était maîtresse du bassin du 
Danube était identique à celle qui, à la même date, dominait dans le bassin 
du Pô, et que cette civilisation était celtique. Cette doctrine se rapproche 
sur un certain point de celle que j'enseigne ; elle en diff'ère radicalement 
sur un autre. Je crois qu'il fut un siècle où la civilisation celtique antérieu- 
rement établie dans le bassin du Danube est venue s'installer triomphante 
dans une partie du bassin du Pô, mais ce siècle est le quatrième avant notre 
ère et non le huitième. 

Suivant moi — et je ne crois pas être seul de mon avis — le bassin du 
Rhône et les côtes aujourd'hui françaises de la Méditerranée, sont restées 
ligures jusque vers l'an 300 avant J.-C. Q.uand, environ un siècle avant 
cette date, les Celtes ou Gaulois ont fait la conquête de l'Italie du Nord, ils 
y sont venus, non du bassin du Rhône, mais du bassin du haut Danube, 
où ils habitaient depuis un temps immémorial, quoique à cette époque ils 
occupassent déjà en partie les deux rives du Rhin : suivant Appien, copiant 
sans doute Fabius Pictor, les Gaulois qui prirent Rome sont : [lolpa. KeXtwv 
Twv à[JL?i -ov 'Pfjvov {De rehus Gallicis, c. 11, éd. Didot, p. 26, 1. i). Ils 
arrivèrent en Italie par VAlpis Julia i, c'est-à-dire par le nord-est, et non 
parle pays des Taurini, autrement dit par le nord-ouest. Tite-Live, V, 34, 8, 
a sur ce point comme sur bien d'autres réuni dans une seule narration deux 

I . VAlpis Julia était au temps de l'empire romain sur la route par la- 
quelle â'Eiuona, aujourd'hui Laibach, dans l'empire d'Autriche, enCarniole, 
on gagnait en Italie Aquilée, aujourd'hui une des possessions conservées 
par l'empire d'Autriche au sud des Alpes, et de là Milan. Voyez Itinéraire 
d'Antoiiiii, p. 558-560. 



1 02 Chronique . 

récits contradictoires ; l'un, primitif, parlait des saltiis Jtiliae Alpis, l'autre, 
plus récent, disait : pcr Tmirinos ; l'historien latin a écrit : per Taurinos, sal- 
tusqiie JuJiae Alpis ; et quand des critiques modernes, pour mettre Tite-Live 
d'accord avec lui-même, changent JuJiae en vkll'bm Dur iae, et font dire à 
Tite-Live ; per Taurinos saltiis, VALLEUgue Diiriac Alpis transcender unt, ou 
Alpes transcendernnt, au lieu de : per Taurinos, saltusque Juliae Alpis trans- 
cenderimt ', ils substituent arbitrairement leurs idées modernes à un texte 
antique, qu'ils devraient respecter d'abord et tâcher de comprendre ensuite, 
s'ils ont assez d'intelligence pour en venir à bout. 

Nous sommes donc, M. Bertrand et moi, d'accord sur un point : Les 
Celtes du bassin du Danube et les Celtes du bassin du Pô, c'est la même 
nation. Mais sur cet accord se greffe un dissentiment. Suivant M. Bertrand, 
et contrairement à ce que je crois, les Celtes du Danube ont, avant les 
Etrusques, occupé la vallée du Pô; quand, au cinquième siècle avant notre 
ère, les Etrusques dominaient dans l'Italie septentrionale, ils y étaient mêlés 
à une population celtique qui les avait précédés au moins dès le huitième, 
siècle. Mêles est. dit M. Bertrand, p. 46, la traduction que nous devons 
faire du participe présent moyen £-'.a.iyvj;j.£voi chez Polybe, II, 17, 3. Dans la 
traduction latine donnée par l'édition Didot, p. 80, ce participe présent est 
rendu par commercia cuni eis freqiientabant ; il s'agit des rapports que les 
Celtes eurent avec les Etrusques immédiatement avant d'envahir le bassin 
du Pô; au moyen, le verbe iTïttxtyvufii signifie ordinairement, en effet, 
comme on dit en allemand: Verkehr mit Einem hahen. Cette traduction que 
je prends dans le Griechisch-deiitsches Hand-worterbuch de Pape est rendue 
par « avoir des relations avec » dans le Dictionnaire grec-français de 
M. Bailly. Le contexte impose ce sens, puisque, dit Polybe, les relations 
dont il s'agit avaient pour cause le voisinage, TcapâOs^jiç 2, ce qui exclut l'habi- 
tation simultanée sur le même territoire ; d'autre part, £7:'.[j.îyvuu.£vot est un 
présent qui, s'il avait le sens de notre verbe « mêler », voudrait dire « se 
mêlant «, et ne renfermerait par conséquent aucune allusion à des faits 
plus anciens que la domination étrusque dans l'Italie du nord. 

Le sens proposé par M. Bertrand est donc inadmissible. Le verbe iT.\\tJ.- 
yvujxi au moyen a, dans ce passage de Polybe, le même sens que le verbe 
aua[jLiyvu[xt à l'actif dans le passage où Strabon, parlant de l'entrevue 
d'Alexandre le Grand avec les ambassadeurs celtes en 336, écrit : a'j;jL[i.TÇat 
TÔJ 'iVXsÇàv&poj Kê).-:oj; 3. 

Les Ombriens qui ont précédé les Etrusques en Ita ie sont des Celtes, 



. I . Vallenique Duriae Alpes dans Titi Livi ah urhe condita liber V jiïr den 
Sclmlgebraucb crklàrt von Franz Luterbacher. Leipzig, Teubner, 1887, p. 65. 
On lit vallenique Duriae Alpis dans l'édition de Tite-Live donnée par H.-J. 
Millier, à Berlin, chez Weidmann, t. II (1882), p. 201 : cf, p. 265. Vallem 
n'est dans aucun ms. Voyez édition de Weissenborn, variantes du t. I 
(1862), p. CXXVIII. 

2. 'B7:iaiyvu(jL£vot x.aià xrjv TiapaOsa'.v 

3. Strabon, 1. VII, c. 3, § 8; édition de Didot, p. 250, 1. 39. 



Chronique. loj 

prétend M. Bertrand ; et i! s'appuie, p. 77, sur l'autorité de M. Bréal qui 
lui a dit que des Celtes pouvaient avoir appris l'ombrien au sud des Alpes à 
une époque préhistorique, comme d'autres Celtes ont appris le latin au sud 
et au nord des Alpes après la conquête romaine ; mais si nous savons que 
les Romains ont conquis sur les Celtes la Gaule cisalpine et transalpine, 
aucun historien ne nous a raconté la conquête de l'Italie par les Ombriens 
sur les Celtes, et par conséquent ne nous a expliqué comment les popu- 
lations qui parlaient ombrien auraient pu être d'origine celtique. L'assertion 
de M. Antonius Gnipho : Galloruiii veterum propa^inem Umbros esse' 
manque de précision ; elle n'a pas plus de valeur ethnographique que les 
textes qui attribuent aux Belges une origine germanique. Les Belges ve- 
naient de Germanie, ils étaient Germains d'origine géographiquement et 
non ethnographiquement; peut-être M. Antonius Gnipho a-t-il voulu dire 
que les Ombriens venaient du nord des Alpes, c'est-à-dire du pays habité 
par les ancêtres des Gaulois, ses contemporains. Mais il est peu vraisem- 
blable qu'au temps de M. Antonius Gnipho, premier siècle avant J.-C, il 
ait existé une tradition sur l'origine de la nation que Pline appelle la plus 
ancienne d'Italie: Uiiihrorinn gens antiquissima ItaUae exislimatiir (IW, 112). 
D'ailleurs, on peut dire qu'en général l'opinion courante sur la descen- 
dance physique des populations de l'Europe est, et probablement a tou- 
jours été, sans valeur aucune. 

Les descriptions données par M. Bertrand des découvertes qui ont eu lieu 
dans les cimetières atîtiques sont pleines d'intérêt; il cherche à en tirer des 
idées générales, il a raison, seulement la concordance entre les faits qu'il 
signale et les faits observés par les linguistes est impossible à établir. 

Un Celte pour le linguiste est un homme dont, par exemple, l'idiome a 
perdu le p indo-européen ; quel rapport peut -il y avoir entre ce phénomène 
phonétique et la forme d'une épée ou tel usage funéraire ? Sur quel argu- 
ment s'appuiera-t-on pour démontrer que les guerriers incinérés à Sesto- 
Calende, près de Milan, au huitième siècle avant notre ère Cp. 52), que les 
gens incinérés à une date mal déterminée dans la nécropole d'Hallstadt en 
Autriche (p. 129) parlaient une l-^naue d'où le^ indo-européen avait disparu? 

Quand une langue s'empare d'un domaine géographique, c'est ordinai- 
rement le résultat d'une conquête militaire et politique. La langue du La- 
tium, ce petit pays, a des filles qui occupent aujourd'hui une grande partie 
de l'Europe, c'est le résultat d'une conquête faite les armes à la main et 
d'une domination administrative qui a duré plusieurs siècles. L'espagnol et 
le portugais, dialectes du latin, sont aujourd'hui les langues de l'Amérique 
du centre et du sud ; ce sont des guerres victorieuses qui ont donné aux 
langues romanes cet agrandissement de territoire. 

D'autre part, le latin maître de la rive gauche du Rhin et de la rive 
droite du haut Danube pendant des siècles a reculé sur ces deux points, et 
c'est devant la conquête germanique qu'il a battu en retraite. 



I. Solin, édition Mommsen, p. 37, 1. 9-10; cf. A. Bertrand, p. 75. 



104 Chronique. 

Au contraire les faits artistiques et religieux qui sont du domaine de l'ar- 
chéologie sont au moins fort souvent indépendants des événements mili- 
taires et politiques. 

De ce que l'art grec s'est établi en Gaule au premier siècle de notre ère, 
conclura-t-on qu'une armée grecque est venue conquérir la Gaule à cette 
date ? L'architecture gothique inventée en France au douzième siècle a été 
adoptée au siècle suivant par une grande partie de l'Europe : les cathédrales 
de Fribourg en Brisgau, de Vienne en Autriche sont des églises gothiques ; 
sera-t-on en droit d'en tirer cette conséquence qu'à la date où ces édifices 
ont été bâtis, Fribourg en Brisgau, Vienne en Autriche étaient compris 
dans l'Etat dont Paris est la capitale ? 

Du seizième siècle au dix-neuvième les modes changent, l'architecture 
italienne supplante l'architecture gothique dans la plupart des capitales eu- 
ropéennes. Que dirait-on si quelqu'un imaginait en conséquence d'avancer 
qu'alors l'empire romain d'Auguste et de Traj an était rétabli, ou que Saint- 
Paul de Londres étant une imitation de Saint-Pierre de Rome, est un mo- 
nument de la domination religieuse ou politique du pontife romain dans la 
capitale de l'Angleterre. 

due dire aussi des usages funéraires ? Quand la gens Cornclia, abandon- 
nant le vieil usage romain de l'inhumation, accepta l'usage grec de l'inci- 
nération, adopté déjà par le reste de l'aristocratie romaine, le latin avait-il 
cessi d'être la langue des Romains, les Grecs avaient-ils supplanté les Ro- 
mains dans le commandement des armées, dans le Sénat et dans les hautes 
dignités de la république romaine ? Et quand le monde romain, devenu 
chrétien, revint à ses habitudes primitives en prenant la coutume juive de 
l'inhumation, était-ce parmi les Juifs que se recrutaient les empereurs et 
les magistrats, l'hébreu était-il devenu la langue des Romains ? 

Pourquoi est-il impossible de soutenir au sujet: 1° de l'art grec dans la 
Gaule romaine, 2° de l'architecture gothique dans l'Allemagne du moyen 
âge ; 30 de l'art italien hors d'Italie dans l'Europe moderne, 4° des rites funé- 
raires à Rome, les thèses saugrenues que nous venons d'exposer ? Parce 
que les historiens contemporains : 1°, 4° de la république et de l'empire 
romain, 2° de l'architecture gothique du m03'en âge, 3° de l'architecture 
moderne, opposent à ces thèses leurs récits, concordant avec le témoignage 
des inscriptions. Qand il s'agit de l'Europe du Centre et de l'Ouest au 
huitième siècle avant J.-C., les archéologues croient pouvoir se donner 
libre carrière, parce qu'on ne peut leur opposer ni des historiens ni des 
inscriptions, qui à cette date n'existent ni les uns ni les autres. Mais ils 
s'exagèrent la valeur des documents dont ils disposent. De l'archéologie, il 
n'y a rien à tirer ni pour l'histoire politique ni pour l'histoire linguistique, 
ni pour l'ethnographie, quand on ne peut s'éclairer ni par le secours d'his- 
toriens contemporains ou à peu près des faits archéologiques, ni par la lu- 
mière éclatante que l'écriture des épitaphes, des dédicaces, etc., enfin des 
légendes monétaires, jette sur les monuments figurés et sur les peuples 
dont ces monuments conservent le souvenir. 

La diffusion de l'art grec sous l'empire romain, le succès de l'art go- 



Chronique. 105 

thique hors de France au moyen âge et le triomphe de l'art italien en Eu- 
rope aux temps modernes sont des sujets d'études pleins d'intérêt, sans 
qu'on y mêle des théories linguistiques, politiques ou ethnographiques ; 
pourquoi les archéologues qui s'occupent de l'Europe de l'ouest et du 
centre aux temps antérieurs à la domination romaine n'imitent-ils pas le sage 
exemple des archéologues qui étudient la même région à des temps moins 
anciens ? Voici notre réponse. Ceux qui créent une science nouvelle avec 
un véritable amour s'en exagèrent forcément l'importance. C'est une loi de 
l'esprit humain. Si ces érudits obéissent à cette loi, on ne peut sans injus- 
tice la leur reprocher bien vivement. L'amour ardent de la science chez le 
professeur et chez l'étudiant, — quand même cette passion les entraîne 
au delà de bornes que plus froidement ils respecteraient, — est la condition 
indispensable du progrès qu'au milieu de nos contradictions nous sommes 
tous d'accord pour chercher. 

VI. 

M. Kuno Meyer a traité un sujet moins émouvant et plus solide dans 
le petit in-4 de XV-103 pages, qu'il a intitulé: Hibernica minora, beitig a 
Fragment of an old-irish Treatise on the Psalter. Ce volume, publié à Oxford, 
Clarendon Press, fait partie des Anecdota Oxoniensia. Jexts, Documents and 
Extracts chiefly from mss. in the Bodkian and other Oxford Lihraries. Mediaeval 
and modem séries, part VIII. C'est à la bibliothèque Bodléienne d'Oxford 
que se trouve le ms. où M. Kuno Meyer a trouvé la principale base de 
son édition. Ce ms. est le no Rawhnson B. 512, de plusieurs mains, 
xive et xve siècle, et dont M. Whitley Stokes a donné une description dé- 
taillée dans la préface de son savant ouvrage : The tripartite Life of Patrick., 
p. xiv-XLV. A la page xxi, sous le no 25, M. Whitley Stokes mentionne: 
A tract on the Psalter dont il reproduit les premières lignes . Ce traité occupe 
trois feuillets : 45 rt-47 h ; il en manque la fin. Une copie du même frag- 
ment se trouve au Musée britannique dans le ms. Harléien 5280, fos 21 a- 
24b. Cette copie fort défectueuse date du xvi^ siècle, tandis que celle de la 
bibliothèque Bodléienne d'Oxford remonte au xv^ et vaut beaucoup mieux. 

L'intérêt de cette publication résulte beaucoup moins du sujet choisi par 
l'auteur du traité que des travaux personnels placés par l'éditeur avant et 
après le texte irlandais. M. Kuno Meyer prouve que les deux mss. procè- 
dent d'un original qui paraît remonter au viiie siècle ; après avoir re- 
produit la leçon fournie par le Rawlinson B 512, avoir donné en outre les 
variantes de Harleian 5280, il a essayé de restituer le texte primitif qu'il 
accompagne d'une traduction. Ce travail est un modèle offert à ceux qui 
cherchent à déterminer l'âge d'une composition irlandaise. En appendix, 
M. Kuno Meyer publie ce qu'il a trouvé de plus intéressant parmi les au- 
tres morceaux irlandais inédits que le ms. Rawlinson B 512 nous a con- 
servés. Nous citerons, p. ^1-64, une rédaction inédite de V histoire du cochon 
de Mac Dathâ. M. Windisch a publié ce récit légendaire dans ses Irische 
Texte,!, ■ç. 96-106, d'après trois autres mss. : 10 Livre de Leinster, p. iiib- 

Rtvue Celliqut, XVI. 8 



io6 Chronicjue. 

114a; 2° Trinity Collège Dublin, H. 3. 18, p. 743-748; 3° Musée Britan- 
nique, Harléien s 280, fo 40-42, jans se servir de celui d'Oxford ; et c'est 
d'après l'édition de M. Windisch que M. L. Duvau a fait la traduction 
contenue dans le Cours de Uttcrahire celtique, t. V, p. 66-80. 

On peut aussi remarquer la pièce dont le titre est Aided tri mac n-Diar- 
mata [Cerrhèoiï] « Meurtre des trois fils de Diarmait Cerrbêl », p. 70-75. 
Elle se trouve aussi dans le mss. Rawlinson 502, f. 73 Z» et 74/) ; elle 
manque dans Y Essai d'un catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 

VII. 

Comme le traité irlandais sur les psaumes, c'est au point de vue de la 
langue que sont instructifs les textes gallois publiés par MM. J. Morris Jones 
et John Rhys dans les Auecdota oxoiiiensa, Mediacval and modem Séries, 
part VI. Ils sont conservés par le ms. 119 de Jésus Collège, Oxford, 
xiv^ siècle, exactement 1346. Ce sont des documents ecclésiastiques chré- 
tiens, traduits du latin. Le morceau le plus considérable est VElucidariiim 
sive Dialogus de siimnia totius christianae theologiae, publié en 1854 dans la 
Patroîogia latiua de Migne, t. -172, col. 1108-1176, parmi les œuvres d'Ho- 
noré d'Autun et qui avaient été déjà imprimées cinq fois au moins, savoir : 
1° dans Divi Anselmi, Cantuaricnsis archiepiscopi, thcologi suc tenipore praes- 
tantissiïiii atq.ie celeherrinii, oiiiuia, quae supersunt opéra. Coloniae apud Ma- 
ternum Colinum, MDLXXIII, in-fol. t. III, p. 150-278; — 2° dans la 
réimpression de ce recueil à Cologne, apud Petruin Colinum, 1612, p 222- 
261; — 3' dans Saiicti Anselmi, ex Beccensi, Cantuariensis a.ixhit:piscopi, 
Paris, 1675, in-fol , p. 457-487; — 40 dans la réimpression de Paris, 1721, 
in-fol., aux mêmes pages; 5° dans la réimpression de Venise, 1744; — 
6° dans l'édition anglaise des œuvres de saint Lanfranc. Oxford (Paris), 
1844, in-8, t. II, p. 200-298 et suivantes. M. Morris Jones donne, p. 173-228, 
une septième édition qui serait plus commode s'il l'avait mise en regard du 
texte gallois, p. 3-76. 

Pour l'histoire du gallois, un manuscrit, daté du xiv"- siècle, est d'une 
grande importance. Les observations philologiques que M. Morris Jones a 
réunies dans l'introduction et dans les notes sont fort intéressantes. 

VIII. 

La collection des Auctores autiquissiini, qui fait partie de la série in-4 des 
Monumenta Germaniae historien, vient de s'enrichir d'un fascicule nouveau, 
publié par M. Mommsen, c'est la première partie du tome XIII, qui est 
lui-même le t. III des Clironica minora. Il contient les œuvres de Gildas et 
la composition attribuée d'ordinaire à Nennius. Désormais, le petit volume 
si commode : Nennius und Gildas ex recensione Stevenson, heraiisgrgeben von 
San Marte (A. Schulz), Berlin, Rose, 1844, in-8, devra être mis de côté, 
et on ne pourra plus citer que Mommsen, Chronica minora, t. III. 

Ce qu'il y a de plus nouveau dans l'édition de M. Mommsen, c'est que 



Chronique. 107 

pour Nennius l'éditeur a utilisé le ms. de Chartres publié par M. l'abbé 
Duchesne, Revue Celtique., t. XV, p. 175-180, et qu'en regard du texte 
primitif il donne la traduction en latin du remaniement irlandais fait au 
xi^ siècle par Gilla Coemain ; cette traduction a pour auteur M. Zimmer. 
Elle est exécutée d'après l'édition donnée par Todd en 1848 >. Reproduisant 
autant que possible les expressions et les tournures de phrase du texte 
établi par M. Mommsen. elle paraît du reste en générale exacte. On peut 
cependant y critiquer certains détails. J"ai examiné avec attention la partie 
qui se rapporte au fragment conservé p. 3 du Lehar un hUidre (écrit vers 1 100), 
et publié par M. Windisch, Kurigcfasste ■rische Graininatik, p. 124-125. Les 
mss. irlandais de ce document offrent quelquefois des leçons différentes. 
M. Zimmer tenait à ce que sa traduction ressemblât le plus que faire se 
pourrait au texte latin de M. Mommsen, et il a choisi les leçons en consé- 
quence. 

Ainsi le mot tuos, adjectif possessif qualifiant mcif^os chez M. Mommsen, 
p. 184, col. I, 1. 5, manque dans L. U., p. 3, col. i, 1. 2 (Windisch, 
p. 124, 1. 2), comme dans le Livre de Ballymote, fin du xiv^ siècle, p. 210, 
col. 2, 1. 38; on le trouve chez Zimmer qui, p. 184, col. 2, 1. 3, l'a inséré 
dans sa traduction sur l'autorité de Todd, p. 94, 1. 16, c'est-à-dire, je crois, 
du ms. H. 3. 17 du Collège de la Trinité de Dublin, où, p. 806-826, le 
Nennius irlandais a été transcrit vers l'année 14DO. Chez Todd, la leçon du 
d-drailhib « à tes druides » remplace la leçon dona[ib] druidib a aux druides » 
du Lebor im h-Uidre et du Livre de Ballvmote ; or, rien ne prouve que 
cette leçon mentionnée par nous la dernière, mais qui est celle du plus an- 
cien ms., ne soit pas la leçon primitive de Gilla Coemain, auteur de la ré- 
daction irlandaise. 

Après avoir en ce cas rejeté la leçon du plus ancien ms. par respect pour 
le texte de M. Mommsen, M. Zimmer la préfère dans un autre endroit 
pour la même raison. Les mots ocus feairl\b]ar « qu'on voie, qu'on re- 
garde » se rencontrent dans l'édition de Todd, p. 94, 1. 2:, et dans le 
Livre de Ballvmote, p. 210, col. 2, 1. 44 ; mais ils manquent dans le Le- 
bor na h-Uidre, p 3, col. i, 1. 10 (Windisch, p. 124, 1. 8) ; ils n'ont pas 
pénétré dans la traduction de M. Zimmer, p. 184, col. 2, 1. 11-12, parce 
que, dans le texte établi par M. Mommsen, p. 184, col. i, 1. 10, rien n'y 
correspond. 

Ces deux exemples sulîfisent pour montrer quel a été le système d'après 
lequel M. Zimmer a établi le texte irlandais traduit ensuite en latin par 



I. Leabh.xr breathnach annso sis. Tbe irish version of the historia Bri- 
tonum oj Nennius. Dublin, printed for the irish Archaeological Society. 
Dans le titre irlandais, miiiso sis « ci-dessous » traduit Vineipit des mss. la- 
tins, comme ailleurs corici sin rend Vexplicit des mêmes mss. Si nous sui- 
vions le système de Todd, nous mettrions le mot incipit en tête de nos 
éditions d'auteurs latins. Depuis longtemps on fait sur le continent l'éco- 
nomie de ces sept lettres. Je crois que c'est aussi une dépense dont la plu- 
part des auteurs anglais se privent. 



io8 Chronique. 

lui. Reste à dire un mot des passages interpolés où le texte latin a cessé de 
servir de guide au savant professeur de Greiswald. Prenons pour exemple 
l'endroit où il s'agit de la position des caisses mystérieuses dont Ambroise, 
le prodigieux enfant sans père, devine l'existence souterraine, inconnue 
aux Druides bretons. 

Le faciem in fade (hahentes) de M. Zimmer, p. 184, col. 2, 1. 11, traduit 
les mots inn-agaid a n-agaid de Todd, p. 94, 1. 21, à condition qu'on ad- 
mette que a n- soit uoe notation moderne de / n- « en » et qu'on ne lise 
pas avec une légère correction : / ii-agaid a n-agaid « en face [de toi] leur 
face «. Cette leçon rectifiée correspondrait exactement à celle du Livre de 
Ballymote, p. 210, col. 2, 1. 44: aii-agaid in-agaid « leur fiice en face », 
sous-entendu « de toi », et à celle du Lebor na h-Uidre, p. 3, col. i, 1. 10 
(Windisch, p. 124, 1. 7-8) : in agid t-agid « en face ta face, vis-à-vis de toi ». 
Si M. Zimmer, au lieu de copier Todd à la hâte, s'était donné la peine 
d'étudier un peu à fond son sujet — ce qu'il est certes capables de iaire — 
il aurait écrit par exemple /aaV»; suam contra te hahentes, ou, dans un latin 
plus littéral, /aaVm suam in facie tua hahentes, et il serait plus clair. 

Ce sont là des vétilles. Elles ne feront pas obstacle à ce que la traduction 
latine de M. Zimmer ne soit fort utile aux savants ou aux amateurs qu'in- 
téresse la littérature légendaire des Iles-Britanniques, et qui, sachant le 
latin, mais ignorant l'irlandais et l'anglais, ne peuvent dans l'édition de 
Todd lire ni le texte irlandais ni la traduction anglaise qui l'accompagne. 
Les textes irlandais n'ont pas toujours la bonne fortune d'être traduits avec 
V élégance fidèle du latin moyen-âgiste de M. Zimmer, ce vir et linguae rc- 
rumque Celtarum unice doctus, comme dit avec tant de compétence, p. 114, 
M. Mommsen, ce roi incontesté de l'érudition contemporaine. Toutefois, 
M. Mommsen, avec une bienveillante malice, ajoute à cette appréciation si 
légitime un élogieux correctif : sununo adeoque interdnm NiMio acuniine ins- 
tructus. 

IX. 

De l'uNiCE dodus de M. Mommsen, il y a deux traductions possibles. 
Cette formule peut signifier que M. Zimmer connaît les langues celtiques 
mieux que tous les celtistes contemporains, qu'il n'y a qu'un celtiste au 
monde, et que ce celtiste est M. Zimmer. C'est, je crois, le véritable sens ; 
mais un autre sens est aussi présentable, c'est qu'en dehors des langues 
celtiques M. Zimmer ne saurait pas grand'chose, ne saurait même rien; 
nous avons la preuve du contraire ; mais je ne suis pas sûr que M. Mom- 
msen, homme d'esprit comme on dit en français, comparant sa langue 
latine à celle qu'écrit M. Zimmer, ne se soit complu dans une amphibo- 
logie possible. En tout cas, je le déclare franchement, l'anglais de M. Lau- 
rence Ginnel, auteur du livre intitulé : The Bichon Laivs, me semble beau- 
coup plus littéraire que le latin de M. Zimmer. 

M. Ginnel est avocat et de plus irlandais, ce qui ne veut pas dire sans 
talent ; voici sa préface : 

(( Quand il y a quelque temps on vint à savoir que j'avais entrepris de 



Chronique. 1 09 

« faire des conférences sur les lois irlandaises devant la Société littéraire 
« irlandaise de Londres, un ami me félicita du beau sujet que j'avais pris 
« en main, et le même jour un autre me demanda pourquoi j'avais choisi 
« le sujet le moins intéressant qui fût au monde. » 

« A ces deux amis et aux deux classes d'hommes dont ils sont le type, 
« je dédie respectueusement ce petit volume. » 

La forme de cet ouvrage n'a rien de scientifique. On n'y trouve ni notes, 
ni renvois précis à aucun texte. L'auteur, comme la plupart des avocats 
anglais, connaît mal la littérature antique. Il n'admet pas qu'en Gaule les 
Druides aient présidé à des sacrifices humains, v C'est », dit-il, p. 4, «une 
évidente absurdité. « Il attribue à la littérature légendaire de l'Irlande une 
valeur exagérée : « On a », dit-il, p. 5, « établi la certitude de beaucoup 
« de faits qui ont dans l'histoire d'Irlande une importance fondamentale et 
« qui sont de trois siècles antérieurs à César. » • 

Mais M. Ginnel expose en général, d'une façon très'claire, le droit irlan- 
dais, et les points sur lesquels il me paraît se tromper sont peu nombreux. 
Je ne sais point par exemple sur quoi il se fonde, quand il prétend, p. 107, 
qu'il y avait dans la société irlandaise un groupe appelé sept, intermédiaire 
entre la famille, y?;/?, et ce qu'il appelle clan. Ce qu'il appelle dan est, je 
suppose, ce qui porte ordinairement le nom de tuath « état, cité, royaume » 
dans les documents légaux ; sept est un mot anglais, dont je ne connais 
pas l'équivalent irlandais ; et quant au mot dan, mieux dand, il n'est, ce 
me semble, employé dans le texte du Sendius Mo'r que pour désigner les 
fruits de la terre, t. III, p. 40, 1. 25 (cf. O'Donovan, Supplément à 
O'Reilly, au mot dann). M. Ginnel semble s'être laissé beaucoup trop ins- 
pirer par Sullivan qui traite la même question dans son volume d'intro- 
duction à O'Curry, On the Manners, t. I, p. Lxxviii, et qui, en sa qualité 
de « scientifique » comme nous disons, n'a pas compris grand'chose aux 
questions de droit irlandais qu'il a touchées. 

Je n'ai encore vu aucun texte prouvant que le gavdkind existât en 
Irlande (Ginnel, p. 129), au moins à l'époque où le Sendnis Môr nous fait 
remonter. A la page 105, M. Ginnel n'a pas compris comment il faut en- 
tendre les divisions de la famille, fine, irlandaise. 

J'ai autrefois, comme M. Ginnel, p. 28-29, pris au sérieux les indications 
chronologiques contenues dans l'introduction du Scudnis Môr, je n'y crois 
plus aujourd'hui. 

On pourrait adresser à M. Ginnel quelques autres critiques du même 
genre ; cela n'empêche pas que son livre ne soit généralement exact. Il est 
parfaitement clair. Les gens qui n'ont aucune notion générale de droit le 
liront sans difficulté, et s'ils sont capables de comprendre au droit quelque 
chose, ils pourront y apprendre beaucoup de choses qu'ils ne savent point. 

Cependant ce livre a un défaut qu'on peut reprocher à plus d'un autre 
ouvrage analogue composé dans les Iles-Britanniques. 

Les érudits qui s'occupent d'histoire du droit sur le continent ont, en 
général, au moins une certaine teinture de la législation savante dont les 
principaux monuments sont les compilations écrites par ordre de Justinien . 



110 chronique. 

Une partie de ces érudits, — je ne parle pas ici de Fustel de Coulanges, — 
ne se sont engagés dans l'étude chronologique du droit comparé qu'après 
avoir acquis des lois romaines une connaissance approfondie. En Angleterre, 
on paraît croire en général que, lorsqu'on veut écrire un livre sur l'histoire 
du droit, on a une préparation suffisante si l'on possède bien le droit cou- 
tumier d'après lequel les tribunaux anglais rendent aujourd'hui leurs juge- 
ments. Telle n'est pas hoti'è manière de voir. Voilà pourquoi les préfaces 
mises en tête de chacun des volumes des Ancicnt Latus of Iieland nous 
paraissent d'une excessive faiblesse qu'en Irlande on n'aperçoit pas. Telle est 
la raison aussi pour laquelle, à tort ou à raison, je n'apprécie que médio- 
crement un ouvrage dont le droit gallois a été l'objet il y a quelques années 
et dont, faute d'en contîa.ître l'existence, je n'ai rien dit quand il a paru: The 
ancieiit Laivs of Wale^è^ved especially in regard to the Light they throiv upon 
the Origin of sonie ei^Ê^Jmtitulions by Hubert Lewis of Middle Temple, 
edited by J. LloydfJ^^^Bfccturer in History and Welsh in the University 
Collège Aberystwj^^^Hon, EUiot Stock, 1892, in-8, xvi-558 pages. 
F. Walter, Dus 'ql^^^^^ n'est pas encore remplacé par un livre meil- 
leur, quoiqu'il ^^n^^^^^^^9. 




X. 

M. L. M.iril|iiB|maître de conférences à l'Ecole des Hautes Etudes, sec- 
tion des scienBjBeligieuses, vient de publier une brochure intitulée : La 
survivance de l'âme et Vidée de justice che^ les peuples non civilisés. A la page 2, 
il résume ainsi qu'il suit la doctrine qu'il prétend démontrer : « L'idée de 
« la survivance de l'âme apparaît le plus souvent dénuée de caractère moral, 
« et l'autre vie n'est que la continuation de celle-ci : le pays des morts est 
« fort semblable au pays des vivants, les mêmes habitudes y régnent, les 
« mêmes usages, le même genre de vie. L'autre monde n'est guère qu'un 
« double de ce monde où vivent les hommes, les méchants et les bons y 
« ont la même destinée. » Cette conception est, suivant moi, exactement 
conforme à la croyance celtique. Sans m'être entendu avec M. L. Maril- 
lier, que je n'avais pas l'honneur de connaître, j'ai en même temps que lui 
exposé à peu près la même thèse. On peut le voir dans le t. VU de mon 
Cours de Littérature celtique, qui vient de paraître à la librairie Thorin, 
avec ce sous-titre: Études sur le droit celtique, t. I. Cela veut-il dire que tous 
deux nous avons raison ? Je l'ignore. Le public savant jugera. 



XL 

L'article Irlande de la Grande Encyclopédie contient une partie historique 
développée (t. XX, p. 954-967). Elle est divisée en trois sections : 1° récit 
chronologique des événements politiques et militaires, 2° étude sur la 
langue et la littérature, 3° bibliographie. Ce travail, qui me semble fort 
bien fait, a pour auteur M. Ferdinand Lot. Dans la bibliographie, l'auteur 



Chronique. i i i 

signale un livre de M. Joyce dont la Revue Celtique n'a encore rien dit : A 
short History of Ireland, Londres, 1893. 

XII. 

M. A. Holder a fait paraître la sixième livraison de son Alt-celtischer 
Sprachschati, qui comprend les colonnes 1281-1536; elle commence au 
mot Diastullus et se termine au milieu de l'article consacré au mot Galata. 
Cet ouvrage, dont le premier volume semble près d'être achevé, peut 
rendre déjà d'immenses services qui seront plus grands encore lorsqu'il 
sera entièrement terminé. Je suis peut-être de tous les celtistes celui pour 
lequel il était le moins nécessaire, j'avais le projet de publier un livre sem- 
blable, quoique moins développé, qui est resté tout entier sur fiches ; 
l'œuvre de M. Holder est beaucoup plus complète que n'aurait été la 
mienne, elle est surtout maintenant bien plus commode à consulter que ne 
l'est mon recueil de cartes rangées dans des boîtes fort lourdes. Je vais 
donner deux exemples des résultats auxquels on peut arriver en combinant 
avec les matériaux classés par M. Holder d'autres matériaux, soit encore 
inédits à la date de son impression, soit restés en dehors des limites qu'il 
a dû se tracer. 

Aux col. 815 et 816, M. Holder mentionne le nom d'homme gaulois 
latinisé Carras, en Grande-Bretagne (York), employé comme surnom du 
dieu Mars en Gaule (Basses-Alpes) ; ce mot paraît identique à l'irlandais 
carr, au génitif cairr (Ancient Laivs of Ireland, t. I, p. 226, 1. 32; p. 228, 
1. 2), à l'accusatif pluriel carrii (ibid., p. 228, 1. 6), carra (ibid , p. 134, 
1. 32), qui veut dire « guerrier » ', et qui a un dérivé synonyme carrud 
(ibid., p. 124. 1. 8; p. 134, 1. 31). Le thème carro- du gaulois latinisé 
Carrus est le premier terme de plusieurs composés mentionnés par M. Hol- 
der, col. 810, 813. De ces composés, un est nom d'homme: Carro-talo-s, 
Besançon (Doubs), et de kmme Carro-tala, Le Châtelet (Meuse); un autre 
est nom de lieu, Carro-dUno-n, Bavière, Silésie, Croatie, Russie méridio- 
nale. J'étais encore il y a quelques jours désespéré de n'avoir pu trouver 
de Carro-duno-n en France, je viens d'en rencontrer un dans une charte 
de 997 publiée d'après l'original des Archives de la Manche par 
M. Bertrand de Broussillon, Cartnlaire de Saint-Michel de l'Abbayette, Paris, 
Picard, 1894, p. Il: Cardiin, aujourd'hui Ville-Chardon, commune de 
Landivy, Mayenne 2. Cardiin est mentionné par Cauvin, Géographie an- 



1. Carr apparaît avec sens de « javelot » dans les articles additionnels 
au Glossaire de Cormac, Whitley Stokes, Saiias Chorniaic, p. 47. Du guer- 
rier à son arme, ou de l'arme au guerrier, il y a la distance qui sépare le 
sens propre du sens figuré qu'on obtient par la métonymie. 

2. Landivy, vers 1060 Lan-degiiihii, est une fondation bretonne. On 
trouve dans le Cartnlaire de Saint-Michel de l'Abbayette d'autres noms 
bretons: Gurgor, Harcust, Main, Rivallon, Tehen, Urfoen. Une autre fon- 
dation bretonne dans le Maine était Mat-vaUis, id est Bona vallis donné par 



I 1 2 Chronique. 

cienne du diocèse du Mans, 1845, p. Lxxi et 109, et par Léon Maître, Dic- 
tionnaire topographiqiie du département de la Mayenne, p. 334'; mais aucun 
d'eux n'avait vu l'original, tous deux s'étaient contentés de reproduire la 
copie faite par D. Briant, bénédictin, mort en 17 16 après avoir composé 
l'ouvrage inédit intitulé Ceiioman[ii]ia, Bibliothèque du Mans, ms. no 226 
bis. En rapprodiant du texte, publié par M. Bertrand de Broussillon, le Trésor 
vieux-celtique de M. Holder, on voit jaillir la lumière, conmie l'étincelle 
quand avec le fer on frappe un caillou 2. 

Autre exemple : je préparais il y a quelques jours une leçon sur l'apo- 
phonie ou ahlaut dans les langues celtiques : un des exemples que je voulais 
citer était la racine dont la forme normale est derk, la forme fléchie dork, 
la forme réduite DrK, et qui signifie « voir «. Cette racine a été étudiée par 
M. Whitlcy Stokes, Urkeltischer Sprachschati, p. 148-149, et par M. Holder: 
col. 1266; cf. col. 1096, aux mots: Con-dercus, nom d'homme (Toulouse); 
Con-dercum, nom de lieu (Grande-Bretagne); col. 13 17, aux mots: Dre- 
cinus, nom d'homme (Poitiers), *dreco-. De la forme normale, Con-dercos, 
nom d'homme, est un exemple gaulois continental latinisé ; Condercum, 
mieux Condercus, sous-entendu fundus, est un exemple gaulois insulaire 
du même nom d'homme, employé adjectivement avec le sens géogra- 
phique ; con-derco-s est le substantif correspondant au verbe passif 1 -landais 
con-dercar « on voit ». Dans le verbe et dans le substantif, nous ayons le 
même thème con-derco-. Drecinus, dérivé de *dreco-, nous offre la forme 
réduite qu'on trouve aussi dans l'irlandais drech ^*drika, et dans le gallois 
drych = * drik-ho-s, tous deux signifiant « visage », « aspect », enfin dans 
le grec Bpaxtov « serpent », en français « dragon ». 

Et, me demandai-je, où trouver un exemple gaulois de la forme fléchie 
DORK qu'on trouve dans le grec ôsoopze « il a vu », ooç)y.oi.i « gazelle » 
(Curtius-Windisch, Grund:^ïge der griechischen Etyinologie, 5e éd., p. 134) ? 
Elle nous est offerte par le nom de lieu français « Condorcet » (Drôme), 
qu'illustra au siècle dernier le marquis Caritat de Condorcet, dont le nom 
d'un lycée de Paris consacre le souvenir encore populaire. « Condorcet », 

le roi Sigebert 1<^^ à l'abbaye de Saint-Médard de Soissons, Vie anonyme 
de saint Méddrd, ix^ siècle, D. Bouquet, t. III, p. 454 a. 

1. Au mot VILLE-CHARDON. Curdun manque à la Table des formes an- 
ciennes, p. 341. 

2. Depuis que ces lignes sont écrites, M. Longnon m'a signalé un autre 
exemple de Carro-dimo-n qui, s'il n'est pas français comme Ville-Chardon, 
appartient à la Gaule, c'est Karden sur la Moselle, Prusse Rhénane, cercle 
de Cochem, régence de Coblenz. Karden était au ix'-' siècle Caradona, dans 
le diocèse de Trêves, comme on le voit chez Thégan sous la date de 836, 
dans le ms. de la Bibliothèque impériale de Vienne, histoire profane, n" 832. 
Monuwenta Germaniae historica, in-fol. Scriptorcs, II, 603, 29; Migne, Pa- 
trologia latina, t. 106, col. 429 a; D. Bouquet, VI, 85,0. Osterley, i//.y/û- 
risch-gcûgraphisches Woerterbuch, p. 332. Carden était chef-lieu d'archidia- 
coné. Desnoyers, dans V Annuaire de la Société de l'Histoire de France, 1859, 
P- 27. 



Chroni(]iie. i : 3 

qui s'est appelé Conâorces pendant les derniers siècles du moyen âge et les 
premiers temps de l'époque moderne, était en 998 le Castrinn Coiidorcense ' -. 
Le castrum Condoneuse avait été bâti sur l'emplacement d'un * ftiiidus Con- 
dorcus, c'est-à-dire d'une propriété cadastrée pendant l'empire romain sous 
le nom d'un Gaulois appelé * Condorcos. * Coiidorais est à Cotidcrcus ce 
qu'est Sc'pxotjia'. « je vois », à o£Oop/a « j'ai vu ». 

La géographie de la France offre un autre exemple de la forme fléchie 
V^ DORK de\/~DERK, c'est Dorche, commune de Chanay (Ain), ancienne 
paroisse, pour laquelle Guigne, Topographie historique du département de 
l'Ain, p. 135, a trouvé la vieille forme Dorcha = * villa Dorca, propriété 
Aq* Dorcos. Quant à la forme normale, Dercé (Vienne) et Dercy (Aisne) 
attestent l'existence d'un nom de lieu *Dirciacus [fundus] dérivé du genti- 
lice * Dercius qui veut dire « fils de * Dercos ». * Dercos « celui qui voit », 
est le masculin de l'irlandais dcrc « œil » zzi * derca « celle qui voit ». 

En donnant ces exemples qui ne sont pas empruntés à VAltceltischer 
Sprachschat:(_, je n'entends en aucune façon critiquer le travail de M. Holder. 
M. Holder, d'après son programme, devait prendre l'année 734 pour limite 
de ses recherches; je veux au contraire montrer à quels résultats peut con- 
duire l'emploi de son savarît et utile ouvrage, qui fera date dans l'histoire 
des études celtiques presque autant que la Granimatica celtica: comme le 
livre de Zeuss, il est susceptible de nombreux développements, il est, comme 
on dit, suggestif; ce n'est pas un défaut, c'est un mérite. 

XIIL 

M. John Rhys, dont les lecteurs de la Revue Celtique regrettent de lire si 
rarement la prose, vient de publier sur la langue celtique parlée dans l'île 
de Man, un ouvrage dont M. G. Dottin m'a remis un compte rendu qui 
paraîtra dans la prochaine livrai-son : The Oiitliiies of thc Phonology of Manx 
Gaelic. Douglas, isle of Man. MDCCCXCIV (included in vol. XXXIII of 
the Publications of the Manx Society). In-8, xin-183 pages. 

XIV. 

L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans sa séance du 28 dé- 
cembre dernier, a élu correspondant à Leipzig M. E. Windisch. 

H. d'Arbois de Jubainville. 
Paris, le 1 5 janvier 1895. 



I. Brun-Durand, Dictionnaire topographiqnc du départenicnl de la Drônie, 
p. 109. 



PÉRIODIQUES 



I. 

Annales de Bretagne, juillet 1894. — P. 528-529. Liste des Irlandais 
établis à Nantes en 1756, publiée par M. Parfouru. - P. 550-578. Nomen- 
clature des paroisses composant l'ancien diocèse de Nantes, dressée par 
M. Léon Maître, qui donne les exemples les plus anciens de disque nom. 
A signaler comme témoignages d'une occupation bretonne les no^ns d'ori- 
gine gallo-romaine qui suivent : Asserac, Avessac, Escoublac, Herbignac, 
Marsac, Masserac, Missillac, NisiUac, Piriac (Pen-Cariaci), Severac, Te- 
hilliac, qui s'opposent aux noms traités à la façon romane ; Auverné, Bé- 
ligné, etc. Bonœuvre = * Bonô-brfga. — P. 579-601, M. Le Braz continue 
son savant mémoire : Les saints bretons d'après la tradition populaire. — 
P. 611-631. Recueil d'exemples de morceaux poétiques gallois composés 
d une seule strophe, et qu'on appelle au singulier pennill, au pluriel pen- 
nillwn. M. Loth qui publie ce recueil, joint pour quelques morceaux la 
musique aux paroles. — P. 632-633. Le même M. Loth signale d'après le 
Cartulaire de l'Université de Paris et d'après Rutebeuf l'usage où l'on a été 
à Paris, pendant le xii^ et le xiii^ siècles, de plaisanter les étudiants gallois 
sur leur croyance nationale au retour du roi Arthur. — P. 634-635. Il 
rapproche une fable bretonne « Olivier et Alanic », d'une fable gaélique 
d'Ecosse « Le Coq et le Renard «. 

Novembre 1894. — P. 39. Suite des intéressantes recherches de M. Le 
Braz sur les saints bretons d'après la tradition populaire. — P. 65. M. Le 
Carget publie une légende du Capsizun qui nous présente le nom du roi 
Grallon comme un composé de deux termes : le premier terme serait cran, 
nom donné en Bretagne à la racine de la fougère, le second serait Ion « en- 
fant ». Cette explication montre que dans le monde celtique les Irlandais 
n'ont pas eu le monopole des étymologies fantastiques dont le Dindsenchiis 
offre une si jolie collection ; mais elle a un autre intérêt, c'est de nous 
donner le sens du mot breton cran et de montrer que ce mot ne peut être 
considéré comme une variante de prenn « bois » M. Loth a proposé une 
explication de Grallon, Chrestomathie bretonne, p. 133, 146. La plus an- 
cienne forme de ce mot paraît avoir été en breton Gral-lon, en gallois Grat- 
laun; le second terme semble identique à l'adjectif breton Iciin, gallois /atu« 



Périodiques. 1 1 5 

« plein ». Le premier serait, suivant M. Loth, le substantif gallois gradd 
« degré, rang », venant du latin gradus. Pourquoi pas plutôt le substantif 
coxv\\(\\i& grath « grâce », du h\X.m gratiis ? — P. 66. Remarques sur la vie 
de saint Teliau d'après le livre de Llandaf. Ces notes dont l'auteur est 
M Loth sont fort intéressantes. M. Loth y explique par exemple comment 
le nom d'homme El-iiid a une variante hypocoristique T-cl-iaii ou El-iau ; 
comment M-aid-cc est le même personnage que Aid-amis, etc. Ici M. Loth 
marche sur les traces de M. Zimmer, qui a eu le mérite d'appliquer avec 
intelligence aux noms d'homme celtiques une doctrme établie antérieure- 
ment pour les noms d'homme germaniques', et qui, émettant dans une 
certaine mesure une doctrine nouvelle, a trouvé juste, sans mériter ici la 
critique de M. Mommsen : interdum nimio acinniiie instnictus. En effet in- 
tcrdiim et « toujours » ne sont pas synonymes. 

IL 

Zeitschrift fur das Gvmnasi.\l-wesen. — Quarante-huitième année, 
tome vingt-huitième de la seconde série. — P. 198. Mémoire de 
M. Momtnsen pour servir à l'établissement du texte du De hcUo gaUico. Le 
savant auteur propose, p 200, de lire en deux mots, 1. I, c. 10, § 4, Grai 
Oceli, les Grai à'Ocelum au lieu de Graioceli en un mot. Suivant lui, 
p. 209-210, le nom de lieu écrit dans les mss. de: Meclodone, Melloduniim, 
Melkduniim, Mellosedum, Metioseduin, doit avoir été écrit par César Meclo- 
diiumu. M. Mommsen s'appuie sur le témoignage de l'Itinéraire d'Antonin, 
de la Table de Peutinger, des mss. de Grégoire de Tours, enfin de la 
lettre adressée vers l'an 540 par Léon, archevêque de Sens, à Childebert, 
roi des Francs, pour s'opposer à l'érection d'un évêché à Mekm. Cette 
lettre a déjà eu au moins sept éditions (Pardessus, Diphviata, t. I, 
p. 100). On peut voir l'édition de Grégoire de Tours par Ruinart. p. 1328 
(Migne, Palrohgia latiua, t. LXXI, col. ii^S-i 159) et celle de D. Bouquet, 
t. IV,- p. 60. Evêque de Melun y est dit Medcdoninsim episcopum, Melun y 
est appelé à l'ablatif Meclcdoiw. A ces exemples cités par M. Mommsen on 
peut joindre la légende monétaire Meclidone, Meckdone, Prou, Catalogue des 
vioiuiaics de la Bibliothhjue nationale. Les Monnaies mérovivgiennes, p, 151, 
132. — P. 214. Le mémoire de M. Mommsen est suivi d'un travail de 
M. Meusel sur le même sujet. Nous en avons déjà parlé, p. 97, à propos 
de l'édition de César due au savant auteur. Mentionnons ses corrections : 
Atuatiici pour Adiiatuci, Andehrogitis pour Aiidecoinbogiiis, Rauraci pour Rau- 
rici, Veragri pour Varagri, Troiicillus pour Procilliis. Devront-elles toutes 
être acceptées? C'est ce dont l'avenir décidera. 



I . Zur Personennamenhildvng ini Irischen, dans la Zeitschrift fïtr verglei- 
chc-nde Sprachforschiiug, t. XXXII, p. 1 58 et suivantes ; cf. RiTiie Celtique, 
t. XIII, p. 294. 



ii6 Périodiques. 

III. 

Indogermanische Forschungen, t. IV. — p. 84-85. M. R. Thurneysen 
explique * Litavia, en bas-latin Letavia, en vieux-gallois Litaii, aujourd'hui 
LJydaiv, en irlandais moyen Letha, nom donné à la Gaule par les Celtes des 
Iles-Britanniques. C'est le même mot que le sanscrit prthivT, un nom de la 
terre. On peut ajouter que prthiin a. un doublet ^r//;m-5, identique au nom 
divin Litavi-s (Lejay, Inscriptions antiques de la Côte-d'Or, nos 203, 204, 
206), d'où Litaviccos, et Con-victo-litavis, noms d'hommes gaulois chez 
César, De I eUo gallico. — P. 264-294. Les labiovélaires (d'autres disent 
gutturales vélaires) moyennes non aspirées et moyennes aspirées en celtique 
par M. Osthofï, travail très important et qui touche à trop de questions 
pour que l'on puisse en discuter ici la valeur. Suivant M. Osthoff, la gut- 
turale vélaire movenne non aspirée devient toujours /' en celtique (p. 265), 
et la gutturale vélaire aspirée devient en celtique toujours o-, jamais h (p. 268). 
On a tort, par exemple, de rattacher Imiiin « je frappe », à la même racine 
que guin « blessure », ::=goni, en grec so'vo; « meurtre » (p. 2; 3), etc. — 
P. 294-299. Etude sur les noms de nombre irlandais par M. Windisch. 
L'auteur explique par viros, viri « homme, hommes », la finale -ar, -er, 
-hor, des substantifs masculins ôinar, triar, cctlirar, côiccr, sesser, ochtar, 
nonbor, dccheiibor, tirés des noms de nombre i, 3,4, 5,6, 8, 9, 10. Les 
noms de nombre « deux » et « sept » ont échappé à cette formation. 

IV. 

The Journal of the Royal Society of Antiq.uaries of Ireland, 
vol. IV, part 3 et 4. — P. 209. Suite du mémoire de M. Robert Munro 
sur les habitations lacustres d'Irlande. On sait qu'en Irlande ces habitations 
ont continué à être occupées dans la période historique et même jusqu'à 
une date récente. — P. 232. Notice sur les antiquités de Tara, vieille capi- 
tale de l'Irlande, qui fut abandonnée et cessa d'être habitée dès la seconde 
moitié du vi^ siècle. Deux plans y sont joints. Ce .sont ceux qu'on trouve 
dans le mémoire de Pétrie sur Tara. Le Rév. Murphy, auteur de la notice, 
a ajouté aux plans de Pétrie diverses indications que ne donne pas l'auteur 
primitii. — P. 256. Dissertation de Miss Hickson à propos du passage de 
Ptolémée : Aoùp ro^a^oj b.ôoXai, 1. II, c. 2 (Irlande), édition Mùller, t. I, 
p. 76, 1. 6. M. Joyce, The Origin and History of irish Naines of Places, t. II, 
p. 403, dit que, suivant O'Reilly, dur signifie « eau », mais, ajoute-t-il, je 
n'ai jamais rencontré dans aucun texte irlandais le mot dur avec le sens 
d'eau. Ce mot employé adjectivement a un sens établi par de nombreux 
témoignages, c'est « fort », ou si l'on veut avec O'Clery « dur, rude, diffi- 
cile », crûaid no doilidh, par exemple dans le composé que l'on note au- 
jourd'hui dur-las ou dur-less, plus anciennement dur-lis « fort-château » 
(c'est-à-dire château difficile à prendre). Telle est l'explication de ce com- 
posé chez Joyce, The Origin and History oj irish Nantes oj Places, t. I, 
5*^ édition, p. 274 ; comparez la notation diir-hiis dans le Glossaire de 



Périodiques. 1 17 

Cormac au mot Foi. Miss Hickson croit avoir trouvé un exemple moderne 
de dur avec le sens d'eau, c'est Moyâcr-iuell « source de Magh-dur » à 
Tralee, en Munster, comté de Kerry. Mais Magh dur peut être simplement 
le nom du champ où la source jaillit et signifier « champ rude, difficile à 
labourer ». Quant au Aojp de Ptolémée, signifie-t-il « eau »? Peut-on af- 
firmer que les nombreux noms propres de rivière d'Irlande aient été tous 
à l'origine des noms communs signifiant eau ? Sur le sens du mot dur 
le plus sage est de s'en tenir à l'opinion exprimée par M. Joyce, t. Il, 
p. 403, citée plus haut, et de rejeter une seconde opinion de M. Joyce, 
ibid., p. 404, suivant laquelle Paraiste Dhâire signifierait « paroisse de 
l'eau ». Le vrai sens paraît être « paroisse de la forteresse ». Le mot dur =: 
dUr-os, cf. Octo-dur-us chez César, De hello gaJlico, est dans cette formule un 
substantif neutre employé au génitif: dàire zn: dUr-es-os, tandis que dans 
Magh-dur = »iagos dïïro-ii, et dans Dur-las, Dur-kss, dur est la notation 
moderne d'un thème dûro- employé comme adjectif. — P. 271. M. S.-K. 
Kirker compare d'anciennes forteresses grecques avec îles forteresses irlan- 
daises. — P. 292. Découverte d'une inscription ogamique inédite à Gur- 
rane, comté de Kerry : DunieJi viaqi Glasiconas « [Tombe] de Dumelos, fils 
de Glasicu ». — P. 315. Fouilles du Rév. Q..-K Buick dans le cfauiwg (ha.- 
bitation lacustre) de Moylacq. — P. 349. Recherches sur l'origine de l'or- 
nementation préhistorique en Irlande par M. George Cofïey. M. Coffey 
conteste les doctrines exposées par M. S. Reinach dans son savant mé- 
moire : Le Mirage oriental, dont la Revue Celtique a rendu compte, t. X'V, 
p. 228-231. Suivant M Coff'ev, la spirale, cet ornement celtique d'usage si 
fréquent, appartient à la civilisation mycénienne, et son origine doit être 
cherchée en Egypte. — P. 380. Mémoire de Miss Margaret Stokes sur un 
usage funèbre irlandais au comté de Wexford. Les principaux personnages 
qui suivent un enterrement portent chacun une croix de bois et ils suspen- 
dent ces croix à un arbre du cimetière. 

V. 

Transactions of the Gaelic Society of Inverness, vol. XVIII, 1891- 
1892. Inverness, 1894, in-8, xvi-384 pages. — Nous signalerons dans ce 
volume, comme dans le 'précédent, ce qui se rapporte aux sujets traités 
jusqu'ici dans la Revue Celtique: P. 79, Mémoire de M. Alex Macbain sur 
le dialecte gaélique de Badenoch. — P. 183. Etude de M. Mackay sur des 
noms de lieu recueillis dans les paroisses de Kil-donan (Cella Doitani) et de 
Reay (Rdth) comté de Sutherland : les montagnes s'appellent : Beiin 
« corne », ciioc « bosse », nieaU « boule, masse, colline », avec addition 
d'un second mot, adjectif ou substantif déterminant, placé après Beiiii, ctioc, 
meall, d'où résulte un composé syntactique ; les composés anciens, c'est-à- 
dire asyntactiques, où le déterminant est placé le premier, font défaut. Les 
noms de lac, loch, de rivière, ait, de champ, achadh, sont formés de même 
à la manière moderne. — P. 97. Recueil de formules magiques, textes 
gaéliques, recueillis par M. Mackenzie, dans les Hébrides; on trouve encore 



1 1 8 Périodiques. 

dans ces îles la croyance au ^eis ou enchantement prohibitif irlandais, un 
homme peut être fo-gheasaib. On y appelle orra chiviiais l'enchantement 
irlandais qui rend les maris impuissants et sur lequel on peut consulter 
le Sencbus- Môr (Ancient Laws of Irelaud, t I, p. i8o, 1. 27-28) Mais la 
plupart des incantations colligées par M. Mackenzie sont chrétiennes. 
— P. 267. La géographie de l'Ecosse chez Ptolémée par M. A. Mac- 
bain, avec une carte. M. Macbain a pris pour base l'édition de Mûller, 
Paris, Didot, 1883. La conclusion de ce mémoire est, — contrairement à 
la doctrine de M. J Rhys — que les noms de lieux et de peuples de l'Ecosse 
antique connus par Ptolémée sont indo-européens, — celtiques du groupe 
brittonique, — et que par conséquent il n'est pas exact que les Pietés soient 
anaryens. — J'oubliais, p. 8, un mémoire de M. Norman Matheson sur la 
croyance aux esprits et aux apparitions dans l'île de Skye ; et, p. 229, une 
étude de M Charles Fergusson sur l'histoire priniitive, les légendes et les 
traditions de Strathardle. Cette étude a été commencée au t. XVII du 
même recueil. 

A ce t. XVIII est joint le prospectus d'un Etymologkaî DicHonary of the 
gaelic Langiiage par M. Alexander Macbain. Le spécimen de la page 4 est de 
nature à faire bien augurer de i^ouvrage dont le prix sera très modéré, 
7 shillings 6 pence. La souscription est ouverte chez M. Robert Livingson, 
à Inverness. 

VI. 

Zeitschrift der Savigny-Stiftuxg fur Rechtgeschichte, t. XV, pre- 
mière livraison, Roiinmistiche Abthciliiiig, p. 209-240. — Article de M. Zim- 
mer intitulé : « Le droit maternel chez les Pietés et son importance pour 
« l'histoire de l'antiquité aryenne » Dans ce travail M. Zimmer détend, 
contrairement à l'opinion de M. Macbain, la doctrine de M. J. Rhys sur 
l'origine anarienne des Pietés. On- sait que les Pietés apparaissent pour la 
première fois en 296 dans un panégyrique anonyme prononcé a Trêves de- 
vant le César Constance Chlore, père de Constantin. Comme les Francs, 
dont il est pour la première fois question eij 240, ils semblent être une coa- 
lition de petits peuples confédérés contre la puissance romaine. Mais leur 
nom, moins heureux que celui des Francs, disparaît de la géographie poli- 
tique vers l'année 900 ; le nom des Scots ou Irlandais s'introduisit dans la 
région septentrionale de la Grande-Bretagne vers l'an 500, quand la tribu 
irlandaise ou scoie de Dalriada passant la mer vint s'étabUr au territoire qui, 
dans l'Ecosse moderne, forme le comté d'Argyll, et peu après cette tribu 
envahissante devint dominante dans tout le pays voisin, d'où le nom 
d'Ecosse, Scot-laucl, porté officiellement depuis la fin du xi^ siècle par la 
vaste circonscription territoriale qui comprend tout le nord de la Grande- 
Bretagne. 

Les peuples dont l'association forma la confédération des Pietés nous 
sont connus principalement par Ptolémée, livre II, c. 3,§ 5 et suivant. Une 
partie de leurs noms est certainement celtique, comme le montre M. Mac- 
bain. Un de ces peuples s'appelait Cakdonii, et nous savons par Dion 



Périodiques. 1 19 

Cassius comment s'appelait un Calédonien du temps de l'empereur romain 
Septime Sévère (193-21 1). Le nom de ce Calédonien était Argento-coxo-s 
« au pied d'argent », mot évidemment celtique. Un siècle après, Argento- 
coxos aurait été Picte. Les Calédoniens avaient, paraît-il, de fort mauvaises 
mœurs, celles qu'une partie de notre littérature nous attribue, et celles 
qu'attribuerait aux Anglais et aux Irlandais de nos jours un voyageur qui 
jugerait des deux nations d'après les femmes qu'on rencontre le soir dans 
les rues de Londres et de Dublin. Dion Cassius raconte que l'empereur 
Septime Sévère, mort en 211, fit une loi contre l'adultère, et que d'après 
les registres officiels vus par lui pendant un de ses consulats, le nombre des 
procès criminels faits pour adultère sous le règne de ce prince fut de trois 
mille. L'impératrice Julia Domna, femme de Septime Sévère, reprochait un 
jour à la femme d\4rgeiito coxos son inconduite notoire. « Je fais publique- 
ment avec des gens distingués, » répondit la Calédonienne, « ce que vous 
autres dames romaines faites, en vous cachant, avec des malotrus » ' . Les 
dames calédoniennes avaient en général, suivant Dion, les mêmes mœurs. 
La règle c< pater is est qitcm luiptiae deniônsirant » pouvait donc souvent 
sembler peu digne de respect De là l'usage picte que rapporte Bède qui 
écrivait en 731, c"est-à dire à une date où les Pietés avaient encore leur au- 
tonomie. Suivant cet auteur, les Pietés arrivant de Scythie se rendirent 
d'abord en Irlande ; repoussés par les Scots qui les avaient précédés dans 
cette île, ils allèrent s établir dans la partie septentrionale de la Grande- 
Bretagne, et, n'ayant point amené de femmes avec eux, ils épousèrent des 
Scotes. Mais ces Scotes ne leur furent données en mariage qu'à une condi- 
tion, c'est qu'en cas de doute, iihi res pervenirel in diibium, ils éliraient, eli- 
gereiit, des rois pris dans la ligne féminine plutôt que dans la ligne mascu- 
line ; tout ceci est légendaire. Mais, ajoute Bède, les Pietés ont jusqu'ici 
observé cet engagement. Donc, en cas de doute, les Pietés prenaient leurs 
rois dans la ligne féminine 2. Si deux frères utérins étaient sûrs de leur pa- 
renté, l'idée de frères consanguins devait souvent chez eux être accom- 
pagné d'un point d'interrogation. Suivant M. Zi.nmer, ce texte constate 
« le droit maternel », vmtterrecht. Mais il ne s'agit pas d'un « droit », 
puisque le roi était électif: eligcient, et non héréditaire; il n'est pas question 
d'un « droit maternel » exclusif du droit paternel, puisqu'on ne s'adresse à 
la ligne maternelle que si la ligne paternelle est douteuse, c'est-à-dire si son 
existence ne peut être prouvée, autrement dit si juridiquement la ligne pa- 
ternelle n'existe pas. C'est à peu près la doctrine qu'on trouve dans les plus 



I. Dion Cassius abrégé par Xiphilin, livre LXXVI, c. 16, § 4 et 5 ; 
édition d'Immanuel Beeker, t. II, p. 4o:;-403 ; cf. livre LXXVI, c. 12, §2; 
ihid., p. 400. A comparer Solin édition Mommsen, p. 235, 1. 6-10, où il 
s'agit du roi des Ehitdcs iiisiilac. 

2 Bède, Historia ecdesiastica, 1. I, c. i ; Migne, Patrohghi latina, t. 95, 
col 26. Il n'y a aucune importance à attacher aux textes irlandais, qui'ré- 
pètent la doctrine de Bède en l'exagérant, à une date où depuis longtemps 
le royaume picte avait cessé d'exister. 



1 20 Périodiques. 

anciennes rédactions de la loi salique au chapitre LXII : Si le défunt ne 
laisse ni père, ni mère, ni frère, ni sœur, dit ce document germanique, on 
appellera à la succession d'abord la sœur de la mère, à son défaut la sœur 
du père, et, à défaut de celle-ci, les collatéraux de la ligne masculine autres 
que le frère. Le droit de la sœur de la mère sur la succession du mort, par 
préférence aux collatéraux autres que le frère, est un droit maternel bien 
plus clair que ce dont parle Bède et cependant le considère-t-on comme 
une preuve que les Francs auraient été anaryens ' ? Au ix^ siècle, nous 
voyons déjà une dynastie scotc, autrement dit irlandaise, régner sur les 
Pietés. Kenneth, fils d'Alpin, occupe le trône de 844 à 858. A sa mort, 
8)8, il laisse deux fils, probablement mineurs, plus un frère et une sœur. 
Il a pour successeur son frère Domnall I^r, 858-862. A Domnall succède 
le fils aîné de Kenneth, Constantin, qui meurt en 876, laissant un fils 
nommé Domnall comme son grand-oncle, et u \ frère, Aed, c'est Aed qui 
prend la couronne, 876. En 878, il est remplacé par Eochaid, fils de la sœur 
de Kenneth, et c'est seulement en 889 qu'on voit monter sur le trône 
Domnall II, probablement trop jeune pour régner quand treize ans plutôt 
mourut Constantin son père, 876. 





Alpin 
1 




I . Kenneth 

844-858 


2 . Domnall I^r 
8)8-862 


N. fille 
épouse Run 


3 . Constantin 
862-876 


4. Aed 
876-878 


5 . Eochaid 
878-889 


6. Domnall II 
889 







Suivant M. Zimmer (p. 222, note), l'avènement d'Eochaid constate le 
retour au droit picte, ou anaryen, tandis que Domnall l^^, Constantin, Aed 
et Domnall II auraient été appelés au trône suivant les règles du droit ir- 
landais. C'est une erreur: la loi irlandaise du ix'= siècle admet le droit 
successoral des neveux par les femmes. L'incapacité du mineur Domnall II 
donnait à Eochaid droit sur l'héritage de Kenneth. 

M. Rhys soutient qu'avant l'invasion celtique la Grande-Bretagne a été 
occupée par une population anaryenne que les Celtes n'ont pas détruite. Je 
suis d'accord avec lui. Mais les rapports que lui et quelques autres savants 
prétendent établir entre ce fait ethnographique et d'autres phénomènes de 
l'ordre linguistique ou juridique ne me paraissent pas toujours définiti- 
vement établis. 

I . Cf. Tacite, Ger mania, XX : sororum filiis idem apiid avuncnlum qui ai 
patrem honor. Quidam sanctiorem artioremque hune nexum sanguinis arbi- 

trantur. 



Périodiques. 1 2 1 

VII. 

FoLK-LoRE. — Septembre 1894. P. 177. Notes recueillies en Irlande 
dans le comté de Leitrim, par M. Leland L. Duncan. — P. 212. Du culte 
de l'eau et des sources dans l'île de Man, par A.-W. Moore. — P. 229. De 
la classification des proverbes et dictons de l'île de Man, par G.-W. Wood. 
L'auteur donne le texte et la traduction de ces proverbes. 

Décembre 1894. P. 299. Les merveilles de l'Irlande d'après le traité islan- 
dais intitulé Kongs Skuggsjo « miroir royal » qui a été écrit vers 1250. 
M. Kuno Meyer compare ces merveilles avec celles dont parlent Giraud de 
Barry dans sa Topographia Hiherniae, et l'auteur du chapitre intitulé : Do 
ingantaib Erenn dans le Nennius de Todd, p. 192-219. Le texte islandais 
est sur plusieurs points plus complet que ces deux documents. 

VIII. 

Archaeologia Cambrensis. — Octobre 1894. P. 276. M. J.-W. Willis 
Bund compare les caractères des saints irlandais avec ceux des saints gallois. 
Caractère commun: très peu de saintes, très peu de martyrs, etc. Caractère 
spécial au saint gallois : il est ordinairement bâtard, il a peu de goût pour 
la vie errante du missionnaire, etc. — P. 208. Description par M. Arthur 
G. Langdon d'une stèle funéraire à Biscowey, Saint-Blazy, Cornwall, texte 
et quatre figures, légende : Alroron Ullici films. — P. 329-332. Notes sur 
deux stèles funéraires, l'une à Pen-y-Mynid, Brecknock-shire, avec inscrip- 
tion ogamique non déchifîrée, l'autre déjà connue et offrant la légende Te- 
gernaciis filins Marti hic jacit, à Capel Brithdir, Glamorgan-shire (cf. Rhys, 
Lectures on ivelsh Philology, 2^ édition, p. 385, n° 46 ; Hùbner, Iiiscriptioncs 
Britanniae christianae, n° 58). Un critique prétend qu'au lieu de Marti il 
faut lire Marii. 

IX. 

Zeitschrift fur vergleichende sprachforschung auf DEM Gebiete 
DES Indo-Germanischen Sprachen, t. XXXIII, 4e livraison. — P. 651. 
Mémoire de M. Thurneysen sur la formation indo-européenne du compa- 
ratif. M. Thurneysen, p. 552, explique les superlatifs gallois hinham, de hcii, 
et irlandais 5/;/«OT, de sen « vieux », par un primitif celtique * seii-is-amo-s =^ 
* sen-is-mos QA. Brugmann aurait écrit *sen-is-iiimo-s'), avec un double suf- 
fixe identique à celui dont on doit constater l'existence dans le la.nn pnlcher- 
rintus = * polcr-isumo-s (M. Brugmann a écrit * polcr-is-emo-s ziz * polcr-is- 
tnmo-s). Il semble donc que le nom divin gaulois Belisama serait un superlatif. 
On pourrait en dire a.u\nn\.di&si-iOvas àaW&nTrigisamus (Gra',imatica celtica-, 
p. 769, 770), et Segisatîia (Ptolémée). Le nom d'homme Cintiisnms nous 
oflFre peut-être une forme contractée pour cintû-is-amo-s et serait en ce cas 
un superlatif de cintu-s « premier », et un doublet du gallois c^yw/a/, en breton 
quentaff, ke^ita ; cf. nessam, Brugmann, Grundriss, t. II, p. 158, 159, 169. 

Revue Celtique, XVI. 9 



122 Périodiques. 



X. 

Allmer. Revue épigraphiclue du midi de la France, nos 74^ 75^ avril- 
septembre 1894. — P. 291. Nom d'homme Ganaponis au génitif dans une 
épitaphe de Nîmes. — P. 298-^02, 309-314. Commencement- d'une étude 
sur les dieux de la Gaule par ordre alphabétique : Abianius, Ahiamis, Ahi- 
nhis, Adonna, Accortts ou Acoriis, Adsmerhis ou Ates)i!eriiis, Adimcolis, 
Alamhrina. 

XL 

BOLETIN DE LA REAL ACADEMIA DE LA HISTORIA, t. XXV, juiUet-dé- 

cembre 1894. — P. 79. Dans un mémoii^ du P. Fita, nom d'homme pro- 
bablement celtique Cantoniis, conservé pa; une inscription chrétienne de 
Merida, laquelle est datée de l'an 517 de l'ère d'Espagne (479 de J.-C). — 
P. 126, dans le même mémoire, nom de femme Tongilia attesté par une 
épitaphe de Zalamea de la Serena. Ce nom déjà connu paraît dériver de la 
racine qui a donné en irlandais le verbe tong « je jure ». 

XII. 

Proceedings of THE ROYAL iRisH AcADEMY, ^ série, t. IIÏ, n" 3 . — 
p. 428. Mémoire sur la fonction du mode subjonctif en irlandais, par 
M. R. Atkinson. Le savant auteur y a relevé tous les exemples conservés 
par les Ancient Laws of Ircland, t. I, II, III, IV, du verbe qui est : 1° avec 
tmèse do-gniii, 2° sans tmèse dcnim, je fais ; il appelle « indépendante » la 
forme avec tmèse ou forme tmête, t;j.riTr[; « dépendante » la forme sans 
tmèse ou forme atméte, airjirjro;. Le subjonctif s'emploie en irlandais à peu 
près dans les mêmes conditions qu'en latin. — P. 459. De l'usage du sub- 
jonctif en gallois. 

XIII. 

Archaeologia, publication de la Société des Antiquaires de Londres, 
t. LIV. ■ — Mémoire de M. John Hope sur des fouilles faites à Silchester, 
comté de Southampton, et dont nous avons déjà dit un mot dans notre 
t. XV, p. 144. On a trouvé à neuf pieds sous terre une stèle sur laquelle 
est gravée une inscription ogamique. M. J. Rhys, l'homme aujourd'hui le 
plus compétent en cette matière, consulté par M.John Hope, lit: ebicatos 
MAQ.I Mucoi. Ebicatos, pense M. Rhys, est le génitif d'un nom d'homme dont 
le nominatif serait Ebicaliis. Il suppose qu'Ebicatos est identique à Ivacattos 
lu en Irlande sur une des pierres de Killeen-Cormac, comté de Kildare. 
Mucoi exprime la même idée que le latin nepolis. Jusqu'ici aucune ins- 
cription ogamique n'avait été trouvée à l'est de la Severn et des comtés de 
Cornwall et Devon. 

Le mémoire de M. John Hope contient une figure qui représente cette 
stèle. 



Périoditjues. 125 

XIV. 

The Academy. — No du 21 juillet 1894. Note de M. Whitley Stokes sur 
le ms. de la Bibliothèque Laurencienne de Florence, Plut. XLV, 14, qui 
contient des gloses irlandaises sur deux abrégés du commentaire des Buco- 
liques par Phylargyrius (cf. Revue Celtique, t. XIV, p. 226, 353 ; t. XV, 
p. 143. L'auteur irlandais de ces gloses se donne le nom latin de Fatosus, 
qui serait en irlandais Tûicthech, dérivé de loced, titcad « destin ^>. Le com- 
mentaire de Phylargyrius est suivi dans ce ms. d'un autre commentaire ano- 
nyme où se trouvent quelques gloses irlandaises que M. Whitley Stokes 
reproduit. — 25 août, p. 134. Recueil par M. Whitley Stokes de textes 
concernant l'usage irlandais de faire jeter par chaque guerrier, avant la ba- 
taille, une pierre en un endroit déterminé ; après Le combat chacun des 
survivants reprenait une pierre ; en comptant celles qui restaient, on savait 
le nombre des guerriers restés sur le champ de bataille. — P. 135. Lord 
Southesk suppose que le signe ogamique X peut quelquefois avoir repré- 
senté un son guttural. — 20 octobre, p. 304. Lettre du Rév. F.-E. W^arren 
qui, après nouvel examen du missel dit de Stowe, maintient son ancienne 
opinion que l'écriture de la partie la plus ancienne du ms. remonte au 
ixe siècle, la plus récente au siècle suivant, que par conséquent le Rév. Mac 
Carthy se trompe quand, d'accord avec Todd, il date la première écriture 
du vue siècle et la seconde du viiie. — Le semestre de juillet à décembre 1894 
contient, outre l'art, de lord Southesk déjà cité, une véritable avalanche de 
noies sur des inscriptions ogamiques et sur d'autres encore plus obscures 
par M. Macalister, p. 118, 154, 174, 196, 216, 377, 558; par lord Sou- 
thesk, p. 155, 282; par MM. E. W.-B. Nicholson, p. 236; Edmund Mac 
Clure, p. 282; C.-H. Monro, p. 330; par le colonel Philip D. Vigors, 
p. 353. Imprimées les unes à la suite des autres, ces notes feraient la ma- 
tière d'un volume, et pour les analyser, je ne me sens pas compétence suf- 
fisante. 

XV. 

The Scottish Review, octobre 1894. — P. 270-297. Analyse par 
M. W.-A. Craigie de trois contes ossianiques: 

1° « Le château enchanté de Keshcorran », Briiighean Cheise Chorrain déjà 
publié d'après le ms. du Musée britannique, additioual 18747, fol. 75 b, de 
l'année 1800, par M. St. O'Grady, Silva Gadelica : texte, p. 306-310; tra- 
duction, p. 343-347. M. Craigie signale : 1° une autre édition d'après un 
autre mss. dans le Irisb Echo de Boston, t. IV, no 2; 2° un ms. non men- 
tionné dans y Essai d'un catalogue de la littérature épique de l'Irlande, p. 49-50, 
c'est le no XXXVI de la Bibliothèque des avocats d'Edimbourg. 

20 « Le château enchanté d'Eochaid petit et rouge », Bruighean Eochaidh 
bhig dbeirg, récemment publié à Dublin par M. Patrick O'Brien : Bldith- 
fhleasg de Mhilseiinihh na Gaoidhelge. Ce conte avait déjà paru en 1872 dans 
le livre de Campbell, Leabhar na Feinne, p. 89-90, sous le titre de « Voyage 
de Finn à la maison d'Odhach Beaganech », Tunis Fhinn do thigh Odhacha 



124 Périodiques. 

Beagaiiich. On le trouve aussi dans un autre ouvrage de Campbell, West- 
Highland Taies, t. II, p. 89. Enfin un ms. non indiqué dans VEssai d'un 
catalogue, p. 52, est conservé à la Bibliothèque des Avocats d'Edimbourg 
sous le no LVl. 

50 « Le château enchanté du sorbier », Briiighean Chaorthuin, publié en 
partie par Campbell, Leahhar na Feinne, p. 86-88, et dont on trouve une 
version complète chez le même auteur, West Highland Taies, t. II, p. 192. 
La Bibliothèque des Avocats d'Edimbourg possède trois mss. de ce conte 
sous les nos XXXIV, XXXVIII et LVIII. Aucun de ces mss. n'est cité dans 
l'Essai d'un Catalogue, p. 49-50; or, le premier étant daté de 1603, paraît 
être le plus ancien que l'on connaisse. M. Craig semble ignorer qu'une tra- 
duction anglaise du « Château enchanté du sorbier » a été publié sous le 
titre de The fairy palace of the quicken tree, par M. Joyce, au.K pages 77 et 
suivantes des deux éditions de ses Old celtic Romances, l'une de 1879, l'autre 
de 1894. 

Janvier 1895, p. i. Etude sur les Culdees, c'est-à-dire sur les religieux 
irlandais du haut moyen âge par M. A. Allaria. Ce travail est de seconde 
main, mais écrit avec élégance et clarté. L'auteur assimile les Culdees aux 
chanoines réguliers du continent. 

XVI. 

L'Anthropologie, juillet à décembre 1894, est toujours une publication 
du plus haut intérêt, mais elle s'occupe principalement soit d'époques anté- 
rieures à la période celtique, soit de régions oîi les Celtes n'ont pas eu 
d'établissements. Nous signalerons cependant les fouilles de MM. R. Pontvrau 
et E. Cabié dans un cimetière gaulois à Saint-Sulpice, Tarn, p. 641-657. 

POSTSCRIPTUM. 

Je répare un oubli en annonçant que M Standish O'Grady vient de faire 
paraître à Londres, librairie Methuen et C>e, un volume in-8 intitulé : The 
coming of Cuchulain. Je suis informé de cette nouvelle par VEvening Tele 
graph, no du i^^ décembre dernier, qu'un ami m'a envoyé de Dublin. 

Si j'en juge d'après l'article de ce journal, le document publié doit être 
le morceau intitulé Macgnii)irada Conculainn « Exploits de Cûchulainn en- 
fant ». Quand je me serai procuré ce volume, j'en pourrai parler avec con- 
naissance de cause. 

Paris, le 28 janvier 1895. 

H. D'ArBOIS de JUBAINVILLE. 

Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. BOUILLON. 

Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



LA DIVISION DES SYLLABES 



A PROPOS D UN RAPPROCHEMENT ENTRE LE LATIN ET L IRLANDAIS. 



M. Whitley Stokes (The Acadcuiy, 2 mars 1895, n° 1191, 
p. 193-194), signale dans un texte irlandais des allitérations 
systématiques telles que Cata-rina rogda, Eu-o-enius 
o-lorda. Il étudie les règles de ces allitérations et les indices 
qu'elles peuvent fournir sur la division irlandaise des syllabes; 
en même temps il établit un rapprochement et une compa- 
raison entre la division syllabique irlandaise et la division 
syllabique latine. Il y aurait, suivant lui, concordance sur la 
plupart des points (allitération irlandaise Pergen-Zinus 
Zendmin, division syllabique latine Pergen-tinus); ily aurait, 
au contraire, discordance en ce qui touche les groupes comme si 
(allit. irl. Anas-/asius /oed-lech , div. syll. lat. Ana-stasius). 

La concordance est, je crois, plus constante que ne l'a sup- 
posé l'illustre savant. C'est au point de vue latin que je me 
propose de revenir sur la question, laissant aux celtistes le con- 
trôle des formes irlandaises et la discussion directe de la 
trouvaille de M. Stokes. 

Il y a en latin deux divisions syllabiques à distinguer, l'une 
graphique, l'autre phonétique. 

La division graphique des syllabes est chose conventionnelle 
et sans intérêt linguistique. Elle est fondée sur des motifs pé- 
dantesques et futiles. Servius, par exemple (Keil, Gramniatici 
Latini, t. IV, p. 427), veut qu'on coupe a-spice, parce que le 
groupe sp peut commencer un mot latin {spicà). De même, 
on coupera a-mnis à cause de Mncsthcus. On séparera les 
Revue Celtique, XVI. 10 



126 L. Havet. 

deux tt dans aî-iulit, parce qu'aucun mot ne commence par 
tt. On coupera, selon Servius, ah-dîtur et non a-hditur, parce 
que hd n'est groupe initial qu'en grec (^ziXKoC), et ne peut se 
rencontrer au commencement d'un mot latin (même d'un 
mot « latin » tel que Mîtestheus /). Des règles semblables, avec 
des considérants non moins ridicules, sont données par d'autres 
grammairiens ; voir par exemple les passages relevés par 
M. Lindsay, The Latin Language, p. 125-126. Tout absurdes 
qu'elles sont, nous devons les suivre, ne fût-ce que pour ne 
pas rompre l'unité de la langue universelle. Un érudit français 
qui laisse imprimer sanc-tus, au lieu de san-ctus, est coupable 
d'indiscipline, et il en est de même d'un Anglais qui tolère 
que son imprimeur coupe henevol-entem. Mais, en suivant ces 
règles, il faut les mépriser. Ce sont des inventions de la sub- 
tilité grecque, ineptes dès leur origine, et qui n'ont pas gagné 
à être adaptées par des Latins à leur langue. Il n'y a à les 
connaître que pour leur obéir : elles sont essentiellement sté- 
riles et ne peuvent féconder ni l'étude du latin lui-même, ni à 
plus forte raison celle d'un idiome étranger. Les divergences 
entre l'irlandais et le latin, dans les exemples allégués par 
M. Whitley Stokes, n'existent que grâce à la doctrine imagi- 
naire de Servius et de ses pareils. 

L'autre division des syllabes est la division phonétique, dont 
je doute qu'un ancien ait jamais parlé. Elle est la seule qui 
puisse être de quelque utilité à la science; tantôt elle est en 
accord avec la division graphique, tantôt la division graphique 
la contredit, mais peu importe. 

La division phonétique des syllabes nous est connue avant 
tout par la prosodie. Un groupe partagé entre deux syllabes 
phonétiques allonge la syllabe précédente, un groupe non par- 
tagé la laisse brève: crêdét rês - - -, mais crèdé très - ^ -; 
c'est le même motif qui fait que l'augment dans èVAe^Tov peut 
être bref, tandis que le préfixe est nécessairement long dans 
âx-Xe-kw. Les mots comme r.y.-içibz, patris, ont deux prosodies, 
selon qu'on prononce pà-tr... ou pàt-r... Chez les anciens 
dramatiques latins, patris a toujours la première brève, ce qui 
revient à dire que cette syllabe était toujours ^^ et non pàt. 
L'allongement, c'est-à-dire la coupe syllabique pàt-ris, est dû 



La Division des Syllabes. 1 27 

à l'imitation érudite de la prosodie grecque, et n'a jamais re- 
posé sur la prononciation sincère des Romains. Cela bien 
compris, on voit d'emblée que la division phonétique exacte 
est às-pice, àm-nis, en dépit de la division graphique a-spice, 
a-mnis, et en dépit de spica et de Mnestheus. De même la di- 
vision phonétique est fàc-tus, nôs-ter, en dépit de Stella et de 
Ctesiphon, et quoique en imprimant le latin on doive couper 
fa-clus et no-stcr. Partout où une voyelle brève forme une syl- 
labe longue, c'est que la prononciation lui rattache une des 
consonnes qui la suivent, avec ou sans l'agrément des gram- 
matici. Peu importe d'ailleurs, en prosodie, qu'il s'agisse de 
st, qui peut commencer un mot, ou de nt, qui en est inca- 
pable. Suivant la très juste remarque de M. Lindsay, la règle 
dite des breues hreuiantcs atteint aussi bien la seconde syllabe 
de uolun-tateiii que celle du prétendu ege-statein (ou du prétendu 
uolu-piatcm'); ces trois mots également peuvent chez Plaute va- 
loir tantôt - - - - et tantôt - ^ - -, l'un et l'autre suivant 
les mêmes circonstances. 

Une autre source d'information est la phonétique historique. 
Capra, qui d'après la prosodie de Plaute était prononcé ca-pra, 
a fait en vieux français chievre. Le p est donc traité de même 
que dans le-porem lièvre, ce-pa cive, ri-pa rive, c'est-à-dire 
comme initial de syllabe. Va, naturellement, est traité comme 
final de syllabe, puisque ca devient cbie comme dans ca-nein 
chien, ca-put chief, ca-ra chiere. La phonétique post-latine con- 
firme donc la coupe ca-pra^ attestée par la prosodie préclas- 
sique. Dans cap-pa chape, il faut rattacher une consonne à la 
première syllabe ; ici encore la phonétique et la prosodie sont 
d'accord. Dans cosia il faut séparer 1'^ du t, côs-ta (en dépit de 
la division graphique co-std), parce que les Latins font longue 
la syllabe initiale et que les Français n'en ont pas diphtongue 
Yo bref. Les grammairiens prescrivent ru-pta, mais c'est riip-ta 
qu'indiquent et la poésie latine et la phonétique romane. 

Les seuls groupes qui puissent appartenir tout entiers à la 
syllabe suivante sont les groupes à liquide (pa-treni - -, po- 
plo - -, re-frenare - - - -). Tous les autres, y compris le 
sp d'aspice et le mn d'aiiiiiis, se partagent entre les syllabes 
voisines. Tel est le résultat très simple auquel on arrive, si on 



128 L. Havet. 

liiisse de côté la division conventionnelle et purement gra- 
phique des syllabes, et si on s'en tient à la seule division qui 
ait été réelle, la division phonétique. 

Du même coup, les difficultés signalées par M. Whitley 
Stokes pour l'allitération irlandaise s'évanouissent. Il est régu- 
lier de faire allitérer Anas-/asius /oedlech, Dios-côrus is 
Colman, Teles-/?orus /?apa, etc. De même il n'y a rien 
que de normal dans l'allitération Epec-/i-/us Af-z'ôin (si- 
gnalée incomplètement par M. Stokes). Ma-^rona allitère 
régulièrement en t et Lu-cretia en c, mais ce n'est pas parce 
que Servius aurait coupé ces mots ainsi. Enfin Dom-mina 
allitère régulièrement en m, comme le montre M. Stokes, 
mais l'hypothèse D o - ?;m i n a , qu'il indique entre crochets, est 
inadmissible. Telles sont les indications que peut fournir la 
prononciation latine pour éclairer un petit problème irlandais. 

Louis Havet. 



LAURUS, LAURACUS, LAURIUS, LAURIACUS 



Laurus est un nom d'esclave qu'on trouve dans des inscrip- 
tions sous l'empire romain en Italie. On a recueilli près de 
Préneste l'épitaphe d'un certain Laurus dont le père, nommé 
Abascantus, était esclave de l'empereur et dispensator annonae^. 
Le musée de Leyde possède l'épitaphe d'un autre Laurus, es- 
clave de P. Caucilius Celer; ce monument est d'origine ita- 
lienne 2. D'Ostie on a transporté à Rome, au musée de La- 
tran, l'épitaphe qu'un certain C. Silius avait fait graver pour 
lui et pour ses affranchis, dont un appelé Laurus "i. Laurus qui 
fit graver à Nursia, aujourd'hui Norcia, l'épitaphe de sa mère 
Chrysostomis, était probablement esclave ■^. 

Je crois, d'accord avec Zeuss, que ce nom d'homme est ori- 
ginairement un adjectif gaulois identique au vieil irlandais 
lour'i, qui signifie « suffisant » dans un certain nombre de 
passages des plus anciens mss. irlandais que nous possédions^. 
Comparez les noms d'homme grecs 'Apxs-ri;, 'Ixavoç, et le nom 
d'homme latin Idonius pour Idoneus. L'origine celtique du 
nom d'homme Laurus est établie par plusieurs circonstances. 
La première est sa présence fréquente en pays celtique. 



1. CI. L., XIV, 2834. 

2. C. I. I., VI, 21172. 

3. CI. L., XIV, 417. 

4. C. 1. L., XI, 4566. 

5. Grainmatica celtica, p. 33, 1. 22-25. 

6. Ms. de Wûrzburg, f" 4d, glose 12; (° loa, gl. 17; fo iid, gl. 15, 
f" 24b, gl. 16; éd. Whitley Stokes, p. 22, 54, 6&, 139. Ms. de Milan, 
fo 3 5d, gl. 24, édition jAscoli, p. 113. Priscien de Saint-Gall, i° 15 b, 
gl. 7 ; fo 159 a, gl. 3 ; édition Ascoli, p. 21, 94. 



130 H. d'Arbois de Jubainville. 

Louro, c'est-à-dire fundiis Laurus, fonds de terre nommé 
Laurus, parce que son propriétaire s'appelait Laurus à la date 
du cadastre romain, est le nom de quatre villages de Galice, 
un dans chacune des provinces de Coruiia et de Lugo, deux 
dans celle de Pontevreda ; or la Galice est une des parties de 
l'Espagne qui restèrent celtiques après la conquête carthagi- 
noise et sous l'empire romain. De Laurus dérive le nom de 
lieu Lauracus qui apparaît en 93 1 dans un diplôme du roi 
Raoul ^ et qui, dans cet acte, désigne Laurac, Aude, chef-lieu 
dès le XII'' siècle de la petite province appelée Lauragais. Le 
nom de Laurac est aussi porté par une commune du dépar- 
tement de l'Ardèche. Le nom d'homme Laurus apparaît dans 
une inscription mutilée de Narbonne ^. Il est en pays celtique 
employé comme cognomen par des citoyens romains : C. Mi- 
nervius Laurus à Milan 3, G. Servihus Laurus en Portugal 4, 
M. Arrius Laurus, en Espagne, à Merida5,P. Manlius L^îwrM^ 
dans un diplôme de citoyen romain accordé à un vétéran par 
l'empereur Titus ; on a trouvé ce diplôme en basse Autriche, 
à Klosterneuburg, près de Vienne^, dont le nom primitif Vin- 
dobona est celtique. 

Le nom barbare Laurus et le cognomen identique ont donc 
été très répandus dans les parties celtiques de l'empire romain, 
on les trouve peu ailleurs. La marque du potier Laurus en 
Sardaigne 7 est sur une pièce qui peut avoir été importée du 
continent. Une inscription mutilée de Nice nous fait connaître 
le cognomen : Laurus d'un décurion ^ qui, bien qu'en pays 
ligure, peut être celte de naissance 9. 

L'origine celtique du mot Laurus est confirmée par l'examen 
de deux' dérivés. Le premier est Laurinus, employé comme 



1. D. Bouquet, IX, 576 C. 

2. CI. L., XII, 4940, 

3. CI. L., V, 6073. 
.4. C. /. L., II, 359. 

$. CI. L., II, 4940. 

6. C. /. L., t. m, p. 854. 

7. C. I.L., X, 8336,2. 

8. C. I. L., V, 7903. 

9. Nous ferons la même observation à propos du surnom de P. Noznus 
Laurus, Spalato en Dalmatie, C. 1. L., III, 2551. 



Laums, Lauracus, Laurius, Laurîacus. 1 3 1 

nom d'homme dans une inscription d'Uzès, Gard. Cette ins- 
cription est une épitaphe gravée par ordre de Laurinus, Celti 
Jîlius^. Le nom du père de ce personnage établit sa natio- 
nalité. 

Le second dérivé est Lourismo, nom d'un village d'Espagne, 
en Galice, province de Coruna; Lourismo = Laurismus, 
soxxs-Qnïtnàvi fund us, a été un nom d'homme avant d'être nom 
de lieu, c'est un superlatif du thème lauro-, louro-. Com- 
parez à ce masculin le féminin Segisama, superlatif du thème 
sego-, en sanscrit sahâ- « puissant, fort ». Segisama « la très 
forte » est le nom de deux villes d'Espagne : Segisama Vaccaeo- 
rum^ et Segisama Brasaca 3 : Sego- a valeur d'adjectif avec le sens 
de « fort » dans Sego-briga « Fort château », nom d'une ville 
espagnole, aujourd'hui Segorbe4. Le féminin sega de cet ad- 
jectif, employé substantivement avec le sens de « forte », est 
un surnom de femme dans l'épitaphe Pompeia Sega, affranchie 
de Pompeia Lepida. Ce monument a été trouvé à Narbonne5. 
Segisama = *Sego-isiiima, Lounsmo ^=* louro-is-mo-s. 

Il est inadmissible que le nom d'homme Launis soit iden- 
tique au latin laurus « laurier », comme De-vit l'a supposé 
dans V Onomasticon totiits Latinitatis. On n'avait pas à Rome 
l'usage de créer des noms de personne avec des noms d'arbre. 
Aucun Romain ne s'est appelé Abies, Alniis, Quercus, Ulmus. 

Du cognomen Laurus on a dérivé suivant l'usage un gentilice 
Laurius, qui a été employé comme nom de lieu, Laurias, 
c'est-à-dire villas Laurias, villae Lauriae dans une charte du 
xi^ siècle conservée par le Cartulaire de Saint-Victor de Mar- 
seille^. 

A l'aide du suffixe -âco-s, on a tiré de ce gentilice un nom 



1. CI. L., XII, 2928. 

2. CI. L., II, 900, 3281. 

3. C I L., II, 4157. Sur le superlatif celtique, voyez ci-dessus, p. 121. 

4. C. I. L., t. II, p. 417. 

5. CI. L., XII, 5069. Cï. Sega Triiimif., Brescia, V, 4717. 

6. Cartulaire de Saint-Victor de Marseille, t. I, p. 623 ; cf. seniores Lau- 
rienses, ihid., p. 332. Comparez le nom de lieu Laurianus àzns un diplôme 
de l'empereur Otton I, 967, Sickel, Die Urkuiidcii der dentschen Kœnige iiiid 
Kaiser, t. I, p. 458-459. 11 s'agit d'une localité située dans le territoire 
à'Ainiternuin, c'est-à-dire en Italie, dans les Abruzzes, province d'Aquila. 



132 H. d'Arbois de Jabainville. 

de lieu Lauriacus dont il y a plusieurs exemples. Nous en ci- 
terons deux à l'est de la Gaule, mais en pays celtique. 

L'un, comme l'Itinéraire d'Antonin nous l'apprend, était 
situé en Norique sur la route qui de Sinniuni, aujourd'hui 
Mitritza en Serbie % et de Taurununi, aujourd'hui Semlin en 
Croatie, menait en Gaule 2; de ce Lauriacus, par une autre 
route, on gagnait l'Italie 3. En 341, les empereurs Constance et 
Constant en datèrent un rescrit dont le Code Théodosien et le 
Code Justinien nous ont conservé des fragments 4. Ammien 
Marcellin raconte que l'empereur Gratien passa k Lauriacus en 
3775. A la fin du iv*^ siècle, deux préfets, celui de la seconde 
légion surnommée Italica, et celui de la flottille, classis, du 
Danube, résidaient à Lauriacus^. Il y avait dans cette localité, 
à la même époque, une fobrique de boucliers, fahrica scu- 
tariai, et une garnison de lanciers, lancearii Lauriacenses^. 
Au siècle suivant, tous ces établissements disparurent, et dans 
la vie de saint Severin, qui habita le Norique de 452 à 482, 
on voit les habitants de Lauriacus, cives ex oppido Lauriaco9, 
donner d'abord asile dans. leurs murailles à ceux de leurs com- 
patriotes que la conquête germanique a expulsés des villes ro- 
maines bâties le long du haut Danube ^°, puis enfin être con- 
traints d'évacuer leur ville et de se réfugier dans celles qu'avait 
occupées Feletheus, autrement dit Feva, roi des Rugi ^^ . Lau- 
riacus subsista cependant. Un capitulaire de Charlemagne 
mentionne* en 805 cette localité : elle est à l'est le point ex- 
trême de l'empire, les marchands qui vont commercer avec 



1. Itinéraire d'Antonin, p. 231, 1. 11; p. 235, 1. i. 

2. Ihid., p. 241, 1. 3 ; p. 249, 1. I. 

3. Ibid., p. 276, 1. I ; p. 277, 1. 3. 

4. Code Théodosien, 1. VIII, t. 2, 1. i ; I. XII, t. i, 1. 31. Code Justinien, 
1. X, t. 69,1. I. 

5. Ammien Marcellin, 1. XXXI, c. 10, § 20. 

6. Notitiadignitatiim occidentis, édition Boecking, p. 100. 

7. Ibid., p. 43. 

8. Ibid., p. 35, cf. p. 27, et C. /. L., t. III. p. 689. 

9. Vita sancti Sevcrini, c XVIII, § i ; édition donnée par Hermann 
Sauppe, dans Monnnwnta Germaniae historica, in-4. Aitctores antiquissimi, 
t. I, pars posterior, p. 17, 1. 20. 

10. Ibid., c. XXVII, § 2; c. XXVIII, § I ; c. XXX, § i; p. 21, 22. 
n. Ibid., c, XXXI, § i,p. 23. 



Laurus, Lauracus, Laurius, Lauriacus. 1 3 3 

les Slaves et les Avares peuvent aller jusque-là sous la protec- 
tion impériale ^ Ce Lauriacus est aujourd'hui Lorch, Autriche 2. 

Un autre Lauriacus, également situé à l'est du Rhin, est 
moins célèbre. La plus ancienne mention, à notre connais- 
sance, ne remonte qu'au xii^ siècle. Une bulle du pape Inno- 
cent II, 1136, concerne le monastère dit Laureacus, in diocesi 
AugustensiK II est question de la même localité, au même 
siècle, chez le chroniqueur Otton de Freising. C'est aujour- 
d'hui Lorch, en Wurtemberg 4. 

Passons le Rhin; entrons en Gaule. Nous y trouvons 
quatre Lauriacus dont nous pouvons déterminer la position : 

Dans l'ancien département de la Moselle, Lorry-les-Metz, 
appelé Lauriacus en 945, comme une charte nous l'apprend 5. 

Dans le département de Maine-et-Loire, Loire, probablement 
le Lauriacus in pago Andegavensi où un concile se tint en 843, 
la quatrième année du règne de Charles le Chauve ^. Ce doit 
être aussi la villa Lauriacus in Andecavo fisco, mentionnée 
en 797 dans un diplôme de Charlemagne pour l'abbaye de 
Prûm 7. 

Dans le département du Loiret, Lorris est probablement le 
Lauriacus situé dans le pagus Aurclianensis, suivant un diplôme 
accordé par Hugues Capet à l'église cathédrale d'Orléans en 
990^. Aux termes de ce diplôme, des biens situés dans ce Lau- 

1 . Monnuienta Germaniae historien, in-4, Legiuii sectio II, Capitiilaria 
regmu francorinn, t. I, édités par Alfred Boretius, p. 123, 1. 18. Dans une 
bulle du pape Eugène II, 824-827, on trouve le nom d'un certain Yrolfus, 
archevêque de Lauriacus, Migne, Fatrologia latiua, t. 129, col. 989-991. 
Mais cette pièce paraît fausse. Voyez Gams, Séries episcoporum, p. 327; 
Jaflfe, Regesta, 2^ édition, t. II, p. 322, n" 2566. 

2. H. Osterley, Historisch-geographisches Wôrterhuch des deutschen Mitlel- 
alter, p. 407. 

3. Migne, Patrologia latina, t. 179, col. 276. 

4. Osterley, Historisch-georagphisches Wôrterhuch, p. 407. 

5 . Bouteiller, Dictionnaire topographique du département delà Moselle, p. 1 50. 

6. Capitula in Synodo acta quae habita est apud Lauriacum in pago An- 
degavensi anno DCCCXLIII incarnationis domini nostri |csu Christi, 
mense octobri, indictione VII, Caroli Calvi régis anno IV. Labbe, Sacro- 
sancta Concilia, t. VII, Paris, 1771, col. 1790. Cf. Port, Dictionnaire de 
Maine-et-Loire, t. II, p. 465, 532. 

7. Sickel. Acta reguni et inipcraloruni Karolinoriini, t. II, p. 59. Migne, 
Patrologia latina, t. 97, col. 1068, 

8. D. Bouquet, t. X, p. 558.^. 



IÎ4 



H. d'Arbois de Jubainville. 



riacus avaient été restitués à l'église d'Orléans par le roi Ro- 
bert, 922-923. 

Loirac, Gironde, nous offre la prononciation méridionale 
de Lauriacus par opposition à la prononciation septentrionale : 
Loire, Maine-et-Loire; Lorry, Moselle. 

Outre ces six Lauriacus dont le nom actuel est connu, nous 
pouvons en citer trois dont nous ignorons la position; ils 
sont mentionnés : le premier, dans un diplôme donné par 
Charlemagne en 775 à l'abbaye de Saint-Martin de Tours % le 
second, dans le Cartulaire de Sauxillanges, Puy-de-Dôme -, le 
troisième, dans le Cartulaire de Brioude, Haute-Loire 3. 

Tous ces noms de lieu s'expliquent par un gentilice romain 
Laurius, dérivé du nom d'homme gaulois Louros, en vieil ir- 
landais lour « suffisant ». 

H. d'Arbois de Jubainville. 



1. D. Bouquet, t. V, p. 737, a écrit Lausiacus, corrigé en Lauriacus par 
Mabille, Pancarte noire de Saint-Martin de Tours, p. 226, cf. p. 69, n^ XVIII. 

2 . In villa quae vocatur Lauriacus. Doniol, Cartulaire de Sauxillanges, 
p. 179. 

3. Li villa quae dicitur Lauriago. Doniol, Cartulaire de Brioude, p. 75. 



THE PROSE TALES 

IN THE 

RENNES DINDSENCHAS 

FIRST SUPPLEMENT, EXTRACTS FROM THE BOOK OF LECAN. 



131. Medraide. 
(Lee. p. 481''). 

Meadraide, canas rohainmniged ? 

Ni ansa. Meadraide mac Torcair ^ meic Tromda meic Cala- 
truim a iîinis iartharaicii Espàine tanic le Mac con a n-Erind, 
cor'gab isin tracht [n-ucut]3. Unde Meadraide dicitur. 

ITem for Ath Cliath Meadraidi fos .i, Cliath mac Cuilind 
meic Duib-duind do muintir Meic con adrocliair and. Duibri 
mac Dubain meic Deirc do muintir Meic con fos, a quo Duibri, 
[7] Neidi Nithgonach, a quo Usce 'Heidi, 7 Gaeth m^c Nech- 
tain meic Firmoir meic Erimoin meiç Rois meic Inbirmuigi .i. 
cliamain 4 Meadraidi, [7] Marcan mac Duinn meic Dathaich s 
do muintir Cbuind cétcbataig, 7 Gaillim ingen Breasail ranic 
dia fothrucun cus'm abaind, a quo Gaillium, 7 Laigen ^ Gairb- 
liath mac Dairi meic rig Espâine, a quo Ath Laigin, Failend7 
mac Illaind meic Ne[i]r tanic asin traig do thaeb na Greci ^ do 

1 . Voir Revue Celtique, XV, 272, 478 ; XVI, 31. 

2. Dorcoin maill, H. 

3. sic H. 

4. cliabmuin H. 

5. Datain H. 

6. sic H. Laigin Lee. 

7. sic H. Failind Lee. 

8. tainic asin nGreig, H. ^ 



136 V/hitley Sîokes. 

choba[i]r Mt'/c con, a quo Inis Failind ^, [7] Boireand niac 
Bolcain meic Bain meic lUaind a hEs^àin tainic co Boirind 
Corcomruad, a c[uo Boireann. 

Medraide son ofTorchar, son ofTromda, son of Calatrom, 
out of a western island of Spain came with Mac con into Ire- 
land, and set up on yonder strand (Medraide), whence Me- 
draide is said. 

Also : on Ath cliath Medraide moreover i. e. Cliath son of 
Cuilenn, son of Dub-duinn, of Mac con's family, fell there. Du- 
bri son of Duban son of Derc, of Mac con's family also, from 
whom Diihrî (is named), and Neide Nithgonach from whom 
is Neide's TVater, and Gaeth sonof Nechtan, son of Firmor, son 
of Erimon, son of Ross, son of Inbirmuigi [?] i. e. Medraide's 
brother-in law, and Marcan son of Donn, son of Dathach, of 
ihe family ofHundred-battled Conn, and Gaillim daughter of 
Bresal — from her is GaiJJiuin, — came to the river to bathe 
and Laigen Rough-grey, son ofDaire, son of the King of Spain 
— from whom is Laigen's Ford. Failenn son of Illann, son of 
Ner, — from whom is FaiJcnns Island — came from the strand 
on the coast of Greece to help Mac con. And Boirenn son of 
Bolcan, son of Ban — from whom is Boirenn — out of Spain 
came to Boirenn Corcomruad. 

Also in H. 40b. As to Mac con see Rame Celtique, XIII, 434, 442. The 
article is little but a list of the foreign allies with whom he returned to 
Ireland from his banishment. Some of thèse, it seems, were Spaniards and 
Greeks and others were Scots and Britons. 

As to Medraide now Maaree, co. Galway, see the dindsenchas of Ath 
cliath Medraige, Revue Celtique, XV, 460. Gaillim now the river Galway. 
Boirenn now Burren, in the north of the co. Clare. 



132. Carn Fraich. 
(Lee. p. 485^). 

Carnd Fraich, canus ro\\ainmniged ? 

NI ansa. Dia tarla Gond Getchathach 7 Eogan Taidlech i 

I . Failend H, 



The Rennes Dindienchas. First Supplément. 137 

comflaithis fo Erind iarua roind d' Escer Riada on Ath cliath 
co chele .i. Ath cliath^ Meadraidi 7 Ath diath DuibHndi. Bai 
àono fendid la hEogan, Fraech Midleasach mac rig Es'çàim, 7 
bai oc argain co Cruachain cach re n-uair. Fecht and dodea- 
chaid co Cruachnaib Ai do tharclom chreichi cor' gobsad crod 
na Cruachna. Bae Conall Cmichan À. oidi Cuind, 'ca fei- 
theam, cor' lean iad 7 a cethrar mac .i. Corc 7 Connla 7 Cet- 
genCruachan 7 Fraech, co rucsad for[r]o ac Meadraidi, airm a 
roibi Eogan boden. Cor' c^frsead coibleng cwrad eatwrru, co 
tarrla Fraech mac Co^aill Cruaciia;; co hEogan, cor' gon co 
coimsech Eogan. Dorala Fraech mac rig Espâfns arbelaib 
Eogain, cor' chomraic doib in da Fraech, cor' thoit Fraech 
mac Co//aill 'san irgail. lAr toitim in churad doiadsad Tuatha 
Taidean 7 Fir Domnann 7 Cruithnich na Cruachna, 7 Conall 
fodesin 7 a tri mcic aile, 7 nir' licsead a fodbad, 7 dodichuir- 
sead Muimnich arcwr a n-a[r]m [p. 485''] ic Ath Meadraidi, 
cor' beanad a cro 7 a crech dib. lAr femead a leanma«a do 
Chonall con:i clandma/cne, dothocbadar leo Fraech co Cnoc na 
dala ria Cruachnaib sairrdeas, cor' hadlaiced ann he, con^à. 
uada sloindter in carnd. \]ndc àicitur Carnd Fraich. 

Ailit^r Carn Fraich .i. Fraech mac Fidaig dodeachaid do 
serc [FJindabrach do chrothad in chaerthaind robai ar dublind 
Brea risi n-abar in tShuca indiu 2, ccr' airig pest bona in chaer- 
t[h]aind he, cor' len 7 cor' geogain 3 co mor, co tue Fraech a 
codeur 7 in caerthann co Meidb, co roibi 'ga fothr/v^ isin 
charnn, co;zad[d]e dogairther Carn Fraich. No comad and foga- 
bad bas lasin pest, 7 a adnocol 'sin charnn beos. 

Ni head sain a fir, acht la Coincul[ainn] dothoit a comrac 
Msci ar Tain bo Cuailcne i n-Ath Omna ar bord Slebe Fuait. 
Tareis a baiti la Coincula////z dochonncadar tir 'Er:cnn in band- 
trocht mor dia saigid co corp Fraich, 7 dolicsed gair mor osa 
chind, 7 tocaibsead leo 'sa sith, Sith Fraich iviwiorro ainm in 
tsidha osin inall, coma, da dearbad sin rochanad so : 

Carnd Fraich, ca hadbar dia fuil. 7rl. 

1 . Lee. inserts cliathuch. 

2. MS. ar dubaind brea risinab in s/;tuca aiiiug, 

3 . MS. geodain. 



138 Whiîley Stokes. 

Conn of the Hundred Battles and Eogan Taidlech chanced 
to be in joint-sovranty throughout Erin after dividing it by 
the Escer Riada from one Âth cliath to the other, that is Ath 
cliath Medraidi (Clarin Bridge) and Âth cliath DuibHnne 
(Dubhn). Now Eogan had a champion, Fraech Midlesach, 
son of the king of Spain, and he was plundering as far as 
Cruachan every second hour. Once upon a time he went to 
Cruachu Ai to gather a prey, and they seized the cattle of 
Cruachu. But Conall of Cruachu, Conn's fosterfather, was 
watching them, and he followed them with his four sons 
Corc and Connla, Cétgen of Cruachu and Fraech ; and they 
overtook the raiders at Medraide, the place in which was 
Eogan himself. Then they fought a champions' battle between 
them, and Frdech son of Conall of Cruachu attacked Eogan 
and wounded him mightily. Frdech son of the king of Spain 
came before Eogan, and the twoFraechs fought, till Frdech son 
of Conall fell in the combat. After the fall of the hero the 
Tuatha Taiden and the Fir Domnann and the Picts of Crua- 
chan and Conall himself and his three other sons closed 
round (Frdech's body), and they did not let him be stript of 
his armour, and the Munstermen disperséd after casting away 
their weapons at Ath Medraidi, and they were deprived of 
their cattle and their prey. After Conall with his children be- 
came unable to pursue them Frdech was carried up to the 
Hill of the Assembly, to the south-east of Cruachain, and 
there he was buried, and from him the cairn is named. Hence 
Carn Fràich « Frdech's Cairn » is said. 

Otherwise : Carn Fràich, that is, Frdech son of Fidach (leg. 
Idath ?) went for love of Findabair to shake the rowantree that 
was over the black linn of Brei, which to day is called the 
Suça ; but the monster at the foot of the rowantree perceived 
him, and pursued him, and wounded him sorely. But Frdech 
brought Medb the monster in triumph, and the rowantree; 
and he was healed in the cairn, wherefore it is called Carn 
Fràich. 

Or mayhap he was killed by the monster, and his grave is 
still in the cairn. But that is not the truth of the taie, for he 
fell by Cùchulainn, in a water-combat on the Driving of the 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 39 

Kine of Cualnge, at Ath Omna on the edge of Sliab Fuait. 
After he was drowned by Cûchulainn the men of Erin met the 
great band of women coming to Fraech's body, and they ut- 
tered a mighty cry over his head and took him up with them 
into the elfmound. Now Sid Fràich is the name of the elf- 
mound thenceforward, and to certify that this was sung : 

« Fraech's cairn, what is the cause of it ? » etc. 

Not found elsewhere, See O'Donovan, F. M. 1225, p. 22, Miscdlany ofthe 
Irish Arch. Soc, I, 293. 

Carn Frâich, now Carnfree, in the townland of Carns, parish of OguUa. 
barony and co. of Roscommon, a little west of Duma Selga, no. 71, supra. 
Escir Riada a Une of gravel hills crossing Ireland from Dublin to Clarin- 
bridge, co. Galway. Suça now the river Suck. Sliab Fuait, v. supra no. 100. 

Conn of the Hundred Battles reigned from A.D. 123 to 157. His con- 
temporary. Eogan Taidlech (also called Eogan M6r and Mog Nuadat) was 
king of the southern Irish. 

For the story of Fràech, the pcist and the rowantree see Tdin ho Frâich, 
LL. 250, edited and translated by Crowe, Proceedings of the R. I. Academy. 
Irish MSS. Séries, I. 

For the drowning of Frâech and the removal of his corpse into an elf- 
mound, see the Taijt hô Cûalnge, LU. 63b. « In dul so, » orCû, « in didma 
th' anacul? » « Noco didem, » or Fraséch. Atnaig Cû foi, atherruch conid 
appad Fraasch. Tocurethar for tir. Beraita muintir a cholaind co mbôi isin 
dunud. Ath Fraich issed ainm ind atha sin co brath. Cointi a ndunad n-ule 
Frasech, co n-accatar banchuri i n-inaraib ûanib for colaind Fraich maie 
Idaid. Focessat ùadib issa sfd. Si'd Fraich ainm in tsida sin iarom. 

« This time, » saith Cû(chulainn), « wilt thou accept quarter ? 1 « I will 
not accept, » saith Frdech. Cû tlirusts him again under it (i. e. the water of 
the ford), so that Frdech perished. He is brought to land. His people bear 
his body into the camp. Ath Frâich « Fraech's Ford » is the name of that 
ford for ever. Ail the camp bewails Fraech, till they saw a train of women 
in green tunics (lamenting) over the body of Fraech son of Idath. They 
carry (?) it away from them into the elfmound. Now Sid Frâich is that elf- 
mound's name. » 



133. Ard na Riag. 
(Lee. p. 492^). 

Ard na riag, canai rohainmniged ? 

Ni ansa. Dia rogob formot 7 firmiscni Cellaich maie Eogain 



I . Literally : « wilt thou suffer thyself to be protected ? » 



m 



1 40 Whitley Stokes. 

meic Cellaich meic AiWla Muilt meic Dathi meic Fiachrach a cridi 
Guairi Aidne meic Colmain cor' guidistair ceathror comalta 
Cellaig um marbad Chellaich .i. Mael-Croin 7 Mael-Senaich 7 
Mael-daLuad 7 Mael-Deoraid, 7 dodeonaigedar ^ na comal- 
tada sin cor' marbsad Cellach tre fwrail Guairi 7 tarcenn 
chomthach mor. 

lAr marbad CheWaig da chomaltaib dobi Cu-choingelt mac 
Eogain 'na n-'iarmovacbt, co fuair iad ac Sal Srotha Deirg, co 
rue leis co Tulaich na Fairscena iad da riagad, co ro riagad 
and iad, conad uaitliib ammmgtber in t-ard. Unde àicituv. 

When envy and hatred of Cellach son of Eogan, son of 
Cellach, son of Ailill Wether, son of Dathi son of Fiachra, 
were in the heart of Guaire Aidne son of Colman, he entreated 
the four Maels, Cellach's four foster-brothers, to kill him. 
And those fosterbrothers consented to kill Cellach at Guaire's 
behest and for sake of great bribes. 

After Cellach had been killed by his fosterbrothers, Cû- 
choingelt son of Eogan was pursuing them, and he found 
them at (the river) Sdl Srotha Deirg (« Brine of the Red 
stream »), and he brought them to the Hill of the Outlook, to 
torture them, and there they were tortured, and from them 
the height has its name. 

This article is found only in the Lecan copy of the Dindsenchas. 

Ard na riag « the Height of tlie Tortures or Executions » , now Ard- 
narea a village near the town of Ballina : see O'Donovan, Four Masters, 
A.D. 1266, and Hy-Fiachrach, p. 54, .note w. 

Soi srotha deirg, now the river Moy. 

The story of the murder of Cellach and the exécution of his murderers 
is well told in the Lebar Brecc, pp. 274, 276, whence it has been edited in 
Silva Gadelica, I, 57, 63, II, 59, 66. But see Revue Celtique, XVI, 91. 



134. Inber mBuada. 
(Lee. p. 492''). 

INbear m[B]uada, can^j rohainm;»^^^ ^ 

I. MS. do deonaidedflr. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 141 

Ni ansa. Dia tainic Parrthalon mac Sera meic Sru meic Esru 
meic Gaeidil Glais, 6 taid Gaeidil, asin Greic iar marbad a 
athar 7 a mathar 7 a braithrech uni chenn a forba, dia roibe 
sechnon in domain in [leg. 6] cach thir do thir, co ranic fa- 
deoid co iiErind, cor' gob cuan 7 calad a n-Inis Saimer. Dam 
ochtair a lin, co roibi re trell isin chuan sin. lAr scithlim a 
loin imnwrro do[g]nidis fiadach 7 enach 7 iascach. Uair ni 
[fjuair Parthabn a n-inb/r na 'n-abaind i n-Eriiin co tanic co 
hinber mBuada, co rob and do[f]uair iasc ar tus, co ndebradar 
muinter Parthab/;? ; « Is buadach in t-'mdher ! » ol siad. 
« Biaid in t-ainm sin fair, « ol Parrthab?î .i. Inher m[B]uada », 
et unde dicitur Inhor mBuada. 

When Parthalon son of Sera, son of Sru, son of Esru, son 
of Goedel Glas, from whom are the Goedil, came out of 
Greece, after his father and mother and brothers had been 
killed for sake of their héritage, he wandered over the world 
from one country to another, till at last he came to Ireland 
and got a haven and landing-place at Inis Saimer. A band of 
eight was his complément, and for some time they tarried in 
that haven. After their provisions were spent they hunted 
deer, and birded and fished. Parthalon found no fish in any 
estuary or river in Ireland till he came to Inber mBuada, and 
there first he found fish. So Parthalon's people said : « Profit- 
able (buadach) is the inver ! » say they. « That shall be the 
name upon it, » says Parthalon, « even Inber mBuada ». And 
hence we say Inber mBuada « estuary of profit » . 

Inbei- mBuada (fovmerly Iiidber Caini glais : see infra no. 136) not iden- 
tified. Inis Saimer an island in the river Erne at Ballyshannon, Four Mas- 
ters, A.D. 1197, note 6. O'Mahony's Keating, p. 115. 

As to Partholon (name borrowed from Bartholoinaeus), the first colonizer 
of Ireland after the Flood, see LL. y-\ i2j^ and infra Nos. 145, 150. 

Gaedel Glas the eponymous ancestor of the Irish. See Saltair na Rann 
3993-4012. 

135. DiNDA Hua n-Amalgada. 
(Lee. p. 4930- 

Do dindaib Ua nAmalgaid andso .i. Carnn Amalgaid 7 Tir 
Revue Celtique, XVI. li 



142 Whitley Stokes. 

Amalgaid 7 Fearsad Threisi 7 Inis Amalgaid for Loch Con 7 
Mag mBroin la Hi'iu Amalgaid, canas ro hainmniged ? 

Ni ansa. Carn Amalgaid .i. Amalgaid meic Fiachra. Elgaid 
mac Dathi meic Fiachrach is lais rotochlad in carnn 'cum 
aenaig Hiia n-Amalgaid do denam 'na thimchell cacha bliadwa^ 
7 do feitheam a long 7 a coblaig as 7 ind, 7 dia adnocol 
bodén. 

Amalgaid mac Fiachrach meic Echach Muidmedoin, is uada 
ro hainmniged Tir Amalgaid. 

Fearsad Treisi mviwrro cid diata ? Ni a)isa. Treisi ingen 
Nad-fraich bean Amal2;aid nieic Fiachrach meic Echach Muo-- 
inedoin do baidead innti, ronad uaithi ainmnichthear, co;md ria 
aderar Fearsad Ratha Branduib indiu^ 

Inis Amalgaid, cid diata ?Ni aiisa. Dia ndechaid Ruad ingen 
Airdig Uchtleathain meic Fir-choca, bean Dathi meic Fiachrach 
do thuismed a toirch/«ja co hoilen for Loch Con, co rue mac 
forsan indsi .i. Amalgaid m^ïc Dathi, conià uada sloindter an 
indsi .i, Inis Amalgaid; 7 is aitreb naemda ind oilen sin. 

Mag mBroin, cid dia ta ? Ni ansa. Bron mac AUtoid dearb- 
[b]rathair Manannain meic Alloid, is e rosslecht a fidbaid in 
mag, confia, he a ainm fil fair .i. Mag mBroin, ocus derb[b]ra- 
thair aile doib Ceiti mac Alloid, dia ta Mag Ceidi. Comxà do 
chuimneochad na ndind sin rocanad so : 

Seanchos Chairn Amalgaid feil 7rl. 

Of the notable places of Hùi Amalgaid hère, to wit, Carn 
Amalgaid, and Tir Amalgaid, and Fersat Trese, and Inis 
Amalgaid on Loch Con, and Mag mBroin in Hùi Amalgaid, 
whcnce were they named ? 

Not hard to say. Carn Amalgaid, i. e. Amalgaid son of 
Fiachra. Elgaid son of Dathi son of Fiachra, 'tis by him that 
the cairn was dug in order to make around it an annual meet- 
ing-place for the Hûi Amalgaid, and to watch therefrom his 
vessels and his fleet (going) out and (coming) in, and (lastly) 
for his own burial (therein). 

I. MS. aniucr. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 143 

Amalgaid son of Fiachra, son of Eochaid Muidmedôin, from 
him Tîr Amalgaid v^as named. 

Fersat Trese, now, whence is it ? Not hard to say. Trese 
daughter of Nadfraech, wife of Amalgaid son of Fiachra, son of 
Eochaid Muigmedôn, was drowned therein: so it is named 
from her, and today it is called Fersat Ratha Branduib. 

Inis Amalgaid, whence is it ? Easy to say. When Ruad 
daughter of Airdech the Broadbreasted, son of Firchoca, and 
wife of Dathi son of Fiachra went to an island on Loch Con 
to bring forth the chiid in her womb, she bore a son on this 
island, even Amalgaid son of Dathi, so that the island, even 
Inis Amalgaid, is named from him. And that island is a hal- 
lowed habitation. 

Mag mBroin, whence is it ? Easy to say. Bron son of Allot, 
own brother of Manannan son of Allot, 'tis he that felled the 
wood of the plain, so that it bears his name, even Mag 
mBroin « Bron's Plain » . And there was another brother of 
theirs, Ceite son of Allot, from whom is Mag Ceiti. 

Wherefore, to commemorate those notable places this was 
sung : 

The story of the cairn of gênerons Amalgaid, etc. 

Carii Amalgaid on the si'mmit of Mullaghearn, near Killala in the ba- 
rony ofTirawley, v. O'Donovan, Hy Fiachrach, 443 n. The passage rela- 
tingto this cairn is quoted and translated in Petrie's Round Towers, p. 107. 
Tir Amalgaid now the barony of Tirawley, co. Mayo. Fersat Trese i. e. 
trajectus Tresiae, in the parish of Killala, near the abbey of Rafran (Râith 
Bhrain), see Hy Fiachrach, 9, 490. Inis Amalgaid now Inishlee, an islet in 
Loch Con. Mag mBroin « Bron's Plain », now probably the townland of 
Killybrone (i. e. CM Maighe Broin) in the parish of Ardagh. See Hy Fia- 
chrach, p. 236 n. Mag Ceiti not identified. 

Dathi son of Fiachra, overking of Ireland from A.D. 405 to 428, said to 
hâve been Idlled by lightning at the Alps. See Lebor na huidre, 38^. 

136. Mag Tibra. 
(Lee. p. 494O. 

Mag Tibra, canas rohainmniged ? 

Ni ansa. hirial faid mac Ereamon meic Milead EsTpâine, rig 



1 44 Whitley Stokes. 

hEr[e]and 7 Alban, 7 tanic Irial timchell Erend inacuairt, co 
riacht co hindber Chairnd Glais risi n-abar Inher mBuada, 7 
tanic da acallaini aindsen a buime .i. Tibir ingcn Chais Clo- 
thaig do Tliuathaib de Danand, co rue le rig hErind diadunad 
bodesin .i. co Mag nGIas. IS andsin dogob galar rega rig 
hEreun, co testa a ndun a buime. Tancadrtr fîr Erenn fo thasc 
in rig co riacht[atar] dun Tibra, 7 dothocbad^'r leo he co rei- 
lic idlaide na Cruachna, cor' liadlaicead and he. Dochuaid Ti- 
bir isa muir dé bathad do cumaid '■ a dalta, co tucad i tir hi- 
iarna^ bathad do thonnaib in mara, cor' hadlaiced hi 'sa moig 
sin re taeb na tniga, ro/zad uaithi ainmnigthear in mag .i. Mag 
Tibra, 7 is dona gairthib mora doligedar lucht in baiH i[c] 
cainead rig Ereiin 7 a buime ita Tulchan na nGairthi. 

Irial the Prophet son of Erem, son of Mil of Spain, was King 
of Erin and Alba; and on his circuit Irial came round Erin till 
he reached the Estuary of the Green Cairn, which is (now) 
called Inber mBuada. And there he came to hâve speech of 
his fostermother Tibir daughter of Cass Clothach of the 
Tuatha dé Danann, and she brought the king of Erin to her 
own fort, even to Mag Glas. There a deadly illness attacked 
the King of Erin and he passed away in his fostermother's 
fort. The men of Ireland came at the news of the king's death 
till they reached Tibir's di'ni, and they took him up to the 
pagan burialground of Cruachain, and there he was interred. 
Out of grief for her fosterling Tibir went into thesea to drown 
herself, and after she was overwhelmed by the seawaves she 
was brought on shore and buried in that plain beside the 
strand. Wherefore the plain is named from her, even Mag 
Tibra; and from the great cries which the folk of the stead 
uttered in bewailing the King of Erin and his fostermother 
Tulchàn na ngairîhe — « the Hillock of the Outcries » — is 
so called. 

Mag Tibra and Tulchân na ngairthc havc not been ideiitified. Cruachain 
or Cruachu, now Rathcroghan, the ancient palace of the Kings of Con- 
naught, is in the co. Roscommon, between Belanagare and Elphin : see 

I. MS. cumaig. 2. MS. iar iarna 



The Rennes Dind'senchas. First Supplément. 145 

the dindsenchas of Râith Cruachan, Rev. Celt., XV, 465, and O'Donovan's 
note, Four Masters, 122^. The pagan cemetery (named Oenach Cruachan in 
LU. 5 1», and now called Roilig na Righ) lies a quarter of a mile souih of 
Rathcroghan. 

In LL. 127b Gilla Coémâin says that Irial the Prophet reigned for ten 
years, and died of a one hour's illness in Mag Muâde. 



137. Sliab nGam. 
(Lee. p. 494^. 

Sliab nGam, canas rohainmniged ? 

Ni aiisa. Gam Gruadsolos .i. gilla [p. 494''] Ereamoin moir 
meic Milead Espàine, is he rosaraigsead na hamaidi no na 
maidi im a cheann, 7 robeansad de he, 7 rolaisead uaidib isin 
loch no 'sa tibraid in cend, 7 is don buaidred tue in ceann 
forsin tibraid ita blas searb ùiirn indara fecht 7 in fecht aile is 
firusq//i. Coma, on Gam sin ita Sliab nGam, 

Gam the Bright-cheeked, a servant of Eremon the Great, 
son of Mil of Spain, 'tis he whom the crones ^ outraged as to 
his head, and they struck it off him, and they cast the head 
into the lake or into the well. And from the disturbance 
which the head caused to the well it has at one time a bitter 
taste and at another it is pure spring-water. Wherefore from 
that Gam Sliab nGam is so called. 

Sliab nGam, now Slieve Garaph, a chain of mountains in the co. of Sligo, 
O'Donovan, Foiir Masters, 1286, note d, where he says that « the name 
is incorrectiy translated Ox Mountains, because the natives believe that the 
true Irish form of the name is Sliabli dhamh, i. e. mountains of the oxen. » 

138. Loch Gile. 
(Lee. p. 498^). 

Loch Gili, chinas rohainmnigead ? 

Ni a)isa. Romra 7 Omra, da ri robadar sin moig dia ta in 

I. maiâi is obscure to me; but amaidi seems = animiti ofLL. 120» 11 
(Rev. Celtique, III, 176). 



146 Whitley Stokes. 

loch. Bai ingen la Romra .i. Gili a hainm, Dia rochuindig 
Omra do mnai Gili ingen Romra co r'er 7 co r'eitig an ingen 
eseom. Dia ndeachaid Gili la dia fothrucad co tobar robai for- 
sin maig an aimsir bai snigi ann co facaid in fear bai 'ca cuind- 
gid osa cind, cor'ba marb do nairi in ingen, co fuair bas isin 
tibraid. Co tainic a buime 'na doc/mi 'na diaid sin, co ra chai, 
7 is dona deoraib ro muidsedar uaithi 'sa tobar dorindi in loch, 
7 o Gili ingin Romra rohaiumniged . Undc Loch Gili dicitur. 
Corbo marb Omra do laim Romra a ndigail a ingine, 7 do- 
mebaid cromaidm cz^mad da chraidi 'na cliab fodesin do chu- 
maid a ingine, conad uaidib na da charn .i. carnn Romra 7 
carn Omra. Conad doib sin rocanad : 

Ingean Romra, GiU glan, 7rl. 

Romra and Omra were two kings who lived in the plain 
which became the lough. Romra had a daughter named Gile 
« Brightness ». Omra asked Gile Romra's daughter to be his 
wife, but she refused and rejected him. One day when it was 
raining Gile went to a well in the plain to bathe. She saw 
above her head the man who was seeking her. The girl died 
of shame and found death in the well. After her came her fos- 
termother and wept, and 'tis with the tears that burst from 
her into the well that she made the lough, and from Gile 
Romra's daughter, the lough was named. Hence Loch Gile is 
said. 

There Omra died by Romra's hand, in vengeance for his 
daughter, and a gore-burst of grief broke from his heart in 
his own breast for sorrow because of his daughter. So that 
from them the two cairns are named, to wit, Carn Romra 
and Carn Omra. Wherefore of them hath been sung : 

Romra's daughter, pure Gile, etc. 

Loch Gile now Lough GiU in the co. Sligo. 

Another death from excess of female modesty is commemorated by Kea- 
ting, who says (Halliday's édition, p. 296) that Fiai the wife of Lugaidh 
son of Ith died through shame because her husband had seen her nakedness 
as she was coming in from swimming (fuair Fiai bean Lughaidh mhic Ithe, 
bas do naire air fïaicsin a nochta dà céile ar tteacht 6 shnâmh dhf). 

The genesis of Loch Gile recalls the Egyptian tradition that the swelling 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 147 

of the Nile was caused by the tears of Isis for the loss of Osiris, whom 
Typho had basely murdered. SeealsoNo. 98 supra, for the origin of Loch 
Ruidi and two other Irish lakes. 

Gile is derived from gcî « bright », which seems cognate with yeXàv 
Xi[j.m'.y, Hesych. 



139. Âth Liac Find. 
(Lee. p. 501''). 

Ath Liag Find, canas rohammniged ? 

Ni ansa. Cath doradad it/r Find mac Cumaill 7 Fland mac 
Echach Abradruaid, conià annsin doroacht Sidengingen Mong- 
ain Sidig ^ co lig co slabrad oir do Find mac Cuma'ûl, co 
tard sin a laim Guaire Guill, co tairnic airm Find do chai- 
thim, co?nd iarwm tairlig [a lic^], co torcradar de tri meic 
Ecliach Abradruaid .i. Bran 7 Seanach 7 Senan, 7 torchair in 
liag isan ath, 7 ni fagaib 5 nech conasïagaïh Bé-tuinde 4 inge?i 
Nothra né Chalaid meic Co7/chind, coiiïd hi domheir araird ma- 
dain domnaig, 7 secht mhliadna iarwm co brath. [Unde Ath Liac 
Finn] 5, 

A battle was fought^ between Find son of Cumall and 
Fland son of Eochaid of the Red Eyebrows, and thither came 
Sideng, daughter of Mongan of the Elfmounds, unto Find son 
of Cumall with a flat stone and a chain of gold (fastened 
thereto). And Find placed it in the hand of Guaire Goll till 
he had used up his weapons, whereupon (snatching it from 
Guaire Goll) he flung his stone, and thereby fell three sons of 
Eochaid of the Red Eyebrows, namely Bran and Senach and 
Sendn. And the stone fell into the ford and no one found it 
till Bé-tuinde (« Woman of the Wave ») daughter of No- 
thair, or of Calad, son of Conchenn, found it. And 'tis shethat 



1 . sigid Lee. 

2. sic BB. 

3. fadaib Lee, forfagaib, H. 

4. con;/5 fadaib BechuiUi, Lee. 

5 . sic H. 

6. Hterally, delivered. 



148 Whitley Sîokes. 

brings it up (on shore) 011 a Sunday morning, and there are 
seven years thence till Doomsday. Hence Atb liac Find « the 
Ford of Find's flagstone ». 

Also in BB. 394'' 8 and H. 53a. Versified by Mael-Muru, LL. 163^24: 
Edited and translated by O'Curry, Manners and Ciistoms, II, 283-2S5, as 
an illustration of the use of the « champion's hand-stone. » 

Àth liac Find now the ford of Ballyleague, at Lanesborough, on the 
Shannon, above Athlone. Giiaire GoJl a name for Oissi'n or Ossian, Rev. 
Celt., VII, pp. 289, 300. 

Note the use of the présents /a^a/è and do-m-heir for the future. 



140. Druim Criaich. 
(Lee. p. 502^). 

Druim Criaich ^, canas roha'mmniged ? 

Ni ansa. Druim n-Airthir a hainm artus, co tardsad na tri 
Find-eamna catli dia n-athair ann, d'Eochaid Feidleach, do rig 
Herenn .i. Breas 7 Nar 7 Lothar a n-anmand, 7 a n-Eamain 
Mâcha dono rohoilead iad 2 — 710 eamain cach raed cengailii, 
7 do oentairbert rucad iad. 

Lodar tuaithbel Emin tar Febal 7 dar Eas Ruaid 7 dar Duib 
7 dar Drobais 7 dar Daill 7 dar Sligech 7 dar Senchorann 7 
dar Segais 7 dar Mag Luirg 7 dar Mag n-Ai 7 dar Mag Crua- 
chan, conad andsin rosiacht> Clothra a siur 7 rochai friu 7 
ros-poc, 7 adb^rt : « Ba saeth lim beith can clanda ! » 7 ro- 
chuindich a coimlebaid, r(;/ad[d]e dorala Lugaid Riab ndearg 
vnac na tri Find-eamna. IS airi doiio doronnad sin, cona gab- 
dais fircatha fria n-athair. 

Lodar iarsin o Chruachain tar Ath kiain arfud Midi tar Ath 
Féne, dar Findglais, dar Glais Tarsna, dar Glais Cruind, dar 
Druim n-Airthir. 

Tri tricha ced andsin im Eochaid. Timnais dono Eochaîd 
troscad ara mrtcaib im thelcaid + doib né im chairdi mis dô ) fr 

1. sicBB. and H. Criad Lee. 

2. rohaltait BB, and H. 

3 . dos roacht BB. dus roacht H. 

4. thelgad BB. thelcud H. 

5. do BB., H. doib Lee. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 149 

cath, 7 ni thucad do acht cath arnamdrach, 7 ros-mallaig Eo- 
chaid andsin iad, 7 adb^^rt: « Beidid mar tad a n-anmann », 
7 dobert in cath, 7 docliomairt .uii. mile [do suidib], 7 ro^- 
madmaid in meic^ im theora nonbaraib leo .i. nacnmur la 
Nar doriacht tir ind Nair 5 a n-Umall, conad ann dorochair ac 
Leith na cor, 7 naenmor aile am Breas co Dun mBres [p. 502''] 
co Loch n-Oirbsen, co ndorchair ann, 7 nonbar aile la Lothar 
dar Ath luain, co ndorchair and. 

Co tancadar a tri cind co Druim criaich^ [ria n-aidchi], co- 
nad and isbert Eochaid in mbreithir, nach ngebad mac andiaid 
a athar flaithiMi^ Temra can nech etwrru on dail sin anuas. 

Unde Druim criaich 5 dicitur. 

Druim nAirthir (« Ridge of the east ») was its name at 
first, till the three Find-emna (« Finns of Emain ») gave battle 
to their father there, even to Eochaid Feidlech, king of Ire- 
land. Bres and Nar and Lothar were their names, and in 
Emain Mâcha they were reared. Or emai)i is every thing con- 
nected, and at one birth they were brought forth. 

They marched through the north of Ireland over Febal and 
over Ess Rûaid, and crossed (the rivers) Dub and Drobdis and 
Dali and Sligech, and over Senchorann and Segais and Mag 
Luirg and Mag nAi and Mag Cruachan, and there their sister 
Clothru sought them, and wept to them, and kissed them. 
And she said : « I am troubledat being childless », and she en- 
treated them to lie with her. And thence was born Lugaid 
Red-stripes, the son of the three Find-emna. This was donc 
that they might not get « truth of battle » ^ from their father. 

Thereafter they marched from Cruachan over Ath lûain 
throughout Meath, over Âth Féne and Findglais and Glais 
tarsna and Glais Cruind and Druim n-airthir. 

Thrice three thousand were then with Eochaid, and he or- 

1 . MS. repeats 7 ro. 

2. imeid, Lee. in meit BB. an meic H. 

3. sic H. tiriNair Lee. 

4. sic BB. criaid Lee. 

5 . criaid Lee. 

6. i. e. I suppose, fair play in fight. 



1 50 Whitley Stokes. 

dered a fast against his sons to overthrow(?) them, or to make 
them grant him a month'strucefrom battle. Nought, however, 
was given him save battle on the morrow. So then Eochaid 
cursed his sons and said, « Let them be Hke their names ». 
(Noise and Shame and Trough). And he dehvered battle (to 
his sons and their troops), and crushed seven thousand of 
them ; and the sons were routed with only thrice nine in their 
Company, to wit, nine with Ndr, who reached Tir ind Ndir in 
Umall, and there he fell at Liath na cor ; and nine others with 
Bres at Dùn Bres by Loch Orbsen, and there he fell ; and 
nine others with Lothar over Âth lûain, and there he fell (and, 
like his brothers, was beheaded). 

Then before nightfall their three heads came to Druim 
Criaich, and there Eochaid uttered the word, that from that 
time forward no son should ever take the lordship of Tara 
after his fiither unless some one came between them. 

AIso in BB. 394^45 and H. 55b. Versified by Cuan hua Lothchain, 
LL. 151. 

Druim criaich, nowDrumcreein the co. Westmeath. Criaich, says O'Curry 
(Mattiiers and Ciistoms, II, 145) « is composed of «•/ the heart and acli a 
sigh or moan : because ever after the monarch Eochaidh Feidhlech received 
the heads of his three rebelhous sons on this hill, sighs and moans never 
ceased to issue from his heart. » But cri means « body, » not « heart, » and 
O'Curry's etymology is given in the Côir Anmann as the explanation of 
feidlech, not criaich : No Eochaid feidhil-uch .i. fada .i. feidhil .i. uch comôr 
minic lais, ar ni dheachfl/^ a thinnius asa chridiu 6 romarbhait a maccu lais 
a cath Droma Cri'adh, co fuair feîn bas, cona[dj ar in fotha sid asberar Eo- 
chaid Feidhk'ch fris, H. 3. 18, p. 575. 

Uiiiall now the Owles in co. Mayo. Loch Orbsciinow Lough Corrib. Ath 
lûain now Athlone. 

The répulsive taie of Clothru's incestuous intercourse with her three 
brothers is told, with some variation, also in LL. 124^, Unes 41-55. See 
too O'Mahony's Keating, pp. 287. 288. 



141. TuAG Inbir ocus Loch n-Echach. 
(Lee. p. 503O. 

Tuag Inbir 7 Loch nEchacb, canas i-ohàinïïiiiigtbea ? 

Ni aiîsa. Tuag ingen Chonaill Chollamrach, dalta Chonairi 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 5 1 

môir meic Ewrsceil, is and roalt, i Temraig^, co slogaib mora 
d'ingenaib rig Hmnd uimpi diahimchoimed. O hindi(?) im- 
morro co cend a .u, mhliadan ni ro leiced fer ind dia himcha- 
sain co wgabad ri Herenn a himchomarc. Rodfai[d] dono Ma- 
nannan techta ina dochum .i. Fer Fidail mac Eogabail, dalta 
do Manandan, drai do Thuathaib de Danann, a richt mnai dia 
cainteglach boden, co mbai teora aidche ann. 

Isin cheathromad aidche immorro À. aidchi luain, rocha- 
chain in drai bricht suain osin n-ingin, conas-hrgaïb fair co'hln- 
bear nGlais, ar ba head a cedainm. Conas-hirim ar lar 'na 
suan conigsed d'iarraid curaig ^, 7 nirb'ail do a diiscud conas- 
bearad 'na suan i Tir Ban thsuthain, co tanic tond tuili dia eis, 
coro baidead in ingen. \]nde Tuag3 Inb/r. 

Doluid do/70 Fer Fidail mac Eogabail [roime] dia thig, 7 
r«j-marb and Manandan ar son a mignima. 

Loch n-Echach \n\morro, is sund adfédar^ .i. Eochaid mac 
Maireada, brathair sen 7 Rib, co rongradaig ben a athar 5 .i. 
Eiblind ingen Guairi — is uaithi ainmnigther Sliab n-Eiblindi. 
Lodar rompo for imirgi a hirluachair co Brega 7 co Brug 
vaeic in Og. IS and bae Aengwj foracind, 7 dlomais friu, 7 
marbais a mbuar in aidchi sin 7 a n-echu ^ arnamarach, 7 
romaed marbad na muintin in treas aidche [p. 503''] mina 
deachdais uad, 7 con-aitcheadar iarwm imarchor a n-elba 
uad, 7 dorad doib each, 7 adbeart a athchur7 dia tig siu sre- 
blad a fual. Mus-luat^ for cai mis medon fogamair9 feascz^r 
luain i Liathmuine. Annsin deiUich^° a n-ech leu" iar car a 
n-elba de, 7 silis a fual co mbo tibra a talmain. Dognithir 
tech im suidiu ^% 7 gabais Eochaid flaithis n-Ulad co mbai 
nai mhliadna dec i n-Emain. 

1 . a temraid, Lee. 

2. curaid, Lee. 

3 . tuad, Lee. 

4. Loch neaehach sunn mwiorro is and adberar iw adfedar, Lee. 

5 . coro gradaid ben a athair, Lee. 

6. an élu, Lee. 

7. sic BB. air, Lee. 

8. sic BB. and H. musleath, Lee. 

9. fodamair, Lee. 

10. Lee. inserts anellach. 

11. sic BB. lem Lee. 12. l'msiudiu, Lee. 



IJ2 Whiîley Stokes. 

IS ann luid Lind-mune tar Liathmuine, cor' baidead Eo- 
chaid 7 a cland uile acht mad Dairiu 7 Conaing, conad o Cho- 
naing Dal Selle 7 Dal mBuain. Cet \Aiadan iar nge[i]n Ocist 
ann sin. [Unde Loch n-Echach dicitur]. 

Tuag daughter of Conall CoUamair, fosterling of Conaire 
the Great, son of Etarscél, there was she reared, in Tara, with 
great hosts of daughters of the King of Erin around her to 
protect her. Now from... to the end of her five years no man 
was allowed to see her, so that the King of Ireland might hâve 
the asking of her. So Manannan sent her a messenger, even 
Fer Fidail se x of Eogabal, a pupil of Manannan's and a druid 
of the Tuat^^a dé Danann, in the shape of a woman of his 
own fair household, and there he remained for three nights. 

On the fourth night, however, a Monday night, the druid 
sang a sleep-spell over the girl, and carried her to Inber Glais, 
for this was the first name of Tuag Inbir. There he laid her 
down in her sleep while he went to look for a boat, and he 
wished not to awake her that he might take her while sleep- 
ing into the Land of Eternal Women. But a wave of the 
floodtide came after him, and the girl was drowned. Whence 
Tuag Inbir . 

Then Fer Fidail son of Eogabal fared forth to his house, 
and there Manannan killed him because of his misdeed. 

Hère now is declared Loch n-Echach « Echaid's lake » (so 
called from) Eochaid son of Mairid and brother of Rib, whom 
his father's wife Eiblenn Guaire's daughter loved. 'Tis from 
her S lia b n-Eiblinmïs named. They fared on a flitting from 
Irluachair to Bregia and Brug maie ind Oc. Oengus was 
there ahead of them, and he rejected them and on that night 
he killed their cattle, and on the morrow their horses, and 
he threatened to kill their households on the third night un- 
less they went away. So they begged him for carriage for 
their goods, and he gave them a horse, telling them to send it 
backto his house before it staled. In the mid-monthof autumn, 
on a Monday evening, they wend their way into Liathmuine. 
There their horse lies down, after their goods had been taken 
off him, and he lets his urine flow till it became a well in the 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 5 3 

earth. Round this a house is built, and Eochaid takes the lord- 
ship of Ulster and dwelt in Emain for nineteen years. 

Then went Lind-mùne over Liathmuine, and Eochaid was 
drowned with ail his children save only Dairiu and Conaing. 
And from Conaing Ddl Selle and Ddl mBuain descend. 'Twas 
then a hundred years after the birth of Christ. Hence Loch 
nEchach « Eochaid's lake » is said. 

Also in BB. 395b ^o and H. 54b. The part relating to Tuag Inbir is in 
Bodl. no. 46 (whence edited in Folklore, III. 510, 511), and is versified in 
LL. 1521». The part relating to Loch n-Echach is in Ed. fo. 4^2, whence 
edited in Folklore, IV, 474-5. See also Aided Echach maie Maireda, LL. 
j^a-^gb^ edited by Crowe in 1870, and5//z'a Gadelica, II, 483, 484, 532. 

Tuag Inbir the mouth ofthe river Bann. Loch nEchach now Lough Neagh. 
Sliab nEiblindi now the Slieve Phelim mountains Irluachair'm the S. E. of 
the co. Kerry. Brug nieic ind Oc, the plain through which the Boyne flows. 
Lind mûine (« stagnum mictus ») not identified : niûine gen. sg. of Cor- 
niac's vnîn « urine ». Ddl Selle (^ Dal Saline, LU. 39b) not identified. Dâl 
mBuain the tribe and district on each side of thè river Lagan, from Moirà to 
Belfast. 

As to the elf Fer Figail see Rev. Celtique, XIII, 458 where he is called 
Fer fi. 

142. Benn Bôguine. 
(Lee. p. 504^). 

Beand Bogaine, cznas vo\\d\nm.niged ? 

Ni ansa. Bo do buaibh^ Flidaisi ingine Gairb meic Greas- 
caid^ mna Aililla Feasfonnaid 3 adrulla and coro thai da laeg .i. 
laeg fireann-7 laeg boineand, 7 fiadaigis4 dono s'A na bo sin 
ann co wad fêta ni dib, cor'bad lana na muigi dib. Intan dono 
no gesed in tarb bai ocaib no thiagdais ba in tire comfoco[i]s 
ina ndochum, 7 ni thictis5 iar«m. Banbruigiu bai andsin .i. 
Echdar ingen Uatha sin, bean sin Bruachda meic Baisgil. Bai 
[for] altrom dono la side .i. Fiacha mac Neill. Doluid dono 



1 . sic B. buaid Lee. 

2. Gresaigh BB. and H. 

3. feisroinnigh BB. fesroinigh H. 

4. sic B. fiagais, Lee. rofiadaig LL. 

5. thicdisBB., tictis H. bligdis Lee. 



1 54 Whitley Stokes. 

in bo boi 'na beola sm fo ge[i]m in tairb ucud. Dlomais dono a 
buime Fhchaig j adb^rt nad ebelta le he for a lacht co tisad 
leis in bo ro thom[l]acht ina beolu no coro bebsad in [m]buar 
n-angbaid. Doluid Fiacha riam co ro slecht^ in buar uile, co 
n-ehen : « Is bo-guine andso 7 bid [sed] ainm na benni [se] » . 
Unde dîcitur Beann Bogaine. 

A cow of the kine of Flidas, daughter of Garb son of Gres- 
cad, wife of Ailill Fesfonnad, escaped there and dropt two 
calves, a buU-calf and a cow-cali, and the otfspring of that cow 
went wild, se that nought could be done with them, and the 
plains were full of them. Now when the buU that was with 
them woLild bellow the cows of the neighbouring country 
would go to them, and then they would not come (back). 
There was a female hospitalier there, namely Echdar daughter 
of Uathach, wife of Bruachaid son ofBaisgel. With her, then, 
in fosterage was Fiacha son of Niall. Now the cow that was in 
front of her went ofF at the roar of y on bull. So his foster- 
mother declared to Fiacha saying that he would not be nou- 
rished by her on milk until the cow that was milked before 
her should come back with him, or until he should kill the 
wicked cattle. So Fiacha started off and eut down ail the 
cattle, and said : « There is a cow-slaughter ! » Qô-guine), and 
this shall be the name of the peak. « Whence is said Benn Bé- 
guine « peak of cow-slaughter ». 

Also in LL. 163» 45 : BB. 397^3: H. 55b; and Ed. fo. 4=* i,fromwhich 
last the story lias been edited in Folklore, IV, 473. 

Betiu Boguine notidentified. A man's name Bogaine occurs in LU. 70^ 14. 

As to Flidais, see LL. 147» 35 — 248^ 11. The clher names vary. Fiacha 
is Find (LL.) or Fiadchad (Ed.) : Echdar is Ane (LL.) ; Uath is Uathach 
(LL.). 

143. Sll\b Betha. 
(Lee. p. 505O. 



Sliab Beatha, cann j roh'xinmnigcd ? 
Ni ansa. Bith mac 

I coro slechtaib, Lee. 



Ni ansa. Bith mac Nae dono doriacht la Ceasair ingin Bea- 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 5 5 

tha meic Nae ceathracha trath ria ndilind dochum nErind ar 
imgabail [na dilend ^J, ut dicituv in Capturis Hiberniae. IS ead 
dono luid Bith rena shecht mnaib dec iar cedroind a .xx.u. im- 
morro iar mbas Ladraind ^, conïd andsin rongab 5 crithgalar, 
cow-apadde, cona ro adnaicsead na mna i carn [mor]4 SIebi Be- 
tha5. Unde Sliab Betha^ diciîur. 

Now Bith son of Noah, forty days before the Déluge, came 
with his daughter Cesair to Erin to avoid the flood, as is told 
in the Capturae Hiberniae. After the first division (of the fifty 
women who had corne to Ireland with him and Cesair, Ladru 
and Finntan) Bith went (to Sliab Betha) with his seventeen 
wives, — or (if it was) after Ladru's death, his twenty-five 
wives — and there an ague attacked him, whereof he pe- 
rished. And the wives buried him in the great cairn of Sliab 
Betha. Whence Sliab Betha « Bith's mountain » is said. 

Also in BB. 397^18: H. 56^ ; and Ed. fo. 4'' i. The Edinburgh version 
is much fuller, and has been published in Folklore, IV, 477. 

SUah Betha now Slieve Beagh, a mountain on the confines ofFermanagh 
and Monaghan. 

For an account of the two divisions of the fifty women that accompanied 
Bith and his comrades to Ireland, see O'Mahony's Keating, p. 108. As to 
his death, accordiog to Gilla Coemâin, LL. 127a, he died, not of ague, but 
of grief for his only son (marh de chumaid a oenmeic). 

The Capturae Hiberniae (« Gabâia Hérenn ») is raentioned also in the 
Bodleian version of the dindsenchas of Nemthenn (supra no. 83), and 
should be added to O'Curry's Hst of lost books, Lectures, pp. 20, 2i. It 
doubtless corresponded in substance with the O'Clerys' compilation called 
Leahhar Gahhâla. 

144. Âth nGabla ocus Urard. 
(Lee. p. 505*). 

Ath nGabla 7 Urard, c'àwas ïo:m\m.niged ? 

Ni ansa. Ceithri haraid badar la hOrrlam m^îc [nJAililla 7 

1 . sic BB. and H. 

2. iar mbas laidlindi no Ladraind, Lee. 
3 . sic BB. rogob, Lee. 

4. sic BB. and H. 

5. sic BB. and H. beathad, Lee. 

6. Beathatha, Lee. 



156 Wintley Stokes. 

Meadba. Dolodar aniar iar Tain bo Cn^ihigi. It e annso a n- 
anmand .i. Fraech 7 Foichnem 7 Err 7 Indell, ceithri meic 
Uraird m^/c Ainchindead ^ \wcic Fir da Roth. Rodw^-marb Cu- 
chulaind oc Ath Greancha, co tue gobai ceithri mbeann fo a 
cinnu^ uasan ath. Unde Ath nGabla nom/;mtM;'. 

Dia dard [Feargus] in fecht for[d]dail for slogu 'Exenn oc 
3uma nGranarda aniar for Grellaich Sruthra [.i.] Sruthar 
Chuillindi 7 Sruthar Gartchon, intan tangad^r .iiii. meic 
Uraird aniar îor Tebthae [p. 505''] ndesctTt', is and doluid 
Urard la Brig-le[i]th aniar, co faca dendgor na sHged do chairp- 
thib a mac 7 dodrui*"ien com[b]ad [iar] maidm for firu Olneg- 
macht 7 com[b]ad .ar mbas AiHlla 7 Meadba 7 a cheithri 
mac, coro dianaigh4 a eocho .i. Cnamrad 7 Cruan a n-an- 
mann — coro daised 7 coro dergenset a aided i Fan Chruainî. 

\Jr\âe Urard 7 Ath nGabhi 7 Tulach Cnamraid 7 Gleand 
Cruain no[min]a[n]tur. 

Orlam a son of Aihll and Medb, had four charioteers. They 
went from the west after the Driving of the Kine of Cuahige. 
Thèse were their names : Fraech and Foichnem, Err and In- 
dell, four sons of Urard son of Ainching, son of Fer dd Roth. 
Cùchulainn killed them at Ath Grencha, and put a fork with 
tour points under their heads over the ford. Whence Ath 
nGabla « the Ford of the Fork », hath its name. 

When Fergus made the successful expédition from the west 
against the hosts of Erin at Duma Granarda on Grellach Sru- 
thra, i. e. Sruthar ChuilHnne and Sruthar Gartchon, at the 
time that Urard's four sons came eastward upon southern 
Tebtha, then went Urard from the west by Bri Leith. And he 
saw the dendgor (?) of the road (made) by his sons' chariots, and 
he thought that the men of Connaught had been defeated, and 
t'iiat Ailill and Medb and his four sons had died. So he has- 
tened his horses — Cnamrad and Cruan were their names — 



1 . Amchingedh BB. Aincingedh H. 

2. sic BB. fochind, Lee 

3 . sic BB. for test, bai andesct'rt Erenn, Lee. 

4. coro dianaid, Lee. 

5 . sic BB. condearcnaidsead a fan chruain, Lee. 



ri, 



Br 



fnrious and luiicu 
„ Cruan s Slope ^^ ^^q^j^u ana ,^ ^^^ 

^l^™",. % '» nd Gie«» Cruan. « Cruan 
« Cnamrad s tiui 

Vub tbe four heads (on it), 

,45. COIRE MBRECCÀm. 

(Lee. p- 505')- 



2. sicBB.mleatbLec 
3- Revue Ce/ti^"^. ^*'^- 



ijS Whitley Stokes. 

fothuaid .i. comrac na n-'ûmuin aiiiar 7 anair, an[d]eas 7 a, 
tuaid, co cuir cach dib im thuaim ^ araile, co tuitid sis a fu- 
domain ^, co mbai amail choire n-obelda doleic in loim sis 
suas, co cluinter a escal amn// thoraind dochein. Q?;/aid ann 
dorala Breacan m^cParthalo[i]n doluid co fuaill 3 7 imtholtain 
o[a] athair a 4 hErind, coro[m]baid a coccait cwrach. 

IS and dono [dojrola Brecan mac Maine meic Neill .1. cu- 
raclî oc coimchennuch "i, coro baid[ed] ann, 7 ni therno dib 
acht a scela [o orgain], 7 ri. 

IS and [didiul dorala Colam cilli iar ce[i]n, dia rochoime- 
rich in muir fri; , dia [tuajrgaib cnama Br[e]acain meic Maine 
vaeic Neill, dia n-ebairt Colam cilli « Condolb sin, a sein- 
Breacain », 7rl. 

A great whirlpool there is between Ireland and Scotland 
on the norrh. It is the meeting of many seas, from east and 
west, from north and south ; and each of them hurls (itself) 
round another's place, so that they fall down into the deep, 
and it resembles an open caldron which casts the draught 
down (and) up, and its roaring is heard like flu'-oif thunder. 
Into this came Parthalon's son Breccdn, who went with pride 
and wilfulness from his father out of Ireland, and it drowned 
him with (his) fifty boats. 

It was there, also, that Breccdn son of Maine, son of Niall 
(of the Nine Hostages) with fifty boats was drowned while on 
a trading venture, and nought of them escaped save the tid- 
ings of their destruction. 

It was there, too, a long time after, that Colomb cille chan- 
ced to be, when the sea rose up against him and upheaved 
this Breccdn's bones. And Colomb cille said : « That is 
friendly, thou old Breccdn », etc. 

Also in BB; 398^33 and Ed. 4b 2. Edited (fromEd.)in Folklore, lY, 478. 
Translated in Reeves' Vita Columhae, pp. 262-3. See also Cormac's Glos- 
sary, s. v. Coire Brccciin. 

1 . sic BB. a thuaim Lee. a thoaira H. 

2. co tuitet sis hi fudomnaib, BB. 

3 . ar uaill BB. and H. 

4. sic BB. and H. co, Lee. 

5. ocomcenduch BB. ochoimchennach, Lee. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 159 

Coire niBreccâin « Breccân's Caldron », is, according to Reeves(F//a Co- 
lumbae, 29, 121) the dangerous sea between Rathlin Island and the north 
coast of Ireland, and not the strait between Scarba and Jura, which is now 
called Corryvreckan. In his Ecclesiastical Antiquities, p. 386, he identifies 
it with the Jôlduhlaup of the Laudnâmaboc. But see Todd, Wars of the 
Gaedhilwith the Gaill, Ixxv, note 2. 

As to Partholon see above, No. 134, and O'Mahony's Keating, 83, 
Ï14-1 16. 

Colomb cille's adventure in Coire mBreccâin is thus told by O'Donnell 
in the Bodleian manuscript (Rawlinson B. 514, fo. 50^2): Dia mboi Coîum 
cille ag dul a nAlbain iar mordhail gur' eirig Coire Brecain rena ucht, gur 
chuir cnama Brecain m/c Maine m/VNell .ix. giallaig fora uac/;tar robaidh^^h 
ann fria re ciana roime sin, gwr ro aithin Coliim cille tre sp/raid faidhedo- 
rsLchta. gur biad cnama Brecain robôi ann, co «deabflzrt : « Is forbaid frimsa 
sin, a tsen-Blirecain, » or se; 7 roguid Coluiii cille annsin air Brecan comis- 
fuair fochruidh nimhe dô. 

When Colomb cille was going into Scotland, after the convention (of 
Druim ceta), Coire Breccâin rose before him and cast up on its surface the 
bones of Breccan son of Maine son of Niall of the Nine Hostages, who had 
bcCTi drowned there a long time before. And through a spirit of prophecy 
Colomb cille recognised that it was Breccân's bones that were there. So he 
said : « That is great affection for me, thou old Breccan, » saith he. And 
then Colomb cille prayed for Breccan and got for him the reward of heaven. 



146. Benn Foibni. 
(Lee. p. 506''). 

Beand Foibne, C2inas rohûnmniged ? 

Ni ansa. Foibne mac Taircliealtain, deogbaire Echach Ailt- 
leathain meic Aililla Caisfiaclaig^, is e robuail Illand mac Ear- 
clain mdc Doithre, ri Slebe Mu[g]dorn, os gualaind Echach 
Ailtleathain i n-ailt Midchuarta i Temraig Breg^. Doluid riam 
fothuaid [i]arfud mBreg. MMi--leic Feargna Fear gai leathain 
inadiaid, 7 im«n"acht5 riam as cach bc[i]nd [in-aroile] cusiw 
mbe[i]nnn-ucud. Ccwidamirod-mert. Um/6'BennFoib;»'d/a7i/r. 

Foibne son of Taircheitan, the cupbearer of Eochaid of the 
Broad-joints son of Aihll of the Twisted Teeth, struck Illann 



1 . caisfiaclaid, Lee. 

2. in ailt Midluachra i Temra/V Luachra no i T&varaig Brcg, Lee. 

3. sic BB. musriacht Lee, musrachtH. 



1 6o Whitley Stokes. 

son of Erclan, son of Doithre, over the shoulder of Eo- 
cliaid of the Broad-joints in the house of Midchuairt in Tara 
of Bregia, Then he went northward throughout Bregia. 
Fergna the Man of the Broad Spear hurled himself after him, 
and drove him before him from one peak to another, even 
unto yonder peak (Benn Foibni), and there he killed him. 
Whence Benii Foibiii « Foibne's Peak », 

Also in BB. 399^ i : H. 57b: Ed. 4^2. Edited (from Ed.) in Folklore, 

IV, 479- 

Beitn Foibnt is according to Reeves (Vita Cohtmhae, p. 275, note c) 
« now Benyevenagh, a conspicuous mountain-brow over Lough Foyle in 
the parish of Tamlaght Ard. » 

Eochaid Ailththan is said to hâve been overldng of Ireland from A. M. 4788 
to A. M. 4804, as was his father AiHU of the Twisted Teeth from A. M. 4758 
to A. M. 4782. 

147. Mag LÉIGE. 
(Lec. p. 523^). 

Mag Leigi, cana.r ra hdinTaniged ? 

Ni ansa. Liag ingen Trescadail ms/c Buain meic Bealaig do 
Fomorchaib [p. 523''] .i. siur do More mac Deileadh. Ba hi 
dobid ag tûr 7 ag lovuus chana for ck;î//aib Neimeadh o More 
mi^c Deilead 7 o Cowaing m^îc Faebair. Is amkfJ àono dobidh, 
7 cingid [nô] liach iaraind lé, 7 tri .1. a lan na leigi sin o 
cach teallach a nEùnn do chk»//zaib N^//àd [.i.] cd/Va Idn eatha 
7 lachta, .1. àono do min glain ^ 7 .1. lan imme 2. 

Fograid àono clanda Né';;ndh cath for More 7 for C(:i??aing. 
An tan tangad^r sil Nrmid sidr do chur chatha imrecaib 7 
Liach ar Muig Leigi, 7 cis airthir Ert',7;/ lé 'cd idnacul do Thur 
Cowaing, co rwi^-marb Britdr mac Vergus:\ Leit[h]dg/rg, 7 ra 
adais ' clanda Ni'/;/id imo hainm do beith forsin forand indro 
marbad. \]nde Mao; Léhe dicitur. 



1 . m'vig lain, Lec. 

2. loma, Lec. 

3 . ra adaid, Lec. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 6 1 

Liag, daughter of Trescadal son of Buan son of Belach of 
the Fomorians, was a sister of More son of Delà. 'Twas she 
that used (to be sent) by More and by Conang son of Faebar 
to seek and measure the rent due (to them) from the clans of 
Nemed. Thus then she used to be, a goblet ^ (or) skimmer of 
iron she had; and thrice fifty fiUs of that skimmer were levied 
from every household of the clans of Nemed in Erin, (na- 
mely) fifty fills of corn and milk, fifty fills of pure flour, and 
fifty fills of butter. 

Now the clans of Nemed challenged More and Conang to 
battle. When Nemed's offspring were marehing westward to 
fight them, Liach happened ^ to be on Mag Léige, with the 
tribute of the east of Ireland whieh she was taking to Tor Co- 
naing (« Conang's Tower »). So Baitar son of Fergus Redside 
killed her; and the clans of Nemed allowed lier name to be on 
the land where she was killed. Whence Mag Léige « Liach's 
Plain » is said. 

Only found (so far as I know) in the Lecan copy of the Dindsenchas. 
But the story is told by Keating, pp. 125-126 of O'Mahony's translation, 
and see LL. 6*43-51. 

Mag Léige not identified. Tor Conaing on Tory Island, off the N. W. 
coast of Donegal. 

As to Nemed and his sons (Starn, Fergus, Ardân, Annind) see LL. 127». 



148. SÉIG MOSSAD. 

(Lee. p. 523''). 

Seg Mosad, chinas rahainm/z/o-^^ ? 

Ni ansa. Mosadh [p. 524''] vaac Main meic Idir m^fc [Fjleisci 
findi eo fuair seig a Fidh Eoin, 7 ro biath co forbairt iar//m 
co n-ithead na graigi 3 7 na tainti 7 na daine [dessaib 7 tria- 



1 . cingid = Cormac's cingit. 

2 . inirecaih^= imreaccailé À. teagmhail, imreaccaibh doibh .'-.. tarla doibh, 
O'Cl. =: imrecaun, LL. 10%'° 10, the sigmatic aorist sg. 3, oi immccmaingim. 

3 . graidi Lee. 



i62 Whitley Stokes. 

raib]^ O na fuair a daithin dofeall ara oidi co n[d]uaid isin 
muigh. Unde Seg Mosad dicitur. 

Mossad mac Main grindi gel 
mac Fleisci findi, fo an fer, 
ailis ség fri seal subaigh, 
robo mer don m6rc/;/o'aidh. 

Mossad son of Maen, son of lar, son of Flesc the Fair^ 
found a hawk in Fid Eôin (« Bird's Wood »), and fed it so 
that it grew ? id ate up the horse-herds and the flocks and the 
human bein^s by twos and threes. When it could not get its 
fill it turned on its fosterer and devoured him on the plain. 
Whence Séig Mossad is said. 

Mossad son of Maen, a bright band. 
Son of Flesc Find, good was the man, 
Nurtured a hawk for a joyous time : 
It became furious to the great champion. 

Also in LL. i6ob 37 and Bodl. no. 24. Edited from Bodl. in Folklore, 
III, 490. 

St'/V Mossad not identified, but Mag Mossad or Mag Mossaid is located by 
O'Curry (Lectures ou MS. Materials, 485 note) in the barony ofEliogarty, 
co. Tipperary. Fid Eôin z:; Mag Eôin, Ed., not identified. 

The story reminds one of the Latin proverbs : in sinu viperam habere : 
viperam nutricaresub alâ. 



149. Brefne yrl. 
(Lee. p. 524-^). 

Breifne, amas rohainmiiiged ? 

Ni ansa. Brefne an bangaisgeadhach .i, ingen Beodin m^fc 
Beothaig meic Iarmuine/1 flitha mac Nt'/;ùd, rodoscomraig and 
7 Ragan Anglonnach do clannaib Caim .i. taiseach tegLaig 
Aeng//ja m^-Zc inn Oig, co ndrochair leis inn ingen 2. Unde 
Breifne dicilur. 

1 . sic LL. 

2. leisin ningin Lee. 



The Rennes D'indsenchas. First Supplément. \6\ 

Luid ^ àono Ragan co liAill mcic Asuaill, cor' marb^J and la 
Tuaith Dé Danann. Unde Tuaim Ragain dicitur. 

Mag Innusa À. o Innus ingin Breis meic Ealathan ainmni- 
giher. 

Sliab Fraech .i. Fraech do muindt/r Ceasrach adbath and, 
dia mbadrtr andiaid Finntain. Dochuirsed cloch cach mnafM/Vri 
isin tsliab. Unde Sliab Fraech dicitur. 

Mag Slecht .i. is ann dosler/;fsad fir Erenii do Crom Chruach 
im Thigernmas mac Folk/V/;^ co ndorchair deicb cet 7 tri mili 
dib. Unde Mag Slecbt, 7 Mag Senaig a ainm anus. 

Unde Breifne dicitur. Findtan doroine : 

Brefne ca hadbar dla fuil, 7rl. 

Brefne the woman-cbampion, daughter of Beôdn son of 
Beothach, son of larmuinél the prophet of the sons of Nemed, 
there encountered Ragan Anglonnach of the clans of Cam, 
the chief of the household of Oengus Mac ind Ôc, and by his 
hand the girl fell. Hence Brefne is said. 

Then Ragan went to Aill meic Asuaill « the Rock of 
Asuall's son », and there he was killed by the Tuath Dé Da- 
nann. Whence Tuaim Ragain « Ragan's tumulus » is said. 

Mag Innusa is named from Innus daughter of Bres, son of 
Elathu. 

Sliab Fraech, that is, Fraech (one) of Cesair's household 
died there when they survived Finntan. On the mountain 
they put a stone for each woman. Hence Sliab Fraech is said. 

Mag Sh'cht : 'tis there that the men of Erin around Tigern- 
mas son of FoUach, prostrated themselves to Crom Cruach; 
and of them fell ten hundred and three thousands. Whence 
Mag Slecht « Plain of Prostrations », but Mag Senaig « Se- 
nach's Plain », had been its name at first. 

Whence Brefne'is said. Findtan made (the following poem): 

Brefne, from what cause is it ? etc. 

Found only in the Lecan copy of the Dindsenchas. 
Brefne now the counties of Cavan and Leitrim. 

I . Luig Lee. 



164 Whitley Sîokes . 

Mag Innusa and Sliah Fraech not identified. 

Mag Slecht v. supra no. 85. As to the death there (from plague) of Ti- 
gernmas and most of the men of Erin, see LL. i6b, 127b. 

As to female champions or warriors in Ireland, v. supra no. i, § 27 
(Diimae na wbananius) and see Battle of Ventry, éd. Kuno Meyer, pp. 76-77, 
and Lives of Saints from the Book of Lismore, 1. 4832 and p. 361'. As to the 
Russian polinit\i see Folklore, I, 470-1. 



150. Loch Laiglinni. 
(Lee. p. 524^*). 

Loch Laiglindi, cana^ ro\yàmvc\niged ? 

Ni ansa. Laiglindi mac Parrthabm 7 Dealbnad ingen Locli- 
taigti a màihair. Tainig Laigl/n//t' .1. laech co Tipraid D^ra 
raeic Sceara. Ramebaidh tond tairrsib, cor' baid Laigl/nng con^ 
A. laecli, co nderna[d] loch de. \Jr\dc Loch LaighW/ àicitur; 7 
adbath Dealbnad immorro a màthan, bean Parrth«/o/«^ dia cu- 
maid^ cona .1. mgen. 

Laiglinne was son of Partholon, and Delbnat daughter of 
Lochtach was his mother. With fifty warriors Laiglinne came 
to the Well of Dera son of Scera. A wave burst over them and 
drowned Laiglinne with his fifty warriors, and thereof a lake 
was made. Hence we say Loch Laiglinni « Laiglinne's Lake ». 
And his mother Delbnat, Partholon'swife, with her fifty maid- 
ens, died of grief. 

Found only in the Lecan copy of the Dindsenchas. 

Loch Laiglùmi not identified. It was in Hùi maie Uais Breg, in East 
Meath, to the S. W. of Tara, See Four Mastcrs, A. M. 2535, where the 
lalie is said to hâve burst forth when LaigUnne's grave was dug. 

As to Parthalon see above, No. 134. 

151. Loch Cenn. 
(Lee. p. 524b). 

Loch Ceand, can(75 rohainm?»^^^ ? . 

Ni ansa. Cath doradad araili la [la] Colman Môr mac Diar- 

I . cumaig, Lee. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 165 

mada 7 la Cairpri mac Each[ach] meîc Aengusa meic Nad- 
fraeich, co ndorchair Colman and iar maidm chatha fair, co 
tucadh isin Loch Cend, 7 nai cet cenn do chennaib a sluaig 
mailli fris. UndeLoch Cenn dicitur, 7 Loch Silenn roimi sin é. 

On a certain day a battle was fought by Cohndn Môr son 
of Diarmait and Cairpre son of Eochaid|son of Oengusison of 
Nat-frâich. After being routed in battle Colman fell and was 
cast into Loch Cenn, and together with hini nine hundred 
heads of the heads of his army. Hence we say Loch Cenn 
« Lake of Heads », and before that it had been Loch Silenn. 

Found, so far as I know, only in the Lecan copy of the Dindsenchas. 

Loch Cenn not identified. But there is a Loughnagin (= Loch na gcenn) 
in Donegal (Joyce, p. 213), which may perhaps be the lalve in question. 

Cohnan Môr mac Diarmuta is said by the Annahsts (F. M. at A. D. 552, 
Annals of Ulsterat 5^4, and also 557) to hâve been killed by a Pict named 
Dubsloit ; but they are silent as to the place of the occurrence. 

152. Mag nDumach. 
(Lee. p. 524''). 

Mag nDumach, CMias roha'mmnigcd? 

Ni ansa. Cath doradadh etir Eber^ 7 Eremon ann, dd mac 
Mïled, um na tri dromandaib as deach bai a nEr/;/« .i. Druim 
Cresach 7 Druim Beitheach a cuid Erimoin [7 Druim Fingin a 
cuit Ebir). Ba bec lé hEber aen druim 'sin leith tes 7 a dô 'sin 
tir thuaid, 7 adb^rt Erimon na fuigthea^ uad a chuid. F^r- 
thair cath eatorru. Ra meabaid tra îor Eiher, co ndorchair and 
Eib^r 7 Palap mac Erimoin Id Conmael m^'c Eihir, 7 dogniead 
dumada ar an laec/;raid annsin. Unde Mag nDumach, 7 Mag 
n[D]enusa a ainm ar tus. 

[p. 525^] 'San chath for Denus na dreab, 
'san muigh adrochair Ebei-j 
a torcradûfr amalle 
Goisten, Segda ocus Suirge. 

Unde Mag n[D]umach dicitur:. 

1 . Eimbcr, Lee. 

2. fiuigthea, Lee. 



i66 Whitley Stokes. 

Between Eber and Eremon, two sons of Mil, a battle was 
there delivered concerning the three ridges that were best in 
Erin, to wit, Druim Cresach and Druim Betliecli in Eremon's 
share and Druim Fingin in Eber's share. To Eber it seemed 
small to liave one ridge in tiie southern half (of Ireland) and 
two in the northern country ; but Erimon said that his portion 
should not be obtained from him. So between tliem a battle 
is fought in which Eber was defeated, and therein fell Eber 
and Palap son of Eremon by Conmael son of Cathbad ; and 
barrows were built over the heroes there, whence Mag iiDu- 
mach « the Barrowed Plain », and its original name was Mag 
nDenusa. 

In the battle on Denus of the habitations, 
In the plain where Eber fell, 
There fell together 
Goisten, Sedga and Suirge. 

Hence Mag nDumach is said. 

Also in Egerton 1781, fo. 75b, whence edited in Folklore, IV, 492. 

Mag nDumach is perhaps the plain called by the Four Masiers, A.D. 858, 
Magh Duina, which O'Donovan says is now called Moy, adjoining Char- 
lemont on the Tyrone side of the Blackwater. Druim Clasaigh (=: Druim 
Cresach) is a long hill in Hy-Many, between Lough Ree and the river Suck 
(Suça). Druim Beathaigl) (rr Druim Bethccli) was the name of aridgeacross 
the plain of Maenmagh near the town of Loughrea, in the co. of Galway. 
Druim Finghin is a ridge extending from Castle-Lyons in the co. of Cork 
to the south side of the Bay of Dungarvan. 

As to Eber and Eremon and their dispute see the Four Masters, A. M. 
3501, and O'Mahony's Keating, p. 210. 

153. Cnucha. 
(Lec. p. 525O. 

Cnucha, can^^ ra h^minnigedl 

Ni ansa. Cnucha \ngen Comùng a hiath Luimnigh, buime 
Chuind Chétchathaig , dochoidh and do tham ina tigh feisin, 7 
do hadnaiceadh la Conaing isin chnuc ugad .i. Cnucha. \Jnde 
Cnucha diciîur:. 

Finit. Amen. Finit. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 167 

Cnucha daughter of Conaing, out of the country of Luim- 
nech, fostermother of Conn of the Hundred Battles, went 
thither to die in her own liouse, and was buried by Conaing 
in yonder hill, namely Cnucha. Whence Cnucha is said. 

It endeth. Amen. It endeth. 

Also in Egerton 1781, fo. 76b 2, whence edited in Folklore, IV, 495. 
Cnucha now, probably, Castleknock near Dublin, see O'Donovan's 
note f. Four Masters, A. M. 3579. Luimnech, see above, no. 57. 
Conn Cétchathach owcr'k'mg ofireland, from A.D. 123 to 157. 



Whitley Stokes. 
(A suivre.) 



SUR QUELQUES TEXTES FRANCO-BRETONS 



I. 

1. M. de la Villemarqué a signalé et étudié au point de 
vue de l'histoire littéraire^ un « Noël en breton qui parle 
François », composé par Jean Daniel, au xvi^ siècle, et repro- 
duit récemment par M. Henri Chardon 2. C'est un document 
curieux à plusieurs égards. 

2. La pièce a été faite, comme l'indique un sous-titre, pour 
être chantée sur « le trihori de basse Bretaigne », cet air de 
danse si fameux alors, cf. Revue Celtique, XV, 151. Il est donc 
intéressant d'en examiner le rythme. 

Voici le refrain et le premier couplet. 

Tyvonnct et Mathery, Hervé, Henry, 
Trudaine, 
Faison en ung chantery 
Ung beau hery, 
Gent et joly, 
Ennet demain. 
Noël! 

Ma père, il a dit que Adam 

Eut ung beau fam, 
Qui mordoit en ung pomme, 
Par quoy Dieu de son meson 



1, Bulletin delà Société archéologique du Finistère, Q.uimper, 1883, p. 27- 
30, cf. 16. 

2. Les Noëls de Jean Daniel dit Maître Mitou, organiste de Saint-Maurice 
et chapelain de Saint-Pierre d'Angers, 1 5 20- 15 30. Le Mans, 1874, p. 37-39. 



Sur cjuel(]ues Textes franco-bretons. 169 

Mist le bon hom. 
Entrez dehors garsonne, 
Vous irez petez 1 dehors 
Ta meschant corps, 
Villaine. 
Vous en aurez pour le mors 2 
Plusieurs remors, 
Soyez en certain, 
Tyvonnet. 

Ce dernier mot, qui revient à la fin des six autres couplets, 
n'est là que pour représenter le refrain. 

Une chose frappe d'abord, c'est la ressemblance rythmique 
du refrain avec les six derniers vers du couplet. Le refrain dif- 
fère seulement en ce que le vers en ain est précédé de deux, 
et non d'un vers de quatre syllabes, et suivi du cri: Noël! 
Mais cette dernière particularité est fort commune dans les 
Noëls, et le trihori original n'y est sans doute pour rien. 

Le type presque identique des deux passages permet de les 
corriger l'un par l'autre. Au refrain, il vaut mieux couper la 
première ligne : 

Tyvonnet et Mathery, 
Hervé, Henry. 

Le dernier vers du couplet a une syllabe de trop ; il faudrait 
« soyez certain » ou « sois-en certain ». 

Le couplet suivant confirme, comme tous les autres, cette 
induction, mais il présente d'autres difficultés. 

Quant le dyable il aura veu 

Sa dépourveu, 
Trandoue qu'il est daise, 
Il est dallé, il est venu 

Villain cornu : 
C'est ung beste mohaise. 
Mais Doe de paradis 

A mi sa filz 
En peine, 



1. C'est-à-dire « bouter », mettre. 

2. C'est-à-dire « à cause de la mort ». 



lyo E. Ernauh. 

Et est venu de sa pays, 

Ce disont ilz, 
A puissant main, 

Tyvonnet. 

Si l'on garde ce texte tel quel, il faut admettre : 

1° que Doc, Dieu, et -doue dans trandoue, par le ciel ! = 
dran Doe, Sainte Nonne, 819, etc.^ ont deux syllabes, con- 
trairement à l'usage du breton moyen, gardé par le vannetais 
moderne (cf. Revue Morbihannaise, II, 239; III, 374, 375); 

2° que dans dallé, il, et dans et est, il y a des exemples de 
synérèse, fait fréquent en breton du temps (cf. Rev. Celt., 
XI, loi). 

Sur le premier point, il n'y a pas de doute : Z>7r se retrouve 
avec la même valeur au quatrième couplet, et peut-être ttrt 
sixième. 

Le second n'étant appuyé par aucun autre passage, on peut 
supposer aussi que l'auteur n'avait pas exprimé les mots il, et. 

Le troisième couplet a encore besoin de secours. 

Adam, il estoit chassé, 

Perdu, lassé 
Ou vieu maison du dyable ; 
Mais Diou il a pourchassé 

Ser che trace 
Ung beau vierge amyable. 
Gabriel il est dallé 

Et devallé 
Soubdaine, 
Au beau vierge a dit : 
Amen, nomcn Eve 

Seras mis plain, 

Tyvonnet. 

Il me semble qu'on doit lire : « Serché, tracé » ; et 

Au beau vierge a dit : Ave, 
Noiiien Eve 
Sera mis plain, 

c'est-à-dire : « le nom d'Eve sera justifié (par toi) ». 

I . Cf. le Dictionnaire étymologique du bretoti moyen qui suit mon édition 
du Mystère de Sainte Barbe, au mot dre. Sur le t, voir plus loin, § 26. 



Sur quelcjues Textes franco-bretons. 171 

Le quatrième couplet a deux vers feux. 

Le Doe il est nasqui 

Tant beau, genty, 
Seullement sur de paille. 
Ung asne est eraprès tappy ; 

Ung vache aussi 
Son halayne lui baille. 

En ung vieu maison 
Il est Fenfantelet 

Tant jeune; 
Il aura ma gastelet, 
Ma tourtelet, 

S'il a besoing, 
Tyvonnet. 

Il feudrait quelque chose comme « En ung vieille mai- 
sonnet » ou « Dedans ung vieu maisonnet » ; l'absence de 
rime prouve bien que le vers n'est pas complet. 
Le suivant était peut-être « Il est né, l'enfentelet ». 
Il n'y a pas à changer « tant jeune » ; mais la finale devant 
être en aine^ l'auteur a dû feire allusion à une prononciation 
semblable à celle du gallo ou haut-breton actuel jiêne. 

Enfin nous arrivons à un couple^ de mesure irréprochable, 
le cinquième : 

Je porty ma flageoUet 

Et ma muset, 
Et sonneray d'atache 
Trihory joly dehet, 

Languilloset. 
G'iray comment un vache. 
Je feray dancer Mary 
Avecques luy, 
Dandaine. 
Joseph sera endormy, 
Le bon hommy 
N'est pas trop sain, 
Tyvonnet. 

Il n'en est point de même du sixième : 

Au petit dociaure 

Que je feré 
Ung poupine en son crache ; 
Neppes je luy porteré, 

Morceau doré. 



172 E. Ernault. 

Chappon de Cornouache. 
Il aura le bon barat, 
Le guyne math à plaine, 
L'Orléans vin, l'Achevin, 

Le Poetevin, 

S'il aura faim, 
Tyvonnet. 

Le premier vers paraît à corriger en « Au petit Doe i' au ré »; 
« j'aurai que je ferai » serait pour « j'aurai à faire », « je 
ferai ». 

Il faut lire, en deux lignes. 

Le guyne math 
A plaine. 

De plus, cette strophe présente une particularité dont il a 
été question à propos du breton, Rev. Celt., XIII, 239. Les 
vers 7, 8, 10 et 11, qui devaient être sur une même rime, 
ont deux finales différentes. Mais pour compenser ce défaut, 
l'auteur a coupé intérieurement les vers 7 et 10 de façon à 
donner, au lieu d'une rime quadruple, deux rimes triples : 

Il aurfl — le bon harat, 

Le guyne math. . . 
L'Orléans vin, — YAchevin, 
Le Poetei'/H. 

Le mot barat, pain, qui n'a jamais eu de t en breton, rime 
mieux avec aura qu'avec math, bon. 

Le septième et dernier couplet, parfaitement correct d'ail- 
leurs, diffère de tous les autres, et contraste surtout avec celui 
qui précède, en ce que la première rime masculine est iden- 
tique à la seconde. 

Je prierai dévotement, 

Mignonnement, 
Le petit et son mère, 
Que j'auray joyeusement 

Vin largement, 
Or en mon gibecière 
Et neppes, finablemcnt 

Mon saulvemcnt 



Sur quelques Textes franco-bretons. 1 7 3 

Soubdaine : 
Si chanteray haultement, 
Godinement, 
Au lieu haultain, 
Tyvonnet. 

AMEN. Noël ! 

3 . Le rythme de cette poésie railleuse se fait remarquer par 
trois caractères saillants : 

1° Il combine des vers masculins de sept et de quatre syl- 
labes ; 

2° Il a deux vers féminins de six syllabes ; 

3° Il présente systématiquement un vers féminin de deux 
syll., en -aine, rimant à -ain. 

Ces traits doivent-ils être attribués sans réserve à la versifi- 
cation de l'original breton ? 

4. Pour le premier, la chose n'est guère douteuse. La com- 
binaison sept syll. -\- quatre existait en breton moyen. Elle 
appartenait, non pas à la littérature semi-savante des Mystères 
et autres pièces religieuses, mais à la poésie populaire et pro- 
fane du temps. 

Nous en avons une preuve dans le couplet chanté par les 
maçons, Sainte Barbe, 79 (cf. mon édition, p. vi, x) : 

Euelhen eu gonit gloat, hac ebataf, 

Euelhen eu gonit gloat, 

Mar da moaes dan marchât 

Ha cafFout compaignun mat 

Hac e reo dà euaf ; 

Euelhen eu gounit gloat, hac ebataf. 

Le rythme est sensiblement le même, dans la chanson du 
voyer de Quimperlc ^ : 

Me a deu a les Alan 
Seul a guellaff; 
Me biou, buguel Breiz, gour ez querchen; 
Ma bez essou, quae da glen. 



I. Bulletin de la Société arcliéologiqitc du Finistère, XV (1888), p. 327, 
328, 330, 362. 

Revue Celtique, XVI. 13 



174 ^- Ernault. 

Peut-être faudrait-il me a hiou, ce qui rendrait l'analogie 
complète; cf. me a hiaoïi ane~an, je le possède, etc., P. Gré- 
goire de Rostrenen. 

On peut comparer plusieurs chansons françaises, comme 

Trop penser me font amours, dormir ne puis ' ; 

voici, par exemple, les premiers couplets de deux Noëls, sur 
l'air : « Vous qui désirez sans fin ouïr chanter » : 

Enfin de vos maux touché, 

Juifs et Paj^ens, 
Dieu paroît, et du péché 

Rompt les hens; 
La plus grande prophétie S'accompHt, 
Nous allons voir le Messie Tant prédit. 

L'Eternel montre en ce jour 

Tout son amour. 

Il descend du haut des Cieux 

Dans ces bas lieux. 

Pour sauver l'homme mortel 

Et criminel, 

Il veut paroître aujourd'hui 

Semblable à lui 2. 

5 . Je me garderai pourtant d'affirmer que ces rythmes po- 
pulaires en breton du xvi= siècle y soient tous d'origine fran- 
çaise. La mesure celtique de sept syllabes, si commune en vieil 
irlandais, en gallois de toutes les époques et en comique, a dû 
exister aussi en vieil armoricain. 

Dans la littérature cléricale du moyen-breton, nous trou- 
vons seulement parmi les Nouclou des hémistiches de sept syll., 
venant toujours après d'autres plus longs : huit -f- sept, 
n°^XVII, XXXV; dix + sept, n° XXXIII; à chaque fois le 
rythme est emprunté à une hymne latine. 

Mais il y a des indices assurés de la vieille popularité du vers 
breton de sept syll., soit employé seul, soit mêlé à d'autres. 

1 . G. Paris, Chansons du XV'^ siècle, n° xxx, cf. lxxviii, Rcv. d'hist. 
littéraire de la France, II, 44. 

2. Cantiques spirituels sur divers sujets de la doctrine et de la morale chré- 
tienne. . . Nouvelle édition. Paris, chez Butard, 1767, p. 171 et 178. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 1 7 5 

C'est, d'abord, un dicton rimé intérieurement et qui doit 
remonter au xvi^ siècle : ^ 

B'irvik, h'irviken 
Riwal Yar:{ na choari ouz den, 

cf. Rev. Celt., XIV, 220 ; puis, une formulette donnée dans le 
Dictionnaire et colloque françois et breton de G. Quiquer, Mor- 
laix, 1690, p. 65 (cf. mon Glossaire moyen-breton^ s. v. mewi): 

Caera mal jar scroperes, 
à vuoua é doùar carabes, 
so het gant ar Vannigueres 
en gouard an Euo. 

On peut citer encore cette mention faite négligemment par 
le P. Grégoire, au mot chien: « qon, pluriel de qy, n'a plus 
d'usage que... & dans quelque chanson, comme : deut da vellet 
coantâ lo^n en deus bet boëd ar c'hon » . Il est bien possible que 
ce petit texte populaire remonte au moyen-breton, et ait été 

alors : 

Duet da guek'/ czzret lozn 
En deux hczet hoet an con. 

6. Il est à noter que plusieurs proverbes et dictons ont en- 
core, ou avaient, sous leur forme la plus ancienne, la même 
mesure ; en voici, par exemple, deux, qui sont, de plus, inté- 
rieurement rimes : 

D'à clevt'/ an allweiez 
Oz cana d'an goiilou dez, 

D. Le Pelletier, s. v. alhueder (cf. v. trenmi); 

PaouriC(/ pa h\nv\.à.icqa., 
Goaçz evit an diaul ez a, 

Grég., V. riche (ci. v. détremper, estafier, gouvernail, jugement, 
lait, pauvreté). 

On lit dans les Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne, du re- 
gretté Sauvé : 

Nep a gouez hcn deveuz lamm ; 

Pa dorr he c'harr e vez kamra 



lyô E. Erriault. 

(n° 527); le premier vers serait grammaticalement plus exact 
sous cette forme : 

Nep a gouc;{ en devq lamm. 

Cf. n°^ 194, 225, 240, 260, 282, 283, 301, 307, 311, 347, 
415, 434, 461, 493, 526, 665, 710, 716, 726, 729, 761, 768, 
769, 783, 788, 806, 818, 829, 847, 868, 886, 905, 920, 

963,973- 

7. Le vers de sept syll., rarement employé dans les chan- 
sons actuelles un peu longues, comme celle de Pashoii-hir, est 
assez fréquent dans les rinwstclo ou formulettes ; en voici un 
exemple du petit Tréguier : 

Deuz ë heure pë zavi 

Gwerc'h de vek ha c'houe de vri, 

Dibiqous de daoulagat, 

Ka lak de dreo en état '. 

Il en est de même pour les airs de danse ; tel est ce qua- 
train, qui sert à danser en akvandeu (= en avant deux) : 

N'em eux neniet eur gwennek, 
Eur plac'h renkan de gavet, 
Ha pe lakeign më arc'hant, më arc'hant, më arc'hant, 
Ha pe lakeign më arc'hant, 
Renkeign kavet unan goant 2. 

C'est à cette dernière catégorie qu'a pu appartenir le fameux 
trihori de Bretagne. 

8. Contenait-il, comme sa parodie française, des vers de 
six syllabes ? Je ne le crois pas. Ces vers sont, en réalité, aussi 
longs que les précédents, si l'on compte leur terminaison fémi- 
nine, dont l'analogue n'existait pas dans la langue originale. 
L'introduction de ces rimes féminines s'explique par un scru- 
pule du versificateur français, dont les autres Noëls observent 
d'ordinaire la loi classique de l'alternance. 

Lorsqu'on adapte au breton un air français, on ne peut 
laisser aux vers à rimes féminines ce caractère que si l'on se 

1. Cf. Sauvé, Rcv. Celt., V, 159, 160, 172, 178. 

2. Cf. Sauvé, Rev. Celt., V, 164. 



Sur quelques Textes franco-bretons 177 

sert du dialecte de Vannes. Voici, par exemple, le refrain du 
cantique « Faux plaisirs, vains honneurs, biens frivoles », 
dans les Guer^enneu eid ol er blai, Vannes, 1864, p. 43, 44: 

Faus joéieu, inour, gloér ha bobance, 
Adieu d'oh eid er huéh dehuéhan ; 
Pêl-amzér, é sigur deverrance, 
En e hoès me lorbet liessan. 

Cf. les cantiques Henib asten termén davantage , p. 32, 33; 
A Icin en nean, Marie, p. 15 9- 161, etc. 

Il n'en est pas toujours ainsi en vannetais; on peut ne tenir 
aucun compte de Ve français, et laisser à la musique le soin de 
prolonger les syllabes bretonnes correspondantes, kinsi dans 
le Choége nehué a gannenneu, Vannes, 1829, se trouve un can- 
tique « Ar en ton Gallec : Arrête ici, passant », où l'auteur n'a 
pas cherché à reproduire l'alternance des rimes masculines et 
féminines. Il n'en emploie qu'une de cette dernière sorte : of- 
fance, vangeance, et c'est à une place où le français a une rime 
masculine. De plus, il lui arrive de garder la même rime dans 
tout le quatrain : a garante, Doué, delé, é vuhé. Ce n'est pas 
qu'il lui répugne absolument de tenir compte de cet e, en 
d'autres circonstances : on lit, à la même page (105), douce 
Jésus, doux Jésus, en quatre syllabes. 

Un autre système consiste à donner une syllabe de plus aux 
vers bretons qui répondent à des vers français à terminaison 
féminine. Ainsi la strophe « Faux. plaisirs », etc., est traduite 
dans les Kanaouennou santel de l'abbé Henry, Saint-Brieuc, 1842, 
p. 290 : 

Bed trompler, bed trubard, bed millighet 

Deuz da zelaou va c'henavezo ; 

Nemet re n'am euz-me da zervichet 

Ha renet da falz plijadurio. 

Voici encore un exemple, emprunté à la traduction trécoroise 
du cantique « Arrête ici passant » dans le Me^ellour an ineo, 
Saint-Brieuc, 183 i, p. 207 : 

Couscoude men so bet lienoret ac estimet, 
Ha breraan gant an oU men so aman dileset ; 
Ma c'iiorf a so rentet, bars en quer ber amser, 
Un objet flerius, a spont ac a horreur. 



lyS E. Ernault. 

Jean Daniel a dû s'arrêter à un parti semblable, en franci- 
sant le trihori des bas -Bretons : pour y mettre des rimes fémi- 
nines, il aura supprimé une syllabe pleine aux vers 3 et 6 
de chaque couplet, ce qui les rendait, au point de vue fran- 
çais, plus courts que les vers i et 4. 

9. Reste à parler de ces rimes bizarres : trudaine, demain; 
villaine, certain; peine, main; soubdaine, plain ; jeune (jiène), 
besoing ; dandaine, sain ; plaine, fliim ; soubdaine, haultain ; 
qui rappellent certain quatrain mis au bas d'un tableau récent, 
et où charnieur répond à qu'il meure! 

Le breton qui, comme on vient de le voir, n'avait pas de 
rimes féminines, ne pouvait donner lieu directement à cette 
.plaisanterie. Tout au plus pourrait-on supposer au refrain de 
l'original un mot analogue au trudaine ! de l'imitation française, 
mot qui n'avait pas besoin de rime : cf. falira-dondaine, Quel- 
lien, Chansons et danses des Bretons, p. 181 ; ladiradiraine, 169 ; 
dondaine, Luzel et Le Braz, Soniou Brei:(^I:^el, I, 194, 312; rou- 
larilanlaine, 244, etc. Les mots de ce genre sont souvent bre- 
tonisés en -èneu, -èno: dariraineu, Son. Br. -!:(., I, 120; diraineu, 
288; tralandiridenno, 54; digadenno, Quellien, 202; cf. Rev. 
Celt., XI, 193; Gloss. moy.-hret., v. mekn (voir le§ suivant); 
mais ils proviennent de refrains français tels que la f al ira don- 
daine, E. Rolland, Recueil de chansons populaires, II, 121, d'ia- 
ridondaine, 138, derlidondainc , 135, mirlitontaine, 141, etc. 

Sur ce point, le rapport du rythme primitif avec l'imitation 
française reste donc douteux; voir § 15. Mais la question a 
aussi un côté linguistique, qui est plus facile à éclaircir. 

10. Une des particularités de la langue du Noël franco- 
breton, c'est la suppression de Ve final, à la rime : ung chantery, 
une chanterie, ung beau fam, une belle femme, le bon hom, le 
bonhomme, strophe i ; sa dépourveu, sa dépourvue, 2 ; ma 
tourtelet, ma tourtelette, 4; ma muset, ma musette, Mary, 
Marie, 5 ; et, inversement, l'addition de cet e là où il n'existe 
pas en français : garsonne, garçon, i ; à plaine est probablement 
« à plein », 6. On trouve même le breton ^«m^ vin, francisé 
en guyne, en deux syll., str. 6. 

Les rimes de trudaine d demain, etc., sont, au fond, sem- 
blables, sauf l'orthographe, à celles de homme (écrit hom) à 



Sur quelques Textes franco-bretons. \jc) 

meson, de pomme à garçon (écrit garsoune), et de flageoUet à 
musette (écrit fuuset, str. 5). 

Ces suppressions ou additions fiiutives sont dues, dans le 
français des Bretons, à l'influence de leur propre langue, qui 
n'a pas le correspondant exact de notre e final. Dans les mots 
français empruntés par le breton, cet e est, d'ordinaire, ou 
supprimé ou transformé; cf. Rev. Cdt., VIII, 526; IX, 379; 
XI, 363; Gloss. moy.-bret., v. assamhlajf, fim'sajf, gorgaff, me. 

Nous venons de noter (§ 9) un autre changement de Ve mi- 
muet final, Qn.o, dans la terminaison française -aine, qui de- 
vient par ailleurs -ene dans le breton ruhe-ruhene, de but en 
blanc, = ribon-ribaine, cf. GJoss. moy.-brct., v. Geniuefe. 

Il n'y a exception que pour le vannetais, comme on l'a vu 
§8; cf. Rev. Celt., IX, 378, 379; Revue Movbihannaise, II, 
240, 241. J'ai eu tort d'écrire sirë roue « sire roi » dans une 
chanson trécoroise traduite du français, Mélusine, VI, 255 ; la 
vraie leçon est sir ë roue, variante de prononciation de sir ër 
roue, qui rend exactement « sire le roi », E. Rolland, Recueil, 
I, 267-271, 273-275; II, 152. 

II. La confusion des mots avec ou sans e final a encore 
une autre cause; c'est la difficulté de distinguer les genres, dans 
une langue qu'on sait imparfaitement. Ainsi ung beau fam est 
pris comme masculin, et gar sonne paraît féminin. 

On peut citer ici la phrase prononcée par un Breton de Pleu- 
bihan, Claude Berthou, aux courses de Cesson, en 1807. 
« Lorsque le triomphe de Canaris fut proclamé, Berthou caressa 
son cheval et lui dit, avec l'accent d'une profonde émotion : 
Canaris, ma camarade! ma Canaris ! tu as fait mon forteun'^. » 

Les fautes de genre qui émaillent notre Noël sont loin, 
d'ailleurs, de pouvoir toutes se ramener à cet unique principe, 
comme ma père, son meson, str. i ; il n'en manque pas qui y 
sont directement contraires : mig pomme, ta... corps, i, safil^, 
sa pays, 2, ung beau vierge, ^,son mère, 7, etc. ^. Quelquefois 

1. Notions historiques. . . sur le littoral. . . des Côtes-du-Nord, par Ha- 
basque, Saint-Brieuc, t. II (1834), p. 317. 

2 . On connaît la prière peu chrétienne attribuée au paysan breton : 
« Mon Dieu de ma pays, secourez mon vache, et laissez mon femme mou- 
rir ». Cf. le refrain de la chanson de Pierre Dupont, Les Bœufs, 



i8o E. Ernault. 

les deux genres sont employés en môme temps : « c'est ung 
beste mohaise », str. 2. Voir § 22. 

12. La phonétique bretonne explique aussi le ch de Achevin, 
angevin, str. 6: cf. grainchou, granges, Grég., etc.; Rev. 
Celt., VII, 147. Voir § 19. 

13. Les autres fautes commises à dessein par J. Daniel re- 
lèvent, pour la plupart, de la syntaxe. 

Celle qui est répétée avec le plus d'insistance, c'est le pléo- 
nasme du pronom avec le nom sujet, en dehors de l'interro- 
gation : « ma père, il a dit », str. i ; « le dyable il aura veu », 
2; « Adam, il estoit », « Diou il a pourchassé », « Gabriel 
il est », 3 ; « le Doe il est », 4. Voir § 22, 30. 

14. Mentionnons encore l'expression « je prierai... que 
j'auray », 7, qui répond à une particularité de la conjugaison 
bretonne : mani he:^o=^ « que j'aurai » et « que j'aie ». Voir 

§30- 

15. Le Noël renferme, en outre, des mots bretons; nous 

avons déjà noté, § 2, Doe, Dieu, trandoiie, par Dieu, giiyne 
math, bon vin, harat, pain. 

M. de la Villemarqué a expliqué avec raison bon hominy, str. 5 , 
par le diminutif breton bonomik, petit bonhomme; cf. § 25. 

Sa conjecture sur hery, str. i, qui serait pour hoary, jeu, 
est plausible; hoary a passé en gallo ou haut-breton, cf. Rev. 
Celt., V, 22. 

Je m'écarterais de l'opinion exprimée autrefois par l'émi- 
nent celtiste dans les quatre cas suivants, où il a proposé une 
interprétation bretonne. 

Str. I. Trudaine ! Ce doit être un mot insignifiant, tiré d'un 
refrain, comme dandaine, str. 5 ; cf. § 9. On le retrouve dans 
un Noël poitevin de J. Daniel (p. 50 de l'édition Chardon) : 

Ung convy y tint. 



Quant eusmes assez 
Mené la trudaine, 
Nous fusmes lassez; 



c'est-à-dire « quand nous nous fûmes bien amusés ». Le Dic- 
tionnaire de l'ancienne langue française de M. Godefroy donne 



Sur quel{jues Textes franco-bretons. i8i 

trudaîne, f. « baliverne, fantaisie incohérente; trouble, agi- 
tation », et en cite d'autres exemples ; l'auteur ajoute trudaincs, 
superstitions, en patois percheron. On peut voir dans l'His- 
toire de la chanson populaire en France de M. J. Tiersot, Paris, 
1889, p. 185, une citation de la Galette musicale de dé- 
cembre 1849, où G. Kastner regarde trudon trudaine comme 
une onomatopée du bruit du tambour, et dit que ces mots ont 
quelquefois servi de refrain. Cf. G. Paris, Chansons, 100. 

Str. I. Ennet demain semble contenir le haut-breton anè, 
aujourd'hui (v. franc, anuit). F eui-ètre demain est-il pris dans 
le même sens ; ce ne serait pas plus bizarre que la locution 
« entrez dehors » pour « sortez », qu'on lit au même couplet. 

Str. 5. Dehet = v. franc, de het, de hait, de bon cœur, avec 
plaisir. — Languilloset est peut-être une variante du cri agui- 
lanneuf, anguillanneuf, aguilloneu, etc. 

— La forme Cornouache pour Cornouaille, par changement 
de terminaison, avec nuance dépréciative, str. 6, rappelle l'ex- 
pression méprisante « au fin fond de la campiche », pour « de 
la campagne », usitée à Saint-Brieuc. Cf. en petit Trég. koch, 
ventre, par plaisanterie pour kof, Rev. Celt., XIV, 285 ; monoch, 
monnaie, pour mone. 

Avant de quitter la question du trihori, j'ajouterai que 
M. J. Trévédy, ancien président du tribunal de Qiiimper, qui 
s'est occupé des anciens témoignages relatifs à cette danse ^, a 
bien voulu m'écrire à ce sujet : 

« Dans mon enfance, nous dansions sur cette chanson : 

Miche Lagiieden derbau derhaii 
Miche Lagueden derbau 
/ Breil ! 

avec un saut. Cela se répétait trois fois. C'était une sorte de 
cancan. Mon souvenir très présent rapproche notre danse des 
descriptions de Paré et de l'indication de Noël du Fail : trois 
pas et un saut ! 

I . Dans le Bulletin de la Sociétc archéologique du Finistère, 1890, à propos 
du voyage d'Ambroise Paré en Bretagne. Je regrette de n'avoir pas connu 
cet article quand j'étudiais, Rev. Celt., XV, 149 et suiv., le passage breton 
de ce Voyage, que M. Trévédy a expliqué à peu près comme moi. 



i82 E. Erndiilt. 

« J'ai idée que dans les campagnes du trécorrois on danserait 
encore comme nous enfants, il y a cinquante ans passés. » 

On chante en effet à Pléhédel, ou du moins on chantait, il 
y a quelques années, un air de danse qui a des affinités évi- 
dentes, tant avec celui que se rappelle M. Trévédy, qu'avec le 
rythme du Noël « sur le trihori de basse Bretaigne » : 

Tache piche logoden, d'eur bod, d'eur bod ; 
Tache piche logoden, d'eur bod dréns. 
War i gein ha war i gof, d'eur bod, d'eur bod; 
War i gein ha war i gof, d'eur bod dréns. 

c'est-à-dire : « Taché piché, (une) souris à un buisson, à un 
buisson; taché piché, (une) souris, à un buisson d'épines. Sur 
son dos et sur son ventre, à un buisson, à un buisson, sur 
son dos et sur son ventre, à un buisson d'épines » . 

Nous avons ici le vers de sept syll. -h quatre, et aussi celui 
de sept syll. + trois, qui expliquerait, dans le Noël, les vers 
en -aine. 

IL 

i6. Achille Jubinal a puWié^ une ancienne poésie intitulée 
Le privilège aux Bretons, en la caractérisant ainsi : « Cette 
pièce, dont l'orthographe est singulière, me paraît être une 
satire des professions qu'exerçaient à Paris les Bretons » . 

Les singularités de ce texte ne sont point de nature ortho- 
graphique; elles reviennent à celles que nous avons constatées 
dans le Noël de J. Daniel, et doivent être attribuées à la 
même cause, l'imitation moqueuse du français parlé par les 
bas-Bretons. 

17. La suppression de Ve mi-muet est plus radicale dans le 
Privilège que dans le Noël. On la trouve dès les premiers 
vers: 

Diex gart la roi de Frans, et tout sa compaingni; 

elle paraît à peu près constamment jusqu'à la fin. 

I. Jongleurs et Trouvères, ou choix de saluts, épîtres, rêveries et autres 
pièces légères des xiii^ et xiv^ siècles, Paris, 1835, p. 52-62. 



Sur (Quelques Textes franco-bretons. 183 

Les rimes en prennent un aspect uniformément masculin. 
C'est sans doute par suite de méprises qu'on lit chevalerie, 
p. 52, outrage, 59, mesure, linage, 61; les rimes correspon- 
dantes n'ont pas d'^. Les quatre vers en anie, p. 56, sont en 
français correct, étant mis dans la bouche du roi. Restent, 
comme faisant exception: Saini-TiUie, batilUe, p. 56; estre, 
mestre, destre; paumoie, voie, 59; afère, rctrère, 61; chivière, 
derrière, compaingne, longaingne, 62. 

Ces terminaisons écourtées peuvent rimer à des finales mas- 
culines : fu, ru (fut, rue) ; Glatingnis, justis, puis (justice, 
puits), $8; Mari, tricberi, anui (Marie, tricherie, ennui), 60. 
Il en est de même, comme on l'a vu, dans le Noël. 1 

Mais contrairement à ce qui a lieu dans ce dernier texte, 
l'apocope de Ve est aussi de règle en dehors de la rime : plus 
jan que cir, plus jaune que cire, 55, 57, etc. Il faut excepter 
d'abord les monosyllabes, qui gardent Ve devant une consonne, 
parfois même devant une voyelle: ce est, en deux syll., 
vers 15, c'est, v. 37; et puis les mots où Ve se trouve précédé 
d'une double articulation, comme autre, porte, p. 52, entre, 
quatre (écnt .iiij.), 53 ; meismes, trois syll., 55. Les exemples 
contraires, comme dame, 53, rende, voire, 55, croisse, grande, 
56, sainte, 60 (deux syll.), sont relativement rares, et quel- 
quefois fautifs : ainsi usage ne compte que pour deux syll. , devant 
une consonne et en dehors de la césure, au v. 4 de la p. 55. 

18. Il arrive assez souvent, en conséquence, que les mots 
français à terminaison féminine affectent la même forme qu'ils 
ont prise en breton. Ainsi Phelip, p. 55, = moy. bret. Phe- 
lip, Filip (écrit aussi Pbclippe, par un gallicisme purement 
graphique); fos, 57, 62, contré, 56, tricheri, cur, ordur, 60, 
= moy. bret. fos, fosse, contre, contrée, trichery, cur, ordur ; 
cf. dans le Noël Mary =^ bret. moy. Mary. 

Une différence se montre dans le traitement de -ce, qui est 
écrit -s, tandis que le breton moyen prononçait -ç : gras, 
grâce, 55, Frans, 57, justis, 62, Moris, 57-61, en regard du 
moy. bret. grâce, France, iusticc, Moricc. La rime Moris, guis 
n'eût pas été admise en breton moyen (Moricc, guis). Cf. 
Rev. Celt., XI, 353-356; XV, 154; Revue Morbihannaise, II, 
247, 248. 



184 E. Ernault. 

19. En revanche, l'auteur du Privilège a tenu compte, dans 
les finales en -age^ de la confusion, fréquente en breton, des 
sonores et des sourdes : il écrit sauvach, domach, usach, lin- 
gnach, p. 52, usach, 55, gach, 53, et fait rimer ce mot à oiiirag, 
corag, éritag. Comparez le breton moderne savaich, dounmich, 
usaichf lignaich, outraich, couraich, heritaich, arraich, rage, 
Grég., en petit Tréguier :^ovach et jovach, domach, hourach. 
On lit flrmf/; dans le Doctrinal ar Christenien, Morlaix, 1628, 
p. 150 (moy. bret. arraig'). La notation étymologique domi- 
nait en breton moyen ; on y trouve pourtant flaig et flaich, 
flach, bouger (flageoler), faich et faig, fâcherie; cf. ouiragy, 
outrage, Grand Mystère de Jésus, 91b, et outrachi. Sainte 
Nonne, 1144; sigou eîsichou, sièges, etc. ; voir § 12, et Rev. 
a//., IX, 372, 373. 

Ces alternances, confirmées par les rimes, cf. Rev. Celt., 
XIII, 242, ne se bornent pas à l'articulation j, en breton 
moyen : cf. homicit, homicide, remet, remède, dac, dague, etc. 
Je pense que la forme, isolée dans le Privilège, sir if, p. 61, 
veut dire « (mes)sire Yves », et répond au trècorois Nif^. 

20. On peut voir encore des bretonismes de nature phoné- 
tique dans les assimilations de voyelles, manas (qu'il) menace, 
55, chiîuis, chemise, 53, 55, 57, Dinis, Denis, dimis, demi, 
53, et dans la dissimilation pr^i'/Vf^'-, privilège, 55, 58, prévikg, 
57; cf. bret. moderne mananç:^, menace, mananç, menacer 
(voir Gloss. moy. -bret., v. habasq) ; petit Trég. jimijeten, che- 
misette à l'ancienne mode (vannetais jumesetenn, camisole, 
Grég., chemiscetteenn, l'A.); bret. moy. preuikg (et priuilaig'), 
privilège. 

21. D'autres modifications phoniques moins communes 
sont: acriptur, écriture, 57 (cf. bret. moy. astenn, éten- 
dre, etc.); bo, beau, 54, cf. mohaise, mauvaise, Noël, str. 2. 

22. Les fautes de grammaire sont nombreuses, mais assez 
peu variées; voici les principales. 

Genres: la roi, ma frer, ma pain, la bois, lagenest, son besl (sa 
bète), p. 52 ; mo)i caintuv, mon sarp (ma serpe), 53 ; cf. § 11. 

I . Cf. mon Etude sur le dialecte breto)i de la presqu'île de Bal\, Saint- 
Brieuc, 1883, p. 18. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 185 

Conjugaisons: bate:(, battu, render, rendre, 53, etc.; cî. je 
porty, je portai (ou porterai?), Noël, str. 5. 

Nombres : sont pour « est », vers 16; tu l'entende:;^, tu l'en- 
tends, p. 55. Voir § 30. 

Naturellement, il n'y a pas besoin d'être Breton pour mal- 
traiter le français de la sorte. Aussi trouve-t-on des fautes 
semblables dans la pièce du recueil de Jubinal intitulée La 
pais ans Englois, p. 170 et suiv., où l'on s'est proposé de 
railler le français des Anglais : la tens, le temps, ma ray, mon 
roi, p. 170; safrer, 172, son maison, 171, ton guère, son test, 
172; rier, rire, 171, jefarra/]e ferai, 173, etc. 

On y lit aussi ces pre\ il serra verdes, ces prés seront verts, 
170, avec un pronom redondant comme dans le Noël, cf. § 13. 

23 . Une forme commune au Privilège et à la Pais ans En- 
glois est chivaler, chevalier, p. 54 et 170, 174; on peut com- 
parer chival dans ces deux vers de ^wq ar pêvar mah Emon 
(chez Lédan, 1866), p. 207, où Renaud, pour mieux garder 
l'incognito, contrefait le Breton qui parle mal français (je 
souligne les mots bretons) : 

Me je va da Baris ha via chival ha moa, 
Pour goiiit, mon l'ami, la ciiruiieii du Roa 

c'est-à-dire : « moi je vais à Paris, et mon cheval et (avec) 
moi, pour gagner, mon ami, la couronne du roi. » 

24. Un passage du Privilège (p. 59), me semble devoir 
s'expliquer par la langue bretonne. Un personnage breton 
vient de recevoir un coup qui l'a terrassé. 

Et cil s'escri : « Haio ! haie !... 
« Enitrou, Maria, en trou ! » 

A la fin du premier vers, l'éditeur met en note : « cri 
d'alarme » ; et après le second : « Venez tous ! au secours ! » 

L'une de ces explications est vraie, mais non en français. 
Haio est, sans aucun doute, identique au breton moderne ayoti 
« ahi, interjection de douleur », Grég.; ab ! hyou « un mot 
que l'on dit lorsqu'on est effrayé », dans un vieux diction- 
naire, selon D. Le Pelletier; léonais ah! iou ! Barxa:^^ Brei^, 
124, cornouaillais ai! aou! ai! aou! 255, vannetais ayuu 



i86 E. Ernault. 

« hai », l'A., trécorois ah! iaou ! Gweixiou Breix-Ixfh I? 40 j 
ayouî ayou! allas, Trajedi Jacoh, 119, fors ! ayou va bue! Traj. 
Moyses, 273. En moyen-breton, on trouve le premier de ces 
mots, ha! et un dérivé du second, le \ei-he youal, crier. 

Le vers suivant a une forme Maria, qui paraît bretonne ; 
les autres mots ne présentent aucun sens en français. La glose 
de l'éditeur a été inspirée par les lignes qui suivent, 

A l'aist i vint dant Tragel, 
Moris, etc. 

OÙ l'on voit que des camarades vinrent à l'aide du Breton en 
détresse; mais il avait, je crois, invoqué un autre secours. Le 
vers en question se corrige avec vraisemblance en 

En itron Maria, en autrou 

« Madame Marie, Seigneur ! » C'est l'équivalent de celui-ci, 
qu'on lit à la page suivante : 

Dam Diex, et sainte Mari. 

Le P. Grégoire donne, comme synonyme de ayou, la locution 
znûogue ayou-do lie. Voir § 26, 32. 

25. Les noms propres, dans le Privilège, ont souvent une 
physionomie bretonne. 

Morvenic, p. 59, est le diminutif de Morven, 61 ; il se pré- 
sente sous la forme francisée Morveni, p. 58, où il rime à 
Guilgemi, sans doute diminutif de « Guillaume » ; cf. Guigen- 
ninc, p. 61. Voir § 15. 

26. Le principal personnage s'appelle Yvon (cf. le Tyvonntt 
du Noël), son frère RumaJan, p. 53 (lisez RiuaJan? Riolen, 
p. 58, peut être le même; cf. Riolan, 59), son cousin Guingan 
ou Guigan, fils de dame GJegens, 5 3 . 

Il cite comme garants Badiiot, Madugant, dan Guillo (pour 
« don Guillou », Guillaume), dan Morant, sa fier Tronio {Tpom 
« sa fille Droniou », cf. Tronio la fil Morven, et Taniel, p. 61 
= Daniel, 59, nous avons vu de même dans le Noël trandoue 
pour dran doe, § 2) ; le sir de Plegalo; dan Loquiaus, p. 54. 

Nous voyons dans Guillo, Tronio, un rendant le breton 
ou, comme au mot haio, § 24 ; voir aussi §33. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 187 

Inversement, une prononciation bretonne ou pour Vo fran- 
çais est attestée au xvi'' siècle par ce passage de Noël du Fail ^ : 
« frotans leurs nez, et plus tounez, comme dit le Bas-Breton, 
que fondeurs de cloches ». Tb^/zq pour (es )tonnés raç^elle la 
double prononciation, en breton moyen, de /on et îoun, un ton, 
son et souri, un son, pazj'on et pa^roun, parrain ; en breton 
moderne, à&hre:yOnecq et bre~ounecq, la langue bretonne, Grég., 
brétou et brétoun, un Breton, Le Gonidec, etc. Cet ou est par- 
ticulièrement fréquent en cornouaillais. 

27. Il est question encore, dans le Privilège, de Daiit Tru- 
galet le provoir (don Trugalet le prêtre), p. 57, cf. Trugel, 58, 
dant Tragel, 59, Contruguel, 61 ; de Guymar, 57, cf. Guio- 
mar, 58; de Galo, 58; on jure « par saint Lagado de Bre- 
taing », p. 60; voir § 32. 



III. 

28. D'autres Noëls du xvi^ siècle ont le même caractère que 
celui qui a été reproduit plus haut. 

M. Chardon a cité deux vers de l'un de ces Noëls franco- 
bretons, p. Lxvi. On y trouve les mots jobec vilhan, qui sont 
certainement pour Jobic vihan, le petit Job, cf. Jobih, Bar^a:^ 
Brei^, 166, c'est-à-dire le petit Joseph; Josebic, Job, Jobic, 
Grég. ; Jop, Jopik, J. Moal, Supplément lexico-granimatical au 
dict. de Troude, p. 16, pet. Trég. Jobeq. 

Cette transcription jobec vilhan nous fournit la preuve qu'en 
breton moyen on adoucissait, comme aujourd'hui, l'initiale 
de l'épithète accolée à un nom propre ; cf. Gloss. moy.-bret., 
V. ab. 

29. L'autre pièce citée par M. Chardon est le dernier Noël 
de Laurens Roux, intitulé « Noël en breton bretonnant qui 
aprent à parler le françois » ; en voici le commencement : 

De matheol meeff deoch 
Doe sont venu en un crache, 
Chantez en noël gueneoch. 

I . Contes et Discours d'Eutrapel, réimprimés par les soins de D. Jouaust 
Paris, 1875, t. I, p. 184. 



i88 E. Ernault. 

On y reconnaît aisément les mots bretons de jnat dech ol, 
me ejf deoch, bonjour à vous tous, je bois à vous; Doe, Dieu, 
cf. § 2, et gueneoch, avec vous. 

De maîheol pourrait se corriger en de matehol; nous avons vu 
pourtant la graphie math, bon, § 2. La suppression du d après 
le t est un fait de prononciation ; Grég. donne demateoc'h, de- 
maddeoc'h, demaddeoch-oJl, bonjour, salut, et l'A. dé-matt teoh, 
s. V. jour. 

En moyen-breton on ne trouve que de:{ mat, de^mat, mais 
la notation de matheol prouve que la prononciation trécoroise, 
cornouaillaise et vannetaise de, jour, avait déjà commencé. 
Aux autres exemples de la chute du ;( doux à cette époque, 
cités Rev. Celt., XV, 152, 153, il faut ajouter diouguet, ap- 
porté, à côté de di:{ouguet, apportez, di:;ocn, apporter), en 
vieux breton dodocetic, gl. inlatam. Grég. donne di:{ouguet et 
diouguet, et à l'infinitif di^puguen et diouguen. 

Il est fort possible que la chute du ;( remonte aussi au 
moyen-breton, dans le léonais daoiïarn, van. deiiourn, deilarn, 
mains, Grég., deourne, l'A., de daow^ourn, daouxôrn, Grég., 
moy. bret. daou dorn, dou dorn; cf. van. aornn, aournn, poi- 
gnet, poing, l'A., Supplément, de axprnn, id., ibid., moy. 
bret. a:^orn, variante de aixoni formé par dissimilation {Rev, 
Celt., XV, 388). 

Comme contraste à ces chutes anciennes du :;^ doux, 'on 
peut citer des cas où il se maintient encore aujourd'hui en 
vannetais, et surtout en trécorois; cf. Rev. Celt., VI, 390; 
VII, 3 9 ; Revue Morbihannaise, III, 337, 3 3 8 ^ Un autre exemple 

I. La métathèse, qui peut faire disparaître un ^ dur, cf. Rev. Celt., VIII, 
34, 35, peut aussi préserver de la destruction un i doux: van. ansàueln, 
avouer = bret. moy. di-ansaf, renier, de * aianv, gall. addef. Cf. bret. 
moy. hamhroiic, conduire, pour * havrouiic. Le gall. hcbriviio- doit sans doute 
soii b à une forme semblable au comique heinbronc, il conduira ; cf. bret. 
abrant, sourcil, comique abrans, pour *aî'ra»/ (gaélique /rt?7/;m, paupière), à 
cause d'une variante * ambrant, gall. amrant, paupière. Hembronc et amrant 
sont dans le même cas que le léon. daustle, claustre, gageure, van. gloestr, 
gage, tréc. noadoe, aiguille, bret. moy. pabuelae^, papauté, v. bret. liusiu, 
lessive, cf. Rev. Celt., VIII, 508. La dissimilation de "ambrant en abraut est 
aussi régulière en breton moyen que celle de semblant, état (d'innocence), 
J. 45, en seblant, semblant, air, marque, forme beaucoup plus fréquente; cf. 
setance = « sentence » . 



Sur quelques Textes franco-bretons. 1 89 

est le nom du mois de juin, en trécorois mé:(even, = léon. 
me^evenn, Grég., mé:^éven, Le Gonidec, moy. bret. me:(euen, 
van. meheiienn, Grég., méhéuin, maihéuein, maiéucin, l'A. Le 
gallois mehefin montre qu'il ne saurait être question d'un :( dur 
ou th, pour rendre compte du rapport des dialectes de Tré- 
guier et de Vannes. Reste à expliquer que le gallois lui-même 
n'ait pas le ;{ doux du léonais et du trécorois. Cette absence 
du dd est à rapprocher de celle qui s'observe dans le gall. 
meiun, moy. gall. ymeun, en regard du vieil irlandais immedôn, 
au milieu; la syllabe me- est, je crois, la même dans les deux 
mots gallois. On ne doit pas s'attendre à ce que l'armoricain 
montre ici le même degré d'usure que le gallois, puisque le 
moy. breton a gardé, en la renforçant, la dentale de iui-medôn, 
dans metou, (un) moyen, en metou, au milieu ^ Au gall. me- 
hefin correspond donc un armoricain *me:(-hevin, dont le ^ 
doux est tombé en vannetais, mais resté en trécorois, sans 
doute à cause de 1'/; suivant, seul conservé par le dialecte de 
Vannes. Cf. tréc. pop (Jj)ini, chacun, niap Çj)énan, fils aîné, à 
côté de 'bob cil, chacun à son tour, niab ar chéntafi, terme 
d'injure. Quant au iJ gallois, sa chute n'est pas sans exemple : 
dygwyl Jeuan = dydd giuyl loan, la saint Jean, tréc. dé giuel 
Yan; archiagon, archidiacre = archddiagon, bret. moy. mxh- 
diagon, mod. arryagoun, Grég.; cf. Rev. Celt., VII, 173. 

* Me^-hevin = * medio-sam-inos « qui est au milieu de 
l'été », cf. le grec [j.£7--(^;x(5)î-'.voç;, qui est au milieu du jour, 
ou au sud, l'anglais midsumnier, miheu de l'été, et le gall. 
alban hcfin, solstice d'été; V 2.à]Qcû{ hefin ^= * sam-inos , àènvè 
comme jsp-ivô^. La formation du bret. mi':{ méT^even « mois du 
milieu de l'été » = mois de juin, est ainsi équivalente à celle 



I . En metou paraît venir de "en menton, *m mendou, pour *in medoun = 
V. irl. im-medâii, gall. moy. y-memt, par une métatlièse semblable à celle de 
di-ansaf, mais plus ancienne. Il ne faudrait pas comparer le bret. moy. /a;(- 
roncy, larcin, Rev. Celt., VIII, 509, parce qu'il représente * Jalronicium, 
comme le provençal laironicis, l'italien ladroiieccio, etc. En tiielou est une va- 
riante légitime de *eii menton; cf. moy. bret. eguetou, agiietoii, dernièrement, 
à côté de agiientou ; qiietell et quentel, leçon (la première syll. peut rimer en 
ef) ; gat et gant, avec ; digataff et digant af, de lui ; qiientaff, premier, avec 
première syll. rimant en et, van. quétan, l'A., etc. Pour "'menton de * men- 
dou, cf. Rev. Celt., VII, 146-148. 

Revue Celtique. XVI. 14 



190 E. Ernault. 

de son synonyme en irlandais, mi meodhain havraidb (selon 
Lhuyd, Archaologia Britannica, Oxford, 1707, p. 74), et en 
suédois, midsommarsmânad ; elle rappelle celle de l'allemand 
Mittiuoch « mercredi », ^= milieu de la semaine. 

L'année celtique comprenait trois mois d'été proprement 
dit : mai, dont le premier jour s'appelait en irlandais cêt- 
shoman « premier de l'été », cf. gall. cynkfin, commencement 
de l'été, = * cintu-saminos ; juin, et juillet. La désignation 
bretonne de juin est donc plus rigoureusement exacte que le 
nom irlandais du 31 octobre, snnifiàn, lin de l'été (pris au sens 
large, et comprenant les trois mois de l'automne) ^ 

Cette explication du nom breton et gallois de juin esc con- 
firmée parle gall. {inis) gorphenaf, juillet, qui s'interprète na- 
turellement « le dernier mois (d'été) ». C'est un superlatif ré- 
pondant au snhsliwlii gorphen, la fin; cï.pcnaf, le principal, etc. 
{Gloss. moy.-bret., w. pemi), et le ht.Jîni-timus. Peut-être aussi 
gorphenaf était-il primitivement gorphen haf « fin d'été ». 

M. Loth, Les mots latins dans les langues brittoniques , 44, re- 
garde le comique comme absolument d'accord avec l'armo- 
ricain, sur les noms des six mois qui ont une désignation cel- 
tique; il identifie, par conséquent, le corn. ;;//:( ephan, juin, 
w/:( gorephan, juillet, au bret. (jni^) me^even, juin, bret. moy. 
gouherejf, juillet, inoà. goiië::j-e, gouëro, gouhere, van. gourbenëun, 
Grég., gourhenneu, Chai, ms., gourhelin, Grég., gourhélin, l'A. 
Cet accord des deux langues n'est point évident. A mon avis, 
le van. gourhenëiin, gourhenneu, remonte à *gour-hereff: sur 
l'échange des préfixes gour- et gou-, cf. Revue Morbihannaise, 

IV, 37-42; pour 71 venant de r et de :(_r, cf. Gloss. nwy.-breî., 

V. be:(. Gourhelin est le même mot, avec dissimilation du se- 
cond r en / (cf. Gloss., v. reler, etc.) ; mais la terminaison a 
été influencée par celle de nu^héuin, juin. L'association de ces 
deux mois se montre encore dans un autre nom de juillet, 
me^evennicq, van. meheiiennicq, Grég., méhéuénig, maiéuénig, 
maihéuénig, l'A., = « petit juin ». Mi^ hère, comique mî-{ he- 
dra, gall. mis hydref^, octobre, veut dire proprement « le 



1 . Cf. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, VII, 296, 297. 

2. Hyddfref, littéralement « rutting ofdeer », doit être différent; hydref 



Sur quelques Textes franco-bretons. 1 9 1 

mois d'automne » (celui qui finit l'automne), cf. Rev. Celt., 
XV, 392, 394; mis gouhereff, mis gouë^re paraît signifiera le 
mois avant l'automne », litt. « sous l'automne », cf. ïû. fog- 
mur, automne, = « sous l'hiver » (on pourrait entendre en- 
core au sens diminutif « petit automne, petit hiver »). Re- 
marquons aussi qu'en comique le nom de novembre, mî^ diu, 
entre dans la composition de celui de décembre, mis kevardhiu. 
Il en est de même en armoricain : bret. moy. et mod. mis du, 
novembre; moy. querzu, décembre, mod. qer7:u, qerdii, qe- 
verdu, van. qeûerdu, Grég., mis quenuerdu, Chai, ms (:= gall. 
*cyfr-ddii, tout noir ?) L'alliance des deux idées fait même que 
le dictionnaire de l'A., qui ne connaît ^asqeilerdu, traduit deux 
fois « décembre » par 7?iiss du, miss-du (Chai. ms. a ynis du, 
novembre, s. v. mois). Tout ceci nous autorise à admettre 
qu'en comique les noms de « juin » et de « juillet » ont dé- 
teint l'un sur l'autre. M/;( gorephan, juillet, a l'air de signifier 
« le grand juin », àe gor -\- epban; mi:^ cphan, juin, peut être 
un ancien * îne:(Jjevin, accommodé, pour la première partie, à 
mi^;, mois ^, et pour la seconde, à un parent du gall. gor- 
phenaf-. 

30. Quant à sont pour « est », dans Doe sont venu, nous 
l'avons vu déjà, § 22. 

J'en trouve un autre exemple dans ce passage de maistre Pa- 
thelin : 

Sont-il ung asne que j'os braire? 

Halas ! halas ! cousin à moy ! 

Hz seront tous en grand esmoy. 

Le jour, quand je ne te verray, 

Il convient que je te herray; 

Car tu m'as faict grand trichery : 

Ton faict, il est tout trompery ?. 



est plutôt dérivé de hxdr, hardi, bret. moy. /;qr, irl. sethar, fort (cf. Urhcl- 
tischer Sprachsclmt-^, 1.^7), avec un sens analogue à celui du lat. au(c)tiimniis. 

1. Cette analogie fort naturelle se produit aussi en armoricain : Le Go- 
nidec signale les prononciations vn^-êveii, viix_-ivin, au lieu de mîx^ mi'iéven. 

2. Dans le document récent qui nous a conservé le mot inii ephan 
(Lhuyd, 74), on trouve par ailleurs^/; pour v : gopJm, demander, Lh. 141 
^ govyn, gall. gofyn. 

5 . Le Théâtre français avant ta Renaissance, par Edouard Fournier. Paris, 
1872, p. 102. 



192 E. Ernaulî. 

Ces vers contiennent, en outre, d'autres bretonismes déjà 
étudiés : irichery, troîiipery pour -rie ; que je te herrai pour 
« que je te haïsse » ; « ton taict, il est ». Voir § 10, 17; 14- 
13; et plus loin, § 33. 

3 I . Après ce prélude en français bretonisé, Patlielin continue 
en bas-breton. D'après les textes publiés par M. Loth, Rev. 
Celi., IV, 450-456, il y a du passage breton trois rédactions 
complètement distinctes. 

La première, en douze vers, a été l'objet de plusieurs essais 
de traduction; cf. encore Rev. Celt., V, 225-227. 

M. Loth a lu et traduit ainsi les deux premiers vers : 

Ha ioul (pu ha ol) d'an diaoul en ravezeic 
Corf ha enef {ou eneuf). 

GUILLEMETTE 

Dieu vous ayst. 

« Plût au ciel qu'il fût, ou Puisse-t-il être tout entier au 
diable corps et âme ». 

Mais, d'abord, le pronom en, il, est ici fort suspect. En 
moyen-breton en est toujours régime; le sujet de la troisième 
personne est ejf, ef. La variante enff paraît dans les Novelou, 
au xvii'^ siècle ; en, c'est-à-dire eh, comme aujourd'hui, s'y 
montre une fois, str. 210. 

En second lieu, rave:{eic « qu'il soit », ne ressemble à au- 
cune forme du verbe breton. M. Loth semble corriger ce mot 
en ravexe, Rev. Celt., IV, 455, et rave::^ei, V, 225; ce dernier 
ne serait soutenable qu'en supposant une notation française ei 
(ou ai) pour e. La forme ravexf- a pour elle l'autorité du 
P. Grégoire, qui, dans sa Grammaire, donne ra ve^é, qu'il 
fût, p. 128; rien ne prouve, d'ailleurs, qu'elle remonte au 
moyen-breton. Elle a surtout le tort de ne pas rimer avec ayst. 
En faisant ce même reproche à la leçon ra ve:(i, que tu sois, 
admise par M. de la Villemarqué et par moi (Rev. Celt., V, 
226), M. Loth prenait ayst pour le français moderne « qu'il 
ait », tandis que c'est « qu'il aide », comme dans aït vus 
Deus, Chanson de Roland, v. 1865, cf. l'allusion à une équi- 
valence de ravezeic et aist, Rev. Celt., IV, 453. M. Loth avait 



Sur quelques Textes franco-bretons. 193 

pourtant signalé lui-môme, à la page précédente, une variante 
« Dieu vous bénie ». E. Fournier a imprimé rave:(;ie et bénie. 

Notre lecture diaulyen « diables » a donné lieu à une autre 
critique, sur laquelle on peut voir Mélusine, VI, 64. Il est bien 
vrai que cette forme ne peut pas justifier d'une antiquité plus 
reculée que rave^e; aussi ne la soutiendrai-] e plus. Cette syllabe 
embarrassante en ne proviendrait-elle pas du mot en euf, à la 
ligne suivante ? loul et diaoul avaient également deux syllabes 
en breton moyen ; le plus sûr est donc, à mon avis, de lire 

Ha iûiiî dan diaoul rave^i 

« puisses-tu être au diable », en admettant une synérèse à l'un 
des deux mots. 

Les deux derniers e sont aussi de trop dans rave^eie, tandis 
qu'on a omis les / de ioiil et diaoul. Tout cela donne à penser 
qu'il ne faut pas prendre trop à la lettre le système de restau- 
ration purement paléographique préconisé par M. Loth. C'est 
pourquoi dans le deuxième vers, dont le sens est certain, Cerf 
ha eneuf « corps et âme », nous restituerons sans scrupule un 
c au mot hac. 

Les vers 3 et 4 sont lus par M. Loth 

Hui roz bezou drouc noz badou 
Digant an can (ou eau) en hoz madou 

« puissiez-vous avoir mal la nuit durant (ou des étourdis- 
sements) avec le chant (ou les lamentations) dans vos biens ». 

Mais no:;^ badou n'a jamais voulu dire « la nuit durant » ; et 
malgré l'explication donnée Rev. Celt., V, 226, je ne vois pas 
quel avantage il y a à changer le texte, qui porte tan, feu, 
pour arriver à cette singulière imprécation : « le chant dans 
vos biens ». 

L'autre correction, eau « lamentations », ne me semble 
guère meilleure : on eût écrit probablement caff ou caf. No- 
tons à ce propos que j'ai cru à tort, Rcv. Celt., XV, 153, à la 
présence du mot*cafu, chagrin, dans un texte moyen-breton. 
Il n'y a de l'existence d'une telle forme à cette époque que 
des preuves théoriques, d'ailleurs dignes de créance. Ajoutons 



194 E. Ernault. 

ce refrain d'une chanson rustique étudiée, Revue Morhihan- 
tiaise, I, 362-364 : 

Caon d'am davad penn-gornic, 
Caon d'am davad ! 

« deuil à mon mouton à petite tête cornue, deuil à mon 
mouton ! » Il a sept syllabes + quatre (cf. § 4), et est rimé 
intérieurement, ce qui paraît indiquer qu'il reproduit un 
moyen-breton cajf dam dajfat. 

Le sens propre de badoii est bien « étourdissements » ; mais 
il en a aussi de plus énergiques ; il paraît signifier « fré- 
nésie », Poèmes bretons, 114. 

La finale de bc:(ou a dû être accommodée à celle de badou, 
et «o:^ modelé sur ro:(; je crois que le texte primitif était 

Hui roz bezo drouc nos, badou 
Digant an tan en hoz raadou 

« puissiez-vous avoir mauvaise nuit, des saisissements par 
suite de l'incendie dans vos biens ». 

Voici la lecture et l'interprétation de M. Loth, pour les 
vers 5-10 : 

Empedif dich guitebunan 
Quet querent ol dre douchaman 
Ma nez cahet hoz bouzelou 
Eny obet grande canou 
Maz rehet truez d'an hol con 
So ol oz mervel gant nafon. 

« priant (ou prier) pour vous à l'envi — tous vos parents par 
crainte — que vous ne rendiez (cacetis) vos entrailles — 
Vous aurez d'eux des lamentations ou des chants, ou En fai- 
sant de grandes lamentations ? — à tel point que vous feriez 
pitié aux chiens — qui meurent de faim. » 

Empedif nt peut, je crois, être ni un infinitif, ni surtout un 
participe présent. 

Ouet querent est une correction superflue ; le texte porte 
que:^ queuient, qui se lit beaucoup plus naturellement que:{ que- 
ment. De même douchaman pour douch ama est plus simple- 
ment douch aman ; cf. Rev. Celt., VII, 161. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 195 

Je traduirais donc : « Je vous souhaiterai à tous sans excep- 
tion — tous tant que vous êtes ici ». * Douchanian(t), crainte, 
n'est appuyé par rien ; dre douch aman est analogue à dre de 
gnou « comme il est évident », Sainte Barbe, 64. 

Au vers suivant. M, Loth a cliangé mene^ en ma ne^; en- 
core faudrait-il ma ne. Je propose de lire men e^^, et de cons- 
truire hox_ houTelou comme un ablatif, ce qui est régulier. Il 
viendra : « que vous rendiez une pierre de vos entrailles » ; ce 
serait un sarcasme semblable au durius est ... lapillis de Ca- 
tulle (Ad Furium). 

Le texte du vers 8 est regardé par M. Loth comme déses- 
péré. Sa première traduction me semble impossible. La se- 
conde est meilleure, mais suppose une forte invraisemblanc'ë, 
c'est l'intrusion du français grande au milieu du texte breton. 
Si nous observons que le mot breton que::(_ quement est devenu, 
dans une variante d'un vers précédent, quels que vient, Rev. 
Celt., IV, 452, nous pouvons admettre que grande n'a, de 
même, que par accident, une physionomie purement fran- 
çaise. Au lieu delà restitution hardie que j'ai risquée autrefois, 
cf. Rev. Celt., V, 22e, je propose de lire 

En un ober gront lia caiioit, 

« en faisant du bruit et des gémissements » . 
Quant aux lignes 9 et 10, je lirais et traduirais : 

Maz rehet truez dan hol con 
So ol oz mervell gant naon, 

« au point que vous fassiez pitié à tous les chiens qui meurent 
tout à fait de faim » . 

Les vers 11 et 12 sont, d'après M. Loth, 

Aluzen archet ho pysy 
Hoz calz amour ha courtesy 

« Vous aurez (ou puissiez-vous avoir) l'aumône d'un cercueil 
— contre beaucoup d'amour et de courtoisie ». 

Une correction s'impose, car ho pysy n'a jamais existé, pas 
plus au sens de « vous aurez » ou « puissiez-vous avoir » 



196 E. Ernaiih. 

qu'en aucun autre ; et si le malin avocat, dans ses divagations 
intéressées, peut choquer le bon goût et la délicatesse du 
lecteur, du moins n'a-t-il pas encore été pris à manquer de 
respect à la grammaire bretonne ; il se conformait au précepte 
que devait plus tard formuler Boileau : 

Surtout qu'en vos écrits la langue révérée 

Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée. 

Le remède nécessaire n'est d'ailleurs pas bien héroïque ; 
c'est le changement d'un en e. He pysy « tu auras » est par- 
parfaitement admissible, comme seconde personne du moy. 
bret. ham be^if, que j'aie, cf. Rev. CeJt., IX, 259, 260. On 
l'eût sans doute écrite dans un texte destiné aux seuls Bretons, 
*ha:(^ byxy; la notation contraste ici avec celle de ro\ heiou, bo^ 
bou^elou. Inversement, alu:{en eût été aluscn; cf. Rev. Celt., 
XV, 151, 390. 

Je lirais ces deux vers 

Aluzen ha cher he pysy 
Ha calz amour ha courtesy, 

avec le sens donné par M. de la Villemarqué : « Tu auras au- 
mône et bon visage, et beaucoup de tendresse et de civihté ». 
Après avoir interpellé au pluriel tous les assistants, maître Pa- 
thelin s'adresse au seul marchand de drap, comme au com- 
mencement Çra z'^:^/), et promet ironiquement de lui donner 
toute satisfoction. 

Il est remarquable que le premier vers et le dernier aient 
seuls une rime intérieure (loul^ dhoiiJ ; amour, cowrtesy). 

32. La seconde rédaction, Rev. Celt., IV, 455, est beau- 
coup plus corrompue que la précédente ; il suffit de comparer 
les deux premiers vers à ceux de cette dernière, auxquels ils 
étaient à l'origine identiques, pour comprendre qu'il faut re- 
noncer à tout espoir de restitution complète, tant qu'on n'aura 
pas de variantes. 

Je me contenterai d'indiquer quelques rapprochements. 

Le troisième vers ressemble au moins autant que les précé- 
dents à la ligne correspondante de l'autre version. Je crois 
qu'il en dérive, et que le quatrième vers, qui doit rimer avec 



Sur quelques Textes franco-bretons. 1 97 

lui, répond de même au vers suivant du premier texte. Ceci 
nous permet de constater de nouveau deux sources de corrup- 
tion dans ce breton si maltraité : les mots peuvent y être 
transposés, ou adaptés à des termes français. Dans ce vers 

Yne tJiomas lart en bacon 

M. Loth dit que le second mot paraît être pour chômas (il 
resta) ; je pense que c'est le français Thomas, comme ce qui 
suit répond au français lard, en, bacon (= lard) ; réminiscences 
qui ont défiguré le texte breton, tan en ho(^) niadou. C'est la 
syllabe ho(^ qui se trouve égarée dans thomas ; le srribe a tra- 
vesti maclou en bacon, sous la double influence de badou (pour 
la forme) et de lart (pour le sens), sans daigner tenir compte 
de la rime. Du reste, le vers neuvième et dernier n'a pas non 
plus de rime. Mais cela tient à ce qu'il y a une lacune. Car ce 
vers était sans doute identique au douzième de la première 
version; il manque donc le correspondant du onzième. 

Ainsi cette seconde rédaction n'a en propre que quatre vers 
(de 5 à 8). 

Le cinquième finit par aualen, cf. bret. moy. aualenn, pom- 
mier, mod. avalenn, id., Grég., van. avalen, pomme, Pel., 
tréc. id., Bar^a^ Brei^, 216. 

Le sixième vers se termine par libostren, qui semble signifier 
<v crotte )) ; cf. libistrenec, crotté, fangeux, souillé, mouillé, 
humide, D. Le Pelletier, libistrinec, P. Maunoir, libistrinccq, 
P. Grégoire; libistrus, id., Maun., gall. lliby stras. 

Les derniers mots du septième vers, a coste, rappellent le 
moy. bret. a coste^, de côté, qui a pu avoir une variante sans 
^, cf. niaieste^et maieste, majesté, etc. ÇRev. Celt., XV, 153). 
Mais je soupçonne coste d'être un arrangement à la française 
d'un mot breton de terminaison différente, parce que le hui- 
tième vers, A trou mare a lagade paraît bien être pour 

Autrou mari ha lagado 

« Seigneur, Marie, et (saint) Lagado », ou pour 
Itron mari ha lagado, 
« Dame Marie et (saint) Lagado » ; cf. § 24, 33, 27. 



198 E. Ernault. 

33. La troisième rédaction, Rev. Cdt., IV, 456, est dans le 
même état que la seconde ; on ne peut espérer de l'expliquer 
que partiellement. 

Elle débute par un nouveau quiproquo franco-breton; car le 

vers 

Chetu vng gasec que jous bien 

expliqué par M. Loth (avec les trois premiers mots bretons) 
« voilà une jument que j'ai bien entendue », sont évidemment 
une variante à demi bretonisée du vers étudié plus haut, § 30, 

Sont-il ung asne que j'os braire? 

Le second vers, 

Je you peurs trcu maria 

est également expliqué par M. Loth comme hybride : « J'ai 
eu peur, madame Marie » (itron Maria). Nous avons déjà vu 
plusieurs fois cette exclamation (§ 24, 32). 
Le quatrième vers, 

En bado me chanse cropen 

me paraît être pour 

En badou mechancc e clopen 

« son cerveau est dérangé sans doute (ou par malheur) ». 
Nous avons vu encore pour ou, § 24, 26. Cette correction 
détruit ici une rime intérieure, mais on a constaté, § 31, 
qu'il n'y a pas à s'en préoccuper. 
Les vers 5 et 6, 

Q.uemeredol a huy enten 
Laquet damez vng men eodic, 

sont traduits par M. Loth « prenez tous, comprenez-vous. — 
J'en ai mis un dans ma pochette ». Ceci suppose à la fin de 
la seconde ligne la correction cm codic, qui est. en ejffet excel- 
lente. 

Au heu de vng, on attendrait plutôt vnan; mais l'emploi de 
l'adjectif wî au lieu du pronom se montre dans un passage des 



Sur quelques Textes franco-bretons. 199 

NoveîouÇ'y'y^'), ct il existe de nos jours dans certaines localités, 
par exemple à Pédernec; cf. eun, Soniou Brei^-I^el, II, 86. 

De la forme orale qiiemeredol pour quemeret ol, M. Loth 
conclut que « ce passage a dû être écrit par un Français sous 
la dictée d'un Breton » ; il eût pu ajouter que laquet dame^ 
pour laquet mneux, et enten pour entent, autoriseraient la même 
explication. Toutefois, il n'est pas exact de dire qu'« on a tou- 
jours écrit quemeret oll » : le vers 513 de Sainte Nonne porte ed 
oll, allez tous. De plus, c'est au poète, et non à son copiste, 
qu'il faut attribuer la rime de cropen avec enten(t), cf. tréc. pe- 
gemen, combien, d'où le haut-bret. péguémenne, argent, = moy. 
bret. peguement, Rev. Celt., V, 223. 

On peut donc penser aussi que l'auteur breton du pas- 
sage, le composant ou le traduisant pour des acteurs français, 
s'est ingénié à écrire d'une façon conforme à la pronon- 
ciation. En ce cas, il n'aurait pas toujours réussi: la mutation, 
observée ^^r\s vng gasec, ne l'est point dans e cropen. 

Au vers qui suit, dehret doit bien être « mangez « (ou 
« mangé ») ; peut-être faut-il comprendre dehret hu « mangez, 
vous ». Je ne crois pas que tu et puisse être pour cuet, ca- 
chez, ni surtout que lamadic veuille dire « promptement ». 
Ce mot, autant que je puis le savoir, n'existe pas; nous avons 
plutôt ici madic « bonbon », ou « assez bon ». 

Enfin le dernier vers, 

Ne sont-il ja vng beau p ho py 

doit être du français parlé par un Breton ; cf. « sont-il ung 
asne », etc. 

34. Cette scène où maistre Pathelin accable le drapier de 
son érudition polyglotte en rappelle naturellement une autre, 
qu'elle a peut-être inspirée ; c'est le chapitre IX du Pantagruel, 
où Panurge s'annonce comme un si beau parleur de langues 
inconnues à ses auditeurs. On s'attend à trouver du breton 
dans cette avalanche de spécimens linguistiques, et on en a 
en effet signalé. Malheureusement cette opinion ne peut tenir 
devant un sérieux examen. Il faut reconnaître que Rabelais a 
perdu la une belle occasion de nous transmettre un rensei- 
gnement intéressant. 



200 E. Ernault. 

35. Les phrases que M. Loth a publiées sous ce titre : « Un 
logogriphe breton-français de la fin du xv!*" siècle », Annales 
de Bretagne, III, 251, 252, mettent en scène, selon lui « un 
maître sachant très peu le breton, employant certains mots de 
la façon la plus impropre, affublant les autres de terminaisons 
fantaisistes, et un valet ne sachant que quelques mots de 
français ». Sur l'addition de terminaisons arbitraires, cf. Rev. 
CelL, XIV, 290. 

Celui qui a écrit le « logogriphe » savait le breton, et la 
manière de l'orthographier ; il n'a pas observé les mutations : 
a gallec, de français, ma penn(es), ma tête, ma quein(es) , mon 
dos. 

M. Loth corrige or, sur, en oar ; je ne vois pas que ce soit 
nécessaire. D'abord parce que la forme or se présente trois fois 
dans le texte. Ensuite, parce que son existence est nettement 
attestée par le P. Grégoire, pour le bas Léon, et par Le Go- 
nidec, qui dit l'avoir entendue, sans préciser le dialecte. Enfin, 
parce que des prononciations semblables se montrent en 
moyen-breton, par exemple à^ns goarant qi garant, il garantit, 
goascajf et goschajf, étreindre, coaxj'ell et co^rell, semelle, et 
qu'elles subsistent encore aujourd'hui; cf. Rev. Celt., III, 53; 

XI, 357. 

Dans ma cousin, pour « ma cousine », il y a une faute de 
même nature que forteun, etc., § 11. 

En dehors des mots bretons dont il est farci, le langage du 
valet contient encore un bretonisme, c'est la locution « a 
petit en petit )•> =:z a muheud-ê-neubeud « petit-à-petit», Grég., 
littéralement « de peu en peu »; cf. moy. bret., axfx, en de^, 
de jour en jour, abloe:(_ en bloe^, d'année en année ; mod. a be^ 
e pe:( (démonter, examiner une horloge) pièce à pièce. In- 
troduction d'ar vuez^ dévot, Quimper, chez Y.-Y.-L. Derrien, 
p. 429, etc. 

(A suivre.) 

E. Ernault. 



DIALECTICA 



i. 



LA TERMINAISON BRETONNE -MP, -MB DANS LE 
SYSTÈME VERBAL ET PRONOMINAL. 

Le problème de la présence d'une labiale p, b après -m de la 
première personne du pluriel dans le verbe, et du pronom suf- 
fixe de la même personne dans la combinaison des prépositions 
avec les pronoms (lavaromp, Javaremp, ganeomp'), en breton 
armoricain, alors que rien de tel ne s'observe ni en gallois, ni 
en comique, trouve sa solution, par voie d'analogie, dans 
l'observation de £uts dialectaux contemporains. 

Il ne s'est produit, à ma connaissance, que deux tentatives 
d'explication de ce phénomène: l'une de M. Wmd'ischÇAbban- 
dlungcn d. Kgl. Sachs. Gcs. d. Wiss., phil.-hist. KL, X, 488); 
l'autre de M. Richard Schmidt (^Zur Keltischen Grammatik. 
Inaugural-Dissertation, Strasbourg, Trûbncr, 1891, pp. 8-17). 

En gallois, dans la terminaison -lun du présent et de l'impé- 
ratif présent actuel, M. Windisch retrouve tn aspiré et voca- 
lisé sous la forme zu -\- n, pronom personnel suffixe. Quant à 
Vm dur de caroni, il aurait reparu sous l'influence du groupe 
nasal -nt de caront, troisième personne du pluriel. En breton, 
l'analogie serait allée plus loin : b. -\- nasal -\- ténue de caront 
aurait répondu le groupe aussi analogue que possible de + na- 
sale-labiale -\- ténue -omp. M. Richard Schmidt n'a pas eu de 
peine à montrer l'invraisemblance de cette théorie. Si lu, 
dit-il, c'est-à-dire ;;/ spirant et vocalisé, a été de nouveau ra- 



202 J. Loth. 

mené à m sous l'influence de Vu de -nt, pourquoi cette in- 
fluence ne s'est-elle pas aussi manifestée à l'indicatif présent ? 
Pourquoi à l'indicatif -lu -|- n, ailleurs -om? N'est-il pas plus 
naturel, ajoute Schmidt avec raison, de supposer que l'échange 
iu(n) et -m dans la première personne du pluriel est primitif 
et représente la terminaison primaire et secondaire de ces per- 
sonnes en brittonique ? De plus, n apparaît au pluriel dans 
certaines prépositions avec pronoms suflîxes : yn, à nous, qui 
répond au vieil-irl. di'inn. 

M. Richard Schmidt voit tout simplement dans inp une évo- 
lution phonétique de mm. Il cite à l'appui de sa thèse la forme 
lanip, saut, à côté de lamm = irl. lëim = *lnginen : scîu int o 
vont d'ann daou-lamp rw^, les voilà qui vont au grand galop 
(aux deux sauts rouges, mot-à-mot, c'est-h-dne faisant jaillir le 
feu de leurs deux paires de sabots) (Luzel, Revue Celt., I, r 12). Le 
verbe lampat, sauter, existe dans beaucoup d'endroits en Bre- 
tagne. M. Ernault voit dans lampat le verbe français lamper 
usité dans le patois de Montbéliard, avec le sens de glisser, 
tomber. Je crois ce rapprochement peu vraisemblable, mais il 
est de nature néanmoins à affaiblir l'hypothèse dé M. Richard 
Schmidt ou, au moins, à faire concevoir des doutes sur sa 
justesse. M. Schmidt cite encore à l'appui de son opinion 
comps, mot, à côté de comps, remps et rems. Il conclut en disant 
que vraisemblablement m final, dans des conditions aujour- 
d'hui difficiles à déterminer, mais assurément par suite d'une 
union étroite avec le membre de phrase suivant, par exemple 
quand ce membre commençait par s ou r, a développé après 
lui une explosion labiale ^ 

Quoique appuyée par des exemples discutables, la thèse de 
M. Richard Schmidt est fondée : la labiale, dans la terminaison 
mp, est un fait de pure phonétique et ne doit nullement sa 
n:.issance à l'analogie. Nous avons dans le dialecte de Vannes 
un exemple récent de l'éclosion d'une labiale après m final 
dans iikjmb emprunté au français tiu'uw (prononcé avec voyelle 



I Schmidt signale dans un texte de ma Chrestomathie -oui- au lieu de 
omp dans jv/rrt oukimon-ni. Ce n'est pas isole à Ouessant, on dit ac'liaiwn- 
ni, de nous; à Faouët, genoimi, avec nous. 



Dialectica. 203 

brève, comme dans nicnie forme, même temps) : er memb ira, la 
même chose ; er memb langaj, le même langage ; er memb le- 
Xenneu, les mêmes lois, etc. {Vocabulaire nouveau, imprimé 
chez Galles, à Vannes, en 1885); cf. quemer memb, prends 
même (J'^ie de saint Alexis, composée en 1799, ap. J. Loth, 
Chrest. bret., p. 357). C'est une forme assez récemment em- 
pruntée au français ; la forme antérieure est mêmes, seule usitée 
en bas-vannetais et dans les autres dialectes. On peut ajouter 
à memb, quemb, différence (L'Armerye, au mot différence) : il 
est clair que le b n'a ici rien d'étymologique et ne remonte 
pas au b de *cambio-. 

Comment expliquer phonétiquement cette éclosion de la 
labiale après m final ? La labiale aurait-elle pris naissance dans 
un groupe syntactique, par exemple entre w final + -^ ou r ini- 
tiale ? Coinps et coms, peut-être kemret (qui remonte proba- 
blement à comberét-, comme Schmidt en a fait la remarque), 
semblent l'indiquer. Néanmoins, la générafisation de l'emploi 
de -mp, -mb dans toute la Bretagne, comme de nombreuses re- 
cherches m'en ont convaincu, remonte à une cause différente: 
le développement de la labiale après m final et la formation du 
groupe mp final est surtout dû à la même cause qui a transformé 
nn irlandais en nd : ?nni ou voyelle brève -|- m final, nn ou 
voyelle brève -f- ^^ final développent un son dissemblable mais 
de même organe. Nous en avons vu un exemple frappant 
dans memb. Le breton de Saint-Gilles -Pligeaux (Cornou ailles) 
nous en offre des exemples pour n final. Au Heu de onn, je 
suis, on prononce ont : clan ont, je suis malade ; en réponse à 
une interrogation, comme save^^vous, on répond souvent ^ran, 
je le fois (moyen-breton ^TtV^ .• à Saint-Gilles-Pligeaux, on dit 
grant^. Le comique nous montre un dédoublement analogue 
dans les formes modernes pedn, tête, pour penn; debm, à moi, 
pour demm (Ja-e:{ dhebm, crois-moi, ap. Lhuyd, Archaeologia, 
p. 242). 

La question du dédoublement de ni, n final, se lie à celle de 
la nature actuelle des consonnes finales en breton-armoricain. 



I . Je tiens les formes écrites ont, ffrant de M. Guillaume Le Ny, natif 
de Saint-Gilles-Pligeaux, élève à l'Institution Notre-Dame de Guingamp. 



204 •^- ^oth. 

Rien de plus varié que le système orthographique adopté par 
les écrivains bretons en ce qui concerne les explosives finales. 
L'un écrit tantôt d, 'antôt t, tantôt c, tantôt g, etc. L'autre 
préfère la sourde ; un troisième, la sonore. Leur embarras se 
conçoit d'ailleurs : la sat:{phonetic joue ici un rôle important, 
et le caractère de la consonne finale peut être déterminé par la 
nature du son initial suivant. Il est rare que l'écrivain se laisse 
guider par son oreille. On peut cependant l'observer chez 
quelques écrivains, notamment chez les Vannetais, surtout 
ceux du siècle dernier. Ils écrivent généralement c la gutturale 
finale, // la dentale finale sourde, p l'explosive sourde labiale, 
telles qu'on les entend réellement dans la prononciation. Si 
on fait abstraction de la sat^^plmietic, notamment de la position 
de la consonne finale devant une voyelle initiale, ils obéissent 
inconsciemment à une loi qu'on peut formuler ainsi : en breton 
moderne, l'explosive finale est sourde, quand la voyelle précédente 
est brève; V explosive finale est sonore, quand la voyelle précédente 
est longue, le cas de satzpthonetic étant écarté : an aval nian a ^o 
mâd, cette pomme-ci est bonne; eun den mât, un homme bon, 
un bon homme ; ar bêd, le monde, den é bét (haut-vannetais 
bett) ; coàt (cwât), bois, tâd, père, gwâd, sang (haut-vannet. 
gouaitt, =: gwçtt, bas-vannet. givéd^^. 

Dans les mêmes conditions où l'explosive finale est sourde, 
il a dû se produire un effort analogue de la langue sur la na- 
sale finale : supposons n tendant à la sourde, nous arrivons à 
nt; m tend à mp : mp est, en effet, l'équivalent breton de l'm 
gallois sourd, représenté dans l'écriture par mh (ce son, en gallois, 
n'existe pas à la finale) : cf. v.-gall. cymher = comper, con- 
fluent. Il est donc infiniment probable que c'est mp que nous 
devons supposer à l'origine et non mb ; mb s'est développé 
par sat^phonetik, notamment devant une voyelle. 

En résumé, la labiale dans le groupe mp est due à un déve- 
loppement spontané, à un dédoublement de la nasale finale. 
On peut aussi admettre l'action de la consonne initiale sui- 
vante, mettant m final dans un groupe où l'explosion d'une la- 
biale devait se produire. 

I. Cf. J. Loth, Les mois latins dans les langues brittoniqiies, pp. 77-80. 



Dialecîica. 20 j 



II. 



LT, DR A OUESSANT. 

Le groupe tr, dr après avoir évolué en :(r^ en moyen-breton, 
est devenu partout aujourd'hui -er, -r : motrep, tante, mo^reh, 
moèreb ; cadr , beau, ca-^j', caer;aradr, ara^}', arar, alar, arèr, etc. 
Il est conservé à Ouessant (?nq Eussa; Eussaf ■= Uxisama). 
Le breton d'Ouessant est du léonard, avec un certain nombre 
de traits caractéristiques, parmi lesquels dr conservé ; ex. moé- 
dreb, tante (gall. niodr-yb); ar edred, le cimetière, ^our arvedred, 
ailleurs ar vèred ^ (gallois beddrod, peut-être pour bedrod, sous 
l'influence de beddy Je ne sais si la conservation du groupe 
est un fait général, ne l'ayant constaté que dans ces deux 
mots. En effet, on a au singulier Jaër, voleur, au pluriel laë- 
droun. Il semble que dr ne se maintient pas à la finale. 

Lt est conservé dans guelt, herbe, ailleurs gèot, yèot, yôd, 
gallois gzuellt. En revanche, il s'est vocalisé dans caoter, chau- 
dron, = caldâria, aoter = alîàre, maout ■= mi'dto, pluriel 
méot. En somme, /^ a à peu près disparu. Il en a été de même 
à Quiberon pour dr. Au siècle dernier, Cillart de Kerampoul 
{Dicîioiiii., p. vu) signalait encore compadre, comme propre à 
cette localité. Aujourd'hui, c'est la forme générale qui a pré- 
valu. On voit ici clairement l'action géographique des dialectes 
les uns sur les autres. Il est très probable que livré à lui- 
même, le breton d'Ouessant eût conservé lt, celui de Qui- 
beron dr. L'action du breton environnant a eu raison peu à 
peu des tendances phonétiques naturelles ; les formes particu- 
lières à ces localités ont disparu une à une : c'est à peine si 
quelques-unes émergent encore au milieu des ondes dialec- 
tales qui les assaillent de tous côtés et finiront par les faire en- 
tièrement disparaître. 



I . Le z' initial disparaît; de même ar cleieii, les prêtres, pour er veleien;da 
Rest, à Brest, pour da Vrest. Ces notes sur le breton d'Ouessant me vien- 
nent du curé de l'île, par l'intermédiaire de M. l'abbé Steun, professeur de 
rhétorique à Lesneven. 

Revue Celtique, XVI. 15 



2o6 J. Loth. 

Ouessant a conservé ou rétabli ;( dans hugale^, enfants. 
Comme mot curieux, on peut signaler: mis bian, le mois 
petit, c'est-à-dire /^Vr/>r, amené peut-être par genveur, janvier, 
où l'imagination populaire a cru trouver meur, grand ; bre- 
micha, ce soir; emezeis, dit-on: Per ;(o clan, eme:(eis, Pierre 
est malade, dit-on. 

J. Loth. 
(A suivre.) 



RECENT CHANGES MADE IN SCOTCH GAELIC 

The Scotch Celts generally wrote GaeHc according to the 
Irish method imtil about the middle of the last centiiry. Ste- 
wart acknowledges this in his Scotch GaeUc grammar. The 
principal changes made in their language by the Scotch, may 
be said to be he following : (i) In the article : changing an to 
am in the nominative, accusative, and sometimes in the da- 
tive, before masculine nouns beginning with labials, as wri- 
ting am fear, the man, am buachaill, the boy, am peacadh, the 
sin, am ministeir, the minister, instead of an fear, etc. ; — 
changing the genitive plural na to nan before nouns begin- 
ning with liquids, and with c, s and t, as writing nan lann, 
of the swords, nan riogh, of the kings, nan ceann, of the 
heads, nan sluagh, of the hosts, nan tarbh, of the hulls, 
instead of na lann, etc. ; — changing the genitive plural 
na, to nam before words beginning with labials, as writing 
nam fear, of the men, nam mort, of the beeves, nam port, 
of the fortresses, instead of na bhfear, etc. (2) In posses- 
sive pronouns : changing the possessive pronoun a to an 
before liquids, and before c, s, and t, as writing an righ, their 
king, an ceann, their head, an sagart, their priest, an tarbh, 
their bull, thèse by causing ambhibology of the worst kind, 
and confounding the article with the possessive pronoun, a, 
an, am. Those phrases hâve been for many hundreds of years 
written by the Irish (and by the Scotch up to a century and 
a half ago) a righ, a gceann, a sagart, a dtarbh ; changing the 
same possessive pronoun a to am before labials. as writing 
am fear, their man, am buachaill, their boy, am peacadh, their 
sin, instead of a bhfear, a mbuachdill, a bheacadh, thèse by 
again confounding the article and the pronoun, and creating 



2o8 J.-O. Russell. 

still more amphibology. (3) In relative pronouns ; changing a 
into an, and not foUowing it with the letter with which the 
n of an has naturally become assimilated, as writing « An 
duine ag an d' fhuaradh an cupan », instead of « An duine 
ag a bhfuaradh an cupan », the man with whom the cup was 
found. (4) Abohshing ecUpsis, except the nasal eclipsis of b, d 
and g by m and n, as in the phrases nam ban, nan giolla, nan 
daoine ; but examples of pure consonantal eclipsis are to be 
found in every printed book and manuscript, published or 
written in Gaelic in Scotland down to a century and a half 
ago. The Book of Dier is the most ancient Gaehc m. s. 
known to hâve been written in Scotland, and it is also the 
one in which the most ancient examples of consonantal 
eclipsis are to be seen. In II four instances of eclipsis may be 
seen in the phrases « ar a ginn », « iar n-ére na glérech », 
« dattdc na glérech »% « Achad na glérech ». It is évident 
that the scribe who wTote the Gaelic charters in the Book 
of Dier, was not a good Gaelic Scholar, for he left out the 
initial c' s of the words cinn and clérech, but wrote the eclip- 
sing g' s, showing clearly that he wrote the words as they 
were pronounced in his time in Scotland, namely in the 
twelfth century, or in the reign of David I, King of Scotland, 
in whose reign the Gaelic charters of the Book of Dier 
were written. Even in the almost unintellegible, attempted- 
phonetic Gaelic poems written by the Dean of Lismore in 
Scotland in the sixteenth century, and in the equally difficult 
to be understood poems recently published in Reliquiae Cel- 
tica, scores of instances of unmistakable eclipsis may be seen, 
such as a clarre, oyd ni gJar is ni gloh, evidently intented for 
« a chléirigh, oide na gcléir a's na gclog », but which Mr. J. 
M" Laughlan has transliterated « A chleirich, oide nan cleir's 
nan clog ». See Book of the Dean of Lismore, p. 4 Gaelic 
Part. At page 20 of same book, we find the phrase fini ni 
vane, evidently intended for « Finn na bhFéin », but which 
is transhterated « Fionn nam Fein », by Mr. M' Laughlan. In 
Reliquiae Celticae, in the part phonetically spelled, written late 

I . To cntreat the clergy. 



Récent Changes made in Scotch Gaelic. 209 

in the seventeenth century a great many instances of eclipsis 
can be found. To give them ail would take up too much 
space, and one will be enough ; « da dugais cin », evidently 
intented for dd d-tugais, or dà d-tugas cion, to whom thon 
gavest, or I gave love. Even as late as 1754, Mr. Kirke got 
an édition of the Irish Testament printed in the Roman 
letter for the use of the Gaelic-speaking Scotch, and in an 
explanatory note by him on the title page, we find the phrase 
« brigh na Ccaibidileach os a ccionn ». The two c' s are, of 
course, the same as gc. From the early and peculiar ins- 
tances of the use of eclipsis to be found in the Book of Dier, 
it would seem that it was used in speaking a long time before 
it came to be marked in writing. 

The changes recently made by the Scotch in the verbal 
System in Gaelic are so many that they could not be fully 
noted without taking up too much space. The letter/ has in 
Scotch Gaelic, entirely disappeared from the future tense and 
conditional mood of regular verbs ofwhat modem Irish gram- 
marians call the first conjugation, The / was, however, re- 
tained in the first Scotch Gaelic issue of the Testament, 
printed in 1767. The synthetic forms of the présent tense, 
and of ail moods and tenses except the first person singular of 
the conditional mood, hâve been recently abandoned, although 
nearly ail the synthetic forms of the verbs may be found in 
the Scotch Gaelic Testament of 1767. 

In most of the Scotch Gaelic books printed within the last 
thirty years, ail, or almost ail, nouns are made to end in n 
in ail cases of the plural, Such a change certainly tends to 
simplify the language, but it is nothing more or less than 
language-manufacture. If such changes are allowed to go on 
f.xr another century. Scotch Gaelic shall hâve cessed to be 
Gaelic. The changes made in the language of the first, as one 
of the first, books ever printed in Scotch Gaelic, namely the 
Testament of 1767, might be included under the four heads 
that hâve been noted; but the changes made since then are so 
numerous that it would be impossible to note thcm ail in a 
short article like this. It will be enough to say that the lan- 
guage of the last Scotch Gaelic Testament published, bearing 



210 



J.-O. Russell. 



the date 1875, is in many ways so radically différent from 
the language of the Scotch Gaelic Testament of 1767, that it 
seems hard to beHeve that both books were intended to be 
read by people of the same race speaking the same idiom. 

The changes that hâve been recently made in the GaeUc of 
Scotland do not seem to be warranted by the language of the 
most ancient Irish or Scotch Gaehc manuscripts. 

The following texts from the Irish Testament of 1602, and 
from the Scotch Gaelic Testaments of 1767, 1807 and 1875, 
will give some idea of the manner in which the varions édi- 
tions of the Scotch Gaelic versions differ. 



Irish Testament. 

Scotch Gaehc Testament . 



Irish Testament. 

Scotch Gaehc Testament. 



Irish Testament. 



Matthew. III, 6. 

1602. Ag admhâil a bpeacadh. 
1767. Ag admhail am peacaidh. 
1807. Ag admail am peacanna. 
1875 . A -g admhail om peacanann. 

Matthew, II, 18. 

1602. NÎor bh'dil le solds do ghiacadh. 
1767. Nior b'àil le sôlâs do ghiacadh. 
1807. Che b'ail leatha sôlâs do ghiacadh. 

Matthew, II, 21. 

1 602 . Agus do ghabh se an leanabh agus tainic 



Scotch Gaelic Testament. 1767. Agus ghabh se an leanabh agus thainig 

se... 
— 1807 . Agus ghabh e an leanabh agus thainice... 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament. 



Matthew, II, 22. 

1602. Do iompaid se go criochaibh na Galile. 
1 767. D' iompaidh se go criochaibh na Galilée. 
1807. Thiondaidh é gu criochaibh Ghalile. 
1875 . Chaidh e a leth-taobh gu criochan Gha- 
lile. 



Matthew, III, 12. 

Irish Testament. 1602. Loisgfidh se an chaidh le teinigh. 

Scotch Gaelic Testament. 1767. Loisfidh se a' mail le teine. 
— 1807. Loisgidh è am mail le teine. 



Récent Changes made in Scotch Gaelic. 



21 I 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament. 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament. 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament . 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament. 



Matthew, IV, 4. 

1602. Ni le h-arân amhâin... 
1 767 . Ni le h-aran amhain. . . 
1807. Cha 'n ann le h-aran a mhain... 

Matthew, IX, i. 

1602, Do chuaidh se tar uisge. 
1767. Do chuaidh se thar uisge. 
1807. Chaidh è thar an uisge. 

Matthew, IX, 11. 

1602. Geud fâ n-itheann bhur maighisdir...? 

1767. Geud fa n-itheann bhur maighisdir...? 

1807. Car son dh' itheas bhur maighstir...? 

1875. C'ar-son atha ur maighistir a g-ithe...? 

Matthew, XI, 23. 

1602. Teilgfear sios go h-ifrionn thu. 

1767. Tilgfear sios gu h-ifrinn thu. 

— 1807. Tilgear sios gu h-ifrinn thu. 

— 1875. Teid thu sios gu ruig iutharna. 

Matthew, XV, 32. 

Irish Testament. 1602. Atâ truaigh agam do'n t-sluagh. 

Scotch Gaelic Testament. 1767. Ataim ag gabhail truais do'n t-sIuagh. 

— 1807. Ataim a' gabhail truais do'n sluagh. 

— 1875. Tha truas agam ris an t-sluagh. 

II CORINTHIANS, XI, 21. 

Irish Testament. 1602. Is a dtaobh easonôra a deirim so. 

Scotch Gaelic Testament. 1767. Labhra[i]m thaobh easonoir. 

— 1807. Labhra[i]m thaobh easurraim. 

— 1875. Tha mi labhairt a reir es-onoir. 

Révélations, XXII, 5. 

Irish Testament 1602. Agus nf bh-fuil uireasbhuidh léchruin 

orrtha 
Scotch GaeUc Testament. 1767. Agus ni bhuil feum aca air coinnil. 

— 1807. Agus cha n' eil feum aca air coinnil. 



Dubhn. 



J. O. RUSSELL. 



ÉTUDES BRETONNES 



IX. 

SUR l'argot de la roche. 

(Suite et fin'.) 

35. Les résultats de ma dernière enquête sur l'argot de La 
Roche, faite pendant les vacances de 1894, seront exposés 
ici dans le même ordre que les faits précédemment recueillis 
(cf. § 14). 

36. Voici d'abord des acceptions et combinaisons nouvelles 
de mots rochois. 

Ahbrclhen viniq, petit-fils, bret. mnp hihan. 

Anjes, mari ; dannve i hanjes, son futur mari, son fiancé. 

Beogal, pleurer; miauler. 

Bilhaos gourt, hilhaos ru (bonne monnaie, monnaie rouge), 
or, 

Bilhes, vilhes, sœur; vHIks viniq, petite-fille, bret. merc'h 
vihan ; houtono bilh^et (boutons de femmes), épingles. 

Boulijer dranm, pommes de terre, cf. Rev. Celt., XV, 357; 
houlijer niiniq (petits boulets), la grêle. 

Bruahtere^ ivater, poule d'eau, breton iar-doiir ; pod hruan- 
ted (le gars aux œufs, le mangeur d'œufs), fouine, martre, be- 
lette. 

I. Voir Revue Celtique, XIV, 267; XV, 337. 



Etudes bretonnes. 2 1 5 

C'houé:{. Toul ar chouéx^ (le trou de la maison), la clef, cf. 
la devinette n° 102, Rev. Celt., IV, 88; c'hoîte^ daou estach 
(maison à deux étages), bissac. 

C'houibes mihson (mauvaise vermine), la gale. J'ai en- 
tendu une vieille femme de Saint-Gilles, près de Saint-Clet, 
employer c'houibes au sens de « taons, mouches qui piquent » 
(cf. Rev. Ceh., XV, 358). 

C'houil ar c'haplahs (le travail du tailleur), du fil; c'houiler 
palh (travailleur de paille), couvreur en chaume; c'bouiler rufan 
(travailleur de feu), étameur ; 'ma c'houikrien rup hrachet (les 
serviteurs du Seigneur, les anges crachent), il pleqt. 

Dovergn miniq ou miniq an dovergn (petit cheval, ou petit 
du cheval), poulain ; dovergn-rufan, pivert, littéralement 
« cheval de bois, de forêt », cf. bret. ha^ek koad (jument du 
bois). 

Eltris. Dahnve eltris (matière de pain, ce qui deviendra du 
pain), semence de froment. 

Erlikin. Teat 'n erlihin (le théâtre de l'arlequin, de la cré- 
pière), le trépied; cf. Rev. Celt., XV, 351. 

Filhor. Éle vid filhor i baeron (des anges pour le filleul de 
son parrain, pour le diable), corbeaux; cf. Bar:(a:{ Brei^, 440. 

Gourd, sain, bien portant ; chou gourd, chou pommé ; gour- 
dajen da grachet, ou da grachet minson (objet pour cracher dan- 
gereusement), fusil ; gourdajen grefier, hibou, chat-huant, litt. 
« chose (animal, oiseau)-chat », d'après le trécorois even-has, 
Rev. Celt., IV, 153 ; gourdajeno, choses; gourdajenin, gourda- 
jenein, faire, agir. 

Grifohn c'houcT^ Doue (chien de la maison de Dieu), suisse, 
cf. bret. chas-dè'-Dieu, Rev. Celt., VI, 411, VII, 2^1 ; grifon 
water, loutre, bret. ki-dour. 

Gwatnel, mère; ma givarnel c'hourd, ma femme. 

Giuegan. Vreo^^ giuegan, miel, = koc'h-giuenan, qui se dit en 
petit Tréguier par plaisanterie, cf. argot étron de mouche, cire, 
F.Michel, L. Rigaud; lanteo:^gwega}i(hem'r:e d'abeilles), miel, 
parce qu'il s'étend sur le pain, comme le beurre. 

Huoniq an noter (le soleil de la nuit), la lune ; huon gzuilhoiq 
(le soleil du petit Guillaume, du loup), id. ; cf. Rev. Celt., 
VII, 44- 



214 E. Ernault. 

Keyen, parents, avec un adjectif possessif: ho keyen, vos pa- 
rents, comme en bret. ho tud, litt. « vos gens » ; cf. Rcv. 
Celt., VI, 388. 

Klaîik, bec (d'oiseau) ; duori i glank (ouvrir sa bouche), 
bâiller ; eur pe^ klank ha na intent na sa na là, un imbécile qui 
n'entend ni à dia ni à huhau ; cf. tréc. genôek, sot, de geno, 
bouche. L'expression du petit Tréguier na sa na là, Rev. Celt., 
XV, 346, est formée de deux termes de charretier: sa, en 
avant ! tout droit ! Le Gonidec, et alla, à droite ! à Lan- 
goat, Rev. Celt., IV, 146 ; cf. le fr. çà et là ? Sa étant opposé 
à M, a pu signifier « à gauche » ; de même au proverbe 980 
de Sauvé, sa ! fait contraste avec dia ! à droite (cf. Rev. Celt., 
V, 159, 192). En français, dia veut dire « à gauche « ; mais 
Pictet nous apprend que, dans une partie au moins de la 
Suisse, il s'emploie au sens contraire, comme en breton (^Les 
Origines indo-européennes, 2^ éd., III, 214). Le P. Grégoire 
rend de même le franc, dia par dia, diha, deha. Il s'accorde 
avec le dictionnaire vannetais de l'A. pour expHquer le fr. 
hurhaut par « à gauche », mais ce dernier donne, à dia, le 
breton diha, guiha, guéha comme un « terme de chartiers, 
pour exciter au travail le bœuf qui est attaché à gauche ». 

Le P. Grégoire donne, au mot cause, le proverbe alla tenna, 
alla goiienna « telle cause, tel effet » ; il l'explique par ne aller 
tenna nemed diouch ar voiienn, c'est-à-dire sans doute « on ne 
peut agir que conformément à sa nature, à sa race »; cf. 
l'autre dicton de même sens qu'il cite également, peptra a demi 
d'e had ha d'e natur = « chaque chose tend à sa race et à sa 
nature », et qui répond au cinquième proverbe du recueil de 
Brizeux, n° 472 de Sauvé : 

Ha droug ha mad 
A denn d'he had. 

Ces deux auteurs ont compris : « mal ou bien de sa semence 
vient » ; c'est plutôt « tend vers son origine, agit dans le sens 
de sa nature » ; cf. le Grand Mystère de Jésus, 94 : 

Ha drouc ha mat, e pep statur, 
A ten de hat a de natur 
A pep croeadur natural. 



Etudes bretonnes. 2 1 5 

Le sens général de la phrase alla tcnna, alla goilenna est bien 
celui que lui attribue Grégoire, mais l'explication proposée est 
grammaticalement inadmissible. Alla n'a rien à faire avec 
gallout, pouvoir, et doit être rapproché de alla, à droite, pro- 
bablement avec une acception plus générale, « par là ». On 
pourrait entendre : « tirer par là, (c'est le moyen de) toucher, 
(d'atteindre) par là », cf. ténna da'r giienn, tirer au blanc, sqei 
èr giienn, donner dans le blanc, Grég., si ceci ne supposait à la 
première syllabe de goilenna une prononciation trécoroise, 
démentie par la finale du même mot et de tenna : Grégoire au- 
rait écrit en ce dialecte goiiennah et tennah. L'interorétation la 
plus probable est, je crois « par là tirer, par là germer », 
c'est-à-dire « lorsqu'on tire par là, c'est qu'on est né comme 
cela » ; ce qui revient à cette autre phrase, dioud e vouënn ê ra 
« ce garçon chasse de race », Grég. 

Kouer deu^ ë jour (paysan à la journée), journalier. 

Krahh. C'houe\ ër granhet (maison, demeure des marins), 
navire; chiminal ou dovergn c'Jwue:^ ër grahket (cheminée, ou 
cheval de navire), mât. 

Manuel. Gourdajen Manuel (objet, bête de Dieu), papillon, 
à cause du bret. halavennicq-Douë, P. Grégoire de Rostrenen 
(irl. dealhhan-dé, eunan-dé, etc.). Gourdajen Manuel est aussi 
l'alouette, qu'on appelle encore 'n ini ha gaîïd Manuel, celle 
qui va avec Dieu (au ciel) ; cf. ann eiin touer-Doue, l'oiseau 
qui jure (le nom de) Dieu, à Saint-Mayeux, Rev. Celt., IV, 153 . 

Miniq kubiq ko^^ (fils du diable), sorcier. 

Mihson, mal portant. 

Niqol. Pod niqol boubou (l'homme à la viande de bœuf), le 
boucher. 

Ouser terk (m.angeur de terre), crapaud ; cf. Rev. Celt., 
XV, 351. Voir vreo:{er terk, § 37. 

Piere^en. Bernier piere:(eno (assembleur de pierres), ou avec 
le synonyme breton bernier niein, maçon. 

Poenser benben (voleur de pomme de terre), ou poeïiser ^.^ra- 
sin (voleur de pomme), celui qui a un polype au visage. Voir 
laer gwenan, § 42. 

Raton. Giuamel ë raton, religieuse; miniq ë raton, enfant de 
chœur. 



2i6 E. Ernault. 

Roleg gourd ;;ardin (gros marteau de tailleur), dé; rolcgo jar- 
din (marteaux de tailleur), aiguilles. 

Rufan. Gourdajcn rufan (chose à bois), arbre; rufan miniq 
(petit bois), branche ; rufanian, brûler, éclairer ; rufaniet, 
chaud. 

Rupe:^^ vreo::^, dame; rupes en tiirgmr, truie; rupcs ar c'boele 
(la dame du taureau), vache. Ceci rappelle l'expression iro- 
nique « madame la génisse », La Fontaine, Fables, II, 4. 

Skalpino vagot, shalpino rufan, ou hoto vagot (chaussures de 
bois), sabots, comme en breton hoto-koat ; pod skalpmo 
(l'homme aux chaussures), le cordonnier. 

Skrap. C'houe:( ë skrap, lupanar. 

Talcr. Bilhei;^ en talero, ou bilhe^ en talero gourd (la fille aux 
repas, ou aux bons repas), cuisinière ; pod en talero gourd, 
cuisinier. 

Taouen daohnet, très pauvre; imitation de l'expression inten- 
sive, usitée en petit Tréguier, paour du daohnet, litt. « pauvre 
noir damné ». 

Tariek ou taliek d'ousah (tabac à manger), chique ; t. de 
choukah ba^^ ël hikan, t. à priser (petit trécorois choukah butun, 
priser, cf. Rev. Celt., IV, 150). 

Terk. Pod en terk (l'homme qui se sert d'argile à crépir), 
maçon. 

Tortour, lit. 

Trafiqyohner, cordonnier. 

Tulodi, tulodcin, parler; chanter ; écouter, entendre. Tulodi 
minson, chanter faux ; gourdajen de dulodi (chose, organe pour 
entendre), oreille; on dit aussi tulodo, les oreilles. 

Tunik c'hourd, grand'messe ; en dunik miniq (la petite prière), 
les vêpres. A propos de la correspondance des voyelles u et a 
dans l'expression tuniq XP taniq, qui paraît d'origine rochoise, 
j'ai cité, Rev. Celt., XV, 346, le moy. bret. na cuffnacar, ni 
ami ni parent. Le petit trécorois emploie une locution ana- 
logue : na bu na bar (n'avoir) ni vie ni mouvement. Ce bu, 
par lui-même inusité, a dû être extrait du mot bue, vie. La 
même syllabe se présente dans le mot burlesque bisi-bu, 
petit doigt, Grég., de bisik biÇJjan)} et dans le terme enfantin 
bubu, feu, chose qui brûle, en petit Tréguier. 



Etudes bretonnes. 217 

Vilach. Ar vilach vras (la grande ville), Paris. 
Voari. Voar 'hierexen d'ijes, jette-lui une pierre ; voari rufan, 
faire du feu, 

Water. Ar luater gourd (la grande eau), la mer. 
Zardin. Ober i :^ardin (faire son couturier), coudre. 
Zerasincd vid goad 'n ouc'h (pommes pour le sang du verrat, 
fruits qui donnent le vin), raisin. 

Zousilh ru, vin rouge; ^ousilb gwen, vin blanc; :(ousilh eg, 
vinaigre (bret. gwin-eg^ ; ■:;pusUhaden dahnet, eau-de-vie. 

Quelques expressions composées seront encore notées aux 
paragraphes suivants, à propos de mots qui présentrnt d'autres 
particularités. 

37. — Les formes grammaticales, dérivés et composés, qui 
suivent, ne donnent lieu à aucune difficulté. 

Beoger, pi. ioi, veau, litt. beuglant, comme blèjer, hlchjer, 
pi. ien, cf. Rev. Ceît., XIV, 272. 
Bnianted, des œufs. 

Gourdajenat, f., plein une chose : eur chourdajenat trotach, 
une assiettée de soupe. On dit aussi machinad, mot qui n'est 
peut-être pas spécial au rochois : eur machinad luater, pour eur 
poul dour, un étang. 

Grignen : eltris grigncn, pain d'orge. 

Giuamek:{et, femmes; cf. Gloss. vioy.-hrel., v. goam, marron. 
Hadtakr noter « second repas de nuit », réveillon, d'après 
le breton hadhoahn. 
Hadvariajet, remarié. 
Jargîlhat, ventrée. 
Kuloto, des culottes. 

Lahperes (sauteuse), pie ; cf. Rcv. Celt., XIV, 274. 
Lugner, fenêtre, cf. Rev. Celt., XIV, 274; XV, 362. 
Milino (moulins) : më milino, mes dents. 
Minikoc'h, plus petit; de viniqo, tes enflmts. 
Minsonarden , femme laide, sans soins ; mihsonares, sotte, 
terme de reproche. 

Morisan, faire le paresseux. 

Mudé:;p, hudéxp, des bouteilles. On dit de même hastroulh 
et mastrotilh, une bonne, cf. Rcv. Celt., XV, 348. 
Pelhcr, f. es, débauché. 



21 8 E. Ernaulî. 

Rufanien vitiiq , allumette. 

Shraperes, femme débauchée. 

Tafinegen, eau-de-vie. 

Taouannet, pauvres. 

Tariagi, taliagin, fumer; tariek ou talieh de dariagin, ou de 
âaliagi, tabac à fumer. 

Tuloder baz^ c'houe^ Doue (chanteur dans la maison de Dieu), 
chantre. 

Tuniho, lettres ; pod an tuniho (l'homme aux lettres), le 
facteur. 

Freo^er terk, taupe, quasi hacher douar ; voir ouser terk, § 36. 
Il est remarquable que le proverbe breton 325 de Sauvé, 
contre un avare, « il est de la race du crapaud, qui craint 
qu'à manger la terre ne lui manque », se trouve avec substi- 
tution de la taupe au crapaud, dans Noël du Fail, Contes et 
discoMS d'Eutrapel rèivn^nmés par ... D. Jouaust, Paris, 1875, 
t. I, p. 108 : « Le mesme capitaine ... estoit marié à une fort 
honneste damoiselle, mais la plus avaricieuse et chiche qui 
fust au pays, n'osant manger son saoul, de peur que la terre 
ne lui deffaiUist, comme fait la taupe ». La taupe et le cra- 
paud sont associés dans d'autres traditions rapportées par 
M. E. Rolland, Faune populaire, III, 56. 

Zardineres, lingère, couturière; ober i^ardineres, coudre. 

Zousilherien, des ivrognes; :(ousiIberes, buveuse. 

38. J'ai rencontré deux mots qui jettent quelque lumière 
sur les origines de la diphtongue eo et du suffixe eo:(_ en rochois 
(cf. Rev. tel t., XV, 342, 343, 357): _ 

vlanbeo^ih, jurer, dérivé du français flambeaux, cf. bret. 
moy. flambeau, flamhcux, moderne flamhe:^enn, van. flambéu, 
Grég., etc., voir i^ft;. Celt., VI, 389; 

pihseo, queue ; saucisse ; pénis ; pihseo trafiqyohner, alêne de 
cordonnier ; pihseo luater (queues dans l'eau), anguilles ; du 
français pinceau. 

On peut distinguer en rochois deux terminaisons eoT^. L'une 
alterne avec -aos : bilheo^, bilhaos, argent, = * bilJeaux ; war ar 
beo^, sur le pavé, =: bret. bdos, cour à fumier, Pelletier, Rev. 
Celt., XIV, 278, cf. ce passage d'Habasque, Notions ... sur le 
littoral ... des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, t. I, p. 304: « Les 



Etudes breWnnes. 2 1 9 

fermes sont généralement couvertes en chaume. Un cloaque 
infect, sous le nom de vaux, est en avant de la maison. C'est 
une mare où l'on fait pourrir des ajoncs et des pailles, dont 
on veut faire des engrais » . 

L'autre terminaison -eo:(^, -eouz^, répond au français -oux, 
-ouse, fréquent en argot, et peut-être influencé par l'autre suf- 
fixe -ao:(^, -eo^. 

La finale depiiiseo se retrouve dans quelques mots bretons: 
moy. bret. bourreau, bourreu, bourreau, mod. bourreau, van. 
borrév^, Grég., van. cureau, choriste, curreau, enfant de 
chœur, l'A., plur. v. franc, cureaux. Archives de ■Bretagne, 
Vn, 72, cf. Rev. Celt., III, 52, n. i; sur l'ancienne termi- 
naison -eau, -iau en haut-breton, on peut voir Gœrlich, Fran- 
Zpsische Studien, V, 359, 413. 

Citons encore le breton potéo, potev, aiguière, podtéau, pot de 
faïence, Grég., pôtéô, Le Gonidec, du franc, pot à eau. C'est 
de ce composé que Le Brigant semble avoir extrait le mot ev, 
eau ^, qu'il emploie dans sa traduction des premières lignes de 
la Genèse, Détachemens de la langue primitive, Paris, 1787, 
p. 22 : 

Da ghêntan Doué à croiias an Evo, ag an Douar : 
Ag an Douar évoa duidan ev, a bcû et. 

« Au commencement, Dieu créa les Cieux et la Terre: 
Et la Terre étoit couverte d'eau, et noiee ». 

C'est la seule erreur de ce genre que je voie dans les trois 
traductions bibliques de l'auteur qui me sont connues. J'ai 
publié la plus étendue, Rev. Celt., XI, 180-182 ; voici la troi- 
sième (i Cor., XIII, I, 2): 

A pa gomsfén langach an oll dud, ag an élé, mar nambé ket ar 
garante, na vén nemertével ar hoiievr a:(on, ag ar ^inibal à dint. 

A mar ambé ar broféci, ag anavefen oll ar mistério, ag an oll 
goût, ag ambé oll ar fé da allout diblassan ar ménéo a nàmbé két 
ar garante, niann na non. 

1 . Le pluriel boiiriarion, Me'lusine, VII, 131, doit provenir de quelque mé- 
prise, pour bouriavion. 

2. On trouve eve, eau, en haut-breton ancien et moderne; cf. E. Gœr- 
lich, Fran^œstsche Studien, V, 345, 413. 



2 20 E. Ernault. 

« Et quand je parlerois le langage des Hommes et des An- 
ges, si je n'avois pas la charité, je ne serois que comme un 
airain sonnant, ou une cimbale retentissante. 

Et quand j'aurois le don de prophétie, que je pénétrerois 
tous les mystères, et toute la science ; et quand j'aurois toute 
la foi capable de transporter les montagnes, si je n'avois pas 
la charité, je ne suis rien » ^ 

La variante de prononciation dans moy. bret. haetes, mod. 
hetès, heotès, botte, porrée, Gr., cf. Rev. Celt., XV, 357, re- 
monte au commencement du xvii'^ siècle : bcautUs, bette, No- 
mendator, 80. La diphtongue différente de boëtrahès, bette- 
raves, Gr., est due à l'influence de boet, nourriture, cf. gall. 
hwytatwys, pommes de terre, adaptation de l'anglais potatoes 
d'après biuyta, manger. On dit en petit trécorois betrabes ; 
l'A. donne baitéss, bettes, boiterahcenn, betterave, plur. boiterabe. 

39. J'ai indiqué à tort, Rev. Celt., XV, 342, le suffixe -od 
de iunodo, tidodein, comme propre à l'argot de La Roche. Il se 
trouve en breton, par exemple dans les mots suivants : 

mod. rustaud, rustaud, rustre, rustaudes, rustaude ; rust, 
rustique; courtaud, pi. ed, garçon qui fait son apprentissage, 
terme d'injure, Grég. (= « courtaud de boutique »), em- 
prunts directs au français; 

van. bêerrautt, courtaud, bêerraudeenn, courtaude, l'A., de 
berre, court, l'A., par imitation du .français ; 

van. gaguillautt, bègue, gaguillaudein, bégayer, grasseyer, 
gaguillaudage, m., bégaiement, grasseyement, l'A., à Sarzeau 
gadeliaud, bègue, gadeliaudein, bégayer, selon Chai, ins, du bret. 
moy. gagoill, gagouill, bègue, mod. gagoïiilb, Grég.; van. mis- 
taudic, poupin, de mistr, id., Chalons ms. 

On échange parfois en argot les suffixes -aud et -ot : Jarot, 
Monsieur, faraude, Madame, Mademoiselle, Le Vice puni, 108. 
Le fait se produit aussi en français populaire (cf. Gaidoz, Mé- 
lusine, VI, 49); le comte Jaubert donne, par exemple, pi- 
cauder, picoter, riauder, rioter, ricaner 2. De môme en van./^;-- 

1 . Présent singulier offert aux savans interprètes de l'Europe.. . A Rennes, 
chez N. Audran de Montenay, Libraire, p. 18, 12. Le permis d'imprimer 
qui se trouve à la fin, p. 23, est daté du 7 juin 1783. 

2. Glossaire du centre de la France, 2^ éd., 1864. 



Etudes bretonnes. 22 1 

laut k Sarz(eau) « franc, ouvert », (ém. farlauden « gagui », 
Châlons lus., = ïr. falot, ci. falotin, hret. faJotin, bouffon, ibid. 
Çsdon Grcg.,farlaudeiiii « dondon » ne se dit guère en bonne 
part); michodein, mûrir, l'A., michodein, Gr., répond au fr. 
mijoter, dont il a quelquefois le sens : en dès... mijodet ar en tan 
« (la soupe) qui s'est lentement consommée sur le feu », Re- 
vue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, novembre 1889, P- 39 1- 
Le mot français est aussi employé dans le sens ordinaire du 
vannetais : migeoter, mûrir sur la planche, niigeot, lieu où l'on 
conserve les fruits, au Mans, Littré ; migeoter, mûrir sur la 
paille, en parlant des nèfles, Ch. Ménière, Glossaire angevin'^. 
Le bret. darevi a également les deux acceptions de « cuire » 
et « mûrir ». 

Le même échange semble avoir lieu encore dans un mot breton 
d'ailleurs remarquable par la diversité de ses déformations : 

haiJhebod, pi. ed, coquin, faquin, malotru, polisson, celui 
qui est couvert de haillons, hailheboded, canaille, bailbebodês, 
hailhebodenn, coquine, hailhebodaich, coquinerie, Gr. ; 

hailhevod, pi. ed, polisson, Gr., hailkvaudd, faquin, gredin, 
haillevautt, pi. -audctt, maraud, polisson, malotru, baillevau- 
dage,m., gredinaille, gredinerie, maraudaille, l'A., van. hailh- 
vaudecq, pi. -digucd, malotru, Gr. ; 

aklepoted, gamins, jeunes étourdis, Fei:(_ ha Brei^ du 
23 août 1873 ; 

laqepod, van. laqoupod, estafier, lacqepaud, pi. et, van. lacqou- 
paud, pi. ed, satellite, coupe-jarret, Gr., laqqepod, v. géant; 
lakepod, pi. ed, mauvais sujet, polisson, bandit, Troude; 

cailbebodenn, pi. ed, bergère, courtisane, Gr. ; 

Galibod, nom d'un personnage paillard qu'il est question de 
pendre, Soniou Breizrl^el, II, 120. 

L'origine de hailhebod a dû être le vieux français halleboter, 
grappiller, cf. rouchi alboder, faire le fainéant ; haut-breton hal- 
boter, ramasser des raisins qui restent dans les ceps après la 
vendange, Alcide Leroux-. Mais il a pu y avoir, pour plu- 



1 . Mémoires de la Société académique de Maine-et-Loire, t. XXXVI (1881). 

2. Bulletin arcJk'ologique de l'Association breloiuie, t. V, Saint-Brieuc, 1886. 
L'auteur donne aussi halot, vagabond, homme sans aveu. 

Revue Celtique, XVI. 16 



22 2 E. Ernault. 

sieurs formes, influence d'autres mots bretons : Iakes, laquais; 
caillaren, souillon, coureuse, D. Le Pelletier. 

D'autres transformations proviennent de ce que le mot a 
été coupé en deux, peut-être par suite d'une étymologie popu- 
laire d'après paut, garçon : 

haiJhonn, pi. -ohncd, malotru, polisson, van. haiJhoncd, ca- 
naille, hailhonnecq, pi, -nigued, malotru, Gr., ko^ c'haiUon, 
vieux coquin, Son. Br. -!:(., II, 58, 60. Le P. Grégoire explique 
aussi hailhon, fém. Ijailhontiès, par « couvert de haillons »; il 
est naturel de comparer ce mot français; pourtant Troude 
donne aussi kailkn, m., vaurien, canaille, en cornouaillais. 

La seconde partie paraît seule, au contraire, dans le cor- 
nouaillais ihot, ubot, hubot, canaille, gueux, uhota, etc., agir et 
vivre en gueux, Pel.; cf. Gloss. moy.-bret., v. bubot. 

M. Gaidoz a signalé aussi, Méhisine, VI, 49, Rev. Cclt., V, 
476, 477, la confusion en français des terminaisons -ot et -0. 
Le même fait se produit parfois en breton : chcminod c che- 
minod » (employé au chemin de fer), Luzel, Bepred Brei:^ad, 
36, 38, plur. cheminoëd, 44. 

Un autre échange de suffixes plus divergents se remarque 
entre le vannetais niignan, chaudronnier, l'A., et mignaud, 
chiffonnier, Gïoss. de Jaubert. Inversement, c'est le vannetais 
qui a -aud et le français -an, -ant, dans averlaud, garçon, à 
Surzur près Sarzeau^, cf. averlant, ami de bouteille, comipa- 
gnon de taverne, J. Leroux, Diciionnairc comique ; « mes bons 
averlans », Rabelais; averlan, avcriant, débauché, bon com- 
pagnon, La Curne de Sainte-Palaye ; haut-breton abreland, 
prétendant, Alcide Leroux. 

Cette terminaison est, comme on voit, assez commune en 
breton dans des termes de mépris ; cf. encore pichot, homme 
minutieux, niais, et aussi nonchalant, sans vigueur, en petit 
Tréguier, Rev. Celt., IV, 164, = provençal pichoi, petit, un 
pichot, un petit homme, un pleutre, un lâche. Mistral. 

Plusieurs de ces mots sentent l'argot : jalot, chaudronnier, 
gredin, Rev. Celt., XV, 349, jaJodage, gredinaille, gredinerie, 
maraudaille, VA., jalodés i( guenippe » Chai, nis ; d. jaJgaudétt, 

I. De l'urgence d"unc exploration philologique en Bretagne, p. 11. 



Eludes bretonnes. 223 

effrontées, l'A., v. débraiUcr ; tréc. pâlot, van. palaut, cam- 
pagnard, Rev. Celt., XIV, 288; loiiaud, pi. ed, coquin, 
loilaudi, coquiner, badiner, loûaudaich, coquinerie, Gr., même 
racine que louvêc, pi. louviguétt, fat, l'A. ; louïdicq, coquin, 
Gr., moy. bret. louuidic, fat, sot, Rev. Celt., XIV, 286, 287. 
Il est possible que les premiers argotiers de La Roche aient été 
appelés des * Tunaudet. 

La terminaison -aud alterne avec -ad dans loiiaud, co- 
quin, etc., Gr., louât, niais, P. Maunoir, loiiad, niais, badin, 
loûadès, badine, loiiadi, niaiser, louadére:{, niaiserie, loûadere:(, 
badinage, Gr. De même kermwad, Cornouaillais, pl'ir. kerne- 
luis. Le Pel., hrnévad, pi. kermvaded, van. kernéiiad, pi. ker- 
néiiis, Gr. (Jierneviad, Hingant, Grani. 14), a un synonyme 
kernevaud, pi. ed, fém. kernevaudès, Gr., kernévod. Le Gon., 
kernevod, f. c:{, Moal. Cette particularité, inconnue aux autres 
ethniques, a son pendant dans la forme leonnard, pi. ed « Leon- 
nois », Gr., léonartt, pi. -ardétt « Leonois », l'A., léonard 
« Léonnais ou Léonard », f. -e^, Gon. ^, à côté du régulier 
léonad, pi. léonaded, léoni:^, f. Jéonadex^, Gon. Çéoniad, Hing. 
14), dont l'ancienneté est assurée par le pluriel moyen- 
breton leonis. A leur origine, ces nouvelles désignations expri- 
maient sans doute une nuance de mépris (cf. QueUien, U argot 
des Nomades, 44; Rev. Celt., VII, 46, XV, 352; Sauvé, 
P'-ov., 943); on peut comparer clei:{yad et clei^ard, van. 
cleyad et clcyard, gaucher, Gr., en regard du moy. -bret. clei^r 
yat, gall. cleiddiad. Mais le choix de -aud semble avoir été 
déterminé par une suggestion d'ordre phonétique : à lou-ad, 
lou-od, kerneiu-ad, * kernciu-od, kcrnev-od, on peut comparer du- 
ad, du noir de fumée, Gr., Gon. ; du-ot, blé charbonné, Gr., 
du-od, Gon. (gall. duad, cirage); du-an, blé noirci en dedans, 
charbonné, Pel., Gon., petit trécorois du-on, cirage formé 
avec la suie de la poêle, Rev. Celt., IV, 152 ; diho-annet, divo- 
annct, germé, Gr., tréc. diw-onet, Rev. Celt., III, 52. La syl- 

I . Je ne vois pas de preuve qu'on ait employé en armoricain la forme 
hrei:{ard, breton, citée par exemple dans V Histoire de la Petite-Bretagne, par 
Manet, Saint-Malo, 1834, t. I, p. 5, au lieu de brey:{ad, Gr., hrei\ad, hrei- 
liad, Le Gon., Troude, hreiiiad, Rev. de Bret. et de Vendée, XXYUl{i8jd), 
p. 389, p\.brey:(^is, breyiidy, Gr., brei^aded. Le Gon., moy. bret. Brei:{is. 



224 



E. Ernaiilt. 



labe wo devient facilement o, cf. Rcv. Celf., VII, 315 ; il est 
assez naturel d'admettre que c'est par l'intermédiaire de zoo 
qu'on a passé de wah 0. Ce changement s'observe surtout en 
vannetais. Cf. Rev. Celt., III, 53. 

Le petit trécorois marc'hpôt, m., gaillarde, femme dé- 
gourdie, robuste, capable, rappelle l'argot marpaut, maître, 
homme, Le vice puni, 109, F. Michel, Méni. de la Soc. de 
Ling., VII, 50, V. fr. marpaut, niarpaud, goinfre, fripon, vo- 
leur, vaurien, fém. marpaude, Godefroy ; niarpaud en Dau- 
phiné, fripon, vaurien, en Limousin gros lourdaud, Mistral, 
en Vendômois chat mâle, matou, Martellière. L'addition du 
son c'h peut être due à une étymologie populaire d'après 
viarc'b, cheval, et pat, garçon ; cf. penn-pautr, garçonnière, 
Grég., penn-haotr, Moal, de pcnn, tête; skil-paôtr, fille qui a 
les manières hardies et libres d'un garçon, Pel., de skil- d'où 
slùidrenc, à demi-aigre, aigret, Pel. (= gall. ysgil, recoin, de 
cil, coin, comparez au breton gilgamm, boiteux, Gr., chilgainin, 
bancal, Troude, gil gani, jambe torte, Chai, ms, le gall. 
cilgam, oblique) ; ras-paotr, garçonnière, Troude, raspaotr, 
Suppl. aux dict. bref.., Landerneau, 1872, de ras-, d'où ras- 
paredi, cuire superficiellement, ibid. ; van. ur sah pautr', gar- 
çonnière. Chai, ms., àe sah, sac. Ce dictionnaire rend encore 
la même idée par ur uerh sod el urga:{ec, litt. « une fille folâtre 
comme une jument »; cf. Rev. Celt., IX, no, m; Gloss. 
moy.-bret., v. mouien. 

40. — Mots bretons détournés de leur sens : 

5a/'i (guignes), clous, Rcv. Celt., XV, 348; cf. ar bahi, les 
guignes, Sauvé, Proverbes, 972. 

Batimancbo (bateaux), gros sabots, Rev. Celt., XIV, 277; 
cf. Sauvé, Prov., 864. 

BeeJc, loup ; cri dont on eft'raie les enfants, en les menaçant 
du loup, Quellien, L'argot des nomades, 29, cf. 41. Ce mot 
rappelle beaucoup le vannetais beaical, bêler, beaiqual, beai- 
quein, croasser, beaiquereah, bêlement, croassement, TA. ; ul 
lay bihan é vaical, un petit veau qui beugle, Vocabul. nouv., 
Vannes, 1863, p. v. C'était peut-être, à l'origine, une imi- 
tation du cri de frayeur d'un animal en présence du loup. Cf. 
béé, onomatopée du cri de la chèvre, Gr., v. Pontscorf. 



Etudes bretonnes. 225 

Gaouiat (menteur), miroir. 

letren, pi. (guêtre), laboureur; on dit aussi ietren terk 
(bret. labourer douar). 

Kalch, m., sac; cf. Rev. Celt., XV, 356. 

Kerch: rei kerc'h, battre, Rev. Celt., XIV, 280. Cf. « donner 
de l'avoine, battre, rouer de coups. De la langue des charre- 
tiers, l'expression est passée dans celle ... des gens sans 
aveu »^ Fustier. 

Koharden, f., pi. 0, coup ; en petit Tréguier nœud de ruban, 
du français cocarde. 

Koublet, bossu. Ce mot n'est connu en Tréguier' qu'au sens 
de « joint, accouplé » ; l'acception rochoise doit dériver d'une 
autre plus ancienne « replié »; cf. Rev. Celt., VII, 311; 
Gloss. moy.-bret., v. coubl. 

Luchah (luire), jurer; luc'hach (vernis, faux brillant, argot), 
juron. Cf. tréc. luc'het (éclairs), blasphèmes; Rev. Celt., XV, 
362, 363, et l'emploi de luiet, éclairs, dans des jurons, Rev. 
Celt., V, 188. 

Mixer (misère), pudendamuUeris; héjal i mixer, danser. On 
dit encore komanan, laïuen. 

Mous (mousse), aide-maçon, Rev. Celt., XV, 350. Le sens 
de ce mot n'a aucun rapport avec la marine, dans cette 
phrase : Eunn den divar ar mea^ ... her c'heiiieraxda vous pe da 
vevcll bihan evit diouall he xenved, un homme de la campagne 
le prit comme garçon, ou petit domestique pour garder les 
brebis; Bue^ cir x^nt skrivet ... gant ann Aotrou Morvan ... 
moulet evit ann eil guech . . . goude eunn evesa great . . . gant ann 
Aotrou Nikolas ... Keniper, 1894, P- '^^^• 

Pis (pois), coup de fusil, balle ; cf. boulijer dranin (boulets 
d'une drachme), pois, Rev. Celt., XV, 357. 

Piti-piti (cri pour appeler les poussins), poussins. Du fran- 
çais /j^^//, cf. Rev. Celt., IV, 148. 

Plohjer (plongeur), fouille-au-pot, petit marmiton. Cette 
prononciation française ne se trouve guère écrite : le P. Grég. 
donne pi uhger, van. plugeour. Mais on \\i plonjaden et plon- 
chadcn, action de plonger, Collection Penguern, t. I, fol. 31, 
cf. Méhtsine, III, 453. 

Pobi = pelhad; pober, débauché, f. poberes. Le sens propre 



2 26 E. Ernaidt. 

de pobi « cuire », n'est plus connu en Tréguier, de sorte que 
c'est bien là un archaïsme rochois. D. Le Pelletier et Le Go- 
nidec donnent pibi, en remarquant qu'il est peu usité : cf. Rev. 
Celt., III, 57, eiGloss. vioy.-bret., w. pihi. 

Poméet (pommé), ivrogne; participe du verbe poméin, pom- 
mer, usité en petit Tréguier (cf. vanduih, au § 44). 

Prosesionn (procession), vaches qui se suivent en courant. 

SpagnoJes (espagnole), vache qui n'a pas de cornes ; viaoul 
Spagn, ou spagnol, brebis sans cornes. 

Spohtus (terrible), roitelet. 

Tolen, f,, pi. to/m/gr (tableau), carte; gourdajenin gant toli- 
nier, ou gant harto, jouer aux cartes. Esplikasion toliuier (ex- 
plication de tableaux), crêpes. Ceci fait sans doute allusion aux 
tableaux ou images allégoriques qu'on expose et qu'on ex- 
plique dans des églises bretonnes, pendant les retraites et les 
missions; cf. Sauvé, Rev. Celt., III, 246-248. 

Ucher (huissier), fainéant. 

Zegal (seigle), argile. 

41. Les mots suivants donnent lieu à quelques observations. 

C'houeéres, f., soufflet de cuisine, ne se dit plus en petit Tré- 
guier; mais il répond au léonais c'huëxçrès, Gr,, c'hoe:{eurez^, 
Supplément aux dict. bret., Landerneau, 1872, p. 57, cf. 103 ; 
van. huëhercs, Gr., huéheréss, l'A. 

Gournij m., la Saint-Michel, par abréviation du tréc. gour- 
mihel ; gourm ou am^er gourin s'emploie aussi pour « l'au- 
tomne » : ker:( gourtn e 'n am^er chourtah da chouilan, litt. 
« c'est pendant l'automne qu'est la meilleure saison (aux cou- 
vreurs) pour travailler ». Cette préposition kei\, pendant, que je 
n'ai jamais vue écrite, n'est pas un mot rochois ; on l'emploie 
à Tréguier. Je crois qu'elle diffère de Â'm;(, (au) milieu, et 
qu'elle est identique à kerx_, kers, jouissance, possession, profit, 
gain, disposition, droit de disposer, Pel. Cet auteur cite le 
mot d'après l'usage du bas Léon et de la Cornouaille, avec la 
préposition en, qui se sous-entend parfaitement en trécorois. 
Le P. Grégoire donne cm c'bcr^ ema et \a c'her:^ eo, c'est mon 
bien, mon patrimoine ; Le Gonidec fait kers du féminin. Ker:;^, 
kers, doit répondre à l'irlandais cert, le droit, adjectivement 
droit, juste; gall. certb, évident, (vue) perçante, ardent, etc., 



Etudes bretonnes. 227 

moy. bret. quer^^, certes, tout à fait, van. akerh, cf. lat. 
cerf us. 

Ce mot gourm n'est pas le seul nom breton de l'automne 
qui manque à la liste donnée Rev. Cdt., XV, 392-394. On lit, 
Colloque français et breton ou nouveau vocahulake, 9^ édition, 
Brest, imprimerie F. Halégouet, p. 102 : « (Pourrais-tu me 
dire pourquoi le temps est si mauvais chaque année ?) Dans 
l'été vient l'hiver; au lieu du printemps nous avons l'au- 
tomne... En hanv e teu ar goanv; e leac'h ann amxer-nevez^ ann 
diskarr ». Diskarr est ici l'abréviation de diskar-am:^er, qui se 
lit p. 62, cf. 17. 

Une autre désignation de la même saison paraît se trouver, 
sous une forme sans doute altérée, dans ce proverbe connu à 
Saint-Clet, à Trévérec, etc. : 

Pardon Jan Jili 
Ges kastel goan d'an ti 

« le pardon de Saint-Gilles amène l'automne dans la maison » ; 

ou encore : 

Gant pardon Jan Jili 
'Haiïtre kastel goanv en ti 

« avec le pardon de Saint-Gilles l'automne entre dans la mai- 
son ». Le pardon de cette localité a lieu le 2 septembre, et 
coïncide avec le commencement de l'automne, dans l'année 
hturgique. On prétend qu'il fait toujours mauvais temps ce 
jour-là. L'expression kastel goah ne s'emploie que dans ce 
dicton. Aussi ne sait-on quelle idée précise lui attribuer; on 
l'entend au sens général de « mauvaise saison, début de l'hiver » . 
Quelques-uns veulent que kastel goan, Htt. « château d'hiver », 
s'appHque à de gros nuages noirs, figurant des châteaux dans 
le ciel, kasteyo ba 'n oabl. Kastel a pu remplacer kestel, pris 
pour son pluriel, mais ayant d'abord signifié « saison », = 
van. kestel, chant, Livr cl lab., 8, 10, 12, etc., moy.-br, que- 
tell, qucntel ; cf. pet. tréc. boustoulher et boutoulher , bouteiller, 
sommelier. 

Lala. Eur lala, un fainéant, cf. lela, bambin, TA., Sup. 

Papllhono, neige, du bret. papilhoii, papillon, avec la termi- 



2 28 E. Ernault. 

naison de pluriel des choses inanimées, au lieu de papilhonet. 
Cf. moy. bret. balauenn erch, flocon de neige, de balauenn, 
papillon. La même assimilation se rencontre en provençal : 
parpaiolo, flocon de neige, parpaioun de nèii, gros flocon de 
neige, cf. mousco blanco (mouches blanches), flocons de neige, 
Mistral. Inversement, Victor Hugo a dit : « A midi mille pa- 
pillons blancs s'y réfugiaient, et c'était un spectacle divin de 
voir là tourbillonner en flocons dans l'ombre cette neige vi- 
vante de l'été » (Les Misérables, IV^ partie, Uvre III, m). 
L'expression lui était sans doute suggérée par une réminiscence 
de ces vers des Orientales (XXXIII, str. 2) : 

' Il faut qu'avril jaloux brûle de ses gelées 

Le beau pommier, trop fier de ses fleurs étoilées, 
Neige odorante du printemps. 

Voici un autre passage du poète où les deux idées sont en- 
core associées : 

En hiver, le ciel triste 
Laisse tomber sur terre un linceul pâle et froid ; 
Mais, quand avril revient, la fleur naît, le jour croît; 
Alors la terre heureuse au ciel qui la protège 
Rend en papillons blancs tous ses flocons de neige. 

Torquemada, partie I, acte i, scène (. 

Stripalho, tripes, bret. stripo, avec la finale de tripaiUc. 

42. Expressions composées, sobriquets formés de mots 
bretons : 

Beh. Pûd i vek (le gars au bec), bécasse (en bret. kevelek est 
masculin); bek mele7i (hec jaune), merle (cf. l'épithète caracté- 
ristique ar vouak'h beh nielen, le merle au bec jaune, Revue de 
Bret. et de Vendée, t. XIX, 1866, p. 458; de même en gallois, 

Barxa^i Breix, 145)- 

Bohbard. Eur wonbar war i Uthann (une bombarbe, instru- 
ment de musique, sur son nez), (il a) un grand nez. 

Denved bihcn (petits inoutons), nuages blancs, moutonneux. 

Dihar. Potret dibar nioaiin (les gars aux jambes minces), 
crabes. 

Kaset. KIoc'h ar c'hasetloaio (la cloche du coffre aux cuillers), 
l'angélus du soir, qui fait prendre les cuillers pour le souper. 



Etudes bretonnes. 229 

Laer. Laer bleut (voleur de farine), meunier, cf. Sauvé, 
Prov., 858. Laer gzuenan (voleur d'abeilles), homme chauve, 
Rev. Celt., XV, 352, vient peut-être d'un jeu de mots sur le 
bret. gzuenanenn « abeille » et « verrue » ; cf. poehser behben, 
au § 36. 

Logot du (souris noires), taupes; de là logoter (souricier), 
taupier. Pod ël logot (l'homme aux souris), charcutier, parce 
qu'on suppose qu'il met dans ses saucisses toutes sortes de 
viandes. 

Lost. Pod e lest hir (gars à la longue queue), rat, cf. Rev. 
Celt., XV, 353 ; losto berr (queues courtes), des souris. 

Lutanahd ar c'hernio (le lieutenant des cornes), taureau. 

Marc'h gla^, la mer, Rev. Celt., XV, 353. Marc h glas veut 
dire ordinairement « cheval gris », Grég., de même en gal- 
lois march glas, caseg las. Dans cette dernière langue, caseg, 
jument, signifie aussi brisant, grande vague. En mannois un 
cheval gris s'appelle tgûevatm cabbyl glass , qui signifierait aussi 
bien « cheval vert »; cf. l'intéressant ouvrage de M. Rhys, 
The outlines of the Phonology of Manx Gaelic, Douglas, isle of 
Man, 1894, p. 24. 

Marc'hadour chufere (marchand d'hydromel) ou hoar (de 
cire) ou mél (de miel), homme aux yeux chassieux. 

Min aour (mine d'or), huîtres, à cause de leur prix. 

Penn. La plaisanterie macabre sur les chauves, rapportée 
Rev. Celt., XV, 353, se retrouve en van. : peenn carnéle, 
chauve, l'A. Penn-bcu'^ est donné par le P. Grégoire, au sens 
de l'argot français « tête de buis » : tête chauve. 

Pesk heb doiir (poisson sans eau), celui qui est toujours em- 
barrassé pour trouver ses outils, parce qu'il ne se soucie pas 
de travailler. 

Poultr. Pod pouV prévet (l'homme à la poudre contre les 
vers), pharmacien. 

Prenest. N'eus ined eur prenest zvar i gastel, ou / chato (il n'y 
a qu'une fenêtre à son château), il est borgne. On dit dans le 
même sens : N'all ket diorein i hrenecho pë ve didortet Huon, il 
ne peut pas ouvrir ses fenêtres, quand le soleil est levé. 

Ràbad 'bet (pas de rabais), boiteux ; à cause du dicton po- 
pulaire en petit Tréguier: pemp ha pemp ra dek, rabad ebet, ra- 



230 E. Ernaulî. 

had ehet « cinq et cinq font dix, pas de rabais, pas de rabais », 
par lequel on raille les boiteux. Cf. Robert Caze, L'élève Gen- 
drevin, Paris, 1884, P- 264: « Enfin la petite femme revint 
suivie du tailleur boiteux affecté au service du vestiaire ... 
Madame Vandière ... discuta avec le cinq et trois font huit du 
vestiaire ». L. Rigaud donne i"/A-- et trois font neuf n boiteux », 
et y voit une « allusion à Tallure inégale des boiteux dont les 
pas semblent marquer des nombres différents ». S'il en est 
ainsi, le sel de la plaisanterie n'était plus compris de celui qui 
l'a fait passer du français en breton. 

Roue'n tagoset (le roi des trapus), petit homme. Tagos, en 
petit Tréguier, = torgos, homme gros et court, nain, Pel., 
torrogoçx^, trapu, dim. -icq, Grég. 

Zi:(alb. Pod i :^i^alh (le gars aux ciseaux, à la pince), 
homard. 

43 . Emplois spéciaux de divers noms propres : 

I:^abel viniq (petite Isabelle, petit lièvre), lapin. 

Jah sah ter (Jean sans terre), synon3^me de pesk hcb dour, 
§42. 

Kadas, une rosse ; un marchand de chevaux. Kadas, à Lan- 
vollon Kadras, était le surnom d'un équarrisseur, Guillaume 
Leguen, parce qu'il avait été employé aux travaux du cadastre. 
Il est mort il y a peu d'années. 

Keraïucl. 'N otro 'Gerawel (monsieur de la Ville-du-vent), 
vent fort. 

Lapolû. Ed e Lapolû de Galek (La Pollue est allé à Callac), 
c'est aujourd'hui mercredi. Lapolû était le surnom d'un 
homme noble, de Beauhardy ; le mercredi est jour de marché à 
Callac. 

Madékn (Madeleine), pluie ; cf. l'expression française 
« pleurer comme une Madeleine » ? On dit aussi, dans le 
même sens, ma pantin Madelen barbu « ma tante Madeleine 
barbue » ; c'était le surnom d'un ancien Rochois. 

Marteh (Martin), ours. 

Melkus, celui qui n'a qu'une oreille. C'est le nom écrit en 
moyen-breton Malchus (cf. l'évangile selon saint Jean, XVIII, 
10). M. de La Villemarqué a ajouté au dictionnaire breton- 
français de Le Gonidec le verbe malkusa, essoriller. Sur le 



Etudes bretonnes. 2 3 1 

changement d'^ en e sous l'influence d'un u suivant, on peut 
voir Glûss. moy.-hret., v. ac'huhi, auv, dastum. 

Pieriq paregxçihp, café avec eau-de-vie à discrétion, Rcv. 
Celt., XV, 359. M. Fr. Gélard a eu l'obligeance de m'ap- 
prendre que « Pierric par exemple « était un ouvrier ajusteur 
employé par son père, et ainsi surnommé parce qu'il affec- 
tionnait cette expression (of. Rev. Celt., VII, 39). 

Pleuyel. Ed e chaouks de Bleuyel (la chaux est allée à Plou- 
guiel, près de Tréguier), la chaux (ou l'argile) est en trop pe- 
tite quantité. 

Sultan (Sultan), lion. 

'Vichèven, paresseux. Littéralement « (la) Micheau », sur- 
nom d'un pauvre de Saint-Clet, qui l'avait hérité de sa 
mère. 

L'expression klevet i T^anta Maria, entendre son chapelet 
d'injures, Rev. Celt., XV, 355, n'est pas spéciale au rochois; 
on l'emploie à Trévérec, à Saint-Clet, etc. 

L'altération de thériaque en taryek, tabac (Rev. Celt., XV, 
344) a pu être amenée par l'influence du nom de lieu Tariec, 
près de Tréglonou, dans le Finistère. 

44.. — Les emprunts au français sont assez nombreux. 

Bâ, des bas. — Bah, balai. — Bâton, m., bâton. — Belom, 
grand (= « bel homme »). 

Blah, blanc, pâle; cf. Rev. Celt.,XlV, 271. 

Ble, du blé. 

Boa, bois, îorèt ; gourdajen boa (chose, animal des bois), écu- 
reuil. Voir jumah. 

Boeteu, boiteux. 

Bonbon, ognon ; trotach ë bonbon, soupe à l'ognon ; bonbon 
gourt (bon ognon), ail; bonbon hir, porreau, du fr. bonbon. 
Cf. bon-bon, m., bonbon, l'A.; maguet deus a vonbon, nourri 
de bonbon, Meulidigtie:( qegin-gaër cure Sufit-Yan-ar-bis ... gant 
... el Liab ... 7081 (Le Bail, 1807), p. 12. 

Botah, été (« = beau temps »). 

Bouinboum, chapeau (= « boumboum », onomatopée du 
tambour). 

Breton, le breton, la langue bretonne; tunikah breton, tulo- 
dein breton, parler breton. Breton ne s'emploie en ce sens qu'en 



232 E. Ernault. 

vannetais; dans les autres dialectes le mot veut dire « un 
Breton ». Yoir fr anse. 

Cha ndcl, chandelle. 

Chato, château. Yoir prenest, § 42. 

Chemis, chemise. Le mot chemix^ est employé par plaisanterie 
dans une chanson bretonne connue à La Roche, et citée par 
M. Quellien, L'argot des nomades, 21. Cf. :{eini:^eîtenn , jupe de 
dessous, Gwerxjou Brei^^-I^el, I, 450, etc. 

Cher, cher. — Chô, chaud. — Dô, dos. — Dur, dur. — 
Echel, échelle. 

Eletrikeletrak, télégraphe électrique ; altération moqueuse de 
ce dernier mot, d'après des locutions populaires telles que 
« prendre ses cliques et ses claques ». 

Epeng, épingles. — Epôl, épaule. — Fer, (er ; fer gourd (bon 
fer), acier. Ce mot n'existe en trécorois que dans le composé 
pofer, marmite (pot de fer), etc., voir G!oss. moy.-hret., v. 
ren (cf. potéo, pot à eau, § 38), et les dérivés ferein, repasser 
du linge, fèreres, repasseuse. 

Fiev, fièvre. 

For, ion; fors, force. Ce dernier mot existe en breton dans 
quelques locutions, comme krial fors, haut-breton « crier 
force » ; cf. Loth, Les mots latins dans les langues brittoniques , 
169. 

Frah, (un) franc; franse, français; tunikan franse, parler 
français. De là sans doute l'expression niohd da dunikah, aller 
à l'école (cf. tuniko, § 37). 

Froa, froid. — Glas, de la glace. — Grah, grand. — Hard, 
hardes, vêtements. 

Hô, haut; cf. haot, haut, hao-har, plein jusqu'au ras, dans le 
dialecte de Batz (Loire-Liférieure). 

Iver, hiver; rupet 'n iver (les messieurs, les richards de 
l'hiver), fourmis ; cf. la formulette d'Audierne citée par 
Sauvé, Rev. Celt., V, 175. 

Juman, jument ; juman de boa, pivert, traduction littérale 
en français du breton ka:;ek-koat. 

Kanarden, f., canard. 

Kloch, pi. 0, cloche (on dit aussi klocljo c'boinx Doue, cloches 
de l'église). 



Etudes bretonnes. 233 

Kou, cou. 

Kouchet kik, battre quelqu'un, Kev. Cclt., XV, 359. Cf. a 
couchin douar, je tasserai la terre, Soniou Bràx^I^cl, II, 68. 

Kour, court, adj, 

Leh, du lin. — Loh, long. — Lour, lourd. 

Luil, huile, ou luil salât (huile de salade), du fr. « l'huile »; 
cf. bret. lodevi, eau-de-vie, Rev. Cclt., VII, 44, laudevi. Son. 
Br.-I:(^., II, 38, etc.; voir Gloss. moy.-bret., v. lotrucc. 

Maladi, maladie. 

Mat7i^el, fiancée, avant le mariage, en bret. yeulc'h ; du fr. 
vulgaire mam'xelle, mademoiselle. 

Mardi, mardi. — Meg, maigre. — Meunie, meunier. — 
Moiich, une mouche. 

Moul, f., pi. c, un moule; tire-lignes. 

Moulhet, mouillé. — Mule, mulet. ■ — ■ Nej, neige. — Noar, 
noir, brun. — Oublian, oublier. — Papie, papier. — Pegn, 
peigne. — Pd, pelle. — Peti, petit. — Peur, peur. — Poa, 
des pois. — Poar, poire. — Poasoh, poisson, — Poavr, 
poivre. 

Poenver = nafles, du fr. « point vert ». 

Port, m., porte. 

Pui, puits. 

Ra:(oar, rasoir (cf. raxpué'r, Gr., pet. trécorois ra:{our'). 

Ri, du riz. — Samdi, samedi. — Sàvan, savant. 

Senlëndi, lundi (= « saint Lundi »). 

Sixp, ciseaux. — Soaf, soif. 

Solda, soldat; taouen solda, punaise. 

Soulie, soulier; pod soulie, cordonnier. 

Tan, temps (cf. botan). 

Vahduih, vendre, dérivé du fr. vendu; cf. forbuet, fourbu, 
parea, guérir, de parc, guéri, prêt (paré), Gr., etc.; voir 
poDiéet au § 40. 

Fer, vert. 

Au lieu de bo~cu, Rev. Cclt., XV, 358, lisez bossu (cf. Gloss. 
moy.-bret.^. 

45. — Quant aux mots formés par contamination, je ne 
puis ajouter que pékct, poissons, pour peskct d'après pekct, collé, 
et kohneri, hirondelle, pour giueneri (prononciation du petit 



234 E. Ernault. 

Tréguier), d'après le nom propre Gonerî, Koncri, cf. Rev. 
Cdt., XV, 354. 

Le mot lahsogne dans mond de lahsogne (aller à Lansogné), 
s'enivrer, a dû être traité comme un terme géographique à 
cause de sa première syllabe lan ; d'ailleurs on dit aussi eul 
lansogm, un homme ivre (cf. Rev. Celt., VII, 45, 250; XIV, 
274). Ne serait-ce pas un mélange du radical de lancé et du 
suffixe de ivrogne ? Ue final français devient souvent en breton 
é, cf. Rev. Celt., VIII, 526 ; IX,^379. 

Le mot ivrogne a donné dans le dialecte de Batz (presqu'île 
du Croisic), ivrogn, id,, ivrognererh, ivrognerie; mais ailleurs 
en vannetais ivraign, ivraignereah, Guerienneu... Guillome, 
Vannes, 1857, p. 57, 58; yvraignour, ivraign-erah, Loth, 
Chrestomathie bretonne, 335, 35e. Le même changement de 
voyelle s'observe en bret. moy. : charoignn et charaing, cha- 
rogne ; co:(^ gain raignet « vieille charogne usée », selon PeL, 
qui voit dans rnignet le verbe ragna = « rogner », usité au 
pays d'Audierne; mais c'est plutôt, je crois, le participe cor- 
respondant au van. roigneih, devenir galeux, Gr., cf. moy. 
bret. roingnenn, rogne. Inversement, le moy. bret. boing 
« baing » =bayn, plur. baynnou, bainnou, Nomenclator, 319, 
246; cf. an hoing « la hanche », Nom., 24, hoinch, pi. hoin- 
chou, Gr. Le franc, moins, qui s'est habituellement "prononcé 
mains pendant le xv^ et le xvi*" siècles (G. Paris, Chansons du 
XV^ siècle, p. 123), est devenu mes en breton de Batz dans 
mes ke, à moins que, et ailleurs dans l'expression na muy na 
mas, na muy na nieas, ni plus ni moins, Gr. 

46. — Je ne vois pas d'étymologie probable pour le mot 
brebe, gaucher. 

47. — Un nom vannetais de l'argot, omis Rev. Celt., XV, 
363, est cranouage, m. « argot des mandians », l'A., Sup.; mot 
cité, avec une autre acception, Rev. Celt., XIV, 284. 

48. Examinons maintenant quelques formations bretonnes 
qui peuvent s'éclaircir par l'argot. 

La terminaison -orch, -ourch dans byorc'h, petite bière, sy- 
nonyme de byericq, bèricq, diminutif de hyèr, bér, van. bir, 
Gr., bèr, byer, Y\om. 314, bier. Doctrinal de 1628^ p. 189; 
matourc'h, pi. ed « chambrière mesquine », cf. matesicq 



Etudes bretonnes. 235 

« chambrillon, petite servante », dim. de niâtes, Gr., mate'^, 
matourch « chambrière, méchine » Nom, 320, semble tout 
d'abord avoir remplacé les terminaisons -er, -e^, pour ex- 
primer une nuance de mépris. Mais il est fort possible que 
cette substitution ait eu pour première cause le désir d'altérer 
la physionomie des mots ; cf. l'observation sur le suffixe -asse, 
en argot et en français. Mémoires de la Société de Linguistique, 
VII, 45. Quoique le suffixe -urco- ait existé en gaulois ^, il est 
plus naturel de comparer ici les mots comme collorc pour 
collo, cou, frontorc pour f route, front, dans l'argot italien de 
Val Furva^, et boiiorgue, bon, en argot français. 

Le mot tu^um, pesant, lourd (d'esprit), lourdaud, Pel., doit 
venir de * tusini ou *tosiiii : cf. turumel, bosse de terre, butte, 
à côté de torimella (et força'), se rouler à terre, Pel., van. tor- 
rinicllat, se rouler, gambiller3, tauriniellat, taurecih, taureal 
« se veautrer », Gr. ; voir Rev. Celt., IV, 466, 467 ; XIV, 320. 
* Tus-ini, *to-siiii paraît avoir la même origine que l'espagnol 
tocho, grossier, stupide ; son suffixe -ii)i se retrouve dans 
l'argot toutime, tout, Delvau, Le Vice puni, 112, et le vieux 
ïrançais grand isnie, grandiiiie, très grand, etc., calqué sur le lat. 
grand issinius ; cf. la terminaison argotique -cme : duresme, 
fromage. Le jargon de l'argot, durênie, id., L. Rig., fromage 
blanc, Delvau, durénie, id.^ Virm., de dur (par antiphrase 4, 
peur « fromage mou ») = ital. durissinio (fém. à Naples 
durcssimd), espagnol durisimo, très dur. 

49. Le nom de l'acier, en gallois dur, en breton dir, est 
tiré du lat. dilrus par M. Loth, Les mots lat. dans les langues 



1. Grammalica cettica, 2^ éd., 808. 

2. Archivio gtottologico itdiano, III, 55. 

3 . On lit corriucUat, gambiller, Châlons ms ; c'est une sorte de com- 
promis entre torriuidlat et le mot différent corihcllat, chanceler (« n'est 
bon que pour les choses matérielles »), bout ar goribet, être chancelant, 
Chai. 111s., V. chancelier; cf. riboiil-diriboul « se dit d'un individu qui ne peut 
rester en place », Troude, haut-bret. dèriboutcr, dégringoler? 

4. Ces sortes de langue pratiquent volontiers l'esprit de contradiction 
que Boileau se plaignait de trouver dans la rime : 

Quand je veux dire blanc, la quinteuse dit noir. 

Ainsi dans le « grec de Saint Gilles » (paroisse de Londres), un ramoneur 
s'appelle lily-whitc, blanc comme un lis. Cf. plus haut sponlus, § 40, etc. 



2 jô E. Ernault. 

hrittoniques, 163 ; selon M. Stokes, Urkclfischer Sprachschat^, 
151, ce serait le correspondant celtique du latin. Quoi qu'il en 
soit, il est remarquable que les langues bretonnes se rencon- 
trent ici avec divers argots : argot français dur, fer, four- 
besque duroso, F. Michel. Un synonyme de dur est durin, 
d'où, duriner, ferrer, Le jargon de l'argot, Delvau; c'est le pen- 
dant àedoussin, plomb, doussiner, plomber. Le jargon de l'argot, 
L. Rig., dérivés de doux. 

Le mot pratisien est employé. Revue de Bretagne, de Vendée 
et d'Anjou, août 1889, p. 123, au sens d'« artiste », tailleur 
habile (dialecte de Tréguier); cf. Rev. Celt., XIV, 288. 

M. duellien a publié. Chansons et Danses des Bretons, 181, 
182, une chanson que lui a apprise un couvreur de La Roche- 
Derrien; elle contient le mot rotoukiou, au sens de ini::^cr, 
§ 40. On prononce rouqyouqyou à Pontrieux, etc. ; cf. roucoucou, 
m. « lapin mort-né, dans l'argot des chiffonniers et de leurs 
gargotiers », Delvau. Ce mot baroque pourrait appartenir à la 
famille de rococo « démodé », riquiqui, eau-de-vie, L. Rig., 
mauvaise eau-de-vie; mesquin, petit, étroit, Virmaitre, cf. 
Delvau ; le petit doigt, Jaubert, Supplément au Glossaire du 
centre de la France, 1869, etc.; à Avranches, roitelet. Faune 
pop., II, 290; à Nice, sorte de cri de joie. Mistral, v. requin- 
quin; id. à Saint-Servan, Mélusine, I, 270. 

E. Ernault. 



MÉLANGES 



I. 

LE PRONOM ADVERBE SE, SEN EN BRETON. 

Se, vannetais se, sen (an dén ^e, cet homme-là, se :(o giuîr, 
cela est vrai), a été identifié avec l'irlandais sin, malgré la con- 
servation de s initial, suivi de voyelle. A priori, cette identifi- 
cation était plausible : on pouvait expliquer la conservation de 
s par les combinaisons de la construction syntactique et le jeu 
de l'analogie. Elle devient certaine si on consulte les dialectes 
bretons. Se entre en construction, on peut même dire, est 
soudé et fondu dans le mot wz-~J ou plus fréquemment a-::é 
(ma-:^é), là. Or, dans nombre de localités, on a abé ou indif- 
féremment a:^é, abé. 

Dans le Léon, à Guiclan, Plougastel-Daoulas, Lannilis, on 
emploie a:(é et ahé ou ac'bé. 

A Penvenan, dans le Trégorrois, il en est de même. 

A Ploneïs, prés Quimper, on dit a:(é et ahé. 

Enfin, à Quiberon, sur la côte du Morbihan, on emploie /;/ 
après une voyelle au lieu de si (i = e fermé) : en din si, cet 
homme, mais en dra hi, cette chose-là. 

En revanche, il est vrai, on dit constamment asi, là. 

Pour compléter cts remarques sur a'^é, j'ajouterai qu'on se 
sert dans certaines communes de la Haute-Cornouailles, 
comme Trégunc, de formes réduites: ass =■ asé (Trégunc) ; 
ans, au Faouët, = bas-vannetais àn:(e, alixen (an nasale 
voyelle française). 

Revue Celtique, XVI. 17 



2^8 Mélanges. 

Se, comme l'a montré Thurneysen, a été usité en vieux- 
gallois. 

J. LOTH. 

IL 

LE BEULAN-PEULÂN DE ZIMMER. 

Dans son Ncnnius plus ou moins Vindicatus, Zimmer croit 
avoir établi que la récension de V Hisîoria Brittonum dontGilla 
Coemgin s'est servi entre 1059 et 1072 pour sa version irlan- 
daise, a été faite en Anglesey, vers 810. Le rédacteur nomme 
par deux fois son maître Beulan. Dans les Neues archiv, XIX, 
p. 667, Zimmer croit pouvoir corroborer son opinion de l'ori- 
gine nord-galloise de la récension en question par le nom 
même de Beulan. Voici son raisonnement dans toute sa lim- 
pidité. Une vie de saint Cybi ^ qui a donné son nom à Caer- 
Gyhi (Holyhead, en Anglesey) et autres lieux, mentionne 
parmi les disciples du saint an personnage du nom de Peulan. 
Ce Peulan est le patron de Llan-Beulan en Anglesey, mais 
son culte paraît inconnu ailleurs. Ce Peulan, d'après des gé- 
néalogies hagiographiques sans valeur historique sérieuse, au- 
rait été fils de Paiilinus ou Pawl hen, maître de saint David 
(v. Rees, Lives, p. 402, 405, etc.; cf. Liber Laiidav., éd. 
Rhys, p. 99). Peulan n'étant connu qu'en Anglesey, où le 
magister Beulan aurait-il été prendre son nom, si ce n'est à 
Llan-Beulan ? dit Zimmer. Il doit y être né, ajoute-t-il, sans 
se douter qu'il viole les lois les plus élémentaires du consonantisme 
et du vocalisme çrallois. Si le mas;ister a tiré son nom de Llan- 
Beulan, il est clair qu'il devait s'appeler Peulan. Supposez un 
Gallois de Caer-Gybi voulant donner le nom du patron Cybi à 
un de ses enfants : ira-t-il l'appeler Gybi ? Si la forme primitive 
du nom, en revanche, eût été Beulan, on eût eu, comme l'a fait 



I. W.-J. Rees, Lives of the Cainhro-british saints, p, 183. Cette vie est 
tirée du ms. du British Mus., Cott. Vesp. A. XIV, manuscrit du xii^- 
xiiie siècle. Notre savant directeur a donc eu tort de mettre en doute l'exis- 
tence de Q'bi, Kepiits, sous sa forme latinisée. Cette vie, d'ailleurs, n'a pas 
grande valeur et ne saurait être consultée qu'avec les plus grandes pré- 
cautions. 



Mélanges. 2^9 

justement remarquer M. d'Arbois de Jubainville, LIan-Veulan, 
qui s'écrirait aujourd'hui Llan-fciiJan. Autre point encore plus 
important. Eu (prononcez e'f) moyen-gallois, a toujours pour 
répondant, en vieux-gallois, ou (ou). C'est un des critérium 
les plus connus pour distinguer le moyen-gallois du vieux- 
gallois: v.-gall. 0«//^/r/;_, moy.-gall. Eudeyrn;v.-gû\. Mouric, 
m.-gall. Meuryc, etc. Les terminaisons du pluriel moyen-gall. 
en eu sont toutes en ou(y. G. Evans, Liber Landav., p. xix). 
Si, au contraire, on a eu (au) en vieux-gallois, en moyen- 
gallois on a eiu ou yw : v. gall. Teudubr, moy.-gall. Teiudwr, 
v.-gi\\. pcteu, puits, gall.-mod. pydew. Ce sont les deux faits 
les mieux connus de l'histoire du vocalisme gallois. Le nom 
du magister étant Beulan en vieux-gallois, on devrait le re- 
trouver aujourd'hui sous la forme Baulan : on aurait Llan- 
fewlan. Quant à Peulan, la forme vieille-galloise de son nom 
serait Poulan. Poulan est le dérivé gallois de Poul (Paulus). 
Poul est bien connu (v. Lib. Land, p. 227; cf. Poulinus, 
p. 99). On voit que le nom de Peulan, moyen-gallois, patron 
de Llan-Beulan, ne peut aucunement être identifié avec celui 
de Beulan, vieux-gallois. On est peiné d'avoir à réfuter de 
pareilles billevesées. 

J. LOTH. 



BIBLIOGRAPHIE 



The Outlines of the Phonology of Manx Gaelic, by John Rhys, 
University Press, Oxford, 1894, gr. in-8, xiii-183 p. 

Cet ouvrage forme la seconde partie du tome II d'un re- 
cueil intitulé : The Booh of Coinmon Frayer in Maux Gaelic, 
being translations made by bishop Phillips in 16 10 and by 
the manx clergy in 1765 edited by A.-W. More M. A. as- 
sisted by John Rhys M. A., L. L. D. professor of Celtic in 
the University of Oxford. Printed for the Manx Society at 
the University-Press, Oxford. PhilHps, auteur de la plus an- 
cienne des traductions réunies dans cet ouvrage, devint évêque 
de Sodor et de Man en 1605 et mourut en 1633. L'unique 
ms. que l'on connaisse de son œuvre est une copie écrite entre 
1625 et 1630. C'est une traduction du Frayer book de 1604. 
La publication de More est à deux colonnes: l'une contient 
la traduction de l'évêque Phillips, l'autre la traduction nou- 
velle pubhée en 1765, mais réimprimée ici d'après l'édition 
corrigée qui a paru en 1842. Quand le texte anglais dont 
l'évêque Phillips s'est servi a paru trop éloigné de celui qu'on 
imprime aujourd'hui, M. More a donné en note ce vieux 
texte anglais. Cette publication est aujourd'hui indispensable 
aux érudits qui veulent étudier à fond le dialecte de Man. Elle 
est en dépôt à la librairie Henry Froude, à Londres. Le prix 
total des deux volumes est de 50 shillings. 

L'ouvrage de M. Rhys est divisé en douze chapitres : I. Les 
voyelles. IL Les voyelles nasales. III. Les semi-voyelles. 
IV. Les aspirées. V. Remarques préHminaires sur les con- 
sonnes. VI. Les labiales. Vil. Les dentales. VIII. Les guttu- 



Bibliographie. 241 

raies. IX. Les consonnes nasales. X. Les consonnes liquides. 
XL Les sifflantes. XIL Dialecte et orthographe. C'est, comme 
on le voit, une étude détaillée de la prononciation actuelle du 
gaélique de l'île de Man. Les exemples donnés par M. Rh5's 
proviennent du livre de prières de Phillips. La prononciation 
a été recueillie par M. Rhys lui-même au cours de quelques 
voyages qu'il a faits dans l'île de Man. 

La critique d'un tel livre est difficile à faire ; quand on n'a 
pas entendu et déterminé les sons étudiés, et qu'on ne peut 
vérifier par soi-même l'exactitude des renseignements donnés, 
on est réduit à juger la méthode de l'auteur et les alentours 
du sujet traité. 

M.. Rhys, p. I, nous déclare qu'il n'a pas essayé de déter- 
miner exactement les nuances vocaliques et qu'il s'est contenté 
déclasser les voyelles en longues et brèves, fermées et ouvertes. 
Il y aurait beaucoup à dire sur cette classification ^ Mais, au 
moins, faudrait-il s'entendre sur le sens des mots fermé (close) 
et ouvert (open)-. M. Rhys nomme fermé (close), Va de l'anglais 
bad, cab (p. 3). Or, pour la plupart des gens, la bouche est 
plus ouverte pour prononcer ce son que pour prononcer Va de 
ail, et l'on s'accorde généralement à regarder Va de bad 
comme ouvert, Va de ail comme fermé. Ce qui est plus grave, 
c'est que M. Rhys donne (p. 8) comme exemples de ^ fermé 
long le français dès et près. Or, pour beaucoup d'oreilles, Ve 
de dès est moyen ; Ve de près est ouvert ; en tout cas, aucun 
des deux n'est fermé. Comme exemple d'o fermé long, 
M. Rhys donne les mots français Claude et mode (p. 10). Or, 
dans la prononciation de Paris, le premier est fermé (Klçd), le 
second ouvert (mçd). Comment sera-t-il possible au lecteur de 
se reconnaître parmi ces données inexactes ou contradictoires ? 

Il aurait été intéressant de comparer la prononciation d'un 
dialecte irlandais à la prononciation du gaélique de Man. Mais 



1 . Je me contente de renvoyer à la thèse de M. l'abbé Rousselot, Les 

Modifications phonétiques du langage étudiées dans le patois d'une famille de 
Cellefrouin (Revue des patois gallo-romans, t. IV, p. 96). 

2. L'erreur dans laquelle est ici tombé le savant auteur est sans doute la 
confusion de la fermeture ou de l'ouverture dissyllabes avec la fermeture ou 
l'ouverture des voyelles. 



242 Bibliographie. 

les éléments nous manquent pour que cette comparaison soit 
utile et exacte. M. Rhys a recueilli les mots de la bouche de 
plusieurs personnes appartenant à des paroisses différentes. Il 
se trouvait donc dans des conditions très défavorables pour 
nous donner le relevé exact d'un dialecte. Quant à l'irlandais, 
il figure entre parenthèses à côté du gaélique de Man, mais 
tous deux sont transcrits dans leur orthographe historique, et 
il est nécessaire pour comparer les sons de se reporter, d'une 
part, aux notions de prononciation répandues dans le volume, 
et d'autre part aux ouvrages qui traitent de la prononciation 
actuelle de l'irlandais. On chercherait vainement dans le 
livre de M. Rhys un tableau d'ensemble nous donnant la va- 
leur phonétique des diverses graphies du gaélique de Man; 
or, dans un Hvre de phonologie, un tel tableau est au moins 
utile, car il permettrait, à défaut de transcriptions phonétiques 
de tous les mots, de se livrer à d'intéressantes comparaisons 
entre le manx et l'irlandais. 

Le livre de M. Rhys ne laisse pas de contenir d'intéressants 
renseignements, en particulier sur les voyelles nasales, 
p. 30-48. M. Khys remarque avec raison, p. 33, que l'irlan- 
dais de Tuam connaît la nasahsation des voyelles. J'avais 
constaté cette nasalisation dans la Revue Celtique, t. XIV, 
p. 108, et je suis heureux de voir ma remarque confirmée 
par le témoignage de M. Rhys. 

Il importe aussi qu'on ne se méprenne pas sur la portée 
des critiques qui précèdent. Il est fort difficile d'étudier avec 
précision sur des graphies plus ou moins orthographiques, 
vieilles d'un ou deux siècles, la prononciation exacte d'un dia- 
lecte. M. John Rhys s'est acquitté de cette tâche ardue mieux 
que personne. Mais nous serions heureux qu'il nous donnât 
bientôt pour comparer au dialecte de Phillips et à celui de ses 
continuateurs le relevé d'un de ces dialectes de l'île de Man 
qu'il connaît si bien. 

Regrettons en terminant que les recherches dans ce livre, 
rendues difficiles par la disposition typographique, trop com- 
pacte, n'y soient pas flicilitées par un index, ou au moins par 
une table détaillée. 

G. DOTTIN. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE: I. St. O'Grady, La Venuede Cûchulainn. — II. O'Donoghue, Brendaniana. 
III. Guirlande formée d'un choix de compositions irlandaises. — - V. Epaves de la 
tradition celtique, publiées sous la direction d'Archibald Campbell. — V. Le Livre 
de l'anachorète édité par M. Morris Jones. — VI. Oscar Montelius, Les Temps pré- 
historiques en Suède. — VII. Les Celto-Germains suivant M. Martin May. — 
VIII. Emile Petitot, Origine et migrations des peuples. — IX. V. Hehn, Plantes 
cultivées et animaux domestiques, 6" édition, par 0. Schrader et A. Engler. — 
X. Lettre de M. Meusel. — XI. Mort de M. Luzel. — ■ XII. M. J. Rhys, principal 
de Jésus Collège. — XIII. Nouvel ouvrage de Miss Margaret Stokes. 

I. 

Si j'en crois le seul traité de blazon que je possède, Irlande porte de 
gueules (c'est-à dire émail rouge) à la harpe d'or. Cependant la couleur de 
l'Irlande est le vert, c'est pour cela probablement que la Revue Celtique, 
depuis sa fondation, a toujours eu des couvertures vertes, et que les trois 
premiers volumes dont je vais avoir à parler ont été à Dublin vêtus d'un 
cartonnage de même couleur. 

M. Standish O'Grady, le savant auteur de Silva Gadelica — livre à cou- 
verture jaune et œuvre d'érudition, malgré les imperfections que M. Kuno 
Meyer a signalées, .et destiné par conséquent à un nombre restreint de lec- 
teurs — a voulu s'adresser au public plus nombreux pour lequel il avait déjà 
écrit Finn and lus coiiipanions, The hog of stars, The story of Irelaiid : il vient 
donc de publier, avec couverture verte, une oeuvre de vulgarisation : Th: 
coniing of Cûchulainn, a romance of the heroic âge of Ireland ; c'est le morceau 
dont le titre irlandais est Macgniinrada Conculainn « exploits de Cijchulainn 
enfant », un épisode du Tdin bô Cûailnge. M. O'Grady a choisi pour base de 
sa rédaction le texte du Livre de Leinster qu'il a arrangé suivant son goût 
personnel, en l'agrémentant de développements pris soit dans son imagi- 
nation, soit dans d'autres textes irlandais. C'est un livre qui n'a aucune pré- 
tention scientifique. L'auteur, sur le revers du titre, imprime comine épi- 
graphe un passage des Annales de Tigernach qu'il date du ix^" siècle (() th 
centiirv) et qui sont du xi^ : or, ce passage prétendu est un amalgame de 
trois textes différents : « Nativitas Concullain mrt('c Scanlain » édition d'O'Co- 
nor, p. lo); « Genemain Concullain herois « (p. 12); « Mors Concullain 



2 44 Chroni(^ue. 

fortissimi herois Scotorum » (p. 14). Suivant M. St. O'Grady, Tigernach 
aurait écrit : « Cuculainn, filius Sualtam, fortissimus héros Scotorum ». Soit. 
Voici qui me semble plus sérieux. 

La légende, connue de Tigernach, disait que ce héros était âgé de sept 
ans quand il prit pour la première fois les armes : « Secht m-bliadna a aes i 
n-ûair dogabh gaisced » (p. 14); c'est ce qu'on lit au Livre de Leinster, 
p. 68, col. I, 1. 13-14: « Mac bec doringni na-gnîma-si» i-ci«d a-secht 
« m-h\iadiia ar n-a-breith ». M. St. O'Grady traduit : « Cuculainwasseven- 
teen years of âge when he did thèse feats », en d'autres termes, il rend sept 
par dix-sept. Cet exemple peut donner une idée de la façon dont le savant 
auteur procède quand il veut vulgariser son érudition. 

Ma principale critique portera sur un point. Nous avons deux principaux 
textes du Tain hô Cûailuge: l'un le meilleur et le plus court est celui que 
nous a conservé le Lehar na hUidre, écrit vers 1 100; l'autre plus long, qui 
sur divers points nous offre une amplification du premier par un chrétien 
ennemi de la littérature payenne irlandaise, est le texte qu'on trouve dans 
le Livre de Leinster postérieur d'un demi-siècle. C'est celui que M. St. 
O'Grady a pris pour base de sa rédaction. Voici un exemple. 

Les femmes de la cour du roi Conchobar, craignant la fureur de Cùchu- 
lainn, recoururent, sur le conseil du monarque, au procédé qui, employé 
par l'orateur Hypéride, sauva la vie à la belle Phryné accusée d'un crime 
capital devant un tribunal athénien. On connaît le texte d'Athénée qui rap- 
pelle cet artifice du célèbre avocat: 

Ilspippi^Ça; TO'jç yjTtoviazouç yutjLvi Te -3. /^ziçjvoi. 7:oLr,aa; ' . 

Prière de ne pas confondre cette nudité de la gorge en présence des juges 
avec la nudité complète de la même Phryné quand elle se baigna dans la 
mer devant tous les Grecs assemblés aux fêtes d'Eleusis et de Poséidon : 

Tri 0£ twv 'EXjuaivL'fov r.txvriyùpti zaï Trj Ttôv IIoaEioovtcov èv o<\is\. xtov llav- 
sXXtJvwv :ïavTwv à-oOîjjiEvri Oa'.jj.aT'.a zal Xûaa^a ta; y.d(j.a;, Èv£6«ivï xr; 
OaXâTTT) 2. 

C'est le premier de ces procédés que suivant le Lebar na-hUidre les 
femmes de la cour du roi Conchobar employèrent pour calmer la fureur du 
jeune héros Cuchulainn: donocbtat a bruinnii. Les Gauloises de Gergovie, 
assiégées par César en l'an 52 avant J.-C, et croyant leur ville déjà prise, 
recoururent à ce moyen comme une ressource suprême : 



1 . Athcnèe, XIII, 59, édition donnée chez Teubner par A. Meineke, t. III, 
p. 64, 1. 4- 

2. Athénée, XIII, 59, t. III, p 64, 1. 15-1S. 

3 . « Mnâ ernochta ar-a-chend », ar Couchahar . Tothéit iaruw ba;/trocht 
n-E»/na ar-a-che/;d im Mugai» mnai Conchohair maie Nessa oais do«no- 
chtata;H-bruiHnil7;riss. « It-éôiciHSO a)«dricfat fritÎHdiu, » orMugain. Foilgi- 
seow a-gnûis. Lehar ua-hUidre, p. 63, col. 1, 1. 28-32. 



Chronique. 245 

Matres familiae de muro vestem argentumque jactabant et, pectore nudo 
prominenks, passis manibus obtestabantur Romanos ut sibi parcerent 1 . 

L'auteur de la rédaction qu'on lit dans le Livre de Leinster ne s'est pas 
contenté du mouvement oratoire d'Hypéride, il nous transporte au bain 
d'Eleusis, ou pis encore, faisant observer combien cette façon d'agir était 
scandaleuse, scandiach ; elle fit baisser les yeux du héros: 

lu ban-trocht da lecud immach do saigid m mac .i. tri coicait ban .i. 
deich mnaa octis secht fichit di'scir dt'rglowmocht i« oenfecht uili ocus arn- 
bantoesech rempo sca;/dlach do thôcbail a;/-nochta ocus an nâre dô. Tan- 
catar i;Hmach iii ban-maccrad uile ocus tuargbatar a?i-nochta ocus a«-nâre 
uile dô. Foilgid in mac a-gnûis forru ocus dobretha a-dreich fri-sin-carpa/ ar 
na acced nochta no nàre na w-ban 2. 

M. Zimmer, dans une revue juridique allemande, voulant apprendre aux 
modernes émules d'Hypéride combien la cour de Conchobar était immorale 
et avait perdu le plus élémentaire sentiment de la pudeur, cite ce passage et 
le résume ainsi : Die Kônigin mit dem zuciblichen Hofstaat entgcgen mit ent- 
hlôssteii Brilsten und hochgchohenen Rocken dass die Scham sichthar war 3. Cette 
analyse est exacte, mais le passage dont les huit derniers mots de cette ana- 
lyse nous donnent le sens général est une interpolation. Or, c'est le texte 
interpolé que M. St. O'Grady reproduit avec divers développements de son 
cru, p. 159, 160 de son livre. Cette façon de vulgariser la vieille littérature 
irlandaise ne peut passer sans protestation. 

Les compositions épiques des Irlandais payens sont des oeuvres d'une 
moralité médiocre, mais on est injuste envers elles quand, ayant entre les 
mains une rédaction authentique, on lui préfère une version altérée par un 
ennemi, et quand ainsi on attribue au vieil auteur anonyme un tableau dont 
l'impudique crudité aurait été de tout temps révoltante 4. 

1. De hello Gallico, 1. VII, c. 47, § 5. 

2. Livre de Leinster, p. 67, col. 2, 1. 36-43. 

3. Zeilschrijt der Savigny Stiftung fiir Rechtsgeschichte, t. XV, 1894, 
p. 239. 

4 Outre le texte précité. M. Zimmer renvoie à un passage du Mesca 
Ulad, publié par Hennessy, Todd Lectures Séries, t. I, partiel, p. 52 : Tiscaid 
Riches a ctach di fiad Choinculainn, mais il s'agit ici d'une femme seule, d'une 
vieille femme, nourrice du guerrier Crimthan que le héros Cûchulainn allait 
tuer et dont elle voulait sauver la vie. Une pierre adroitement lancée dé- 
barrassa de Riches Cûchulainn d'abord réduit à baisser les yeux pour éviter 
de la voir. Chez Plutarque, De inulicruni virtutihus, 19. Béllérophon est 
moins heureux et les femmes lyciennes le mettent en fuite par le procédé 
qui coûta la vie à Riches : al yjvaîy.Eç, âvaa'jpa[i.£va'. xoùç y ixcoviaxouç, aTirjv- 
■cr]aav aùtfo- T.i\iv oùv u;c' aicjyuvr]; àvay fopoû'vTO; 6:ï((J(o. A la vue de ces 
femmes les flots eux-mêmes de la mer reculèrent épouvantés : -/.al tô •/.■j[jia 
Xc'ysxa'. auv'JTToy copiera'.. Pour raconter cette anecdote mythologique, Plu- 
tarque évite les expressions brutales dont s'est servi l'interpolateur du Tdin 
hô Cûaihige et fait par là, ce nous semble, acte de bon goût. Sur l'acte des 



246 Chronique. 



IL 

Brendaniana, 5t Breudan the Voyager in Story and Legend, par Denis 
O'Donoghue, curé de la paroisse catholique d'Adfert, en Irlande, est, 
comme le précédent ouvrage, un livre de vulgarisation. 

Saint Brendan est le patron de l'église cathédrale d'Adfert, en ruines et 
abandonnée depuis 1641, aujourd'hui propriété nationale et monument his- 
torique. Après une description et une histoire de cet édifice viennent deux 
morceaux. Le premier est la première moitié du sermon sur saint Brendan 
contenu dans le célèbre Livre de Lismore et publié en 1890 par M. Whitley 
Stokes, Anecdota oxoniensia, Lives of Saints froni the Book of Lismore, 
p. 99-116, avec une traduction, p. 247-261. M. O'Donoghue donne le texte 
irlandais et met en regard la traduction anglaise. A la suite il a placé la tra- 
duction anglaise du texte latin de la Navigatio ou Peregrinaîio sancti Eren- 
dani, document connu en France par : la publication de A. Jubinal, La lé- 
gende latine de S. Brandaines, Paris, 1836; De Goeje, La Légende de saint 
Brendan, Leyde, 1890; un article de M. César Boser, dans la Roinania, 
t. XXn, 1893, p. 578-590; en Allemagne par: le livre du docteur Cari 
Schrôder, 5. Brandan. Ein lateinischer itnd drei deiitsche Texte, Erlangen, 
187 1; la thèse de Gustav Schirmer, Ziir Brendanus- Légende, présentée à 
l'Université de Leipzig en 1888; deux articles de M. Zimmer, Zeitsclirift 
fiïr deutsches Altertum, t. XXXlll, 1888, etc. ; en Irlande par le livre que le 
cardinal Moran a intitulé Acta sancti Brendani, \%J2, « the most valuable 
and the most accessible repertory we hâve of matters Brendanian » dit 
M. O'Donoghue. J'avoue à ma honte ne pas connaître ce recueil dont 
l'auteur aurait consulté pour la Navigatio un ms. du ix^ siècle conservé au 
Vatican, tandis que Jubinal s'est contenté de mss. du xi* et du xii= que pos- 
sède la Bibliothèque nationale de Paris, et M. Cari Schroeder de deux mss , 
l'un de Leipzig, xii<^ siècle, l'autre de Wolfenbuttel, xV siècle. Si la publi- 
cation de M. O'Donoghue a quelque valeur, elle doit cette valeur aux notes 
nombreuses dont les deux textes sont accompagnés et dont je ne suis guère 
à même de contrôler le mérite. Sa préface est datée de la fête de saint 
Brendan [16 mai] 1893. 

III. 

A la même année remonte un livre dont nous avons parlé dans notre 
précédente livraison, p. 123, d'après la Scotlish Revieiu. il est intitulé: A 
Garland o/Gaelic Sélections. BLiitbfhleasg de Mhilseâinibh na Gaoidhelge. C'est 
un recueil de morceaux irlandais modernes. Les aventures de Turlough, 

femmes lyciennes, au point de vuede la sorcellerie, voir un article deRapp 
chez Roscher, Atisfilbrliches Lexicon der griechiscljcn tind rômischen Mytliologie, 
t. I, col. 771, 1. 61-64. Mais au temps de Néron, ce geste magique avait 
perdu sa puissance, témoin Agrippine: protendens utuiini: « Ventrein jeri », 
excîamavitj multisque vulnerihus confecta est (Tacite, An)iales, XIV, 8). 



Chronique. 247 

fils de Starn, et celles de ses trois fils, par Michel Comyn (auteur d'Oisin 
dans la Terre des Jeunes) qui mourut à la fin du siècle dernier, les aven- 
tures d'Eochaid Becc le rouge qui sont un peu plus anciennes, un poème en 
l'honneur de William Smith O'Brien (Uilliam Gaibhnean O'Briain) le 
grand agitateur irlandais mort en 1864, etc. Les textes irlandais ne sont pas 
accompagnés de traductions. 

IV. 

A côté de ces volumes verts qui viennent d'Irlande, j'en trouve sur ma 
table un autre qui est vêtu de gris jaune; il est édité par la librairie David 
Nutt de Londres ; et il est écossais d'origine, c'est le t. V des IFaifs and 
Strays of Cdtic Tradition « Epaves de la tradition celtique », publication 
entreprise et dirigée par lord Archibald Campbell. Série du comté d'Argyll. 
Ce volume contient un recueil de morceaux réunis par feu le Rév. John 
Gregorson Campbell, pasteur de la paroisse de Tirée, une île comprise dans 
les Hébrides méridionales, comté d'Argyll. En tête du volume est une in- 
troduction écrite par le savant folkloriste M. Alfred Nutt; elle raconte la 
vie et les travaux de John Gregorson Campbell. Viennent ensuite ceux de 
ces travaux qui ont été considérés comme dignes d'être imprimés. Trois 
d'entre eux sont des textes gaéliques recueillis par l'auteur et accompagnés 
par lui de traductions : 1° Lochbuie et ses deux bergers, p. 32-41 ; 2° His- 
toire de Mademoiselle Pin-Noir, fille du roi de Norvège ; on y apprend par 
quel moyen elle fit sécher les bois de Loch Aber, p. 101-107; 30 Histoire 
d'O'Neil où l'on voit comment il lui vint des cheveux sur la tête, p. 108- 
113. Ce volume, très amusant à lire, se termine par un recueil de fables où 
le rôle du renard n'est pas oublié. 



Après l'Irlande et l'Ecosse, le pays de Galles. Dans la précédente livraison, 
j'ai parlé beaucoup trop brièvement, p. 106, de la récente publication de 
M. J. Morris Jones, avec le concours de M. J. Rhys, son maître : Anec- 
dota Oxoniensia. The Elucidariwn and other Tracts inlVelsh froni'Li.yvYR agkyr 
Llandewivrevi (Livre de l'anachorète de Llan-dewivrevi), A. D. 1346 
(Jésus Collège, MS. 119). Jedois à l'obligeante confraternité de M. H. Zim- 
mer le tirage à part du très savant article qu'il a consacré à ce volume dans 
les Gôttingische gekhrte An:(eigen, n° i de 1895. Je ne puis me dispenser de 
revenir sur le même sujet en utilisant à mon profit le travail de M. Zimmer, 
mais sans me croire obligé d'en adopter toutes les conclusions. 

Pour être compris des lecteurs de la Revue Celtique, il faut que je re- 
vienne sur une publication dont M. G. Paris a déjà rendu compte ici 
même, t. XIV, p. 338-341. 

Le tome II des Sélections front the Hcugwrt Mss. preserved in the Peniarth 
lihrary, commencé par le Rév. Robert Williams, chanoine de Saint-Asaph, 
et terminé en 1892 par le Rév. G. Hartwell Jones, professeur de latin au 
Collège de l'Université à Cardifl", contient, à partir de la page 189, un re- 
cueil de morceaux religieux gallois. Ce volume n'ayant pas de table, quel- 



248 Chronique. 

ques personnes pourront trouver commode celle que nous avons dressée. 
Nous laissons de côté les deux premiers textes publiés dans ce volume et 
qui ne rentrent pas dans notre sujet, ce sont : « Les Gestes de Charle- 
magne « et « Bovon d'Hanstone ». Nous plaçons un astérisque en tête du 
numéro d'ordre des morceaux qui se trouvent également dans le livre de 
MM. Morris Jones et J. Rhys. 

PAGES OU COMMENCENT 

TITRES DES MORCEAUX RELIGIEUX — — - ^ .^ -_ 

le texte la traduction les note s 

10 Purgatoire de saint Patrice 1 189 566 747 

2° Vie de la vierge Marie [et enfance du 
Christ] ou évangile apocryphe de 
saint Mathieu, Pscudo-Matthaei evan- 

gdiiim^ 212 582 748 

*3o Les sept péchés mortels 237 600 749 

40 L'évangile de Nicodème ou plus exacte- 
ment légende du bois de la croix de- 
puis Adam jusqu'à Salomon 5. . . 243 604 749 

50 La messe de la croix ou du vendredi 
saint, récit de la Passion suivant saint 
Mathieu et de la découverte de la 



1. Aux indication bibliographiques données sur ce document par M. G. 
Hartwell Jones, p. 747, on peut ajouter celle-ci ; la bibliothèque bleue im- 
primée à Troyes, chez Garnier, comprend une Histoire de la vie et du pur- 
gatoire de S. Patrice, archevêque et primat d'Hyhernie, mise en françois par le 
R. P. François Bouillon, de l'ordre de S. François et bachelier en théo- 
logie, nouvelle édition, revue et corrigée, sans date, in-i6, 191 pages. 
L'approbation est datée de 1642, la permission du roi de 1735. Voir aussi 
un article de M. Ga'idoz, Revue critique, 1869, premier trimestre, p. 254-256. 
Une traduction en français du Purgatoire de saint Patrice a été signalée dans 
un ms. du xiii'^ siècle. Bibliothèque nationale, Fr. 13496, fo 298, Rouiania, 
VII, 163; bien d'autres ont été indiquées depuis par M. Paul Meyer dans le 
même périodique, t. XVII (1888), p. 382. Sur la traduction anglaise, cf. 
H. Paul, Gruudriss der germanischen Philologie, II, i, 633. 

2. Tischendorf, Evatigelia apocrypha, 2" édition, p. 51-110, où se trouve 
le texte latin. Une traduction en français par M. G. Brunet se trouve chez 
Migne, Dictionnaire des Apocryphes, t. I, col. 1059-1088. 

3 . Jean de Beleth, Rationak divlnoruni officioruni, cap. CLI, De e.xalta- 
tione crucis, Migne, Patrologia latina, t. 202, col. 153 B. G. Jacques de 
Voragine, Légende dorée, commence par le même récit le chapitre consacré 
à l'Invention de la Sainte Croix, et il dit tirer ce récit de l'évangile de Ni- 
codème. Comparez la rédaction abrégée que donne M. G. Brunet du 
Voyage de Seth au Paradis terrestre, Migne, Dictionnaire des Apocryphes, t. I, 
col. 387-390. Le travail fondamental sur ce sujet est celui de Wilhclm 
Meyer (aus Speyer) : Die Geschichte des Kreu\hol:{es vor Christiis dans les 
Ahandlungen der Kôn. Bayer. Akademie der IVissenschaJten, classe de phil. 
et d'histoire, vol. XVI(Mùnchen, 1882), p. 103-166. Cf. Romania, XV, 326. 



Chronique. 249 

PAGES OU COMMENCENT 

TITRES DES MORCEAUX RELIGIEUX ^ . ^^ ■ — 

le texte la traduction les notes 

croix de J.-C, par Hélène, mère de 

Constantin 250 610 750 

6° Histoire de Ponce-Pilate 267 620 751 

70 Histoire de Judas 271 624 751 

8° Signes précurseurs du jugement dernier. 274 627 751 

90 Prophétie de la sage sibylle 276 628 752 

* 10° Vision de l'apôtre Paul 284 635 752 

* 11° Explication de l'oraison dominicale. . 291 639 753 

* 120 Utilité d'entendre la messe 295 642 753 

130 Utilité de voir le corps du Christ. . . 296 643 753 

*■ 140 Annonciation de l'ange Gabriel à la 

Vierge 296 643 753 

* 150 Début de l'évangile de saint Jean. . . 297 644 753 

160 Les sept sages de Rome 1 301 647 753 

170 L'huile bénite 324 663 755 

*i8o Le pays du prêtre Jean 327 665 755 

* 190 L'empereur Adrien et Ipotis ou l'enfant 

sage 335 670 756 

* 20° Comment le Père, le Fils et l'Esprit saint 

ne font qu'un Dieu ou le Credo de 

saint Athanase 346 677 757 

*2io Ehicidarium 349 679 757 

*22o Nourriture de l'âme o;< Sainte vie. . . 430 730 759 

La façon dont Robert Williams a établi son texte est peu clairement in- 
diquée et les mss. Hengurt, autrement dit de la bibliothèque de Peniarth, 
dont il s'est servi, sont tous plus récents que le « Livre de l'Anachorète », 
Llyvyr yr agkyr; quelques-uns même sont postérieurs de trois siècles. Cette 
circonstance suffirait à elle seule pour motiver la publication par MM. Rhys 
et Morris Jones de ce précieux ms. où sont contenus les onze morceaux 
mentionnés dans la liste ci-dessus sous les numéros 3, 10, 11, 12, 14, 15, 
18, 19, 20, 21, 22, plus trois autres morceaux qui font défaut aux Sélections 
from Hengwrt mss., savoir : 1° le « Trépas de la Vierge » dont on n'avait 
jusqu'ici publié aucune traduction galloise, 2° et 3° les vies galloises de saint 
David et de saint Beuno, déjà éditées, l'une d'après le ms. Titus D.XXIL 
de la Bibliothèque Cottonienne au Musée Britannique, l'autre d'après un 
ms. du comte de Macclesfield, par Rees, Lives of Camhro-hritish Saints, 
p. 102-116 et p. 13-21, avectraductions anglaises, p. 402-417 et p. 299-308. 

1 . « Deux rédactions du roman des sept sages de Rome » ont été pu- 
bliées par M. Gaston Paris en 1876 dans la collection éditée par la Société 
des Anciens Textes Français. Voir aussi dans le Bulletin de la Société des 
Anciens Textes Français, année 1894, no i, p. 38-43, une notice de 
M. P. Meyer. 



2^0. Chronique. 

M. Morris Jones s'est attaché à reproduire aussi rigoureusement que pos- 
sible le texte du ms., sans nous faire grâce d'une rature, d'une majuscule, 
en notant d'une façon spéciale les mots douteux, etc., etc. 

Voici la liste des pièces publiées par M. Morris Jones : 

1° UEhicidarium attribué à Honorius d'Autun (no 21 delà liste précé- 
dente). Au sujet de ce traité on peut consulter Karl Schorbach: Studien iïher 
das deutsche Volksbuch Lucidarius, iiad seine Bearheitungen infremden Spracheii, 
Strasbourg, Trùbner, 1894. M. Karl Schorbach n'a pas connu l'édition 
du texte gallois donnée dans les Sélections Jroui Heng-wrt MSS. ; on peut le 
constater aux pages 248-249. Il considère comme certaine l'attribution de 
l'ouvrage latin à Honorius d'Autun et croit en avoir découvert la preuve dans 
un passage de V Hexaemeron non cité jusqu'ici, croit-il, et dont il résulte que 
VHexaenieron et VElucidariiun sont du même auteur; mais, comme M. Hau- 
réau me le fait observer, rien ne prouve que VHexaenieron ait été composé 
par Honorius d'Autun, et d'ailleurs le passage mis en vedette par M. K. Schor- 
bach a été cité avant lui dans V Histoire littéraire, t. XII, p. 172. Du reste, 
le travail de M. K. Schorbach peut être étudié avec fruit. 

2° Le trépas de Marie, Transitas heatae Marine, dont la rédaction latine 
réimprimée en appendice par M. Morris Jones, a déjà été publié en notre 
siècle par Tischendorf, Apocalypses apocrypliae, 1866, p. 11 3-1 36, et plus 
anciennement au xvi'; et au xviie siècle, notamment dans la Maxim a 
Bibliotheca veterum patriim et antiquoriini scriptonnn ecclesiasticonim, édi- 
tion de Lyon, 1677, t. II, pars 11, p. 212-216. Une traduction française du 
texte latin se trouve dans V Encyclopédie théologique de Migne, Dictionnaire 
des Apocryphes, t. II, 1858, col. 587-598. Il existe de ce document un ar- 
rangement breton : Trenienvan an ytron guerches Maria publié en 1 879 par 
M. de La Villemarqué, Poèmes bretons du Moyen- Age, p. 2-73, avec une tra- 
duction française en regard et des observations critiques, p. 123-154. Le 
titre gallois est Y-ntod aeth Meir y-nef « Comment Marie alla au ciel ». 

3° « La sainte vie », Kyssegyrlan Uiiched édité avec le titre de « Nour- 
riture de l'âme, » Ymborthyr enait, dans la liste précédemment citée no 22. 

40 50 Vies de saint Dewi et de saint Beuno dont nous avons déjà parlé. 

6° L'empereur Adrien et Ipotis ou L'Enfant sage, n° 19 de la liste précé- 
dente. Pour la bibliographie, consulter Gôttingische gelehrte An:(eigui, 1895, 
p. 55 et suiv., et Roniania, XXII, 88. Il existe un arrangement breton de ce 
morceau : « L'enfant sage de trois ans. Questions que lui adressa l'empe- 
reur Constantin et réponses qu'il lui fit ; traduction nouvelle en breton par 
Me G. Duboishardy, prêtre. Quatrième édition augmentée et corrigée à 
nouveau par A. Lédan. Morlaix, chezLédan, rue du Pavé. » Ar biiguel fur da 
dri hloai- Ar goulennou a eure outan an impalaer Constantin hac ar responchou 
a eure de\an, laqet e breionec a neve^gant noblha discret M^ G. Duboishardy, 
beleg ; pêvarvet édition cresqet ha corriget a neve:^ gant A. Léd.^n. E Mont- 
roulez e ty Lédan, ru ar Pave, in-i6, 31 pages. 

70 Credo de saint Athanase, no 20 de la liste précédente. 

8° Comment l'homme doit croire en Dieu, ou les sept péchés capitaux, 
no 3 de la liste précédente. 



chronique . 251 

90 Explication de l'oraison dominicale d'après Hugues de Saint-Victor. 
Le texte latin a été publié dans la PatroJogia Jatnia de Migne, t. 175, col, 774- 
789. C'est le no 1 1 de la liste précédente. 

10° Utilité d'entendre la messe, n° 12 de la liste précédente. 

12° Vision de l'apôtre Paul, avec reproduction en appendix du texte latin 
d'après le ms. deMerton Collège, no 15. M. H. Brandes a publié en 1885, à 
Halle : Visio S Pauli. Ein Beitràge \ur Visionslitteratitr mit eineiii detitschen 
und iwei latcinischen Texten. Une version anglaise a été éditée par M. Horst- 
mann d'après le ms. Laud 108 {Archiv fur das Studium derneueren Sprachen, 
t. LU, p. 33-38). Cf. Paul, Griindriss, t. II, i, p. 619, 638 ; Romania, VI, 11 ; 
VII, 473 ; XX, 17; Karl Kraus, Deutsche Gedichte der i^ivôJJten lahrhunderts , 
p. 38-41, 187-197. C'est le no 10 de la liste précédente. 

120 De l'observation du dimanche, fin de la Vision de l'apôtre Paul, 
même no de la liste précédente. 

130 Annonciation de l'Ange Gabriel à la Vierge Marie, traduction de 
l'Evangile de saint Luc, I, 26-38, no 14 de la liste précédente. 

140 Début de l'évangile de saint Jean, I, 1-14, no 15 de la liste précé- 
dente. 

150 La Trinité en un dieu, fin du no 15 de la liste précédente. 

160 Le pays du Prêtre Jean, no 18 de la liste précédente. M. Morris 
Jones a réimprimé le texte latin d'après une édition de l'année 1499 qu. 
n'est pas indiquée par Brunet, Manuel du Libraire, t. III, col. 546 : Brunet, 
en cet endroit, mentionne trois éditions qui paraissent du xv^ siècle, mais 
qui sont sans date imprimée. Ceux qui veulent avoir une bonne biblio- 
graphie du sujet doivent lire un article de M. P. Meyer, Notices et extraits 
des viss., t. XXXIV, i^e partie, p. 228 et suivantes. 

La publication de M. Morris Jones n'est pas une édition, c'est la repro- 
duction d'un manuscrit, mais ce ms. ofi"re un texte sur bien des points su- 
périeur à l'édition de WiUiams. Voici quelques exemples: 



Williams Pt. V. 



286, 



3 mor^rj'nmon 
(Le pi. moriuyuion est mo- 
derne et mauvais) 
286, 24 divar (mauvaise [lecture 
pour diôeir) 

286, 36 ddygyivydd 

287, I giiawd 

287, 23 pannyt (mauvaise lecture 

pour pannyô) 
290, 36 yny beriii, mauvaise lecture 

pour 
24 Sefyiit y seith hyiinv. gogoleit 



153, 



Llyfr yr Ancr. 
17 morynyon 



154, 3 di6eir 



291, 

294, 
297, 



23 amprydyazu 

23 Ihuiyeu (« peintures ») 



154, 


12 dygwydho 


154, 


1 5 gnawt 


155, 


I pann y6 


IS8, 


28 yny 6erin 


i47> 


12 Sef ynt y seith hynny, 




gogelent 


150, 


6 vnprydyaw 


160, 


4 llinyev (« lignes ») 



U' 



252 



chronique. 





Jf iliiams Pt. V. 




Llyr yr Aner 


298, 


1 5 Uwyxcha, moderne et mau- 








vais pour 


160, 


25 lewycha 


298, 


24 ddm hen ddyn (« deux vieux 


161, 


6 dev hendyn (« deux vieilles 




hommes ») 




personnes ») 


298, 


26 y vaneg 


161, 


8 yvenegi 


299, 


1 1 a aner rat yr yspryt glan 


161, 


26 a enir orat yr yspryt glan 


299> 


23 yr holl roddeu (« tous les 


162, 


3 yr holl radeu (« toutes les 




dons ))) 




grâces ») 




(Le pi. de rhodd est rhod- 








dion) 






23^, 


31 curyfedd, lisez 


170, 


15 enryfed 


236, 


26 Uewynhu 


129, 


3 a lewycha 



Cette pièce chezWilliams 
est pleine d'expressions mo- 
• dernes. Cf. p. 358, i, enaid 
pour eneit ; hendicodd |pour 
hmdigawd, etc. 
239, 12 na wneler rinyeu ar swyneii , 142, 
nachyvarwydoii, nasuiyn- 
neu. Le copiste n'a pas 
compris le sens de ar- 
sangheii . 
239, 20 a warho 142, 

239, 22 y triigared 142, 

240, 5 da chaxxarnnhao dyn gwQlQt 143, 

triuy dug. 

« Il ne jurera pas qu'il 
l'aurait vu » 

240, 20 hoffder (« plaisir ») 143, 

241, 21 medycynaetJni 145, 
241, 24 aggiienn 145, 



20 na wneler rinyev. nac ar- 
sanghev, na chyfuarby- 
donn. na swynev. 



27 aéahardho 

28 y drugared 

1 5 na chadarnnhao dyn kelwyd 
trwy twng 

« Il ne confirmera point 
un mensonge par un ser- 
ment » 
30 hofl:ed (« vanterie ») 
I medyginaethu 
4 anghenn 



VI. 

L'infatigable M. Salomon Reinach vient de publier la traduction d'un 
ouvrage de M. Oscar Montelius, Les temps préhistoriques en Suède et dans tes 
autres pays Scandinaves '. Voici les divisions de ce livre dont le savant tra- 
ducteur a négligé de nous donner le tableau, pensant que son copieux et très 
commode index alphabétique devait suffire. 



I. Paris, Leroux, 1895, in-8, 552 pages, 427 figures intercalées dans le 
texte, et vingt planches. 



Chronique. 253 

Age de la pierre jusau'AU xviie siècle avant J.-C. — P. 7-55, 

PLANCHES I-VI. 



Pierre taillée, p. 8, Période 


I, 


Planche I. 


— — 


2, 


— II. 


Pierre polie, p. 11, — 


I, 


— III. 


— — 


2, 


— IV. 


— — 


3i 


— V. 


— — 


4, 


— VI. 



II. Age du bronze de 1700 a 500 environ avant J.-C. — P. 54-139, 

PLANCHES VII-XII. 

Période i, 1700-1450, Planche VII. 

— 2, 1450-1250, — VIII. 

— 3, 1250-1050, — IX. < 

— 4, 1050-850, — X. 

— 5, 850-650, — XI. 

— 6, 650-500, — XII. 

III. Age du fer de l'an 500 environ avant J.-C. jusqu'à la seconde 

moitié du onzième siècle après J.-C. — P. 140-313, planches 
XIII-XX. 

A. Premier âge du fer ou époque pré-romaine, de '^00 av. J.-C. à 
l'ère chrétienne, p. 142-IS2, Planches XIII-XF. 

Période i, 500-300 av. J.-C, Planche XIII. 

— 2, 300-150 — — XIV. 

— 3, 150- i — — XV. 

B. Deuxième âge du fer ou époque de l'influence romaine, du commen- 
cement de l'ère chrétienne au commencement du cinquième siècle après /.- 
C.,p. IS2-IÇ6, Planches XVI, XVII. 

Période 4, Premier et deuxième siècles de notre ère, planche XVI. 

— 3, de l'an 200 à l'an 400 de notre ère, planche XVII. 

C. Troisième âge du fer, du commencement du cinquième siècle au 
commencement du neuvième, p. iç)G-22$, Planches XVIII et XIX. 

Période 6, de l'an 400 à l'an 600 de notre ère, planche XVIII. 

— 7, de l'an 600 à l'an 800 de notre ère, planche XIX. 

D. Quatrième âge du fer, du commencement du neuvième siècle au mi- 
lieu du onzième, époque des Vikings, p. 22^-pj. 

Période 8, 800-850, planche XX. 

Les Celtes n'ont jamais habité la Suède ni les autres pays Scandinaves, 
l'Islande excepté. Mais il a existé un art septentrional qu'on peut appeler 
celto-germanique qui s'oppose en Europe à l'art gréco-romain du raidi. 
C'est un sujet d'étude fort intéressant, auquel le livre de M. Montelius offre 
une importante contribution. Je ne hasarderai qu'une critique, les dates 
précises qu'indique M. MonteUus me semblent un peu hardies. 

Revue Celtique, XVI. 18 



2 $4 Chronique. 



VII. 

La Société d'histoire et delà science de l'antiquité, Verein fur Geschichte 
und Aîterihumskunde, a tenu à Francfort-sur-le-Main, le 24 juin dernier, une 
assemblée où M. Martin May a fait une lecture sur la part des Celto-Ger- 
raains dans la civilisation européenne pendant les temps antiques. Il débute 
en opposant à la civilisation des Grecs et des Romains celle des Barbares, 
c'est-à-dire des Celto-Germains. Mais il mêle à cette exposition bien des 
théories hasardées. Ainsi Elien, Variae historiae, IX, 16, rapporte que les 
premiers habitants de l'Italie furent les Ausones dont le plus ancien s'ap- 
pela Mares et était homme par devant, cheval par derrière. M. May, p. 5, 
croit reconnaître dans Mares un dérivé du gaulois marca, marco- « cheval-», 
en germanique inarh, inarha, mais il faut pour cela suppléer arbitrairement 
dans le Mares d'Elien une gutturale qui manque entre IV et Vè. Plus loin, 
p. II, M. May avance que l'étrusque et l'ombrien sont des langues celto- 
germaniques, mères du latin ; c'est une doctrine un peu hardie que peu de 
linguistes, je crois, partageront, et contre laquelle en tout cas je proteste. 

VIII. 

Je ne dirai pas qu'il y ait plus de sens critique dans le livre de M. Emile 
Petitot intitulé : Origines et Migration des peuples de la Gaule jusqu'à Y avè- 
nement des Francs, Paris, Maisonneuve, 1894, in-8, 716 pages. L'auteur est 
un ancien missionnaire arctique, comme il le dit lui-même, et dans une cure 
de village, à Mareuil-les-Meaux, il se repose des fatigues septentrionales que 
lui ont causées jadis ses paroissiens sauvages; en même temps, pour ne pas 
rester actuellement oisif au milieu de Findifïérence des paroissiens français, 
il lit. Il a lu Strabon dans la traduction Tardieu, il a lu les traductions 
jointes aux textes antiques par Cougny, Extraits des auteurs grecs. Il a con- 
sulté Macrobe, Cicéron, Virgile, Tacite, Festus, Pline le Naturaliste, Tite- 
Live, Silius Italicus, Servius, Amraien Marcellin, Justin, Claudien, Solin, 
Aurelius Victor. Sur l'origine du nom des Celtes, il connaît les opinions de 
Leibniz, de L.-F. Jehan, de Bergmann, de Boulanger, du P. de Rostrenen, 
de D. Le Pelletier, de Mezeray, de Schoepfiin, de Valentin Smith, de 
Charles Bigarne. Des Galli, il sait ce qu'ont pensé Amédée Thierry, 
Michelet, Alexandre Bertrand, Lemière. Sur les Celtici, il connaît l'opinion 
de MM. Le Deist de Botidoux et Rosseeuw-Saint-Hilaire. Il rappelle ce qu'ont 
dit des Cimbres le baron de Belloguet, le docteur Prichard, La Tour d'Au- 
vergne, M. Lagneau. Il connaît les systèmes de Loeve-Veimars, de G. Lé- 
vesque, de Le Brigant, de Poinsinet de Sivry, de Moreau de Jonnès, de 
Lenglet du Fresnoy, de Valroger, de J. Pinkerton. Il a parcouru les œuvres 
de : Le Touzé de Longuemar, Robiou, Oddant-Desnos et A. Garrigou. Les 
découvertes du baron de Braye (sic) et de Schliemann, les études de 
MM. Cartailhac et de Nadailhac ne lui ont pas échappé, mais il paraît peu 
connaître la littérature allemande de son sujet : l'allemand est une langue 



chronique. 255 

difficile à apprendre et qu'on ne parle guère dans les régions arctiques où 
M. Petitot a commencé ses études ethnographiques. Ses lectures si variées 
de textes français et latins l'ont conduit à des résultats inattendus : 

« Qu'y aurait-il d'étonnant, » dit-il, « que Paris ou plutôt les Parisiiît- 
« montassent au petit-fils de Priam alors que Rome et une portion des Ro- 
« mains descendent du troyen Enée ? Nous n'avons aucun intérêt à nous 
« déprécier nous-mêmes » (p. 232). 

Les Albains sont des Celtes ; sont Celtes les Albani du Caucase comme 
ceux d'Albe-la-Longue, première capitale du Latium, comme les Albanais. 
Il doit paraître étrange, fait observer l'honnête curé, que ni Lemière, ni 
Strabon n'aient fait cette découverte (p. 240) par laquelle M. Petitot comp- 
terait sans doute assurer l'immortalité de son nom, si la trouvaille dont il 
s'agit n'était, suivant lui, l'évidence même, par conséquent sans gloire, et 
s'il n'était lui-même d'une exemplaire modestie, à laquelle suffisent la paix 
de la conscience et la joie du devoir accompli. 

IX. 

Nous marchons sur un terrain scientifique un peu moins mouvant avec la 
sixième édition de Victor Hehn : « Plantes cultivées et animaux domes- 
« tiques dans leur passage d'Asie en Grèce et en Italie, comme dans le 
« reste de l'Europe « : Kiilhir-pfaiiicn iind Hausthiere in ihreiii Uebergang 
ans Asien nach Gricchmland iiiid Italien soivie in das ïihrige Europa, par 
MM. O. Schrader et A. Engler. Cette édition contient des additions inté- 
ressantes. On peut cependant y signaler certaines lacunes au point de vue 
des études celtiques. 

Ainsi on y lit, p. 457, que le mot allemand Ttatxe « chat » est d'origine 
germanique, tandis que son origine e.xotique est reconnue comme possible, 
disons « certaine », par Kluge, Etymohgischcs Woerterhuch, 5^ édition, 
p. 188. Le mot s'est introduit dans les langues germaniques après la pre- 
mière substitution des consonnes et avant la seconde. L'origine celtique est 
rendue très vraisemblable par la légende monétaire CATTOS,par l'irlandais cat, 
par le breton ka^ et le gallois cath '. Naturellement ce mot, à l'origine, dé- 
signait le chat sauvage. 

A la page 551, l'allemand Brûune, en gothique hriinjo « cuirasse », en 
vieux français broigne, est expliqué avec raison, ce semble, par l'irlandais 
hrninne « poitrine », dérivé de brû, génïûi h r on n « corps, ventre », mais la 
diflFérence de sens qui existe entre bruimie et brû n'est pas indiquée, la ré- 
daction est même faite de manière à laisser croire au lecteur que les deux 
mots sont synonymes 2. 'Le vaste sujet traité par MM. Schrader et Engler les 
obHge à entrer dans des détails sur lesquels les connaissances spéciales leur 
font défaut. 

1 . Whitley Stokes, Urhllischer Sprachschati, p. 67 ; Holder, Allcdliscbtr 
Sprachscbali, col. 846. 

2. Cf. Kluge, p. 56,aumot6r/i//;;t', etWindisch, Irische Texte, l. I,p. 405. 



256 Chronique. 



X. 

On ne peut le dire de M. Meusel, quand il s'agit de César. 

Je reçois de ce savant la critique d'un détail de mon article sur son édi- 
tion du De bello gallico, dans la dernière livraison de cette revue, p. 96 : 
« Sur un point, » m'écrit-il, « je ne puis adopter votre opinion : Le Ursi- 
« nianus et le Riccardiamis ne sont pas de caractère mixte, quoiqu'on y 
« trouve (à la fin des livres VII et VIII) la mention de la revision faite par 
« Julius Celsus. La même mention se trouve aussi dans le Thuaneiis, mais 
« de seconde main; et je ne doute pas que dans la source commune des 
« deux mss. (Ursinianus et Riccardiamis) cette subscriptio ne se soit trouvée 
« faite de seconde main. « 

Je n'avais aucune opinion personnelle sur cette question, je croyais repro- 
duire la doctrine des gens compétents. Il paraît que je me trompais. 

XI. 

La Revue Celtique vient de perdre un de ses collaborateurs les plus méri- 
tants dans la personne de M Luzel, archiviste du département du Finistère. 
Un article nécrologique paraîtra dans la prochaine livraison. 

XII. 

Notre savant confrère, M. John Rhys, vient d'être élu principal de Jésus 
Collège à Oxford. 

XIII. 

Miss Margaret Stokes vient de mettre sous presse un volume intitulé Three 
Months in ihe Forests of France, pèlerinage à la recherche des vestiges laissés 
sur le continent français par les saints irlandais du moyen âge. Ce volume, 
où il sera question des saints Columban, Deicole, Fursa, Gobain, etc., sera 
la suite et le pendant du livre auquel elle a donné le titre de Six months in 
ihe Apennines, Il paraîtra à la librairie Ceorge Bell and sons, Londres, York 
Street, Covent-Garden ; prix: 12 shillings. 

H. d'Arbois de Jubainville. 
Paris, le 2 avril 1895. 



PÉRIODIQUES 



I. 

Bulletin de la Société archéologiq.ue du Finistère, t. XXII, 2^ li- 
vraison de 1895, p. 42-80. — Très intéressant article de M. L. Delisle, le 
savant administrateur de la Bibliothèque nationale, sur les plus anciens im- 
primés bretons. 

La première partie traite des heures bretonnes du xvi^ siècle. L'auteur y 
fixe la date du volume dont M. Whitley Stokes a publié d'importants ex- 
traits dans ses Middlc-bretoii Hoiirs, Calcutta, 1876. On connaît de ce vo- 
lume deux exemplaires incomplets: l'un, qui a appartenu à M. Pol de 
Courcy, est devenu propriété de la Bibliothèque nationale, l'autre est un 
trésor dont Mme la comtesse de Kergariou n'entend pas se défaire. Par la 
comparaison avec d'autres ouvrages, M. Delisle établit que ce volume a été 
imprimé vers l'année 1550, et que vraisemblablement il était destiné au 
diocèse de Léon. 

Dans la seconde partie intitulée Appendice, l'érudit auteur étudie les trois 
éditions du CathoUcon deLagadeuc, faites: la première en 1499, àTréguier; 
la seconde à une date indéterminée, mais avant 1520; la troisième en 1521, 
à Paris. La seconde et la troisième édition renferment pour la partie bre- 
tonne de nombreuses additions qui manquent dans l'édition de M. Le Men, 
puisque celle-ci a pour base l'édition de 1499. 

II. 

Bulletin archéologiq.ue du Comité des Travaux historiques et 
sciENTiFiauES, année 1894, f^ livraison. — P. 42 : Marque du potier Vo- 
SECUNNUs sur un fragment de vase trouvé à Saint-Quentin, Aisne. — 
P. 127-137: Mémoire de M. Charles de Laugardière sur les inscriptions 
gauloises de Genouilly, Cher. Nous avons parlé de deux de ces inscriptions 
dans la Revue Celtique, t. XV, p. 237 ' ; elles sont gravées sur une stèle re- 
produite dans la planche IX du Bulletin archéologique, et dans cette planche 

I . Au lieu de anevnoc, lisez aneovnoc. 



258 Périodiques. 

on trouve aussi figurée une stèle dont nous n'avons rien dit et sur laquelle 
est gravé le mot rvontv. 

III. 

Revue épigraphiq.ue du midi de la France, no 77. — M. AUmer con- 
tinue son étude sur les dieux de la Gaule, il s'occupe d'AmarcoUtanus, An- 
valonnacns, Aramo, Arausio, ArnaJia (apocryphe), Artaiiis, Artio, Aventia, 
Avicantiis, Axiiris. C'est un travail intéressant et qui sera fort utile une fois 
terminé. Toutefois l'auteur, plus épigraphiste que grammairien, se laisse 
aller quelquefois à des observations linguistiques singulières. 

Par exemple, il ne connaît pas l'usage celtique de former avec le suffixe 
-âco-s des noms d'hommes tels que Deviciacus, Diimnacus, Valetiaciis dans 
le De hello galllco (voir une liste plus complète chez Holder, Alt-celtischer 
Sprachschati, col. 21). Il croit, p. 344, que les Celtes ne se sont jamais 
servis du suffixe -aco-s que pour créer des noms de lieu, il en conclut que 
Anvalonnacos est un nom de lieu et que les érudits qui considèrent ce mot 
comme un nom de divinité sont dans l'erreur. 

Il ne sait pas que le latin canins « chant » est de la quatrième déclinaison : 
le àaûiAvi-canio est, suivant lui, p. 349, le datif d'un composé latin signi- 
fiant « chant d'oiseau ». 

Il est à souhaiter que M. Allmer continue son étude épigraphique sur les 
noms de dieux gaulois, mais il ferait bien à l'avenir de supprimer ses com- 
mentaires grammaticaux. 

IV. 

Revue des traditions populaires, t. X, livraisons de janvier et 
mars 1895. — P. 52. Notes sur l'île de Batz, par G. Milin, Superstitions et 
coutumes, formulette bretonne du jeu appelé choari he-{ihnlat « jeu du doigt 
de feu » ; devinettes bretonnes. — P. i 0. Prcwerbes gaéliques d'Ecosse sur 
les métiers, recueil formé par J.-H. Mac-Adam. 

V. 

The Academy, janvier-mars 1895. — Continuation de la correspondance 
relative aux inscriptions oghamiques, p. 16, 35-37, 216-217, voir Revue 
Celtique, n° précédent, p. 123. — P. 60. Déchiffrement par M. H -J. Law- 
lor de la devise circulaire en irlandais qui se trouve dans l'évangéliaire de 
Mulling, ms. du Collège de la Trinité de Dublin, sur lequel on peut con- 
sulter: J.-T. Gilbert, National inss. of Irelaml, première partie, pi. XX, XXI; 
cf. O'Curry, Lectures on the Manuscript Materials of ancicnt irish History, 
planche 5, figures M, N ; Westwood, Palaeographia sacra pictoria, Irish bi- 
blical mss., pi. II, figure no 6. — P. 172. Des vers du Codex Bocrnerianus : 
Tèicht do-Roim rnôr saido, bec torbai (aller à Rome, c'est beaucoup de tracas 
pour peu de profit), M. J.-H. Bernard rapproche une légende conservée 
par le Liber hymnorum des Franciscains. Il s'agit de sainte Brigite envoyant 
à Rome pour affaire des députés qui revinrent sans rapporter aucune ré- 



Périodiques. 259 

ponse. Sainte Brigite dit : Nî môr uar iarha, cid môr for saethar. « Votre 
profit n'est pas grand quelque grande qu'ait été votre peine » (Whitley 
Stolvcs, Lives of saints from the Book of Lismore, p. 335). — P. 342. Lettre 
de M. Robert Blair annonçant que le 8 de ce mois il a été fait à South- 
Shields la découverte d'un autel romain avec cette inscription: 

DEAE • BR[i] 
GANTIAE • 
SACRVM 

congenn[i]c 

eus- VS"L-M 

On sait qu'une autre dédicace à la dca Brigantia est imprimée dans le C. 
I. L., VII, 1062. L'original de cette dédicace se trouve au musée d'Edim- 
bourg. Le monument qui vient d'être découvert est exposé au musée de 
South-Shields. 

VI. 

L'Anthropologie, t. VI, no i, p. 18-39. — Suite du savant et intéressant 
mémoire de M. Salomon Reinach sur la sculpture en Europe avant les in- 
fluences gréco-romaines. 

VII. 

BOLETIN DE LA REAL ACADEMIA DE LA HISTORIA, t. XXVI, quatrième 

livraison. — P. 227. Publication par le P. F. Fita de titres concernant 
l'hôpital de Sainte-Marie de Najera, xi^ et xii^ siècles. Parmi les noms de 
lieu mentionnés dans ces actes plusieurs paraissent dater de la période ro- 
maine comme In Granione, in Carrione, Argeniana. 

A Granio, Granionis, aujourd'hui Grafiôn, Espagne, comparez les dérivés 
français du même gentilice, Gragnague (Haute-Garonne), Grignac (Cantal), 
Grigny, dont le Dictionnaire des Postes offre sept exemples, Grignan 
(Drôme, Gers),Grignon, dont on connaît quinze exemples au moins. 

De Carrio, -onls, Carrion en Espagne, on peut rapprocher Charry 
(Nièvre) = * Carriacus, dérivé d'un gentilice, Carrius, qui vient lui-même 
du nom gaulois Garros « guerrier, héros », en vieil irlandais carr, génitif 
cairr. Argeniaiia s'explique par un gentilice Argculius, formé à l'aide d'un 
nom d'homme gaulois Arganto-s et d"où les noms de lieu français Argensac 
(Dordogne), Argençon (Hautes-Alpes). Fontaneta est le féminin de Fonta- 
netum, d'où les Fontency, Fontenay de la France du Nord, les Fontenet, 
Fontanet de la France du Sud. 

Quelques-uns des noms de lieu fournis par les chartes de Sainte-Marie 
de Najéra remontent plus haut qUe la période romaine, tels sont celui du 
lieu dit in Alesanco, p. 231, 234, 235 ; villa Alasanco, p. 252 ; celui de Vaqua 
de Elesone, p. 231, 234 (cf. ad Eleson, p. 250), et de la villa . , . quod di- 
citiir Aleison, aujourd'hui Alesôn (p. 265). Inutile de répéter ce que j'ai dit 
ailleurs de ces mots dont la forme la plus ancienne est Alisincos, Aliso[n]. 



200 Périodiques. 

VIII. 

Congrès des Sociétés savantes, extrait du journal Le Temps, 21 avril 
1895. — M. Charles Joret, professeur à la Faculté des lettres d'Aix, fait une 
communication sur l'étymologie du nom de Caen. Ce nom a de tout temps 
donné lieu aux hypothèses les plus fantaisistes; mais, depuis un demi-siècle, 
on lui a généralement attribué, comme à la ville qu'il désigne, une origine 
germanique. La forme Cathim, qu'on rencontre dans une charte du 
xi^ siècle, avait fait croire aux derniers historiens de la capitale de la basse 
Normandie que l'allemand heim se trouvait dans la seconde partie du nom 
de Caen. C'est là une supposition qui ne résiste pas à l'examen. Le nom de 
Caen, dans la plupart des textes latins du moyen âge, est Cadomnm, parfois 
Catommn ou Cathomiun; si l'on rapproche ces mots des noms contemporains 
de Rouen, Rodoiiiuin, Rolomum ou Rothomuin, on est frappé de la ressem- 
blance qu'ils présentent. Or, l'ancien nom de Rouen est Rùtoinagus, on est 
par suite autorisé à admettre que le nom primitif de Caen était Cato-Magus 
ou Catu-Magtis ; le dernier élément de ce composé est le mot celtique magus 
(champ), si commun dans la toponomastique gauloise; quant à catus, ce 
mot veut dire « combat » ou « bataille » ; le nom de Caen aurait donc si- 
gnifié « champ du combat », ou mieux « champ de Bataille », le mot cel- 
tique catiis étant parfois, comme le mot français bataille, un nom d'homme. 
Quoi qu'il en soit, le nom de Caen est d'origine gauloise, comme celui de 
Rouen et de la plupart des villes importantes de l'ancienne Neustrie. 

IX. 

The Journal of the royal Society of Antiouaries of Ireland for 
THE year 1895. Première livraison. — P. i. Mémoire du savant Charles 
Graves, évêque de Limerick, sur une inscription oghamique trouvée pen- 
dant l'automne de 1893, près de Gortatlea, entre Tralee et Killarney: 
niottacobranora. . . 
dvmeli maq.i glasiconas. 

Glasiconas est le génitif de * Ghissicû, en vieil irlandais Glaisiuc, nom 
d'homme, dont la Vie Tripariite offre un exemple. C'est un composé dont 
le second terme est câ « chien » : comparez le nom de Miliuc =: *MTli-cïï, 
porté par l'Irlandais dont saint Patrice fut esclave. — P. 16. Suite du mé- 
moire de M. Coffey sur l'ornementation préhistorique en Irlande. L'auteur 
s'occupe principalement ici du commerce de l'étain dans l'antiquité et des 
terrains aurifères d'Irlande. — P. 41. Etude du Rév. G. Raphaël Buick sur 
les pointes de flèches en silex trouvées en Irlande. — P. 86-87. DeuK figures 
représentant un dolmen près de Castlewellan, comté de Down, etc., etc. 

Dijon, le i\ avril 1895. 

H. d'Arbois de Jubainville. 

Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. BOUILLON. 

Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



LA RELIGION DES CALATES 



Il est généralement admis que les Galates d'Asie Mineure, à 
l'époque impériale, avalent tout à fait oublié la religion de 
leurs pères. Voici comment s'exprime à ce sujet M. Mommsen^: 

« Une bonne partie des Galates, appelés Gallo-Grecs par les 
Romains dans les dernières années de la République, devait 
descendre des Phrygiens qui habitaient autrefois la contrée. 
Ce qui est plus important, c'est que la religion très vivace dans 
le pays et le sacerdoce local n'ont rien de commun avec les institu- 
tions sacrées des Celtes d'Europe. Non seulement la Magna Mater, 
dont les Romains, à l'époque d'Annibal, demandèrent l'image 
sainte aux Tolistobogii qui la leur envoyèrent, était d'origine 
phrygienne, mais encore les prêtres de cette divinité apparte- 
naient presque tous à la noblesse galate ^. » 

Dans le passage célèbre où Plutarque raconte l'histoire de 
l'héroïne galate Gamma 5, il dit que le prestige de cette femme 
était encore rehaussé par le fait qu'elle était prêtresse d'Ar- 
témis, divinité que les Galates ont en vénération particulière : 
£U',cpav£7Tipav B'aÙTYjv ÏTZoizi xai xo r?jç 'ApT3iJ.'.oo^ lipctzv sîvai, r^v 
p.âX'.jxa FaXixat asoouat. La suite du récit mentionne un temple, 
avec un autel et une image de la déesse : nous sommes donc 
en présence d'un culte, sinon hellénique d'origine, du moins 
hellénisé, et où rien ne rappelle les pratiques religieuses attri- 
buées par les anciens aux Celtes de l'Europe. 



1 . Mommsen, Histoire romaine, trad. Gagnât et Toutain, t. X, p. 115. 

2. Pour des exemples, voir Perrot, Exploration de la Galatie, p. 185, 

3. Plutarque, De Mnlicrnin virtutibns, XX: éd. Didot, p. 318. 

Revue Cclûqae^ KVI. 19 



202 Salomon Reinach 

M. Usener a tout récemment signalé ^ un passage curieux 
d'une vie de saint Théodore de Sykéon par son élève Geor- 
gios, dont le texte grec a été publié en 1884, d'après un ma- 
nuscrit delaMarciana à Venise, par M. Theophilos loannou^. 
Sykéon est un bourg de Galatie, sur la rivière Siberis, et une 
station de la route impériale de Constantinople à Ancyre'. 
Voici le passage de la vie du saint qui a trait aux superstitions 
locales de la Galatie; comme M. Usener en a reproduit le 
texte, il suffira d'en donner ici une traduction : 

« Théodore entendit parler d'un certain lieu à 8 milles 
de distance (de Sykéon), que l'on appelait Arkéa. On disait 
que personne n'en pouvait approcher, surtout à l'heure de 
midi, car c'était le séjour de la divinité nommée Artémis qui, 
entourée d'un cortège de démons, tourmentait jusqu'à la mort 
ceux qu'elle rencontrait. Étonné de cette rumeur, Théodore, 
au fort de l'été, se rendit à la hâte en cet endroit après avoir 
chanté les psaumes de la troisième heure, et passa tout le mi- 
lieu du jour au Heu même que l'on croyait hanté par Artémis. 
Protégé par le Christ, il ne vit aucune manifestation des puis- 
sances mauvaises et s'en retourna au martyrium où il demeu- 
rait. » 

M. Usener ne s'est pas souvenu à ce propos du passage de 
Plutarque sur le culte d' Artémis en Galatie. Ce témoignage 
est cependant fort important à rappeler, car il reçoit de la Vie 
de saint Théodore une confirmation jusqu'à présent unique. 
Artémis, nom grec de la grande divinité phrygienne du pays, 
n'était pas seulement l'objet d'un culte public, mais de supers- 
titions et de terreurs populaires. Reste à savoir si la déesse 
ainsi désignée était d'origine celtique et si l'on peut découvrir, 
sur cette lande asiatique hantée par des esprits malfaisants, un 
souvenir de la religion des envahisseurs. 

Le savant allemand l'a pensé. Il a invoqué, après Lobeck et 

1. Usener, Rheinisches Muséum, 1895, p. 147. 

2. Et non Johannis, comme lecrit M. Usener. La rectification a été faite 
par M. Krumbacher, Byianiinische Zeitschrift, 1895, p. 382, qui rappelle 
qu'il a déjà cité cette publication dans sa Geschichte der Byiantinischen Lite- 
ratiir, p. 69, 138 (Mvriij.£Ta àyioXoyi/.a. 'Ev Bcvsxta, 1884). 

3. Ramsay, Historical Geography oj Asia Minor, p. 241, 244. 



La Religion des Calâtes. 26 J 

d'autres ^, un passage des Actes de saint Symphorien, martyr 
d'Augustodunum. Dans le curieux entretien où le document 
reproduit par Ruinart^ met aux prises le consulaire Heraclius 
et Symphorien, celui-ci s'efforce de jeter le discrédit sur les 
divinités païennes. Après avoir médit d'Apollon, il ajoute : 
Dianam quoque daemonium esse meridianum Sanctorum industria 
investigavit, quae per compila currcjis et silvarum sécréta perlus- 
trans... Triviae sibi cognomen, duni triviis insidiatur, obtinuit. » 

Ainsi, à Autun comme en Galatie, Artémis-Diane est un 
démon du midi, qui hante les carrefours et les forêts ; alors que 
nos sources littéraires la représentent comme une chasseresse 
nocturne, les actes de saint Symphorien, d'accord avec la Vie 
de Théodore de Sykéon, tont d'elle un démon redoutable en 
plein jour, daemonium meridianum. 

La conclusion que M. Usener voudrait tirer de ce rappro- 
chement s'imposerait presque avec évidence si l'idée d'un démon 
du midi n'était pas elle-même empruntée à une source litté- 
raire. Cette considération nous avertit d'être circonspects. 

Dans le Psaume XC, il est question, en effet, d'un Gat;xiv'.cv 
lj,s(j'0iJi.6p'v6v ; ce sont les expressions mêmes du texte grec. Voici 
la traduction de l'original hébreu par Reuss > : 

« Tu n'auras pas à craindre le frisson de la nuit, ni la flèche 
qui Tole de jour, ni la peste qui se glisse dans les ténèbres, ni 
la contagion qui ravage en plein tnidi. » 

Les interprètes, auteurs du texte grec, n'ont pas dû songer 
à une idée abstraite conmie celle de la contagion, mais à une 
divinité du paganisme. Omnes dii gmtium daemonia, dit le Psal- 
miste 4. Le « démon du midi » devait aussi être l'un d'eux. 

En Galatie, où, d'après Plutarque, la déesse la plus honorée 
était Artémis, son nom se présentait naturellement à l'esprit. 
Dans le pays des Eduens, on n'est pas autorisé à dire qu'il 
existât une superstition populaire relative à Diane « démon du 



I , Cf. Lobeck, Aglaopbaiiiiis, p. 1092. 

2. Ruinart, Acta Sincera, p. 125 de l'édition de 1859. 

3. Reuss, Les Psaumes, p. 293. 

4. Psaumes, XCV, 5 ; ce passage a été cité par M. Le Blant, Les premiers 
chrétiens et les dieux, p. 4 (extrait des Mélanges de l'Ecole de Rome, t. XIV, 
1894). 



264 Salomon Reinach. 

midi». En effet, saint Symphorien présente l'assimilation de 
Diane avec le daemonium meridianum des Psaumes comme le 
résultat d'une exégèse savante (sanctorum industria investi- 
gavit). Cette exégèse se fondait sur le caractère vagabond de 
Diane, sur la puissance redoutable attribuée à ses flèches, sur 
sa prédilection pour les forêts et les carrefours. Diane est aussi, 
comme l'indique son nom, la déesse du jour (dies) et l'on ne 
s'étonnera pas qu'on l'ait reconnue dans une dea meri-diana ano- 
nyme. De tradition ou de superstition populaire, il n'y a pas 
trace dans tout cela. 

M. Usener ne s'est pas souvenu d'un texte allégué par 
Grimm^, qui, au premier abord, paraît fournir une confirma- 
tion de l'hypothèse touchant l'existence d'une Diana meridiana 
dans la mythologie des peuples européens. « Liebusch-, dit 
Grimm, rapporte une remarquable légende de la Haute-Lu- 
sace au sujet de D-^'iwitza. C'était une belle jeune femme de 
race noble qui, armée de la :(ylha, errait à travers les forêts; 
les plus beaux chiens de chasse l'accompagnaient et effrayaient 
tant le gibier que les hommes qui, à l'heure de midi, se trou- 
vaient au fond des bois. Aujourd'hui encore, quand un homme 
reste seul vers midi dans une forêt de pins, on lui dit en plai- 
santant : « Ne crains-tu pas que D-:iwitza ne vienne sur toi ? » 
Cette Diiwitza paraît être la Dziewanna polonaise et la Diana 
des Romains. » 

D'après les observations que nous avons présentées plus 
haut, il ne semble pas que cette tradition soit pure de toute 
influence littéraire. Une fois la Diana romaine identifiée, par 
l'exégèse chrétienne, au daemonium meridianum du Psaume, 
cette conception se substitua çà et là, en pays chrétien, à celle 
de la chasseresse nocturne. Le folklore, de nos jours surtout, 
se cristallise en littérature, mais il arrive souvent, quand on 
cherche bien, qu'on trouve aussi de la littérature à l'origine 
du folklore. 

Les traditions vraiment populaires connaissent des génies 
nocturnes malfaisants, que l'on désigne sous les noms les plus 

1. Grimm, Deutsche Mythologie , éd. de 1835, p. 706. 

2. Dans l'ouvrage intitulé Skythika, p. 287. Je n'ai pas vu ce livre. 



La Religion des Gaiates. 265 

divers et qui, sous l'influence du christianisme, ont été parfois 
identifiés à Diane et aux démons féminins de son cortège. 
Depuis le iv* siècle jusqu'au xv*% on croit que Diane, assi- 
milée ou associée à Hérodiade, est la reine du sabbat^. Dès 
314, on trouve ce qui suit dans les canons du concile tenu à 
Ancyre 3 : 

« Illudetiam non omittendum quod quaedam sceleratae mulieres, 
rétro post Satanam conversae, daemonmn illusionibus et phantas- 
matibus seductae, credunt ac. profitentur se nocturnis horis cu7n 
Diana paganorum dea vel cum Hérodiade et innuniera midtitudine 
mulierum equitare super quasdam bestiaset multa ter /arum spatia 
intempestae noctis silentio pertransire, ejusque jussionibus velut 
dominae obedire et certis noctibus ad ejus servitium evocari. j> 

D'autres textes analogues, où il est question de Herodias et 
de Holda, ont été réunis par Grimm-^. Il n'a pas cité le sui- 
vant, que je trouve allégué par Dom Martin 5: 

« Des statuts manuscrits de l'église de Conserans, des xiii^ 
et xiv^ siècles, font encore mention de femmes qui faisaient 
métier d'aller à cheval pendant la nuit avec Diane, divinité du 
paganisme, ou avec Hérodiade ou Bensozia, et faisaient ins- 
crire leur nom dans le catalogue qui contient toutes celles de 
leur sexe qui passaient pour déesses. » 

La croyance au sabbat est certainement d'origine populaire, 
mais Diane et Hérodiade n'ont pu y usurper une place que par 
l'influence de la prédication ou des livres. Cette influence 
s'est exercée de bonne heure — témoin le texte du concile 
d' Ancyre — et les effets en ont été durables — témoin ce que 
dit encore Dom Martin ^t 

« Nos anciens Français étaient si entêtés de l'existence 
d'une telle divinité (Diane) qu'ils n'en pouvaient effacer l'idée, 
même après avoir embrassé le christianisme 7, Ils donnaient le 

1. Cf. Paul, Grundriss tler gerni. Philologie, t. I, p. 1108. 

2. Le Blant, op. laud., p. 10. 

3. Mansi, Concilia, t. II, p. 556. 

4. Grimm, Deutsche Mythologie, p. XLii, 176, 522. 

5. Dom Martin, Religion des Gaulois, t. I, p. 60. 

6. Ibid., p. 63. 

7. C'est, au contraire, le christianisme qui, se conformant à une vieille 
tradition d'exégèse, assurait la survivance des divinités païennes. 



266 Sa!omon Reinach. 

nom de Diane à une espèce de démon qu'ils se figuraient 
occupé à faire du mal. C'est ainsi qu'il est dit dans la vie de 
saint Césaire d'Arles qu'il guérit miraculeusement une ser- 
vante d'un démon que les paysans appelaient Diane (daemunium 
quod rnstici Dianam appellant), qui déchirait toutes les nuits 
cette pauvre créature à coups de fouet... Ce démon est ce que 
les auteurs de la basse latinité ont appelé, d'après le Psalmiste, 
le dé mon du midi. » 

A la fin du vii'= siècle, quand saint Cilian de Franconie a été 
massacré par ordre de Geilana, la femme du duc Gozbert, 
celui-ci veut venger la mort de l'apôtre. Mais le peuple s'y 
oppose et prétend conserver le culte de ses pères : Volumus 
, servire magnae Dianae sicut et anteriores nostri fecerunt patres et 
prosperati sunt in eo usque in praesens. » ^ Diana est ici la tra- 
duction, faite par un clerc, du nom de quelque divinité ger- 
manique ; il ne peut être question, dans la Franconie païenne, 
d'une survivance du culte de la Diane romaine, et l'on com- 
mettrait une erreur grossière, quoique tentante au premier 
abord, en assimilant cette Magna Diana franconienne à la 
grande Artémis que l'on adorait chez les Galates. 

Je ne connais qu'un seul texte grec, déjà rappelé par Dom 
Martin, où il soit question d'un « démon du midi » : c'est 
celui de Suidas sur Empuse. Après l'avoir rapprochée d'Hécate, 
parlé de ses transformations, de son pied d'airain, etc., le lexi- 
cographe byzantin ajoute : « On dit qu'elle paraît encore 
vers le midi, quand on rend les derniers devoirs aux morts-. » 
Partout ailleurs, Empuse est un démon nocturne; on peut 
donc penser que Suidas, lui aussi, a eu présente à l'esprit 
quelque tentative isolée d'exégèse où le oa'.;;iv'.ov ;j.crr;;x6p'.vdv du 
Psaume était assimilé non pas à Artémis-Hécate, mais à son 
fantôme, Empousa {py:r.yLz\j.'j. cx'.y.ovuocîc 'jizl r^c 'Ey.ir/;; ï~<.T.t\i- 

Notre conclusion est donc négative. Il serait assurément 
fort intéressant de pouvoir admettre, avec le Rév. Stokes, que 



1. Dom Martin, op. laiid., t. II, p. 49. 

2. AoxcT oï y.ai TaTç |jLEar|[i.6p'ai; çavTâ'^ciOa'., oTav -oX; /aTOiyoïis'voiç 



La Religion des Calâtes. 267 

« l'idolâtrie celtique suivait exactement le même rituel en 
Asie et en Gaule »^, ou, avec M. Usener, que les Éduens et 
les Galates d'Asie connaissaient une même Diane, fée redou- 
table de la méridienne. Mais les témoignages qu'on peut allé- 
guer n'autorisent pas ces hypothèses. Ils nous montrent, dans 
la Diane du midi, une création de l'exégèse chrétienne à ses 
débuts, superposée aux données banales de la démonologie po- 
pulaire. Si, à leur arrivée en Asie Mineure, les Galates 
avaient la même religion que les Éduens, ce qui est possible, 
rien encore n'atteste la survivance, jusqu'à l'époque chré- 
tienne, de traits communs à leurs croyances primitives. 

Salomon Reinach. 



A PROPOS DE NENNIUS VINDICATUS. 



Zimmer, qui me paraît assez chatouilleux sur l'article du 
tien et du mien (ce dont je n'oserais absolument le blâmer), 
me permettra une légère vindicatio. Dans un récent article de 
M, Thurneysen sur le Nennius vindicatus, article qui m'a paru 
judicieux dans l'ensemble, le critique approuve l'hypothèse de 
Zimmer 2, que le rédacteur de 679 aurait mêlé le gallois au 
latin, hypothèse appuyée sur deux passages : (Ida junxit Din 
Guayrdi guurth Bryneich — Tune Talhaern Tataguen in poe- 
mate claruit et Neiren et Tahesin). Suivant Thurneysen, 
Zimmer explique scharfsinnig la faute et Neiren pour Aneiren, 
par le fait qu'un rédacteur gallois postérieur aura pris a de 
aneiren pour la conjonction A, et. J'ai été d'autant plus 
agréablement surpris de l'appréciation de notre savant collabo- 
rateur que V hypothèse est de moi. Je me cite : « au lieu de Nei- 

1 . Article Symphorianus dans le Dictionary of Christian biography. 

2. Nennius vindicatus, p. 103 *. 



268 J. Loth. 

ren, il n'y a pas le moindre doute que le compilateur avait 
sous les yeux un original breton: Talhaern... amiren ; \\ aura 
pris a pour la conjonction ac, a et l'aura transcrite par et, 
tandis que c'est la première syllabe du nom du poète. — Un 
autre passage me semble encore plus probant, chap. LXVI: 
Ida filius Eobba tenuit regiones in sinistrali parte Humbri ma- 
ris XII annis et junxit arcem id est Dinguei'rin et Gurbirnerth 
(ver. gurâbirnel])) : quae duae regiones fuerunt in una regione, 
id est, Deur a Berneth, anglice, Deira et Bernicia. Ce passage 
est éclairci par un autre inséré dans la Gemalogia (Pétrie, Mon. 
hist. brit., p. 85 b) : Ida filius Eobba tenuit regiones in sinis- 
trali parte Britanniae; id est Umbri maris et regnavit annis XII 
et uncxit (leg. junxit) Dynguayrdi Guuerthberneich (var. guerth 
Benicihc). Le compilateur me semble n'avoir pas compris le 
texte breton qui portait : [il joignit] Dinguerin guurth Brencich, 
c'est-à-dire, il joignit D... à Breneich, ce qui fit que ces deux 
régions furent réunies en une seule. Ici le breton n'a même 
pas été traduit et le compilateur a pris guurth Bryneich pour 
un nom propre. La généalogie n'est pas de source bretonne, 
mais on y a annexé des faits bretons. « Voir Revue Celtique, X, 
n° 3, P- 357-358, 1889. 

J. Loth. 



THE PROSE TALES 



RENNES DINDSENCHAS' 



SECOND SUPPLEMENT. EXTRACTS FROM THE BOOK OF LEINSTER. 



154. DÛN MÀisc. 
(LL. 160-^25). 



Dim Mdsc unde nominatur ? 

Cdinén Mdsc mac Augein Urgnaid maie Setnai S'ithhaicc, is 
leis dorochlas in dùn sin, 7 based a forbba in tir im Dûn 
Mdsc, 7 is and atbath. 

Bratliir da;w in Mdsc sin 7 Nui o fail Rdith Nui im-Maig 
Reichet 7 Kâitb Nui in Huib Garbchon, 7 issed rue fodes in 
Nui ar imgabi// Mdisc, ar rochuaid in Nui co mndi Mdsc. 

Brathair aile dôib dàuo, Finterig, o fil Dûn Finteing, ocus 
Cûar, 6 fail Dûn Cuair, ocus Alb o fil inn Albine. 

IS dô sein rochan in senchaid : 

larfaigid dim, comol rigle, 
mad ail dûib Qolas d'aicbne, 7c. 

Dûn Mdisc, whence is it named ? 

Cainén Mdsc son of Augen Urgnaid son of Setna Sithbacc: 
'Tis by him that fortress was founded, and his héritage was 
the land round Dûn Mdsc, and 'tis there that he died. 

Now, that Mdsc and Nui were brethren — Nui firom whom 
is Râith Nui in Mag Rechet and Râith Nui in Hûi Garr- 

I. Voir Revue Celtique, XY, 272, 478; XVI, 31, 135. 



270 Whitley Stokes. 

chon ; and this is what brought Nui southwards, to avoid 
Mâsc, for Nui had gone in unto Masc's wife. 

Otiier brethren had they, Finteng, from whom is Dûn 
Finteing, Cùar from whom is Dùn Cùair, and Alb, from 
whom is the Albine. 

'Tis of that the shanachie sang : 

Ask ye of me, a bright assembly 

If ye désire to recognise guidance, etc. 

Also in Laud 6io, fo. 84bwhere Musc is said to hâve been the eldest of six 
brethren, Ladra, Nue, Finnteng, Cuar, Alb and Masc, — ail rathbuilders. 

Dân Masc, now Dunarnase in Queen's county, Four Masters, A.D. 843. 
Book of Rights, 216, note q. Mag Rechet now Morett in the same county. 
Dûn cûair now Rathcore, on the borders of Meathand Leinster. The Albine 
probably the river from which Inber n-Ailbine(no. 5) took its name. This 
is spelt Alhcne by the Four Masters, A.D. 1052, where O'Donovan says 
that it is « not identifîed ». But see Rev. Celtique, XV, 295. 

Setna Sithbacc is mentioned by the Four Masters at A.D. 5090, as the 
father of Nuada Necht. 

With the incident of Nûi's adultery, cf. Ercad's, no. 24, and Ibel's, 
no. 98. 

155. Srub B6. 
(LL. 160=^36). 

Sriib Bô, unde nominatur? 

Liath Lurgach trenfer robôi ic Daire Léith i nHuib Falge, 
œ «dechaid co Tilaig Eogain 7 in tir na flisuch. Co cùala géim 
bô ic tiactain al-Loch Sithgail, cor-ragaib indegaid na bô. co 
toracht Srùib Bô i n-iarth//r Maige Reichet. co tarraid andsin 
in mboin 7 coros-marb. Co tanic Sithgal Sechderc, o n-ain- 
mnigther Loch Sithgail, indegaid a bô, co fuair Liath Lur- 
gach (or a tairr ica coscrad, co ndernsat gleicc, 7 cor' fortam- 
hiig Sithcr^/ for Liath. Ocus co rue Skhgal lais Liath iarna 
chehgul, co ranic Loch S'nhgail. Cor-ragaib uamun ands^^ie 
Liath imma breith issin loch, co tart feirt for a lama 7 co ro 
bris in cengul bôi for a lama. Co wd^rnsat gleicc doridisi Sith- 
gal 7 Liath, Co ro fortamlaig Liath andsé'^e for Six.hgal. Co ro 
chuir Sith^â!/ in riiboin remi [léo'' i] issin loch, co tdraill 
Liath a srùib coro thair[r]hgiset muntrr Sithgail chucu in 
liiboin 'sin loch allus a herbuill. Co rochuir Liath iarsain corp 



The Rennes Dindsenchas. Second Supplément. 271 

Shhgail isin loch 7 œ rue leis sriiib na bo corrice in n-inad i 
tarraid in mboin aw'is, i comartha neirt, 7 conos-fargaib and, 
umie ^oeîa : 

Sittigal Sechderc slaide dir 
mac do Gu.nnat mac Ganncdin, 
Liath Lurgach, luath a chuir, 
dia tuthchaid uad a oenboin. 

Liath Lurgach, a champion who dwelt at Daire Léith 
(« Liath's Oakwood ») in Hûi Falgi, went to Tilach Eogain, 
where the land was a désert. He heard the loAying of a cow 
out of Loch Sithgail, and he made after the cow till he rea- 
ched Srùb Bo in the west of Mag Rechet. There he overtook 
the cow and killed her. But Sithgal Sechderc, from whom 
Loch Sithgail is named, came after his cow, and found Liath 
Lurgach on her belly, cutting her up. So they wrestled, and 
Sithgal prevailed over Liath. And after binding him Sithgal 
took Liath with him till he reached Loch Sithgail. There 
Liath was seized by dread of being carried into the lake : so 
he gave afeirt on his hands, and broke the band that was upon 
them. Then Sithgal and Liath wrestled again, and this time 
Liath vanquished Sithgal. Howbeit Sithgal flung the cow 
before him into the lake, but Liath came to her nose. Then 
Sithgal's people dragged the cow into the lake by her tail. 
Thereupon Liath flung Sithgal's body into the lake, and in 
token of strength carried off the cow's nose till he reached the 
place where he first overtook the cow, and there he leit it. 
Whence the poet : 

Sithgal Sechderc, smiting of slaughter, 

son of Gunnfat son of Ganndn, 

Liath Lurgach, swift his casts, 

v .0 whom his only cow^ went from him. 

Srnh B6 was in the western part of Morett in the Queen's county. Daire 
Léith somewhere in Offaly in Leinster. Tilach Eogain and Loch Sithgail not 
identified. 

1 . The ace. sg. hoin is hère used for the nom. hô in order to make a 
rime. 



272 Whitley Stokes. 

156. Mag Tarbga ocus Findloch. 
(LL. 166^47). 

Mag Tarbga, wide nominatur ? 

Ni ansa. De chomruc 7 do gleicc na da tarb .i. T'màhemiaig 
7 Duind CuAnge, iar tabairt na tana im Chnocc Tarbga. 

Findloch .i. loch Findbf;/naig, de bas ind Findbmnaig o 
Dund Cuahige isin loch ût. Unde ^oeta: 

Mag Tarbga can ro raded ? 
do gleicc na tarb tenn[s]athech. 
1 167* i] tria bas ind Find co môr môch [leg. moch] 
de dogarar in Findloch. 



•'&'• 



Mag Tarbga, whence is it named ? 

Easily answered. From the conflict and struggle of the two 
bulls QarF), to wit, of the Whitehorned and of the Dun of 
Cualnge, after the drove had been brought round Cnocc 
Tarbga. 

Findloch, that is, the lake of Findbennach « White-horn- 
ed », from the death of the White-horned by the Dun of 
Cualnge in that lake. Hence (said) the poet : 

Mag Tarbga, whence was it so said? 
From the struggle of the strong-sated bulls. 
From the death of the Find greatly early, 
Hence the Findloch is called. 

Also in Bodl. no. 28, whence edited in Folklore, III, 493. 

Tag Tarbga, and Cnocc Tarbga not identified. A place called Tarbga is 
mentioned supra, no. 66. Findloch is perhapsthe Fionnloch of the Four Mas- 
ters, A.D. 1369, now the Lower Lough Erne in Fermanagh. 

As to the two bulls see supra no. 57. Their deaths are described in LL. 
104a and in O'Curry's Lectures, pp, 39, 40. 



157. Sliab Cua. 
(LL. 169M). 

Sliab Cua, unde nominatur? 



The Rennes Dindenchas. Second Supplément. 27 j 

Ni ansa. Cua Cendmar mac Broccsalaig Cringlunig, dalta 
Boibli mcic Buirchi. Tanic bôdr môr i nHer/nn i n-amsir Con- 
gail Chlarainig coima frith i iiHemm acht oensamaisc i nGlind 
Samaisci, 7 oen tarb. Ac Boibli dano robatar sain. Rofôided 
cech dalta dia daltaib dia cornet. Intan rosiaclit do Cliua Cend- 
mar cùairt a cometa ro fell foraib. Rosn-uc leis co iidernai bro- 
thlaig foraib, 7 dos-fuaid issin tsléib. Unde ^oeta : 

Cua Cendmdr co crutli cliain 
mac Brocc[s]alaz^ Cringlunmair, 
dalta ^ duaid a boin isin tsléib 
ropo dalta co ndallchéill. 

Cua Big-head, son of Broccsalach Witherkneed, was foste"- 
ling of Boible son of Buirche. In the time of Conall the Flat- 
faced a great murrain invaded Ireland, so that there was 
found in Ireland but one heifer, in Glenn Samaisce, and one 
buU. Thèse belonged to Boible. Each of his fosterlings was 
sent (in turn) to guard them. When his turn of guarding 
came to Cua Big-head he dealt treacherously concerning them. 
For he took them away and made a cooking-pit for them, and 
devoured them on the mountain. Whence said the poet: 

Cua Big-head, with a fair torm, 
Son of Broccsalach of the withered knee, 
Afosterling that devoured hiscow on the mountain, 
He was a fosterling with a blind reason. 

Also in Bodl. 13^1, wheiice edited in Folklore, III, 486. 
Sliab Cua, now Sliab Gua in the co. of Waterford. 
Glenn Samaisce, a valIey in the co. of Kerry. 

Cûiigal Cldrainech <.< the Flatfaced », overking of Ireland A. M. 5017-503 1, 
according to the Four Masters. 



<: 158. Loch Riach. 

(LL. 170M8). 

Loch Riach, canas roainmniged ? 
I . facs. datta. 



274 Whiîley Stokes. 

Ni ansa. Bôe cocad etir liru sidi im-Moenmaig i Tir Maine 
etir na cethri rigu .i. Riach 7 Cosdub ocus Caibell ocus Etar 
Etualairig. Ba hé domna in choctha .i. da ingin cliaema ro- 
batar issin tsid .i. Ceirbil Balmaith ingen Etair Etualairig ocus 
Land Lethdfrg ingen Chaihill. Riach 7 Cosdub adchoitech- 
ta[tar] na ingena, Adrograd cath uadib impu. Atb^rtsat cipsi 
magen i fer£iithe in cath. Mad iss(i)dib dognether in cath 
bid corbbud don tsId. Mad et/r dainib coimccatàr ni bia celtur 
(or sidib di sodain. Asrubratar a terthain i n-aidchi im-Maig 
Main, ocus inti nothisad artus ind issed a ainm forbiad in ma[i]g. 
AsbtTtatar daiio mad ina ndelbaib fessin no fertais in cath ni 
biad déchoir et/r firu sidi 7 doene olchena. 

Ros-dolbsetar i ndelbaib ridam riallaid uile. 

Ba brigach dano roferad in cath sin, co «dernsat cetheora 
tulcha im-Moenmaig dia n-irignib 7 dia-corignaib. 

ISin cath sin darochair Riach ri sidi, a quo Loch Riach . 
Dowchair and dano Caibell, dia ta Carn Caibill fri loch 
atuaid. Is and torchair Costub, dia ta Daire Costuib. 

Ata tipra 'sin maig sin, is asti ro mebaid in loch fo thir do 
dilgund ind air. Tipra Truimm a hainm. Ni faii ^ùàLiu [n]ach 
dath na beth forsin loch sin o sein co se. conid ainm do Loch 
Reach .i. ré cach datha bis and. Ni fess dano taeb nô airchend 
(isin)d loch sin, ar is comfota ar cecb leth. IS bés dô daiw cach 
sechtmad hliadain in-uair choir dia tartar cairich finna and bat 
corcra uli... uili. undc (poeta :) 

(Ro)chuala cocad n-amra 

There was warfare among the Men of the Elfmounds in 
Moenmag in Tir Maini, between the four kings, Riach and 
Cossdub and Caibell and Etar Étualaing. This was the ground 
of the warfare, to wit, two loveable maidens who dwelt in 
the elfmound, namely Ceirbil Balmaith daughter of Etar Étua- 
laing, and Land Lethderg daughter of Caibell. Riach and Coss- 
dub sued for the maidens (and were rejected). Battle for 
them was demanded of the kings. They (Etar and Caibell) ask- 
ed in what plain the battle should be delivered. If it were 
fought in elfmounds the elhnound would be poUuted. If they 



The Rennes Dindknchas. Second Supplément. 275 

(the fighters) were seen among mortals the elves would no 
longer be invisible (at will). So they said they would fight at 
night on Mag Moin, and that the name of him who should 
first corne therein would survive on the plain. They said, 
moreover, that if they delivered the battle in their own 
forms there would be no distinction between men of the 
elfmounds and other mortals. So they ail shaped themselves 
into the shapes of deer. 

So vehemently then was that battle fought that they made 
in Moenmag four hillocks of their hoofs and their antlers. 

In that battle fell Riach king of the elfmound, from whom 
LochRiach (is named). Therein also fell Caibell, from whom 
is Carn 'Caihill to the north of the loch. There too fell Coss- 
dub, from whom is Daire Cossduib « Cossdub's Oakwood ». 

There is in that plain a well whereout the loch brake through 
the earth to quell the slaughter. Tipra Truimm « the 
Well of the Aldertree » is its name. Now there is no colour 
that is not on this loch from that time to this. Wherefore its 
name is Loch Reach, i. e. a space (j'é) of every (cacb) colour 
is there. Neither side nor edge is known in that loch, for it is 
equally long in every direction. One of its customs is that, 
every seventh year, at the proper hour, if whitesheep are cast 
into it they ail become crimson. 

Whence the poet : 

I heard of a wonderful warfare. 

In Lee. p. 482-1 18 we hâve the following abridgment : 

Loch Riach, cana^ rohainniH/o't''^ •'' 

Ni ansa. Ceithri rig badar a Maenmach .i. Caimell 7 Edar 7 Casta 7 
Riach. Bai ingen dodo ac Caimell 7 bai ingen aile ac Edar. Cuindgis Casta 
doiio 7 Riach na rigna. Eitigthear iad imna hingenaib. Andsin dofuacradrtr 
cath fortho 7 doiaemsad in dias aile sin, 7 a cur in chatha doib a rechtaib 
dam robadar, 7,'""' aerno asin chath acht Riach amâin, conad [uad]a ainm- 
nigthear Loch Riach dia robaidead ind. Unde dicilur Loch Riach. 

Loch Riach, whence was it named? 

Easily answered. There were four kings that dwelt in Moenmag, even 
Caimell and Edar and Casta and Riach. Now Caimell had a daughter and 
Edar had another daughter. Casta and Riach asked for the queens. They 
are rejected by the girls. Then they declared war upon them (Caimell and 
Edar), and the other pair (Casta and Riach) accepted that challenge, and 



276 Whitley Stokes. 

fought the battle in the shapes of deer (in which) they were. And from 
that battle none, save only Riach, escaped, and from him Loch Riach is 
named, since he was (afterwards) drowned therein. 

Loch Riach, now Lough Reagh in the co. Galway, has been mentioned 
in no. 50. 

Moenmag, now Moinmoy, a territory in the co. of Galway. 

Carn CaibiU, Daire Cossduib and Tipra Trtiimm, not identified. 

The metamorphosis of the elves into deer and the loss of their antlers in 
the fight remind one of the story of Achelous, who changed himself into 
a bull, and lost one of his horns in his combat with Hercules {Ovid, Met., 
IX, 8). 



159. Loch n-Oirbsen. 
(LL. 170'' 43)- 

Loch n-Oirbsen, canaj roainmniged ? 

Ni ansa. And dorata in cath Cuillend. Ba ruadmôin mor 
andsin 7 ba ddairech dosmar 7 ba fiad selgga do Rinnail Ruad 
mac Delà meic Loith do^ Feraib Bolg. Uillend Faeburderg 
m^6" Cachir meic Namat meic Echach Gairb, meic Duach Tem- 
racb is é tue in cath Cullend do Manannan, conid and romar- 
bad. .iiii. anmand fair .i. Gaer 7 Gaeal 7 Oirbsen 7 Manaw- 
iian. Drui side dmo 7 cerd 7 cennaige, coro marhad isin chath 
sin, 7 coro hadnacht ina sessom in dû sain, 7 co roemid in 
loch foa, 7 co mbaid(ed)... ind adnacw//. 

Rogdet Uillend iarsin iar trib trathaib i cath Cuillend la 
Mac Gmne i ndigail Mananiiaiu. Womarhad imiiiorro Mac 
Gmie la (hAmergin), i cath Temrach i ndigail Uillend. Andsin 
ro ôrddaig (Bri)git banfili 7 bandrui, ingen Echach Ollathir .i. 
gol 7 caine marb 7 eigem fri hecin 7 set mar car/; n-alchaib .lu. 

'Tis there the battle of Cuilliu was delivered. It (i. e. the 
bed of the lake) was then a great red bog and a bushy oak- 
wood, and it was the hunting-ground of Rinnail the Red, son 
of Delà, son of Loth of the Fir Bolg. Uillenn Red-edge son of 
Cacher, son of Nama, son of Eochaid the Rough, son of 
Duach of Tara, 'tis he that delivered the battle of Cuilliu to 

I . The facsimile has co. 



The Rennes Dindknchas. Second Supplément. 277 

Manannan, who there was killed, and who bore four names, 
to wit, Gaer and Gaeal and Oirbsen and Manannan. A druid 
was he too, and a wright and a chapman. And he was killed in 
that battle and buried upstanding in that place ; but the lake 
burst up under him and overwhelmed (the site) of the 
tomb. 

Uillend was afterwards slain, after three days, in the battle 
of Cuilliu^ by Mac Gréne in revenge for Manannan. Mac 
Gréne, however, was killed by Amergin in the battle of 
Tara in revenge for Uillend. 'Tis then that Brigit the poetess 
and druidess, Eochaid Ollathar's daughter, ordained wailing 
and keening for the dead and screaming at need, and-... 

Loch n-Oirisen, now Lough Corrib in the co. of Galway. 

As to Manannan v. supra nos. 29, 74, 98, 135, 141. 

Mac Gréne (« tilius solis »), a king ot the Tuatha de Danann jointly with 
Mac Cuill and Mac Cecht: see Four Masters, A. M. 3471, and O'Mahony's 
Keating, pp. 144, 204. Mac Grene .i. Cethor, grian adea, LL. io->. Eochaid 
OUathar (ahàs the Dagda Môr) said to hâve reigned over Ireland from 
A. M. 3371 to A. M. 3450, V. LL. 127'' and Four Masters. His daughter 
Brigit the poetess is mentioned in LL. 187': and in Cormac's Glossary s. v, 
Brigit. 

160. Eô Rossa yrl. 
(LL. i99''6i). 

E6 Rossa 7 Eô Mugna 7 Bili Dathi 7 Craeb Uisnig 7 Bili 
Tortan, coic crand sin. 

Eo Rosa, ibar é. Sairtuath co Druim Bairr à.oïoc\\air, ut 
Druim Suithe cecinit : 

[200^ i] Eo Rosa. dia dronbalc. 

roth ruirech dor nime. 

re-'.. flatha. nert n-aicde. 

fuaim tuinni. 10 fô foirne. 

5 dech duiHb. fer ferbglan. 

diriuch dronchrand. gart Idnmar, 

I . Sic. But this is surely a scribal error. 
2. I cannot translate the remaining words. 

Revue Celtique, XVI. 20 



278 Wbitley Siokes 

tren trinoit. breth bunaid. 

dam toimsi. 25 brath brethach. 
15 maith mdthar. brosna suad. 

mac Maire. Saeriu crannaib. 

muir mothach du Galion. 

miad maisse. caemiu dossaib. 

mal menman. 30 din bethra. 
20 mind n-angel. brig bethad. 

nuall betha. bricht n-eolais. 

blad Banba. Eo Rosa. 

brig buada.' 

IJnmus immorro Craeb Belaig Dathi, 7 is si romarb Dathen 
in filid, 7 suas dorochair co Carn Uachtair Bile, 7 is uad ainm- 
nigth^r Fir Bile. 

Dair dano Eo Mugna, 7 fodess cer/;ndiriuch dorochair co 
Coirthi Craind Beoda dar Mag n-Ailbe. .ix. cet mdach a thorud 
de dircnaib, 7 tri toirthi fair ce^/;a hliâd^ie À, ubla amra ingan- 
tacha 7 cnoe corra crodergga 7 derccain donna drumnecha. 

Unniwi' immorro Grand Tortan, 7 siardes ce^/;dirgi dorochair 
co Cill Ichtair Thiri. 

Fothûaid cecbdirgi dorochair Unaius Usnig co Granaird i 
Garpr/ ir-ré mac [nJAeda Slâne. 

The TreeofRoss and the Tree of Mugna and the Ancient 
Tree of Dathe and the Branching Tree of Uisnech and the 
Ancient Tree of Tortu — tive trees are those. 

The Tree of Ross is a yew. North-east as far as Druim 
Bairr it fell, as Druim Suithe (« Ridge of Science ») sang : 

Tree of Ross, a king's wheel, a prince's right, a wave's 
noise, best of créatures, a straight firm tree, afirm-strong god, 
door(?) of heaven, strength of a building, the good of a crew, 
a word-pure man, full-great bount}^ : the Triniiy's mighty 
one, a measure's house (?), a mother's good, Mary's Son, a 
fruitful sea, beauty's honour, a mind's lord, diadem of angels, 
shout ofthe world, Banba's renown, might of victory, judg- 
ment of origin, judicial doom, faggot (?) of sages, noblest of 
trees^ glory of Leinster, dearest of bushes, a bear's (?) defence, 
vigour of lifc, spell of knowledgc, Tree of Ross ! 



/ ( 



The Rennes Dindsenchas . Second Supplément. 279 

Now the Branchy Tree of Belach Dathi is an ash, and 'tis 
k that killed the poet Dathen, and it fell upwards as far as 
Carn Uachtair Bile, and from it the Fir Bile are named. 

Now the Tree of Mugna is an oak, and it fell due south- 
ward, over Mag n-Ailbe, as far as the Pillar of the Living 
Tree. Nine hundred bushels was its crop of acorns, and three 
crops it bore every year, to wit, apples goodly, marvellous, 
and nuts round, blood-red, and acorns brown, ridgy. 

The Tree of Tortu was an ash, and due south-eastward it 
fell as far as Cell îchtair Thire. 

Due northward fell the Ash of Usnech, as fiir as Granard in 
Cairbre, in the time of the sons of Aed Slâne. 

The E6 Mugna and the Bile Tortan \ve hâve already met with in No. 34 
(Rev. CelL, XV, 419), and No. 50 (ibid., 445): the Eo Rossa and the 
Craeb Dathi in No. 50. Mugna, where the Eo Mugna, stood, was near 
Carlow, F. M. 940, in the south of the Co. of Kildare, F. M. 962. The 
Bile Tortan, « tree of Tortu », stood at a place called Tortu near Ardbrac- 
can in the co. Meath, see Chroii. Scot., pp. 46, 76, 190. Druiin Bairr, to 
which the Eo Rossa fell, is in Fermanagh. The Fir Bili inhabited what is 
now thebarony of Farbill in the co. of Westmeath. Granaird i Cairpri, now 
Granard in the co. of Longford. 

Of the two poets hère mentioned, Druim Suithe and Dathen, I know 
nothing. The rhapsody attributed to the former seems a string of ken- 
nings', which in Irish, as in Scandinavian, poetry, took the place of si- 
miles. It once perhaps had some meaning, now not easily discoverable. 

Aed Slanc, king of Ireland, was murdered A.D. 600. His two sons, Diar- 
mait and Blathmec, joint kings of Ireland, perished ofthe plague A.D. 664. 



161. Emain Mâcha. 
(LL. 20^46). 

Cid dia td Emain Mâcha ? 

Ni ansa. Trj '.g bdtar ior Her////z i comnathizYj. Do Vltaib 
dôib .i. Dithorba mac Dimmain a hUsniuch Mide, Aed Riiad 
mac Bdduirn maie Argaitmair a Tir Aeda, Cimbaeth m^^ Fin- 



I . One of them, brosna suad, is a technical term of the poets : see Thur- 
neysen, Mittelirische Verslehren, 121. 



28o Whitley Stokes. 

tain meic Argatmair a Finnabair Maige Inis. Doniat côra 
iarum na rig sin, [20*" i] secht mhh'adna car/; fir dib ir-rige. 
Tri secht mbliadna. Ratha evirru secht lidruid, secht filid, secht 
n-ôcthig/rn. Na secht lidruid dia rimsad tria bric[h]tu. Na 
secht filid dia ligUmad 7 dia n-erfuacra, 7 na secht tôisig dia 
riguin ^ 7 dia loscud meni facbad in fer dib in rige i cind secht 
mhXiadan : co cornet fir flatha .i. mess car/;a \Àiadne 7 cen meth 
rûamna CQch datlia 7 cen mna d'écaib de banaidid. 

Timclielsat teora cùarda cer/; fir dib ir-rige .i. Ixiii. ^. Aed 
Ruad trd atbath dib art//i .i. badud robaded i n-Es-Ruaid, 7 
co tucad a chorp issin sid-sin. \]nde Sid n-Aeda 7 Ess-Riiaid. 
Ni fargaib in t-Aed sin claind acht oen ingen .i. Mâcha Mong- 
rùad a hainm-side. Conattaig-side sel a hathar don rige. Atb^rt 
Cimbaeth 7 Dithorba ni thib^rtais rige do mndi. Fechta cath 
etwrru 7 maidid in cath rc Mâcha. Dorumalt secht mWia- 
dna ir-rige. Dorochût/r 'Dllhorha i Corund ïàisedQ. Fordcaib- 
sedQ côic maccu maithe .i. Baeth 7 Bras, Bétach 7 Uallach 7 
Borbchas. Conatchetar sedt rige. hxhen Mâcha na tibred dôib, 
arni 6 rathaibtuc, achtiï roi chathaarécin. Fecta cath etwrru. 
Brissis Mâcha in cath for m^tccaib Dithorba co fargaibset dr 
cend aicce. Co ro chuir iat ar innarba iartain i ndithrubaib 
Co;macht. Tue Mâcha iarsain Cimbaeth chucci do chéile di 7 
do thaisigecht a 3 amsaige imme. 

O robatar oentadaig trd Mâcha 7 Cimbdeth, luid Mâcha do 
iarair iwac fiDithorba ir-richt chlaimsige .i. tdes secail 7 rota 
racomled impe, rt^nos-fuair i mBairind Co;macht oc fune tuirc 
allaid4, lArfaigit na fir scéla di, 7 innissid si dôib, 7 dob^rat 
biad di 'con tenid si. Klheir fer dib: « Is dlaind rose na cal- 
ligi : ôentaigem fria. » Nos-beir-side leis fon caillid. Cenglaid- 
si in fer sain d.\-\us nirt, 7 Bcbaid é 'sin chdillid. Tic-si dori- 
disi don tenid. « Cade in fer dachoid latt ? » ar siat. « Mebol 
lais, » ar si, « tiachtain chucaibsi 'ar n-oentugud friclaimsig. » 
« Ni ba mebol, » ar iatsum, « ar dogenamni uli a cetna. » 
Nos-beir car/; fer fon caille. Cehglaid-si car/; fer dib ar niurt, 

1 . Facs. guin 

2. Facs. Ixui. 

3 . Facs. dothaisigechta 

4. Facs. tuircallaid 



The Rennes Dind'enchas. Second Supplément. 281 

ocus nos-beir i n-oencherigul lé iat co hUltu. AsbtTtatar Ulaid 
am-marbrt(i. « Ni thô, » ar sisi, « ar is coll fir flatha damsa, 
acht a ndoirad fo dôire 7 claidet raith immumsa, corop hi bas 
primchathir Ulad co brath. » 

Coro thôraind-si dôib in dûn cona heo (.i. delg) ôir imma 
muin .i. Emuin .i. eo muin .i. éo imma muin Mâcha. Côic 
hliadna ar .cccc. ria ngein Chm^ ocus .1. bliadan aile ar .cccc. 
[21^ i] 6 gein Crist co turscur Emna Mâcha (i. co tuttim d'Ultu 
co Airgialla) dona tri Collaib iar rhbrissiud ciiatha Aciiaid Leth- 
deirg i Fernmaig, i lorchair Fergwi Foga mac Fraichair For- 
tren, tiugflaitii Ulad i n-Emain Mâcha. 

There were three kings over Erin in joint-sovranty. Of the 
Ulaid were they, even Dithorba son of Dimmdn, of Usnech 
of Meath, Aed the Red, son of Bâdurn, son of Argatmar, from 
Tir Aeda, and Cimbaeth, son of Fintan, son of Argatmar, of 
Finnabair of Mag Inis. Now those kings make an arrange- 
ment that each of them should be seven years in the king- 
ship. Thrice seven years. The sureties between them were 
seven druids, seven poets, seven captains. The seven druids 
to bewitch (?) them ^ by means of spells : the seven poets to 
satirise them and denounce them, and the seven chieftains to 
wound and burn them, unless each manof them should give up 
the kingship at the end of his seven years, with safeguarding 
a prince's truth, to wit, mast every year, and no failure of 
dyestuff(?) of every colour, and no women to die in childbed. 

Each man of them took three turns^ in the kingship, that 
is, sixty-three (years in ail). Now Aed the Red was the first 
of them to die : he was drowned a drowning in Ess Rûaid 
(« Ruad's cataract »), and his body was borne into the elf- 
mound there. Hence Sid n-Aeda (« Aed's Elfmound ») and 
Ess Rûaid. Thc^L Aed left no children save one daughter, 
whose name was Mâcha of the Ruddy Hair. She demanded 
her father's turn of the kingship. But Cimbaeth and Dithorba 
would not surrender the kingship to a woman. So a battle is 



1 . dia rimsad. O'Curry renders ritnsad by « scorch », a mère guess. 

2 . Literally c They went round three circuits each man of them »■. 



282 Whitley Stokes. 

fought between them, and Mâcha routs them in the fight. 
She spent seven years in thekingship. Dithorba fell in Corann 
at that time. He left five noble sons, namely Baeth and Bras, 
Bétach and Uallach and Borbchas. Theyclaimed the kingship; 
but Mâcha said that she would not surrender it to them be- 
cause it was not froni sureties that she had got it, but by 
force on a foughten field. So a battle was fought between 
them, and Mâcha routed Dithorba's sons, and they left with 
her a « slaughter of heads ». Thereafter she banished them 
into the déserts of Connaught. Then Mâcha took Cimbaeth 
to be her husband and to lead her soldiery for her. 

So when Mâcha and Cimbaeth were united, Mâcha went to 
seek Dithorba's sons in the guise of a lepress — that is, rye- 
dough and red bog-stuff were rubbed over her — and she 
found them in Boirenn Connacht (around a lire), cooking a 
wild boar. The men ask tidings of her, and she tells them 
(the news), and they give her food by this fire. One of them 
says : « Beautiful is the hag's eye ! let us lie with her. » He 
carries her off through the wood. She binds that man by dint 
of her strength and in the wood she leaves him. She comes 
again to the fire. « Where is the man who went away with 
thee? » say they. « He is ashamed, » quoth she, « to come 
to you after lying with a lepress. » « 'Tis no shame, » say 
they, « for ail of us will do the samc. » So each of them 
carries her through the wood, and she binds each of them by 
force, and brings them in one bond to Ulster. The Ulster- 
men said that they should be killed. « Nay, » quoth she, 
« since it would be for me a violation of a prince's truth. But 
let them slave in slavery, and dig a rath around me, so that 
it may be Ulster's chief city for ever. » 

Then she marked out the fortress with her brooch (eô) of 
gold that was at her neck (inuiii). Hence Emuin, that is, eo- 
inuin, the cô that was at Macha's luuin. 

Four hundred years and five (was this) before the birth of 
Christ, and (there were) fifty other years and four hundred 
from the birth of Christ to the severance of Emain Mâcha (i. 
e. after its fall from Ulster to Oriel) by the three Collas after 
they won the battle of Achad Lethdeirg in Fernmag, where- 



The Rennes Dindsenchas. Second Supplément. 283 

in feli f°rgus Foga son of Fraichar Fortrén, the last prince of 
the Ulaid (who reigned) in Emain Mâcha. 

Edited with the exception of the last paragraph by O'Curry in his Lec- 
tures on the MS. Materials of Aiicient Irish History, pp. 526-528. See F.M. 
A. M. 4532. 

Emain Mâcha, now the Navan Fort, two miles west of Armagh. See the 
plan, Revue Celtique, XVI, 4. 

Macha's smearing herself with rye-dough and red bog-stufï has been sup- 
posed to be one of thesavage puTcapa't àyvîla'. discussed by Mr. Andrew Lang 
in his Myth, Ritual and Religion, I, 285-286. But hère it seeras only a 
means of disguise. Compare the Boroma, Rev. Celtique, XIII, 80, where 
Rôn Cerr disguises himself with rye-dough and calFs blood. 

Fernmag now Farney. The battle of Achad Lethdeirg was fought A.D. 
321 or 322. 

« Safeguarding a prince's truth, to wit, mast every year », etc. Compare 
the Odyssey, XIX, 109. 



284 



Whitley Stokes. 







INDICES 




^-y- 


2, Revue Celtique, 


XV, pp. 


277-356, 


33-' 


80, 


— 


pp. 


418-484 


81-1 


IJO, 


— 


XVI, pp. 


31-83. 


131 


->n. 


— 


pp. 


125-157 


154- 


-161, 


— 


pp. 


269-283, 



INDEX OF PLACES. 



Aball Aillinne (a tree). 17. 
Acluid Abla. 108. 
Achad Lethdeirg. 163. 
Acuil. 22. 

Adarca Hua Failgi. 16. 
Adlaic. I 5 42- 
Aidne. 78. 
Aige (a river). 15. 
Ail Clùade. 1 16. 
Ailech. 91, et v. 90. 
Aill meic Asuaill. 149. 
Aillend. 17. 
Airbri. 16. 
Airer Criblaige. 52. 
Aithechtuatha. 8. 

Alba. 18, 74,91,96, 116, 123, 145. 
Albine. 154. 
Almu. 16. 

Annôitf?) Formaile. 52. 
Ard Gain. 71. 
Ard Caindlecli. 129. 
Ard Fidraid. 14. 
Ard Fothaid. 89. 
Ard Lemnachta. 39. 
Ard Luaithrid. 13. 
Ard Machae. 94. 
Ard na Ri'ag. 135. 
Ard Nôisen 127. 
Ard n-Umai. 127. 
j^th mBecc. 95. 
>^th Cinn mara. 27. 
Ath Cli'ath Cûalann (Duiblinne). 28 
et V. II, 58, 132. 



Âth Cliath Medraigi. 61, et v. 58, 

, i3i> 132- 
Aih Fadat, 36. 
Ath Féne. 140. 
Àth nGabla. 144. 
;4th Grencha. 144. 
Ath ind Inathair. i 18. 
Ath ind Uinchi. 27. 
Ath Laigin. 131. 
Àth hac find. 139. 
y\th lûain. 66, 140. 
Âth Mara (Maere). 32. 
Ath môr. 66. 
^th na Féile. 52. 
J^xh Omna. 132. 
y^th Orc. II. 
>\th Sige (Side?). 78. 
Ath Truistenn. 22. 
Athcn. 18 

Babluan. 2$. 

Bairenn (a river). 25. 

Bairenn Germain. 25. 

Banba. 40, 78, 160. 

Barc Grimthainn nia Niir. 4. 

Belach Gonglais. 35. 

Belach dd benn. 24. 

Belach dâ liacc. 79. 

Belach nDuirgein. 24, et v. 14. 

Belach Fualascach. il. 

Belach Gabràin. 37. 

Belach na fert. 70. 

Belach nemed. 38. 



The Rennes Dindsenchas. Index of Places. 



285 



Benn Béguine. 142. 

Benn Boirche. 98. 

Benn Codail. 109. 

Benn Étair. 29, 30. 

Benn Foibni 146. 

Bennchor Ukd. 123. 

Berba (a river). 1 5, et v. 36, 49, 50. 

Berna na cléithe. 25. 

Bernas Tire Aeda. 91. 

Berramain. 31, 63, 

Berre. 52, 87. 

Bile Dathi (a tree). 160. 

Bile Tortan (a tree). 160, et v. 34, 

50. 
Bladma. 112. 
Blocc (a stone). i § 21. 
Bluicne (a stone). i § 21. 
Bô. 19, 
Bôand (a river). 19, 98, ace. Bôinn. 

16, 28. 
Boirenn. 131. 
Boirenn Connacht, 163. 
Boirenn Corcumruad. 22. 
Brea. 132. 
Bréchmag. 34, 118. 
Brefne. 149, et v. 3, 72 
Brega. 78, 79, 115, 141, 146. 
Bre;ain, gen. Bretan. i, 20. Bretain 

Alo Cluaide. 116. 
Br[-dam Dile. 78. 
Bri Ele. 8, 16, 59. 
Bri Léith. 126, etv. 3, 65, 94, 144. 
Bruden da Clioca. 129. 
Bruden da Derga,. 29, 31. 
Brug maie ind Oc. 28, 79, 141. 
Brug mnâ Elcmair. 78. 

Caill Achaid. 71. 

Caill Cuan. 20. 

Caisel Cannain. 58. 

Caisel Gannan. 52. 

Caisel Oengusa mie Crundmail, 4. 

Caprach Cormaic. i § 10. 

Carcar Léith Machae. 4. 

Carman. 18. 

Carn Aroalgaid. 133. 

Carn Caibill. 158. 

Carn Conaill. 78. 

Carn Daim Deirg. 52. 

Carn Feradaig. 56. 

Carn Frâich. 132. 

Carn Furbaidi. 88. 



Carn hùi Néit. 46. 

Carn Luigdech. 96. 

Carn maeraide hùa Néil. i §§ 39, 40. 

Carn Mail. 96. 

Carn na maeraide Laigen. i §§ 32, 

36. 
Carn Omra. 138. 
Carn Romra. 138. 
Carn uachtair bili. 160. 
Carngal (Carnail?) Cuind Cétcha- 

thaig. 4. 
Carraic Cluman. i § 37. 
Carraic Drobeoil, 25. 
Carraic Leithdeirg. 92. 
Cathair Comfosaid. 52. 
Cathair Crofind. i § 3. 
Cathair Dûine lascaig. 49. 
Ceilbe. 21. 
Céis Coroinn. 77. 
Cell Ichtair Thire, 160. 
Cenn Cuirrig. 49. 
Cenn Etich. 127. 
Cenn Febrat. 48, 121. 
Cenn Ti're, 66. 
Cera. 68. 
Cermna. 78. 
Cerna. 115. 
Cetha Forngaire. 118. 
Cir 7 Curreill mnâ in Dagdai 4. 
Cland Bresail Bricc. i § 7. 
Cland Ailella. 75. 
Cland Cruthnig. 39. 
Cland Gailim. 63. 
Cleitech. 114. 
Cliu Muman. 61. 
Cloenfertai. i §§ 34, 35. 
Clôenloeh. 116. 
Clûain Caechne. 36. 
Clûain Ailestair. 20. 
Clùain Cannain. 58. 
Cnâmehoill. 1 10. 
Cnâmross. 31. 
Cnocc Bae. 20. 
Cnoec mBaine. 91. 
Cnoce Dabilla., 4, 19. 
Cnocc Duma Aichir. 22. 
Cnoce Tarbga. 156. 
Cnogba. 78. 
Cnueha. 153. 

Coiced Ailella meic Mata. 20. 
Côiced Cairbri. 20. 
Côiced Conchobair. 20. 



286 



Whitley Stokes. 



Côiced Gailian. 38. 

Côiced Olnecmacht. 61. 

Coille Germain. 25. 

Coire mBreccain. 145. 

Comfot Coelchon 7 a arad. 1 § 28. 

Comfot Cairbri Lifechair. 4. 

Commar tri n-uisce. 102. 

Conailli Murthemne. 95. 

Connacht. 31, 33, 52, 57, 60, 71, 

87, 112, 161. 
Corann. 161, Coronn. 77, 161. 
Corco Lâigdi. 130. 
Corcomruad. 151. 
Corra Ednecha. 51. 
Craeb Belaig Dathi. 160. 
Craeb Dathi. 50. 
Craeb Mugna. 50, et v. 54. 
Craeb Uisnig. 160. 
Crann Tortan. 160, et v. 34. 
Crechmâel. 86. 
Crîch Comul. 32. 
Crich Cruithnech. 78. 
Crich Cualann. 40. 
Crinda. 118. 
Croch. 52. 

Cros Adamnain. i § 20. 
Gros Fergusa. 1 § 37. 
Grotta Gliach. 47. 
Gruach Aigli. 78. 
Gruaclian. ,80, 136. 
Gruachan Ai. 129, 132. 
Gruachan Aigli. 68. 
Gruachu. 72. 

Crutlinig na Gruachna. 152. 
Cualgne. 66. 

Gualu, gen. Cualann. 126. 
Cuchtair Cormaic. i § 16. 
Cûil Cada. 113. 
Gûil Eclîtair. 60. 
Guilliu, gen. Guillenn. 159. 

Dâ cich na Morrigna. 4. 

Dail. 78. 

Daim-inis. 83. 

Daire Bainb. 112. 

Daire Gossduib. 158. 

Daire Falgad. 113. 

Daire Léith. 154. 

Daire Léith hua Falgi. 36. 

Daire Tarbga. 73. 

Dâl n-Araide. 20. 

Dell mBûain. 141. 



Dàl Selle (Sailne). 141. 

Dâl n-Uisnig. 30. 

Dali. 140. 

Dali (a mound). i § 23. 

Danmairc. 9. 

Derc dub. i § 10. 

Derc niBuailcc Bicc. 4. 

Derg-môin. 25. 

Desel Temra. i §§38, 39. 

Desgabur. 18. 

Dési Breg. 22. 

Dési Temrach. Introduction. 

Dési Muman. v. Indeôin. 

Diadlaic. i § 42. 

Diamrai Breg. 125. 

Dind Gochlâin. 126. 

Dind rig. 9. 

Dinda Hua nAmalgada. 135. 

Dindgnai in Broga. 4. 

Dindgnai Laigen. 22. 

Dindgnai Temrach. i. 

Dorchae. i § 23. 

Drobâis. 140. 

Drong Assail. 66. 

Druim n-Airbre. 8. 

Druim n-Airthir. 140. 

Druim Almaine. 37. 

Druim Bairr. 160. 

Druim Bertach. 52. 

Druim Bethech. 152. 

Druim câin (in Gonnaught). 87. 

Druim câin (Tara), i § 3. 

Druim cliab. 82. 

Druim Cresach (Clasaig?). 152. 

Druim Criaich. 140. 

Druim nDairbrech. 8. 

Druim den. 27. 

Druim nDescin (Tara), i S 3- 

Druim Fingin. 152. 

Druim Ing. 29. 

Druim Suamaich. 129. 

Dub. 140. 

Dub-âtha Maisten. 22. 

Dub-chlais. 112. 

Dub-gaill. 9. 

Dub-inis. 7 1 . 

Dubri. 151. 

Dub-thi'r. 84. 

Duib-lind. 26. 

Dumae n-Aicle. 2. 

Dumae n-Eirc. 2. 

Dumae Faifni. 1 5, 



The Rennes Dindsenchas. Index of Places. 



287 



Dumae Granarda. 144. 

Dumae ind Luchduinn. i § 41. 

Dumae na bô. i §11. 

Dumae na mbanamus. i § 27. 

Dumae na cnâm. 4. 

Dumae na ngiall. i § 12, 3. 

Dumae Rôirenn. 33. 

Dumae Selga. 71. 

Dumae Tresc. 4. 

Dûn. 52. 

Dûn Barc. 82. 

Dûn niBrea. 29. 

Dûn Bres. 140. 

Dûn Cairin. 58. 

Dûn Crimthainn. 30, et v. 3. 

Dûn Croin. 66. 

Dûn Cûair. 154. 

Dûn dà benn. 121. 

Dûn delga. 54, 119. 

Dûn Étair. 28. 

Dûn Finteing. 154. 

Dûn nGabail. 23. 

Dûn Garbâin. 48. 

Dûn mac Nechtâin Scène. 130. 

Dûn Masc. 154. 

Dûn Meic Dâtho. 18. 

Dûn na nGîall. 99 = Duma na 

nGiall q. v. 
Dûn Oengusa. 78. 
Dûn Sobairci. 66, 98. 

Eiscir Riada. 58, 132. 

Elle. 56. 

Emain. 106, 120, 141. 

Emain Mâcha. 161, et v. 140. 

Enach selga. 34. 

Eoganacht Caisil. i § 28. 

Eôir (a river). 49. 

E6 Mugna (a tree). iSo-, . /. 34. 

E6 Rossa (a tree). 160, et v. 50. 

Ériu, gen. Érenn, dat. Érinn. Intro- 
duction, I, 62, 90 et passini. 

Ernai. 76, 80. 

Ernai Muman. 22. 

Espàin, Espâinia. i § 2, 93, 131, 
136. 

Ess Duinn. 81. 

EssRûaid. 81, et v. 75, 106, 140, 161. 

Etal. 43. 

Étar. 3. 

Etharlaige. 118. 

Ethne. 88. 



Fafaind. 15, 16. 

Fal. I § 15. 

Fan in Briugad. 16. 

Fan na carpat. i § 34- 

Febal (i. e. Loch Febail?). 140. 

Femen. 12, 49. 

Fernmag. 163. 

Fersat Râtha Branduib. 135. 

Fersat Trese. 135. 

Fert Feidlimthe Rechtmair. 4. 

Ferta Aeda Luirgnig. 4. 

Ferta Esclâim (Pâtraic). 4. 

Ferta nan-ingen. 126. 

Fiad in Broga. 20. 

Ffch mBûana. 106. 

Fid eoin 148. 

Fid Frosmuine. 117. 

Fid nGaible. 1 1 . 

Find. 19. 

Findabair Maige Inis. 161. 

Findglais. 33, 140. 

Findloch. 156. 

Findloch Géra. 68. 

Fir Bile. 160. 

Fir Bolg. 8, 29, 40, 128, 159. 

Fir Domnann. 8, 9, 132. 

Fir Falga. 53, 81, ni. 

Fir Femin. 47. 

Fir Féne. 72. 

Fir Fidga. 82. 

Fir Murig. 5. 

Fir Olnecmacht. 60, 71,75, 112. 

Firt mBoinne 4. 

Foma. 22. 

Fomoiri. 38, 108. 

Fomoraig. 42, 147. 

Forauiri Fer Falga. 91. 

Forcartain (-tan, -tu). 22, 26, iio. 

Fornochl. 27 et v. 22. 

Forrad. i § 9. 

Fothairt. 18. 

Fothairt Airbre. 8. 

Fothairt Domnann. 9. 

Frâech Slemna (Oirenn) . 115. 

Frâechmag. 70. 

Frainc. 43. 

Fremann. 3, 65. 

Fulacht Fiachach Sraibtine. 4. 

Gabal. 11. 

Gabrân (Belach Gabrâin). 49. 

Gaileoin, dat. Gailianaib.9, 15, 160. 



Whitley Sîokes. 



Gailia Narbonem. 43. 
Gaill. 9. See Dub-gaill. 
Gaillim. 131. 
Gâirech. 120, et v, 66. 
Galenga. 9. 
Glascarn. 71 . 
Glais Cuind. 140. 
Glais Cruinn. 66. 
Glais tarsna. 140. 
Glais Rompir. 22. 
Glenn Cappaige. 25. 
Glenn Cruain. 144. 
Glenn Cuill. 25. 
Glenn Findléiih. 25. 
Glenn in Mata. 4. 
Glenn na Samaisce. 66. 
Glenn Samaisce. 157. 
Glenn Serraig. 107. 
Glenn Smoil. 25. 
Glomraige. 127 
Gôidil. 20, 40, 68, 116, 134. 
Granaird i Cairbri. 160. 
Grec « Greece », 134. . 
Greic « Greeks ». 58, 128. 
Grellach Sruthra, 144. 
Gris. 32. 

Hirarus, see Irarus. 
Hûi Amalgaid. 135. 
Hùi Fàlgi. 18, 36, 135. 
Hûi Felmeda. 22. 
Hùi Garbchon. 1 54. 
Hûi Mail. 14. 
Hùi Muiredaig. 33. 
Hûi Néill. I 5 39. 

lath n-Elga. 42. 

Ibur Baile. 17. 

Ilgairech. 66. 

Imbliuch Meconn. 43. 

Imdae in Dagdai. 4. 

Inber (Indber?) n-Àilbine. 5. 

Inber mBicni. 123. 

Inber mBuada. 134, 136. 

Inber Cairn glais. 136. 

Inber Cichmaini. 104. 

Inber Colptha. 4, 28. 

Inber Dea. 40. 

Inber Glais, 141. 

Inber Scène. 130. 

Inber Slaine. 40. 

Inber Unuill. 7 1 . 



Indeoin na nDése. 55. 
Inis Aine. 42. 
Inis Amalgaid. 135. 
Inis Bretan. 91. 
Inis Érenn. 109. 
Inis Failinn. 131. 
Inis Glas. 66. 
Inis Medon. 78. 
Inis Saimer. 134. 
Insi Mod. 74, 78. 
Irarus. 117. 
Irluachair. 141. 
Irmumu. 58. 
Irôt (Erôt). 10. 
Irrus Damnonn. 58. 

Laigin. 9, etv. i §§ 7, 35, 36, and 
Nos. 14, 22, 28, 29, 33, 34, 36, 

38, 39> 71- 
Laigin Desgabur. 18. 
Laiglinni. 78. 
Laigni. 103. 
Laigsi. 9, 18. 
Lecan môr Midi. 66. 
Lecc bend « stone of horns »? 4, 28. 
Lecc Thollchinn. 122. 
Lecht Cellaig m. Maile coba. 4. 
Ledit Con ocus Cethin. i § 14. 
Lecht gabra Cinaeda. 4. 
Ledit ind abaic. i § 22. 
Ledit in Dagdai. 4. 
Lecht in Mate. 4. 
Lecht Maini. i § 19. 
Lecht Niata (Mata?), i § S. 
Lecht Oenfir Aife. 95. 
Leth Cuinn. 14. 
Lia Lindgatain. 1 19. 
Lia na fi'an. i §§ 25, 26. 
Lia Nothain. 87. 

Liacc benn. 28 =r Lecc benn q. v. 
Liacc Buidi nieic Muireda. 4. 
Liaig (a well). i § 10. 
Lianiain. 22. 
Liatlî na cor. 140. 
Liathdruim (Tara), i. 
Liathmuine. 113, 141. 
Liber (a river), i j. 
Ligir (a river). 43. 
Ligmuine. 8. 
Linc. 103. 
Linn Doe. 36. 
Linn mnâ féile. 59. 



The Rennes Dindsenchas. Index of Places. 



289 



Loch Aindind. 128. 

Loch bel dracon. 47. 

Loch cenn. 151. 

Loch Cimbi. 78. 

Loch con. 74, 145. 

Loch Cuan. 98. 

Loch Cutra. 78. 

Loch Dacaech. 40, 98. 

Loch nDechet. 75. 

Loch Dergdeirc. 64. 

Loch n-Echach. 141, et v. 51. 

Loch n-Érne. 80. 

Loch Febail. 91, 140. 

Loch Gabar. 107. 

Loch Gartnan. 40. 

Loch Gile. 138. 

Loch Laighnni. 150. 

Loch Léin. 55, et v. 50, 127. 

Loch Lôeg. 97. 

Loch Lurgan. 36. 

Loch Mesca. 78 

Loch Néill. 73. 

Loch n-Orbsen. 159, et v. 140. 

Loch Riach. 158, et v. 50. 

Loch R! (Rîb). 79, et v. 51. 

Loch Ruidi. 98. 

Loch Séta (Sétna). 124. 

Loch Sîlenn. 67, 151. 

Loch Sithgail. 155. 

Loch n-Uair. 128. 

Lochlann. 5. 

Loeg (a well). i § 15. 

Long ingine Forainn. 4. 

Long na mban. i §§ 24, 28, 29, 32. 

Luachair. 50, 52, 79. 

Luachair Aine. 52. 

Luachair Degad. 53. 

Luibnech. 121. 

Luigni. 103. 

Luimnech. 57, 153. 

Lusmag. 108. 

Machad Brigte. 16. 
Maenmag. 63, et v. 60, 158. 
Mag Adair. 78. 
Magn-Ai. 69, 73, 140. 
Mag n-Aidni. 62. 
Mag n-Ailbe. 160. 
Mag n-Airbthen. 79. 
Mag mBernsa(?). 25. 
Mag mBolgaide, 1 1 1 . 
Mag niBreg. m. 



Mag mBroin. 135. 

Mag Ceiti. 135. 

Mag Goba. 93, et v. 66. 

Mag Coroinn. 77. 

Mag Cruachan. 140. 

Mag Guma. 1 10. 

Mag nDenusa. 152. 

Mag nDoirb. iio. 

Mag nDumach. 152. 

Mag Étair. 30. 

Mag Fea. 44. 

Mag Femin. 44. 

Mag Fera. 44. 

Mag Fertaigi. 13. 

Mag Find. 79. 

Mag Findabrach. 118. 

Mag nGlas. 136. 

Mag Innusa. 149. 

Mag n-Itha. 90. 

Mag Léige. 147. 

Mag Lena. 1 12. 

Mag Lifi. 12. 

Mag Luathat. 13. 

Mag Luirg. 72, 140. 

Mag Lunga. 75. 

Mag Mâcha. 94, 102. 

Mag Maein. 81. 

Mag Main (=: Maenmag?). 158. 

Mag Maisten. 32. 

Mag Mechi. 13. 

Mag Mell Tire Tairngiri. 45. 

Mag Mesca. 18. 

Mag Muaich. 1 10. 

Mag Mucraime. 70. 

Mag Mugna. 34. 

Mag Muirig. 5. 

Mag Muirisc. 76. 

Mag Murthemne. 119. 

Mag Rechet. 154, 155, 

Mag Roigni. 43. 

Mag Senaig. 149. 

Mag Slecht. 85, et v. 72, 149. 

Mag Tarbga. 156. 

Mag Tibra. 1 36. 

Mag Tuired. 108. 

Mag Ulad. 96. 

Maistiu. 32. 

Mala(?). 25. 

Martine. 72. 

Medraide. 131. 

Mide. 7, et v. 3, 78, 115. 

Moel (a stone). i § 21. 



290 



Whiîley Stokes. 



Moin Alinn (Almaine). 37. 

Môin Gai glaiss. 14. 

Môin Lamraige. 3. 

Môin Tire Nair. 105. 

Mucciind. 66. 

Mucc-inis. 74. 

Muimni. 103. 

Muimnich. 132. 

Muirbech Mil. 78. 

Muir n-Icht. 6, 42, 122 = Icht- 

muir. 42. 
Mumu gen. Muman. 46, 47, 57, 

61, 107. 
Mûr na Morrigna. 4. 
Mûr Tea. i § 9. 
Mûr na tri cocar. i § 24. 

Nâs. 20. 

Nemnach (a well). i §§ 5, 6. 

Nemthenn. 83. 

Nith (a stream). i § 5. 

Ochonn (Ochan?) Midi. 6. 
Odba. 103. 
Odras. 113. 
Oe Cualann. 29. 
Oenach Airbi Roiir. 95. 
Oenach Carmuin. 18. 
Oenacli Fer Fidga. 81. 
Oenach Mâcha. 56, 94. 
Oenach Oengusa. 32, 6$. 
Oenach Taihen. 20, 99. 
Oenach Teite. 49. 
Ohaecmacht. 61. 
Ossraige. 18. 

Port Coelrenna. 40. 

Port Lâirge. 42. 

Pupall Adamn.iin. i § 18. 

Rdith Alestair. 20. 

Rditli Badammrach. 49. 

Râith Becc. 18. 

Rdith Cairbri. 117. 

Râith Cennaig. 78. 

Râith Cndmrossa. 31. 

Raith ColmdinmicFaelchon. i §40. 

Rdith commair. 78. 

Rdith Conchobair mie Nesa. i § 30. 

Rdith cro. 118. 

Rdith Crûachan. 65. 

Rdith Cuirrig. 49. 



Rdith Éssa. 3. 

Rdith Etdin. 36. 

Rdith Gelbée. 21. 

Rdith Grainne. i §§ 33, 34, 35. 

Raith Loegairi. i '§§ 7, 8. 

Rdith meic Bricc. 15. 

Râith môr Maige Line. 97. 

Rdith na senad. i § 17. 

Rdith Nui in Hûi Garbchon. 154. 

Rdith Nui in Mag Rechet. 134. 

Rdith Rogein. 97. 

Rdith Rig. I § 9. 

Rdith Ruine. 20. 

Rdith senaid. i § 17. 

Ramann. 54. 

Redg. 54. ^ 

Rind BeraSirraim. 78. 

Rind Boirne. 78. 

Rind Tamain. 78. 

Rôiriu. 33. 

Ross Créa. 58. 

Ross Ndir meic Edlicon. 10. 

Rout sûla Midir. 4. 

Sdl Srotha Deirg. 133. 

Saxain. 122. 

Scarb Indech. 25. 

Sciath Conculainn. i § 31. 

Seithia. 38. 

Segais. 31, 140. 

Séig Mossad. 148. 

Sen-ehorann. 140. 

Seseenn Temrach. i §§32, 33, 36. 

Sid n-Aeda. 81, 161. 

Sid mBaine. 47. 

Sid in Broga. 3. " 

Sid Buidb. 12, 55. 

Sid CoUomrach. 73. 

Sid Crûachan. 57, 65, 113. 

Sid Femin. 37. Sid Fer Femin. 47. 

Sid Findchada. 18, 

Sid Frdich. 132. 

Sid Neehtain. 19. 

Sid Nenta. 60. 

Sîl Mereill. 24, 

Sil Nemid. 147. 

Sinann (a river). 59, 10$. 

Siûir (a river). 49, 50. 

Slainc. 40. 

Sliab Admoir. 40. 

Sliab Betha. 143. 

Shab Bladma. 10. 



The Rennes Dindknchas. Index of Places. 



291 



Sliab Bodbgnai, 113. 
Sliab câin. 48, 121. 
Sli'ab Callann. loi. 
SHab in chotaig. 19. 
Sliab CoUan, 20. 
Sliab Cua. 157. 
Sliab Digasa. 25. 
Sliab n-Echtga. 60. 
Sliab n-Eiblinne. 141. 
Sliab Fraeich. 149. 
Sliab Fûait. 100, 132. 
Sliab nGam. 137. 
Sliab Guairi. 19. 
Sliab Leccach. 29. 
Sliab Leitrech. 20. 
Slfab Mairge. 38. 
Sliab Mis. 51, 52. 
Sliab Monaid. 18. 
Sliab Senaig Gairb. 5 1 . 
Sliab Uillenn. 88. 
Slige Assail. 58. 
Slige Cualann. 58, 
Slige Dala. 58. 
Slige Midluachra. 58. 
Slige Môr. 58. 
Sligech. 140. 
Snam dâ en. 105. 
Sndm Maige Tairbirt. 91. 
Snâm Rathin. 106. 
Snûad. 32. 
Srub Brain. 54, 58. 
Srub Bô. 155. 
Sruthar Chuillinne. 144. 
Sruthar Gartchon. 144. 
Sruthar Matha. 102. 
Suça (a river). 132. 
Suide Aeda. 75. 

Tailtiu. 99, et v. 20, 78. 

Tarbga. 66, 71. 

Tarr-câin. 59. 

Tebtha. 3, 144 zzi Tethba q. v. 

Tech Cormaic. i § 9. 

Tech Ennaig. 78. 

Tech Mairisen. i § 6. 

Tech Midchuarta. i § 26, 146. 

Temair. i, et v. 35,113, 125, 126, 

141, 146, 159. Temoria. i § 4. 
Temair Lûachra. 50. 
Tethba. 127. 
Tilach Eogain. 155. 



Tipra bô finde. i § 10. 

Tipra Connia. 59. 

Tipra Dera. 150. 

Tipra Sengarman. 52. 

Tipra Slaingi. 108. 

Tipra Truimm. 158. 

Tir Aeda. 161. 

Tir Amalgaid. 135. 

Tir ind Nâir. 140. 

Tir Maini. 158. 

Tir na mban suthain. 141. 

Tir Tairngiri. 45, 68. 

Tlachtga. 110, etv. 78. 

Tond Clidna. 45. 

Tor Conaing. 147. 

Torinis. 43. 

Trâig Baih. 95. 

Traig Tuirbi. 125 = Tracht Tuir^bi. 

127. 
Tredumae Neise. i §§ 29, 30. 
Tricha cétGaleon. 9. 
Tûag Inbir. 141. 
Tùain Ragain. 149. 
Tûath fis. I § 28. 
Tûatha dé Danann. 18, 60, 77, 90, 

108, 156, 141, 149. 
Tûatha Fidga, 39. v. Fir Fidga. 
Tûatha Fochmainn. 39. 
Tûatha Taiden. 132. 
Tul Tuinne. 57. 
Tulach Cnamraid. 144. 
Tulach dâ roth. 45. 
Tulach Dotoad. 33. 
Tulach in bêla. 125. 
Tulach na ndér. 129. 
Tulach na faircsen . 133. 
Tulach na hiarmaithrigi. 126. 
Tulach Lathraich. 78. 
Tulchan na ngairthe. 136. 
Turloch SiUnne. 67. 

Uaim Cruachan. 70, 80, 113. 
Uarân Garaid. 66. 
Uisnech. 7, 160. UisnechMidi. 161. 
Ulaid. 64, 66, 78, 94, 96, 97, 112, 

118, 121, 129, 141, 161, 163. 
Umall. 58, 140. 
Unnius Uisnig (a tree). 160. 
Urard. 144. 
Usce Neidi. 131. 



292 



Whitley Stokes. 



INDEX OF PERSONS. 



[b. = ben wife ; i. — ingen daughter ; m. = mac son.} 



Abach fili. 34. 

Abcân eices. 81. 

Abraham m. Tara. 91. 

Acall i. Fedelme. 2. 

Adamndn. 1 § 18, 20. 

Adar m. Umoir. 78. 

Ae m. Allgubai. 69. 

Aed Lurgnech. 4. 

Aed m. in Dagdai. 91. 

Aed m. Labrada Lesbricc. 81. 

Aed Ron. 1 1. 

Aed Ruad m. Baduirn. 75, 81, 94, 

161. 
Aed Slâine. 34, 160. 
Agnoman. 66, 94. 
Ai m. Ollaman. 18. 
Aicher Cerr m. Echach. 22. 
Aide i. Oichinn. 26. 
Aidne m. Allguba. 62. 
Aife i. Scathaige. 95. 
Aige i. Broccada. 15. 
Ailech i. Fubthairi. 91. 
Ailestar m. Dorncla. 20. 
Ailill Aine. 9. 
Ailill Caisfiaclach. 146. 
Ailill Fesfonnad. 142. 
Ailill Find. 104. 
Ailill m. Aeda Roin. 11. 
Ailill m. Eogain. 91. 
Ailill m. Rosa, Medb's husband. 9, 

61, 70, 72, 78, 104, 106, 144. 
Ailill Molt m. Dathi. 133. 
Ailenn i. Luigdech. 17. 
Aimergin largiunnach. 80. 
Aindle m. Loga Lâmfota. 82. 
Aindinn Oach. 128. 
Aine (gen. sg.)beloved ofEtar. 29. 
Ainge i. in Dagdai. 11. 
Aingen. 66. 

Airchinded m. Fir dâ Roth. 144. 
Airdech m. Fir-choca. 135. 
Aithechdae. 14. 
Alb m. Augein Urgnaid. 154. 



Allguba m. Eithriuil. 62. 

Almu i. Bécain. 16. 

Altach m. Duilb. 18. 

Amorgein m. Amalgada. Introd. 

Amalgaid m. Fiachra. 135. 

Argatmar. 161. 

Art Mes-delmann. 17. 

Asal m. Doir Domblais. 58. 

Asuall. 149. 

Atherne Ailgesach. 28. 

Augen Urgnaid. 154. 

Badammair. 49. 

Badurn m. Argatmair. 161. 

Baeth m. Dithorba. 161. 

Baile. 45, 1 17. 

Baine i. Frigrenn. 91. 

Bairenn i. Germain. 25. 

Bairnech Barannbel. 78. 

Baitâr m. Fergusa Leithdeirg 147. 

Ban bolgach m. Bannaig. 55. 

Ban m. îllaind. 131. 

Banba. 5 1. 

Banbân. 71. 

Bannach m. Glamaig. 55. 

Bé cuille. 18. 

Bé Fâil. 41. 

Bé Gelchnes. 21. 

Bé tuinde i. Nothra nôCalaid. 139. 

Becc-altach. 66. 

Benén. i § 20. 

Bennân m. Birchinn. 98. 

Beoân m. Beothaig. 149. 

Beothach m. larmuinéil. 149. 

Berchan, saint. 1 1. 

Bernas m. Frigrenn. 91. 

Bersa a Berramain. 31. 

Biblu i. Faindli. 124. 

Bicne drui. 1 17. 

Bicne gilla Gonaill Ccrnaig. 123. 

Bile m. Brigi. 100. 

Bir m. Umoir. 78. 

Bith m. Noe. 143, 



The Rennes Dindienchas. Index oj Persons. 



m 



Blad m. Breogain. lo. 

Bladma. lo. 

Blae Ballethan. 103. 

Blathnat i. Mind. 53. 

Bled m. Cruinn. 66. 

Blod. 66. 

Blod m. Con. 10. 

Blonoc i. in Tûi. 67. 

Bôand b. Nechtâin. 4, 19. 

Bodb. 12, 55, 57. 

Bôi i. Ruadri (Ruadrach). 20. 

Boible m. Boirchi. 157. 

Boirche. 64, 157. 

Boirche bôaire. 98. 

Boirenn m. Bolcâin. 131. 

Bolcàn m. Bain. 131. 

Borbchas m. Dithorba. 161. 

Bore Buiredach m. Manchin. 80. 

Bran m. Echach Abratruaid. 139. 

Bras m. Dithorba. 161. 

Brath m. Deatha. 7, 44. 

Brea m. Senbotha. 29. 

Breccân m. Maini. 145. 

Breccân m. Partholoin. 145. 

Brech m. Broichdi. 118. 

Brefne i. Beoâin. 149. 

Brega m. Bregoin. m. 

Bregmael. 10. 

Bres m. Echach Feidiig. 140. 

Eres m. Elathan. 46, 149. 

Bresa i. Germain. 25. 

Bresal Bélach. 31. 

Bresal Bôdibad m. Rudraigi. 123. 

Bresal Brecc. i §7, 123. m. Briuin. 

97- 
Brf Brû-glas. 20. 
Bri m. Bairceda.^40. 
Bri Bruachbrecc i. Midir. 126. 
Briccen m. Tuinde. 91. 
Brige m. Breoguinn. 100. 
Brigit banfili i. Echach Ollathair. 

159. 
Broccaid m. Bruic. 1 5. 
Broccsalach Cringlunech. 157. 
Brodar m. Meic Sciach. 23. 
Brogarban. 71 . 
Bron m. AUoit. 135. 
Bruachaid m. Baisgil. 142. 
Buachat Buasach. 113. 
Bualc Becc. 4. 
Buan i. Samaera. 106. 
Buan m. Belaig. 147. 

Revue Celtique, XVI. 



Buichet in briugu. 71. 
Buide m. Bain Blaith. 66. 
Buide m. Buain. loi. 
Buide m. Muireda. 4. 
Buirech. 17. 

Cacher m. Nàmat. 159. 

Cadha. 113. 

Câechre i. Léith. 36. 

Caibell. 158. 

Câilte, Câelte. 27, 45. 

Gain m. Deirg Dualaig. 48. 

Gaindlech i. Geim Gelta. 129. 

Gàinén Mâsc. 154. 

Gairbre Grommchenn. 22. 

Gairbre m. Echach. 151. 

Gairbre m. Etâine. 115. 

Gairbre Lifechar. 4, 31, 117. 

Gairbre Niafer. 2, 21, 78. 

Gaire b. Gannain. 58. 

Galcmael m. Gartan. 83. 

Calad m. Gonchinn. 139. 

Gam tôisech teglaig Oengusa. 149. 

Gannân Gruthnech. 12. 

Gannan m. Edlecon. 58. 

Ganthon m. Gaithmenn. i § 2. 

Gappach i. Germain. 25. 

Garmen. 18. 

Gartan m. Gonnaith. 83. 

Gass Clothach. 136. 

Gass Glothmin. 10. 

Gass m. GlaissGamna. 26. 

Gassàn m. Germain. 25. 

Gathâir Môr. 10, 40, 102. 

Geirbil Balmaith i. Etair. 158. 

Geite m. Alloit. 135. 

Gellach m. Ailella Muilt. 133. 

Gellach m. Eogain. 133. 

Gellach m. Mâile Goba. 4, 

Geltchar. ici. 

Genn fâelad m. Ailella. Introd. 

Gentarcluais. 38. 

Cerball m. Muirecâin. 21. 

Germait Milbeoil. 4. 

German Galadchenn. 25. 

Gerna Gass m. Gairbri. 115. 

Gerniam. 115. 

Cesair i. Betha. Introd. and 149. 

Get m. Magach. 78. 

Getgen Gruachan. 132. 

Gethen. i § 14, 66. 

Gethern m. Finntain, 66. 



294 



Whitley StokdS. 



Cian athair Loga. 46. 

Ciarnait. i § 5. 

Cinaed m. Irgalaig. 4. 

Cich-Maine Andoe. 104. 

Cich-muine m. Ailello Find. 104. 

Cicul Glicerglun. 41. 

Cimbaeth m. Finntain. 161. 

Cimbe Cethirchinn. 78. 

Cingid m. Umoir. 78. 

Cleitech drui. 114. 

Cleitech m. Dega (Deda?). 114. 

Cliach cruitire, 47. 

Cliath i. Germain. 25. 

Cliath m. Cuilinn. 131. 

Clidna i. Genainn. 144. 

Cloen m. Ingoir. 116. 

Clothru i. Echach Feidlig. 88, 140. 

Cnucha i. Conaing. 153. 

Goba. 91. 

Gobthach Goelbreg. 9. 

Gobthach rf Hérenn. 15. 

Cocca gen. sg. 36. 

Gochldn gilla Léith. 126. 

Gochrann i. Guirrig Lifî. 49. 

Godai Corrchichech. 109. 

Godai Grinchi'chech. 3. 

Gôelcheis. 77. 

Gôelchu m. Loairn. i § 28. 

Gôemgen Gongancnes. 51. 

Golla, na tri, 91, 161. 

Colnidn mor m. Diarmata. 151. 

Golmân m. Faelchon. i § 40. 

Golomb cille. 145. 

Gonaing m. Echach. 141. 

Conaing m. Faebair. 147. 

Gonaire Mor. 3, 12, 29, 31, 35, 

II I, 141. 
Conall Gernach. 2, 66, 72, 78, 105, 

106, 123. 
Gonall Glârainech. 157. 
Gonall Gôel m. Oengusa. 32, 78. 
Gonall Gonganchnes. 129. 
Gonall Grommdergm. Labrada. 73, 
Gonall Gruachan. 132. 
Gonchenn i. Buidb. 47. 
Gonchobar m. Nessa. i (§§29, 30), 

2, 55, 66, 88, 94, 129. 
Gonchuirn m. Umoir. 78. 
Gonganchnes. ici. 
Gonn (transformed into a boar). 71. 
Gonn Gétchathach. 4, 34, 58, 102, 

103, 132, 153. 



Gonnad Buide m. Iliach. 115. 
Gonnla. 59. 

Gonnla m. Gonaill Gruachan. 132. 
Gonmael m. Ebir. 56, 152. 
Gonmenn m. Goumaic. 29. 
Gorc m. Gonaill Gruachan. 132. 
Gormac m. Airt. i §§ 5, 6, 8, 14, 

16. 
Gormac Gass. i § 28. 
Gormac Gonloinges. 129. 
Gormac hua Guinn. 113, 114, 118 

= Gormac m. Airt q. v. 
Gormac m. Gulennain. i. 
Gormac Gaileng. 10. 
Goro cruitire. 77. 
Gorrchenn Gruaich. 91. 
Gosdub ri sîde. 158. 
Gréa i. Edlicon. 58. 
Grech mael. 86. 
Crem Marda. 17. 
Griblach Gonnacht. 52. 
Gridenbel cainte. 18. 
Grimthann m. Griblaige. 52. 
Grimthann m. Luigdech. 30 =: 

Grimthann Nia Nâire. 4, 121. 
Grimthann Sciathbél. 29, 39. 
Gri'st. 29, 99, 161. 
Grôchan (Crochenn) Grôderg. 65. 
Crôfinn. i § 3. 
Gronn m. Agnomain. 66. 
Gromm Croich (Gruach). 85, 149. 
Gruachu. 6s. 
Grunniuc. 66. 
Gû. I § 14, 66. 
Gû m Gais Glothmin. 10. 
Gua Gennmar m. Broccsalaig. 157. 
Gualu. 29. 

Guar m. Augein Urgnaid. 154. 
Gûchoingelt m. Eogain. 135. 
Gûchulainn, i (§§ 30, 31), 2, 53, 

54, 66, 78, 95, 106, 119, 120, 

130, 132, 144. 
Guilenn m. Dub-duinn. 131. 
Guirce m. Snithi. 10. 
Gulann cerd. ici. 
Guldub m. Dein. 14. 
Cuma m. Tlachtga. no. 
Gurnân Gosdub m. Redoirche. 82. 
Gûroi m. Dâiri. 55, 72. 
Gurrech Lifi. 49, 52. 
Cutra m. Umoir. 78. 



The Rennes Dindsenchas. Index of Persans. 



29^ 



Dabilla oirce. 4, 19. 

Dacaech i. Cicuil. 41 . 

Da choca 129. 

Daelech m. Umoir. 78. 

Dagda, in. 4, 11, 91, 129. 

Dairbre Derg m. Lulaig. 8. 

DâireDerg m. Echach. 32. 

Dâirem. Fiachna. 66. 

Dairiu m. Echach. 141. 

Dala Glas m. Edlecon. 58. 

Dalb Garb. 71. 

Dalb i. FaindH. 124. 

Dallân m. Macachâin. 21. 

Damairne m. Diubahaig. 58. 

Danaus m. Point. 128. 

Dartaid i. Regamna. 61. 

Dathen fiH. 160. 

Dathi m. Fiachrach. 133. 

Dea m. Dega. 40. 

Déchet m. Derguir. 75. 

Dechtere mâthair Conculainn. 119. 

Deda m. Sin. 48. 

Delà m. Loith. 159. 

Delbnat i. Lochtaig. 150. 

Deltbanna m. Druchta. 12. 

Dera m. Scera. 150. 

Derbrenn (= Drebrenn?). 77. 

Derbrenn i. Echach Feidlig. 71. 

Derg (=:Daderga). 29. 

Di'an i. FaindH. 124. 

Di'an m. Dibaid. 18. 

Di'ancecht. 108. 

Diancecht m. Echtaig. 77. 

Diarmait hua Duibni. 49. 

Diarmail m. Cerbaill. Introd. 

Dibad m. Doirche. 18. 

Digais Dibartach. 25. 

Dil i. Lugmannrach. 44, m. 

Dimma Cron. 14. 

Di'moin m. Germain. 25. 

Dithorba m. Dimmain. 161. 

Diuchaill m. Fir Uillne. 130. 

Dodera m. Aurmora. 48. 

Doe i. Léith. 36. 

Domnall m. Murchada. 34. 

Donn Cûalgni. 66, 156. 

Donn Desa. 29. 

Donn m. Dathaich. 131. 

Donn m. Dubâin. 81. 

Donnchad m. Flaind Sinna. 99. 

Dorb m. Tlachtga. 110. 

Dorncla. 20. 



Dornmâr m. Germain. 25. 

Dothur m. Dibaid. 18. 

Drebrenn (=: Derbrenn?). 73. 

Dreco i. Chalcmâil. 83. 

Druim Suithe. 160. 

Duach Teimen. 99. 

Dub i. Roduib. 26. 

Dub m. Dibaid. 18. 

Dub m. Duibni. 49. 

Duban m. BiU. 81. 

Dubân m. Deirc. 131. 

Dubmuc (leg. Duinniuc, Tuin- 

niuc?). 66. 
Dubrot. 52. 
Dubthach Dubthaire m. Forgnae. 

22. 
Dubthach m. Rune. 67. 
Duibri m. Dubâin. 151. 
Duirgein i. Luaith. 24. 

Eber m. Miled. 152. 

Echan i. FaindH. 124. 

Echdar i. Uathaig. 142. 

Echtach m. Esoirc. 77. 

Echtga Uathach i. Urscothaich. 60. 

Eiblenn i. Guairi. 141. 

Eitech i. Lennglais. 127. 

Elathu m. Néit. 46. 

Elgaid m. Dathi. 135. 

Engan m. Gruinn. 66. 

Enna Aignech. 73, 107. 

Enna Gennselach. 6, 86, 122. 

Enna m. Nois. 26. 

Ennach m. Umoir. 78. 

Eochaid (Eochu) Abratruad. 139. 

Eochaid Ailtlethan. 146. 

Eochaid Airem (Aireman). 3, 65, 

127. 
Eochaid Becc m. Gairbri. 61. 
Eochaid Bélbuide. 18. 
Eochaid Genn maire. 107. 
Eochaid Doimlen. 31, 91. 
Eochaid Echbél. 53. 
Eochaid Feidlech. 71, 140. 
Eochaid Garb m. Duach. 20, 99, 

159- 
Eochaid Gunnfat. 118. 
Eochaid m. Enna Gennselaig. 6, 

122. 
Eochaid m. Luchta. 64. 
Eochaid m. Maireda. 51, 79, 141. 
Eochaid m. Oengusa. 151. 



296 



Whitley Sîokes. 



Eochaid Muniste. 38. 

Eochaid Oilech. 8. 

Eochaid Ollathair. 159. 

Eochaid Sâlbuide. i § 29. 

Eochaid Toebfota. 32. 

Eogan m. Cellaich. 133. 

Eogan m. Néill. Introd. 

Eogan Tâidlech. 132. 

Eoin Baisti. 47. 

Ere m. Cairbri Niafir. 2. 

Ercad i. Fresca. 24. 

Erclan m. Doithre. 146. 

Erem (Eremon) m. Miled. 50, 93, 

136, 137, I>2. 

Eremon m. Rois. 131. 

Erisnech m Imniaiseich. 91. 

Ériu rigain Tuath déDanann. 51. 

Eriu of Inis Èrenn. 109. 

Erne i. Buirc Buiredaich. 80. 

Ernolb m. n'g Danmarc. 9. 

Err m. Uraird. 144. 

Esa i. Echach Aireman. 3. 

Esclam britheni in Dagdai. 4. 

Esru m. Gôidil Glais. 134. 

Etadon m. Nuadat Airgetlaim. 11. 

Étâin b. Echach Aireman. 3, 65. 

Etan Cennderg. 36. 

Étar b. Gaind. 29. 

Étar Étualaing. 158 

Étar m. Etgaith. 29. 

Etarbad. 23. 

Etarscél father of Conaire. 141. 

Etarscél M6r. 35. 

Ethne. 48. 

Ethne i. Echach Feidlig. 88. 

Ethrél. 62. 

Ette. 66. 

Etsine banféinnid. 105. 

Fadat m. Léith. 36. 
Faifne fih. 1 3. 
Failbe Flann. 37. 
Failenn m. lUainn. 131. 
Faindle m. Duib dâ roth. 124. 
Fand i. FUdais. 55. 
Fannall m. Fir Uillne. 130. 
Fea i. Elcmair, 44. 
Fea m. Mogaich. 44. 
Febra m. Sin. 48. 
Fedlem Nôchrothach. 2. 
Fedlimid Rechtmar. 4. 
Femcn m. Mogaich. 44. 



Fer fi (fîgail) m. Eogabail. 58, 141. 
Fer gair m. Duinn Desa. 33. 
Fer gel m. Duinn Desa. 35. 
Fer glas m. Duinn Desa. 35. 
Fer rogain m. Duinn Desa. 35. 
Fer rogair m. Duinn Desa. 35. 
Fer uillne m. Luigdech Mail. 130. 
Fera m. Mogaich. 44. 
Feradach m. Rochuirp. 56. 
Fercertnem. Athglô. 64. 
Fergna fer gai lethain. 146. 
Fergna m. Findchâime. 104. 
Fergus ailithir. i S 37. 
Fergus B6t dar Bregc. 118. 
Fergus Duib-détach. 118. 
Fergus Finbel. 52. 
Fergus Foga. 161. 
Fergus Foltlebar. 118. 
Fergus Lethderg. 83. 
Fergus Lusca-béist. 60. 
Fergus m. Roig. 66. 
Fermor m. Erimoin. 131. 
Fethlenn m. Fidrui. 91. 
Fiach. 17. 
Fiacha Cassan. 8. 
Fiacha Labrainne. 80. 
Fiacha m. Néill. 142. 
Fiacha Sraibtine. 4, 14, 31, 91- 
Fiachra m. Echach Muidmedôin. 

135- 
Fiai i. Mâcha. 94. 
Fidrad m. Dama Duibe. 14. 
Find transformed. 71. 
Find fili m. Rossa Rûaid. 21 . 
Find hùa Bâiscni. 88 :^Find m. Cu- 

maill. 27, 31, 139. 
Find m. Findtain. 119. 
Find m. Ragamna. 49. 
Findabair beloved of Frdech. 132. 
Findabair i. Luigdech Làigdi. 118. 
Findbennach. 66, 166. 
Findchad m. Conaill Cernaig. 105. 
Findchaem i. Magach. 80. 
Find-emna, na tri. 140. 
Findgall m. Findamair. 46. 
Findmall. 8. 
Finntan m. Laimiach. Introd. and 

149. 
Finntan m. Néill. 66. 
Finteng m. Augein Urgnaid. 134. 
Fir m. Mâcha. 94. 
Fland transformed. 71. 



The Rennes Dindienchas. Index of Persons. 



297 



Fland Febla. Introd. 

Fland m. Echach Abratruaid. 139. 

Fland Sinna m. Maelâechlainn. 99. 

Fledach m. Germain. 25. 

Flesc ddlem. 19. 

Flidais i. Gairb. 142. 

Fodia. 51. 

Foibne m. Taircheltain. 146. 

Foichnem m. Uraird. 144. 

Foill m. Fir uillne. 130. 

Follscaide muccaid. 112. 

Forau m. Aichir. 22. 

Forann (Ph roah?). 4. 

Forbarr. 63. 

Fordub (Ferdub?) m. Aichir. 22. 

Forgnae. 22. 

Fornocht m. Aichir. 22. 

Fothad Airgthech. 89. 

Fothad Ganann. 49, 91. 

Frâech do muintir Cesrach. 149. 

Fraech m. Fidaig (Idath?). 132. 

Frâech m. Uraird. 144. 

Friech Midlesach m. Gonaill. 132. 

Frâechar Fortren. 161. 

Frigriu m. Rubai Rûaid. 91. 

Froechan. 71. 

Fuat m. Bili. 100. 

Fuata Bé-Fâil. 41. 

Fublhaire ri Alban. 91. 

Fuilech m. Germain. 25. 

Fuiter m. Forduib. 23. 

Furbaide Ferbenn. 88. 

Fursa of Peronne. 47. 

Gabal Gairechtach i. Guill. 11, perh. 

the same as Gabal i. Guill Glais. 

23. 
Gae Glas m. Luinde, 14. 
Gaeal, Gaer, two of Manannan's 

names. 139. 
Gaeith m. Gaisi Glaine. 81. 
Gaeth m. Nechtain. 131. 
Gaible m. Etadoin. 11. 
Gaillim i. Bresail. 131. 
Gairech Gumor 7. 
Gam Gruadsolus. 137. 
Gand m. Delà (Delada). 29, 60. 
Gannân. 52. 
Garb m. Grescaid. 142. 
Garbân m. Dedad. 48. 
Garman Garb m. Borna leice. 40. 
Garman Glas m. Dega. 40. 



Geide Ollgothach. i § i. 

Gem Gelta m. Rodba. 129. 

Genann m. Triuin. 45. 

Gile i. Romra. 138. 

Giusach m. Lodain. 58. 

Glamach m. Gomir. 55. 

Glan m. Carbaid. 2. 

Glas m. Gais. 75. 

Glas (Fer Glas) m. Duinn Desa. 

35- 
Glas m. Scairb. 23. 

Glas Temrach. i § 1 1 • 

Glascû. 107. 

Gobban sâer. 125. 

Gôedel Glas. 134. 

Goisten. 152. 

Goll Glas m. Fedlimtheo. 23. 

Gollan m. Conmail. 56. 

Grdinne. i §§ 33, 34, 35- 

Grecus m. Point. 128. 

Grian Bancliure. 90. 

Gris ban-lecerd. 32. 

Guaire Aidne m. Colmâin. 153. 

Guaire Dubchestach. 84. 

Guaire Gann m. Guairi. 84. 

Guaire Goll (= Oissi'n). 139. 

Guaire m. in Daill. 84. 

Gumor (Umor?). 128. 

Gunnait m. Suçait. 18. 

Gunnat m. Gannâin. 155. 

Heithiurun. i § 2. 

lar m. rleisci. 148. 

Ibar m. Sciach. 25. 

Ibec m. Loga. 20. 

Ibel m. Manannain. 98. 

Ibuirne m. Dedois. 31. 

Iliach. 66. 

Illann m. Erclaim. 146. 

Illann m. Neir. 131. 

Imchad m. Fiachna. 66. 

Indech m. Dea Domnann. 24. 

Indell m. Uraird. 144. 

Indue m. Cechtaig. 126. 

Ing m. Doirb Glais. 29. 

Ingen Forainn (Scota). 4. 

Ingcél. 35. 

Innus i. Breis. 149. 

Irgus m. Umoir. 78. 

Irial fâith m. Eremon. 136. 

Ith m. Breogain. 90. 



298 



Whiîley Stokes. 



luchna Ciabfaindech. i6,45.Iuchna 
Eochaid Echbél. 53. 

Labraid, athair Conaill. 73. 

Labraid Lamderg. 23. 

Labraid Lessbrecc. 81. 

Labraid Loingsech. 9, 15. 

Ladru. 45. 

Laidgenn m. Baircheda. 6. 

Laigen Gairbliath. 131. 

Laiglinne m. Parthaloin. 150. 

Laime m. Luaidre. 113. 

Lâm ddlem. 19. 

Land Lethderg i. Caibill. 158. 

Lathrach m. Umoir. 78. 

Leçon i. Lotair. 98. 

Lee Fer Flatha. 31. 

Lén Linfiaclach. 55. 

Lena m. Mesroeda. 18, 112. 

Lennglas m. Luind. 127. 

Lethderg i. Conchobair m. Nessa. 

91. 
Liag i. Tresca (Trescadail). 24, 147. 
Liamain Lennchain. 22. 
Liath Daire Léith. 36. 
Liath Lurgach. 155. 
Liath m. Cehchair. 126. 
Liath m. Germain, 25. 
Liath Machae (a horse). 4. 
Liber i. Luit. 15. 
Life i. Cannain Cruthnig. 12. 
Ligmuine. 8. 
Lindgatan Labar. 119. 
Lindgatan m. Loeguiri Buadaig. 

119. 
Loarn m. Rûaid. 1 § 28. 
Lochar Lûath m. Smiraig. 18. 
Lodan Liath. 38. 
Lodan Luchairglan m. Lir. 59. 
Lôeguire Bûadach. 106, 119. 
Lôeguire Lorc. 9, 124. 
Lôeguire m. Néill. i §§ 7, 8, 20. 
Lomm-altach m. Lathraig. 24. 
Lonim-glùinech m. Lommaltaig. 24. 
Lomna Druth. 29, 34. 
Lot Luamnach. 41. 
Lothar m. Echach Feidhg. 140. 
Luachair Boirennach. 22. 
Luâm dilem. 19. 
Luath m. Lommgluinig. 24. 
Lucat MaeL i § 20. 
Lug Laebach. 18. 



Lug Lâmfota. 82. 

Lug Liamna. 14. 

Lug m. Ethlenn. 46. 

Lug m. in Scail Bailb. 20, 99. 

Lugaid Lâigde. 48, 118. 

Lugaid Lâmtind. 64. 

Lugaid Mac-con. i § 35- 

Lugaid MâL 96. 

Lugaid m. Cairbri Cromchinn. 22. 

Lugaid m. Itha. i (§ i), 50. 

Lugaid m. Maie Ni'a. 89. 

Lugaid ri Laigen. 17. 

Lugaid Sriab (Riab) nderg. 88, 140. 

Lugar m. Luigdech Lâmfind. 64. 

Luinde m. Loga Liamna. 14. 

Lurga m. Lûaith. 91. 

Lutair m. Luirgnig. 23, 

Mac cecht. 13, 31. 

Mac con. 131 et v. Lugaid Mac-con. 

Mac dâ thô. iQ], 112. 

Mac gréne. 1 59. 

Mac ind ôcc. 45. 

Mac nia. 89. 

Macachân m. Echtigirn. 21. 

Mâcha b. Chruind. 94. 

Mâcha b. Nemed. 94. 

Mâchai. Aeda Ruaid. 94. 

Mâcha Mongruad i. Aeda. 161. 

Machar m. Dubthaig. 67. 

Mael croin. 133. 

Mael da Luad. 133. 

Mael deoraid. 133. 

Mael Odrâin ni. Dimmai Croin. ij\. 

Mael Senaich. 133. 

Maen m. Etna. 42. 

Maen m. lair. 148. 

Maer b. Bersa 31. 

Maer i. Oengusa. 32. 

Maine Athrai b. Mie dâ thô. 112. 

Maine m. Munremair. i § 19. 

Maine m. Néill Nôigiallaig. 145. 

Maine Milscoth m. Duinn Desa. 81. 

Maini, na secht. 61. 

Maire (B. V.). 160. 

Mairgine gilla. 26. 

Mairid m. Caireda. 51. 

Mairiseo. i § 6. 

Mairtine. 72. 

Maistiu i. Oengusa. 32. 

Mal m. Rochraidi. 94. 

Mala i. Germain. 25. 



The Rennes Dindsenchas. Index of Persans. 



299 



Manannan. 29, 98, 141, 159. m. 

Alloit. 135. m. lir. 74. 
Manchi'n m. Machon. 80. 
Marcân m. Duinn. 131. 
Marg m. Giusaig. 38. 
Mata. 4, 28. 

Matha m. Roirenn. 102. 
Mèche m. na Morn'gna. 13. 
Medb. 61, 66, 70, 71, 72, 78, 80, 

104, 106, 1 32, 144. 
Medraide m. Torcair. 131. 
Mel. 71. 

Mélge m. Cobthaig. 15. 
Mend rî Fer Falga. 53. 
Mercell m. Smirduib. 24. 
Mesc m. Umoir. 78. 
Mesca i. Buidb. 18. 
Mes-buachalla. 5. 
Mes-dedad m. Amargin. 28. 
Mes-gegra ri Laigen. 28. 
Mes-gegra m. dâ thé. 18. 
Mes-réta. 112. 
Mianach i. Dubthaig. 22. 
Mide m. Bratha. 7. 
Mider Brf Léith. 3,4, 65, 79, .94. 

môrglonnach. 126. 
Midluachair m. Damairni. 58. 
Mil Esp.iine. 41, 51, 62, 63, 69, 

70, 90, 93, 136, 137, 152. 
Mis i. Maireda. 51. 
Moach Maelchenn. 60. 
Mod. 74, m. Umoir. 78. 
Moen m. Ailella Aine. 9. 
Moen mogaid. 63. 
Mog Ruith m. Fergusa. iio. 
Mogach m. Dachair. 44. 
Monchae i. Faindli. 124. 
Mongfind muime Find. 52. 
Môr i. Rithir. 97. 
More m. Deled. 147. 
Morrigain, in. 4, 12. 
Mossad m. Main. 148. 
Mothur m. Largaig. 18. 
Muach m. Tlachtga. 1 10. 
Mug lama m. Luigdech. 22. 
Mugain. 48. 

Muirchertach m. Eirc. 114. 
Muiresc i, Ugaini. 76. 

Nâma m. Echach Gairb. 159. 
Nâr m. Echach Feidlig. 140. 
Nâr m. Edlecon, 10. 



Nar m. Findchada. 105. 

Ndr m. Oengusa, 58. 

Nâs i. Ruadri (Ruadrach). 20. 

Nàs m. Dorncla. 20. 

Neeht Inbir Scéine. 130. 

Nechtân Bascain. 46. 

Nechtan Findguala. 127. 

Nechtân Lâmderg. 46. 

Nechtân m. Firmoir. 131. 

Nechtân m. Labrada. 19. 

Nechtân m. Luadat. 4. 

Neide Nithgonach. 131. 

Néll m. Enna Aignig. 73. 

Nemain b. Néit. 91. 

Nemannach cerd. $S. 

Nemed. 7, 149. 

Nemed m. Agnomain. 94. 

Nera. 66. 

Nés i. Echach Sâlbuidi. i § 29. 

Net. 91. 

Net m. Angada. 46. 

Net m. Nuacha. 46. 

Nîall Nôigiallach. 6, 122. 

Ni'ata. I § 8. 

Ninine éces. 34. 

Nôisiu m. Nechtâin. 127. 

Nothain i. Conmoir. 87. 

Nuadu Airgetlam. 11,24. 

Nui m. Augein Urgnaid. 154. 

Ochaill. 57. 
Ochtauin August. 18. 
Odarnatân m. Laime. 113. 
Odba b. Eremoin. 103. 
Odba Uancenn. 102, 103. 
Odras i.,Odarnatâin. 113. 
Oenfer Aife (Conlaech). 95. 
Oengus m. Crundmael. 4. 
Oengus m. in Dagdai. 19 = Oen- 
gus m. ind Ôc. 32, 71, 79, 141, 

■49- 
Oengus m. Nadfraich. isi. 
Oengus TuirbechTemrach. 73, 107. 
Oengus m. Umoir. 32, 78. 
Oichenn m. Cnucha. 26. 
Oirbsen = Manannan. 159. 
Oisin m. Find. 52. 
Oisîne. 27. 
Ole Ai. 80. 
Omra. 138. 
Orc m. Ingoir. 11. 
Orlam m. Ailella. 144. 



300 



Whitley Stokes. 



Palap m. Eremoin. 152. 
Parthalon m. Sera. 29, 134, 150. 
Patrie m. Calpuirn.Introd., i (§ 20), 

4, 68, 85, 99, 100. 
Pont. 128. 

Ragan Anglonnach. 149. 

Raithen. 106. 

Raran (Rônan?). 53. 

Rechtaid Rigderg. 94. 

Redoirche m. Dibaid. 82. 

Riach. 158. 

Ri'b m. Maireda. 51,79, 141. 

Rinnail Rûad m. Delà. 159. 

Rither m. Derlaim. 97. 

Rochaid m. Faithemain. 66. 

Rochorp m. Gollâin. 56. 

Rodba m. Tuaich Tuile. 129. 

Rodub m. Gais. 26. 

Roigne Rômânach. 43. 

Roigne Roscadach m. Ugaini. 43. 

Roimper m. Aichir. 22. 

Rôiriu i. Rarain (Rônâin?). 33. 

Rôiriu m. Rogain Rechtaidi. 102. 

Rôiriu m. Senâin. 33. 

Romra. 138. 

Ronc m. Dorncla. 20. 

Ross m. Dedad. 78. 

Ross Failge. 18. 

Ross m. Fiachra. 66. 

Ross Rigbuide. 98. 

Ross Rûad. 2. 

Rosualt, in. 76. 

Roth m. Cithaing. 42. 

Rûad i. Airdig Uchtlethain. 135. 

Rûad i. Maini Milscoith. 81. 

Rûad m. Rigduinn. 5. 

Ruadchinn, or Ruadclioin, Mair- 

tine. 72. 
Rubae Ruad m. Didoil. 91. 
Rucht. 66. 
Rucne. 66. 

Samildânach. 125. 
Sampait i. Rentrai. 86. 
Scâl Balb. 20, 99. 
Scàl m. Germain. 23. 
Segda. I 32. 
Sen m. Duirb. 18. 
Sen-Gann. 60. 
Sen-Gairmen. i8, 
Sen-Garmain Slébe Mis. 52. 



Sen-Sinchell. 36. 

Senach m. Echacli Abratruaid. 139. 

Senach Garb m. Degad. 51. 

Senân m. Echach Abratruaid. 139. 

Senan m. Setna. 33. 

Sera m. Sru. 134. 

Setna. 17. 

Setna Seccderg m. Durbaidi. 58. 

Setna Sithbacc. 154. 

Sidengi. Mongain Sidig. 139. 

Silenn i. Machair. 67. 

Sinann i. Lodain. 59. 

Sinech Side Crûachan. 65. 

Simon drui. 110. 

Sithgal Sechderc m. Gunnait. 155. 

Slaite Seched. 31. 

Slange m. Delà. 40. 

Slechtaire m. Sengarmna. 52. 

Smirdub m. Smail. 47. 

Smuchaill m. Bacduib. 57. 

Sru m. Esru. 134. 

Su-altach m. Becc-ahaig. 66. 

Suamach m. Samgubai, 129. 

Suirge. 152. 

Tailtiu i. Magmoir. 20, 99, 

Tairbert gilla. 91. 

Taman m. Umoir. 78. 

Tara. 91. 

Tathlomma Line. 103. 

Tea b. Eremoin. i. 

Tea i. Luigdech. i (§§ i, 9), 50. 

Teite i. Maie niad. 49. 

Tephis i. Bachtir. i § 2. 

Ternoc (to-Ernôc). 47. 

Tethba. 127. 

Tibir i. Chaiss Clothaig. 136. 

Tigernmas m. Follaig. 56, 85, 149. 

Tlachtga i. Moga Ruith. iio. 

ToUchenn druth. 122. 

Torcar m. Tromda. 131. 

Tortu. 160. 

Treg. 71. 

Tréis. 71. 

Tresc. 4. 

Trescadal m. Bûain. 147. 

Trese i. Nadfraich. 135. 

Troindae m. Calatruim. 92, 131. 

Trostan drui. 39. 

Truistiu i. Dubthaig. 22. 

Tuag i. Collamrach. 141. 

Tuathal Techtmar. 8. 



The Rennes Dindsenchas. Index Renm. 



301 



Tuathmar. 41. 
Tue m. Rige. 67. 
Tuirbe Trâgmar. 125. 
Tulchainne drui Conairi. m. 

Uachall. 10. 

Uallach m. Dithorba. 161. 
Uar Etharchar. 128. 
Uargus m. Doltaig. 25. 



Ucha i. Oxa Rigcerta. 18. 

Ugaine. 50, 76. 

Ugaine m. Echach Buadaig. 

UillennFaebardergm. Find. 

Uinche Ochurbel. 27. 

Umor. 78. 

Urard m. Airchinded. 144. 

Urscothach m. Tinni. 60. 

Ururus. 17. 



43- 



159. 



INDEX RERUM. 



Adultery. 24, 98, 154. 

ague. 145. 

animais, tendernessto. 16. See deer, 
doe, dragon, fawn, horse, lapdog, 
milk, salmon, serpent, sheep, 
stag, swine, wolf. 

anvil, showers cast by Lén's. 55. 

axe, sea restrained by Tuirbe's. 125. 

bathing. 36, 131, 138. 
battle-stone. 32. 
.hârrows (dui)iada). 152. 
birds, monstrous. 54, hunting. 132. 

See kisses, hawk, hen. 
bird-shapes, men in. 105. 
boatframes. 82. 
boats of bronze. 5, 45, 81. 
bones cast up by whirlpool. 145. 
bribes. 133. 
brigands. 73. 
buffoon (driith). 86. 
burial in cairn. 143, in elfmound. 

161, in armour. i § 7: upstan- 

ding. 159. 
burial-place. 115, 136. 

caesarean opération. 88. 

cairn. i (§§ 36, 39), 29, 88, 96, 

i35> 143- 
caldron (cotre) first made in Ireland. 

29. 
csirhunde (ciDinocoî). 11. 
cave, dwelling in. 52. 
chain of gold. 139. 



champion's bit (curadnn'r). 106. 
charm (dicJictal). 18. See love- 

cliarms. 
clearing plains. 20, 43, 44, 69, 94, 

99, III, 135. 
cooking-pit. 157. 

covenants (cuir) on marriage. i § i . 
cow. See milk. 

cowdung, smearing head with. 53. 
crime, its efïect on earth. 84, on 

water 137. See brigands, incest, 

parricide, poison, theft. 
cross of Fergus. i § 29, on Oengus' 

tunic. 32. 
cupbearer (deogbaire). 60, 146. 

deer, elves assume forms of. 1 38. 

diadem (mind). 40, 124. 

divination. 21. 

dough (tacs). 161. 

dragon. 47. 

dream, love in a. 92. 

druid (drui). See wizard. 

duel first fought in Ireland. 29. 

dwarf (ahacc). i § 22. 



easement. 5. 

elfmound, chief of. 114, 
132, pollution of. 158. 
elves. See deer, night. 



burial in. 



fasting on. Introd., by sureties. 78, 
on Eochaid Feidlech's sons. 140. 
fawn. 34. 



302 



Whitley Slokes . 



fian I (§ 25), is- 

fire first lighted in Ireland. 7, from 

knuckles. 62. See ordeal. 
fishing. 134, fishing-nets. 104. See 

salmon. 
floods. 44. 

fords, fighting in. 132, 139. 
forests. See clearing. 

gems, house adorned with. 91. 

giant. 23. 

gold. See chain. 

grave. 103, gravestone (Ua). 87, 91 , 
94. See lake 

grief, death from. 2, 20, 22, 29, 
118, 129, 150, shedding horns 
from. 123, suicide from. 137. 

guarantors. 78. 

harp. 47, harper. 77. 

hawk, 148. 

hazels of wisdom. 59. 

heads as tropliies. 78, cast into lake. 

151, exposed. 2, 20. 
hearts burnt. 13. 
hen of Bairche. 64, 89. 
herbs of healing. 108. 
historian (senchaid). 7, 129. 
horns on Furbaide's temples. 88, cast 

by cattle in sign of grief. 16, 123. 
herses as beasts of draught. 91, of 

burden. 100, 141. 
horse-race. 18, with preghant wo- 

man. 94. 
hostages (gèill). 6, 18. 
house first built in Ireland. 29. See 

gems. 
human sacrifice. 85. 
hurdles. 28, 61. 

idol. Heithiurun. i § 2. Croiii cruach, 
8s, 149. 

incantation (caiitain). 18. 

incest. 140. 

insuit. 53. 

invention, of traps and pitfalls. 93. 
of caldrons. 29, of fire. 7, of 
houses. 29, of shaving. 63. 

invulnerability. 39. 

kingof Ireland, stone roaring under. 
I § 13- 



kisses (péca) transformed into birds. 

117. 
knowledge. See salmon. 

lake bursting out of grave. 40, for- 

med of « draught of grief». 98, 

quelling slaughter. 158. 
lampoon (glàm). 52, lampooner 

(câinte). 18. 
Land of Promise. 45, 68. 
Land of Perennial Women. 141. 
lapdog (oirce). 17. 
law. See covenants, easement, fas- 

ting, guarantors, ordeal, poly- 

gamy, rent, rightofway, rushes, 

service, sureties, tabus. 
lepress. 161. 
life. See shadow. 
love, death from. 29, in a dream. 

92. 
love-charms. 31. 
lute (mennchrott). i § 91. 

magie. See charm, divination, spell, 

wizardry. 
marriage. See adultery, polygamy. 
mermaids. 42, 81. 
metamorphosis. See transformation. 
milk of one-coloured cows. 39, 46. 
music, effects of. 42, 45, 47, 81. 

See harp, lute. 

nakedness. 6. 

name bestowed on plains. 12, 147, 
158. 

night, elves fighting at. 158. 

nuts, of Segais. 31, on the Tree of 
Mugna. 34, of the hazels of wis- 
dom. 59, of Caill Achaid. 71. 

one-coloured cows. 39, 46. 
ordeal by fire. i (§ 20), by a sod. 
100. 

parricide, efïect of. 84. 

pillar-stone (coirthè). 53. 

pitfall. 93. 

plains, see clearing, name. 

poet(/;7/J. Introd., 21, 33, 64, 69. 

poison. 83. 

poisoned weapons. 39. 

polygamy. 20, 26, 82, 14}. 



The Rennes Dindsenchas. Index Rerum. 



30J 



profits à prendre. 3. 
prophecy. 27, prophet. 149. 

quarry stones, right to. 3. 

rampart (mûr). 18. 

nipe of Tlachtga. 110. 

rath-builders. 20. 

rath-building. 20. 

rent (cis). 78, (câin). i^j. 

right of way (tôchar). 3. 

roads. 58. 

Rowing Wheel (roth ràmach). no. 

rushes, right to gather. 3. 

rye, dough of. 161. 

salmon of knowledge. 59. 

satire, blotches raised by. 15. 

sea. See axe, tub, whirlpool. sea- 

monsters. 10, seaspells. 26. 
s&x'çtnxs (nathraig). 13. 
service, contract of. 22. 
strength of a hundred. 39. 
shadow connected with life. 49. 
shame, death from. 138. 
shaving. 63. 

sheep. 28, change ofcolour of. 158. 
shield, of Cùchulainn. i § 31, of 

Mac cecht. 31. 
singing, effect of. 42. 
ringle feet, hands and eyes. 41. 
single colour, cows of. 39, 46. 
signal to lover. 53. 
sleep produced by music. 42. 
sleep-charm (bricht suain). 151. 
slinging. 26. 
smiîh. 10, 14. 

sod, ordeal of. 100, adored. 100. 
song of mermaids. 42. 
spears (laigin). 9. 
spectral army. 51. 

s^pçW (bricht). 9, 18,49, 7^> ' I3. Hi- 
spencer (ronâaire). i § 14, (dailem). 

12. 
stag. 34. 
stone, buildings of. 91, roaring un- 

der king. i § 13, used in battle. 

139, precious, see carbuncle. 
stones for computing losses. 29. See 

pillar-stône, quarry. 



submarine folk. 5, well. 59. 

suicide. 136. 

sureties (ratha). 78, 81, 161. 

swimming. 81. 

swine hunted. 35, 37, 73, 74, ma- 
gical. 70, human beings trans- 
formed into. 71, herding. 103. 

tabus (geisi). 46, 99. 

tears, lake formed of. 138, of 
blood. 192. 

theft of diadem. 40. 

longues excised and buried. 7. 

tortures. 133. 

tower (toi). 75, 147. 

transformation of girl into a bag of 
water. 15, a pool of water. 113, 
a man. 36: of men and women 
into boars and sows. 71, of kisses 
into birds. 117. 

trap. 93. 

trees destroyed by sea-beasts. 10, 
growing through graves. 17, 
wonderful. 34, 50, 160. See clea- 
ring plains, harels, yew. 

tub dripping during sea-flood. 11. 

unborn child, fear of being killed 

by. 88. 
urine, flood of. 141. 

water, woman transformed into. 

15, 113, changed by crime. 137. 
water-mill. i § 5. 
well. 19. See urine, 
whirlpool. 145. 
wisdora. See hazels. 
witches. 18, 30. 
withershins walking. 19, marching. 

140. 
wizard (âriti). i (§§ 20, 21), 7, 9, 

18, 88, III, 114, 141, 159. 
w'izâràvy (driiiclecbf). 14, lio. 
wolf. 34. 

women fighting. 24. 
women soldiers. i (§27), 105, 149, 

rimers. 32, 83 ,86,druids. 83, 159. 
wrestling. 155. 

yew, house built of. 91. 



304 



Whitley Stokes. 



INDEX VERBORUM. 



aclaidim. 112, I hitnl, I attack. 

ad-âigestar. 43, timtiit. 

adbathatar. 44, perieriint. 

adrochair. 152, cecidit. 

aidbriud. 40, reproof. 

ail bréthre. 127, verbal iiisiilt. 

àinnle. 126, beauty. 

airrches. 93, a trap. 

airchend. 158, edge? 

aircing, 42, edge? 

air-ech. 79, a pach-horse. 

airtem. 112, an inch. 

aister. 65, iravel. 

ailt. 146, a house. 

allaind (tallaind?). 28. 

amros. 31, doiibt, ignc-ance. 

amsaige. 161, soldiery. 

ardsenôir. chiej elder, Introd. 

ar-laicim. 6, I release. 

ar-segar. 15, is called. 

at-beb. 94, morhius est. 

at-cluinte. 102, was felt, uns pcr- 

ceived. 
atomannar. 109, I ai)i raised iip? 
aub. 115, a river. 

ba. 13, dimib. 

bâeth-réim. 121, ai)iad course, a Ju- 
rions raid. 

baigliu. 34, a faivn. 

ban-aidid. 161, death in childbed. 

ban-amus. i § 27, a female soldicr. 

ban-brugaid. 115, a female hospital- 
ier, =hanhruig\u. 142. 

ban-chara. 49, a parauiour. 

ban-drui. 83, 159, a druidess. 

ban-féindid. 105, a female champion . 

ban-fili, a poetess, 159. 

ban-gaisgedach. \^<), a female cham- 
pion . 

ban-licerd. 32, 83, 86, a female 
rimer. 

ban-serc. 53, a paramonr. 

ban-tôisech. 80, a chieftainess. 

ban-trebthach. 136, a ividoîv. 



ban-tuath. 18, a witch. 

barc. 4, a palace. 

bech-teillén. 126, a swarni of bées? 

bir. 13, ivater. 

bleda mara. 10, beasts of the sea. 

bo-âr. 123, 157, miirraiii, cattle- 

plagite. 
brachem. 34, a stag. 
branén. 54, a young crow. 
bratbertach. i § 8, plundering? 
bréch. 54, a ivolf. 
briugu cétach. 40. 
bi-osna suad. 160. 
brothlach. 157, a cooking-pit. 
brù. 34, a doe. 
brùach-brecc. 126, big-bellied and 

frecUed. 
bûarach. 86, coiu-spancel. 

caem. 1 17, « noble. 

caer. 115, abundance. 

caer dis. 26, a kiiid of slingstoiie? 

cain-teglach. 141, afair household. 

callaire. 119, a crier. 

carnail. 31, « heap. 

carr. 14, a spear. 

cechnatar. 42, cecinenmt, ro-cha- 

chain. 69, 141, cecinit, = roca- 

choin. 95. 
ceithrib. 66, 83, dat. of ceithre 

four. 
celtar. 1 58, conceahnent ? disguise ? 
cétach. 30, 121, fl mantle. 
cét-cluasta. 38, hiindred-eared. 
cess ôited. 94, debility of childbed. 
céte. 94. a fair-green, P. O'C. 
cingit. 147, rt goblet. 
claimsech. 161, a lepress. 
cland-maicne. 132, children. 
clâr fodluta. 79, a floodgate? 
clé-gûalu. 99, lejt shoulder. 
cliabaine. 60, cradling. 
cnô-maidim. 2, I hreak like a nul. 
cnô-maidm. 1 18, breaking like a mit. 
cocholl. 104, a kind offishing-iiet. 



The Rennes Dindsenchas. Index Verborum. 



305 



coemnacair. 47, potttit. 
coim-chennach. 145, trading, traf- 

ficking. 
com-arc. 20, commémoration. 
com-fân. i § 15, rt slope. 
com-flathius. 132, 161, joint-so- 

vranty. 
com-fota. 158, equally long. 
com-maidm cridi. 102, a heart-hrea- 

king. 
com-rith. 94, a joint course, a race. 
corathach, gen. pi. 135, bribes. 
conairnecht prêt. pass. sg. 3 of co- 

nairicim. 83. 
conaitechair. 46, lie dcmandeâ, pi. 3 

conaitchetar. 78, i4i,conatchetar. 

161. 
conaitich. 78, conauttaig. 5, cona- 

taig. 69, 99, condatig. 12, he de- 

nianded. 
con-buachail. lOi, a herd-hound. 
coucairecht. 35, managing packs of 

hoiinds. 
condolb. 145, affection. 
coogegne. 6, he transfixed. 
congna. 158, liorn, antler. 
consniaim. 6, I gain? 
corbbud. 158, corruption, pollution. 
coscrad. 155, ciitting up an animal. 
criathar. 74, a désert. 
cruisech. 6, a javelin. 
cuchtair, gen. cuchtrach. i § 16, a 

Icitcbeii. 
cuchtaire. 60, a kitcbener. 
cuirreill. 4, a casket. 
cullach, see glas-chullach. 
cuthchaire. 93, a trapper. 

dadaig, fescur dadaig. 97. 

à3.\gjire, ace. sg. daigid. 129. 

dall-chi'all. 157. 

dan. 43, a taslc. 

deccra. i § 9, tvonders? remarkable 

things ? 
delà. 93, adrinking-cup. 
delidin. 17, metathesis. 
dellich. 66, dellig. 100, he lay, fell 

down. 
dendgor dnst? 144. 
deogbaire. 60, 146, a ciipbearer. 
di'anaigira. 144, I hasten. 
dichinaid .15, guiltless. 



diclochad. 3, qtiarrying stones? 
diétgud. 6, undressing, disrobing, 
dineoch. 36, rt healing draught. 
doe. 118, an artn. dâ doii. 93. 
dôer-fognam. 78, base service. 
doith (doich?). 93, limber, freefrom 

hitches. doich .i. eascaidh no ta- 

paidh, P. O'C. 
doreguinn. 3, for doroega he chose. 
doruaichill. 39, he promised? 
dotuaraid. 9, remained. 
drochta. 11, a tub. 
drond. 66, a chine. 
dub-sesra. 46, a bucketful. 
dubthair. 87, a jungle. 
duirb. 66, a tvonn. 
duis. 116, a présent. 

echmairt. 107, covering a mare. 
elba. 141, goods, property. W. elw 

« lucrum, quaestuà ». 
ell. 49, advantage, opportunity. 
en. 27, water. 
énach. 134, catching birds. 

1. eô. 161, a brooch. 

2. eô. 160, a tree. 
eol. 97, a home. 
h-ér. 1 17, high. 
erbâgaid. 102, a contender. 
erc. 18, a cow. 

ère mi'as. 25 « burden of dishes ». 
escaid (dat. sg.). i § 22, a quagmire. 
escal. 145, roaring oj luater (esc- 

gal?), eascal .i. fuaim, P. O'C. 
etrud. 86. milking-tiine? SeeO'Don. 

supp. s. V. eadar-thrath. Corm. 

Tr. s. V. etsruth. 

fairscena. 133, for faircsen, gen. sg. 

of fliircsiu outlook. 
fdl-cliaîh. 6i,u'all-hurdle. 
ferb-glan. 160, pure-worded. 
feirt. 155, jerk ? t-iuist ? 
fiadaigim. 142, I go zvild. 
fiad-ubla. 62, crab-apples. 
fîch. 106. 
fi'r catha. 140, truth of hattle, fair 

play. 
ffr-miscne. 133, intense hatred. 
fobride. 6, hidden ? 
fochetal. 117, lampooning? 
fochmarc. 87, searching for . 



3o6 



Whitley Stokes. 



fodbad. 132, to strip ojf armour. 

foen. 59, supine. 

fo-loscaim (prêt. pass. foroUscath. 

46), / singe. 
forbart. 101, he proceeded ? desired ? 
forécnigud, to force, to râpe, 86. 
for-forbairt. 24, he entreated? 
forgabul. 18, a dépendent branch. 
forruidbich. 104, he vanquished? 
fortamlaigim. 155, l over corne. 
fortbe. 118, a ciittlng-off. 
fo-s-ruidbed. 19, was deprived. 
fotholl talman. 52, a cavern. 
fothrus. 132, for othrus sickness, 

illness. 
fualas. 26, 82, afamiJy. 
fuilgech. 40, shovelling? 
fuither fossuid. 60, a permanent es- 

tate? ferann fuithir. 63. 

glaisin. i § 35, woad. 
glas-chullach. 107, a grey British 

stalUon. 
glôedaim. 122, I stick to. 
gnâth-focul. I § 14, fl proverh. 
gnia. 34, a sister's son. 
goth spear, pi. n. goith. 109. 
grainne claidib. 112, point of a 

sword. 
grellach. 120, a mire. 
grian. 100, grave!. 
guin galann. loi, a mighty hhiv. 

herus. W]^ spindleivood. 

iarmaithrige. 126, after-repentance. 
iascach. 134, catcUng fish. 
ilatha. 81. 

imbolg. 66, candletnas. 
imm-furail. 98, excess, 
iram-r-ecaim. 52, 147, he happened, 

he met. 
imbadach. 94, pregnant. 

lainn-fordiuclantaid. 9. an eager de- 

voitrcr. 
leithe. 23, a shoulderbïade. 
lindglan. 128, clear-watered. 
long. 4, a house? .i. teagh; P. 

O'C. 
lubân. 121, a bow, hop. 
lugnasad. 99. lammas. 



luimnechda. 87, full of cloaks or 

shields. 
lummain. 57, cloak. 
lumman. 57, shield, 
luscaidecht. 60, infancy, babyhood. 

mes-chuire. 58, an armed host. 
mi'dé. 7, an evil smoke. 
moch-léithe. 18, earJy grayness. 
mothar. 83, scrub, stunted biishes. 
muccaidecht. 103, herding sivitie. 
muc-clais. 112. a pig's trench. 
mur-duchu. 42, a mermaid. 
mur-gabul. 43, a sea-inht. 

nasad. 20, 99, an assembly. .i. ao- 

nach, P. O'C. 
nert-lecc. ^2,battie-stone,\it. strength- 

stone. 
nômad = nôi trath. 63, 94. 
noedin. 10, boat. 

obelda. 14 5 , for ôibéla open-mouthed . 
oitiu gen. oited, chiJdled. See cess 

ôited. 
othar. 22, wage? .i. tuarastal, P. 

O'C. 

port. 41, fl mansion. 
pri'm-rôt. 58, achief road. 

rathmogaid. 63, 78, a rath-builder. 
rathmuigecht. 20, rath-biiiUing . 
rimaire. 79, a computer. 
rimsad. ibi, to bewitch? 
ross lin. :\6,flax-seed. 
ruamna. 161, dyestuff? 
ruiseda. 10, sea-monsters. 

samguba. 81, mermaid. 

scithlim. 134, spending, consuming. 

sciulang. 52, a fugitive. 

secal. 161, rye. (from lat. secale). 

sechta. 18, seven things. 

seilche. 1 1, a tortoise. 

selaig. 43, perf. act. sg. 3 of sligim 

I eut dov.ni. 
sephaind. 47, perf. act. sg. 3 of sen- 

nim Ip]a-j. 
sescrad. ioi,dry (unbulled) coivs. 
sethad. 18, driving? (leg. sechad?). 
siu for re siu. 141. 



The Rennes Dindsenchas. Index Verborum. 



307 



slabra. 60, a hride-gift. 
slâucrechtach. 108. healedof tvoimds. 
sluag-rechtaire. 119, host-steward. 
snas-chur. -^2, a chip. 
so-mâin. 63, a vahtahU considération. 
sûili na mér (lit. the eyes of the fin- 
gers) knuckks. 62. 

taemad. 93, piimping eut, emptyin^. 

taes. 161, dough. 

taibleôir. 126, a slinger. 

tairbert. 109, vigoiir? ; 140, a hirth. 

taircim (to-air-icim). 117, I corne to. 

tairthugud. loi, an acconnt 

tamlaigim. 15,/ die of diseuse. 

tamnugud. 44, a lopping. 

tardarc. 70, îooking over. 

tarr. 59, hack? belly? 

tarrgraig. 127, 129, a journey. 

tartha. 5, dry? 

tascraim. 26, I sever. 

tathaim. 38, obiit. 

tathlaira (-laib?). 36, slinging? 

teidmnech. 127, pestUential , deadly. 

teinm. 31, ^0 eut. 



1. telau 104, loosing. 

2. telach Vb-'^n- sg.)- i § 31, « ^0^- 
loiv ? 

tinne. 120, an ingot, 

togerad. 117, girding at, gïbing. 

tôisech teglaig. 149, chief oj a house- 

hold. 
tortha, 117, comel toirche. 68, corne 

hither. 
treb-lucht. 36, hoiisehold. 
trechumasc. 6, a crowd? 
trefuilngid. 34, a strong upholder. 
tùarad. i § 5. 
tuaim. 145, a place. 
tuairse. 8, a rernnant. 
tuaithbel. 19, 140, withershins. 
tuathach awitch, acc.sg. tuaidig. 30. 
tucsat dia cind. 18, they swore by. 
tulchân. 136, a hillock? 
tul-chnâm. 102, frontal bone. 
turscur. 161, severance. 
turtur. 31. 

uaisnech. 7, sublime. 
uisine, temple (capitis). 88. 



^o8 Whitley Stokes. 



ADDITIONAL NOTES. 



Revue Celtique, XV, 

P. 391, 11. 21-23 " ^ roadway », etc. Perhaps the correct rendering is 
(t a right of way over Môin Lamraige, a right to eut timber over Brefne, a 
right to quarry stones in Meath, and a right to gather rushes over Tebtha ». 
If so, we hâve hère a proof that the Irish recognised servitudes, or, in the 
language of English lawyers, easements and profits à prendre. 

P. 295, 1. 19. The Ailbine is mentioned in theBook of Armagh, fo. 9'' i 
(« ad hostium Ailbine ») and in Adamnân's Vita Cohmihae, II, 4 (« ab illo 
riuulo qui dicitur Ailbine »). 

P. 296, note 4, add and, according to Thiébault's Mémoires, the Russian 
gênerai Suvaroff, after his triumphal entry into Alessandria, stript off ail 
his clothes, except his jackboots, and exhibited himself « naked as a rep- 
tile » to the bystanders. 

P. 298, 1. 10. Mide's object in cutting out the wizards' tongues was per- 
haps to prevent them uttering maleficent spells. So Tereus eut out Philo- 
meJa's tongue to prevent her revealing her sufferings. 

P. 301, I. 8. The gen. sg. Erota is probably nz Hirolae, Bk of Arm. 
I3b2, Iriiate, Trip. Life, 222, with the fem. article na hlritathe, LL. 207''25, 
na hirûade, LL. 90^', na hiruade, LL. loi^ jo. Zimmer's identification with 
A. S. Haredha-land (A. S. Chron. 787), ON. * HanidbaR, seems phoneti- 
cally impossible. 

P. 306, 1. 22. For the slaving of Aithechdach by Mael-odràin after he had 
been a year buried, see Kuno Meycr's Hihernica Minora, 73. 

P. 309, 1. 30. Shedding horns in token of grief is mentioned again, infra 
no. 123. 

P. 311, 1. 16. Tiicsat dia ciiid seems an idiom meaning « they swore by ;>. 

P. 312 (misprinted 412), 1. 14, ilurg hère seems to mean « in the 
rank ». 

P. 312, 1. 27, mar taidbsiii, lit. like a show, is an idiom meaning u in 
great quantity ». 

P. 325, 1. 4. The story of Nuada and his silver hand reminds one of the 
Açvins substituting an iron leg for the leg of Vispala eut ofï in battle. 

P. 332, 1. 4, after 4g insert and The Academy, Aug. 25, 1894, pp. 134, 135. 

P. 333,1. 6, as to Crimthanns mantle see further, infra No. 121 . 

P. 334, 1. 28. The « nuts of Segais » came from the nine hazels that 
grew there. See infra No. 59. 



The Rennes Dindsenchas. Additional Notes. 309 

P. 336, 1. 12. Sniiad = W. nudd, Lat. nuhes. Gris novv the river Griese. 

P. 422, 1. 7 add as is said of their names and customs and deeds in the 
Book of the Appellations of the Heroes of Leinster. 

P. 425, 1. 34, add Loch Lurgan now Galway Bay. The magical property 
of the Pool of the Bulls reminds one of the Carian fountain SalmaciSj 
Ovid. Met., 4, 286. 

P. 431, 1. 2. The river Slaine (now Slaney) rises in the co. Wicklow and 
flows into Wexford Harbour. 

P. 432, note 3. Or is it for airchinn « edge »? If so, translate p. 433, 
line 2 froni bottom « by the edge of the land to go round boundaries ». 

P. 434, 1. 17. O'Donovan (Four Masters, A.D. 858, note p. 95 1, note s) 
'■■s that Port Ldïrge takes its name from Laraic, a viking who plundered 
'It- "ling in 951. If so, the Dindsenchas was composed when the true 
etymology had been forgotten. 

P. 437, 1. 4. As to clearing places of trees cf. Psalm 74, 5. 

P. 438, 1. 29. For the sîory of Clidna and for Câilte's song see Silva Gade- 
lica, I, 178, II, 200-201. 

P. 444, 1. 6. Hère Tête, Roigne and Gabrân seem to stand respectively 
for Oenach Tête, Mag Roigni, and Belach Gabrâin. So Febal, No. 140, for 
Loch Febail. 

P. 450, 1. 28. According to O'Curry (Lectures, p. 477), there was ano- 
ther Srub Brain in the west of Kerry, and, if he be right, this is probably 
the Srub Brain hère mentioned. As Kuno Meyer observes. Nos. 50-5 S ail 
refer to régions in Kerry. 

P. 467, 1. 30. Gàirech and Ilgàirech « two hills in the neighbourhood of 
MuUingar, in the co. of Westmeath, where the List battle of the Tain hô 
Cuallngne was fought », O'Curry, Children of Tiiirenn, 174, note i6q. As 
to Gnirech see No. 120, Rev. Celt., XVI, 72. 

P. 469, after 1. 6 add Compare with this graceful legend the story of the 
birds of the lake of Savaddon in Giraldus Cambrensis' Itin. Cambr., I, 11, 
p. 34 of the Rolls édition. 

P. 470, 1. 23. add The swine that could not be counted may be com- 
pared with the circle-stones at Rollright in Oxfordshire, that cannot be 
reckoned twice the sanie, Folklore, VI, 26. 

P. 481, 1. 2, Mag iiAdair, now Park Myra, O'Curry, Tochmarc Monera, 
p. 157 n.: Loch Outra, now Lough Cooter, county Galway: Loch Cimme, 
now Lough Hacket. in the same county. 



Revue Celtique, XVI. 

P. 36, 1. 20. The twelve stonc-idols were probably fetish-stones. Crout- 
cruach may hâve been a wooden image (ïo'avov) covered with gold. 

P. 39, 1. 6. Furbaide with his horns reminds one of Zagreus. 

P. 46, 1. 3, nômad « a space of nine days ». Was this part of the story 
suggested by Leto's nine days' labour in Delos? 

Revut Celtique, XVL 22 



I 



310 Whitley Stokes . 

P. 141, 1. 27. Father Hogan tells methat Buaid was an ancient name of 
the Bann, so that Inher mBuada would he the mouth of that river. 

P. 145, 1. 5 from bottom. For another example of the baleful influence 
of a crime on the water of a well see Hawthorne's novel, The Hoiisc of tbe 
Seven Gables, chap. i. 

P. 146, penultimate line. Thèse stories of deaths from shame perhaps 
originated in the common tabu forbidding husbands, for a certain time 
after marriage, to see their wives unveiled. 

P. 1 53. As to drowning men in a flood of urine, see the Australian taie 
of Pundjel in A. Lang's Myth, Rituat and Religion, II, 5. For more as to 
the mythological use of this liquid see J . Darmesteter, Sacred Books of the 
East, vol. IV, p. Ixxxviii. 

P. 155, 1. 27, after substance insert with BB. 21-42 and. 

P. 165, 1. 25, after put insert upon her. 

P. 164, 1. I, add: Fraech, better Frôich, is hère the gen. sg. of a fem. 0- 
stem (like Lat.fagiis). When Bith died, his widows (of whora Fraech was 
one) came to Fintan, but he fled before them. Thereupon his vvife Cesair 
died of grief. 

P. 164. 1. 23, add for him. 



The Rennes Dindsenchas. Corrigenda. 31 1 



CORRIGENDA. 



Revue Celtique, XV. 

P. 276, col. I, 1. 7, for 499a read 496» 

279, 1.5, from bottom, for hill she would choose read choice hill. 
285, § 11-, for green read Gray. Father Henebry thinks that Glas Tem- 

rach was the name of a famous cow, and that it is hère a gloss 

on hô. 
287, § 28, 1. i, for ion read charioteer 

290, last Hne, for Luachair read luachair. 

291, 1. 3, /or Qrimxhaiun read Crïmthainn. 

297, 1. 2, for uais nech 7-ead uaisnech 

298, 1. 3, read « Sublime is he who is hère, etc. 
301, 1. 24, after Ross itisert Nair 

303, 1. iS, for South ofTara they set up, read Southwards from Tara 

they took their way 

304, 1. 2^, for what they left read whatsoever they found 
303, 1. 23^/or ron-maid enech read ron-maide nech 

306, 1. 8, dele [leg. it?] 

307, 1. 13, for sent her on a circuit ail read she ran four times 

1. 2 5, for Liber wentto her woerm^ Out of sorrow for him Liber 

went 
1. 25, the dia cumaid of the ms. should be corrected into dia chu- 

maid. 
1. 27, for Bricc read Bruicc. 
313, 11. 25, 34, p. 314, 11. 5, 6, for German read Garman 
515, 1. I, for now Wexford read in the south of the présent county of 

Kildare, Ann. Ult. 840, note 11. 
322, 1. 23, /or Forcarthain (bis) read Forcartain 
3J2, 1. i,/o/ ^. -''96 

333, 1. 6, /or Déa ben read Dé a ben 

334, 1. 20, /or shower 7-M(/ showers 

335, 1. 6, for ce read co 

421, 1. 4, for çocyiÀo; read cpây.Xo; 
/! 425, 1. 12, for oi read of{ 

[ 428, 1. 4, after kine iusert of one colour 

,' Notes I and 2 belong to p. 429 

450, 1. 7, for German read Garman. 
1. 17, for part read part ' . 

430, 1. 22, /or shining ' rcf?^ shining 



312 Whitîey Stokes. 

P. 431, 1. 3, /or was r<;at? lay. 

11. 6, 7, for the day that the lake will be born rmd on the birthday 
of the lake. 
432, 1. 1^1 for III rend II 
434, 1.4, /or huger than read as huge as 
441, 1. 8, for Fodb read Bodb. 
447, 1. 30, /or Crinthann rt'fl(i Crimthann. 
452, 1. 2, /or seem to rrai may 

457) 1- 9) /'''' ^1''^ ']\yi^ce. of the nuts is apparent on their purple bellies 
read it is the juice of the nuts that iscast up like crimson bubbles, 

462, 1. Il, for Athlo read Athglo 

463, 1. S, /or elsewhere rm^^ infra No. 89. 
465, 1. 18, for Fiachrac/; read Fiachwa 
467, 1. 4, for Fiachra read Fiachna 

1. 9, for to read as far as. 
471, 1. 2, froni bottoni read Brogarban 
475, 1. 2, after Islands insert are called 

483, I. 4, for whereover read wheresoever 

484, 1. i<^,for they were ail, read both she and they 



P. 



56, 
37) 
41, 
45- 
SI, 
53, 
54, 
68, 

75, 

76, 

77, 

138, 

148, 

149, 
150, 

160, 

161, 

162, 
163, 
164, 
166, 



Revue Celtique, XVI. 

12, for propritiated read propitiated 

25, /or Commaer's read Conmaer's 
ast line, for Rubne read Rubae 
The fîrst two Unes should be the last two lines. 
.11, for ganes read games 
. 14. for Becan read Buan 
. 21, for fer read for 
. 26, for came read were 
. 8, /or 125 read 123 
.13, for Lore read Lorc 
ast line, for sow read over 
. 34, for healed read sick 
ast line, for fr read fri 

. ic), for through the non\\oî read withershins in 
. I , jor to overthrow (?) them or to make them grant read to 

make them let him go or grant 
. 29, /or Britdr read Baitdr. 
. 12, for Liach happened 2 to be on Mag Léige, with read they and 

Liach met 2 on Mag Léige, and she had 
.11, for turned on read betrayed 
. 24, for survived read were after 
.23, add for him 
. 9, /or Cathbad read Eber 

Whitley Stokes. 



LE SORT CHEZ LES GERMAINS ET LES CELTES 



Tacite ÇGermama, lo) nous décrit une des façons de consul- 
ter le sort usitée chez les Germains : « Sortium consuetudo 
simplex. Virgam frugiferae arbori decisam in surculos ampu- 
tant eosque notis quibusdam discretos super candidam vestem 
temere ac fortuite spargunt; mox, si publice consultetur, sacer- 
dos civitatis, siri privatim, ipse pater familias, precatus deos 
caelumque suspiciens ter singulos tollit, sublatos secundum 
impressam ante notam interpretatur. » Ces notae sont sans 
doute des runes. Le mot seul de Buchstabe suffirait à prouver 
que les runes étaient habituellement gravées sur du bois. 

Barbara fraxineis p.'ngatur riina tahellis 
Onodquc papyrus agit, virgiila plana valet. 

[Fortunat. Carm. Vil, i8, 19). 

En norrois, rûnakefli ou simplement keJJi désigne les bois 
à sort. Kefii est devenu par emprunt, en écossais, keevil^. 

Le ter singulos ioJlit est confirmé par un passage de César 
(^De bell. gall., I, 53, 7). G. Valerius Procillus, interprète gau- 
lois de César, délivré des mains d'Arioviste après la victoire 
des Romains, raconte qu'on consulta trois fois le sort à son 
sujet : se pracsente de se ter sortibus consuïtum dicebat, utrum 
igni statim necaretur an in aliud tempus i-eservaretur : sortium 
beneficio se esse incolumem. 

Le même usage a existé chez les Gaëls et les Bretons. Le 
sort, consulter le sort est exprimé en irlandais par crann-chur, 
mot à mot, action de lancer le bois. (Tri bior-ghaoithe an bhais, 
réédit. par Atkinson, Irish manuscript. séries, vol. II, part I, 
j). 108,5 j crand-chur, The Passions and the Homilies from Leab- 
/' ^ar breac, éd. Atkinson. Voir Glossary.^ 

I. Sievers, Cnindriss der geriii. phil.,l, p 242. 



514 J- ^oth. 

En comique, la même idée est exprimée de même : Teulel 
pren myl wcl vyé, tirer au sort serait mille fois mieux : mot à 
mot, lancer Je bois ÇPassion, 2S/[j). 

En gallois, coelhren signifie également sort et est composé de 
coel pronostic, présage, et ào: pren bois. Silvan Evans donne des 
exemples de ce mot, usité encore aujourd'hui, tirés du Brut 
Gr. ab Arthur {Myvyr. Arch., II, 243), du Brut y Tyiuysogion, 
(>^, du Brut y Saeson {Myv. Arch., II, 534). Ces morceaux de 
bois qu'on lançait étaient évidemment, comme chez les Ger- 
mains, distingués par des signes. Le mot blaen-bren signifie 
privilège, bonne fortune et est composé de blaen, extrémité, 
sommet, priorité et de pren, bois (v. Mabinog., éd. Rhys-Evans, 
p. 145, ligne 23 ; ma traduction, tome \, p. 289, notes cri- 
tiques, p. 354; Lhwyd lui donne le sens de bonne fortune; 
Silvan Evans, Welsh Dict., id.). 

Le mot breton prendenn, qui s'igmûe fléau, jnalheur'^, et aussi 
méchanceté me paraît devoir être cité ici. Il paraît bien contenir 
également^ pren, bois, et est peut-être à décomposer en pren, 
bois et demi, pour tenu : action de tirer le bois, tirer au sort (et. 
le comique teulel premi). 

On a donné au mot gallois coelbren le sens d'alphabet, mais 
on ne trouve pas, à ma connaissance, d'exemple bien ancien 
de ce mot dans ce sens. (Je ne l'ai trouvé ni dans le Livre Noir, 
ni dans le Livre de Taliesin, ni dans celui a'Aneurin.) L'alpha- 
bet dit coelbren y beirdd ne se trouve dans aucun manuscrit 
avant le xvi^ siècle (Silvan Evans, Welsh Dict., au mot coel- 
bren, p. 839, 2^ col.). Néanmoins, si on se rapporte à ce qui 
précède, s'il est établi que le sort était consulté au moyen de 
morceaux de bois portant des signes gravés, n'est-il pas vrai- 
semblable qu'à une époque ancienne coelbren a eu, chez les 
Bretons, la même fortune que le buchstabe chez les Ger- 
mains ? J. LOTH. 

I . Vie de Sainte Notin, éd. Ernault, vers 11 90: 
pehe:^ prendenn so disqiiennet; 
Cf. Ix Grand Mystère de Jésus, p. 64: 

Cargnet a prenden 
Jn^as oa ho pcnn 
Il y a une variante ^rt'rff/; ; mais k (orme prenden est assurée par le passage 
ci-dessus de Sainte Nonn. 



LA DÉSINENCE BRETONNE 



PREMIERE PERSONNE PLURIELLE 



I. La désinence de la i'^ pers. plur. est en breton -ni ou 
-mp, tant pour les formes verbales que pour les prépositions 
combinées avec leur régime : karoni{p), nous aimons, om(p), 
nous sommes, karein^p), nous aimions, deom(^p), à nous, 
ganeoinÇp), avec nous. 

Les langues celtiques présentent, sur ce point, de notables 
divergences. On trouve en gallois -m dans y m, carem, gennym, 
mais -n dans carwn, yn, à nous. Le comique a toujours -n : 
caryn, on, car en (et non carem, Loth, Essai sur le verbe néo- 
celtique, 70), thyn, genen. 

Le vieil-irlandais, plus varié, offre, dans la conjugaison ac- 
tive, 1° -m simple final : no charani, nous aimons, caram, ai- 
mons; 2° -m dur final : -hiamm, que nous soyons (Wh. Stokes, 
The neo-celtic verh suhstantive, 33); 3° divers suffixes commen- 
çant par m dur, comme carmnie, nous aimons, animi, nous 
sommes, no charntmîs, nous aimions ; 4° -n final, provoquant 
l'aspiration d'une consonne suivante: bân, soyons {Verb sub- 
stant., 19, 53). Les prépositions prennent uniformément -n 
dur ou -nn, nd : dûn, à nous, linn, avec nous, diin, dind, de 
nous. 

2. D'après M. Brugmann, Grundriss der vergleichenden Gram- 
matik der indogermanischen Sprachen, II, 1354, 1355, les m 
durs de l'irlandais sont dus à l'analogie de la forme ammi, où 
-mm- vient de -sm- (racine es, cf. Verb substant., 43), la pho- 
nétique exigeant l'aspiration de tout m primitivement entre 



5 16 E. Ernaulî. 

voyelles. Les m du gallois, qui devaient être redoublés à l'o- 
rigine (car en cette langue /// entre voj^elles devient v), re- 
monteraient aussi à -s>ii-, par exemple dans yni, nous sommés, 
caroiii, nous aurons aimé. L'auteur cite M. Thurneysen, qui 
soupçonne dans les formes verbales galloises en -m l'influence 
d'aoristes et d'injonctifs ayant la caractéristique s. 

M. Stokes, Vcrb suhst., 40, 50, rappelant une observation 
faite par M. Thurneysen, Revue Celtique, VI, 145, pense que 
Vm dur peut représenter phonétiquement, en irlandais comme 
en gallois, un /;/ intervocahque suivi de Taccent; ainsi le gall. 
ym, nous sommes =:: sanscrit iinâs, nous allons ; buani, nous 
fûmes = habbûviniâ. 

Il en était peut-être de même quand Vm venait après une 
liquide. M. Stokes distingue, UrkeJfischer Sprachschati, 114, 
l'irl. gorni, chaud, rouge, = *gormos, de gorm, bleu, nomina- 
tif plur. gormma, gall. gwrm, noir, brun, ==; *gorsiiios ; ne se- 
rait-ce pas un seul mot, *gormôs, cf. Gspixdc ? 

3. On explique le gall. cariun par *cariuf-n, de *caroni. (par 
m simple, =: irl. canwi), avec addition d'un n de nature pro- 
nominale. Cette forme remonte peut-être au vieux-gallois : 
ceinmicun, nous honorons, ou honorons ? Beitrage de Kuhn et 
Schleicher, IV, 385, 35e (cf. iohuii, adorons, Rev. Celt., VI, 
53). Mais dans ceinmicun le sens seul du radical est certain: 
cf. vieux-bret. Kenmicet, Cartulaire de Redon^ 75, gall. ceinmy- 
gedig honoré. Le contexte n'est pas clair; peut-être guorsed 
ceinmicun veut-il dire « siège d'honneur », cf. irlandais 
i//;///r/';/, déshonneur, mépris, Stokes, Beitr. de Bezzenberger, 
XVIII, 62. 

Le vieux-breton ne présente que docondoinni ou docordomni, 
nous écartons, dont on peut se demander si Vm était doux ou 
dur. Cette dernière explication me paraît la plus probable. 

4. L'absence de formes en ;;/ après les prépositions, dans 
l'irlandais, me f.tit penser, comme M. Richard Schmidt, Indo- 
germanische Forschungen, I, 52, que le gallois et l'armoricain 
les ont empruntées à la conjugaison, et qu'elles n'ont rien à 
faire avec y.\}.\}.t. Les Trécorois ont étendu cette désinence ver- 
bale au pronom sujet: ils disent ni-m(p), nous; c'est le pen- 
dant de i-nt, eux, gall. hiuy-nt, v. irl. sîa-t (cf. l'italien ^^//-?zo); 



La première personne du pluriel en breton. :; 17 

rappelons encore etré~out, entre eux, à Landerneau, de etre:^o^ 
et getcfit, avec eux, à l'île de Houat, de gete ; Loth, Chresio- 
maihie bretonne, 365, 375. Le dialecte de Tréguier a aussi, 
sous l'influence des formes prises par le pronom après les pré- 
positions, modifié le mot on, notre, à nous ; par exemple om 
noat, notre âge, om deus, nous avons, pour on oat, on deus. 

L'exception unique faite par le gallois en faveur de yn pro- 
vient, comme l'a vu M. Schmidt, de ce qu'au singulier on dit 
ym à moi, forme dont l'antiquité est assurée par le comique 
dym et le v. irl. domm, tandis qu'on a, par exemple, en gall. 
gcnnyf, avec moi, comique genaf, comme en breton moyen 
gueneff. M. Stokes a expliqué cette différence de traitement 
par une différence de cas dans le pronom régime : donim, 
duinni = *du m'b' , *fu mibl (datif), avec un b qui manquait à 
l'accusatif {Cdtic Declension, V^ éd., 102). Le breton moyen 
avait déjà passé le niveau sur cette ancienne distinction, et mo- 
delé diff sur gueneff. 

5. Le^ final est spécial à l'armoricain. Il a une variante, 
b, fréquente surtout en vannetais : e hranib, nous faisons, 
Grammaire de Guillome, Vannes, 1836, p. 57, etc. On lit 
a-rampp, id., avec deux p, Dictionnaire de l'A., v. lof. Quelle 
est l'origine de cette consonne adventice ? 

M. Stokes a, je crois, trouvé la vraie solution, en expliquant 
que -mp vient de la forme augmentée au moyen du pronom 
ni : caromni, puis carompni, d'où caromp à côté de carom {Mid- 
dle-Breton Hours, 91; The Breton Glosses at Orléans, n° 221; 
Verb subst., 51). Il a rapproché le bret. moy. columpnenn, dani- 
pnaff, byinpn, colonne, damner, hymne, et les mots bas-lat. 
sompnus, sollernpn itas . 

On peut ajouter le moy. bret. condampnet, condamné, 
Sainte-Barbe, 342, Poèmes bretons, i (= condamnet, Saint-Gwe- 
nolé cité par D. Le Pelletier, v. giuitibunan) ; dampnacion, 
damnation. Poèmes bretons, 239. Le ^ de ces mots subsiste 
encore en petit Tréguier ; on emploie dampet, damné, dampa- 
sion, damnation, dans les jurons, comme équivalents anodins 
de damnet, daonet et de daonasion. Le groupe -inn- a perdu 
également son n dans le moy. bret. amneseuc, anieseuc, voisin, 
aujourd'hui anie:{ck. Cf. tréc. asamcs, ensemble, de asambles. 



^ i8 E. Ernault. 

6. M. R. Schmidt, qui a recherché l'origine des formes en 
-mp, Idg. Forsch., I, 50-59, ne mentionne pas l'expHcation de 
M. Stokes, qui a été aussi adoptée par M. de la Villemarqué. 

Il rapporte une hypothèse de M. Windisch, d'après laquelle 
caro-m-p serait une sorte d'accommodation de carom à la 3^ 
pers. plur. caro-n-t (p. 5 1) ; ce qui n'a guère de vraisemblance. 
Lui-même a cru trouver dans le doublet lamm et lamp, un 
saut, la preuve qu'une finale bretonne par m dur peut se 
transformer en -mp, soit spontanément, soit dans certaines 
circonstances syntactiques (p. 55-57) ; les combinaisons m-{- s, 
in -f- r, donnant quelquefois -mps-, -mpr-, en breton moyen (p. 

57, 58). 

M. Loth pense également. Les mots latins dans les langues 
hrittoniques, 180, que le vannetais lampat, sauter, vient de 
*lamhàt, dérivé de lamm, par « un phénomène analogue à 
celui qui a développé p après les premières personnes du plu- 
riel en -om, -am » . 

7. Il me semble que si lamp, lampet dérivaient phonéti- 
quement de lamm, lammet, on trouverait d'autres applications 
de la même loi dans des cas absolument semblables, comme 
bret. moy. hram, bramet ; cam, camhet, un pas; cam, courbe, 
camel, courbé, boiteux; tam, tammaou ; estlam, estlammet ; flam, 
flammet ; sam, sammaff, etc. Or, cela n'a jamais lieu dans le 
breton moyen, qui, du reste, connaît seulement lam et lamet, 
et non lamp ni lampet. Le plus ancien exemple que je sache de 
ces dernières formes se montre dans la devise de Le Brigant 
sur la tour de Babel : a hann a lampas c'est d'ici que (le cel- 
tique) s'est élancé, Observations fondamentales sur Us langues 
anciennes et modernes... par M. Le Brigant, Avocat... A Paris, 
chez Barrois l'aîné... M.DCC.LXXXVII, p. m, etc. 

Le breton moderne n'est pas plus favorable à l'identification 
de lampet avec lammet : on n'a pas cité un seul exemple du 
même genre. Aussi l'explication de lampet par l'influence de 
lamp, glissant, sur lam, saut, chute, lamet, sauter, Glossaire 
moyen-breton, v. lampr, me paraît-elle encore la plus probable. 
Malgré le dicton populaire ranplaTi ne qe kouéan, « glisser 
n'est pas tomber », l'un est souvent le préliminaire de l'autre, 
et les deux idées s'expriment en latin par le même mot lapsus. 



La première personne du pluriel en breton. 3 1 9 

On peut admettre qu'une des causes de la confusion qui a 
eu lieu ici en breton moderne a été l'expression étudiée à un 
autre point de vue par M. Schmidt, p. 56, d'ann daou latnm 
ru:(^, au grand galop, dont d'ann daou-Jamp ru^ est une variante 
légitime. 

8. Car le passage de -mr- à -mpr-, dès l'époque du moyen- 
breton, est un fait réel, qui appuie d'ailleurs l'explication de 
-mpn- par -mn-. Seulement l'unique exemple qu'en ont cité 
M. Stokes (Middk-Bret. Hours, 91) et M. Schmidt (p. 57) ne 
me paraît pas bien établi. Il s'agit du bret. moy. quempret, 
compret, prendre, qui viendrait de *quenin't ; M. Schmidt croit 
à tort cette dernière forme attestée, parce que M. Loth l'a 
imprudemment donnée sans astérisque, Chrestomathie bretonne, 
54;, 69. Je ne vois pas de raison qui force à interpréter la la- 
biale de quempret, compret =* com-bre-tis autrement que celle du 
moy. bret. tricombout, maison de trois chambres, vieux-bret. 
compot, territoire, commune, = *com-bu-tis, ou du bret. mo- 
derne camby, campy, intérêt, usure, = cambium (GJoss. moy.- 
bret., V. campy). 

Je citerais avec plus de confiance, comme exemple de l'in- 
tercalation de/) entre m et r, le bret. moy. et moderne darem- 
pret, visiter, fréquenter, gall. darymred. Le vieux-bret. arimrot, 
« functus est (pontificatus officio) » est, je crois, le parfait d'un 
verbe semblable, *ar-im-ret, = gall. arymred, action de courir 
autour; cf. Revue Morbihannaise, III, 377. Il est vrai que im, 
em vient de ambi = v. irl. imb-, imm- ; mais c'était, dans 
* (d)-ar-im-ret , un élément distinct et toujours senti comme 
tel, qui s'était fixé sous une forme où le b primitif n'existait 
plus ; c'est ainsi que *cainbos était devenu cam, courbe, dès le 
vieux-breton, sans variante *caî}ib. 

9. Pour prouver le changement de ms en nips dans le bre- 
ton moyen, M. Stokes avait cité camps, aube de prêtre; coms, 
comps, parler; on peut ajouter Sampson, Samson ; amser et 
ampser, temps. 

M. Schmidt compare rems, remps, « durée de la vie de 
l'homme », Troude, à l'irl. moyen renies, moderne réimheas, 
temps, période; mais la qualité différente de 1';;/ lui fait se 
demander si l'armoricain ne serait pas emprunté à l'irlandais. 



?20 E. Ernault 

Le breton moyen avait remsy, remsi et rempsy, temps, vie, cf. 
mon Dictionnaire étymologique , à la suite du Mystère de Sainte- 
Barbe. Il n'y a aucune raison de croire ce mot de provenance 
étrangère ; l'm de camps = camisia était également intervoca- 
lique, ce qui ne l'a pas empêché de subsister, en s'appuyant 
sur l'j suivant ; cf. moy. bret. hiffuis, hiuis, chemise (de femme), 
qui représente aussi camisia. Le même foit se montre dans le 
vieil-irlandais caimmse. Il est vrai que c'est là, comme camps, 
un mot savant. Mais on peut expliquer encore coms, comps, 
parler, par * co-m's-, cf. le comique cewsel. De plus, remsy, rems, 
paraît n'être pas isolé en breton. 

L'irl. remes, réimheas, se décompose en ré, temps, espace, et 
mess, mesure. On peut comparer en cette langue roimse, perche, 
O'Reilly (cf. meas, « a rod for measuring a grave », O'Clery), 
que j'assimilerais au breton vu rams, « un homme à longues 
jambes », Nomenclator de 1633, p. 273, ramps, « homme ex- 
traordinairement haut », Grégoire de Rostrenen, rampsed, 
géants, abbé Henry, Gènes, Quimperlé, 1849, p. 31; de*ro- 
nis-, grande taille, grande mesure. 

10. Cette tendance du breton à conserver Vm devant un s, 
sans doute aussi devant d'autres sons voisins, aiderait à com- 
prendre l'absence d'un correspondant armoricain exact au pré- 
fixe négatif comique et gallois af-, irl. et écossais amh-, de 
a)n-. On attendrait *av- ; mais d'après ce que nous venons de 
voir, il n'y a pas à s'étonner de trouver am-, dans des cas 
comme amsent, désobéissant, P. Maunoir, D. Le Pelletier, 
amsént, P. Grégoire, amsent, a7n::^ent. Le Gonidec. On peut 
admettre encore la légitimité de Vm dans les mots comme 
moy. bret. aindere, déréglé, amdereat, inconvenant ; amsere, id.. 
Doctrinal de 1628, p. 124; am::^cre, am:^eread, indécent, Grég.; 
le d était là un archaïsme orthographique, sauf pour certaines 
localités, surtout du dialecte de Tréguier. Cf. aussi amgestr 
(cheval) difficile à manier, etc., Grég., aiujcstr, Troude, de 
gestr, geste. 

Partie de là, la forme am- se sera étendue à d'autres com- 
posés qui devraient avoir av-, par exemple amlavar, qui parle 
difficilement, Supplément aux dictionnaires bretons, Landerneau, 
1872, p. 48, à côté du comique aflauar, qui ne parle pas. 



La première personne du pluriel en breton. 321 

muet/gall. afiafar (y. irl. amlabar). La généralisation de 
Vam- négatif a été favorisée, du reste, par ce fait qu'il y avait 
en breton un autre préfixe am-, par m dur (= anibi), dont 
certains emplois prêtaient à la confusion. Ainsi le mot amc'hou- 
lou, « contre-jour, lumière opposée à quelque chose » Grég. , 
formé comme en grec àij.fpiX'j/,-/;, crépuscule, a pris, par exten- 
sion, le sens de « privation de lumière, obscurité, ténèbres », 
Grég.; au contraire, dans le correspondant gallois d'à[j.cptÀijxYj, 
ce sont les rayons qui sont complètement dégagés des ombres : 
amlwg veut dire « tout à fait clair, qui se trouve en pleine lu- 
mière ». 

II. Lamp de ïamm serait plus soutenable que lanipet de la- 
met ; car on lit dans Sainte-Nonne une fois chomp pour chom, 
rester, et deux fois expmp pour expm, besoin. Ce sont là des 
indications sur la prononciation du copiste; mais l'auteur 
avait songé aux formes ordinaires dans les deux derniers cas, 
puisqu'il fait rimer ezpmp en om; chomp est en dehors de la 
rime. E^omp se trouve encore, Sainte-Barbe, 67, comme va- 
riante, au xvii"^ siècle, du mot g:(om^ que porte l'édition précé- 
dente, et qui est aussi exigé par la rime. L'existence de e~omp 
au xvi^ siècle est fort probable; je n'en dirai pas autant de celle 
de dérivés comme *e::^ofnpoi{y *eXpmpec, qui n'ont laissé de traces 
nulle part. Le plus simple est d'attribuer cette double pronon- 
ciation c:^om, e~omp, à l'influence des formes fréquentes et mul- 
tiples en om et omp pour omp-ni, comme deom, deomp-ni, deomp, 
« nous venons »; « venons! » et « à nous ». De même en 
vannetais er memb ton, le même air. Choses a gannenneu... 
Vannes, 1835, p. 210, ur memb action, une même action, 102, 
mé-menib, moi-même, 92, ean-memb, lui-même, 3, = mcm, 210, 
même, 89, l'A., etc.; peut-être aussi quemb-oh-quemp, mesure 
pour mesure, qiiemb, choix, différence, l'A., ■= quem oh queni, 
« troc, troc », Chai, ms., kem, changement, Livr el labourer, 
26, etc. (== camby, campy), cf. d'emb, à nous. Grammaire de 
Guillome, 91, etc. Remarquons bien que cette addition de b 
ou p est toujours finale; ainsi le van. béndém, vendent, mcndém, 
vendange, mi^ béndém, septembre, Grég., miss-menndém, l'A. 
est écrit me}îndemp,'w'mée, meendémp, vendange, l'A., ce qui 
semble appuyer l'explication de ianip par lamnt ; mais le p ne 



3 22 E. Ernanlt. 

passe point aux dérivés : plur. menndemeu, meenndêmeu ; ineenn- 
démein, vendanger, meenndêmour , vendangeur, l'A., etc. ; une 
variante lamp de lamui n'est donc pas suffisante pour expliquer 
lampet. 

Une ancienne finale -w/)peut, inversement, alterner avec -;«, 
Le moy. bret. tem, moment, qui rime en eni, vient de *temp 
=: tempus, cf. gallois tymp, grossesse ; le bret. moderne a pentp 
et pem, cinq, comme le gallois pump et puni ; skoemp et skocm, 
scabreux, etc. Mais, encore ici, l'état primitif est fidèlement 
conservé dans les dérivés. Ainsi le diminutif des deux derniers 
mots Gsipempiq, osselet, du plur. pempigho, cinq petites (pierres); 
shoeinpiq, un peu délicat, etc. 

12. Je mentionne seulement pour la curiosité du fait l'équi- 
valence de -11, -m et -mp, dans les désignations galloises du 
butor : aderyn y biun, adcryn y bumi et aderyn y hiump. Natu- 
rellement, il ne faut pas songer à voir là le pendant du rapport 
entre le gall, carwn et le bret. karom, karomp. M. S. Evans 
explique ces mots par une onomatopée du cri de l'animal : 
« l'oiseau qui fait boum ! » et dit qu'en anglais provincial on 
l'appelle également bitter-bunip. Bwn se retrouve dans l'irl. 
bunnàn, et en bret. dans boungors, Nomenclator, 38, Grég., 
boTigors, boungors, Le Gon., etc.; biuin, hiump, d'où bwmp y 
gors, id., littéralement « le butor des roseaux » (cf. l'allemand 
Rohrdomriiel^, dans bom-gors, D. Le Pelletier. 

E, Ernault. 



DIALECTICA 

(Suite.) 



m. 



LE BRETON DE QUIBERON. 

Ce serait une illusion que de croire que le breton dialectal 
écrit répond exactement au langage parlé dans un endroit pré- 
cis et déterminé. Le vannetais écrit, par exemple, se rapproche 
assurément du breton parlé aux environs de Vannes, mais il 
se distingue par un ensemble de traits qu'on ne saurait loca- 
liser dans une même commune ni dans un même canton. Le 
breton dialectal écrit ne représente donc un type vrai et réel 
que si on le cherche dans l'ensemble ou dans une notable par- 
tie de la zone dialectale ; c'est un type convenu, si on veut 
le localiser. Il n'y a pas de dialecte où le langage écrit couvre 
plus de divergences curieuses et nettement accusées qu'en 
vannetais. 

On se contente, pour le vannetais, de deux grandes di- 
visions : le haut-vannetais et le bas-vannetais. 

Par bas-vannetais, on entend le territoire compris entre le 
Scorffet l'Ellé, avec une bande de terrain variant de une à 
trois lieues de large sur la rive gauche du Scorff. Les lecteurs 
de la Revue Celtique se rendront facilement compte des impor- 
tantes différences qui séparent les deux zones en se reportant 
à mon article : Remarques sur le bas-vannetais {Revue Celtique, 
VII, p. 171). 



324 J- Lotli. 

Cette division est tout à foit insuffisante. Le haut-vannctais 
se scinde en deux groupes très différents que j'appellerai groupe 
maritime qi groupe intérieur ou méditerranéen. 

Le groupe maritime comprend la côte est, c'est-à-dire la 
presqu'île de Rhuys, le golfe du Morbihan, avec les îles de 
Houat et Hœdic, la presqu'île de Quiberon^ Le breton de 
Batz, dans la Loire-Inférieure, lui est étroitement apparenté. 
Le breton de l'île de Groix s'y rattache aussi, malgré de no- 
tables différences, par des affinités particulières. A l'intérieur, 
les traits les plus saillants de ce groupe ne se rencontrent plus, 
si je ne me trompe, au nord de Vannes et d'Auray. Ils me 
paraissent acquérir leur maximum d'intensité à Quiberon 
même. J'ai recueilli les matériaux de cette étude de la bouche 
de M. Le Quellec, instituteur à Guémené-sur-Scorff, natif de 
Saint-Julien, en Quiberon, aujourd'hui décédé, et de M""^ Le 
Quellec, originaire de la presqu'île et en possédant bien la 
langue. Les exemples en breton de Sarzeau (très voisin de 
celui de Quiberon, surtout le breton de Saint-Gildas de Rhuys), 
sont tirés du travail de M. Ernault, Le dialecte vannetais de 
Sarzeau {Revue Celtique, III, pp. 49 et 232). 

Je note le timbre des voyelles; c sans notation représente e 
français dans h, petit ; iv exprime // consonne. La voyelle na- 
sale est surmontée du tilde; c qi g sont durs; surmontés d'un 
accent (/', fj), ils représentent des palatales extrêmement iota- 
cisées, qu'on pourrait prendre poiw tch et dj-. 

Les traits caractéristiques du breton de Quiberon sont les 
suivants : 

1° Les voyelles fermées dans les autres dialectes deviennent 
encore plus fermées : e final et médial devient / .• final de- 
vient ou (a fermé tend 'xo, etc.); 



1 . Je n'ai pu encore déterminer avec précision ses limites ouest. Il paraît 
s'étendre avec des traits un peu atténués jusqu'à l'embouchure du Blavet. 

2. De fait, on peut s'y tromper et on s'y est trompé. Une observation 
attentive, au moins pour Quiberon, m'a convaincu que c'est une illusion. 
M. Dottin me fait remarquer que les sons intermédiaires entre /ry, 07 et ts, 
dj se retrouvent dans certains dialectes français, par exemple dans le patois 
de Montmartin-sur Mer, Manche (cf. Annales de Bretagne, X, p. 95). 



Dialecîica.' 325 

2° Les consonnes sont nettement palatales ou vélaires, sui- 
vant la nature des voyelles qui les accompagnent. 

Devant e palatal (= ï, è, mais non e = = p = ^), la 
palatalisation se traduit par le dégagement d'un i qui forme 
diphtongue avec e. Quand la consonne qui suit e est r ou 1, 
g devient simplement i; 

3° ou, se diphtonguent; si est fermé, la diphtongue est 
fermée; elle est ouverte, si est ouvert. 

4° e se brise en ia, quand il est suivi de r, 1 ou s ^\- con- 
sonne, ou de lu, c'est-à-dire quand il est nettement ouvert . 

Les phénomènes 2° et 3° sont indépendants de l'accent. 

L a) ç final devient / ; carôti, affection, amour, ■=! bas- 
vannet. carante, léon carànte:^; môni, montagne, = 
bas-vannet. màne, léon. niene^^; Dui, Dieu, = bas- 
vannet. Doe ;asi, =- léon. a^ç {en-drahi, cette chose- 
ci, en din si, cet homme-ci) ; begali, enfants ==: bas- 
vannet. léon. hugale; gwiriôni = bas-vannet. gwi- 
rione, léon. gwiriône:^; mi, je, moi = bas-vannet. 
me; ti, tu, toi, = te^, etc. 
b^ ç suivi de r ou de / devient /; il devient également i, 
quand il n'est pas en position, et qu'il répond à un 
e bas-vannetais ou haut-vannetais : r^r/r, on aime, 
= bas-vannet, carer ; din = bas-vannet. den ; bid, 
monde, = bas-vannet. bèd; givil, fête, = bas-vannet. 
giuçl ; iiuil-, haut, = bas-vannet. iivel; i::jl, bas, = 
bas-vannet. i:^el ;tiiv, épais, = bas-vannet. tçù'; giuis, 
truie, = bas-vannet. gm::^; sic'h, sec, = bas-vannet. 
sec'h; caminir, tailleur, = bas-vannet. cemener, 
(vec r palatal); miwil, serviteur, =haut-vannet. inté- 
rieur mewel ou mewçl^; digivinir, vendredi, sup- 
pose une forme antérieure digimier, =^ bas-vannet. 
digwener ;diivic'h, journée, =^t'H'cc7;; bihir, bâtons = 

1 . On voit à quelles erreurs on s'expose en se servant de formes dialec- 
tales, sans connaître à fond la phonétique du dialecte dont on se sert : mi, 
ti, ne peuvent être identifiés avec mi, ti, gallois. 

2. Cette prononciation de / répond, comme le fait remarquer M. Dottin, 
à celle de l vélaire, en irlandais, précédé de i, c'est-à-dire à -aol moderne. 

Revue CeÏHcjue, XVI. 23 



5 26 J- loth. 

haut-vannet. hihier, léon. bizjer ; cihir, =^haut-vaii- 
net. ciher, cihier, léon. cimier ; pirag , = haut vannet. 
perag ; pinaïus, =■ haut-vannet. pçuos; mi gemt- 
rou, je prendrais haut-vannet. îiie geuierou. — Pour 
les exceptions, voir IL 
Pour donner une idée exacte de la prononciation de 
-// -17' final, il faudrait supposer un petit e muet 
avant 1, r, s : miwfl^ ixi'^l ; de même pour c'h : sfch, 
hufc'h, six, = bas-vannet huec'h^. 
c) Q final devient ou : mi ^ou, je suis = m^ :{ç brou =^ bas- 
vannet. léon, brç; irou, = bas-vannet. léon. frç 
ero^. 

IL Palatalisation exprimée par i (l'accent ou plutôt ici 
l'élément sur lequel la voix appuie est e^ : 

moaricb, toute, = bas-vannet. moereb ; 

mabiet, les fils, plur. de màb; 

Gwiniet, Vannes, = bas-vannet. Givenet ; 

moagiet, fumée, cf. bas-vannet. mçget (^palatal); 

giveliet, voir, = bas-vannet. léon. giuelet ; 

mirhiet, filles, = bas-vannet. merhiet, léon. merc'hed; 

riedied, courir, = bas-vannet. léon. redec; 

pi gon::jct, quand vous parlez, = léon pa gO}7i:^et : 

picmpied, cinquième = bas-vannet. pempet ; 

7i5deliec, Noël, = bas-vannet. nedelec, léon. nçdçlcc ; 

carieg, plur. cerieg, rochers, = léon. carreg, cerreg; 

ca:^iec, jument, pi. ce^iec, :=■ bas-vannet. léon . ^fl';^^^^ 
ce:^ec. 

Cf. à Sarzeau, pieniicc, quinze, pien:^iegviei , quinzième. 

Devant s, il m'a semblé que l'accent était sur / et que 
e était une voyelle atténuée : 

magerics, nourrice, ==: haut-vannet. magerçs; 

santi^s, sainte, = haut-vannet.; j^/cj^ bas-vannet. santés; 



1 . -ir pour cr existe dans une étendue notable du haut-vannetais inté- 
rieur. A Sarzeau, on a simplement -il, -ir, -ic'h. 

2. ou == final est commun à tout le haut-vannetais. Ce phénomène se 
montre également en Goello. 



Dialectica. • 327 

inies, île, = léon. enex^, etc. M. Ernault transcrit pour 

Sarzeau par une diphtongue pure. 
Devant m, «final (n non nasalisée), on a, à Quiberon, 

ia (Sarzeau ié) : 
piamp, cinq, = bas-vannet. peiiip; 
courhian, peau, = bas-vannet. léon. crohcn, croc'hen; 
axian, âne = bas-vannet, léon. a7;en; 
dieJian, feuille, =::: bas-vannet. âçlcn ; 
oavirian, messe, = haut-vannet. overen ou ovçyçn; 
louogoadian, souris, = logoden, bas-vannet. logodoi (le 

premier est ouvert par assimilation; gall. llygodeii); 
pe viaii, lorsque je suis (présent d'habitude) = bas- 
vannet. pe mu, etc. 

Remarque i : n suivi de voyelle palatale donne /// ou 
gnmjàw ou gnà, ciel, = bas-vannet. new; 
Sarzeau, inà, âme, = bas-vannet. inàiv; 
unec, onze = bas-vannet. wenec. 

Remarque 2. Lorsque e suivi de r se trouve en position 
dans le corps du mot, au lieu de donner f, il se diph- 
tongue : mi gemirou — me geiuçro, maïs de gemier't, pour 
prendre = de gemeret. 

Exception i . A Quiberon^ les diphtongues anciennes 
ou existant en moyen-breton, réduites à un son simple, 
échappent au phénomène de palatalisation : lec'h, lait = 
moyen-bret. lae:;^, gall. llaeth ; santelcc'h^, sainteté = 
léon. sante!ei=^*santolaetb ; her, village, ville, = moyen- 
bret. caer ; 1er, voleur, = laer, moyen-bret. /a^;-. ; àwç, 
repos du bétail, = léon. ecljoaz^, gall. ecbiu)dd ; ermç:(^, 
dehors, halen, sel., = vieux-cornique, haloin^-; Kibiren, 
Quiberon, =^ Keberoeii (cart. de Redon). 

oe s'est réduit à une palatale, en passant par -fie dans 
tieni (sarzeau), chaud, bas-vannet. com, — gall t-wyiit. 

1 . Sarzeau, sauteïiec'h, z'. III. 

2. -oin, en syllabe finae non accentuée, a donné en comique, en gal- 
lois et en breton -en, comme le montrent halen (dialectalement, en breton, 
hoalen, Jjokn); cf. vieux-gallois niahariiin, bélier, moyen-gallois (Lois) >na- 
haaen, gallois-moderne maharen, myharen. 



328 .y. Loîh. 

En dehors des cas précédents, à Sarzeau, comme à 
Qiiiberon, les deux mots calct, dur, et clîvetj maladie, 
forment exception. Pour clJvet, la nasale dans la syl- 
labe précédente paraît en être la cause : Sarzeau èhuçl, 
haut, ?;^t'/, bas, tèhuel, épais, =Q_uiberon, ibui^l, i^i^l, 
tiwi'^l. Pour calet, l'explication est plus difficile ; e paraît 
être pour une voyelle non palatale : Gloses de Luxemb. 
caJat (cf. vieil-irl. calath, irl.mod. cnlad). 

Les participes passifs en -et à Quiberon, comme à 
Sarzeau, forment une importante exception. A quoi 
l'attribuer ? Faudrait-il supposer un type apparte- 
nant à la déclinaison en -a- (peut-être même ter- 
miné en -io : caret = carat io- (cf. le participe irlan- 
dais en te^y 

Exception 11. e non palatal = = à = â, régulière- 
ment ne provoque point de palatalisation : bçlôc, 
prêtre, = hfig^os; ■=z.*bacIàco-; hiegec {biegôc^, niais, dç- 
rivé Qn -àco- de bec, honche ; pienec, têtu; piscet, pois- 
sons (piscôt^^, = gall. pysgod, pysgaud, = phcâtus, pis- 
câtio ; birdet, longueur (-dot, = gallois -daiudr=. -*tati). 

Les noms en -ec marquant endroit ensemencé de 
tel ou tel produit, primitivement en -Icâ, ont été assi- 
milés aux noms en -âco- : irviiioc, champ de navets. 

Il est impossible de ne pas être frappé des rapports de ce 
vocalisme avec celui de l'irlandais. 

IIL donne ouo; ç donne oa ; e donne /rt. 

a): din couoc'h, homne- vieux = léon. dên cô:y, bas-van- 
net, den côch, couc'h ; coac'b troiv, mauvaises, vieilles 
choses, ==: léon. ro:^ traou, bas-vannet. cçc'h traou; 
ascouorn, = léon. ascourn ; 
iscouob, évêque, =^ escçb ; 



1 , Les participes gallois en -edig remontent vraisemblablement à une 
forme en -alico- ou -aticio-. 

2. De même en bas-vannetais : pescet, avec c vélaire, mais m'eset — (ne) 
m'es cet, je n'ai pas. 



Dialectica. 529 

mouçr, mer, = bas-vannet. niÇw ; 

douor, porte, = bas-vannetais Jôr ; 

nouas, nuit, = bas-vannet. nô:{ ; 

foiiçrn, four, = léon.Journ; 

couQC, coq, = côg ; 

touoret, brise = tçret. 

Devant /, on entend une demi- voyelle e : apostoel, apôtre. 

Au lieu de disadouorn, samedi, on entend disadôeni ; 

Idhiern pour louarn, renard, haut-vannet. luern. 
Exceptions: moc'h, pourceaux, clçc'h, cloche, bçch, 

joue. 
b) coarn, coin, corne, = bas-vannet. léon. corn ; 
hast, queue, = bas-vannet. léon. Içst ; 
oavirian (wavirian), messe = haut-vannet. overen; 
loHOgoadian, souris = *loggden ou *lngoden (cf. gall. 

llygoden, irl. luch ; en bas-vannet. dans logoden, la 

première voyelle a été assimilée à la seconde) ; 
Goaviriôw, les ruisseaux (nom de lieu de Quiberon, 

endroit où coulent plusieurs filets d'eau) = *govçi-, 

gallois gofer ; 
nwagiet, fumée, suppose moget. Cf. à Saint-Gildas 

oascol, chardon = Sarzeau oscal ; oahein, bœufs = 

Sarzeau ohein. 

IV. e ouvert (c'est-à-dire e devant deux consonnes dont la pre- 
mière est /, r ou s, ou devant vJ), devient ia : 

diaven, ^èvre^our diarbien = derhcn (bas-vannet. terhicn, 
gall. teirthaivii) ; 

dimiarher, mercredi, = dimerc'hcr ; 

iviarn, enfer, = ifern ; 

miast, maître, = mest ; 

fiast, fête^ =zfest; 

iast, moisson, août, = bas-vannet. est, léon. cost ; 

iar pour iarh, neige, — bas-vannet. léon. erc'h ; 

cawiall, berceau, = cavell ; 

bliaiu, chevaux, = bas-vannet. bkw ; 

ceniaw, toison de brebis, = bas-vannet. cançw ; moy. 
bret. hicau, gall. cnaif (\ho\\. créa). 



330 J. Loîh. 

Cf. à Sarzeau : iniarh, fille, = merc'h; aviall, comme^ 
:= evel ; biarw, action de bouillir, ■=^ bas-vannet. 
heriv ; àdiarw, après-dîner, = bas-vannet. andenv ; 
càâiarw, cousin, = bas-vannet. canderiv ; urgamiall, 
une boiteuse, = bas-vannet. or gamell; diarw, du 
chêne, = bas-vannet. derw. Ce phénomène de bre- 
chung, sous l'accent, est général devant ch, dans les 
groupes-z<c7;, ôch : hiioc'h, bioc'h, biôc'h, vache; 
peoch, peach, paix (cf. gallois buwdi). Il se présente 
fréquemment, un peu partout, dans les monosyllabes 
tn-cc'h : seach, sec, leac'h, endroit. 

Il est possible qu'en ce qui concerne la diphtongaison de 
ou, en ouo, oa, le caractère vélaire de la consonne ait joué un 
rôle aujourd'hui difficile à déterminer. 

Ce qui vient d'être dit me dispense d'insister sur le conson- 
nantisme. La gutturale précédée de voyelle palatale et suivie 
d'une vélaire, devient très iotacisée : degor, ouvert = léon. 
bas-vannet. digor ; pecol grand, = bas-vannet. picçl; begali, =■ 
bas-vannet. biigale. Quelquefois l'élément palatal se confond 
avec la gutturale palatalisée entre deux voyelles : ikgèt, vingt, 
=: bas-vannet. ûigent. 

s devient ch, comme dans tout le vannetais devant t. Sk 
devient, comme en bas-vanhetais, ch devant une voyelle pala- 
tale e^ i, û : chugiaU, bas-vannet. chudell, écuelle, = scudell ; 
chirian, bas-vannet. chirien, éclat de bois, = j-^'/mn; mais 
scôt, ombre; scod, bûche; pescet (piscôt) etc. 

En résumé, les deux traits distinctifs du dialecte de Qui- 
beron et, en général, du groupe maritime, c'est que l'influence 
réciproque des voyelles et des consonnes s'y montre de la 
façon la plus nette, et que le timbre vocalique s'y traduit par 
des phénomènes nettement accusés. 

En dehors de ces caractères distinctifs, je signale les sui- 
vants : 

a) 1 long final devient é/.* nei, nous, = bas-vannet. léon. 
ni; huei, vous, = léon. c'houi, bas-vannet. hui; 
hei, elle, = léon., bas-vannet. /.'/; 



Dialecîica. jji 

brasômi, grandeur, = brasoni ; hoarei, jeu, = c'hoari; 

tel, maison, = ti, etc. 
Suivi de la gutturale, ou d'une chuintante ch, j, il 

devient ç : 
mabçc, petit enfant, = mabic ; servech, service, = ser- 

vich. 
Autrement, il est conservé : glin, genou, gûir, vrai. 
Ce phénomène s'observe dans toute la zone maritime 

(avec cette différence que -in devient dans la plus 

grande partie du haut-vannetais ~ein : ftiitein, 

matin) . 

b) — on final devient oli (avec une légère résonnance 

nasale) : braoge, éclair, = haut-vannet. bro'ugôn ; 
getôîi, avec lui, == bas-vannet. getôj = moyen-bret. 
gantàff. 

c) (eu) = *rt vieux-celtique est conservé, bref ou long, 

dans brôr, frère (plur. brdiei-) ; blôd, fiirine, lôr, 
aire à battre; môd, pouce, scôd, ombre; trt, maigre 
(avec r voyelle) ; mais er, heure (traduit peut-être 
le son ouvert français). Le haut-vannetais, partout 
ailleurs, est arrivé pour m h e on e. 



DECLINAISON ET CONJUGAISON 

I. A signaler, dans les mutations syntactiques, le 
changement de / initial en v : ht vian, sa tête à 
elle (de même en bas-vannetais, et ailleurs, /;/ vçwi). 
Comme en bas-vannetais et, en cornouaillais spora- 
diquement, l'initiale du participe ne subit aucune 
mutation après ià, lui, ei, elle : nie 'mes (jnôs) ià caret, 
nie 'mes ei caret, je l'ai aimé, je l'ai aimée. 

Pronoms. — Les nota augentes (pronoms renforçant le 
suffixe personnel) après le verbe sont curieuses : 
ti 'm bar dôgn, tu m'aimes moi. 
m'a car des, je t'aime toi. 
// er hardou, tu l'aimes lui. 



3^2 J. Loth. 

huei i har dôi, vous Taimez elle. 

huei er ^ har domp, vous nous aimez nous 

nei hou car doc h, nous vous aimons vous. 

nci ou car dent, nous les aimons eux. 
Le d qui s'est fondu aux 3*^ pers. du sg. masc. et fémin., 
à la 3" pers. du plur. avec le pronom suffixe joint à 
la préposition, apparaît ici à toutes les personnes. 

(Joc'hto'u, contre lui, à lui ; gctoii pour gent toli, avec 
lui, hemp:iOH, sans lui, etc.). 

PRONOM AGGLUTINÉ AVEC PREPOSITION : 

Sg. I genôgn (avec moi). 

2 gencs. 

3 m^sc.getôii. 
fém. getôi. 

pi. I genomp (bas-vannet. gcnomp, gcnimp). 

2 genoc'h. 

3 getênt ou get'int. 

PRONOMS DÉMONSTRATIFS : 

hannè, celui-ci. 
bonne, celle-ci. 
hanicl), celui-là. 
hounich, celle-là. 



n. VERBE SUBSTANTIF : 

Indicatif présent. 

sg. I zveign. 

2 wes. 

3 ou. 
pi. I womp. 

2 luçc h. 

3 int. 

1. er, en proclitiques ziz haut-vannet. /;«;-, hitn r= bas-vannet. hoii. 



I 



Dialecîica. 333 

La 2*^ pers. du sg. a subi l'influence de la 2" pers. du sg. 
en -s du verbe ordinaire. 
ou = cou Çgall.yiv). Weign et lues sont probablement 
pour oueih, oues avec accent sur ou primitivement : ou 
est devenu consonne et de là a passé au pluriel. 

Imparfait. 

Sg. I wann. 
2 was, etc. 

Prétérit. 
Sg. 3 pers. mi luç, je fus. 

Futur. 

Sg. I efôgn. 

2 e foi. 

3 c/^«- 
pi. I e fomp. 

2 e fôt. 

3 é feint. 

Cond. 
sg. I /()Vt';2, etc. 

Présent d'habitude. 

Sg. r /)6' vian, lorsque je suis (habituel- 
lement. 

Infinitif. 
bout. 

Participe. 
bit. 

FORME EN -r. 

bir : pe vir, lorsqu'on est (bas-vannetais p liv'r.) 



3 34 J- ^oth. 



VERBE AVOIR : 

Indicatif présent. 

sg. I mi 'mes Çuiôs'). 

2 ti hes. 

3 là des. 
hei des. 

pi. I nei en es. 

2 huei e hwes. 

3 ind ou des. 

Passé et imparf. 

ss;. I mein hoe. 

2 ti a poe. 

3 masc. ià en dewe, etc. 



FORME EN -y. 
Présent : carir (on aime). 

FORME EN -t. — (Imparfait). 

careat (on aimait). 

Dans le vocabulaire, je relève un mot que je ne crois avoir 
rencontré dans aucun livre, ni entendu : bre, résine. Pour le 
goémon long, on se sert du mol f es. 

Cette étude n'est qu'une ébauche. J'espère plus tard la 
compléter. Aussi n'essaierai-je pas d'établir la chronologie de 
ces divers phénomènes. Le phénomène de palatalisation a pu 
être plus ou moins accusé, mais il est évidemment fort ancien, 
puisqu'il repose sur une loi naturelle aussi vieille que la 
langue. 

Le changement de e en /, de o en ou n'est que la réalisation 



Dialectica. 33 5 

d'une tendance et n'est probablement pas plus ancien que la 
chute de S final (carôti, = carante's). 

La diphtongaison de l final en ci est postérieur au chan- 
gement de e final en i, autrement on eût eu carôtci et non carôti. 

La diphtongaison de o en ouo, o en oa ne saurait être facile- 
ment datée, mais comme elle suppose un jeu de voyelles ouvertes 
et fermées qui repose sur l'accent néo-celtique, elle ne peut 
remonter à la période du vieux-celtique. 

(A suivre.) J. Loth. 



E BEN; Y BEN. 



En comique, pour traduire l'autre, lorsqu'il s'agit de deux, 
on se sert de y hen, pour le masculin aussi bien que pour le 
féminin. C'est ainsi que dans la Pass. Dont., 2826, en par- 
lant du second des deux larrons, il est dit : drehevough yheyn, 
élevez l'autre. En breton armoricain, eben est exclusivement 
employé quand l'autre est féminin. 

Ben est évidemment pour peu et il n'est guère douteux que 
ce ne soit le mot peu, tête. Comme le fait, en effet, remarquer 
M. Dottin, cenn a, en irlandais, un emploi fort analogue. Je me 
contente de citer l'exemple suivant : Ni bheith mise ag ithe aon 
ghràn agus béidh na cinn elle ag ithé, je ne mangerai pas un seul 
grain et les autres en mangeront (^Annales de Bretagne, X, p. 442, 
contes irlandais, texte par Douglas Hyde, traduction par 
G. Dottin). Le mot pen pour désigner un seul individu d'une 
espèce animale, a un emploi analogue, en breton, dans pen- 
moc'h, pemoc'h, un porc; pendenved, un mouton. 

Le seul problème difficile que soulève cette expression, c'est 
son emploi exclusif au féminin, en breton. Il me paraît pro- 
bable qu'à l'époque où on ne se rendait plus compte du sens 
exact de eben, la langue a cru y sentir la présence d'un fémi- 
nin comme l'irlandais ben, femme, gallois benyw, femme, 
comique benoiu. L'armoricain a perdu ces mots, mais il n'est 
pas douteux qu'il ne les ait autrefois possédés. 

J. Loth. 



NÉCROLOGIE 



M. François-Marie Luzel, né à Keramborgne, commune de Plouaret, 
Côtes-du-Nord, en juin 1821, est mort à Quimper le 26 février 1895, à 
l'âge de soixante -quatorze ans, après avoir occupé les positions les plus va- 
riées, successivement homme de lettres à Paris, professeur de collège à Pon- 
toise, à Dinan, à Quimper, à Lorient, rentier sans beaucoup de rentes à 
Plouaret, journaliste à Morlaix, juge de paix à Daoulas, enfin archiviste 
départemental à Quimper, où il a passé dans une retraite paisible, labo- 
rieuse et justement honorée les quatorze dernières années de sa vie, d'abord 
fort agitée. On peut diviser sa carrière littéraire en deux parties. Il a été 
poète, il a été érudit. Ces deux aspects de son intelligence ont persisté con- 
curremment jusqu'à la fin, mais naturellement le poète l'emportait pendant 
la jeunesse, et l'érudit dominait' chez lui dans l'âge mur et la vieillesse. 

Ses premiers essais poétiques datent de l'époque où, étudiant en médecine, 
théoriquement du moins ' , étudiant en médecine comme d'autres gens de 
lettres ont été clercs de notaire et clercs d'avoué, il vivait dans la société de 
Théophile Gautier, de Gérard de Nerval, des Goncourt et de Murger. 

Le premier volume qui porte son nom est Chants de l'cpèe, par Francès- 
Mary an Uhd, i vol. in-12 de 122 pp. Paris, chez l'auteur, rue Lamartine, 
17; typ. Hennuyer, Batignolles, 1856. C'est un recueil de vers français. 
Mais quatre ans plus tôt, M. Luzel avait été un des auteurs du volume inti- 
tulé Bleuniou Brcii (Poésies anciennes et modernes de la Bretagne), Quim- 
perlé. Clairet, 1832, où il avait inséré une pièce de vers bretons intitulée 
Breii-Iid. Sa principale publication originale est Bepred Brei^ad, Toujours 



I. Les études médicales de Luzel m'étonnaient beaucoup. Je suis allé 
aux renseignements. Voici la réponse que j'ai reçue: 
Faculté de médecine de Paris. 

Paris, le 3 juillet 1895. 
Monsieur et cher collègue, les recherches faites à la Faculté n'ont pas 
amené la découverte du passage de M. Luzel, François-Marie, comme étu- 
diant régulier à la Faculté de médecine de Paris. Recevez, Monsieur et cher 
collègue, l'assurance de ma considération la plus distinguée. 

Le doyen, Brouardel. 
Monsieur le professeur d'Arbois de Jubainville. 



i 



Nécrologie. 337 

breton, poésies bretonnes, avec traduction française en regard, par F. -M. 
Luzel ; Haslé (Morlaix) ; Forest et Grimaud (Nantes) ; Hachette (Paris), 

1 vol. petit in-8 de xv-270 pp., 1865. Il a depuis, et presque jusqu'à sa 
mort, semé ses vers bretons et français un peu partout, dans la Revue de 
Bretagne et de Vendée, la Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou-, V Hermine, et 
dans les journaux : Publicateur du Finistère, Abeille de Lorient, Le Fitiis- 
tère, etc. 

La carrière scientifique de M. Luzel a commencé dès 1846 par un rapport 
sur des pièces de théâtre manuscrites en bas-breton, lu le 19 janvier de 
cette année en séance du comité historique des monuments écrits. Dix-sept 
ans plus tard, il faisait imprimer Sainte Tryphine et le roi Arthur, mystère 
breton en deux journées et huit actes, publié et précédé d'une introduction 
par F. -M. Luzel, texte revu et corrigé d'après les manuscrits de l'abbé 
Henri; Quimperlé, Clairet, 1863, i vol. pet. in-8 de XLiv-453 pp. Vingt- 
six ans s'écoulèrent, et ce volume fut suivi de Bubei saut Giuennolé ahad, « la 
Vie de saint Gwennolé », abbé, mystère breton en une journée et six actes, 
texte breton et traduction française en regard ; Q,uimper, Charles Cotonnec 
1889, i^'^' 222 pages. 

M. Luzel a fait mieux encore que de publier des mystères bretons. Ayant 
réuni une collection de manuscrits de ces mystères au nombre de cinquante- 
huit, il en a fait don à la Bibliothèque nationale en 1863. La liste de ces 
manuscrits a été insérée dans {^iRevuc Celtique, t. V, p. 318-320, cf. t. XI, 
p. 408-420, 424. Après avoir fait cet acte de libéralité, d'autant plus re- 
commandable que M. Luzel était alors absolument sans fortune, il a formé 
dans les dernières années de sa vie une collection nouvelle de mystères 
bretons qui, abandonnée à M. Le Braz par ses héritiers, doit, dit-on, aller 
a la Bibliothèque nationale compléter la première collection. 

Des publications érudites de M. Luzel, celle qui a eu le plus grand re- 
tentissement est l'ouvrage intitulé : Documents pour servir à l'étude de 
l'histoire de la langue bretonne, Giver^iou Ereii-Iiel, chants populaires de la 
Basse-Bretagne recueillis et traduits par F. -M. Luzel ; Lorient, Corfmat, 

2 vol. in-8, datés, le premier de 1868, le second de 1874 '. Entre les an- 
nées 1860 et 1870, le vent poétique qui soufflait sur la Bretagne et dont le 
Bardai Brei^ de M. de La Villemarqué était la principale expression, paraît 
avoir perdu beaucoup de sa force, et on vit commencer un mouvement ht- 
téraire où l'imagination avait moins de part et où l'érudition jouait un rôle, 
plus important. A la publication du Mystère de sainte Tryphine, par M. Luzel, 
1863, M. de La Villemarqué ripostait par le Grand Mystère de Jésus, 1865, 
abrégé fait au xvie siècle en breton du Mystère de la Passion d'Arnoul Gre- 
ban 2. Le Mystère de sainte Tryphine avait sur le Grand Mystère de Jésus 

1. On peut se procurer cet ouvrage à la librairie Bouillon, 67, rue Ri- 
chelieu, Paris. 

2. Voyez le Mystère de la Passion d'Arnoul Greban publié d'après les ma- 
nuscrits de Paris, avec une introduction et un glossaire par G. Paris et 
G. Raynaud. Paris, Vieweg, 1878. 



338 Nécrologie. 

l'avantage d'être une œuvre originale, mais il ne remontait pas au delà du 
xviiie siècle. 

Deux ans après l'apparition du Grand Mystère de Jésus, R.-F. Le Men 
vint à la rescousse en publiant à Lorient, chez Corfmat, un abrégé du Ca- 
ihoJicon de Lagadeuc d'après l'édition de 1499. 

La première édition du mystère breton de la Passion, ou Grand Mystère 
de Jésus, reproduite par M. de La Villemarqué, ne date que de 1 5 30. Le Men 
l'emportait donc chronologiquement sur M. de La Villemarqué qui, à ce 
point de vue, venait de battre Luzel. 

L'apparition du tome I^r des Gtver'^iou Brei^-I^el a suivi à un an d'in- 
tervalle la publication de Le Men. On a reconnu dans ce volume le texte 
primitif d'un certain nombre de morceaux dont les arrangements, publiés 
par M. de La Villemarqué dans le Bariai-Brei^ en 1839 et réimprimés dans 
les éditions suivantes de ce célèbre recueil, appartiennent à la période pu- 
rement Imaginative et poétique de l'histoire littéraire bretonne, comme les 
Bleuniou Brei^, recueil auquel M. Luzel a collaboré, 1852. 

La suite des deux volumes des Givcriiou Brei^-Iiel a paru en 1890. Ce 
sont les Soniou Brei^-fyl, chansons populaires de la Basse-Bretagne, recueil- 
lies et traduites par F. -M. Luzel, avec la collaboration de A. Le Braz (Poé- 
sies lyriques), Paris, Bouillon, 1890, 2 vol. in-8, XLiii-335, m-352 pages. 

Les textes qui ont fourni la matière de ces quatre volumes ont été re- 
cueillis par M. Luzel dans .la tradition orale. Ce ne sont pas les seuls docu- 
ments que le laborieux auteur ait puisés à cette source. Nous n'entreprendrons 
pas de faire ici l'énumération des contes bretons publiés dans divers recueils 
par cet érudit à la fois si actif et si consciencieux. Des missions qu'il reçut 
en Bretagne pendant plusieurs années eurent pour résuhat cinq rapports, 
datés des 6 septembre 1869, 2 août et 4 novembre 1870, i^r août 1871, 
i>^r septembre 1872, qui ont été insérés dans les Archives des Missions scien- 
tifiques et littéraires, et qui contiennent douze contes bretons. D'autres 
contes bretons recueillis par M. Luzel ont été publiés dans les trois premiers 
volumes de Mélusine, dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 
dans les Annales de Bretagne, dans la Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou, 
dans la Revue des provinces de l'Ouest, dans la Revue Celtique, etc. Enfin on 
doit à M. Luzel, dans cet ordre d'idées, les sept volumes dont voici le titre : 
Contes bretons, Quimperlé, Clairet, 1870, i vol. in-12; Veillées bretonnes, 
Paris Viewecr, 1879, i vol. in-12; Légendes chrétiennes de la Basse-Bretagne, 
Paris, Maisonneuve, 2 vol. in-i8, 1881; Les Contes populaires de Bretagne, 
3 vol. in-i8, Paris, Maisonneuve, 1887. 

M. Luzel était archiviste du département du Finistère quand il a publié 
ces trois derniers volumes, ainsi que ses deux derniers volumes de chansons 
populaires. Ces travaux littéraires ne l'ont pas empêché de remplir les de- 
voirs que lui imposaient ses fonctions. Sur les 475 pages in-4 dont se com- 
pose le premier volume de VInvcntaire sommaire des archives départementales 
du Finistère, 240 sont dues à M. Le Men et 235 à M. Luzel, qui a en outre 
préparé les 96 premières pages du t. IL Le nombre des articles inventoriés 
par M. Luzel est de 693, contre 842 inventoriés par M. Le Men. 



Nécrologie. 339 

M. Luzel n'était pas linguiste, mais ce point faible mis de côté, on ne 
pouvait qu'avec étonnement trouver un sens critique aussi sûr chez un 
homme qui avait tant de goût pour les vers et pour la fiction poétique. 
Impossible d'avoir plus que lui le dévouement désintéressé pour la science, 
et de témoigner plus de bienveillance à ceux qui se consacraient aux mêmes 
études que lui. J'en ai fait l'expérience lors de mon passage à Plouaret 
en 1872, quand, parcourant la Bretagne, je cherchais dans les archives et 
les bibliothèques les traces inédites les plus anciennes de la langue bretonne. 
Moins âgé que M. de La Villemarqué, qui cependant lui survit, M. Luzel a 
été quelque temps son adversaire, mais tous deux avaient trop de bon sens, 
l'âme trop élevée, pour conserver longtemps l'un contre l'autre des senti- 
ments d'animosité, et pendant les dernières années de la vie de M. Luzel, 
la Société archéologique du Finistère, dont ils étaient tous deux membres 
zélés, a été entre eux un trait d'union. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE: 1. M. Standish Hayes O'Grady et M. Standish O'Grady. — II. Récla- 
mation de M. T.-O. Russell. — III. La Passion selon saint Mathieu était-elle au- 
trefois lue le vendredi saint dans la liturgie du pays de Galles? — IV. Excursions 
archéologiques de la Cambrian Archaeological Association. — V. Nouvelle publi- 
cation de M. J. Morris Jones. — VI. La Société des Cymmrodorion. — VII. La So- 
ciété gaélique d'Inverness. — VIII. Etude de M. Strachan sur le verbe déponent 
irlandais. — IX. Contes irlandais publiés par M. Jeremiah Curtin. — X. Le Mar- 
tyrologe d'O'Gorman, publié par M. Whitley Stokes. 

I. 

Sur la couverture de la Revue Celtique, en tête de la seconde page, il est 
imprimé que toutes les communications et correspondances relatives à la ré- 
daction doivent être envoyées à M. H. d'Arbois de Jubainviile, 84, boule- 
vard Montparnasse, à Paris. Or, une grande partie de ces cornmunications 
est adressée à la librairie Emile Bouillon, 67, rue de Richelieu, à environ 
trois kilomètres de chez moi, et de temps en temps, ceux qui ont à récla- 
mer un numéro en retard ou à traiter à propos de la Revue Celtique une 
affaire de librairie quelconque, s'adressent à moi. Chacune de ces erreurs 
m'impatiente, parce que j'ai mauvais caractère. Eh bien ! j'ai commis une 
erreur du même genre. M. Standish H. O'Grady, pubhant en i8c;2 la Silva 
Gûdelica, a mis en tête du second volume une préface dont les marges, dans 
mon exemplaire, depuis qu'il est entre mes mains, sont couvertes de notes 
manuscrites, agrémentées de deux grosses taches d'encre qui me déses- 
pèrent, car je ne puis, hélas! en rejeter la faute sur autrui. Cette préface se 
termine par une phrase qui montre qu'un érudit peut quelquefois associer la 
science et l'esprit. « Souvent, » dit M. Standish H. O'Grady, « je subis le sup- 
cc plice de Tantale. Je me vois attribuer les chefs-d'œuvre d'un parent. Cela 
« me décide à faire observer au pubHc que j'ai une marque de fabrique — 
« il n'y a pas de preuve d'authenticité sans cela — et cette marque, qui 
« est en abrégé sur le titre de ce volume, la voici en son complet dévelop- 
« pement: Stakdish Hayes O'Grady. » J'ai lu cette recommandation 
comme le reste de la préface, mais je l'ai lue sans la comprendre. Jamais 
aucun livre de M. Standish O'Grady sans HfayesJ ne m'était arrivé entre 
les mains. Dans la famille on n'est pas généreux, et pour avoir les livres 
de ces Messieurs, il faut les acheter, quelquefois très cher. Lorsque j'ai pris 



Chronique. ^41 

mon parii de me procurer, moyennant finances, The coiiiinçr of Ciiciilain de 
M. Standish O'Grady, j'avais oublié l'observation précitée de M. Standish 
H[ayes] O'Grady, qui remonte à trois ans, et j'ai cru qu'il était l'auteur de 
ce nouveau « chef-d'œuvre » de son parent. Je ne crois pas avoir été trop dur 
dans mon appréciation de ce livre ; un éminent celtiste m'a écrit en me 
citant un proverbe anglais qui peut se traduire en français : « Vous avez 
pris un pavé pour écraser une mouche. « Ce jugement est sévère. Quoi 
qu'il en soit, je devais une réparation à M. Standish H[ayes] O'Grady, 
dont les publications, malgré les critiques de détails fort justifiées dont elles 
sont l'objet, sont indispensables à tout celtiste sérieu.x. 

II. 

Voici un exemple de la façon dont certaines gens écrivent mon adresse : 
« Rédacteur Rnnie Celtique, 67, rue Richelieu, Paris, France. « L'auteur de 
la missive qui m'a été envoyée de cette façon, mais qui, naturellement, ne 
m'est parvenue qu'après un long retard, est un journaliste irlando-améri- 
cain, M. T'.-O. Russell, auteur de l'article intitulé: Récent Cbani^es made in 
Scotch Gaelic, qui a paru dans le dernier numéro de la Revue Celtique, p. 207. 
Cet article, que M. Russell était venu m'oflfrir à Paris, et que j'avais ac- 
cepté, à condition qu'il en retrancherait toute expression blessante pour les 
Gaëls d'Ecosse, m'est arrivé ensuite par la poste sans que l'auteur eût pris 
la peine d'y joindre l'indication d'un domicile ou d'une résidence. On peut 
être savant, avoir de l'esprit, et ne pas penser à tout. Je savais que M. Rus- 
sel, irlandais d'origine, habitait depuis un certain temps l'Amérique du 
Nord, et que de Paris il allait en Irlande où il devait quelque temps sé- 
journer. Ce n'était pas pour la poste une adresse suffisante. La conséquence 
se devine. M. Russell n'a pas reçu d'épreuve, or il en est fort étonné; il est 
même très mécontent de moi qui aurais dû, primo, corriger les erreurs con- 
tenues dans son manuscrit, secundo, ne pas laisser s'y ajouter des fautes 
d'impression. 

La principale erreur contenue dans le manuscrit de M. Russell est, suivant 
lui, celle-ci. Il reproche, sans réserve aucune, aux Gaëls d'Ecosse, de ne pas 
appHquer la loi irlandaise de l'éclipsé après le pronom possessif de la troi- 
sième personne du pluriel, a, dont la forme primitive, au, est originaire- 
ment le génitif pluriel du pronom personnel de la 3'= personne. L'ortho- 
graphe gaélique d'Ecosse étant étymologique, garde en général 1"» final de 
ce mot, mais le change en;;;, devant les labiales: 1° am jear (i leur homme», 
2° ani huaclMill « leur valet », primitivement « leur pâtre », 5° ani peacadh 
« leur péché ». L'orthographe irlandaise est phonétique et historique: 1° a 
hhfear, 2° rt mhuac])aill , 3° a hpeacadli ; i"/, 2° h, 3°/) nese prononcent pas 
et sont éclipsés, c'est-à-dire remplacés, respectivement: 1° par/'/;, 2° par ;;;, 
3° par h. L'orthographe gaélique contredit l'orthographe irlandaise dans le 



I . Et non J. 

Rcvut Celtique, XVI. 24 



342 Chronique. 

premier cas et dans le troisième. Ces deux orthographes sont d'accord dans 
le second cas ; en effet, la différence entre l'irlandais a nihuachaiVi et le gaé- 
lique am huacbaiU ne mérite guère qu'on attire sur elle l'attention. 

Or, dans la rédaction de M. Russell aucune distinction n'est faite entre 
les labiales. L'auteur reproche aux Gaëls d'Ecosse d'écrire le pronom 
possessif de la troisième personne, am, devant b, comme il leur reproche de 
l'écrire ainsi devant/ et devant^. « Ceux qui liront cela », m'écrit-il, « di- 
ront que je suis fou ». Il regrette aussi d'avoir parlé des poèmes écrits, 
ivrilteii, par le doyen de Lismore. La direction de la Revue Celtique aurait 
dû corriger cela, paraît-il, et faire imprimer copied « copié », au lieu de 
îurittcn « écrit », et « c'est un scandale » qu'elle ne l'ait point fait. 

Si je m'étais avisé de modifier ces deux passages, j'en aurais modifié aussi 
bien d'autres, j'aurais refait l'article complètement en montrant par quelles 
raisons l'orthographe gaélique est motivée, et en disant d'autre part ce 
qu'il y a de rationnel dans l'orthographe irlandaise : chacune de ces ortho- 
graphes est l'expression d'un système différent ; des deux côtés on peut se 
défendre. 

Quant aux citations irlandaises et gaéliques d'Ecosse, toutes empruntées 
à des éditions que je ne possède point, je les aurais remplacées par des 
exemples tirés des éditions qui sont dans ma bibliothèque et dont je puis 
vérifier l'exactitude. Il y a, paraît-il, dans ces citations, les fautes d'impres- 
sion suivantes : 

P. 2IO, li 



I), au lieu 


de admail, 


liseï 


admhail. 


i6, — 


om 


— 


am. 


19. — 


sôlas 


— 


sôlas. 


20, — 


che 


— 


cha. 


20, — 


sôlâs 


— 


sôlas. 


28, - 


iompaid 


— 


iompoidh. 


34, — 


chaidh le 


— 


chaidh lé. 


35, — 


loisfidh 


— 


loisgfidh. 


loet 1 1, — 


Geud 


— 


creud. 


3O1 — 


lôchruin 


— 


lôchruinn. 



211, — 

Voici l'errata du texte anglais tel qu'il a été dressé par l'auteur : 
P. 207, ligne 14, au lieu de hulls, /wq buUs. 





— i7> 


— 


mort. 


— 


mart. 




— 22, 


— 


thèse by, 


— 


thereby. 




— 22, 


— 


ambibology, 


— 


amphiboiogy. 




— 24, 


— 


Those 


— 


Thèse. 




- 29, 


— 


thèse by 


— 


thereby. 


208, 


— 29, 


— 


intented 


— 


intended. 


209, 


— 3i> 


— 


cessed 


— 


ceased. 




— 32, 


— 


as 


— 


or. 



Je regrette d'avoir laissé subsister ces fautes, mais le manuscrit n'était 
pas suffisamment clair pour des compositeurs français, et sur la première 



Chronii^ue. 545 

épreuve il y avait au moins dix fois autant de fautes d'impression qu'il en 
est resté sur la bonne feuille. 

Quoi qu'il en soit, l'article de M. Russell montre à quel point de vue les 
divergences orthographiques avec les Gaëls d'Ecosse sont envisagées en Ir- 
lande, et il est plus intéressant qu'un mémoire écrit par un érudit qui ne 
sentirait pas l'aiguillon du patriotisme local et qui raisonnerait froidement 
sur ces questions de grammaire. Rien n'est amusant comme d'assister en 
France à une discussion grammaticale entre Vannetais et Léonard. Certai- 
nement personne n'a plus que 'moi le respect de la Compagnie de Jésus, 
cependant il m'est arrivé une fois de rire au nez de deux Jésuites bretons, 
originaires, l'un des environs de Vannes, l'autre des environs de Léon ; ils 
soutenaient l'un contre l'autre que le dialecte de chacun d'eux était le bon 
breton ; ils arrivèrent à se fâcher. Je n'avais jamais vu deux Jésuites se dis- 
puter avec une vivacité pareille. Mais il y avait de quoi. On sait que le 
breton a été la langue de nos premiers parents. Q.uand, dans le paradis ter- 
restre, Adam, pour la première fois, dit une tendresse à Eve, c'était en 
breton ; Eve lui répondit dans la même langue et sur le même ton, et voilà 
pourquoi le genre humain existe. Caïn et Abel parlèrent breton comme 
leurs parents, mais tandis qu'Abel, ce bon garçon, s'exprimait en léonard, 
le méchant Caïn parlait vannetais, les deux frères ne se comprirent pas. 
C'est pour cela que ce misérable Caïn a si mal tourné, et qu'Abel a été si 
malheureux. J'espère qu'entre le professeur écossais M. Mackinnon et le 
journaliste irlandais M. Russell, la querelle commencée dans VAcadi'Diy, et 
que M. Russell a continuée dans la ReviieC eJtique, n'aura pas une issue aussi 
tragique. M. Russell a déchargé sur moi l'électricité de sa colère, je ne m'en 
porte pas plus mal et j'aurai servi de paravent à M. Mackinnon. 

m. 

Plusieurs personnes ont lu avec surprise, dans notre dernière livraison, 
p. 248, que le récit de la Passion suivant saint Mathieu était attribué au 
Vendredi saint par un texte gallois. En effet, l'usage romain, conservé par 
l'Eglise anglicane, attribue au dimanche des Rameaux le récit de la Passion 
par saint Mathieu et affecte au Vendredi saint le texte qui correspond dans 
l'évangile de saint Jean. C'est un usage excessivement ancien, puisqu'on le 
trouve^attesté déjà par le Liber comitis , que certains considèrent comme une 
oeuvre de saint Jérôme, ainsi qu'on peut le voir au tome XXX de Migne, 
PatroJogia latiiia. Dans ce volume, les passages relatifs au récit de la Passion 
lu le dimanche des Rameaux et le Vendredi saint se trouvent aux colonnes 
502 C et 503 A. On pourra consulter aussi, et avec plus de profit sur ce 
sujet, Ernst Ranke, Das KirchUche Pcricopcnsysiem ans den àltesteii Urkunden 
dcr rômischen Liturgie, p. 332-333, 339-340, xxxiv-xxxv, LXiii-LXiv, 
Lxxxvi. Toutefois l'usage de l'Eglise d'Afrique, tel qu'il est constaté dans 
le sermon CCXXXII de saint Augustin, était de ne lire qu'une fois le récit 
de la Passion en prenant ce récit dans saint Mathieu : « Passio autem, quia 
uno die legitiir, non solet legi nisi secunduui Matthaeuni. » Patrohgia latina, 



344 Chronique. 

t. XXXIX, col. 1108, et il paraît que c'était le jour du Vendredi saint 
qu'avait lieu cette lecture, puisque c'est en ce jour que saint Augustin prêcha 
son sermon CCXVIII, De Passioiie Domini, Pativlogia latina, t. XXXIX, 
col. 1084. 

Le système de l'Eglise d'Afrique a été adopté par le clergé luthérien. Ce 
clergé ne lit qu'une fois par an l'Evangile de la Passion : c'est le Vendredi 
saint, et c'est dans saint Mathieu, qui, dit Ernst Ranke, raconte la mort du 
Christ, tandis que dans l'Evangile de saint Jean on trouve le récit des der- 
niers moments de Jésus écrit par son ami le plus intime. 

Il serait curieux de savoir si dans le manuscrit reproduit par le Rév, Ro- 
bert Williams, t. II, p. 250 et suivantes, le titre Croglilh (iiiass (?) of good 
friJay), Vendredi saint, existe réellement, et, en cas d'affirmative, s'il est de 
même date que le texte gallois, et quand ce texte gallois a été écrit, 

M. Samuel Berger, qui connaît si bien les traductions de la Bible, m'a 
fait remarquer dans ce texte gallois plusieurs variantes étrangères à la Vul- 
gate ; par exemple, on Ht dans la Vulgate, Mathieu, XXVII, 16 : hahebat 
atitem tune vinctinn insigfiem, qui dicchatur Barabbas, en gallois : ac ydoed 
yna ganihaiu garcharaivr halch, Barrabas oed y enw ; or, certains textes latins 
mélangés contiennent ici une addition étrangère à la Vulgate : Qui propter 
hondcidium missns erat in carcerem ; dans le texte gallois, on trouve cette ad- 
dition rendue ainsi: a dugessit yr carchar am rylad kelein ohonaw (p. 255. 
Cf. la traduction, p. 613). 

Ce document nous ofïre-t-11 la trace d'un usage liturgique de l'Eglise 
bretonne dans laquelle on aurait lu le Vendredi saint la Passion selon saint 
Mathieu ? Cela pourrait sembler extraordinaire à ceux qui ont jeté les yeux 
sur le « Sacramentaire gallican », Migne, Palrologia latina, t. LXXIl, 
col. 494-496, et qui y ont vu que le jour du Vendredi saint, iii parasceve, 
on lisait le récit de la Passion selon saint Jean. Les savants qui étudient 
l'histoire de la liturgie chrétienne seraient plus que moi à même de résou- 
dre cette question. Renvoi à M. F.-E. Warren et à M. l'abbé Duchesne. 



IV. 

La Camhrian Archaeoiogicaî Association tiendra le lundi 12 août prochain, 
à Launceston, une assemblée pour laquelle elle aura la coopération de la 
Royaî Institution of CorniuaU. Cette réunion sera suivie d'excursions archéo- 
logiques qui dureront cinq jours. 



V. 

M. J. Morris Jones, qui a publié avec le patronage de M. J. Rhys le 
« Livre de l'Anachorète » (v. plus haut, p. 106, 247-252), va faire paraître 
à la librairie Jarris et Poster, Lorne House, Bangor, une nouvelle édition 
des « Visions du barde endormi », Giveledigactheu y bardd ctusc, par Ellis 
Wynne, auteur gallois né en 1670 et mort en 1734, et qui, suivant le Rév. 



chronique. ^45 

Robert Williams, Biographicd dictionary of emiiient Wehhmen, p. 549, aurait 
été le plus remarquable des prosateurs gallois. Si l'on en croit Robert Wil- 
liams, les « Visions du barde endormi » sont, quant au style, un des plus 
beaux ouvrages écrits en langue galloise. La nouvelle édition coûtera sept 
shillings six pence franco. Elle sera tirée à 250 exemplaires. Une édition 
meilleur marche paraîtra plus tard. 

VI. 

The Transactions of the Honoiirahle Society of Cymmrodorion, session 1893- 
1894, contiennent trois articles relatifs à l'histoire ecclésiastique du pays de 
Galles. 

Le premier, intitulé The ancient Chitrch in IVaJcs, par sir Roland Lomax 
Vaughan-Williams, un des juges de Sa Majesté, est une œuvre politique 
et littéraire dont l'auteur n'a eu, je pense, aucune visée scientifique. Le se- 
cond article, dont le titre est IVelsh saints, et qui est dû à la plume de 
M. J.-W. Willis-Bund, consiste en un développement d'un mémoire publié 
par le même auteur en octobre 1894 dans VArchaeoIogia cambrensis, 5e série, 
t. XI, p. 276, et dont nous avons parlé plus haut, p. 121. 

Le plus important de ces articles est le troisième : Some Aspects of the 
Christian Clmrch in JVales ditring the fifth and sixth centuries, par le Rév. Hugh 
Williams, professeur d'histoire ecclésiastique au collège théologique de Bala. 
Ce mémoire, qui a 78 pages, est à mon avis une œuvre de grande valeur ; 
l'auteur connaît sur son sujet les travaux les plus récents et fait les plus 
louables efforts pour traiter sans passion des questions que la plupart des 
écrivains abordent avec les préoccupations d'une apologétique mal éclairée. 
Il ne connaît pas seulement l'excellente publication d'Arthur West Haddan 
et de William Stubbs : Coimcils and ecclesiastical Dociiiuenis relating ta Great 
Britain and Ireland. Il a étudié les travaux de l'abbé Duchesne, de Harnack, 
de Samuel Berger, de J. Loth, de J. Rhys, de Morris Jones, de H. Zimmer, 
de Gwenogfryn Evans, etc. 

Son mémoire est divisé en cinq chapitres. 

Le premier, p. 58, traite du christianisme en Grande-Bretagne avant le 
V siècle. M. Hugh Williams soutient qu'à cette date le christianisme n'avait 
pas en Grande-Bretagne d'autres adeptes que des étrangers d'origine ro- 
maine. Une des raisons sur lesquelles il s'appuie est qu'au concile d'Arles, 
3 1 4, les quatre ecclésiastiques qui représentèrent l'Eglise bretonne, n'au- 
raient aucun porté des noms celtiques. Si cette assertion était conforme à 
la vérité, il ne serait pas certain qu'on pût en tirer une conclusion quel- 
conque, car dès le premier siècle de notre ère, on voit les grands seigneurs 
gaulois porter des noms romains. Mais le savant auteur commet une erreur 
de fait : le nom de l'évêque d'York, Eboriiis (qui doit être corrigé en Ebiirius) 
est un gentilice romain tiré du nom d'homme celtique Ebiiros, d'où vient 
aussi le nom topographique Eburacus[fiindiis], c'est-à-dire « propriété d'Ebu- 
ros », aujourd'hui York. 

Le second chapitre, p. 65 « Eglise bretonne ou galloise », contient, 



346 Chronique. 

entre autres choses, une intéressante étude sur l'évèque breton Fastidius, 
qui vivait au v^ siècle, et dont le traité De vita christiana a été publié par 
Migne, Patrologia laiina, t. L, p. 383-402, et sur le breton Faustus, qui 
devint abbé de Lérins en 433, et évêque de Riez (Basses-Alpes), vers 462. 
On trouve ses oeuvres dans la Patrologie latine de Migne, t. LVÏII, p 775- 
894. Une meilleure édition en a été donnée par August Engelbrecht, en 1 89 1 , 
t. XXI du Corptis scriptorum ecclcsiasticoriim de l'Académie impériale de 
Vienne. Krusch, dans son édition de Sidoine Apollinaire (Monuviciita Ger- 
vianiae Jiislorica, in-4, Aiiciorum autiquissiiiioniiii toiiiiis VIII, 1887), a pu- 
blié, p. 265 et suivantes, un certain nombre de lettres de Faustus, et 
p. Liv-LXi, une notice sur ce personnage. Or, cette étude paraît avoir 
échappé à M. Hugh Williams. Mais cela n'empêche pas que la partie cor- 
respondante de son travail ne puisse être lue avec plaisir et profit. 

Le troisième chapitre, p. 84, parle de l'histoire de l'Eglise chrétienne 
dans le Pays de Galles depuis la fin du v^ siècle jusqu'à la fin du vie siècle. 
M. Hugh Williams y traite, entre autres choses, des versions de la Bible. Il 
exprime son regret de n'avoir trouvé aucun témoignage attestant l'emploi 
d'une traduction galloise de la Bible dans le culte. Il est, en effet, vraisem- 
blable qu'il n'a pas existé de traduction complète de la Bible en gallois 
avant la Réforme, mais on a conservé pour certains fragments des traduc- 
tions écrites antérieurement à cette date. Nous venons de parler d'un de ces 
fragments. Sur deux autres, voir plus haut, p. 249-251. Suivant l'auteur, 
l'organisation de l'Eglise chiétienne dans le pays de Galles, au vie siècle, 
était en général la même qu'en Gaule, à cette différence près qu'il n'existait 
pas de métropolitain, et que le nombre des évêques était excessivement 
multiplié; en Irlande, le nombre des évêques était également excessif. La 
dogmatique de l'Eglise galloise était identique à celle des autres églises occi- 
dentales. La liturgie dérivait de celle de Gaule, et c'est de la liturgie galli- 
cane qu'elle tient les caractères orientaux qui ne se retrouvent pas dans la 
liturgie romaine. Marseille a toujours été une ville grecque. Ajoutons : 
1° que saint Irénée, le célèbre évêque de Lyon, porte un nom grec, écrivait 
en grec, 2° que le sud-est de la France est le pays d'origine du Nouveau 
Testament grec-latin connu sous le nom de codex Be^ae, écrit vers le vi" siècle 
et aujourd'hui conservé à Cambridge, mais provenant de Lyon où il était 
encore en 1562', 3° que parmi les noms des martyrs de Lyon en 177, nous 
trouvons Pothinus, Macarins, AJcibiades, PhiUimemis, Helpis, Attahis, 
Akxandcr, Aristacus, Zosiniits, Zoticus, Trophima ; c'est-à-dire que sur les 
quarante-huit martyrs, onze portent des noms grecs. C'est entre le quart 
et le cinquième. Or, sur les quatre ecclésiastiques qui représentent la 
Grande-Bretagne au concile d'Arles en 314, il y en a un dont le nom est 
grec : c'est Adelfius = 'Aoc'À-^io;. Un des points importants sur lesquels 

I . Il est contemporain de V Aviva CJiohiiiiih ChiUioix l'irlandais Columba, 
l'apôtre des Pietés, le célèbre abbé d'Iova en Ecosse, est dit avoir eu, entre 
autres mérites, celui d'enseigner la grammaire grecque: « atgaill {glose xo'io- 
glaind) gramataig gréic ». Whitley Stokes, Goidelica^, p. 170, § 123. 



Chronique. 347 

l'usage gallican suivi dans le pays de Galles différait de l'usage romain, 
était que la confirmation semblait constituer une des parties du sacrement 
de baptême et était administrée par les prêtres comme en Orient au lieu 
d'être réservée aux évêques suivant l'usage romain. 

Le quatrième chapitre, p. 107, traite du monachisme gallois. Comparant 
le genre de vie des moines au vi^ siècle avec celui des chrétiens dont Sal- 
vien décrit les mœurs, il en conclut qu'on doit aux moines du vi^ siècle 
la rapide propagation du christianisme à cette date parmi les populations 
celtiques restées jusque-là païennes. Les écoles monastiques succédèrent 
aux écoles romaines que la chute de l'empire avait détruites. Mais ce que 
nous devons surtout apprécier chez les moines des régions celtiques, 
c'est leur influence morale. Un des témoins du mouvement qui se pro- 
duisit au vie siècle est l'œuvre de Gildas, que les historiens méprisent, 
mais qui a été le Salvien du pays de Galles et un des grands chrétiens de 
son temps. 

Le chapitre V, p. 120, traite des changements qui se produisirent au vue 
et au viiie siècles, quand l'influence de l'Eglise romaine devint prédomi- 
nante en Grande-Bretagne par suite de la mission envoyée à Canterbury 
par le pape saint Grégoire le Grand. Un des points sur lesquels on s'est 
beaucoup querellé à cette époque a été de savoir comment on calculerait la 
date de Pâques, si ce serait d'après l'ancien comput romain, ou d'après le 
nouveau, originaire d'Alexandrie. M. Hugh Williams, p. 124, attache peu 
d'importance à cette querelle de sacristie, qui n'a pu passionner que de très 
pauvres esprits, et que les grands réformateurs du xvie siècle, parmi lesquels 
il y avait au moins un homme de génie, se sont bien gardés de renouveler. 
La discussion portée sur ce point par les ecclésiastiques gallois et irlandais 
devait forcément aboutir à une défaite, parce que leurs fidèles y sont restés 
indifférents. Le seizième siècle a associé aux dissentiments sur le dogme et 
sur la liturgie la question de savoir qui exercerait le pouvoir temporel, qui 
serait propriétaire de biens ecclésiastiques et la question du mariage des 
prêtres. Pour le pouvoir, la fortune et les femmes, les hommes se sont tou- 
jours entre-tués. Mais ce n'est pas la peine de se l'aire casser la tête pour 
célébrer la fête de Pâques huit ou quinze jours plus tôt, huit ou quinze jours 
plus tard. 

VIL 

Le tome XIX des Transactions of tlie gaelic Society of hiver iiess contient 
trois assez longs morceaux en gaélique d'Ecosse: Taillear Ghearraidh-ho-Stig , 
p. 25-37; ^'iii-^'i'i a' Bhaird Aosda, p. 89-98; An Teine Mâr, p. 158-171. 

Parmi les mémoires nous signalerons d'abord celui de M. Strachan sur 
l'utilité de l'irlandais pour l'étude du gaélique d'Ecosse, p. 15-25. Ce mé- 
moire contient, par exemple, un fort intéressant travail sur la langue du 
livre de Deir, aujourd'hui Deer, en Buchan, comté d'Aberdeen, Ecosse. 
M. Strachan reproduit, p. 15-16, le passage qui commence à Taugator 
(Whitley Slokcs, GôideUca, p. 108, 1. 21), et qui finit à /(W/'f j7(ï;z/(,' rfd (ibid.. 



348 Chronique. ' 

1. 27; la traduction anglaise se trouve à la même page, 1. 57-44, et p. 109, 
1. i). Il en donne la traduction en gaélique moderne, en irlandais clas- 
sique style de Keating, et en irlandais moderne, dialecte de Waterford, 
et fait suivre un commentaire de tous les mots. Ce mémoire est écrit avec 
la compétence dont M. Strachan a donné tant de preuves dans ses précé- 
dentes publications. 

Nous citerons aussi : une étude de M. J. Mackay sur les noms de lieux des 
paroisses de Golspie et Rogart, comté de Sutherland ; un travail de 
M. Alexander Macbain sur l'élément Scandinave des noms de lieux dans les 
hautes terres d'Ecosse; un recueil, par le Rév. Duncan Macinnes de termes 
techniques gaéliques concernant les bateaux, les fours, le métier de tisse- 
rand, les chaumières et les paniers; enfin les fragments de poésies gaéliques 
colligées par les Rév. Thomas Sinton et Donald Masson. 

M. Poison a inséré dans ce volume un mémoire sur certaines anciennes 
forteresses de l'Ecosse septentrionale, qu'on appelle aujourd'hui hroch, et 
que l'on suppose être d'origine picte. Ces monuments auraient été construits 
du V" au ix<= siècle. Ils sont bâtis en pierres et de forme ronde. On en a fait 
un relevé; on en a compté 373. La plupart sont situés en Ecosse, dans les 
comtés de Caithness, Sutherland, Ross, Inverness, qui sont les plus sep- 
tentrionaux de la Grande-Bretagne, ou dans les îles voisines. Shetland, 
Orkney, Lewis, Harris et Skye. 



VIII. 

M. J. Strachan a fait tirer à part, sous le titre de Contributions to tbc 
history of thc déponent verh in irish, un mémoire lu par lui le i" juin 1894 
en séance de la PInlologicaJ Society. Cette étude du verbe déponent est d'une 
grande importance pour l'histoire de la langue et de la littérature irlanc lises ; 
elle est divisée en trois parties. La première est un recueil de matcriai x ; la 
seconde est intitulée: Remarques sur l'histoire du déponent; la troisième a 
pour objet les formations déponentes relativement nouvelles au prétérit 
sigmatique et à la première personne du singulier du subjonctif. 

M. Strachan emprunte ses matériaux d'abord aux gloses irlandaises des 
manuscrits latins du viii'' et du ix^ siècle, aux incantations de Saint-Gall 
et aux poèmes du monastère de Saint-Paul qui datent du ixe siècle. Il di- 
vise en deux classes les verbes déponents qu'il a recueillis dans ces docu- 
ments. Les plus nombreux, c'est-à-dire cent seize, semblent de formation 
relativement moderne; ce sont des verbes dénominatifs enagiur, iginr, qui, 
étant spéciaux à l'irlandais, sont, les uns, tirés d'adjectifs en ach et en ccb, 
les autres, formés par analogie ; ils ne peuvent remonter à une haute anti- 
quité; c'est la seconde classe qui appartient à la troisième conjugaison. La pre- 
mière classe se compose de trente-quatre verbes, les uns primitifs, les autres 
dénominatifs qui n'ont pas le suffixe caractéristique agiur, iginr, de la se- 
conde classe. Les verbes de la première classe appartiennent aux trois con- 
jugaisons. 



chronique. 



H9 



PREMIERE CONJUGAISON 



chiinur « j'entends ». 
sechur « je suis ». 



DEUXIÈME CONJUGAISON 



agtir « je crains » . 

com-alnnr « je rem- 
plis ». 

fo-ciallur « je rassem- 
ble, je procure ». 

aro-fochir « j'énonce » . 

follmir « je veux ». 

foliiur « je règne ». 

ad-gladnr « j'adresse la 
parole ». 

labrur « je parle ». 

ad-inacbdur«. j'admire » . 

mollir « je loue ». 

samlur « j'imite ». 



TROISIEME CONJUGAISON 



frilh-ailiiir « j'attends ». 

airliur, coiiairliur « je 
conseille ». 

cnirinr « je pose ». 

gaiiiinr « je nais ». 

laimiiir « j'ose ». 

di-iiiecciur « je mépri- 
se ». 

midiitr « je juge ». 

moiniur « je pense ». 

ad-nniilniur « je ré- 
pète ». 

dirgiur, dans condîr- 
giitr « je dirige, et 
dans troiiedi'rgiur « je 
transfère ». 

do-fui-sJiur « je tom- 
be ». 

sissiur « je suis de- 
bout ». 

thuhiur « je demande. » 



A ces vingt-six verbes, qui paraissent avoir eu au déponent une conju- 
gaison complète, il faut en ajouter : deux qui n'avaient qu'un parfait dépo- 
nent avec sens de présent et un futur sigraatique déponent, qui sont tous 
deux de la première conjugaison : felar « je sais », au (\x\.\ix fessiir, et dii-fo- 
tbraccar, duthraccar « je veux, je désire », à la 3e personne du pluriel du 
futur dutairsetar ; un autre, qui avait un futur sigmatique actif avec sens de 
présent, seiss « il est assis », et un parfait déponent, siassair « il s'est 
assis »; enfin les verbes actifs : adchiii « je vois », qui a un subjonctif pré- 
sent déponent; coiiiccitn « je peux », ei fodatnaim « je souffre », dont le 
parfait est déponent. 

De ces exemples, M. Strachan rapproche ceux que fournissent : 

Les hymnes irlandaises ; 

Le glossaire de Cormac; 

Les textes épiques irlandais : Audacht Moraimi, Tdin B6 Frdich, Sccl 
niuicce Maie Datho, Longes mac n-Usiiig, Tdin Bô Reganiain, Tdin Bô Re- 
ganina, Togail Bruidne da Derga, « Fuite d'Etâin », Tochmarc Etdine, Tdin 
Bô Cûaihtge, Mesca Ulad, Serglige Coiiculaind, Fled Bricrcnd, Siahiir charpat 
Conetilaind , Echtra Coiidla, Aided Conculaind, Tochmarc Emere ; 

Les récits religieux chrétiens contenus dans le Livre de Leinster, 
p. 278-282; 

La règle de Mochuta ; 

Le martyrologe d'Oengus ; 



550 Chronique. 

La vie tripartite de saint Patrice ; 

Les poèmes attribués à divers écrivains du x-^ et du xi^ siècle : Dallân Mac 
More, mort au commencement dux^ siècle ; Cinaed Hua Artacâin, mort en 
975 ; Eochaid Hua Flaind, mort en 984, Macliac, mort en 1015 ; Cuan Hua 
Lothchain, mort en 1024; Fland Mainistrech, mort en 1056 ; Gilla Coemain, 
mort en 1072 ; 

Le Saltair na rann ; 

Des textes religieux dans le Lehar na hUidrc: Dâ hrôn flatha niine, Scéla 
hii hratha, Scéla na essergi, Fis Adainnâhi ; 

Des récits épiques relativement récents : Aircch mennian Uraird maie 
Coisi « Mort de Goll et de Garb », Bôraina, Togail Troi, Cath Ruis na 
rig. 

Voici la conclusion que M. Strachan tire de ces textes : c'est dans le 
courant du xe siècle, même plus exactement au commencement du 
xe siècle, que le déponent est tombé en désuétude chez les Irlandais. Il y a 
exception pour la troisième personne du singulier et du pluriel du prétérit 
sigmatique, pour la première personne du pluriel du même temps, pour la 
première personne du singulier du subjonctif, et pour quelques expressions 
consacrées comme fitir « il sait », génair « il naquit », etc. 

Une objection se présente; elle a été posée par M. Zimraer, Zeitschrift de 
Kuhn, t. XXX, p. 263. Au déponent, la troisième personne du singulier du 
présent de l'indicatif conserve avant la dentale caractéristique de cette per- 
sonne une voyelle qui tombe au passif. Cette dentale est un d au dépo- 
nent, tandis qu'elle est un //; au passif. Du premier de ces faits, M. Z. 
conclut que la création du passif est antérieure à la loi de la phonétique 
irlandaise qui, dans les mots de trois syllabes et au delà, pa ' l'effet de 
l'accent d'intensité qui frappe l'initiale, fait tomber en qualité i ^ postto- 
nique la voyelle de la seconde syllabe; carlhar rr *carator « il es'i aimé », 
au passif, mais no-inoladar « il loue », au déponent. 2° dans cart/.ar, nous 
avons un th, conformément à la règle qui veut que, lorsque / est, comme 
dit Zeuss, infectiis, il se change en //; dans l'intérieur des polysyllabes et à 
la finale des monosyllabes, tandis qu'il devient J à la finale des polysyllabes; 
110-moladar est contraire à cette règle ; il est donc emprunté à un mot dans 
lequel le d était final. Donc moladar est une formation relativement récente 
dérivée de la 3e personne du singulier du présent de l'irKJicatif actif 
postérieurement à la date où l'accent d'intensité est venu modifier en ir- 
landais les formes primitives des verbes. Mais cette doctrine n'est pas si so- 
lidement établie qu'elle le paraît. Ainsi samlalhar « il ressemble », ms. de 
Wûrzburg, de Siint-Gall et de Milan, est de tous points conforme aux deux 
lois énoncées plus haut : chute de la posttonique et remplacement du t in- 
fectas par //; dans les polysyllabes. Chiinelhar, il entend, observe la seconde 
loi en violant la première, qui est également violée par le passif cairigthir 
« notatur », au lieu de cairgethir. 

L'analogie donne la solution de la difficulté. Le déponent ayant le même 
sens que l'actif, on lui a conservé toujours la voyelle et donné quelquefois 
la consonne caractéristiques de l'actif. La conservation de la voyelle est un 



Chronique. 351 

moyen par lequel le langage intelligent empêche la confusion du déponent 
avec le passif. 

Du reste, des formations comme iio-inoladar « il loue », ro-cluiiiethar, il 
entend, ne peuvent être un développement de formes antérieures (présent 
de l'indicatif conjoint) telles que no-chara ou âoUcci, puisque la dentale 
finale fliit défaut à ces formes antérieures. 

No-moladar ne peut non plus être un développement d'une forme ab- 
solue telle que carid, puisque dans carid la voyelle qui précède la dentale 
n'est pas la même que dans no-moladar. On est donc réduit à expliquer mo- 
Iddanpixr: un dérivé d'un préhistorique moyen *iiioIato, qui aurait eu le sens 
du présent primaire, tandis que dans l'irlandais historique cette formation 
n'est connue que comme troisième personne du présent secondaire, no- 
charad « il aimait ». Une partie des verbes déponents irlandais de la première 
classe existe comme verbes moj'ens en sanscrit ou en grec, comme dépo- 
nents en latin. Un exemple bien connu est sechiir, en grec £'7:o[j.at, en 
sanscrit sacê, en latin seqnor. 

La conséquence de ces observations est que nous avons acquis, grâce à 
M. Strachan, un nouveau moyen de fixer la date des documents irlandais. 
Plus les formes du déponent sont nombreuses, plus l'antiquité d'un texte 
sera établie. Naturellement il n'y a pas à tenir compte d'expressions consa- 
crées dont certaines, telles qnt fetar ', aujourd'hui /ca^^ar « je sais yi,fitir 
« il sait » , en breton goar, goer, en gallois gwyr, ont eu la vie très résis- 
tante, comme la troisième personne du singulier, la première et la troi- 
sième personne du pluriel du prétérit sigmatique. 

M. Strachan croit que le martyrologe d'Oengus est antérieur au x^ siècle, 
et il considère comme fort improbable qu'il soit question des Vihings dans 
les plus anciens récits épiques irlandais, où M. Zimmer veut les introduire 
de vive force, et qui sont antérieurs à l'établissement de ces conquérants 
2:ermains en Irlande 2. 



1. Fetar, suivant moi, s'explique par un primitif uidr, identique à la 
troisième personne du pluriel du parfait sanscrit vidur. Le t se justifie par 
une assimilation du d à 1'/ initial = v de l'irlandais ; comparez dofet, tofet 
« il conduit » « précède » pour *dti-uede[t] (Ancient Laws, t. I, p. 112, 
1. 14-15), mais fcdaim; asindiiit, je raconte, est pour as-iud-fiut, z^*ex- 
ande-uidu, par un effet de la même loi dont on trouve un autre exemple 
au début de l'hymne de Fiacc : atfet rz ad-ueidc[t], il raconte. L'expli- 
cation de fetar par un prétérit sigmatique est impossible par deux raisons : 
l'une est que le prétérit sigmatique de la racine acid perdrait son d et au- 
rait un s: fiastar; l'autre, que ce temps se confondrait avec le futur. En 
général, les verbes qui, comme celui-ci, ont un futur sigmatique, n'ont pas 
de prétérit sigmatique. 

2. Un des textes irlandais les plus anciens que nous ayons est évidemment 
VAinra Choluiinb chilli, qui date de la seconde moitié du VF siècle. Or, 
nous y trouvons les exemples suivants de déponent, parfait déduit : 

Indicatif présent, pluriel, première personne, § 35, iiiiincinar, L. U.,qb, 



/ 



3 $ 2 Chronique. 



IX. 

Les Taies of tbe Faines and of the Ghost ÎVorld coUected from oral tradi- 
tion in soitth-wcst Munster by Jeremiah Curtin nous font sortir des études 
grammaticales pour nous transporter dans un domaine littéraire où la lec- 
ture exige moins de tension d'esprit. Les fées d'Irlande ressemblent aux 
fées françaises et les paysans irlandais du Munster ont un talent de conteurs 
au moins égal à celui de leurs congénères du continent. Malheureusement 
l'auteur n'a pas joint le texte irlandais à sa traduction anglaise qui a paru à 
la librairie David Nutt, de Londres. 

X. 

Nous recevons à l'instant Tbe Martyrclogy of Gornian, texte irlandais du 
xii'^ siècle publié pour la Société H. Bradshaw, par M. Whitley Stokes, avec 
traduction anglaise, introduction grammaticale et de copieux index, in-8, 
LII-41 1 pages. Un compte rendu détaillé de ce savant ouvrage paraîtra dans 
une de nos prochaines livraisons. 



H. d'Arbois de Jubainville. 



Paris, le 21 juillet 189J. 



28, glosé par /02/H»6';«-»/ ,• Livre franciscain des hymnes, Gôidelica, 162,11111- 
nonniar glosé par inid toimtiu leind. 

§ 88, vmneniar, L. U. 12 b, 40, glosé par doiiniiiDieni; niuneinmar, Livre 
des hymnes, Gôidelica, p. 167, glosé par dobcrthar dosoui, ce qui est une ex- 
plication et non une traduction; niuineniar, L. Br., p. 259, col. i, 1. 3, 
avec la même glose que dans le Livre des hymnes. 

Subjonctif pluriel, troisième personne, genctar, § 36, L. U., 9 b, 31, glosé 
par bes geneniain. Dans le Livre des hymnes genêt, Gôidelica, p. 162, doit 
évidemment être corrigé en genetar. 

Prétérit sigmatique, troisième personne du singulier. § 34, accestar, 
L. U., 9 b, 25-26 ; aiccestar. Livre des hymnes, Gôidelica, p. 162. 

§ 94, ellastar, L. U., 13 a, 25, glosé par ailed. On trouve le même mot 
et la même glose dans le Livre des Hymnes, Gôidelica, p. 168. Cf. L. Br., 
p. 239, col. 1,1. 31. 

§ 123, accallastar, L. U., 14 b, 40, glosé par doguid acallaiin; aiccdles- 
tair, Livre des hymnes, Gôidelica, p. 170, glosé par dognid acallaim; acal- 
lastar, L. Br., p. 240, col. i, 1. 11, avec la glose no accaillcd. 

§ 127, Figlestar, Livre des hymnes, Gôidelica, p. 170; L. Br., p. 240, 
col. 1,1. 33. La glose dans les deux manuscrits est figill imrâite do dé- 
nam, c'est-à-dire : « faisant une veille de méditation ». 

§ 127, glinneslar, Livre des hymnes, Gôidelica, p. 170, glosé par noglin- 
niged; glindeslar, L. Br., p. 240, 1. 33, 35, glosé par no glindcad. 

Le glossateur a partout supprimé le déponent. Or, ce glossateur écrivait 
probablement au xi<= siècle. 



PÉRIODIQUES 



I. 

Nachrichten der K. Gesellschaft derWissenschaften zu Gôttingen. 
Philologisch-historische Klasse, 1895, 2e cahier, p. 117-165. — Entre 
Lycophron et les modernes décadents s'intercalent les Hispericajamina, dé- 
couverts par le cardinal Angelo Mai, qui les a publiés : Chssicorum auc- 
toriim... séries, t. V (p. 479-500). Ce document a été réimprimé depuis par 
Migne, Patrologia latina, t. XC, col. 1 185-1 196, et en dernier lieu parM. Sto- 
wasser dans le i ^ Jahrcshericht ûher das K. K. Fraii:i-Joseph-Gyi)uiasi!ii>i in 
Wien, Schidjahr, 1SS6-S/, Vienne, 1887. La source est le manuscrit du Vati- 
can coté Reg. 81. 

Un inorceau de même goût et d'une littérature aussi attrayante, ce sont 
les fragments de Luxembourg, dont une partie, publiée pour la pre- 
mière fois par Mone, Die gallische Sprache nnd ihre Brauchbarkeit, 185 1, 
a été depuis réimprimée plusieurs fois, notamment dans la Grammatica cel- 
tica, et par M. Rhys, Revue Celtique, t. L P- 348-351. Une autre partie a 
été découverte en 1875 par le savant bibliothécaire de Cambridge, H. Brad- 
shaw, et cela m'explique pourquoi cet érudit, si justement regretté, ne m'a 
guère parlé que des Hisperica faviiua lors de la visite que je lui ai f.tite à 
Cambridge le vendredi 17 juin 1881. C'est par lui que j'ai appris la réim- 
pression de ce document dans la Patrologia Jatina de Migne, quoique Vindex 
operuni alphabet icus n'en dise rien, et il a passé un certain temps à me dé- 
montrer qu'avec du travail on peut parvenir à pénétrer le sens des Hisperica 
famina. Grâce aux notes inédites laissées par Bradshaw, Collected papers of 
Henry Bradshaiu, M. Heinrich Zimmer a trouvé dans la bibliothèque de la 
ville de Luxembourg le débris découvert par Bradshaw. Les fragments de 
Luxembourg se composent de quatre feuillets, dont les deux derniers 
avaient été publiés par Mone, Zeuss, Rhys, etc., et dont les deux premiers 
étaient inédits. Ils se trouvaient dans la couverture du manuscrit coté 109 
qui vient de l'abbaye d'Epternach. Ils sont aujourd'hui cotés manuscrit 89. 

En regard des fragments de Luxembourg viennent se placer les fragments 
de Paris, jusqu'ici totalement inédits. Ils ont été découverts par M. J. Loth, 
qui en parle dans la Revue Celtique, t. V, p. 469. Ils se trouvent à la Biblio- 
thèque nationale dans le manuscrit latin 11411, f°s 99, 100, ici, 102, 



i 



3 54 Périodiques. 

ixe-x« siècle. M. Zimmer les publie aux pages 135-144, tandis qu'il a donne 
ceux de Luxembourg aux pages 120-128. Son mémoire contient une sa- 
vante étude sur ces documents. Nous y remarquons surtout, p. 152, une 
concordance entre le texte découvert au Vatican par Mai et les fragments 
tant de Luxembourg que de Paris. Ceux-ci proviennent de deux manuscrits 
différents où, d'une façon indépendante et dans la même langue, les auteurs 
traitaient le même sujet que l'auteur du livre bizarre contenu dans le ma- 
nuscrit du Vatican. Suivant M. Zimmer, les Hisperica fauiiim datent du 
vi<^ siècle, ont été composés dans le S.-O. de la Grande-Bretagne, et le 
manuscrit du Vatican qui les a conservés est probablement la copie faite à 
Fleury, aujourd'hui Saint-Benoît-sur-Loire, d'un manuscrit breton. On 
sait que les fragments de Luxembourg contiennent des gloses bretonnes. 

IL 

Zeitschrift fur vergleichende Litteraturgeschichte, herausge- 
GEBEN VON Dr. Max Koch. — Nouvelle suite, t. VIII, p. 51-86, p. 143- 
174. — Mémoire de M. Ludwig-Chr. Stern sur la poésie épique ossianique. 
Ce travail est divisé en trois chapitres. Le premier traite de l'œuvre de Mac- 
pherson. Voici la conclusion à laquelle l'auteur arrive: « Quand aujour- 
« d'hui, reportant le regard en arrière, on jette les yeux sur cette mons- 
(( trueuse falsification, qui du reste appartient à un âge où, comme on le 
« sait, la supercherie littéraire était si fréquente, on ne peut qu'être étonné 
« de l'audace et du succès du faussaire, delà folie de ses savants défenseurs, 
« de la crédulité nationale et de l'ignorance de tout un peuple. Vraiment, 
« en Ecosse, il a fallu trop longtemps attendre le triomphe de la vérité. 
« A-t-elle en Allemagne pénétré partout, c'est ce que n'oserait soutenir au- 
« cune personne qui aurait fait une étude complète de ce domaine de l'his- 
« toire Httéraire. » 

Les deux chapitres suivants contiennent une étude détaillée sur les mo- 
numents authentiques de la littérature ossianique tant en Irlande qu'en 
Ecosse. L'auteur y dit aussi quelques mots des morceaux du cycle de Con- 
chobar e: Cûchulain que Macpherson a voulu transporter dans la littérature 
ossianique. Il serait, ce me semble, difficile de connaître plus à fond que 
M. Stern la bibliographie de ce vaste sujet. 

in. 

Zeitschrift fur romanische philologie, herausgegeben von Dr. 
GusTAV Grôber, t. XIX, p. 96. — M. W. Meyer Lùbke critique l'expli- 
cation donnée du français caillou dans le Dictionnaire général de la langue 
française par MM Hatzfdd, Darmesteter et Thomas, p. 329 et 390. Sui- 
vant cet ouvrage, caillou est un dérivé normano-picard àe.' chail, qui n'est 
plus usité que dans l'O. de la France et qui viendrait du latin calctilum. 
Dans caillou on devrait reconnaître le latin calcuhun développé au moyen 
d'un suffixe -avmn. Mais jamais le latin ni le normand n'ont formé des 



Périodiques. 3 5 5 

substantifs avec ce suffixe. M. Meyer-Lùbke propose pour le mot caillou une 
origine celtique. En gallois, tesliciile se dit caill, au pluriel ccilliau = * call- 
joves. Le thème Jcallmi- serait un développement du thème hallio-, conservé 
dans le composé celtique Calliomarcos cité par Marcellus de Bordeaux, qui le 
traduit par equi tingula. C'est le nom d'une herbe qu'on employait pour 
guérir la toux. L'hypothèse du savant grammairien paraît fort séduisante. 
Cependant nous nous demandons si le rapprochement du gallois caill avec 
le gaulois callio- est parfaitement justifié et si le gallois caill ne serait pas 
identique à son synonyme breton kalch zr: *kalko-, qui est le thème du- 
quel dérive le latin cakuliis. 

P. 273-275, le même auteur recherche Fétymologie du provençal hau, 
hana « corne ». Faut-il l'expliquer par le vieil-allemand hain « os «, ou par 
le gallois han « corne »? A ce sujet, M. Meyer-Lùbke, après avoir rejeté, à 
cause du sens, Fétymologie germanique et s'être rattaché à l'étymologie 
celtique, examine quels rapports phonétiques il peut y avoir entre les deux 
synonymes; irlandais houi, gallois han. Suivant lui, ces deux mots sont pho- 
nétiquement identiques -, mais cette doctrine me semble erronée. L'irlandais 
benn = *heuna, et le gallois ban ^z *bnna. Il y a entre ces deux mots le 
même rapport qu'entre le nominatif irlandais bcn « femme » zr: *bena, et 
le génitif pluriel ban « des femmes » = *bnnon. 

P. 276, le même savant propose une étymologie nouvelle pour le mot 
français encombrer. C'est un gaulois * konibero- ou * komboro-, substantif, de 
même origine que le latin confero, le grec aujjLoépw, (juijiaopâ. *Kombero- au- 
rait le même sens que le latin congeries et devrait se reconnaître dans l'ir- 
landais coinmar, « rencontre de vallées, de cours d'eau ou de chemins », dans 
le gallois O'WH/tT et dans le breton kcniper, signifiant tous deux « confluent ». 

On sait que l'érudit auteur de ces articles publie une savante grammaire 
des langues romanes dont le t. II vient de paraître, traduit en français par 
MiM. d'Outrepont, à la hbrairie H. Welter. Ce volume traite de la morpho- 
logie. Pour les études celtiques il y a quelques indications à signaler. 

Ainsi Berry représenterait le bas-latin Bitiirigo accentué sur la pénultième, 
tandis que Bourges est la prononciation moderne de Bitdrigcs accentué sur 
ranté-pénultième, p. 11. 

Poitou, Anjou = Pictavo, Andecavo, ibid. Poitiers = Pictavis, Angers 
= Andccavis, p. 13. Naturellement dans la liste des suffixes romans le suf- 
fixe avus fait défaut ; nous ne trouvons que le suffixe ivus, p. 589-590. 

On pourra remarquer avec étonnement, à la p. 591, le nom d'homme 
Bodicca, dont l'auteur n'a pas deviné l'origine celtique. Cf. Holder, Altcel- 
tischer Sprachschali, p. 458. Le paragraphe consacré au suffixe -iccus pour- 
rait être remanié et contenir un renvoi à Zeuss, Grammatica celtica, 2^ édi- 
tion, p. 807. 

IV. 

Revue archéologiclue, t. XXVI, p. 163-19J, 309-335. — Etude sur 
Epona, déesse gauloise des chevaux, par M. Salomon Reinach. Ce travail 
est divisé en trois parties. La première est consacrée au type équestre et 



556 Périodii^iies. 

nous représente Epona assise, ordinairement à droite, sur un cheval mar- 
chant à droite. Ce type se répartit ainsi : en France, trente-six ; dans le 
Luxembourg, trois ; en Allemagne : Bade, Palatinat, Hesse rhénane, Prusse 
rhénane et Nassau, dix-neuf; dans l'empire d'Autriche, Tyrol, un ; en 
Italie, Pompéi, un. 

La seconde partie a pour objet les monuments qui nous représentent Epona 
associée à des chevaux qu'elle ne monte pas. Ces monuments sont au 
nombre de quinze. On en a trouvé un en Angleterre, deux en France, 
un dans le Luxembourg, trois en Allemagne : Wurtemberg et Nassau, un 
en Basse-Autriche, six en Italie, dont le plus méridional à Naples. 

Dans la troisième partie, M. Reinach s'occupe : 1° des textes fournis par 
les auteurs de l'antiquité gréco-romaine, 2° des inscriptions. Les auteurs 
sont au nombre de huit: un Grec nommé Agésilas, et d'ailleurs inconnu, 
Juvénal, Apulée, Minutius Félix (dont la doctrine a été deux fois reproduite 
, par Tertullien), Prudence et l'Atricain Fulgentius Planciades. Quant aux 
inscriptions, on en a jusqu'à présent publié trente-huit, que M. Holder a 
reproduites dans son Altceltischcr Sprachschati, col. 1448-1450; on en a 
trouvé deux en Grande-Bretagne, dont une en Ecosse ; une en Espagne, à 
Siguenza, en Nouvelle-Castille, dans le territoire des Arevaci, peuple celti- 
bère ' ; quatre en France ; douze en Italie, dont onze à Rome ; cinq en Al- 
lemagne, Bavière et Prusse rhénane; douze en Autriche-Hongrie, Carin- 
thie, Dalmatie, Hongrie, Styrie, Transylvanie, une en Serbie. 

Ainsi des monuments figurés ou épigraphiques qui rappellent le culte 
à'Epjiia, on a recueilli le plus septentrional en Ecosse, le plus méridional à 
Naples, le plus occidental en Nouvelle-Castille, le plus oriental en Serbie. 
Mais c'est surtout dans le bassin du Rhin supérieur, à partir de Coblenz, et 
dans le bassin du Rhône supérieur, au nord de Lyon, qu'on les trouve accu- 
mulés. Là semble être le pays d'origine de cette divinité gauloise. 

Soixante-seize figures intercalées dans le texte ajoutent une grande valeur 
à ce savant travail. 



SiTZUKGSBERICHTE DER KÔNIGLICH-PREUSSISCHEN AkADEMIE DER WI3- 

SENSCHAFTEN zu Berlin, 1895, p. 381. — Mémoire de M. Hirschfeld sur 
l'histoire du christianisme à Lyon avant Constantin. 

Ce mémoire commence par une étude sur les martyrs de l'année 177. 
M. Hirschfeld en dresse la liste d'après : 1° le martyrologe hiéronymien, 
2° Grégoire de Tours, 3° le manuscrit de Munich no 3514, 4° le martyro- 
loge d'Adon, 50 le martyrologe de Notker. Tous les noms sont d'ori- 
gine latine ou grecque, sauf deux; l'un est d'origine biblique, Zaccharias; 
l'autre est le seul indigène : Rhodana, ainsi écrit par Adon, Notker et dans 
le manuscrit de Munich, Rhodana dans le martyrologe hiéronymien, Rodane 
dans un manuscrit de Grégoire de Tours, Rodona dans les autres. C'est la 



I . Revue Celtique, t. XV, p. 27. 



Périodiques. 5^7 

forme féminine du nom du Rhône, qu'on trouve employé comme nom 
d'homme au masculin dans d'autres inscriptions : Corpus inscriptionum 
latinarum,Y, 3677, 5 5 59(?); IX, 322. Quand plus tard saint Irénée s'est 
plaint d'être obligé d'employer une langue barbare dans son ministère près 
des Celtes : « où/. IxiÇrjTrÎCTS'.i; ok Tiàp' 7)[xa)v tojv ev KeXtoÎç oiarpiCovicov y.at 
::Ept patpGapov o'.aXs'x'cov xô Tikziaxo^ aazoXoujjLs'vtov, Xo'ycov tiyvY]v », il ne 
parlait pas des habitants de Lyon ; il faisait allusion aux missions que, seul 
évêque de toute la Gaule, il avait entreprises pour convertir ce pays alors 
fort incomplètement romanisé et presque entièrement païen. L'épiscopat de 
saint Irénée se place entre 177 et 201. 

VI. 

Revue internationale de l'enseignement, t. XXIX, p. 533-554. — 
Première partie d'une étude de M. J. Bloch sur la religion des Gaulois. Cet 
article, qui sera continué, est divisé en trois paragraphes intitulés, le pre- 
mier : « Les sources. La religion gauloise et la religion gallo-romaine », le 
second: « La mythologie populaire », le troisième : « Les grands dieux de 
la Gaule ». 

Dans le premier, l'auteur parle des textes, des inscriptions, des monu- 
ments figurés, de la littérature irlandaise et des superstitions populaires 
modernes. 

Dans le second paragraphe, il est question du culte des arbres, et à ce 
propos de l'usage moderne du mai, de la cueillette du gui chez Pline et du 
gui dans les étables chez les paysans du Morbihan. Vient ensuite le culte 
des sources, des cours d'eau et des lacs, enfin celui des iiiafres, aujourd'hui 
les fées. 

Dans le troisième paragraphe, M. Bloch parle du dieu au maillet, qui est 
suivant lui le dieu appelé Taraniis(?) par Lucain ', et qui serait aussi le dieu 
assimilé par César à Jupiter. Au Mercure romain il semble qu'on assimila 
plusieurs divinités celtiques Lugus, Smerius dont la parèdreest Rosmerta^, 
et Ogmios. Ce sont des dieux bienfaisants dont Cernunnos est l'adversaire. 
La suite de ce mémoire paraîtra prochainement. 

VII. 
FoLK-LoRE de mars 1895. — Note du Rév. Walter Gregor sur les gâ- 



1 . Le vers 446 du livre I de Lucain est ordinairement noté ainsi qu'il 
suit : « Et Taranis Scythicae non mitior ara Dianae » (éà. de Hosius chez 
Teubner, 1892, p. 19, éd. deLejay chez Klincksieck, 1894, p. 61). M. Bloch 
le corrige ainsi : 

« Et Tarani scythica non mitior ara Diana. » Ce n'est pas le lieu de dis- 
cuter ici cette nouvelle leçon. 

2. Ro-siuer-ta et Siiicr-io-s paraissent provenir de la même racine que 
l'irlandais siiicr « feu ». Whitley Stokes, Ùrkeltischer Sprachschat:{, p. 317. 

Revue Celtique, XVI. 25 



358 Périodiques. 

teaux que dans quelques localités d'Ecosse on fait la veille du ler mai et 
qu'on appelle BeUaiie bannocks. 

Mémoire de Arthur J. Evans sur le cercle de pierre appelé RoUrighl stones 
et les tra^'itions populaires qui s'y rattachent. Ce monument est situé en 
Angleterre, comté d'Oxford, près de la limite qui sépare ce comté de celui 
de Warvvick. On suppose que cette limite est sur ce point identique à celle 
qui séparait les Dohuni des Cornavii. 

FoLK-LoRE de juin 1895. — Mémoire de R. C. Maclagan sur des objets 
de folk-îore recueillis en Ecosse dans le comté d'Argyle (envoûtement, 
poupées faites avec des poignées d'épis et qu'on appelle Maighdean Biiana 
« fille de moisson », fil à trois nœuds, snâini, pour triompher du mauvais 
œil, etc.). — Notes recueillies par le Rév. Mac Phail sur les superstitions 
de l'île de Lewis; on y peut remarquer une invocation à un personnage ap- 
pelé Shoni, nom identique à celui d'un scribe écrit en ogham Sonid dans le 
missel de Stowe. 



VIII. 

BiBLiOTHÈQ.UE del'Écoledes Chartes, livraison de janvier-février 1895, 
t. LVI, p. 45-83. — Nouvelle édition revue et corrigée du savant mé- 
moire de M. Léopold Delisle sur les Heures bretonnes du xvi^ siècle. De 
ce mémoire, dont on ne pourrait trop faire l'éloge, nous avons parlé dans 
notre précédente livraison d'après le Bulletin de la Société archéologique du 
Finistère, p. 257, qui en a donné une première édition. A la suite de son 
travail, M. Delisle a inséré dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes le fac- 
similé d'une page du livre si rare qui en a fourni le sujet. Nous devons à 
sa gracieuse obligeance le plaisir de mettre ce fac-similé sous les yeux des 
lecteurs de la Revue Celtique. Voyez ci-contre, p. 359. 

IX. 

Annales de Bretagne. — T. X, no 2, janvier 1895, p. 270-271. Contes 
irlandais, texte original recueilli par M. Douglas Hyde et traduction par 
M. G. Dottin. I. Le prêtre et l'évêque. II. Cond se réfugie auprès des 
chèvres. III. Jean le rétameur. — Chanson bretonne publiée par M. Le Lay, 
professeur au lycée de Pontivy. 

La livraison se termine par les premières pages (A-Danter) du diction- 
naire vannetais-français composé par Pierre de Châlons, appelé Nicolas de 
Chalons par Levot, Biographie bretonne, t. I, p. 278. M. J. Loth, éditeur, a 
ajouté entre crochets les équivalents en dialectes de Léon, Cornouailles et 
Tréguier. 

T. X, no 3, avril 1895. P. 333, article nécrologique sur M. Luzel par 
M. J. Loth. P. 340-361. Catalogue des œuvres de M. Luzel, par M. Pros- 
per Hémon. P. 413-437 — Les saints bretons d'après la traduction populaire, 
par M. Le Braz (suite). Le morceau principal de cet article est le texte en 
vers bretons de la vie du « Prince Melar », saint en grande réputation à 



Périodiques. ^59 

3inpatetenl6re?ûnec» 

Mn froej m l)ûl iX) mitron, 

â)anctifîceturnomentuum 
B ejetîjoj Ijanu faîjeiRet 
H)te quemment cljjiden a fo ganet 
^ aj renttop DcocJ)/mo?/l)a gloa j 
tiej i)on oïl ober/l)a ïauar 

3(ll)ucmat regnum tmm. 
£) euetDeomptjclljojiiaoentelej 
SDa Ijalïafu ?)on fiUuîïîguej 
îRacanDefirtocjljo^îJoaîou 
Cuamagljon eneffudu. 
jïtat \jolunta0 tua/ ficut in 

ttlù^inttvra; 
O toeteuelenneff/ijarenîiûMar 
]fâ j puiffancc bras^/ aTo Wfpaç 
fî|>afuplï>enl)(uej: 
S)a toejo graet Ijo ijolonte^ 

panem noftrum quotiliîanum/ 

tanobts^ljûDie* 
:e ett non cû?ffou an bara matenei 
^on eneffou an bâta celeftîel 
l)p}i\x fter majUijimp aman 
l^ocorff p?eciu3i cguîtangucllljafu. 

€ t Dimiete nobi^Dcbita noftra 

ê>icut ^ no0 bimtttimiig Dcbi> 

to?ibiigno(ln;9^ 



ic 



360 Périodiques. 

Lanmeur. — P. 438-467, continuation par M. G. Dottin de sa publication de 
contes irlandais, texte et traduction : IV. Le chevalier aux tours d'adresse. 
V. Le garçon qui avait été longtemps sur le sein de sa mère. Nous es- 
pérons pouvoir annoncer prochainement un tirage à part de cet excellent 
recueil. — Dans cette livraison est continuée jusqu'à l'avant-dernier mot 
de la lettre H la réimpression du dictionnaire vannetais-français de Pierre 
de Châlons commencé dans la livraison précédente. 

Tome X, no 4, p. 603. Textes bretons et gallois chez Paul Merula, Cos- 
niographiae generalis libri très... ex officinaPlantiniana, 1605. Pater en breton 
et en gallois, credo en breton (article de M. J. Loth). — P. 606. Suite des 
contes irlandais publiés par M. G. Dottin. — La réimpression du diction- 
naire vannetais-français de Pierre de Châlons est terminée dans cette livrai- 
son. Cette réimpression est en vente à Rennes, chez Plihon et Hervée, au 
prix de cinq francs. 

X. 

The Academy, mai-juin 1895, p. 402-403, p. 445-446, p. 466, p. 484- 
485, p. 507. — Lettres de MM. E.-W.-B. Nicholson, A.-L. Mayhew et 
Edmund Mac-Clure sur la question de savoir où est né saint Patrice. Sui- 
vant M. Nicholson, le Bannavem Tabemiae delà « Confession de saint Pa- 
trice » doit être corrigé en Bannaventa Britanniae, Baniiavciita n'est pas 
autre chose que Daventry, en Angleterre, comté de Northampton, et Ban- 
naventa doit être décomposé ainsi : Bann-davent-a. Ban est un mot gallois 
signifiant dans la langue géographique « éminence », sens secondaire dérivé 
du sens primitif» corne ». Davent est le gallois dafn « goutte, écoulement », 
en sorte que Bannaventa signifie « montagne des sources ». 

Les procédés étymologiques de M. Nicholson ne sont pas du goût de 
tout le monde. Il a trouvé deux contradicteurs, ce qui le vexe. Si tous les 
linguistes compétents s'occupaient de lui, le nombre des critiques serait, 
peut-être bien, un peu plus considérable. Cinquante ans plus tôt il aurait 
été probablement plus heureux. 

P. 545-546. Note de M. Whitlcy Stokes sur un calendrier en vers hexa- 
mètres qui précède un psautier conservé au British Muséum sous la cote 
Galba A. XVIII du fonds Cottonien. On croit que ce manuscrit a appar- 
tenu au roi Aethelstan, et on l'a considéré jusqu'ici comme une œuvre 
saxonne. M. Whitley Stokes penche à le considérer plutôt comme irlandais. 
En effet, ce calendrier mentionne dix saints irlandais contre quatre anglo- 
saxons seulement, et la latinité parait irlandaise. 

The Academy, juillet 1895, p. 12. Lettre de M. J. Hessels qui dit 
que la latinité du ms. Galba A. XVIII peut être anglo-saxonne aussi bien 
qu'irlandaise, mais laisse subsister l'argument fondé sur les noms des 
saints. 

• M. Hùbner a publié en 1876 dans ses Inscripliones Britanniae christianae, 
sous le n" 96, une inscription gravée sur une croi.x de pierre haute de qua- 



Périodiques. 361 

torze pieds anglais, soit 4 mètres 37 cent., à Carew, comté de Pembroke, 
c'est-à-dire dans la région sud-ouest du pays de Galles. Ce monument était 
depuis longtemps connu. Westwood, dans son Lapidarium Walliae (1876- 
1879), P^- LVII, cf p. 1 19-120, donne deux représentations de la croix de 
Carew ; dans l'une il nous la montre de face, dans l'autre il nous la fait 
voir par derrière, enfin il y joint une figure où l'inscription est donnée sur 
une plus grande échelle. Il fait observer qu'une copie sur pierre de cette 
inscription se trouve en Irlande, comté de Wexford, au château de Fethard, 
propriété de la famille Carew. Une autre copie plus récente a été décou- 
verte sur un bloc de granit au-dessus de la baie de Baginbun, non loin de 
Fethard, également dans le comté de Wexford. 

M. J. Rhys a reconnu dans le premier mot de l'inscription de Carew, 
Margitetit, un nom propre gallois, plus tard Meredudd (Lectures on Welsh 
Philology, 2^ éd., p. 234). 

Cette inscription et ses copies ont été dans TAcademy, pendant le second 
semestre de l'année dernière, l'objet d'une correspondance suivie entre 
MM. E.-W.-B. Nicholson, R.-A.-S. Macalister, Philip D. Wigors, Goddard 
H. Orpen, Lord Southesk, comme on peut le voir aux p. 235, 257, 282, 
305, 306, 353, 377 de ce journal anglais. 

Dans le numéro de I'Academy du 15 juin dernier a paru, p. 32-33, une 
lettre de M. J. Romilly Allen qui éclaircit la question, jusqu'ici fort obscure 
à mes yeux, que ces Messieurs discutaient. Il n'y a pas à s'occuper des 
copies signalées en Irlande à Fethard et à Baginbun. L'inscription de Ca- 
rew mérite seule notre attention. 

Suivant M. J. Rhys, qui foit autorité en cette matière, il faut lire Mar- 
giteut Recett f[ecit]. Cette inscription, dit M. Allen, a été gravée au ix^ ou 
au xe siècle, la copie de Fethard date du xiii^ ou du xiv^, la copie de Ba- 
ginbun est beaucoup plus récente. Le nom de Margi-teut, dont le premier 
terme paraît identique au premier terme de Margi-ditmim, station romaine 
de Grande-Bretagne dans l'Itinéraire d'Antonin, apparaît sous différentes 
formes dans les textes gallois. Dans le Livre de Llan Dâv, p. 125, rex De- 
meticae regionis Margeliid, fiUus Rein, est un contemporain de saint Teliatis, 
v:e siècle, et Margetud, fils du roi Gnfiid, 1039-1063, est témoin d'une do- 
nation faite par son père à l'évêque Herivaldiis, 1056-1104. Plus ancien- 
nement, en 796, mourut Morgetiud rex Demetoriun, dont le fils, Eugein 
filius Margetiud, mourut en 811 (^Annales Cambriae, p. 11). Margetiiid re- 
produit presque exactement le Margiteut de l'inscription. Plus tard (dans 
la même chronique), on trouve Marediit, 986 (p. 20), 989, 993, 994 (p. 21), 
1069-1070 (p. 28), 1102 (p. 33), 1 106 (p. 34), Meredut, Maredut, 1128 
(p. 38), etc.; Mareditd est l'orthographe du Brut y tytvysogion, Meredudd est 
la notation moderne. 

Le même numéro de I'Academy contient, p. 35-36, une dissertation de 
M. E.-W.-B. Nicholson sur la racine celtique ab à propos du Bannavem 
Taberniae de la « Confession de saint Patrice ». Je ne me sens pas assez 
fort pour apprécier un morceau si savant. Les écrits de M. Nicholson sont 
en général au-dessus de ma portée. 



3 6 2 Périodi/jues. 



XI. 

L'Anthropologie, t. VI, no 3. — P. 293-311. Suite delà savante étude 
de M. Salomon Reinach sur la sculpture en Europe avant les influences 
gréco-romaines. Cet article, comme les précédents, est illustré. La der- 
nière figure porte le numéro 298 . 

XII. 

Zeitschrift fur ixdogermanische Sprach- und Altertumskunde, t.V, 
p. 87-88. — M. Wilhelm Streitberg expose que Mattium et Maitiacus sont 
deux mots celtiques, et non d'origine germanique comme l'a cru M. W.' 
Braune. Ils tirent leur origine d'un nom hypocoristique où était doublé k / 
de la première partie d'un nom d'homme composé tel que Mati-donnus. 

XIII. 

Journal of the couxty Kildare archaeological society, 1. 1, no 5, 
1894, p. 281-285. — Notice par Miss Margaret Stokes sur deux croix de 
pierre de date fort ancienne qui existent encore aujourd'hui à Castledermot. 
Ces croix sont ornées de figures représentant divers sujets religieux. Une 
des plus intéressantes est celle de la Mort dans le tombeau. Le personnage 
est assis les jambes repliées et les mains croisées au-dessus des genoux, dans 
une posture qui ressemble à celle de certains squelettes dans les tombeaux 
païens. 

XIV. 

Zeitschrift fur deutsche Philologie, t. XXVIII, p. 80-113, étude 
approfondie de M. R. Thurneysen sur le Kenniiis vlndkaliis deM. H. Zim- 
mer. Dans le tome précédent de la Revue Celtique, p. 126-129, le livre de 
M. Zimmer a été annoncé d'une façon trop brève, étant donnée l'impor- 
tance considérable de cet ouvrage. Au même tome, p. 174-197, M. l'abbé 
Duchesnc a publié sous le titre de Nennius retractalus une critique plus 
approfondie de l'œuvre de M. Zimmer. Je suis revenu un peu rapidement 
sur le même sujet dans la première livraison du présent volume de la Revue 
Celtique, p. 106-108, à propos de la nouvelle édition de Nennius donnée 
par M. Mommsen : Monuinenla Germaniae historica, in-4, auctores autiquis- 
siini, t. XIII, ou Chronica minora, t. III. Le compte rendu de M. Thur- 
neysen est dû à la plume d'un savant tout à fait compétent ; il est tellement 
complet et si détaillé que la place manquerait ici pour en donner une ana- 
lyse suffisante. J'y renvoie donc les lecteurs de \zReviie Celtique. Je me bor- 
nerai à quelques extraits. 

« Ce livre, » dit M. Thurneysen, p. 80, « montre le même caractère que 
« les autres travaux du même auteur: une immense impétuosité qu'aucune 
« conséquence ne fait reculer. Dès qu'une hypothèse a été exprimée, elle 



Périodiijues. 363 

« sert de fondement à une construction nouvelle. De là, pour celui qui 
« juge uniquement d'après les lois de l'esthétique, il résulte une unité lit- 
« téraire dont la forme exerce une séduction presque irrésistible ; — cer- 
« tains comptes rendus en sont la preuve. — Mais quand le lecteur est 
« accessible au doute, il ne peut, sans éprouver un certain malaise, voir un 
« monument majestueux s'élever sur des fondements dont les matériaux, 
« fort mélangés, sont alternativement de belles pierres de taille, et des 
« pierres apparentes, vraies bulles de savon. » M. Zimmer se plaindra de 
la cruauté dont je fais preuve en traduisant ce passage et en l'insérant dans 
la Revue Celtique. Mais il n'est pas donné à tout le monde de bâtir en 
pierres de taille. Les maisons dont je suis propriétaire sont toutes cons- 
truites en moellons. C'est dans une maison bâtie en moellons que je suis 
né, et pendant vingt-huit ans à Troyes, j'ai habité une maison bâtie en 
torchis, hift-stein « pierre de vent », comme dit M. Thurneysen, ce que, 
faute d'équivalent français, je rends ci-dessus par une périphrase. 

Voici comment M. Thurneysen entend les sources de l'histoire publiée 
sous le nom de Nennius (voir son aiticle, p. 103-104); il prend pour base 
l'édition de San Marte, Berlin, 1844, p. 27 et suivantes. 

Prologue, §§ I et 3, développement postérieur de la préface de Nennius; 

§ 3, préface de Nennius à son édition définitive, 859; 

§ 4, vient de l'original, écrit vers 679 ; 

§ 5, addition par Nennius vers 831 ; 

§ 6-9, viennent de l'original ; 

§ 10-16, additions de Nennius; 

§ 17, de l'original; 

§ 18, addition antérieure à Nennius; 

§ 19-20, de l'original; 

§ 20-30, addition de Nennius; 

§ 31-48, de l'original; 

§ 48-55, addition de Nennius ; 

§ 56, de l'original ; 

§ 57-61, addition de Nennius qui s'arrête à la ligne 3 de la p. 72 ; 

§ 61, à partir des mots Ida filius Eohha, p. 72, 1. 4; § 62-64 et § 65 
jusques et y compris les mots novem annis, p. 74, 1. 9, de l'original; 

fin du § 65, additions la plupart antérieures à Nennius; 

§ 66, addition récente empruntée aux Annales Canibriae; 

§ G'j-'jG, liste des merveilles de Bretagne; les deux premières, p. 75, 1. 3-1 1, 
appartiennent probablement à l'original, les deux suivantes, p. 75, 1. 12-20, 
sont des additions antérieures à Nennius et tout le reste, jusques et y com- 
pris le § 76, est un recueil d'additions qui remontent, les unes probable- 
ment, les autres certainement à Nennius. 

La liste des cités, p. 80, est antérieure à Nennius et très ancienne. 

M. Thurneysen n'admet pas la doctrine exagérée de M. Zimmer, qui fait 
de saint Patrice un personnage à peu près complètement fabuleux. Il rejette 
comme nous l'étrange assertion que Féne, nom national des Irlandais, serait 
un mot d'origine germanique. L'étude de son article est indispensable à 



364 Périodiques. 

tous ceux qui voudront se rendre un compte précis de l'état actuel des 
questions soulevées par l'œuvre médiocre et cependant si importante qui 
circule sous le nom de Nennius. 



XV. 

The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Ireland. — 
Article de M. John Rhys sur dus inscriptions oghamiques de l'Irlande sep- 
tentrionale: 1° à la Bibliothèque publique d'Armagh: dinoaglo maq.i 
Q.ETAI. Cf. MAQ.I aETTi, inscription de Ballinrannig, comté de Kerry, en 
Irlande, et le nom du personnage épique, Cet mac Magacb; 2° pierre d'Agha- 
scribbagh, près de Greencastle: dôtoatt maq.i nan... Dotoatt est le génitif 
d'un nom d'homme écrit Dotoad au même cas dans le nom géographique 
Tiilach Dotoad (Revue Celtique, t. XV, p. 418, Dindsenchas de Rennes, § 33). 
— Mémoire de M. W.-F. Wakeman sur des sépultures païennes trouvées 
à Old-Cornaught, comté de Dublin. — Recherches sur l'origine des su- 
perstitions irlandaises concernant les fées, par feu Herbert Hore, avec notes 
par M. David Mac-Ritchie. 

XVI. 

SUPPLEMENTI PERIODICI ALl' ARCHIVIO GLOTTOLOGICO ITALIANO... ORDI- 

nati da G.-I. Ascoli. Seconda dispensa, p. 97-131. Deux mémoires de 
M. Ascoli. 

Dans le premier, le savant italien revient sur les comparatifs d'égalité 
irlandais en ithir dont il avait déjà précédemment traité, comme on l'a pu 
voir par le compte rendu imprimé dans la Reinte Celtique, t. XIII, p. 297- 
298. Un des textes qu'il produit à l'appui de sa doctrine dans ce nouveau 
travail est extrait du récit irlandais de l'histoire du peuple juif, Stair cloinde 
Israël dans le Leahhar Breac, p. 120, col. 2, 1. 45-48: « Le principal autel 
« était de même hauteur que le sein et que la noble poitrine du grand- 
ce prêtre Aaron » In prim-altoir primda immorro comard side fri iicht ocus 
fri hurhruinde in-uasal-sacairt Aroin. La même idée est exprimée en d'au- 
tres termes dans le Saltair na Rann, vers 4269, 4268 ; il y est dit que « le 
principal autel « In-prim-altoir « était aussi haut que le sein d' Aaron » ha- 
/jarddidir ucht Aroin. Cotn-ARD « de même hauteur que » est synonyme 
de ARDD-iW/V « aussi haut que » ; le préfixe coin- a la même valeur que le 
suffixe -idir. 

Le second mémoire a pour objet l'étude de ce que devient en irlandais 
st initial. On dit en général que st initial se réduit en irlandais à t ; exem- 
ples: tiagu « je vais » = a-sr/oj; tàu, tu « je suis » = sto. 

Mais, pour un certain nombre de mots au moins, il est certain que ; ini- 
tial = st est antérieur à la date où l'irlandais s'est séparé des autres lan- 
gues celtiques et même à celle où le celtique s'est séparé d'autres langues 
indo-européennes. A côté de la racine sanscrite sthag « couvrir », et du 
grec cj-c'yo; « toit », on a le grec leyo; « même sens », le latin tego, l'aile- 



Périodiques. 365 

mand dach « toit », et le vieux breton tig « maison », aujourd'hui // en 
breton, iy en gallois, en sorte qu-e la perte de Vs initiale dans l'irlandais 
tech « maison » n'est pas un fait spécial à l'irlandais. Le même phéno- 
mène dans tiagii « je vais » ne s'est pas produit seulement en irlandais, 
puisque en gallois on a taith « voyage », venant également de la racine 
STEiGH. L'irlandais tmuailt « opprobre, insulte », n'a pas 1'^ initial du grec 
cTc'aS'jj « je réprimande », or cet s fliit également défaut au breton tarnall 
« blâme ». 

D'autre part, le groupe st initial devient s en irlandais comme en breton 
et en gallois dans : serc , irlandais « amour » ; serch, gallois, même sens ; 
serc'h, breton « concubine », cf. grec aTepYto « j'aime », aïo^yri « amour » ; 
dans le gallois saiudl\K talon», en breton seul, en irlandais sdl pour *shî- 
tlo-, dans le breton sevel, le gallois sefyll, d'une racine stam, qui est dans 
l'irlandais: samaigîm « je pose ». Dans samaigin, s ^ st est initial, il est 
médial dans: sessam = *si-stamu « acte de se tenir debout »; tairissem^= 
*du-are-sistama « position, état, constance », autres mots irlandais où se re- 
connaît la même racine stam, qui dérive de la racine sta. Il y a un mot 
irlandais d'origine latine qui perd le t et garde 1'^ du groupe initial st, 
c'est sabaU « grange », de stabiilum. 

Comment se fait-il qu'en irlandais sto soit devenu tdtc, tû ? M. Ascoli 
l'explique en supposant que cette formation a été empruntée aux composés 
tels que/er-ift « il est dessus ». 

On rencontre dans Echtra Coitdla (Windisch, Irische Gratmiiatik, p. 119, 
1. 14), for dot d, mieux for-do-[t]-td « il est sur toi » (Whitley Stokes, Tbe 
Old-irish Vah Svbstantive, p. 106); dans \q Saltarna Ranii, vers 1453, /or/a; 
enfin fortha dans un texte de droit cité par O'Donovan d'après la copie 
d'O'Curry, p. 1607, lignes 18, 20, 21, qui reproduit le ms. de l'Académie 
royale d'Irlande autrefois 35.5, aujourd'hui 23Q6, xvi^ siècle. Un autre 
composé est attd « il est » = ad-std[t] à la première personne du singulier 
attâ « je suis », sur lequel on peut voir les exemples réunis d'après le ms. 
de Wùrzburg dans la Grammatica celtica, 2^ édition, p. 488-489. N'ou- 
bHons pas zïa^i =rr *a'th-sto, plus anciennement * a/e-ifo, ibid., p. 489, et 
d'autres composés réunis par M. Whitley Stokes, Thi Old-irish Verb Sitbs- 
tantive, p. 106. 

En règle générale, st médial entre deux voyelles devient ss en irlandais, 
air-issiiir = * are-sistiu-r « je m'appuie sur », ms. de Milan cité par Stra- 
chan, The déponent verb in Irish, p. 21, etc., etc. Mais ce traitement n'a pas 
lieu lorsque le groupe st n'est pas placé entre deux voyelles ; quand le 
groupe si médial est précédé d'une consonne, s tombe et t persiste : Dech- 
tire, nom de la sœur du roi Conchobar, mère de Lug, = Deksteria; ochtar 
« au-dessus de » := ouks-tero- de la même racine que nasal « haut » = 
onks-ello- ; echtar « hors de » = *eks-tero- de la même racine que le latin 
extra; cette loi exphque l'absence de 1'^ et le maintien du t àa.ns for-td, 
fortha, at-td, et par conséquent par analogie dans td. Telle est la doctrine 
de M. Ascoli. 

Je crois qu'il est inutile de chercher si loin. La racine indo-européenne 

Revue Celtique, XVI. 26 



3 66 Périodiques. 

STÀ- avait en celtique un doublet ta, comme en grec, à côté de axEyoç, on 
trouve le doublet TEyo;. Ce qui nous en donne la preuve, c'est le gallois 
taw (étudié par Rhys, Lectures on luelsh Phihlogy, 2^ éd., p. 130, et par 
Whitley Stokes, The Old-irish Verb siibstantive, p. 107), qui, tombé en dé- 
suétude comme verbe, est employé avec le sens de « que » par les Gallois 
méridionaux au lieu de mai « que », variante de mae « il est », dans le 
gallois du nord. On a déjà plus haut comparé le gallois taith, « voyage », à 
l'irlandais tiagu « je vais », de la racine steigh; et cependant le latin 5//- 
mulus est devenu swtniul en gallois. 

En breton, ^0 « est » rz: stâ[/], gardant son s initial, perd le / suivant, 
cf. serch « concubine » = *sterka, et seveî « se lever », pour *stamell, c'est 
la doctrine de la Graiiiin. celt., 2^ éd., p. 554-555, je ne vois pourquoi 
l'abandonner. Cette chute du t dans le groupe st se remarque en breton dans 
sebeia « éblouir », du latin stupidare ; sottl « chaume », en vannetais ie^J, 
'du latin stipula; elle peut par conséquent être postérieure à la conquête 
romaine ou plus ancienne comme dans serch « concubine », en vieil irlan- 
dais serc « amour », de la racine sterg, qui est dans le grec oTépyfo. 

L'étude de 1'^/ initial = / et de 1'^/ initial = s dans les langues celtiques, 
soulève des problèmes chronologiques et géographiques qui ne sont pas en- 
core, suivant moi, complètement résolus. 

XVII. 

Gazette des Beaux-Arts, 3"^ pér., t. X, XI. — M. S. Reinach, L'origine, 
et les caractères de l'art gallo-romain, expose que dans toute l'Europe du 
nord, et par conséquent en Gaule, avant l'époque où la Gaule a été con- 
quise par les Romains, il existait un art celto-scythiqne qui s'oppose à l'art 
gréco-romain. Ses caractères sont : 

jo Prévalence de la décoration géométrique; 

2° Prévalence du goût de la symétrie sur celui de la nature vivante, de 
la logique sur l'imagination ; 

30 Goût pour l'emploi des couleurs vives, d'où l'émaillerie de Bibracte, 
les cabochons de corail qui décorent les objets métalliques, les perles 
d'ambre et en pâte de verre multicolore ; 

40 Goût pour le travail ajouré, très frappant dans les beaux ornements 
de bronze provenant des nécropoles de Chassemy, dans l'Aisne, de Som- 
mebionne, dans la Marne, etc. ; 

50 Tendance à la stylisation, c'est-à-dire à la transformation de la forme 
humaine et animale en fioritures, en motifs de décoration. 

Ces caractères reparaissent sur notre sol avec l'art mérovingien. 

Sous l'empire romain, l'art grec fait son apparition en Gaule. M. S. Rei- 
nach suppose que le principal représentant de cet art, Zénodore, auteur du 
Mercure Arverne, était originaire d'Egypte et croit reconnaître une in- 
fluence égyptienne dans certains produits de l'art gallo-romain, il y con- 
state en même temps une certaine exagération qui lui semble propre au 
génie de notre nation. 



Périodiques. 367 

Des figures intercalées dans le texte paraissent justifier la doctrine du 
savant auteur. 

XVIII. 

Revue ÉPiGRAPHiauE du Midi de la France, no 78, avril, mai, juin 
1895. — P. 357 et suiv. Continuation de l'étude de M. AUmer sur les 
dieux de la Gaule celtique (cf. ci-dessus, p. 122, 258). Il s'agit ici des 
dieux et déesses : Aximus, Baco, Baginas, Bagbiiis, Baginatiae, Belado, Be- 
lemis. Les inscriptions concernant Bdenus qui auraient, dit-on, été trouvées 
en Gaule, sont toutes fausses suivant M. Allmer. Il fait un rapprochement 
intéressant entre un passage des Actes de saint Marcel de Chalon-sur- 
Saône et la dédicace : Deo Baconi, trouvée dans cette ville. 

Dans les comptes rendus précédents, j'ai négligé le ï\° 76 où, p. 320 et 
suiv., sont étudiés les dieux etdéesses: Aclido, Alaiinius, Albariiiiis, Alhio- 
rix, Albiorica, Ald[ ]me[ ]scs, AUsanus, Ahnahae, Andarta, Athuhodua, Alisiocus. 

M. Allmer continue dans ces travaux à montrer les éminentes qualités 
qui le distinguent comme épigraphiste, et à donner des leçons aux Hn- 
guistes jusqu'ici rebelles à son enseignement : ainsi, p. 520, il découvre 
que Anicius, que l'on a pris jusqu'à présent pour un gentilice romain, est 
un mot grec. P. 321 : « il ne serait pas impossible, dit-il, que le nom 
V Lauzon de la rivière qui passe à Alaun (commune de Lurs, Basses-Alpes), 
« soit une déformation du mot Alaunio ». 



XIX. 

Bulletin de la Société archéologiq,ue du Finistère, t. XXII, p. 17- 
23. — Notice par M. J.-M. Abgrall sur quatre vieilles cloches et deux 
pierres sonnantes. Ce sont : la cloche de Saint^Pol-de-Léon (Finistère), 
cehe de Saint-Goulven (Finistère), celle de Saint-Mériadec à Stival, près 
Pontivy (Morbihan), et celle de Saint-Renan à Locrenan (Finistère). La 
dernière est formée de deux feuilles de cuivre cintrées et rivées sur les 
bords par une série de petits clous de même métal. Les autres ont été 
fondues. Celle de Saint-Goulven est quadrangulaire, celle de Saint-Pol-de- 
Léon et celle de Saint-Mériadec ont à peu près la même forme, si ce n'est 
que leurs angles sont arrondis. Ces deux dernières ont une forme analogue 
à celle de beaucoup de vieilles cloches irlandaises, si mes souvenirs sont 
exacts. La hauteur de ces petits monuments est: Saint-Pol-de-Léon, 
o m. 19, Saint-Goulven, cm. 145, Saint-Mériadec et Saint-Renan, cm. 20. 
La largeur à la base est: Saint-Pol-de-Léon et Saint-Mériadec, o m. 18, 
Saint-Renan, o m. 15, Saint-Goulven, o m. 12. La cloche de Saint-Mé- 
riadec porte l'inscription pirtur ficisti. On peut sous-entendre me et tra- 
duire « Pirtur (ou Peredur), tu m'as faite ». M. Abgrall rapproche de ces 
quatre cloches deux pierres sonnantes dont une est conservée dans la 
grotte ou chapelle de saint Gildas, entre Baud et Pontivy; saint Gildas 
s'en servait, dit-on, pour appeler le peuple aux offices. Saint Bieuzy, dis- 
ciple de saint Gildas, avait aussi sa pierre, qui servait au même usage; elle 



3 68 Périodiques. 

est conservée dans l'église paroissiale de Bieuzy (Morbihan). — P. 139-148. 
Mémoire du baron Haina du Fretay, qui soutient que les squelettes avec 
armes en bronze ou même en pierres, trouvés dans de grands coffres de 
pierre sous tumulus, appartiennent à notre ère et sont chrétiens. C'est le 
résultat de trente ans de travaux et d'une collection qui, formée par lui, 
est « des plus utiles au point de vue scientifique et supérieure certainement 
« à la majorité des musées. La collection des pierres taillées seule compte 
« plus de douze mille types de premier ordre, et tout le reste est à l'ave- 
« nant. Cette collection, » ajoute l'auteur, « est mon œuvre personnelle. 
« Tout a été trouvé dans mes recherches. C'est ainsi que l'on arrive à des 
« certitudes qui restent des points historiques acquis. Des hommes de 
« génie comme Boucher de Perthes, de Caumont et d'autres encore, n'ont 
« pas procédé autrement. Ils ont travaillé, vu, et profondément réfléchi 
« avant de parler. Aussi leurs oeuvres impérissables seront toujours vraies 
« pour leur gloire et pour la science. » 

H. D'ARBOIS de JUBAINVILLli. 

Paris, le 23 juillet 189s. 



Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. BOUILLON. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



BAS-RELIEF INÉDIT 

AUTREFOIS A LA BIBLIOTHÈaUE DE STRASBOURG 



Au mois d'août 1869, à la suite d'un voyage de M. Alex. 
Bertrand et du général Creuly en Alsace, le musée de Saint- 
Germain, alors en voie de formation, acquit de M. Aug. 




Bas-relief de Brumath, autrefois à la Bihliotliéque de Strasbourg. 

Saum, bibliothécaire de la ville de Strasbourg, une série de 
cinq moulages en plâtre d'après des bas-reliefs gallo-romains. 
Un an après, les originaux étaient détruits par les bombes 

Revue Celtique, XVI. 27 



370" Salomon Reinach. 

prussiennes, dans la funeste nuit du 24 août 1870 ^ Les mou- 
lages conservés à Saint-Germain ont donc aujourd'hui toute 
l'importance archéologique des originaux dont ils tiennent 
lieu. L'un d'eux est reproduit par la similigravure au début du 
présent article ; voici l'indication succincte des autres, avec le 
numéro d'ordre des moulages sur le registre d'entrée du 
Musée de Saint-Germain. 

11374. Bas-relief censé provenir du Donon, représentant 
une femme drapée debout à gauche (Rosmerta), et, à droite, 
Mercure appuyé sur un caducée. Dans le champ, entre ces 
deux personnages, un coq. Haut., i m. 45. 

11 375. Bas-relief découvert à Strasbourg en 1866 à la limite 
de la ville franque, en dehors de l'enceinte gallo-romaine. Di- 
vinité mithriaque avec quatre ailes, debout devant un Hon 
passant à gauche. Haut., o m. 70. Ce bas-relief a été publié 
trois fois: en héliogravure, par M. Quicherat, Revue des So- 
ciétés savantes, 1868, VIII, p. 398; en xylogravure, par 
M. Froehner, Musées de France, pi. 23, et en similigravure par 
M. Cumont, Monuments figurés du culte de Mithra, 3^ fascicule 
(1895), n° 240. 

11376. Bas-relief représentant le buste de la déesse Sirona, 
avec la dédicace Deae "Bironae au-dessous. Découvert en 175 1 
à Saint-Avold ; ancienne collection Schoepflin. Haut., o m. 40. 
Ce bas-rehef a été publié, d'après un dessin, par M. Ch. Ro- 
bert, d'^ns h Revue Celtigue (t. lY, p. 136). 

11377. Inscription funéraire trouvée à Saverne en 1852; 
dans le bas, une petite ouverture (Brambach, Corp. inscr. 
rhen., n° 1864). 

11378. Le bas-relief que nous reproduisons. 

Un personnage barbu, complètement nu, les bras retom- 
bant le long du corps, est debout sous une arcade supportée 
par deux colonnettes^. Au-dessous, dans un cartouche orné 
de queues d'aronde, on lit en caractères hauts de o m. 018: 

ERVMO 



1. V. l'article de M. Reuss dans la Rez'tie Critique, 1870, II, p. 160. 

2. Ces arcades sont l'indication en raccourci d'un petit temple; on les 
voit souvent indiquées, avec ou sans les colonnettes de support, sur les 



Un Bas-Relief inédit de Strasbourg. 371 

D'après une lettre écrite à M. Bertrand par M. Saum, en 
1869, la matière du bas-relief était le stuc. Le moulage 
prouve qu'il devait être en mauvais état. Au premier abord, 
l'aspect de la photographie ferait supposer que les jambes 
sont celles d'un animal plutôt que d'un homme; mais, en se 
reportant au moulage, on reconnaît que les mutilations subies 
par la partie inférieure du relief sont seules responsables de 
cette apparente anomalie. 

Le bas-relief qui nous occupe a été découvert au commen- 
cement du siècle à Brumath, l'ancienne Brocomagus, où les 
antiquités gallo-romaines ne sont pas rares % et où l'on a éga- 
lement recueilli des objets remontant à l'époque celtique 2. Il 
a été signalé, à la suite de Schweighâuser et de Ravenez (le 
traducteur de Schoepflin), par Brambach, dont la notice, 
publiée au Corpus inscriptionam rhenaiiarum (1867), est ainsi 
conçue (p. 341) : 

*i898 Ih? « Trouvée dnns les fondations d'une maison de Brumath. » 
Rav. 5 « Figure en stuc. ». Scbw. 

Deus 
E. R. V. MO 

Scfiweigliiiuser iiist. I, 494. Ravenez, III, 129, dicit iii Inhliotheca Argcn- 
torateitsi servari, uln non in-veni. Pro faha iuscriptioneiii haheo. 

Brambach a déclaré faux, sans les avoir vus, le bas-relief et 
l'inscription. Mais l'inscription n'est pas conforme à la trans- 
cription qu'il en a donnée d'après Ravenez. Non seulement il 
n'y a pas trois points entre les lettres, mais il n'y en a aucun. 



stèles gallo-romaines représentant des divinités ou des défunts. Cf. au 
musée de Saint-Germain les nos 1220, 25077, 24424, 24883, 24884, 
27517, etc. 

1 . Cf. P. Ristelhuber, Dictionnaire du Haut et du Bas-Rhin, Strasbourg, 
1865, p. 79; Rev. archcol., 1867, I, p. 159. 

2. Voir le Dictionnaire archéologique de ta Gaule, art. Brumath. 

3. Schœpflinus (Jo. Daniel), Alsatia illustrata celtica romaua francica. 
Traduction de L.-\V. Ravenez, I-V. Mulhouse (Perrin), 1849 ^^l-' '""S- 

4. Schweighâuser, Antiquités du département du Bas-Rhin, I-III. Manus- 
crit in-fol. de la bibliothèque de Strasbourg, utilisé par Brambach (cf. Corp. 
inscr. rhénan., p. xxv.) 



372 Salomon Reinach. 

La lettre V paraît bien encadrée de deux points qui peuvent 
éveiller l'idée de points de séparation; toutefois, en regardant 
de près le moulage, on s'aperçoit que ces points ne sont pas 
à la même hauteur, qu'ils sont de forme irrégulière et que 
leur présence est purement accidentelle. Loin donc de cher- 
cher des mots dont les lettres E, R, V et le groupe MO se- 
raient les expressions abrégées, il faut admettre que l'inscrip- 
tion est une dédicace au dieu, d'ailleurs tout à fait inconnu, 
dont le nom se présente ici sous la forme Erumo. 

Ce nom de divinité ne figure ni dans le Spracbschalz^ de 
M. Holder, ni dans VOnomasticon de V. de Vit, ni dans les 
listes de noms celtiques ou supposés tels qui ont été dressées 
par MM. Creuly et l'abbé Thédenat. Cela s'expUque d'autant 
mieux que Brambach, dans l'index de son recueil, n'a pas ren- 
voyé à Erumo. Au musée de Saint-Germain, M. Al. Bertrand 
avait exposé le moulage du bas-relief de Brumath avec l'éti- 
quette : « dédicace au dieu Erumus » ^ ; il l'avait rapproché, 
dans la salle XIX, consacrée aux monuments de la mythologie 
gallo-romaine, de l'inscription du buste de Beaumont-le- 
Roger, qu'il lisait ESVMO PASCNVSTICVS, et où il recon- 
naissait un ex-voto « au dieu Esumus ». Il y aurait donc eu, 
suivant lui, deux divinités gauloises presque homonymes, Esu- 
mus dans l'Eure et Erumus dans le Bas-Rhin. 

Cette manière de voir ne peut plus être admise aujourd'hui. 
Je crois avoir montré que l'inscription du buste de Beaumont- 
le-Roger ^ doit se lire Esumopas Cnusticus, et que, par suite, 
le nom de dieu Esumus n'est attesté par aucun document. 
Reste donc seulement Erumo, forme fournie par une inscription 
dont la lecture est certaine et dont l'authenticité, quoi qu'en 
ait dit Brambach, ne peut être raisonnablement mise en doute. 

Si Erumo était écrit en grec, EPTMQ, on n'hésiterait pas à 
y reconnaître l'épithète de Zeus, âp'JiJ.s;, signifiant « protec- 
teur » 3 et apparentée au mot à'p'j;xx « rempart » ou « abri ». 
Mais rien ne nous porte à croire qu'un mot analogue ait 



1 . Cf. mon Catalogue sommaire du musée de Saint-Germain, p. 31. 

2. Revue Celtique, t. XV, p. 413 ; Bronzes figurés, p. 231, no 223. 

3. Theogn., II, 64, 31. 



Un Bas-Relief inédit de Strasbourg. 373 

existé en celtique. En revanche, nous pouvons citer un cer- 
tain nombre de thèmes celtiques en -otn, -um : tels sont : Ged- 
oni-o^, Aged-om-o-pas , Es-um-o-pas, Mogit-um-a, Rum-o, Seg- 
om-o. Le rapprochement avec les noms d'homme et de dieu 
Gedomo (ou Gedenio) et Segomo autoriserait peut-être à penser 
que Erunio est un nominatif, non un datif; on pourrait rap- 
peler à ce propos que, sur l'autel de Paris, les noms de dieux 
représentés sont au nominatif: Tarvos Trigaranus, Volcanus, 
Esus-. En tous les cas, il paraît certain qu'Erumus ou Erumo 
est un nom à ajouter à la hste des divinités gauloises qui nous 
sont connues seulement par les inscriptions. 

Salomon Reinach. 



1 . Ce nom et les suivants figurent dans les listes de MM. Creuly et Tlié- 
denat ou dans le Sprachschali de Holder. 

2. Desjardins, Gcogr. de la Gaule rom., t. III, pi. xi. 



THE ANNALS OF TIGERNACH 



I. — THE FRAGMENT IN RAWLINSON B. 502. 

Tigernach hua Braein was a learned abbot of Clonmacnois, 
who died in the year 1088. Of the Annals ascribed to him 
there are now extant only the following fragments : 

1. From the time of the prophets Oseas, Amos, Isaias, 
Jonas and Michasas to the time of Antoninus Pius. 

2. From B.C. 322 (or thereabouts) to A.D. 360. 

3. From A.D. 489 to A.D. 766. 

4. From A.D. 975 to A.D. 1088. 

The lirst of thèse fragments, now for the first time printed, 
is preserved in Rawlinson B. 502, a twelfth-century vellum in 
the Bodleian, ff. 1-^-12''. 

The second, third and fourth fragments are inRawl. B. 488, 
ff. i''-i9'', a vehum of the I4th century, also in the Bodleian. 
Thèse fragments hâve been edited b}^ dr. O'Conor, with gross 
inaccuracy, in his Rcruvi Hiheniicarnin Scriptores, Buckingham, 
1825, vol. II, pp. 1-3 14. The fourth fragment is followed by 
an anonymous continuation (ft". 20-26) in Irish, from A.D. 
1088 to A.D. 1178, which bas not hitherto bcen printed. 

A fifth fragment of Annals, which dr. Todd supposed to be 
part of Tigernach's work, is found at the beginning of a MS. 
in the library of Trinity Collège, Dublin, marked H. i. 8. 
This fragment consists of four leaves of vellum written, I 
think, in the I4th century, and covers the time from A.D. 34 
(or thereabouts) to A. D. 378. It lias not been printed. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 375 

The sources of the Irish portions of the fragment now pub- 
lished are not now discoverable. But the non-Irish portions 
are, for the most part, compiled from the following works : 

1. S. Hieron3^mi Interpretatio Chronicae Eusebii PamphiH 
(Migne's Patrologia laiina, t. XXVII). 

2. Pauh Orosii... Historiarum hbri septem (I hâve em- 
ployed Havercamp's édition, Leiden, 1738). 

3. Chronicon siue de sex huius secuH aetatibus, printed in 
Bedae Opéra, eà. Giles, London, 1843, vol. VI, pp. 270-332. 

Besides thèse, Tigernach used the Vuigate, Isidorus Hispa- 
lensis' Etymologiartim Libri XX, a Latin translation of Jose- 
phus' Antiquities oftbe Jeius, and, possibly, also the lost Chro- 
nicon of Juhus Africanus. 

There is a facsimile of two pages (ff. 6^, 7^) of the follow- 
ing fragment in Gilbert's National MSS. of Ireland, Part I, 
plates xliii, xliv. And six of the Irish glosses hâve been edited 
in this Revue, t. VII, p. 374. 



RAWL. B. 502, Fo. i.^ I. 



cjtfe ferw7ît, quemmultoantetempore régnasse pr^'^scripslmw^. 
Osse, Amos, Essaias, lonas et Michias m ludea profetant, ut 
alii aiunt. 

KK. Faccea f/l/ws Manachem rexit ISrael annis .u. 

Romulus et Remz/i" generantwr Marte et Ilia, 

KK. Al[c]meon uxif Aihenenses annis .u. 

Faccea ïilius Romelia^ rexit Israël annis .xx. 

KK. Carpwi^ regnanit Athenenses annis .x. 

KKK. Turimas rexit Maddoniani annis xxx ix. 

KKKKKK. lOtham morit/yr. 

K. Ac\\2.z ïilius lotha/;/ rt'.v// lUdam an;//i .xui. Ab hoccon- 
ductw^ Teglad Fallazar rex Assirion^/w Rassin regem Sm^inter- 

I . leg. Charops 



376 Whitley Stokes. 

fecit et habitatores Damasci tmnstulit Cirinen. Aesimides ^ 
rexit Athèncnscs annis .x. 

KKK. Achaz horologium^ inuenit. Eliates 3 rexit Lidios an- 
nis .xiiii. 

K. Romulus veo}iaiiil annis xxxix. 

KKK. Osse f/lZ/isHela rexii Israël ■âniiis .ix., qui fuit nouis- 
s'imus decim tribuum rex. 

KKK. Roma condita est in monte Palatino .xi. kal. Maias 
a geminis Remo et Romulo f/l/is Rex Siluiie, quae erat filia 
Numitoris f/l/i Frochx, ciiiiis f/l/us fuit Amuliw5 rex. qnae Rea 
uirgo uestalis fuit, sed roHstuprata, ideo in terram uiua de- 
fossa est ab Amulio patris sui iratre, q//i eius f/l/os in Tib[e]riw 
fluuium expossuit. q«os in ripa flum/nis inueniens Acca Lau- 
rentia primi armnztarii et regii Faustuli uxor, quae Lupa dice- 
hulur, rapuit inde -àlmique, et ideo Romub/j- a lupa nutrit//j di- 
citur. Siue Faustui//j ipse eos m ripa;// expositos ab unda, ut 
magis putandu/// est, i;/uenit et detulit ad Accam uxorem suam, 
quae po^tea eos aluit, q//i cuni adoleuissent, collecta pastor/^?;î 
manu, Amulium rcgem hatrem aui sui Numitoris-* in uinàictam 
niatr'is sUcT; et mersionis sux in flum///e i///t'/'fecerw//t, [to. i-'2] 
auumq/a' suu///Numitorem in regnu/// ffi//stituunt, sed r\on diu 
in regno remansit. N(^//// Romul//jr ad r()//secration^/;î regni sui 
interÏQch eum. 

Tifrtio anno p/iore Teglad Fallazar rex Assiriorurii sub Faccea 
f/l/o Romelias rege Israël t/-anstulit p/'imo Ruben et Gad et de- 
medium tribus Mannasse in Assirios et dispt'rsit eos in terra 
ex(ilii). 

K. Calidicwj5 rexit Athcnenses ixiinis .x. 

K, Rem;^5 occissus est rutro (.i. o sunn) pastorali a Fabio 
duce Romuli ob uallum (.i. murnni) saltu ^ t/'rttnsilitum anno 
ab Urbe rc?/dita tenio. Romul/vi frâf//-is sui (.i. Rémi) sangine 



1 . MS. Aesimides 

2. MS. horalogium 

3 . leg. Alyattes 

4. MS. numutoris 

5 . leg. Cleidicus. 

6 . in marg. ob assili impunitatem [magna Romulo multitudo coniungitur, 
Euseb. Hieron., p. 566J. 



The Aimais of Tigernach. First Fragment. 7,-ji 

muros, regnuw aui (.i. Numitoris), templum soceri (.i. Titi 
Tatii^ régis Sabinorw;u) dicnuit. In Cons\i^\i\)us ~ ludis Sa- 
bine a Romanis raptiï et uiolatiç suni. 

M... oïàiis xcxit Medos annzV .xl. 

K. Romul//j milites ex populo elegit ac centum a populo 
nobilissimos3 uiros elegit, q/zi ob a^tatem senatores, ob curam 
uéTo ac solliciludine;;/ rei publico:^ p^/res uocati suni. 

KK. Amoyses rexit lEgi^tios aniiis .xlii. 

K. Achaz mort[u]us est in hoc tempore, ut Eusebi//j ait. Re- 
gnum defecit .x. tribuu;;? q//i erant in parte Samaria^ et uictit 
a Sencharim qui et Salmanasar rege Caldeorum et translata; 
sw//t in montes Medorum. Beda u^ro refert in sexto aivio Eze- 
chi^e Samaria;// deletam esse. Ezecias f/l/«s Achaz rexit luda?n 
annis .xxix. Mêles rexit Lidios annis .xii. 

KKKKK. 

N////C iNcipit captiuitas .x. tribuum. 

Sexto Ezechia; anno Salminasar rex Assirior///;/ capta Sama- 
ria transtulit Israël in Assirios, ad Niwuen scilicet ciuitatem 4, 
[fo. i^ i] c/«ws regnum a primo Hierobuam an/t; stetcrat anuis 
.ccclx5. 

SecM7iào annc priore Hipomenes^ rta// Athen6';/j"t'j' an///j- .x. 

Regnatuwz est in Samaria annis .ccl. Samaritanorw/// gens 
sumsit exordium ab Assiriis, qui transmigrati habitauer///ït in 
Samaria, qui inferpretantur custodes, eo quod captiuata plèbe 
Israël in terra.m ad custodiatii coUocati suin. 

Hoc tempore Essaias et Osse profetabant. 

KKKKKKK. Candaules rexit Lidios annis .xuii. 

Q//arto decimo anno Ezechi^ ascendit Sinchirib ^ilius Sal- 
minasar régis Assiriorww in terram ludae, et indixit Ezechia; 
XXX tallenta auri et xxx tallenta argenti. Tallentum habet tria 
milia siclorww,, siclus auteiii xxx (uel xx, ut alii) obelos. Obelus 
auteni est demedium scriptuli. 



1 . MS. (hère obscure) seems tit/«tatus 

2. MS. coHsodalibus, the d being inserted to prevent hiatus. 

3. MS. nouilissimos 

4. Hère the words « Tuiic Tobias capuis est » are inserted. 

5 . « ccix » in Beda, VI, 286, from whom this sentence is taken. 

6. MS. hipomenses ; Icg. Hippomenes 



378 Whitley Stokes. 

K. Leoc/77tes rexit Aiheneiises aniiis .x. 

Hos annos .xu. qui sequnt//;- addidit Doniintis Ezechin^ egro- 
tanti monemque tune certissimam per Essaiam sibi profetam 
prfl^stulanti ac petenti et peccata sua deflenti. Sole reu^rso ab 
occassu pêne ad ortuni et umbra per x linias in horologio Achaz 
in signLi;/^ sibi mise deferend^e reiKTtente : q//o tempore quoque 
occidit Deus p^r angelum .clxxxu. milia Assïnoruiii ^ropter 
deprecationem Ezechi^e q/^^'rentis (.i. no ereged) s^perbia;;; 
Sinchirib et Rapsacis ducis eiiis uerha.. 

KK. Pé^rdica rexit Macidonios annis Ai. 

Cobtach Côel Breg mac Ugaine Môir do loscud co trichait 
rig imme i nD'iiid rig Maige Ailbe hi[m]Brudin [fo. i''2] 
Tua;;nTia Tenbath sai/zrud, la Labraid Loiiigsech Môen mac Ai- 
lella Ane mr//c Loeguire Luire maie Ugai;/e Môir, i wdigail a 
athar 7 a senathar romarb Cobthach Côel. Cocad ô sein etir 
Laigniu 7 Leth Cuind. 

[« Cobthach the Slender, of Bregia, son of Ugaine the 
Great was burnt, with thirty kings around him, at Dind Rig 
ofMagh Ailbe, in the Hostel ofTuaimm Tenbath precisely, 
by Labraid the Dumb Exile, son of Ailill Ane, son of Loeguire 
Lorc, son of Ugaine the Great, in revenge for his father and 
his grandfather whom Cobthach the Slender had killed. War- 
fare thence b'etween Leinster and Conn's Half^ ».] 

KKKKKKKK. Absander - rexit Aûienenscs annis .x. 

KKKK. Hoc anno Ezechias mort[u]//i- est. 

Romul//j q//i rexit Roma/// xxxix aiviis, ciun apud paludew 
Caprea//i deambulassct n//jqz/rt/« cowparuit. Poit h////c senatores 
uno anno rcni puplica;;/ rcxer////t. 

[in marg. iiimcccuiii.] K. Mannasses f/l/ws Ezechias rexit 
Iuda;;i ixnnis .lu., a^ud qitein Essaias proféra serra in caput 
adacta pcr longu/» in duas partes diuisswj est. Hic ob scelera 
sua catenat//5 et co/;/pedit^/5 in Babiloniam duct//5 est^ sed ob 
penitentiam et prcces restituit//r in regnu///. 

Gisses rexit Lidios annis .xxxui. 



1 . the northern half of Ireland. 

2. Icg. Apsandcr 



The Aiinals of Tigernacli. First Fragment. ^79 

Romanor//;// secuiidiis Numa Poinpili«j'^ régnait il aniiis .xli. 
q«i Capitolium a fundam^/ztis œdificauit, qinque uestales uir- 
guines pnmus instituit, duosq/zf ma/ses, lanuariu;// et Februa- 
nufii, .X. meusibus anni adiecit. Tune quoque Sibella Samia 
claruit. 

KKKKK. Erixias ^ vexit aniiis .x. Athcnenses. 

KKKKK. Dinastia JEgl^noriDn intennittkuy annis .c.xii. 
Rursum JEgipûoruin dinastia renascitur et regnauit Amixnius 
Saitis annis .ui. 

Sexto anno priore c[o]epit regnare Medos Cardeceas, q//i 
vegnaiùt :inms .xiii. 

KKKK. Athenis annui principes .ix, ro;/stituti s//;/t cessan- 
tibwj regibw^. Tune finis Athenensis regni fuit. 

KKK. Nefi-ites rexit Aigiptios annis .ui. [fo. 2^ i in marg. : 
Orosius hoc ait]. K. Multis praelns undiqw^ scatescentib«5 reg- 
num ad Scithias exiit, ac deinde ad Medos per Diocum reduc- 
tuw^ et post ad Caldeos ac subinde ad P^rsas uagatum est. 
Qjnntus Medor/Yw rex Dioces, q//i rcgnanit awiis .liiii. 

KKKKK. Anciioris vexit JEgiptios annis .xii. Dinastia uigesi- 
ma nona Ni//dissior«/;/. 

KKKKKKKKKKKK. Mutes vexit Egipios avino uno. Ardes 
vexit annis xxxuii. Lidios. 

K. Neferioces vexit JEgïpfios .iii. mf//sib//i". Nectinebis vexit 
JEgîptios annis .xuiii. 

KKKKK. Qz/into anno priore cepit regnare Çsic^ Macido- 
nios Acneus. annis .xxxix. regnans. 

Secundo an/zo priore regnare c[o]epitLatinorum tt'rtiwj, Tul- 
l/i5 3 Hostili//j^ q//i vegnauit annis .xxu, qui primwj' reguwH 
Rovnanovuni purpora et {ascihus ussus est, et adiecto monte 
Celio Urbem ampli[fi]cauit. 

KKKKK. Bizantium .i. Co/;stantinopolis5, aPausaniarc^z/dita 
est. 

KKKKKKK. Mannasse mort[u]«j est. 

1 . MS. pampili/« 

2. MS. Frigas: leg. Eryxias 

3 . MS. tulli//.v 

4. MS. regnu;// 

5 . MS. co/;stantinapolis 



?8o Whitley Stokes. 

K. Teo l'exil JEgipios annis .ii. 

Ammon BUus Mannasse rexit ludam an;?/5 duohus iuxta 
Ebreos. secniiduni uero .Ixx. liitei-pretes aniiis ,xii. 

Histrw^ (.i. ciuitas) in Ponto condita est. 

K. Ammon a serais suis i)iterficitur. 

K. losias îilius Ammon rexit luda^w annis .xxxi. Hic mun- 
data ludea et Hierusalem templo etia)ii innouato post abiectas 
sordes idolatrix pascha celib^rrimuw Domino fecit .xuiii° anno 
regni sui. Et cum Nechaone JEgipùonnii rege congressiis 
[fo. 2^2] in campo Macedo, qui^ nniic Maximinopolis uocarwr^ 
occ'isus est. 

K. Hoc te;;;pore Taies Melesiw5 primwj- fissiez/^ chrus ha- 
'belur. 

Profetantibw5 \n ludea Heremia Sofonia et Olda uxore- 
Sellum. 

Nectanib//5 rexit lEgi^tios annis .xuiii. Hue usgue mansit hoc 
regnum. 

KKKKKKKKKKKKKKK. Caditates rexit Lidios an?;/5 .xu. 

Romanor//m qnartiis Ancus Marciwi Numœ ex f/l/a nepos 
rcgnauit annis .xxxiii., qwi Auentinu;n monte?// et laniculu;// 
Urbiaddedit et sup/-a mare .xui. (.i. sexto decimo) ab Urbe mi- 
liario Ostiaw(.i. insolam 7ie\ ciui/^/c///) fo//dedit. 

K. Hôc tempore Elchias sacerdos claruit. Hoc anno ut pr^f^- 
sc/'ipsim//^ losias mundata ludea, et reXiqua. Hic losias .iiii. 
t/l/os liabuit, \d est lonan, lochini, Sellum, Sedecliiam. 

Secunào anno p/'iore c[o]epit regnare Medos Fraortes annis 
quatuor .xx. regnans : 

KKK. Pilipp//5 rfx/V Macidonios annis .xxxuiii. 

KKKKKKKKKK. Hôc anno losias occisus est in campo 
Macedo a Nechaone rege iEgipti, ut ^raescrx^simus. 

K. lochini îilius lossia; rexit ludani annis .xi. ])osi uero 
Iosia7/i stati/// regnauit iilius eius lochaz, qui est Sellu/// nonii- 
natus, trib«5 mensihus, quem Nechao ui//ctu/// ducens in ^Egip- 
tum Eliachim f/l/'/nn lossia; fr«//-em eius ro//stituit regem, et 
uocauit nonien eius lochim. 



1 . MS. qiiae 

2. Hère there is an enisure. 



The Armais of Tigernach. First Fragment. 381 

KK. N//WC iNcipit captiuitas duan/;/^ tribuuw, 
Anno t6'rtio lochim Nabcodonosôr [fo. 2^ i] rex Babilonis 
capta Hierusalem et plurimis captiuatis, in quibus erant Daniel, 
Annanias, Azarias, Misœl, partem uassorz^w templi Doniinï 
Babiloniam tnznstulit.. 



INcipit regnu/« Caldeorum. 

K. A qwarto anno lochim Scriptura regnum Nabcodonosor 
co/;iputat, qui ^ e[r]go non solum Caldeis et ludeis, sed et Assi- 
riis et yEgiptiis et Moabditis aliisqwi^ innumeris gentibw^ incipit 
regnare. 

Quarto âwio priore c[o]epit regnare (j/V) Lidios Aliates nnnis 
.xlix. Alii ferw;?t lochim hune a Nabcodonosor esse captu;;; et 
in Babiloniaw ductum. 

KKKKKKKK. Mortuo lochim ïilius élus qui et lechonias 
regnauit tribus m^;/sibz^^ ac diebwi" .x. Hic circumdata a Cal- 
deis Hierusolima exiit ad regem Babilonis cum matre sua, et 
ductus est in Babilonem cum populo suo anno octauo regni 
Nabcodonosor. 

Romanorw/y/ qu'AXlus regnauitT ^rquinmusV riscus :\nnis \x^mi, 
qui circu?;z- Rorna^ œditicauit, nximoruni senator////; auxit, Ro- 
manos ludos instituit, muros et cloacas 3 i^dificauit, capitolium 
extruxit: qz/i ab Anci Marci f/l/is occiss//j- est. Yiunc Tarqwin- 
nia;;f in tempore lossias regnare Beda in Cronica refert. 

Qjid.no an»o priore regnare Medos Ciraxires an/z/V .xxxii. 
regnans in te/;;pore Nabcodonosor, 

K. Sedecias qwi et Mathian rexit Iuda/;i d.nnis .xi. Hw/ws 
anno [fo. 2'' 2] undccimo régis autem Babilonis .xix. (.i. no/70 
deci/wo) ludea captiua in Babilone;« ducta est, totaqwe Hieru- 
saleîn distructa est, et templuw incensum est a Nabutzardan 
duce Nabcodonosor anno ex q«o fundari cepit ccccxxxiiii. 

Hic est Sedechias quem }^^bcodonosor duob//5 oc/dis dempsit. 



1 . MS. quant 

2. MS. circium 

3. .i. inna fannacon 



382 Whitley Stokes . 

et in conspectu p^/ris f/l/os suos occidit et ipsum ceann po^tea 
in Babiloniam duxit. Q.//i autem reliqwi fuerant ludei tmnsfu- 
gerunt in ^Egiptum qwa post annos qu'mqiie a Caldeis perçusse 
1)1 Babiloniam siint et ipsi tmnsmigrati. 

K. Très pueri Sedrac, Misac, Abdinago i;; caminum ignis 
a Nabcodonosor missi sunt, et inde eos i/7columes Detis eripuit. 

K. Daniel in laccuiii leonu/;; imnitiir, sed uerius a Dario 
rege Meàorum, post eucrsaiii Babiloniam, in terra Medorww 
Daniel missw.s" est in laccuiii leonu/;/. 

KKKKKKKK. Hebreorw;^ captiuitas in Babiionia annis 
.Ixx. INte?;' captiuitatew autcm Samaria; qnae fuit in Nirue et 
captiuitate;;; H'ierusiûeni quae fuit in Babiionia anni sunt cxliiii. 

Hoc tempore Sapho mulier in diufrso poemate claruit, et 
Solon leges Athenensib//i' dédit. 

Finit qwarta retas. INcipit q//inta, quae coiiîinet annos 
•dlxxxix. ut poeta ait.., 

O dôerad in phopuil co gein Fiadat fedil 
côic cet is née mbliadna ocbtinoga co demi/i, 
O Adam co ngénair oenmac Maire mini 
it dd hliadain côicat nôe cet is tri mili....,.., 

[From the Captivity of the People till the Birth of enduring 
God (are) five hundred and eighty-nine years assuredly. From 
Adam till gentle Mary's one Son was born there are fiftj^-two 
years, nine hundreds, and three thousands.] 

[fo. 3'' i] Quinta mundi n^tas ab exté'rmin[i]o c[o]epit regni 
ludaici, quod iuxta Hercmii^ profetiam .Ixx. -Annis p^'rmansit. 
Hoc tempore ignis ab altario sublat/^^ et in puteo abscondit//j 
^ost .Ixx. annos uiuus in aq/ya inuent/^J est. 

KKKKK. Europz/j rexit Macidonios annis .xxui. 

KKKKKKKKK. Anno xiiii. postqiiani p^rcussa est ciuitas, 
qui est uigissim//5 qiiintiis transmigrationis régis lochin, Eze- 
chel uidit in uissionib//i renouationcm ciui/^///5 ac templi cere- 
moniannnque eiiis. 

KKKKKKKKKKK. Nabcodonosor morit//r uigissimo quinto 
anno po^t eufrsionem Hierusalc?//. 

K. Romanor«;;i sextwi' Seruiî/5 Tuilli//j regnauit annis 
xxxiiii, qui .iii. montes Urbi addidit, Q//iriiiale;;/^ Esquilinum, 



The Aimais of Tigernach. First Fragment. 383 

Uiminalem. Fossas circuni muros duxit. Censûs Romanoru;» 
pnm//jciuium instituit. Qjn a Tarqwinnio Sup^rbo gencro suo 
occissus est. 

Nono anno priore c[o]epit regnare Çsic) Medos Astiages qui 
et Asuerws. q//i regnauit annis .xxxuiii. 

CroessLis rexit Lidios annis xu. Croesswi" poj'tea a Ciro capt us 
est, et Lïdoruni regnuni distructu/;/ est, quod stetit annis 

.ce. XXX. 

[in marg. iii/»ccclxxx.ix.]Euilmoradach f/l/ws Nabcodonosor 
iLiviis regnauit xuiii. Anno xxui. po5t eue;'sione/;i Hierusoli- 
moYum subleuaait Euilmoradach rex Babilonis, anno quo reg- 
nare c[o]epit, qwi est annus trigesimus septimus transmigra- 
tionis lochln [fo. 3^ 2] régis, ca^ut régis lochin de carcere, et 
possuit tronu;/î eius super tronum regum qui ïuei'unl cum eo 
in Babilone. 

Ni ar dôeri trâ adrimi Matha hoc teinp/^5 acht ar méit inna 
hairmiten roboi do lochin i;;ti. 

[So not as captivity does Mattliew reckon hoc teiupus, but for 
the greatness of the honour whichwaspaid to lochin therein]. 

îOseppw5 hoc ait (Beda ait, si Iosepp;/5' sc/ipserit et non liber 
m?/zdosus fallit) ïd est centum fere annos ab eut'rsa Hierusalem 
usque ad eutTsionf/;i regni KAldeoruin. Nabcodonosor enim, 
teste sacra Script/o'a. xxu. post cu^rsa/;? Hierusalem uixit annos. 
Euilmoradach f/l/^<s eius regnauit annis .xuiii. Negasar^ f/l///s 
eius annis .xl. cui successit ïilius eius Labosordach mensihus .ix. 
Hoc defuncto ad Ballazar, qwi Nabôan nuncupatw/', imptvium 
transisse dicit, qui cum .x. et .uii. annis regnaret, captam a 
Ciro Persarz^w et Dario Medor uni rege Babiloniam exequitur^. 

Eusebiî/i' ait annos .xxx. a[b eju^rsione Hierusak»/ usque ad 
iwitium Cirii régis P^rsarum ^ lulius autem African//i .Ixx. 
annos cowputat. \Y\eronynius autem in tractatu Danielis ait : 
Tradunt Ebrei h/^fwscemodi fabulam us^w^ ad septuagissimu/n 
annnm, q//o Heremias captiuitatem ^opuM ludeor//;» dixerat 
soluendam esse. De qwo Zacharias in principio uoluminis sui 

1. sic MS. as a correction o( Egessar. The Neiiglissar ofjosephus is 
meant. 

2. sic Beda, VI, MS. dich 

5 . Hère MS. inscris Uieroiiyinus ait. 



384 Whitley Stokes. 

loquiliir : Irrita?;/ putans Dà pollicitation^;;/ Baldazar, îvAsum- 
que promissu;;/_, usque in gaudiu?// fecit grande rfHuiuium, in- 
sultans quodammodo spei [fo. 3'' i] luàeoruDi, et uassis templi 
D^i. Sed statim ultio diuina ro;îsecuta est. Tune apparuit Bal- 
dazar pugnus sine manu scribens ïn pariete tria u^rba, id est 
Mane Techél Fares, quam scripturam ïnterpreiatus est ei Daniel 
profeta significantem i;«pmuni Caldeorw/n in Medos et Versas 
esse tran[s]ferendu/;z^ d/ct'ns, Mane, id est numerus, numerauit 
enim Deus regnum tuum et compleuit illud. Techél, id est ap- 
pensio : appendit enini Deus regnum tuuw in statéra et inuen- 
tu7;î minus habens. Fares, id est diuissio : diuissit enim Deus 
ïegnuin de manu tua et dédit Médis et P^rsis. 

Eusebiwj ait: Mortuo Nabcodonozor rege Babilonior//;;/ sus- 
cepit impc'/'ium eius Maradochi//^ iniperzior, cui successit (rater 
eius Baldazar. 

Heremias profeta ait: Ecce ego mitta/;/ et assumam uniu^;- 
sivn cognationt';;;- aq/nlonis, ait Do/z/m/zs, c/Nabcodonosor, ser- 
uuw meum, et adduca;// eos super tf/'ram Isra^'l, et seruient Is- 
rahelitai régi Babilonis annis .Ixx. ^ Cuinque impleti fuerint 
.Ixx. anni, uisitabo super terra;// Caldeor/^;// iniq/vitate/;/ eius, 
et pona;;/ illam in solitudines sempitt'/'nas - et his qui eu;;/ la- 
chonia ducti sunt in Babilonem. 

Ait ailibi : Cm;;/ c[o]epmnt in Babilone impleri .Ixx. anni, 
reducam uos ad locum uestrum, ait DoniinusK 



INcipit n//;;c regnu;;/ Pcrsarum^. 

[fo. 3''2. In marg. iii/;/ccccxxiii.] K. Pe;'sar///;/ ^rimus drus 
regnauit annis .xxx., q//i, deuicto auo suo mat^'rno Astiage 
Medorum rege, Médis et Pé'rsis ipse regnauit. 

Hic primo anno regni sui Babiloniam expugnauit, regcmq//6' 



1 . Jer. XXV, 9, 1 1. 

2. Jer. XXV, 12. 

3. Jer XXIX, 10. 

4. marg. sup. Adde .iiii annos snpi'r xx.ui. praescriptos uf fiât numerus 
.XXX. aniior;/»i a uersione Hierusa/fw secundum Euscbium, et sic hi'c nu- 
merns rongruit. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. ^85 

eius Baldazar occidit. qiwd i//credibile pêne apud mortales erat 
[in marg. Orosiiis d/V/t], nanc[iie Babilonia/// a Nebrôth gigante 
fundatam, a Nino auteiii uel a Samiramide uxore dus reparatam 
esse ïei'wn. Mmoi'uiii dus lirmitas et magnitudo uix credibilis 
relatu est. lAunis coctili laùve atqw^ iiiterïusso bitumine coni- 
pactM^ erat. latitudine cubitor?/;;/ .1. et altitudine quater tanta, 
rf ambitu .cccclxxx. stadiorum circumuenit///'. Ipsa autein qua- 
drata erat, et in consuiiimAÙone pinnarum média iiiterca- 
pedine uigenas qwadrigas capit. A fronte muronuii, ccntum 
portœ aereœ^ Domus i»trinsec//j geminas q//atcr liabitationes 
erant. 

Ipsa tamen a Ciro et Dario sine mini;;/a pêne mora uicta ac 
subuersa est. Nanqwe Eiifraten longe ualidissimuw et mediam 
Babiioneam i;//^rfluente//Mn .cccclxxx. fossas diriuauit ; pt'r 
cuius alueos^ Ciri 'exercitwj ciuitatem clam nocte subintrauit, 
eamqw6' totaw uastauit, c[iiod uel humano op^re extrûi uel hu- 
mana uirtute distrui utrumqw6' pêne ap/Y^f mortales [fo. ^^ i] 
incredibile fuit. Quicquid auteiii est opère fo;zstructum et arte 
aDdificatu;;? labi et a);;sumi uetustate Babilon capta conûrmai. 

Hic Cir.'/5" primo anno regni sui laxata Hebreor///;; captiui- 
tate .1. fere milia ho;;////um regrcdi fecit in ludeam, restituens 
éis ow«ia uassa templi Doinim aurea et argentea quinque mi- 
lia q«artcenta (.f/V) qwrté' Nabcodon[o]sor de Hierusak';;i hi Babi- 
loniam transtulit. Qjn ludei coiigregati in Hierusalem mensQ 
.uii. a^dificauerz/H^ aitare, et a primo die m^/zsis eiusdeni c[o]e- 
p^runt oiîerre holochaustum Do/;/mo. 

K. Anno auteni secundo aduent//j- sui mense secundo templi 
fundam^?zta iecerw;/t anno incensionis eius iuxta Affricanum, 
Ixx.ii. ; iuxta u^ro Cronicaw Eusebi, xxxii. Sed impedientib/« 
Samaritis iw^ermissuw est opus usque ad annuin Dari secuuduni, 
qui eûam in regno Assueri et Artarxer[x]is scripserw/z/ accwi'sa- 
tionem adu^rsu//i ludeos, et rescripsit Artarxerxes ne aedili- 
caretwr Hierusal^?;;. 

KKK. Alcetas rexit Macidonios annis .xxix. 



1. MS. adds capit. 

2. MS. albeos 

Revue Celtique, XVI. 28 



^86 Whitley Stokes. 

KKKKKKKKK. Lïdoruni regnuni defecit;, quod stetit annis 
.ccxxx. 

KKKKKKKKKKKKKKKKK. Cirus a Tamire regina Sci- 
thiîe occissus est. 

[in marg. iii;;/ccccxxxi] K. Ca/;/bases f/l/«s Ciri regnauit an- 
nis .uiii., qui secunàus Nabcodonosor dicitur. Hic deuicta 
yEgipto cunctani eius relegione;;^ abho/;/i;/at//i" qw^v^rimonias ^ 
eiiis et templa deposuit. [fo. 4^2] Babilone^f in yEgipto- a:;difi- 
cauit. Wunc aiunt ab Hebréis secunduni Nabcodonosor uocari, 
sub q//o ludith historia conscnhiuir , quae caput Olfernis am- 
putauit, et sccum furtim abstulit. Unde ab exercim eius dic- 
tum est : Deest caput Olfernis. 

KK. Amintas rexit Macidonios an;7/V .1. 

K, Romanorww septimus Tarq«inni//i Snperhiis, Tarq//inni 
Prisci f/l///s, regnauit tinnis .xxx.ii., q//i causa Tarqz/inni lun- 
[ijoris f/lfi sui, qwi Lucretiam corrup^rat?, qmque alio nomme 
Aruns uocabatwr^ regno expuls//i est. 

KKKK. Cambisses îiiius Ciri a magis suis occissus est. 

K. Fra/res magi regnauerunt m«zsibus .uii. 

Hiessus sacerdos magnz/.y, f/l///s losedech et princeps gentis 
Iudei"e Zorobobél f/l/ws Salathel f/l/i locbin f/'l/i losix' et Aggeus 
et Zacliarias et Malachias proférai claruer«;ît. 

Pithagoras tissic//j clarwj filosoph/zi" babetw;% q//i prim//5- filo- 
sophos et filosophia^;; noininci no;/;/;/auit, respuens se sapiente?;^ 
uocari. 

K. Dariwj Fersicus, filius Istai[s]pis, regnauit annis .xxui. 
Inter Dariu//ï et Ca/;/bassen régnasse duo iratrcs magos in libris 
cronicorw;;? Euscbi reperimus. uerum Hieronynius in expositione 
Danielis scribit post Cambassén Smerdén maguw régnasse, 
cuius Pantharchen f/l/a?;i Cawbassis ducit uxoreni, qui cum a 
septiw magis fuisset occissus, et in locum eius Dariw^ SM^ce- 
pisset imp^^rium, ead^w Pantarches nubsit Dario, qui ex ea 
Xerxén [ilium genuit. 

K. secundo anno Darii septuagissim//5- annwj captiuitatis Hie- 
rusalt';n [fo. 4^ i] impletz^r, ut uult Eusebi//^ testem adhibens 

1 . i. e. caerimonias 

2. i. e. Cairo 

3 . MS. corru;//p('rat 



The Annals of Tïgernach. Fini Fragment. ^87 

Zachariam profetam, ad queiii secundo anno Darii loquitur an- 
gelusdicens: Domine exercituum, usqwt'quo tû non misserebms 
Hïerusakm, et urbiu/// luda qnibus hatus ^ es ? Iste septuage- 
sinius annus est [Zach., i, 12]. Ite/;/ qwarto Darii anno ait idem 
profeta: Cuni ieiunaretis é'/ plangeretis per hos .Ixx. annos, 
nunquid ieiunium ieiunastis mi/;/ ? [Zach., vii, 5]. 

KKKK. Sexto anno Darii templi aedificatio co;;/pleta est. 
die iertia nit'/zsis Adar (.i. Martius), qui est xl.mus sexius an- 
nus ex quo sub Ciro fundamt'nta eius sunt iecta. Un^^; in euan- 
gelio dicunt ludei ; xi et ui. annis a^dificatu/// est hoc templum. 
C[o]eper«nt ludei auteni a^dificare templum anno secundo Da- 
rii mense sexto die uigissima qwarta et anno .uii., ut d/ct//ra 
est, mensQ .xii,, die tsrtia compleuerw;;/. Ex quo apparet opus 
templi et an/ea non parua ex parte p^ractum, Annos auteni 
Ixx. a distructione 'ûïius usque ad ptrfectawi restaurandi licen- 
tia?/i Qsse computandos. 

KKKK. Ab egrt'ssu- ScottorzY/// de iEgipto mille anni suni 
nsqiie ad decimuw hune annuw Darii régis Ptrsar/y;;/. 

KKKKKKKKKKKKKKKKKKK. Pulsis Urbe xQgihus qu\ 
imperauerznzt annis .ccxliii. uix us(/«é^ ad q/nntu;yz decimu/;/ la- 
pid^m Roma tenebat i///p(vium. 

Romx posx. exactos reges primum ro/7sules a Bruto esse c[o]e- 
perunt. Deinde tribûni plebis ac dictatores, qui q/nnq//t' an/z/j 
regnauerw^t populum, [fo. 4'' 2] c^-urs///;/ ro/zsules rem pupli- 
caw obtenuer//;/t per annos ferme .cccclxiiii. usq«^ ad luliuni 
Cessarem, qu\ primus singulare arripuit imperium olinipiade 
.clxxx[iii.] 

KKKKKKKK (iii///lxxxuiii). Xerxes ïAius Dari regnauit 
annis .xx. Hic /Egipiwn, quae a Dario discesserat, capit. Qui 
adu^fSM^ Graechin pugnatur .dcc. milia armatorwm de regno 
et .ccan. de auxiliis, rostratas etiam naues mille duocentas, 
onerarias auteni .iii. milia numéro habuisse narratwr. Attamm 
uict/zi' Leonida rege Spartanorww cwn .de. uiris contra se cuni 
.de. milibwj s«/s pugnante patriaw refugit. 

Sub his tribw^ regib/z.c, Ciro scilicet et Dario et Xerxe, Oro- 



1. MS. natus 

2, MS. ins;ressu 



388 Whitley Stokes . 

sius refert decies nouies centena milia de uisceribws unius 
regni Persïci. esse occissa. 

Herodot«5 hïstonaruni scriptor et Zeuxis pictor agnos- 
cuntur. 

KKKKKKKK. Alaxander rexit Macidonios annis .xliii. 

KKKKKKKKKKKK. Escilus, Pindar//^, Sofocles et Eari- 
pides tragoediarum ^ scriptores celebrantwr. 

[in marg. iii/;/cclxxix.] K. Arctabanz/^ rexit Pf?;-sas vnensihus 
.uii. q/a occidit Xerxen in regia sua, ut Orosi«5 ait. 

Socrates natus est. 

K. Artarxerxes (j/r) qui et Longimanus, id est Maicpcxéip [leg. 
Mx/.piyz'.p] regnauit annis .xl. 

KKKKKK. Huius anno .uii. p/ima die me;zsis primi Ezras, 
sacerdos et scriba legis Dt'i, ascendit de Babilone cum epistolis 
régis, et in prima die mensis qwinti uenit in Hierusalem cum 
uiris mille Ace. Tune Ezras profeta totaw Scriptz/ram uetms 
testammti [fo. 5^1] a Caldeis incensam renouauit Spiritu 
Sancto perïusus, et, biter alla strennue gesta, castigauit f/l/os 
transmigrationis ab uxoribus alienigenis. [Ezra, x., 10.] 

KKKKKKKKKKKKK. Eiusdem régis anno uigissimo Ne- 
mias 2 pincerna régis de Sussis Castro adueniens mur//w Hieru- 
salem .lii. diebwj- restituit et genti ducatum .xii. annis prae- 
buit. 

Hue usque diui;7a Scriptura temporum siriem continet : 
quae pojt haec apud ludeos s;^nt [dijgesta de libro Machabeorum 
et loseppi âlq^ue Affricani scriptis exhibentur, qui deinceps 
uniuersam historiam usque ad Romana tempora pt'rsecuti 
suni. Et qwidem AÛricunus in qwinto temporum uolumine 
huius temporis ita meminit : Mansit ^rgo impcrfectum oipus 
usque ad Nemiam et uicesmum annum Artarxer[x]is, quo tem- 
pore regni P^rsarum .cxu. anni fuerant euoluti. Captiuitatis 
autem Hierusalem centissimw^ octuogissim?^5 et qwintus erat 
annus. Et tune primu;» Artarxerxes iusit muros extrui Hie- 
rusalem, cui op^ri praeîuii Nemias. Et a:dificata est platea et 
mûri circundati suni ei. Et ex illo tempore, si numerare uelis, 



1 . MS. trogoediaru>» 

2. MS. nemais 



neM.alsoIT„ernacH.Fn.Fr.,«^'- 



,89 



càptiuitas autem Samana.[fo- 5^^^^^/^empore per Zoro- 

r« Together went the ten m 

HkronywM5 ait . iwrer L'IF ei menses très, mi 

hSÙ s"::^-'"'-^^^^ '" tXh pontife. fuU, p«t 

m[o]cntii5. 

INcipitn»«ctemp«Machabeor„m. 

,• -c D'amers week «1, and in- 

terlmed . -i • 'i"'" 
"'t MS.trogocdmum 



jgo IVhitley Stokes. 

{uerunt usqiie aà Aristobulum, q/à ciiiii dignitate pontificis 
etiam regale sihi c[o]epit usurpare uocahulum. 

KKKKKKKKKKKKKKKKKKK. Archelaus rexif Machi- 
donios an/z/j .xxiiii. 

K. Artarxerxes (sic) qui cognomiuauis est Mnemôn ^, Darii 
et Parisaditis f/l///s, an/z/V .xl. ïQgnanit P^rsas. Sub hôc rege 
uidetwr Hester historia fuisse ro/npleta. Ipse quippe est q/Yi ab 
Hebreis Kssutïus, et a .Ixx. Intenpyeûhus Artarxerxes uocatwr. 

Athenenses .xuii. littms uti c[o]epgrunt, cum anto .xui. 
tantum littsras haberent. 

KKKK. Galli Zenones- duceBrenno? Roma/// i/aïasserunt 
excepto Capitolio ^, et sex mensibics uastauerunt, et mille libris 
auri pr^tium descesionis paciscunt//;-. 

Tribuni militares pro consxûihus esse c[o]epcrunt. 

Aristotiles, octauum decimum ^etatis annum gerens, Plato- 
nis auditor est. 

KKKKKKKKKKKKKKKKKKK. Nectanebz/5 rexit ^giptios 
annis xuiii. 

K. Orestis rexit Macidonios imiiis .iii. 

KKK. Achelaus rexit Macidonios anuis .iiii. 

KKKK. Ami;/tas rexit Macidonios aniio uno. 

K. Pausias rexit Macidonios anno uno. 

K. Amizztas rexit Macido;//o5- aniiis .ui. 

KKKKKK. Argellis rexit Macido/2/W ann/V .ii. 

KK.K. Artarxerxes, quit'^ Ochus, rexit Pfrsas [fo. 5 ''2] an- 
nis .xxui. Iste JEgiptuui suo iiiipeno adiunxit, Nectanebo rége 
eius iii Ethiopiam pulso in quo iî-giptiorum regnum di[st]ruc- 
tu/;z est. 

Amintas rexit Macidonios an;;/.s- xuiii. 

Demôstenes orator oniiilinn rumore celebrat/zr. 

Romani Gallos superant. 

KKKKKKKKK.KKKKKKKKK. Alaxander rexit Macidonios 
anno uno. 



1 . MS. memnôn 

2. .i. Lib('rpat(';-da. Liher pciter enim Sténo àicitiix. G àW'i aide m Stenoncs 
uocantur quia Lilvru;» Patre;,v hospitio recipt'runt. 

3 . MS. brennio 

4. MS. capitalio 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 391 

Ptolomeus, qui et Oloretes àictm est, régit MAcidonios an- 
uis .iiii. 

K. Plato philosophas mortuus est, post queni Achademiam 
Speusippw^ tenuit. 

KKK. Verdica.rexitMadâ.oniosânnis .ui. 

KK.K. Arses Ochi BU us rexit P^rsas annis .iiii. 

Hoc tempore ludeorum pontifex maxim^i' ladas chrus ha- 
hetur, cuius ïratex Mannasses templum m monte Garrazim con- 
struxit. 

Speusippwj moritwr^ cui successit Xenocrates. 

K. Pihppw5 Aminte ^ iilius, q//i cum Athea Scitharum rege 
conflixit et fraudulentia ^ magis (\uam uirtute eum uicit, ac 
.XX. [milia] captiuorura secum duxit, regnrt«/7 Macidonios anww 
xxiii. Cuius anni duob//5 exceptis ante exacti sunt, quia Euse- 
h'mm in sirie Macidonicorum regum secuti sumus, qui Ixx 
Interprètes sequhur, quique semper regum tempora protelat, 
ideo m scribendo computo regaH deuiauim«5. Pihppz/i" autem 
iste hiter îiMum suum Alaxandra;;/ et "[enerum Alaxandruwi 
Epirotam a q/^odam nobih uiro, Pausania3 nomine, occisswj 
est. 

[fo. 6^ i] KK. Q_//arto an no Arsis {tiel Xerxis) f/l/i Ochi 
Alaxander Pilipi^^ Ohmpiadis iiXius, .xx. œtatis annumgerens, 
Macidonibus regnare incipit. 

K. 'Dàruis, qui et Mehis dicitur, Arsdmi f/lms, rexit P^rsas 
an;;/V .ui. 

Alaxander aduersum Ilirios et Tracas féliciter demicans, sub- 
uersis Tébis, in P^rsas arma corripuit, et ap«J Granicum4 
^umen regiisî ducibwj' opprfôis, urbew Sardis capit. Idem 
capta Tiro ludea/;^ capit, a q//a fauorabiliter ^ exceptwj Deo uic- 
timas i/;niiolat et pontificum templi lodam, qwi in uisione 
pri«^ei apparaît, honoribus plurimis prosequhur, Andromacho 
locoru/;? custode demissô. 



I . 


MS. 


amincae 


2. 


MS. 


fraudelentia 


3 • 


MS. 


nobile uiro p«5samia 


4- 


MS. 


graminidem 


5- 


MS. 


regeis 



6, MS. faborabunt 



392 Whitley Stokes. 

KKKKK. Alaxander septimo anno regni sui Alaxandria/» in 
^gipto fo/ïdedit. Nec mora Babilonem obtenuit, mteriecio 
Dario in quo Vers^nim regnum distructu/;/ est, quod stetfrat 
annis .ccxxxi. 

Latini a Romanis p^rdomiti suni. 

KKKK. Tune eûam belluw Agidis^ Spai-tanorw/;i régis hi 
Grrt'É'cia contra Antipatris copias, Alaxandri [régis] Epiri ^ i;; 
Lucania fo//tra Bruttios 3 Lucanosque cw;// xxx milibw5 suis, 
Zopyrionis4 pracfecti Ponti in Scithiagestum est conVà Scithas, 
qwi omnes a Scithis micrkci'i sunt, qui oniiies cum suis exer- 
citibwj in his bellis dileti sunt. 

K. Alaxander ^ost mortem Darii .u. annis regnauit. Na;;^ 
antea .uii. Qui Hircanos et Mardos 5 subiecit [fo. 6^2]. Tune 
ucnit ad eum Thalestris siue Minothaea^ cum ,ccc. mulie- 
ribus gratia subolis7 ab eo swjcipienda;. Tune Parthos aggn's- 
sus diu obsistentes propemodum dileuit antequam uicit. Inde 
Drancas, Eu^rgitas, Purapamenos, Adaspios^ subegit. Urbe 
Alaxandria super amn^'m Tanaim a^/zstituta, India?;/ adiit ciini 
Poro fortissimo Indôru//j rege cruentissimum bellum gessit, in 
quo Alaxander cum ipso Poro si;/gularit('r congressus, occisso- 
que deiectus equo, ro;/cursu satilitu;// mortem euassit. Porus 
multis uulnerib//^ con(ossus et captus est ; q/ro ob testimonium 
uirtutis in regnum restituto, duas ibirc/zdedit ciuitates, Niciam 
ci Bucifalen, quain de no))iine cqul sui ita uocari pmccepit. 

ReuiTtens in Ammône condedh Parthonium. Idem. Indicum 
usque ocianum uictoriis poti/YJ quant bellis p^ruenit, ac Babi- 
lonem reu(';'sw5 .xxxii. uitœ, regn'i auteni sui .xii. anno, ueneni 
austu pmit. Vostquani translato in multos impt^rio, JEglptwn 
Ptolome?/^ Lagi 9 f/l/ws tenuit, Macidonas Pilippwi-, qwi et Ari- 
deus, îraier Alaxandri, Siria/n et Babiloniam et oninia régna 



1 . MS. hagidis 

2. MS. eperi 

3 . MS. brutros 

4. MS. zophirionis 

5 . MS. mandos 

6. MS. alestris siue manutha 

7. MS. sabolis 

8. MS. adsapios 

9. MS. largi 



The Annals of Tlgernach. First Fragment. 595 

orientis Seleuc//^ Nicanor, Asias mi»ori regnauit Anûgonus, 
qui apud Daniele//i [fo. 6^ i] per .iiii. hirci qui arietem conte- 
reret cornua designantur. 

K. iEgipto primus régna w// Ptolomeus .i. qui et Soter 
Lagi ^ {ilius annis .xl., q/n Hierusolimis et ludea in ditionem^ 
siiam dolo reductis plurimos captiuorum in yEgiptum trans- 
tulit. 

Appius Claudius cxcus Romc^ clarus habetwr. 

Hoc tempore ludeorum pontifex maxim/^j Onias lodœ f/l///s 
clarus habetz/r. 

KKKKKKKKKKKK. Tertio decimo anno Ptolomei Siri^ 
et Babiloniie et supenonhus locis regnare incipit Seleuc//y Ni- 
canor. A q//o tempore Machabeorum Hebrea historia Graeœ- 
rum supputât regnum, et a qtio Ediséni sua tempora computant. 

Seleucz/j Laudaciam Seleuciam, Antiochiam, Appaniam, 
Edessam, Beroeam 3 et Pellam urbes coiidcàit. Seleuc/^5 ïn eas 
urbes qwas extruxerat ludeos transfert, ius eis ciuium et mu- 
n[i]cipalem (.i. cista) ordinem concedens œqwali honore cuiii 
Graecis. ludeorum pontifex maximwi religiosisimw^ ac piissi- 
mus Simon Onia^ f/i/ws clarw^ hàhetur, post quem Eliazarus 
iratei' eius SM5cepit te/^zpli ministerium f/h'o eîus Onia paruo 
admodum derelicto. 

Regno Siri^ et Alaxandri^e in minori Assia conregnatum est, 
et primw5 regnauit ibi Antigonwj annis .xuiii. Ptolomei primo 
anno4 regnare iwchoans. Hic igitur ann«^ .xiii. est [fo. 6^2] An- 
tigoni sicut Ptolomei., 

Conregnatum quoque est in Macidonia Ptolomeis et Seleiicis, 
et p;'im//5 regnauit ibi pcwt Alaxandrum Pilippus, q«i et Ari- 
deusî, (rater Alaxandri, annis .uii. regnans, primo anno Ptolo- 
mei regnare incipiens. 

KKKKK. Undeci/;;o anno priore Arideus ïrater Alaxandri, 
q//i et Pilip«5-, rex Macidonuin^, eu m sua uxore Euridice a Ma- 



1 . MS. Largi. 

2. MS. decionem 

3 . MS. beroeam 

4. Hère begins the first fragment of thèse Annals in Rawl. B. ^88. 

5 . leg. Arrhidaeus 

6 MS. macidonibiw uel uni 



394 Whitley Stokes. 

cidonih;/j ipsis, suadente Olimpiade (et ipsa po.ctea a Casandrô 
inter^ecta est) matre Alaxandri, occissus est: post queni reg- 
nauit in Macidonia Cassander annis xix, a q//o Hercoles, 
Alexandri Magni filius, xiiii. an;/o ietatis sua; cum Roxa[na] 
matre sua i;?/t'rfectus est. i. in Ancipolitana ^ 

Antigon//i rex Assias minoris a Seleuco et Ptolomec in bello 
OCCISSUS est : ^osi queiii regnauit Demetriwj, cui nomcii Polior- 
cetes^, iiMuseius, an;//-v .xuiii. 

In anno .xuiii. Ptolomei fuit initiatwi regnare in Emain 
Cimbséd f/h'//s Fi;ztai«^ qwi regnauit .xxuiii. annis. Tune Echu 
Buadach pater Ugaine in Temoria regnase ab aliis fertwr liqueV 
praescripslmus ollini Ugaine i^np^rasse. Omnia monimc;/ta 
Scottorum usque Cimbsd incerta erant. 

Hoc temporg Zenon zoicus^ et Minauder comicus et Teu- 
frastus philosophus 5 claruerw;/t. 

KKKKKKKKK. Cassander rex Macidonie obit, cui succè- 
dent f/l/i eius Antigonwi-^ et Alaxandcr annis .iiii. 

KKKK. Alaxander Ulius Casandri belluw parans fn7/ri ui;/- 
dicare matrem. dispônens a De;;/etrio occiditwr. 

[fo. 7'^ î] Anùpater iratex eius a Lisimacho? socero suo \n- 
tereuitus est. Post q//os regnauit Demetri//5 f/l/ws Antigoni 
:\r\nis .ui. 

KKKKKK. Demetrio a Seleuco et Pirro Epirota a Macidonia 
expulso in Siclliani, ibiq/zf eodeni capto et interkcto Seleucw^ 
Assiam minorew tenuit. Firrusque Macidonias regnuw i;/uas- 
sit, sed non tenuit. Na;/i reu^rso co ad Epiruni Lissimach//5 
regnauit in Macidonia annis .ui. 

KKKKKK. Lisi;;;achMi aSileuco in bello iw/érfectus est. 

Q?/arto anno priore Ptolom^ws Sot^r pmt, et Ptolonié'ws Phi- 
ladelphwj- ^ regnare c[o]epit, ut Hebraica u^^ritas testatwr. 

I. leg. in urbe Amphipolitana? 

2 MS. poliercites 

3 . i. e. licet ■ 

4. i. e. stoicus 

3. MS. teufras tris philôsophi. Tljcopljiaslus, ol" course, is meant. 

6. interlined : uel Anùputer nomen eius, q//i malvein suaw Tesoloniccn 
manu sua luteikc'n. 

7. marg. sup. : qui Uliiim suu;;/ Agothoclen cxosiis iiilcrcmit. 

8. MS. philodelplnis 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 395 

K. Seleuc//^ a Ptolomeo, cuius sowrern Lisinmchus habuit 
Lixore»;^ iusidiis cii'cu//Rient//i' occiss//i" est. 

H'\c est finis Macidonici belli, exti/zctis xxx.iiii. ducibw.y 
Alaxandri. 

Fost Lisimachu/;i regnaiiit in Macidonia Ceraun/zj;, qui et 
FtoloniQus, mensïhus .ix., iMiliargw^ mens'ihus Ai., Antip^fer 
diehus xlu. 

Quarto aniio priore Ptolomeus Philadelph//j ^ regnare coepit, 
qui regnauit annis .xxxniii. Ptolomeus ludeos q//i in yEgipto 
erant lib^ros e5J"t' p^Tmissit, et Eleazaro pontifici multaHieruso- 
limani et in rempli donaria uassa t/ansmittens^ .Ixxii. Inter- 
prètes petit, q//i script//rnm sanctam in Graecum mTt^vent elo- 
quiutn. No/z solu/;/ eniin gentiu;// script// ras, sed diui;/as littrras 
in bibiiotheca^;/ sua/;/ ro;/tulit. Nain .Ixxx. milia libroru/// un- 
diqiie collocauit. 

Tantœ anteni potentire fuisse narrat//r Ptolonv//s iste Phila- 
delphwj- 3 ut Ptolomeu/;/ patrein ui;/ceret. Narrant eiiini histo- 
riée eu/;/ habuisse peditum [fo. j" 2] ce. milia, eq//itu/// .xx. 
milia, curr[u]um .ii. milia. Eliflintos, q/^os primos adduxit ex 
Ethiopia, q//adrincentos. Naues longas, q/zas liburnas dicim//5^ 
mille q//incentas. Alias ad portanda militu/// cibaria mille, et 
cetera. 

[in marg. Isidorns] Per ide/// temp//j' Arat//j' astrolog//j agnos- 
citur. Atq/^6' argentei nu///mi primum Ronii'e constituuntur. 

K. Sustenes rexit Macidonios annis .ii. 

Sostrat/^^ Cnidi//j' far///;/ in altissimo urbis Alaxandri/za; loco 
fOf/struxit. 

IN loco Seleuci in Siria et Babilonia et tota pêne Assia 
regnauit Anteoch«j^ q//it'/ Sott'r dict//j est, imnis xix, 

K. Echu Euliechuir mac Fedaich regnauit in Emai;/ an- 
nis XX. 

ludeor//;;/ pontificatu/;/ post Elizar///;/ auuncul//j eius Man- 
nasses accepit. 

K. Antigon/^.? regnauit Macidonios annis .xxx.ui. 



1 . MS. philodeiphus. 

2. MS. transmittentes 

3 . MS. philodelph/^v 



396 Whitley Stokes. 

KKKKKKKKKKKKKKKKK. Anteochw^, qui uocabatwr 
©NYsecor [6e6ç o~j-o:] id est d(7/s iste, vegnauit in Assia pêne 
tota annis .xu., quem occidit Laudecé uxor sua ueneno, causa 
Bsrnicis filis Ptolomei Philadelphi ^ in locum suu;;z ductde, et 
B^rnicen cuw filio suo lachadione ab Anteocho genito lacha- 
dioni et Geneo, principibz^i' Anteochia^, occidendaw tradedit. 
M^ioreinque {ilium suuvi Seleucum cognom^z/to Callicinum ^^ 
et in loco pû!/ris sui regem co;zstituit. Habebat eniin Laudecé 
duos f/I/os ab Anteocho 0HYsecok (sic) genitos, Seleucuw 
Callicinu;;/- et Anteochu;;/ cognom^^nto Maiorem. Cumque Se- 
léucw^ Maior ïrater tciûo anno regni sui occisswj esset in Frigia 
per dolum Nicanoris Anteoch//.? Magn;/5 imp^rauit. 

[fo. 7*" i] Hùa;nchend mac Co..ai»d regnauit in Emai// an- 
nis .1. 

K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K. 

Ptolomcus EutTgites ïrater szY/)erioris régis vegnauit annis 
.xxui. Q//i abinde EutTgites ab iïlgiptiis est uocatus quia 
capta Siria et Calicia et prope modum uniucrsa Assia inter in- 
numera argenti pondéra ac uassa prt'tiosa quae cepit eùain deos 
eoru;/z retulit. quos5 Cawbases, capta ^Egipto, in P^rsas por- 
tauérat. 

Anteochus OHTsecok ab uxore sua ut pr^edixim//5 occissus 
est. Gui sucessit f/l/ws eius Seleucwj Gallicinz/^^ .iii. annis. 

lUdeoru;;/ pontifex Onias Simonis I/^5ti, f/l///s clarus habe- 
tur. Cuins ite;;z f/l/ws Simon non minori gloria fulget. Sub quo 
HiesMj- (ilius Sirach Sapientic-e libru?;? componens quem uocant 
Panarethon î, etiflfm in eo fecit Simonis mention^?». 

KK. SeleucMi Gallicinus4 'di Frigia a Nicanore ïnterïectus est 
ut praescripsimwj. Gui sucessit ïrater suus Anteochwj Magnw^^ 
q/n vegnauit avinis xxxui. 

Hô^ 2LV\no P'ivvus rex Epirotaru/;j apud Argos urbem saxo 



1 . philodelphi 

2. leg. Callinîcum 

3 . MS. quos retulit. 

4. leg. Callinicus. Rawl. B. 488, fo. 1^2, gives this in Irish : Anfcochus 
Enysecok a bean posta fein romarb e, 7 is 'na inadh do thoscadh a mac 
fen .i. Seleucus Caillccinius, etc. 

5 . leg. -avâo^Tov 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 397 

icius hîferit, et Sextilia uirgo uestalis .i. qw/a in adultt'rio de- 
pr^hensa est, uiua defossa est. 

KK. Demetriz^j- regnauit in Macidonia annis .x. 

KK. Apud Formas duitatem multis ictis fulminuwî moenia 
undiqwg comhusta et desolata suhi apud agrum Calénum re- 
pente scissa terra ign^w eructauit. Tribwj diehus tnhusque noc- 
ùhus exestuans .u. agri iugera in cinerem extorruit. INtcr 
multa prodigia sanguis e t^rra, lac uissa?» est mandre de caelo 
in signuw belli Cartagiwénsis, [fo. J^ 2] Tib^ris insolitis auctM5 
i?«bribw^ et ultra opinionem uel diurnitate uel magnitudiwe re- 
dundans om/na Romas œdificia in piano posita deiecit. 

Antigonw^ regnauit vi Macidonia annis .xii. 

KKKKKKKKKKKKK.K.K. 

SeleucMs Ceraunwj'^ regnauit .iii. annis, qui a Nicanore in 
Frigia interïectus est. 

Antioch«5 Magnwj- regnare i/zcipit. 

K.K.K.K.K. Ptolomeus Philopator f/l///s Eu<?rgitis regnauit 
JEgiptios annis .xuii. Ab isto Philopatore ludei pra^lio uicti 
.Ix. milia armator uin corruer/</zt, Sicilia/;zq?/e MarcelU/j consul 
obtenet. 

Pilipz/^ regnauit in Macedonia annis xlii. 

KKKK. Anteoch«5 rex Siri^e, uicto Philopatore, ludeaw sibi 
sociat. 

lUdeorum pontifex maximwj- Onias (iUus Simonis i/2signis 
habetwr. Ad queni Lac[e]demoniorz^m rex Arius legatos mittit. 
Hoc tempore Anîeociius diis gentiu/w Iudeosi;/nnolarecogebat. 

KKKKKK. Conchobor Rot m^^ Cathair regnauit in Emai« 
annis xxx. 

, IN Piceno ûunien sanguinù fluxit, et a-pud Dacos caé'lum 
ardére uissu;/i est; et Armini noctem ultra lucem cldram of- 
fulsise, ac tris lunas distantibw^ c^zdi regionib//j' exortas apa- 
ruise dicunt. Tune quoque magno t^rremotu Caria et Kàdus 
insohe adeo conçusse sunt ut labentib/zj' uulgo tectis ingens 
ille Colos«5 rueret. 

K. Anteochus Magnus moritwr. Cui succesit Seleuc/^j Phi- 
lopator filius suus regnauit annis .xii. 

X . MS. gerauiius 



' LMW»" ' 



398 Whitley Stokes. 

KKKKK. Ptolomeus Epifanes f/l///s Philopatoris regnauit 
annis .xxuii. 

Prim//5 Yihcr Machabeoru;» ap//JIudeos h/////s tcmporis gesta 
contenct. 

Onias sacerdos assumptis luJeorw;;/ [fo. 8* i] plurimis fûgit 
in JEgiptuui, et a Ptolomeo honorifice susceptus, accepit eam 
régions ;» quae [Hjeleopoleos uocahatur, et ro/zcedente rege tew- 
plu;;i extruxit in yEgipto simile rempli ludcovuni, quod per- 
mansit usque ad impmum Uespesiani annis cci. Sub occas- 
sione igitur Onia3 pontificis i;zfinita examina ludeorum in 
JEgiptuDi cojiïugeniiit. Eo tempore et Cirine eoruw^ mulcitu- 
4iwe repleta est. Haec autem ué[ Oniîe ml ctiens JEgipx.\xm 
causa petendi fuit, (\nia pugnantibw^ contrai se magno Anteoco 
uel Seleùco Philopatorç magiis et ducibwj' Ptolomei, possita \n 
medio ludea m contraria studia sci;/debat//;-_, aliis Anteocho, 
aliis Ptolomeo fauentibwi-. 

Hdc setate poeta 'Enmus fuit. 

[in marg. sup.] Orosius. His etiam dieb//^ Annibal apwJ 
Prusia?;/ regew Bethinia^ cum a Romanis reposceretwr uenéno 
se necauit. 

KKKKKKK. Seleucw5 Philopator momur. 

K. Anteocwj Epifanes, irater Seleuci .i. f/l/ws Antiochi 
Magni, sucessit Seleuco. regnauit imiiis .xi. 

Eusc'/'///5. Hôc an;/o Antioch//^ morit//;% cui sucessit f/lf/<ssuus 
Seleu.c/^i Philopator, q//i regnauit awiis .xii. 

KKKKKKKKKKKKKKKKK. Fiachna mac Féidilimthe 
regnauit in Emai/z annis xui. 

[in marg. iiimdcccix] KKK. Hoc anno Scleuc//5 moritur, cui 
sucessit in regnum frrt/er suw5 Anteoch/<^ Epiphanes, qzn 
regnauit annis .xi. 

Ptolomeus Philometor regnauit annis .xxxu. Hune Ptolo- 
meum Ameochus pmelio supt'/ans ludeos uaria calamitate op- 
p/rsit. 

Fer idem temp//5 Scipio - Affncam uicit. 



1, This is a correction of « et Cireneoriiin », the reading of Beda, 
VI, 297. 

2. .i. a scipa d/c/».s i. ôiid luirg 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 399 

Aristobulwi natione ludeus peripateùcus ^ philosop/;«j- agnos- 
dtur. qui ad Philometorew Ptolomeu;» explanationu;;/ in 
Moysen commcnurios scripsit. 

Anteochw^ Epifanes q/n post Seleucum Philopatorem aniiis 
.xi. regnauit, in Siria ludeor;/;» legem iwpugnans owniaqwe 
idulorww sordibwj ro/z/plens, in templo Olimpii louis simula- 
cru/;; ponit. Sed et in Samaria super uerticem montis [fo. 8^2] 
Garizim louis Pmgrini delubrum - a-dificat, Samaritanis ut 
id faceret pr^cantibw^. Ueruw Mathathias .i. pa/cr Macha- 
heoYuni, sacerdos patrias leges ui/zdicat zànersus Anteociii 
duces arma corripiens. Qwo mortuo ducatuw ludeoru;// siis- 
cepit ffl//<s eius ludas Machabe//j-,a q//o Machabi fra/res eiiis 
dicti s/"/t, anno .c.xl.uii. (.i. centisi/;/o q//adragisiwo septi/«o) 
regni Graecorum, uigissi;;/o anteiii Ptolomei. Olimpiade u^ro 
c.l.u. (à. centissi;//a q«inq//agesima q//inta) : q/d mox An- 
teochi duces de ludea expellens et te/;/pluw ab iduloru/;^ ima- 
ginib//5 emundans p^t/rias leges ^osl trienniu;;/ s///s ciuihus red- 
dedit. \}nde po^t secessu/;/ Oniœ sacerdotis in ^Egiptum, et 
mortew Alcemi q//i effugato Onia pontificatu/« inàigniis pos- 
sidere te;/.'ptabat, o;//;/ium fauore^ ludeor//;;/ Machabeo sacer- 
dotiu/// decernit//;- ; q//oi pojt mortem eins (rater lonatlias sor- 
iitiis est .xix. âwiis, quod plurima ministrauit i?zdustria. Refert 
enini Eusebi/z^eg/rssuw Onia; bi ^giptum multis de sacerdotio 
^o/ztendere. lArsôn eniiii îratev Oniie et quida/;/ lessns conten- 
debant illud. 

Posî q//os Minalaus, qui ocdssus est a iuniore Anteocho, et 
Alcimas, q//i a///bitione i/zdebita pontificatum i;Riadit. Ob quod 
Onias f/l///s pontiHcis Onii^^ JEgipiuin transmigrans, in [H]i- 
liopolitano pago ciuitatem sui noniinis condediî, templo ad si- 
militudinem templi patrii^ ro/zstructo. 

Pfrses regnauit in Macidonia annis .x. q//o defuncto regnu/// 
Macidonix defecit. 

[fo. 8'' i] KKKKKKKKKK. Amœchus Epifanes sub q//o 



1. MS. pe? hipathetic?« ^ 

2. MS. delubruum '"^ 

3 . MS. fabore 

4. MS. Tpatrïs 



400 Whitley Stokes. 

Elizarus et .uii. Machabei simul aini matre sua Machaba passi 
sunt uersns in am^;/tia;;? dispt'ratione et merore iii Tebes op- 
pido P^rsidis p^riit. 

In marg. : licet in martirilogio desintiria et uermihns esse 
constimptiis . . .r iiel àicitiir. 

KK. Anteoch//j-(.i. ali//i- iunior) rcgnaiiit in Skia .ii. annis 
Ixx. prûftJscriptis. 

K. Dâre macYorggo regnaiiit'vi Emain an;nV .Ixxi. 

Demetri//j' régna uit in Siria et minore simul Asia annis .xii. 

KKKKKKKKKK.K. Demetrius mort7///i_, cai sucessit 
Alaxander annis x. 

KKKKKK.KKKK. Alaxander mortntis, cui sucessit Deme- 
trius annis .iii. 

[In marg. iii;;/dcccxxxuiii] K. Ptolomez/j- Eun-gites ali//i- 
XQgnaitit annis xxix. 

KK. Demetriz/j monuus, cui sucessit Anteoch//j^ q//i et 
Sitides dicitur, annis .ix. 

KKKK. lonathas dux ludeor//;// et pontifex ctini Romanis et 
Spartanis ' amicitias facit : q//o a Trifone i;?/£'rfecto, in sacer- 
dotiuw {rater eius Simon ^ assumit/zr anno regni Eu^rgitis .uii., 
qiiod .uiii. annis strennuissime gerens lohanni reliq//it. Hic 
aduersiis Hircanos bellum gerens Hircani nonien accepit, et a 
Rômdnis ii'is amicitias postulans decreto senât/zj- viter amicos 
rclaiiis est. 

Samaria;//^ quae nostro tempore Sebaste uocat//r, obsidione 
captam solo coajq/zauit, quain po^tea Herodes instaurans Sebas- 
tia;;z in honore;/^ Aug//^ti appellari uoluit. Hoc tempore cmn. 
Hierusolimam Anteochus (.i. Sitides 3) obsideret Hircan//^ 
princeps ludeoru/// reserato Dauid sepulcro tria milia tallenta 
auri inde abstraxit, ex q//ib//5 Anteocho [fo. 8'' 2] xxx. tallenta 
dédit ut obsidionem relinq/zrrct, atq//t' ut (adi i;/uidiam deme- 
ret fert//r ex reliq//a pcccunia instituise primns cenedocliia^, 

1 . MS. sportanis 

2. in marg. Cuiiis morte .ccui annus reg(ni) Sirix hnpleUis est... ad illud 
te;Hp;(5 In... Ma)chabeorum pr'imus historiam coiit'met co)i!putaniurquc a 
pn(mo) anno Cirii (regi)s Persartim uscjue (ad) ûnem primi uo(lu)minis Ma- 
cha(be)or?o« et moneiii pontifias Simônis ...ccccxxu. 

3 . leg. Sidetcs 

4. leg. xcnodochia 



The Annals of Tigernach. Firsl Fragment. 401 

qmhiis aduentutn suscipcret paupcrum et pmgrinorum. Un^^ 
et uocabulum su/;/sit. Nam cencdochiu/;/ ^ pt'rignnorum sus- 
cepdo dicititr. 

Hôc tempore pcr consuleiii Brutuiii Hispania a Romanis ob- 
tenta est. 

KKKKK. Anteoch//5 Sidites- moniiir. Cui successit Deme- 
triiis amiis .iiii. 

KKKK. Cui successit Anteoch//i', q//i et Gnphus3, an- 
nis .xii. 

KKKKKKKKKKKK. Anteochus Griph//^ 3 mor////r. Cui 
successit Anteoch//i' Cizichin//J'4 an///V .xix., q//i iecto Grippo 
Siria;/i obtenuit. Ac rurs/zi' Grip//j" siiperato Cizicino eande/;/ 
recipit. Ita ex successione regnabant inuicem adut'rsu/;/ se dé- 
minantes. 

lOhannes tenuit pontificatu/// q//artoan;/o priore annis xxuiii. 

KKKKKKK.K. Ptolomeus Fiscon5, q//i et Soter, xegnauit 
ann/jT .xuii. 

Cicero Arpini nascit//r, m^fre Heluia, pa/re aiitcui eq/(estris 
ordinis ex regio Uulscor///// gf/zcre. 

Uarro nascit//r. 

Traces Romanis subieciuntz/r. 

Hircano \n pontificatu/;/^ q//oJ ipse .xxui. an;//V tenuit, Aris- 
tobul//5 succedit ànno uno, q//i rex pariti^r et pontifex pnm//j 
ap//^/ ludeos deadematis suwpsit i/îsigne poi't cccc annos Ixxxiiii 
Babiloniix; captiuitatis, po5t c[iieni regnauit lane//^ cognom^//to 
Alaxander an//w xxuii., q//i pontificatum q/zoq//^' administ/'flîns, 
crudelissi///e [fo. 9^ i] ciuib//^ pmefuit. 

KKKKKKKKKKK. Anteoch//j Cizicin//^ obit, cui sucessit 
Pilip//5 annis duob//i". 

K. Hùc usq//5 Siria possessa^ ^er reges \ii Romana/// dicio- 
ne/// cessit. 

KKK. Aristobul//5 .uii. anno priore coepit regnare, q//i pri- 



I. leg. xenodochium (Çcvooo/sîov). 

2 MS. Stidies : leg. Sidetes (S'.ôrjxr];). 

3. MS. oriphus: leg. Grypus (rpjT^d;). 

4. leg. Cyzicenus (Ku'C'.y.rjvoç). 

5 . leg. Physcon (èûT/.wv). 

6. MS. possesia 

Revue Cellique, XVI. 29 



40 2 Whitley Stokes. 

mus reuersiis de Babilone deadema Graecix potestatis insigne 
cuDi honore pontificat//^ assumpsit. Cui successit Alaxander 
laneus, rex parit(V et pontifex, q//i rexit popiilnm annis xxuii. 

[in marg. iii///dccclxu.] K. Ptolome//j"^ q/d et Alaxander^, 
aiviis .X. 

[inmarg. sup.JEndamflcRochada an;z/5 .u. regnanh in Emain. 

Hoc tempore rethorica ars in Roma reporta est. 

Siria p^T Gabinu/n ducen; in Romanorun/ doniiniiim tmnsit 
septiiiio anno Ptolomei capto Pilippo a Gabino. 

Poeta qiiociiie Lucreîiiis nascit//r^ q//i poj'/ea sese, furore 
amatorio-, intofecit. 

KKKKK. Fiac mac Fiadclion regnauit m Emain annw .Ixu. 

[In marg. iii///dccclxx.iii.] KKKKK. Ptolome/zi' Fiscon, q//i 
a ma/re sua Cleopatra in Ciprun/ fuerat deiect//.f, regnauit annis 
uiii., qni regressus herwn regnu/n obtenuit. 

P^r idé'w tetnpiis Galln^ Rom^ retlioricam docuit. 

Primnj- tnnc Saln^tinj historiograph//5 3 nascitnr. 

[in marg.] Silla uastat Athinenses. 

KKKKKKKK. Ptoiomenj Dionissi/zi' regnauit annis xxx. 

[interlined] iii///dcccciii quia Alaxandrnw^ qni ante ewn reg- 
nabat, ob intofectiont'w ma/ris sua^ ciues pepiilerant4. 

K. Findcliad m^^c Baicci regnauit in Emain annis duohus. 

KK. Tricha rig robôi de Laignib for Heri/ïd 6thd Labraid 
Loirigsech co Cathaer Môr. 

[« Of Leinster there were thirty kings over Ireland, from 
Labraid the Exile to Cathaer the Great »]. 

Conchobur Msèl mac Fuithi regnauit vi Emain [annis] .xii. 

K. Q//into anno PtoIon/^?f/ Alaxandria uxor Alaxandri ponti- 
fiais, po5t morten/ eius regnauit ludeis annis .ix., ex q//o tem- 
pore ludeos reruni fonfussio et uariai cladés- opprcser//nt. Post 
cuinsmortem [fo. 9'' 2] Aristobui//5 et Hircanus fiiii eius inter se 
de inzpmo demicantes occassionr/n pr«fb[u]^re Romanis ut lu- 
deani inuaderent. ITaq//(; Pompent Hierusolimaw uenicns, capta 



1 . MS. Alaixander 

2. MS. furorew amatore;/? 

3 . MS. historiagr;iph«i- 

4. MS. populerant 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 403 

urbe et templo reserato, usqiie ad sanct^ sanctorum accessit. 
Aristobulu/;i uinctum secu;;; Romam abduxit. Pontificatum 
fra/ri eiits tradedit Hircano, quod ipse tenait .xxiiii. annos. 
Tnnc prinuMii Romanis gens ludeorum foc/a est tributaria, po5t 
qneiii Herodes f/l///s Antipatri Ascolonita: q//i, interïecto a se 
Hircano regnuw ludeoru///^ senat//i- a^z/sultu accepit, et q//i pn- 
miis alienigena ludeis pmefuit. 

KKKKKKKKKK. Appollodor//5 praé-ceptor Aug/ziti chrtis 
habetz/r. 

K. Cormacc mac Laidich xegnnnit \n Emai;/ an;z/j .xuiii. 

K. Cicero laude oratoria celebrat//r. 

K. Cato philosoplu/i' [H]orati//jq//t' nascunt/zr. 

K. Uirgil/zzs Maro in pago q/zi dicititr Andis haut procul 
a Mantua, nascitzzr, p^/re Scimacône figulo, maire uero Maia. 

KKK. Pompewi' uict»^ a Césare in campis .ui. Tesalicis^ in 
iEgiptu/// fugit, ihïqiie ut litiis affigit- mox iusu Ptolomei ado- 
lescentis in gratia/zz Cessaris uictoris occisszz^ est. 

KKKKKKK. Cessar Gemianos et Gallos cepit. 

KK. Brittannos quoqiie stipend[i]arios fecit. Uirgilizzj Cre- 
mon^e studiis erudit//r. 

[in marg. iii/zzdccccxxu] K. Cleopatra soror Ptolomei reg- 
nauit annis diiohiis [in marg. uel xxii] tanttmi. 

K. Regnum Graecoruw defecit. 



[fo. 9*" i] INcipit regnu;;z Romanorzz/zz^ qiioJ pzrmanebit usqiie 
in finc;z/ szvt^czzli. 

K. Tertio anno regni Cleopatnxi lulizz^ Cessar, q/zi Cleopa- 
tram uiolauit, p/-imzzi' Romanorzz/// singulare obtenuit iznpe- 
riuiH, a qwo Romanor/zzn principes Cessares apellati s/znt. 

Mochta mac Murchorad regnaitit in Emahi awiis iii. 

K. Cessar a caeso ^ mero maoris dictus est. 

K. Cassius, .i. dux Romdnz/i"^ ludea capta tewpluz/z Hieru- 



sal^nz spoliauit. 



1 . MS. tesalicif 

2. MS. ac cesso 



404 Whitley Siokes. 

K. Euchu mac Dare regnauit \n Emain an;//V .iii. 

Oïosiiis : Cessar, postq//rtf/;z orbe;;/, domuit t'/ Po/;/peu?;î uicit, 
Roma/;^ redit : ibi, àmn rei puplica; statum contra exe;;/pla 
maior;/?;/ cltTaenicr i;;staurat, auctorib//j' Bruto et Cassio, 
consà.0 etiaiii plurimo senatu, po^t .iiii. annos et .ui. menses 
monarchia? suas, in cûria .xx. et iii, uulnerib//^ a suis coiiïosus 
intcrh. In rcniuratione conim eu;;; fuisse ampli//^ (\iiam .Ix. 
rc;;scios fer//;;t, duo, scilicet, Brùti et Gai/zi- Cassi//^ aliique^ 
(\iiam plurimi. C/////S cornus w Voro fragmf;;tis tribunaliu;;; ac 
subsellior//w crematu?;; est. Ab hinc i;;;pf;-atores. 

[in marg. iiiwdcccdxui.] K. Anno ab Urbe fo;îdita .dccx. 
i/;/^/'fecto Iulio Cessare Octanian/zj-, q;/i testam^^to lulii Ces- 
saris auunculi sui et hereditate;;; et nomen asumpserat, quiqne 
poj'tea reriini potit;/i Augiistiis est d\ctns^ regnauit annis quin- 
q//aginti sex r/ mmsib;;j .ui. et dieb;/i xii, q//or//;;z .xu. uiuente 
Cleopatra q/;adragenti uero et unum po5tea uixit annos. A q/;o 
Augiisti reges Rômanor//w apellati sunt. Qjn statwi ordi;;at/;i- 
quinque bella ciuilia gessit, Muti;;ense5, Pilipense^, P^rusi- 
nuw -f, Siculu;;;^, Actiac//;;/4 : e c^itihiis duo, hoc est, p;imum ac 
nouissimu;;; aduo'sus Marc//;;; Antoniu;;;^ seciinduni aduevsus^ 
Brùtuw et Cassiu;;/, ierûnni adu(TS//j Luciu;;/ Antoniu;;;, q//ar- 
tum [fo. 9'' 2] adutTs/zi- Scxtu;// Po;;;peu;;/ Pompei Gnei f/l///m 
rc>;/fécit. 

KK, Echu Sdlbude mac Loch regnauit in Emain :mnis .iii. 

KKK. Fergus mac Leti, q//i fonflixit conir-x bestiam hi Loch 
Rudraige7 et ibi deniers//^ est, regnauit m Emai;; an?//j .xii. 

KKKKK. Natiuitas Conculainn maie Soaitai;;/. 

[« Birth of Cûchulamn son of Soaitam »] 

Undecimo anno Aug;/i'ti, déficiente in ludea pontificatu, 
Herodes, n/7;/i ad ca;;/ pdTti//ens, utpote Antipatri Ascolonitœ 

1 . MS. aliiqui 

2. MS. octouian/(5 
3 . .i. campus 

4 . campus 

5 . i«sola 

6. MS. aducrsuws 

7. « in Loch Rudraigi », now Dundrum Bay. See the story, Ancient 
Latvs, I, 64, 70-74. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 405 

et Cipriadis (.i. matris) Arabicas f/lms, ^ostquam occidit Hir- 
canuiii pontifice/;i^ a Romanis s//5cepit imp^îrium ludeoru///^ 
quod tenuit annis xxxui. Qjn ne ignobilis forte et a ludeor uni 
semi/7e argueret//r extrane//5, co)iihussit libres onines q/nb//s no- 
bilitas gentis ludeœ in te;//pio reseruabat/^r asscripta. 

Hâcten/zj q//i uocabant//r Lagidœ^ in yEgipto regnaiierunt A. 
annis .ccxcu. 

INsuper eûaiii ut sobole/// sua/// regio illor///// generi Herodes 
<:o///misceret, proiecta Doside femina Hierusolmitana, qiiam 
p/'iuat//5 accepg/'at uxoreni, et nato ex ea f/l/o Antipatro sociat 
sibi Miriam//^ f/I/'am Alaxandri^, neptem Aristoboli fra^ris Hir- 
cani, q//i ante cuin rexerat ludeos. Hacc qiiinquc ei f/l/os genuit, 
quonxm duos, AIaxandru//i et Aristobolu///^ ipse necauit m Sa- 
maria. Nec mora QÛam pojt ma^rem illor //w q//a nihil cari/^j 
nouerat, p^remit. E q//ib//j" Aristobulus Herode/// ex BtTonice 
s//^cepfrat f/l///m o^iicni m Actib//i" Apoj'tuloru/// ab angelo ^er~ 
cussum legim/zx. 

KKKK. Marc//5 Antoni//i Niger uict//.ç- ab Augiisto iii 
Alaxandria sese p/'op/ia manu i///6'/'fecit, et Cleopat/'a uxor eiiis 
serpentis morsu i// sinist/'a tacta exanimata est. 

H.ÔC anno cepit regnare i;/ Emai// Conchobor mac Nessa, q'/i 
régnai lit annis .Ix. 

Rorannad Hériu idrsi// hi côic, iar n-ârcai/î [fo. 10^ i] Coii- 
are Môir maie Etarsceôil hi niBrudin Dd Dergga, et/V Co//cho- 
bur mac Nessa ociis Co'nyre Nia fer 7 Tigernach Tétbannach 
7 Dedad m^i: Sin 7 Ailill mar Mâgag. 

ISiw tsechtmad hliadaiii iar ndith Co//airi ro^ab Lus^aid Reo- 
derg rigi. 

[« Thereafter Ireland was parted into five, after the slaugh- 
ter of Conare the Great, son of Etarscél, in the Hostel of Da 
Derga, among Conchobar son of Nessa, and Cairbre Nia fer, 
and Tigernach Tétbannach, and Dedad son of Sen, and Ailill 
son of Mâga. 

In the seventh year after the destruction of Conare, Lugaid 
Redstripe seized the sovranty. »] 



1 . MS. Uigidiae 

2. MS. Alanxandri 



4o6 Whitley Stokes. 

KKKKKKKKKKKKKK. Maria mater Doiiiim nata est. 

KKKK. Slogad Tana bo Cûalngi. 

[« the Expédition ofthe Driving of the Kine of Cualnge »]. 

Uirgili//^ Maro in Brundissi[o] .lii. c-etatis sua^annc» mort[u]//5 
est. Ciiiiis ossa iii Neapoli ^ humata s//nt, hôc epitaphio, qiiod 
ipse an^^ morte/;; sua/;/ dictauc;'at, tumulo eiiis superposho : 

Mantua me genuit, Calabri ^ rapuere, tenet niinc 
Parthinope. cecini pascua3, rura4, duces 5. 

KKKKKKK. Finit q//inta ai'tas mundi ro;;ti?;ens a.nnos 
.d.lxxxix. INcipit sexta mundi œtas ab L/carnatione Chrisii 
usqiie ad die;;; iudicii. Beda boat breuitfr sequentia haec. 

Sexta mundi a;tas nulla generatione ne! sirie tcmporum certa, 
sed ut aîtas decrepita ipsa totins saecitlï morte consumanda. 

Cétna hlhdain tossaich ôigtathcuir is hi sein in hïiadain ria 
gen Crîst. BYiadain tanaisse iiiimorro de nôidécdu hi rogenair. 

[« The first year of the beginning of the cycle, that is the 
year before Christ's Nativity. (It was), however, the second 
year ofthe decennoval in which he was born »]. 

[in marg. iii;;;dcccchi] K. Ab initio mundi u;;;cxc iuxta .Ixx. 
I«/^rpretes. 5"^^//;^^//;;; u^;'o Ebreica;;; umtatem, iii;;zdcccclu. Ab 
Urbe uero ro;;dita anno .dcchi. Anno quoc[ue i;;;pmi Cessaris 
Aug/mi xlii. Anno s^^;//;do decinoucnal/i- et uii. feria lesus 
Christiis F;l///s D^i scxtMii mundi :\;tate;;; suo aduentu consQ- 
crauit. 

Beda ait : Anno Cessaris Aug;/i'ti .xHi. A morte uero Cleo- 
patrai- <;/ Antonii qiiando et JEgiptiisiu p;'oui;/cia;;; ue^rsa^j^ anno 
xxuii. 01i;;;piadis centissi;;;i\; .Ixxxxiiii. anno tertio. Ab Urbe 
aiiteiii condiia anno .dccHi .i. eo anno q//o co;;;presis cuncta- 
l'iiii! per orbe;;; len-.c gentiu;;; motib//^ firmissima;;; uerissi- 
ma;;;q;/t' pace;;; ordi/zatione [fo. 10^2] Dd Cessar aw/possuit, 
lesus Christ us Filins Dt'i sexta;;; mundi œtatc;;; (rc5;z)secrauit 
aduentu .i. 



1 . MS. necapoli 

2. MS. calubri 

3 . .i. Bocolica 

4. .i. Gcorgica 

5 . .i. libr«;« ^Enedsc 



The Annals of Tigernach Firsi Fragment. 407 

K. Mors Coiichuhind fortissimi herois Scottor///;/ la Lugaid 
mac tri co?i (.i. ri M/////an) 7 la Ercc (.i. ri Te;;/rach) mac 
Coirpri Niad fir 7 la tri maccu Calattin de Cho;znachtaib. Uii. 
mhliadna a des 'mtan rogab gaisced .xuii. mhliadna dano a aes 
i/îtan riibôi i«degaid Tdna bô Cudilge, xxiiii. hlhdna iiuuiorro 
a aes i«tan atbath. 

[« The death of Cûchulainn the bravest hero of the Irish, 
by Lugaid son of Three Hounds, king of Munster, and by 
Ere King of Tara, son of Carbre Nid fer, and by the three 
sons of Calatin of Connaught. Seven years was his âge when 
lie assumed arms^ seventeen was his âge when he followed the 
Driving of the Kine of Cualnge, but twenty-seven years was 
his âge when he died. »] 

in marg.] Mors Emiri uxoris ConcnX^md. 

in marg.] Mors Eirc m.aic Corpri rig Te;/a-ach 7 Lugdach 
maie Como'i la CoiidW. Qrnach, 7 i//riud cet/;n coiced n-Erenn 
la secht Maim o Ultaib. 

[« The death of Ere son of Carbre king of Tara and of 
Lugaid son of Cû-roi by Conall Cernach, and the invasion of 
the four fifths of Ireland by the seven Maines of Ulster. »] 

Kii. Kiii. Ku. Kui. Anno i;;/p6'ni Aug//^ti .xluii. Herodes 
moriiiir. Hic eniin igné exinnsecns urehatiir, inînnsecus qiioqne 
uasto iwcendio, i/^explebilis auiditas cibi ^ Oui ne corp//jr dus 
putridi;îe corruptu/;/, febris magna, prurigo i/ztoUerabilis, colli 
dolor, pedu/;/ tumor. Poj'tea oleo ïniis, oculi ciiis soluti s//;/t, 
Disp^yans aiitein oinnes primarios et nobiles plebis ad se coUegi 
iubet et in une loco recludi. Qjn eu/;/ collecti s////t ait sorori 
suas : Nôui ludeos de mea morte gauissuros, et ideo, ut ha- 
bea/// lugentes ciiiii spiritu/// exalautvo, oiiines i///6';'ficite. Igitur 
ïilns suis .iii. a se ^nte necatis ^ cultru/// poscit ut pomu/// 
more solito purgaret, ipse eleuans in se dextera/// sua//^ obit. 

Beda ait : Herodes morbo i«/ercutis aquie et scatentib//j toto 
corpore Mermihus miserabilittT sed digne morit//r. 

K. uii. Kïchelai'is f/l///s Herodis regnaititannis Àx. id estusqiic 
ad ûnctn Aug//Jti. 



1. MS. ciui 

2. sic. kg. antcuocatis ? 



4o8 Whiiley Stokes. 

K. i. K iii. K. iiii. K. u. K. ni. K. i. INitiu/;2 indictionis. 
[IiUcrliiicd] Ab initio mundi iiixta .Ixx. Interpreium, .wnccx. 
seciindiiiiiEus^hii uentateni .iii///.dcccclxi. Ab Incarnatione u^ro 
an;// .x. 

K. iii. Octauian//j-^ mort[u]//j est \n Ca///pania, an/z/V .lui. 
m6'//sibus .ui. d dieb//j- xii. regnaiis. 

Archek//j f/l///s Herodis mort[u]//^ est. Cui successer?//2t .iiii. 
ïratres eiiis, Herodes [fo. lo'' i] tetrarcha et Pilipp//j- 1'.' Lissias 
et Antipatfr. 

inmarg. iii/;/dcccclxxx.ix.]K iiii. Txheniis Ulitis Augiisn, iiel 
magis priuigntis- dus, hoc est Libia^ uxoris élus (iiiits ex sitpe- 
riore genitus con'mge, regmiiit aniiis .xxiii. 

K. uii. Herodes tetrarcha ludeis iniperat, a q//o lohannes 
Babtiza décollât//^ est m Macheruntha oppido, et sub q//o Icsiis 
Chnstiis crucifix//.^ est. Ac Iacob//j Zebedeiabeo decollatus est. 

Kuii. Ki. Ab initio mundi iuxta Ixx Inter^^retts .u/nccxx. 
scciinâitm atitem Ehxeos iiimdcccclxxi. 

Kii. Ab Incarnatione .xx. Herodes tetrarca, q//i regnaint an- 
nis xxiiii., m honorew Tibmi et ma/ris eius lÀhm Tibmadem 
et Libiadem rc);zdedit. 

Kiiii. Ku. Kui. Co;/chobur \\\ac Nessa m uiii. -àwio T'ihem 
q/deuisse àicitur. 

Kuii. Kii. Kiii. Kiiii dcccclxxxx] Dttodeciiiio anno regni Ti- 
bc/'ii Vonûus VWmhs \n ludea/// miss//5 est. 

Ku. Kui. Ki [in marg. iii///dcccclxxx] .i. Anno .xu. Tibc/ii 
Ccssaris ab lohanne Babtiza lesns Chrisiiis babtizat//j est in 
Ennon iuxta Salem. 

Hoc tempore Cbristiis elegit apostulos xii. 

Ab initio mundi seciindiiiii Ehreos pcractis (.ni m. iiel iiii /;/., 
ut Eusebi//i ait), iuxta. aiiteni \xx. u/;/ccxxxii. Ab Incarnatione 
qiioqiie xxx., q//o tempore I[o]han«gj babtiza occis//5 est. 

Kii. Eusebi//.f ait q;iiod .xui. an;/o Tibmi principiu;;/ tuerit 
.Ixxxi. mbelii seciindiiiii Ehreos. quare autein^ nostra supputatio 



1 . MS. octouianMi 

2. MS. picmgnus 

5. sic. lîcda, VI, 191, li, Rawl. B. j02. h". Rawl. B, 48.3. 



The Aniidls of Tlgernach. First Fragment. 409 

un^cLiigenti min//j ponendas ^ estimau^rit annos facile q/a sn- 
penori hiiiiis libelli legerit i/zueniet. 

lUxta ucro Cronica/// Eusebii eadeui qiiae ipse de utraq//t' edi- 
tione ut sibi uidebatz/r rti/z/possuit anni suiit u/;/ccxxuiii. 

Kiii. Ku. Anno .xuiii. Tibt'rii Cessaris ïesits Christits crucifix//^ 
est anno .xxxiii. œtatis su^e eu/;/ semesse anni. uel xxx.iiii., ut 
Eusebio placet, q//i xiiii luna t/'aditus est et .u. feria, xu. au- 
tetn luna et ui. feria pass//i. xuii-'' aiiteiii luna die dominica re- 
surrexit .ui. //cl .uiii kl. Apr'ûis. 

Agrippa cognommto Herodes f/l///s Aristobuli f/T/'i Herodis 
régis acc//Jsator Herodis [fo. 10'' 2] tet/'archas, Roma?;/ pro- 
kctns a Tibmo in ui/îcula conieckur. Ubi plurimos sibi ass- 
ciuit ad amicitia/;/ et maxime Germanici f/lf//m Gaiu/;z. 

Kui. Hoc anno .xix. ut alii aiunt, Christ lis crucifix//^ est. 

Madat cethri hliadna trichât beite i n-âis Christ is for .xii. 
kl. Ap; // xiiii. luna pasciu. Madat tri .xxx. col-leith imiiiorro 
na///ma is for ochtkl. Apr/7 in cessad 7 for sexkl. ind eiseirge, 
quod a multis auctorib//j ro;/stat esse uulgatu/;/. Hic est nunienis 
ab initio i//d ôigthathchuir co cessad Crist dlxui.xu. luna. Cru- 
cifix//^ est .ui. feria, uiii kl. apr/7. Pr/ma feria resurrexit, hi 
sexkl. april, hi sechtmaid dec escai. Non sic aiitein in ciclo 
Dionissi i;/uenies. 

[« If it is 34 years that are in Christ's âge, (the Passion) is 
on the I2th of the kalends of April, the I4th of the paschal 
moon. If however it is only 33 1/2 years, the Passion is on 
the 8th of the Kalends of April and the Résurrection is on the 
6th of the Kalends, qitod, etc. This is the number from the 
beginning of the complète cycle to Christ's Passion, 566. On 
the I5th of the moon he was crucified, on a Friday, the 8th 
of the kalends of April. On a Sunday he arose, on the 6th of 
the kalends of April, on the lyth day of the moon. Non 
sic, etc. »] 

Hoc anno Maria mater Doniin'i q//ieuisse .xlui. ;i;tatis sux 
iiniio asserit//r^ iiel^ ut ali[i] aiunt, seq//t'nte anno. 

IAcob//j- lustus eçiscopiis oiclessiiii Hierusolimor///;/ ordi//at//r 
ab apostulis. 

I . sic: leg. ponendos, as iii Rawl. B, 488. 



410 Whitley Stokes. 

Conchohur mac Nessa obiit, cuisucessitf/l///S6'///5 Causcraid, 
qui regnauit in Emain annis trib//^. 

Cath Artig (or coiced n-Olnecmacht la C//5craid mac Conco- 
hair. Cz/jcraid obit la M^c cecht. Mac cecht do thuitim foche- 
toir la Cowall Q/'nach ic Crannaig }Aaic céclit. Glasni mac 
Conch-ohair .ix. a«nis regnauit. 

[« The baitle of Artech gained over the province of Con- 
naught by Cuscraid son of Conchobar. Cuscraid died by the 
hand of Mac Cecht. Mac Cecht fell at once by the hand of 
Conall Cernach at Crannach Maie Cecht. Giasne son of Con- 
chobar reigned for nine years »]. 

Kuii. Ki. Kiii. Kiiii. Tibt'rius ambiguis ueneni signis oblt. 

Ku. Gai//5 Callicola^ regnaitit annis .iiii. ^ non plenis, utOro- 
siiis. Ho;;/t) o/;//ziuw flagitiossissim//j, q//i dixit : Utina//i popu- 
lits unam ceruice;;^ hab^ret ! In c/////s secreto pojt morte;» eius 
duo libelli rept'rti siint, qiiorwn altfri pugio, altt'ri gladi//i pro 
signo nowfnis ascriptum est. Et in eodem secreto inuenta est 
ingens arca uarior///;/ xienenoviiin, qiiae iubente Céssare Claudio 
in mare efF//5sa i;zgens strages pisciu;» pcr proxi;?ni litora 
inuenta est. 

Gains Agrippam Herode/u amic///;i snuni uinculis libfratuw 
regew lud-x fecit, q/n pcrmansit in regno annis .uii. id est usque 
ad .iiii. Claudii annu/y/, q//o ab anguelo pt'rc//j-so successit in 
vegnum îilins eius Agrippa, et usque ad ext^/'min[i]u?« [fo. 1 1'' i] 
Iudeor//w^ id est xxui. annis, p^rseu^rault. Herodes Tetrarchaî 
et ipse Gai amicitiam petens4, cogente Herodiade, Roma;;/ 
uenit, sed âccnssatus ab Agrippa, etiani tetrarchiam perdedit, 
fugiensq?/^ in Hispania/» cnni Herodiade ibi pmt. 

Mathe//i- euangeUum scripsit in ludea in tempore Gai, q//i 
po5tea mort[u]//^ est in Macidonia, uel, ut aUi aiunt, in Fersi- 
dia, sed uerius in Ethiopia occissw^ est. 

Ab i»itio mundi iuxta Ixx.ii I»/t'rprt'tes .u;;;ccl., seciinduni 
ucro Ehreos iii/;/.dccccxci. 



1 . leg. Caligula. 

2. iiel .m. ueJ .uii. annis, mez/sibus x. diebus uiii, ut Bcda ait. 

3 . MS. detrarclia 

4. MS. ad amicitiam pcrJens 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 41 1 

Kui. Gains statua/// louis i// te///plo Hierusak/// sub noiiiine 
suo poni ii'isit. 

Pilat//i' q//i sententia//^ da///nationis bi Cbristum dixerat, 
tantis irrogante^ Gaio angorib//^ coartat//j [est,] ut se sua 
manu i/î/^rfecerat. 

Ki. Gaius a protectorib/^^ suis interfectus est. 

iiii/// uiiii m^/?ses uii dies. Kii. Chudius regnanit an;//"jxxuiii 
(ue\ xuiii, ut Orosins^, q//i xxx.u. senatores et .ccc. équités 
Romanos mi//imis causis mteïïecw.. 

Kiii. Petr//j c///w Anteochenaw œclma/// fundasset ad expug- 
nandu/// Simone/// Magu/// Roma/// uenit, ibiq//g .xxu. annis 
episcopale//î cathedra/// tenuit us^^''^'^'^ ultimu///Neronis annu///. 

Iriél Glùnmar mac CoiixvW Chernaig regnanit in Emain an- 
nis xl. 

[« Iriei Big-Knee son of Conall Cernach reigned in Emain 
40 years. »] 

Kiiii. Togail Bruidne da B^/-ga (ut alii aiunt, sed cène fal- 
luntitr) (or Comme Môr. 

[« The destruction of the Hostel of Da Berga on Conaire 
the Great. »] 

Kui. Qjta.no anno Claudi famés g/'auissi///a, c/////s mem///it 
Lucas 2, fflc/a est. 

Claudi //i- iiii. anno regni sui Brittania/// adit, qiiani neqiie 
ante luliu/// Cessare/// nec poj-t eu/// quisq//a/// atti//gere aussiis 
erat, sm^ ullo prael'io ac sangine i«t/'a paucissi///os dies pluri- 
mani insoL^e parte/;/ in dedition^?// recepit. Orcadas etiani inso- 
las Ro;//ano adiecit impe/io, ac sexto ^osiquam profect//j erat 
mensc Romam redit. 

Kuii. Marc//5 in ItaHa euangehu/// sc/'ipsit (.i. in Roma sin- 
gularité'/% ut Beda ait), q//i pcjtea a Petro ad Alaxandriaw 
mis//5 est, ibiq//c episcopns ordinat//? est. 

Ki. Kii. Kiii. Lugaid Réoderg mac na tri Find n-Emna re- 
gnanit in Temoria an///5 xxui. Tricha rig do Leith Chui//d 
ôthd [fo. ir' 2] Lugaid co Diarmait mac Cerbaill. 

[« Lugaid Red-stripe, son of tiie three Finds of Emain, rei- 



1 . MS. arrogantise 

2. Acts, XI, 28. 



41 2 IVhitley Stokes. 

gned in Tara twenty-six years. Thirty-six kings from Conn's 
Half (reigned in Tara) from Lugaid to Diarmait son of 
Cerball ».] 

Ciaudi//J Roma expulit ludeôs tu/nul[tu]antes. 

Kui. Famés in Roma. 

Kii. Kiii. Claudi//i manifestis ueneni signis obit. iii;;/xxii. 
ue\ xiii annis meuslhus .uii. dicbiis .xxuiii. ne! xiii annis non ple- 
nis, ut Orosiiis. 

Kiiii. Nero iii re militari nibiloinnino aussns Brittania/;; 
[pêne] a7;/isit. Na;/? duo oppida nobilisi?//a illic sub eo capta 
CLtque (eu^rsa s//;;t). 

Nero régna iiit annis xui., q//i prim//5 i;;/p^rator Chn'stvànos 
perseciniis est. Qji'i fuit tr^nsgrfjsor sceleru/// auunculi sui Gai 
Callicolx^^ Nain matrem sua/;/ et sorores suas et o/;///es cogna- 
tas et arnicas suas pulluit. Uir///// in uxore;// duxit, ipse a uiro 
ut uxor accept//j est. Q//i etiani [nunquam] min//^ mille car- 
rucis - fcwfecisse itfr vadiîiir. Qjii calidis ac frigidis ungentis 
lauaret//r. Q.//i reûhns aureis qiiae lineis trahcbant//r purpu- 
reis 3 piscaret/zr. Deniq//t' urbis Romai incendiu/;/ uoluntatis 
su;^ spectaculum fecit. Ver sex dies septeniqiie noctes ardens 
ciuitas regios pauit aspect//^. 0;;/;/iu/// pêne senatoru/;/ diuitias 
igné ereptas uiolentcr rapuit. Q//i po5t o;//7zia scelera beatis- 
simos Christ! apostulos ob magi Simonis nece?ii, a demonibwj 
ab apostulis in nomine Christï adiuratis, ab aère dimisi et In 
.iiii. partes corpore in terra diuissi. [Qui] per Agrippam prae- 
fectu;;/ Petru/// cruce, Paulu;// gladio occidit, 

Ku. Secundo anno Neronis Fest//^ ludex- p/-ocurator sucessit 
Fclici, a q//o Paul^^i' Roma/// ui//ct//5 mittit///'^ et biennium in 
libéra c/zitodia manens: po^t haec ad p/vTfdicandu/// demittit//r, 
necduni Nerone in tanta scelera q//anta de eo narrant historié 
erwwpente. Festo magistratui ludeaj succedit Albin//5^ Albino 
Vlorus^ ciiiiis luxoriam et auaritia/// cetc;'aq//t' flagitia ludei non 
ferentes, contra Romanos rebellauer/////. Adut'rs//5 q«os Ues- 
pesian//^ magist^/' militia.^ missiis plurimas urbes ludex- cepit. 



1 . i. e. Caligulue 

2. .i. o charptib 1. o charraib c of chariots or of cars ». 

3. purpurcis funibus extrahcbantur, Orosius, VII, 7. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 41 5 

[fo. II*»!] Kuii. Ki. Kii. Kiii. Ab i//itio mundi .uwcclxiii. 
iuxta .Ixx. I;;/^rprgtes, scciindum nero Ebr^o; iiiiyy/xiiii. Ab \n- 
carfiatione .Ixiii. 

Ku. Kui. Maria Magdalena moritur. 

Kuii. lAcobwj îratcrDoniim, cumxxx an«?VHierusoiimor//m 
rexisset oeclesiam, lapidatwr a ludeis, qui de pi«na tewpli iprae- 
cipitatus ïiiste fullonis in caput percussiis interii. 

Kii. Marc//5 in Alaxandria morit//r^ cui successit Annian//i' 
annis .xxii. 

Kiii. Verseus poeta moritwr. 

Kiiii. Nero lohannt'ui apos///////// in doleu///, ftTuez/tis olei mis- 
sit, ut TertuVhxnus air, q//i inde purior et uigetior exierat 
qiiain iwtroierat. 

Tomaidiw Locha Rib ma/c Maireda dar Mag n-Airbthen. 

Tomaidi;/; Liimiui^e tar Liathmuine, edôn Locha Echach 
aitt doliégad silnDubthaich Doeltengad acht Curcufôche na/;/ma 
conihraûiair side in Dubthach do Fergus mac Roaig. 

[« The outbreak of the lake of Rib son of Mairid, over Mag 
Airbthen. 

The outbreak of Linn-mùne (« stagnum mictus ») over 
Liath-muine, to wit, of Lough Neagh, in a place where the 
seed of Dubthach Chafertongue, save only tlie Corcu-foche, 
was overwhelmed. This Dubthach was a comrade of Fergus 
son of Roach »]. 

Ku. Kuii. Ki. Lucanns (.i. poeta) ac Seneca (.i. p/Tceptor 
Nerônis) interficimitur Ç.i. a Nero/ze). 

Kii. Nero ignominiosse fugiens a senatu ad q//artu/// ab Urbe 
kipidem sesé ipse interïécit. 

Hoc awio Petr//j et Pauh/j a Nerone anteaqwr//// semet ipsuw 
interûceret occissi s/^;/t. 

Linns papa .ii. annis. 

Kii. Galua cixni Pissône adoptiuo f/l/o regnauit .uii. me?isi- 
hus, qui ab Othone i///^rfecti SM;;t. 

Othôn .iii. mensihns, qui semet ipsu;n interîecit. 

Uitelh/zj- .uiii. mensihns, qui fuit uorator cibi ^, q//i a senatu 



I . MS. ciui 



4 14 Whitley Stokes. 

excarnificat//^ crebris conipuncùomhus et unco tractus m Ti- 
herim misus caruit sepultz^ra. 

Euodi;/5^ episcopus po5t Petr//;;; xxiii anuis, in Antecchia 
msrrr. [ia marg. xxxi]. 

Uespesian//Tc»j»Tito f/l/o suo regnauit an;nj .ix. mensihus 
,xi. dlébus xxii. H;V apioi iudeaw imp^rator ab exercitu appel- 
latMJ et bellu?;; Tito f/l/o suo commatà^niSy Roma;n ^er Alaxan- 
àùd^m proficiscitMr, ojà secundo anno rudeae regnuw suburrtit. 
Te/;;plum solo strauit po^t annos primœ xdihcationis eius mille 
.ixxxix. Consutnmiitum est hoc belluw a.h7iis .iiii., duob«i qui- 
deni Nerone uiuente et duobwj' aliis poi"tea. 

Uespessianus [fo. 1 1'' 2] inter alla magnor///;; operum hcta. in 
priuata adhuc uita iii Germaniaw^ deinde et Brittaniaw a 
Claudio miss//5 tric[i]es et bis ciini hoste conûlxlt, duas uali- 
dissi;;/as genres .xx. oppida, i?/solam Uecta;;/ Brittani.'e proxi- 
ma;;/ Romano adiecit i/;/pt'no. Coloss//j erigit//r habens altitu- 
di/;es .cuii. pedes. 

Kiii. Hôc anno ui?idicta crucis a Uespisiano et Tito f/l/o 
eius, postquani enim Uespessian//^ Rôma;;/ reuersns est, Titus îilius 
eius ciuitate/M Hierusale/;/ expugnauit. Te;;/.plu;;i solô strauit. 
Regnu;;/. ludeor///;/ subufrtit. Ubi undecies centum milia capta 
esse et ducta Euseppw^ ^ p^rhibet. 

Ku. Anencletwi^ papa anmV .xx. 

Kui. Kuu. Ki. Ab initio mundi .umcclxxix iuxta .Ixx. secun- 
dum wero ^hreos iiiiwxxx. Ab lnc2Ln\^tione autem Ixxui. 

Lugaid Réo derg occissMj est ôna trib Rûadchennaib (.i. de 
Laignib). Nô co/nmad hu claideb dodoléced ^o;m-abbad de cho- 
maid a mnd .i. Deirbe forgaill, nodechsad. 

[« Lugaid Red-stripe was slain by the three Red-heads of 
Leinster, Or it may be that he betook himself to (his own) 
sword and died of grief for his wife, Derb forgaill, who had 
gone. »] 

Kiii. Cre;/ithann Nia Ndir regnauit annis .xiii. 

Kiiii. Andréas crucifix//5 est in Patras ciuitate .i. Achai^, 
ab Egia (.i. proconsule) . 



1 . leg. losephus 

2. IcR. Anudetus 



The Annals of Tigernach. First Sid^nent. 41 5 

Ku. Uespesianw^ m uilla pro/)ria circa Sabinos pmftmiio 
uentris mort[u]Mi" est. 

Pilipzu \n Hierapoli dmtate Frigiœ crucifixï/i et lapidatw^ est. 

[in marg. iiii/;/xl] .Kui. Tiius filins Uespesiani regnaiiit pojt 
^atrem suudi annis .ii. ac mens'ihiis .ii. Iste m utraque lifzga 
tanto facundissimw^ exstetit ut causas latine égerit, poemata et 
tragoedias graece co/;/poneret. Tanto autem bellicosissim/a ^ 
fuit ut in expugnatione Hierusolimor/^//^ .xii. propugnatores 
.xii. sagittarz/;» conîoderet ictib//j. Porro bi hnpeno tantse bo- 
nitatis fuit ut nullu;« omnino puniret, sed conmnctos aduersuni 
se <:oniuratione demitteret, atqw^ in eade/n famili[a]ntate quain 
anfea habuerat reteneret. Huius enam inter oiiinh [fo. 12^ i] fuit 
iilud célèbre d'icîuni, pcrdedisse diem q//a n//;/l boni faceret. 

Ki. Tit//j^ segregatis a numéro principuw^ Othone et Vi- 
tellio, in c/////s te/npore Babi//j3 mons prcfudit incendia, 
quae uiciwas regiones cutn urbibwj" honihiibus deleuer//nt, cufii 
ingenti oinmnm iuctu in eade/n uilla qwa ^ater eiiis périt morbo 
abs//n/pt/^j est. Qui fuit uir omnium uirtutu/n mirabilis adeo 
ut amor et dilicic-e hu/nani generis diœretur. Hic anzphithea- 
thrun? Rom^ a^dificauit et iii dedicatione eiiis .u. milia fera- 
r///n occidit. 

Kii. Domitian//i-fra/er Titi iunior regiiauit [ânnis] .xu.etmen- 
sihiis .u. Hic sectindits post Neronew Christianos persecutus est, 
sub q«o lohaniies apostiilus in Pathmo insola religat/zi est, et 
Flauia Domitilla, Flauii Clemt'ntis consulis ex sorore neptis*, 
in insola?n Pontiana/n ob fidei testimoniu/n exiliat//r; qni et 
ipsuni lohannen/ fertnr in feruentis olei doliunz missise, sed 
lohanwgr ta/n in/mûnis redisse [dicitur] a poenis qnctiii a cor- 
ruptione carnis manebat semper inmionis. 

Iriel Glûnmar .i. mac Qwaill Qrnaig, die dominica hi 
Seiwmiu ocdssits est o Cre///thand Nia Nair, ucl a Gallis, ut 
alii d/r//nt. 



1. MS. belliocissimzw 

2. MS. pnncipi//)« 

3. sic, leg. Vesuvius 

4. .i. donn ingi?;. gebes lasiw fersa i» tsiur (« of the daughter, whom the 
sister has by this man »). 



4i6 Whitley Stokes. 

[« Iriél Big-knee, son of Conall Cernach, was killed on a 
Sunday in Semne by Crenithand Nia Ndir, vel etc. »] 

Kiii. Fiacha Fi;zda?/mas mac Ireil Glunmair regnauit m 
Emain dieis a athar annis .xx. 

[« Fiaclia Find-amnas, son of Iriél Big-knee, reigned in 
Emain after liis father for twenty years ».] 

Kiiii. Domitian//^ multos senaiormii in exiliu/;/ misit ac ptT- 
emit. 

Kui. Domitian//^ cunctos q//i de génère Daiiid erant intcr- 
fici i//5sit, ut null//5 ludeor//;;/ ex regali origi;ze siipciccssti. 

Kuii. Abili//i" episrop/.'^ Alaxandria[e] an^zwxiii. 

Ki. Kii. Kiiii. Cre^/zthand Nia Nar mort[u]//^ est. 

Ku. Feradach Fi;/d mac Cremûiaiiid regnauit annis .xxii. 

Kui. In hôc tenipore claruit Morand mac Môin. 

Kuii. Tomas aposf/////j- in Culan'ia ïugnJatiis est. 

Kxii. Clemens discipul//^ Pétri, episcopus Romas ordinat//r 
,ix. annis. 

Bartholome//5 décollât//^ et sepult//5. 

Kiii. Ignati//5 Anteochia: episcopus annis xuii. 

Kiiii. Carpri [fo. 12^2] Cend cait .u. hliadna ro;z-ebailt. ^ 

« [Carbre Cat's head, five years till he died »]. 

Ab initio mundi .u;;/ccxc. secunduni Ixx Interprexes, secundmn 
uero Vhreos iiii«?.lxxi. Ab Incaxnatione Mcro xcui. 

K.u. Domitian//5 ab Aug/zi/t) non//i" occÀssiis est. 

K.ui. Nerua senexa^Petroniopra^'fecto "praeionoet Parthinio 
spadone Domitiani in/^rfectore m regnu;;/ ordinat//j'^ regnauit 
anno uno, et m(';/sib//.f iiii et dieb//j octo, q//i Traianu;;; sQCwni 
m regnu/;? adoptauit. Hic primo edicto > suo cunctos exules 
reuocauit. \3nde et lohannes apostulus hâc generali i/zdulgcntia 
lïheratus Ephessu;;i rediit. Et c\uia concussani se absente per 
hereticos uidit asclicsias ûdein, rogatus ab episcopis Asise, con- 
ïcsùin hanc descripta m euangelio suo ut'rbi Deï aeternitate sta- 
biliuit. 

Nerua morbo conkctus obit. 



1 . This cntry seems inserted ))iaii. rcc. 

2. MS. c 

; . MS. cdictito 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 417 

Kuii. Tra'iznus génère Hispanus regnanit .xix. annis et men- 
sihus .ui. et diebus .x. Iste Assia et Babilonia capta usque ad 
Iwdi^ fines pojt Alaxandruw accessit. 

Ki. Traianwj- ien'uis persequ'itur Christiânos. 

Kii. Cerdon prïmus episcopus Alaxandri^e annis .xii. qui fuit 
quanus ab âpostiilo. 

Kiiii. Iohan;z^5 apos//<///.f Ixxuiii. a.nno post Passionem Do- 
mini, i'etatis aiitein su^e no/zagissimo uiii. anno Effessi placida 
morte q//ieuit. 

Clem^ws papa Pétri discipultt^, apwi Cersonam ciuitatew a 
Traiano in mare demers//5 est anchora collo conligata, a cuiiis 
corpore in feria eius anniu^rsaria semper trium miliu;/^ spatio 
tribus dieb//j mare recedit, Cbn'stianis Domino ad corpus eius 
lier pr^t'bente. 

Kui. Simon Cleopa; f/l///s apostulus, ut alii aiunt, lerusoli- 
morum episcopus crucifix//^ est a Traiano, senex .cxxi. an- 
norum. 

Kuii. Kii. Fiatach Fi;?d regnanit biEmâin annis xHi. 

Kiii. Kiiii. Ku. Madian/^j apostulus interïectus est. 

Kuii. Ignaûns Anteochia; episcopus Romam perductus a 
Traiano bestis tradit//i- est, qui suadentib?/y ewn capiorihus suis 
fugere respondit [fo. 12'' i] Non. Chrisn frumentum sum^ et 
demihus hestiàrum molar-. Alaxander quoque Romana^ urbis 
episcopus martmo coronatus, et uno ab Urbe miliario uia Nu- 
memana, ubi decoUatz/i est sepelit//r. 

Plini//5 secunduSj Nouocomensis?, orator et historic//^ habe- 
tnr, cuius plurima ingenii op^ra extant. 

Ki. Pantheuwî Romœ quod Domitian//.^ fecerat fulmine 4 con- 
crematum est. cui nomen datum est inde, q^uod omniiifii deorum 
sit ipsa domus habitaculuw. 

lUdei per diuersas terrarum partes seditione;» mouentes 
digna c[a]ede st^rnunt. 

Traian//j Romani i;//perii, quod posi Augustwn defensuw 

1 . MS. suum 

2. MS. moliar 

3 . a Nouocoma cïuUatc, 1. nuathescthid [« new cutter » ? « new sha- 
ver » ?J ab aliis libris. 

4. MS. flumine 

Revue Celtique, XVI. 30 



41 8 Whitley Stokes. 

magis fuerat q/<am nobiliter^ awplificatum, fines longue Idte- 
que diffudit^. 

Kii. Feradach ¥ind Fechtnach defecit, cui successit f/lms 
suus Fiacha Fi«nfolad a.nnis .xui. 

Kui. Ab inirio mundi .umccdx secunduni Ixx, seciindum 
Ebr^oi iiiimc. Ab \nc2ixn.atione cxm. 

\usius Ahxandria episcopus annis xi. 

Kiiii. Kui. Timothi/« Pauli discipul/« q/deuit. 

Kiiii. Titus epïscopiis in Creta qwieuit. 

Ki. Trflianus apud Seleuciam Isauri^e urbem profluuio ...uen~ 
tris mort[u]us «n. 

Kii. Adrianus, consuhrinx Traiani (ilius, rQgnauit annû xxi. 
Hir per Q//adratU7?/ discipulu;;/ Apos//dor//;;;^ é'^ Aristidew Athe- 
nense;// uiru;n lide sapientiaq//6' plenu;;?^ et per Serenu?;? Gra- 
neum Legatu/u libris de Cbrisîia.n:i relegione co;7zpositis in- 
structw5^ pm^cepit per epistolam Christia.nos sine obiectu cremi- 
num non dawndri. IDem ludeos secundo rebelles ultima cœde 
perdomuit, etiam introeundi ablata eis licentia Hierusolimaw 
qMaw ipsein optiwu;?/ statu;^;i murorum exstructione reparauit, 
et Eliaw uocari de suo nomme pra^cepit. IDe?;^ eruditisim/zj m 
utraque lingua bibliothecham Athenis miri op^ris cowstruxit. 

Kiii. Elimm mac Conrach regnauit in Emai;z [fo. 12^2] 
annis x. 

Ku. Kui. Kuii. Aqz/ila Pontic//5 interpres secimàus posi Ixxii. 
habet//r. 

Ki. Kii. Eumenes Ahxandrice episcopiis anno uno et m^?zse 
unô. 

Kiiiii. Marais Alaxandria^ episcopus .xiii. annis. 

Ku. Fiacha Fi;zdfolad interkctiis est, in Teo7;/oria iiel him- 
Maig bolg ut alii aiunt, o hElimm mac Conrach À. 6 rig 
hUlad, q//i et ipse cecidit hi cath Aichle la Tuathal Techtmar 
in ui»dicta;/? patris sui. 

[« Fiacha Findfolad was slain at Tara, or, as some say, on 
Mag Bolg, by Elimm son of Connra, i. e. by the King of 



1 . MS. nouiliter 

2. MS. defudit 

3. Hère in marg. an entry beginning (F)iatach...ri Ulad. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 419 

Ulster, who himself fell in the battle of Aichle by Tuathat 
Techtmar in vengeance forj- .s father ».] 

Kui. Kuii. Ki. Tuathal Techtmar regnauit a.nnis xxx. Is dô 
cetaronasced 7 fris roiccad bôrama Lagen [artuis] [« 'Tis by him 
that the horcuna (« tribute ») of Leinster was first imposed, 
and to him it was first paid »]. 

Mal m.ac Rochride l'egnaiiit in Emain anww xxxiii. 

Kiii. Kiiii. Kii. Kui. Kuii. Kii. Ab initio mundi uwccc 
xxxuiii, seciindiini Ixx Interprètes : iuxta uero Ehreos iiiiwc.xix, 
Ab lncar)mtione .cxxxiiii. 

Kiii. Kiiii. Celadion episcopits Ahxandria annis .xiiii. 

Ku. Hierusolim^e ^rïmiis ex gentibw^ episcopus ^onstituit/»* 
Murciis, cessantib/^5 his qui fuerunt ex ludeis, qui snnt numéro 
,xu. et pnïduerant a Pasione Do//nni per annos fere .c et uii. 

Basilides heresiarches (?) agnoscitur. 

Adrianz/i Elias morbo mort[u]i/.y est. 

Kuiii. Antoni[n]//.y cognommto P'ius, cum îiXiis suis Aurelio 
et Lucio, regnauit annis .xxii. 

Ki. lustmus philosophus\ihri\mp?'o Christhna religione com- 
posituw Antoni[n]o tradedit, hemgnunique eum erga Christh- 
nos hoiniiies fecit. Q.//i ne/; longue poit, s//jcitante p^Tsecutionew 
Crescente^ Cynico {uel Canino), pro Christo sanginew fudit. 

Kii. Sulpicio Romsî episcopo Hermès scripsit libruw qui di- 
cituY Pastoris, vi quo praeceptum angueli contenetur, ut pascha 
die do;;;/nico celebraret//r. 

Kiii. Policarp//^ Roma?;/ ueniens, multos ab heretica labe 
castigauit, q//i Ualentini et Cerdonis nupcr doctrina fuerant 
corrupti. 

Kii. Antoni[n];/j ideo Vms cognomiwatz^i' est, quia in omm 
régné Romano cautionib//5 iwcensis cunctoru?» débita relaxauit. 
\}\\de 'Pater Patriœ appelldtwi' est. 

London, 17 July 1895. 

Whitley Stokes. 



I , propnum 



DEUX NOTES DU MANUSCRIT IRLANDAIS 
DE RENNES. 



M. G. Dottin m'a envoyé une copie de deux notes contenues dans le 
ms. irlandais de la bibliothèque de la ville de Rennes. L'une, fort effacée 
et peu lisible, se trouve au folio 125 verso '. Elle est datée de 1586. L'autre, 
en écriture moderne, est placée au bas du folio 25 verso 2. Voici la restitu- 
tion et la traduction que je propose pour ces deux notes 3. 

Les lettres en italique ne sont pas dans le manuscrit ou n'y sont point 
lisibles ; les lettres entre crochets sont dans le manuscrit, mais doivent être 
supprimées : 

Beânnacht Dé agiis mo hheannacbt-sâ ût [t]sealb/;adôinb/; 4 an 
leab/;a/V-si, cibé iad féin, agus go soÏYhbighidh Dia dô'ihh agus 
do'w té ag a[na] b/;fuil se anois, Conchûbhair Mac Flanncha- 
dha : mise Cown Mac Aodha agus (^go soirhhighidh D'id) do'n 
c/;aillin t//leg, agus go dtiuhhraidh Dia Uilleog Bùrc ag a bhfui- 

lim-si 'na iochair, slân ô'n ts'mbhal-Sii sios anno âomini 

7;;/lesimo quinqnagesimo (leg. qtiingentesimd) ottagesemo sexto. 

« Benedictio Dei et benedictio mea apud possessores hujus 
libri, quicumque sunt, et Deus benedicat eos et eum pênes 
quem nunc est, vidclicet Conchubiiair (Conor) Mac Flann- 
chadha (Clancy). Ego Conn Mac Aodha [Mackay]. Deus bene- 
dicat istam puellam Uilleôg (Ulick), et ducat Deus Uiileog 
Burk (Burke aut De Burgo) apud quem nunc sum, salvum ab 
iioc itinere, anno domini MDLXXXVI. 

II. 

Mairg darb sealbh siîil 

Do'n fbcruinn(?) nach bhfiiigh 
Bidh an tsiiil do sior 

Mar a mbionn an gradh. 
« Malheur à qui a un œil pour ... qu'il n'obtient pas; l'œil 
est toujours où est l'aftection. » 

Le seul mot obscur est îocruinn. 

Douglas Hyde. 

1. Cf. Revue Celtique, t. XV, p. 91, 1. 26 sq. 

2. Cf. Revue Celtique, t. XV, p. 81, 1. 28-29. 

S . J'ai communiqué à mon ami, M. Mac Néill, le texte de ces notes; il 
est d'accord avec moi sur la plupart des points. 
4 . Le ms. semble porter sealbhadorraihh. 



CONTES IRLANDAIS 

(Suite!.) 



II. 



LA MORT DES FILS D USNECH. 



I . REMARaUES GRAMMATICALES 



PHONETIQ.UE. 



1. La terminaison verbale -adhj que nous avons déjà exa- 
minée, mérite une étude spéciale ; -adb est susceptible de quatre 
prononciations différentes : 

1° -adb, -eadh se prononce ii (q) : riigadh (rôgû); ciiireadh 
(kôrû) ; doiseadh (klôsû), tôgadh (tôgû) ; kagadh (lyagu), righ- 
neadb (rinyù), ndéaniadb (nyavnç), marbbiiigbeadb (mdriw); 

2° -adb se prononce à (ô) : bàtbadb (bdhâ), dôgbadh (dç) 
bbualadb {wùolci), luarbbadb (nràrov^zi), sasad b (sâsa), gearradh 
(gydrà), sàtbadbÇsà), sleitcbtadb (s\ix/tX), criotbnugbadb (\<.v''6nu), 
moladh (môlà) ; 

3° -adb se prononce -àt, eadb se prononce )t : dtagadh si 
(ddgât si), bbfeiceadb se (vékït sç), gcosiiôfbadb si (gosnçit sç), 
bbfagadb se (wât sç) ; innscadb se (insït sç), dtoigfeadb se (dçkït 
sç), dtinbbradb se (dyùrït sç), ngcarradb siad (nydrad sied) ; 

I, Cf. Revue Celtique, t. XIV, p. 1 13-13 1. 



42 2 G. Dottin. 

4° adh se prononce ày : dtagadh (dàgayî), thiocfadh (xûkày), 
gheobhadh (yôfà-/), bhuaileadh (wuilà-/), chosnôchadh (^ypswQy =^ 
XOsnQ/â'/), choinneôchadh (yônyo-/ =■ yônyoyây). 

Dans la terminaison -aidh, -idh, le dh est toujours muet : 
deunfaidh (diâna), gcloisfidh siad (glise siâd), bhfaghaidh (wa), 
bhfaghaidh se (wâi sç), iagaigîdh (tâgagi), tôgaigidh (tôgàgi), 
geobhaidh (yôfâ), thibhraidh (tyûnï), tiocfaidh (tôka), reidhteô- 
chaidh (rçtyç), foillseôchaidh (fwilsç), feicfidb (vçki), caithfidh 
(kâ), chnirfidh (ywirï), chosnôchaidh (yosno), rachaidh (rdyâ), 
bhfiiighidh (\\'i), feuchfaidh (féâya). 

Comme on le voit, les divers sons de -adh ont été répartis 
dans des fonctions différentes : adh, terminaison de l'imparfait 
' et du conditionnel actifs, se prononce at quand il est suivi des 
pronoms personnels de la troisième personne se, si, siad, et ay 
dans tout autre cas ; adh, terminaison de l'infinitif, se prononce 
à ; adh, terminaison du passif, se prononce u. 

Il est étrange, si la prononciation ai de adh est ancienne, 
que le changement de dh en t devant s ne se soit pas produit 
également pour la désidence -idh, or, on dit luâi se (bhfaghaidh 
se), mais luât se (bhfaghadh se). 

2. La dentale du passif est / au lieu de th après g dans 
leigtear, leigti (à côté de leigthi). 



DECLINAISON. 

1. Le nominatif et l'accusatif sont toujours confondus en 
irlandais moderne. Pour l'expression commune de ces deux 
cas, tantôt l'ancien nominatif, tantôt l'ancien accusatif a pré- 
valu. 

2. Génitif. La désinence du génitif est conservée dans les 
mots suivants : 

A. Anciens thèmes en -o : dliglndh, leinbl), Uisnigh, Manan- 
nàin, dinnéir, ainn, cuain. 

B. Anciens thèmes en -à: vinà, chiche, lâiiiihe, deise, nieire 
(pour meôif-), tiagha. 

C. Anciens thèmes en i : fola. 

D. Anciens thèmes consonantiques : ^7//;flr^ Albann, Duine. 



Un Dialecte irlandais. 423 

E. Aodhbha est, dans notre dialecte, l'équivalent du moyen- 
irlandais ae, vieil-irlandais au nominatif ôa. 

Le nominatif s'emploie en fonction de génitif pour les mots: 
bean-ôg (cf. mna), torr, tabhairne, clé, troid, clann, arm, croidhe. 

3. Datif. La désinence du datif est conservée dans les 
mots suivants: Eirinn, làimh, Albainn, cloinn, ôig, chli; dans 
bais et Manannàin la forme du génitif est employée par erreur 
en fonction de datif. 

Le datif est identique au nominatif dans righ, criifh, fear, 
oidhche, taobh, céile, Déirdre, triohiôid, Icanhh, beanôg, oileàn, 
clann, rôs, fiach, coi II, intinn, deas, faiichios, cath, teas, sncnchta, 
mathair, gràdh, cuideachta, aistear, tir. Il semble donc que le 
datif soit en voie de disparition. Le cas est d'ailleurs suffisam- 
ment déterminé par la préposition. 

4. Nominatif pluriel. L'ancien nominatif pluriel persiste 
dans saighdinir, caraid, ceannfairt. On a refait à ri un pluriel 
en -te d'après l'analogie des thèmes à dentale : righte au lieu de 
l'ancien pluriel riogha qui était primitivement une forme d'ac- 
cusatif. Putôg et sgamhôg font au nominatif pluriel putôga, 
sgamhôga. A côté de ceannfairt, on trouve ccannfairteachai. 

5. Le génitif pluriel est distinct du nominatif pluriel d^ns 
ceannfart. Il lui est identique dans righte, coirp, conirâidi, nam- 
haid. 

6. Le bh du datif pluriel n'est conservé que dans fearaibh ; 
pour sûili, conirâidi, dearbhraithreachai, gnôthai le datif est iden- 
tique au nominatif pluriel. 

7. Voici dans notre texte les formes des prépositions 
unies aux pronoms : 

i""* p. sg., orm, lioni, agani, uaini, dhom. 

2^ p. sg., agat, diiit, leat, romhat, art. 

y p. sg. masc, uaidh, leis, dhô, dhe, aige. 

y p. sg. fém., leithe, iiaithe. 

V p. pi., orrainn, dhninn. 

2^ p. pL, agaiÇhW), lib, dhiiibse, dib, asib (avec b et non /;/;). 

y p. pi. A cette personne notre dialecte a conservé deux 
séries de formes, les unes avec le pronom au datif, les autres 
avec le pronom à l'accusatif. A la première série appartiennent 
orraib, leôib, dhôib, dib, asioib. A la seconde appartiennent acu, 



G. Dottin. 424 

rompu. L'irlandais moderne est, comme on le voit, très diffé- 
rent sur ce point du vieil-irlandais. 

8. La désinence de la i""^ pers. pi. m/«'i s'emploie comme 
pronom absolu : iiia's niiiid. 

9. Comparatifs : breagha, ôige, tréine, cumhachtaighe, mô. 



CONJUGAISON ^ 

Présent: réidhîigh, faghaidh. 

Présent d'habitude : seasann. 

Lmpèratif : teirigh, tagaigidh, tôgaigidh, cuimhnighidh, bigidh, 
siubhlaigidh, deunaigidh. 

Imparfait: tagadh, gearradh, biiaikadh. 

Prétérit: i'"'' p. sg., fuarais. 

V^ p. pi., bhUmiid. 

y p. sg., siddh, chraith, leag, ghlaoidh, ghlac, bhiiail, seas, 
saoil. 

d/fosgail, d'innsigh, d'ionnsiiigh. 

Futur: V p. pi., dcunfamuid, rachaviuid. 

Relatif: bhéidheas, feicfcas, deunfas (iné, mitid), feudfas 
(ni nid). 

y p. sg., cosnôchaidh, geobhaidh, réidhteôchaidh, foillseôchaidb, 
fuighidh, rachaidh. 

feicfidh, cuirfidh, aithrisfidh, tiocfaidh, feiichfaidh. 

Conditionnel: i""^ p. sg., deunfainn. 

3^ p. sg., cosnôchadh, geobhadh, iompôchadh, tiitbhradh. 

tiocfadh, iôigfcadh. 

PASSIF. — Présent: ciiirtear, kigtear,fendtar. 

Imparfait : leigthi, Icigti. 

Prétérit : cloiseadh, Jeagadh, righncadh, déarnadh, marbhiii- 
gheadh. 

facas. 

INFINITIF: thidheachtan, fannacht, kagaint. 

Participe : ràidhte, caithte, maithte, fohiighthe, leagtha. 

I . Nous n'avons pas fait entrer dans cette liste les formes déjà relevées, 
t. XIV, p. 117. 



Un Dialecte irlandais. 425 



2. TEXTE. 

Le conte que nous publions ci-après diffère peu de la seconde rédaction du 
« meurtre des fils d'Usnech » que l'on trouve chez H. d'Arbois de Ju- 
bainville, L'Épopée celtique en Irlande, t. 1, p. 256-286 (Cours de littéra- 
ture celtique, t. V). Il est seulement moins détaillé et moins complet. 
Il ne contient aucun détail sur les circonstances de la naissance de 
Derdriu ni sur sa famille; il n'y est question ni de l'amour du roi pour 
Derdriu, ni du geas qui interdisait à Noise de venir en Irlande en temps 
de paix, à moins qu'il ne fût en compagnie de Cuchulainn, Conall ou 
Fergus, ni des présages de mort que Derdriu fait remarquer aux trois 
frères, ni des exhortations de Conchobar pour décider les Ulates à tuer 
les fils d'Usnech. D'autre part, notre récit renferme quelques innova- 
tions : Conchobar est remplacé par Manannân ; Noise par Aille ; c'est 
la nourrice de Derdriu et non le hasard qui fait connaître Aille à Der- 
driu ; ce n'est qu'après avoir tenté une expédition en Ecosse et après 
avoir été repoussé que Conchobar a recours à la ruse pour se venger 
des fils d'Usnech; enfin au lieu d'être décapités par le fils du roi de 
Norwège, les fils d'Usnech se tuent les uns les autres par mégarde. 



426 G. Dotîin. 



Transcription phonétique. 

1. Rôgù l'dnà mnâ. Niiër rôgù hi, vi si nà l'dnà rô bra gô 
ro ke yàmk i diànà iônà yi l'anâ brdyà. 

2. Kôru fis ër à dnàdçir nç) gô vçkït sç an l'anit. Hdnik an 
driâdôir agûs dçy^ sç ér à l'dnà. Noir a ydnïk sç in l'dnà, rôni 
sç à yjasà dnâyt'. Xdnik se an triblôid yôsnQx' ï^ É'ré ■(:{ Içki 
an l'dnà iàytïn sûàs gô ddgàt si nà banôg. 



3. Nûër adûrty an driâdôir, gô gôsnoit sç ïn triblçid yo 
É'ré va likti an l'dnà hiàytin sùàs nà bançg, kôru fis ër ri Mô- 
nônân, gôn insit sç vq an triblçid yûkày orûb ma liktër hi 
hiàyt sùàs nà ban ôg. Dûrt an ri gô-dôkit sç hi 79 hen. 

4. Nûëré à klôsù an ydël fûà may yôn l'dnà togû an l'dnà 
àstydy gôdi tydy an d°li. Hanik nà rityë, hânik an driàdgir, 
Lydgu an l'dnà Idhër nà rityë. Xdnïk sied an l'dnà. Dârty sied 
nay wdkà çôn l'dnà eriô nis dl'ë nà nis brdyà nà l'dnà. — « Nis », 



Traduction française. 

1. Une fille naquit. Quand elle fut née, c'était une si belle 
enfant que celui qui la voyait était émerveillé de sa beauté. 

2. On envoya chercher le sorcier pour qu'il vînt voir l'en- 
fant. Le sorcier arriva et il regarda l'enfant. Quand il eut vu 
l'enfant, il accomplit son art de sorcier. Il vit les malheurs 
que cette enfant coûterait à l'Irlande si on la laissait atteindre 
l'âge de femme. 

3. Lorsque le sorcier eut dit qu'elle coûterait de grands 
malheurs à l'Irlande si on la laissait atteindre l'âge de femme, 
il envoya chercher le roi Manannan, pour lui dire les malheurs 
qui fondraient sur eux si on laissait l'enfant atteindre l'âge de 



Un Dialecte irlandais. 427 



Transcription orthographique. 

1. Rugadh leanbh mnd. 'n uair a rugadh i, bhi si 'na 
leanbh ro bhreagh, go raibh an té chonnaic i [ag] déanamh ^ 
iongnaidh dhi^ lé n-a breagha'. 

2. Cuireadh fios air an draoidlieadôir nô go bhfeiceadii se 
an leanblî. Thdinic an draoidheadôir agus d'feuch se air an 
leanbh. 'n uair a chonnaic se an leanbh, righne se a chleasa 
draoidheachta. Chonnaic se an trioblôid chosnôchadh dh' Ei- 
rinn dhd leigthi an leanbh thidheachtan suas go dtagadh si 'na 
bean-ôg'i. 

3. 'n uair adubhairt an draoidheadôir go gcosnôchadh si an 
trioblôid dho Eirinn dhd leigti an leanbh thidheachtan suas 'na 
bean ôig, cuireadh fios air righ Mananndin, go n-innseadh se 
dhô an trioblôid thiocfadh orraib5, md leigtear i thidheacht 
suas 'na bean ôig. Dubhairt an ri go dtôigfeadh se i dhô fein. 

4. 'N uair a cloiseadh an chdil chuaidh amach dhe 'n 
leanbh, tôgadh an leanbh asteach go dti teach an dlighidh. 
Thdinic na righte, thdinic an draoidheadôir. Leagadh an 
leanbh [i] Idthair na righte. Chonnaic siad an leanbh. Du- 



femme. Le roi dit qu'il la prendrait pour lui. 

4. Lorsqu'on eut appris les bruits qui couraient au sujet 
de l'enfant, on transporta l'enfant dans la maison de la loi. 
Les rois vinrent, le sorcier vint. On déposa l'enfant au miheu 
des rois. Ils virent l'enfant. Ils dirent qu'ils n'avaient jamais 
vu un enfant plus avenant et plus beau que cette enflint. — 
« Eh bien », dit le sorcier, « n'avez-vous pas vu l'enflmt ? » 



1 . En Connaught dîoiiauih = diongnainh. 

2. Toujours prononcé comme s'il s'écrivait dhaoi. 

3 . Leg. breagl)acht. 

4. Leg. vinaoi ôig. 

5 . orra est plus usuel. 



428 G. Dottin. 

ïsïndriàdôir, « na-/ûil ôg°i ér n dfârk ér à l'dnà ?» — « Gôkçrd à 
ta ôgôtsë lé râër a l'ânà? » — « Ta mise râ lib ànis gô gôsnâ an 
rdnà so fwil agus k.°irp, ma liktar a k3^ân lés à l'ânâ. » — 
« Tçkyé mesi yôm. hçn », durty ri Mônônân, « dianà mç 
tdwr klô/a yï 'i^ '^ty na/ v^kë çnya^ hi, o durty an driàdoir 
gô gôsnât sî mçtsën triblçid yôn ilân. » 



5. Vî nâ rityë sdstà les, mar ôk sied brahunâs, an l'dnâ y°iï 
in bais. Rïiîi sç an tdwr lai an l'dnà, gô dç)kït sç siias. Fùàr se 
bdnàltra vi féluna*/ lai an l'dna Qgy dilt. Ni rô fis ég ényd-/ wdi 
sin âmdx gô kçàrd bô kô'r yôn l'dnà. 

6. Vi tr'ûr drahër yë ylan Ésnyë ëg à ri Mônônân. Bwi 
hiëd an tr'ur à bar yira vi ïn Érin le nà lifi. Ni rô bwiàl bdhàna 
dç) orôb ; ni rç çàn ndwidy ya yi^ytàyt vi gru hiëd wûàlà na 
^ân laëvà ir/tàrà-/ d'ity orôb. Nùër rôgù Nis, agûs Â'iyë ïs 
Ardân, rôni an driàdçir à ylds driàyt', durty léhe nay rô bwiàl 
bahà na dç na ndwid ë bi-/ ya /.û/tax çàn laev is far d'Ity ôrôb. 



— « Qu'as-tu à dire au sujet de l'enfant ?» — « Je vous dis 
maintenant que cette enfant coûtera du sang et des cadavres si 
on lui laisse la vie ^ » — « Je la prendrai pour moi », dit le 
roi Manannan; « je ferai une tour de pierre pour elle, dans un 
lieu où personne ne la verra, puisque le sorcier a dit qu'elle 
coûterait tant de malheurs à l'île. » 

5. Les rois furent contents de lui, car ils avaient condamné 
l'enfant à mort. Manannan fit la tour pour l'enfant afin de 
l'élever. Il trouva une nourrice qui fut habile à élever l'enfant. 
Personne à partir de ce moment ne sut ce qu'on avait fait de 
l'enfant. 

6. Il y avait trois frères, fils d'Usnech, chez le roi Manan- 
nan. C'étaient les trois hommes les plus braves qu'il y eût en 

I. Littéralement « la tête ». 



Un Dialecte irlandais. 429 

bhairt siad nach bhfaca [siad] aon leanbh ariamh nios dilne nâ 
nios breagha nà a' leanbh. — « Anois », ar san draoidhea- 
dôir, « nach bhfuil agaibh^ 'ur^ n-amharc air an leanbh ?» — 
« Caidé a' rud atd agat-sa lé rddh air an leanbh ?» — « Ta 
mise [ag] rddh lib anois go gcosnôchaidh an leanbh-so fuil 
agus coirp md leigtear an ceann leis an leanbh. » — « Tôgfaidh 
mise dhom féin i », dubhairt ri Mananndin, « deunfaidh mé 
torr3 cloichedhi in dit nach bhfeicfidh aon-neach i, 6 dubhairt 
an draoidheadôir go gcosnôchadh si a[n] méid sin triobl6id[e] 
dho 'n oiledn. » 

5 . Bhi na righte sdsta leis, mar thug siad breitheamhnas an 
leanbh chur in 4 bdis. Righne se an torr l'aghaidh s an leinbh, 
go toigfeadh se suas[i]. Fuair se banaltra bhi feileamhnach^ 
l'aghaidh an leinbh ôig faghdilt. Ni raibh a fios ag aon neach 
uaidh sin amach caidé 7 an rud ba côir dho'n leanbh. 

6. Bhi triur dearbhrdthar^ dhe chlann9 Uisnigh aig an righ 
Mananndin. Ba h-iad an triur a b' ^° tearr d' fir^^ a bhi in Ei- 
rinn le n-a linn. Ni raibh baoghal bdthadh " nd dôghadh ^3 
orraib. Ni raibh aon ndmhaid dhd chùmhachtacht bhi i gcruth 
iad abhualadh, nd aon Idmh uachtar faghail[t] orraib. 'N uair 
[ajrugadh Naois agus Aille 's Arddn, righne an draoidheadôir 



Irlande de Teur temps. Il n'y avait pour eux aucun danger, ni 
de noyade, ni d'incendie. Aucun ennemi, quelque puissant 
qu'il fût, n'était capable de les frapper, ni d'obtenir la victoire 
sur eux. Lorsque Naois, Aile et Ardan étaient nés, le sorcier 

1 . On dit agaidh dans l'ouest du Connaught. 

2. = bhur. 

3 . La prononciation aw est particulière au dialecte du West Connaught. 

4. = chiim. 

5 . = Ze h-aghaidh. 

6. oireamhnach. 

7 . Ordinairement écrit cai e, prononcé go dé. 

8. La prononciation drâthar n'est pas régulière. 

9 . Leg. chhinn. 

10. z=: doba. 

11. = d'fearaibh. 

12. Leg. bdidhtt. 

1 3 . Leg. dôighte. 



4^0 G. Dottin. 

"Sodé à gdil. Vi sied na dri haédyur êg à ri Mônônân. Ni rô 
tr'ur fir bô vrâyà nà hiéd. Vi eg à ri anyyàn orôb. Vî fatyis ëg 
gâ7 nyd-/ hiéd ônsç, "In sàn âmsïn vi a gdil yômor, na-/ rô 
kyârd é bi-/ yo nâ tiré na -/ûalà a gdil le faus a-iîdskyé. 



7. In san dmsin, vi an vanôg in sa tdwr, nior çan 7°iné le 
yôl àstydx ïn sa tdwr a-/ Mônônân. Bwi he sén dhér, bwi è 
hdnïm Drédrà ni Wônônân. Nôiré vi si g'érï suas nà banôg 
-/ô'' si spé's i-var. Rïiii si asliiî in sàn r/yé, gô wdkà si in sàn 
dsliii far 'gà rô à yrûà -/ôdydrôg les à rçs, agûs à grûég yàdû 
les vlà-/du, as a -/rdyjàn y.ôgydl les an snydytà. 



8. La 'r nà wdirày, nûér vî si agûs a mâhér fri yéié, diàrà 
si YÔnwâhér gôn ydrnâ si asliiî à r^r, gô-wdkà si an far bô 
vrdyà ydnik sûil ban erio, gô rô à grùà yôdydrôg les à rçs, à 
yrùég yôdû les viàydïi, agûs a yrdyjàn yôgydl les an snydytà. 
Dùrty an wâhër léyyè : « Ta far en aràm t'dhér, mar ta rati 



avait accompli son art de sorcellerie, et avait dit qu'il n'y au- 
rait aucun danger, ni noyade, ni incendie, ni ennemi au 
monde quelque puissant qu'il fût, qui pût venir à bout d'eux. 
Voilà leur réputation. Ils étaient tous trois soldats chez le roi 
Manannan. Il n'y avait point trois hommes qui fussent plus 
beaux qu'eux. Le roi avait une grande estime pour eux. Tout 
le monde avait peur de les attaquer. Dans ce temps, leur re- 
nommée était si grande qu'il n'y avait point de contrée dans 
le monde entier qui n'eût entendu parler de l'excellence de 
leur bravoure. 

7. Pendant ce temps-là, la jeune fille était dans la tour, et 
il n'y avait point d'homme à entrer dans la tour, sauf Ma- 
nannan. Il était son père; elle s'appelait Derdriu, fille de Ma- 
nannan. Q.uand elle eut atteint l'âge de femme, elle se prit 
d'amour pour un homme. Elle fit un songe une nuit ; elle vit 



Un Dialecte irlandais. 4; i 

a chleas draoidheachta : dubhairt léithe nach raibh baoghal 
bâthadh ^ nâ dôghadh^ nâ namhaid air bith dhâ chumhach- 
tach[t] aon5 lamh is fearr faghâilt orraib. Siod4 é > a gcail. Bhi 
siad 'nd dtri saighdiuir aig an righ Manannâin. Ni raibh triur 
fir^ ba bhreagha [io]nd iad. Bhi aig an righ an-ghean orraib. 
Bhi faitchios aig 7 gach [aon] neach iad ionnsuighe. In san am 
sin, bhi a gcail chomh môr nach raibh cedrd air bith dhe na 
na tiri[bh| nach gcuala a gcdil le feabhas a ngaisge. 

7. In san am sin, bhi an bhean ôg in san torr. Ni raibh 
aon dhuine le dhul asteach in san torr acht Mananndn. Bd hé 
soin a hathair, ba hé a hainm Déirdre ni Mhananndin. 'nuair 
a bhi si aig eirghe suas 'na bean ôig, chuir si spéis i bhfear. 
Righne si aisling in san oidhche, go bhfaca si in san aisling 
fear ag a raibh a ghruadh chomh dearg leis an rôs, agus a 
ghruaig chomh dubh leis an bhfiach dubh agus a chroiceann 
chomh geai leis an sneachta. 

8. Là air na bhdireach, 'n uair bhi si agus a mdthair fri 
chéile, d'fiarfuigh si dhe 'n mhdthair go ndedrna si aisling 
aréir, go bhfaca si an fear ba bhreagha chonnaic sûil bdn ^ 
ariamh, go raibh a ghruadh chomh dearg leis an rôs, agus a 
ghruaig chomh dubh leis [an] bhfiach dubh, agus a chroiceann 



dans ce songe un homme dont la joue était rouge comme la 
rose, et la chevelure noire comm.e le corbeau, et la peau 
blanche comme la neige. 

8. Le lendemain, quand elles furent toutes deux, sa mère 
et elle, elle dit à sa mère qu'elle avait fait un songe la nuit 
dernière, qu'elle avait vu l'homme le plus beau qu'eût jamais 
vu œil de femme, que sa joue était rouge comme la rose, sa 
chevelure noire comme le corbeau et sa peau blanche comme 

1 . Leg. bâidhte. 

2. Leg. dôighte. 

3 . Leg. an. 

4. = sud. 

5. Leg. /'. 

6. Leg. fear. 

7 . Leg. air. 

8. Leg. mnâ. 



432 G. Doit in. 

agât. 'Séné Âilyë. Ta bôrty d°râhër élë egë. "Sied nd fir ïs 
brâyà yânik ban ério le nà sùilé. » — « Mar wâ me hé leâ 
posa, yôfâ me bas leà grâ -(ç. » — « Rçtyo misé dô yas. » 
Dûrty an wahêr leâ Ailyé. 



9. ^In sàn âmsïn, hânik an bûstêrï ; wâri se mïnan lai an 
dinçr. Vi sied féà-zint ér àn-miistërï marw an minant Vf ér 
à tâlâ snyâ-/tâ, vi an tâlà fâlï. Xrô-/ an bûstëri suas an minan, 
hârifi se' y°idfôla. D'oskil se sûàs an mïnan, harifï se 'ma-/ à 
fôtogi yôdiwâ agùs à yri agùs sgawôgi. Xd se ër d snyâytd, hug 
se lés dn minân gô dyûrit se sûds dn minan léyyé wusddya yôn 
wânaltrd. Hânïk dn fidy du, hôsd se g'ôl nd fôld. Vf dn vançg 
agùs dn wandltra fçdyint ër d vidydù g'ol nd fôld. — « Nis, 
ïnin, vçkin tu dn fidydu, ta g' 61 na fôld, td grâeg dn-yâr so 
wil tusâ ïn grâ les ; ta yrûd mar dn-il, agus d yrayydn yôgydl 
les an snydytâ. » — « Wâhér, kédnos é v^kim'hé ?» — « Didnd 
misé anmçd sin lé gô véki tu hç. X°irï mç sgyçdld ég Ailyé 
an nos gôddgdy a Yrdhrdoyi agus d y°idy kômradi. 



la neige. La mère lui dit: — « Il y a dans l'armée de ton père 
un homme comme tu dis. C'est Aillé. Il a deux autres frères. 
Ce sont les hommes les plus beaux qu'ait jamais vus une femme 
de ses yeux. » — « Si je ne l'ai pour époux, je mourrai 
d'amour pour lui. » — « J'arrangerai, moi, ton affaire. » La 
femme dit cela d Aillé. 

9. En ce temps-là, le boucher vint, et tua un chevreau pour 
le dîner. Elles étaient à regarder le boucher tuer le chevreau. 
Il y avait sur la terre de la neige, la terre en était couverte. Le 
boucher suspendit le chevreau, il lit couler le sang. Il ouvrit 
entièrement le chevreau, il en tira les boyaux, le foie, le cœur 



I. Leg. vïnân. 



Un Dialecte irlandais. 435 

chomh geai leis an sneachta. Dubhairt an mhdthair léithe : 
« Td fear in arm t'athar mar ta rdiJhte agat. Sin é Aille. Ta 
beirt dhrdthair ^ elle aige. Siad na fir is breagha chonnaic bean 
ariamh lé n-a siiili[bh]. » — « Mar- bhfaghaidh mé é le pô- 
sadh, geobhaidh mé bds le grddh dhô. » — « Réidhteôchaidh 
mise do chds. ;> Dubhairt an mhdthair lé Aille [an ni sin]. 

9. Insan am sin, thdinic an buistéire. Mharbhuigh se mion- 
nân l'aghaidh an dinnéir. Bhi siad [ag] feuchaint air an mbuis- 
téire [ag] marbhadh an mhionndin. Bhi air an talamh snea- 
chta : bhi an talamh folnighte3. Chroch an buistéire suas an 
mionndn. Tharruing se a chuid fola. D'fosgail se suas an 
mionndn. Tharruing se amach a phutôga, a chuid aodhbha^ 
agus a chroidhe agus a sgamhôga. Chaith se air an sneachta 
[iad] ; thug se leis an mionndn go dtiubhradh se suas an 
mionndn l'aghaidh ûsaide, dho'n bhanaltra. Thdinic an 
fiach dubh : thosuigh se ag 61 na fola. Bhi an bhean ôg agus 
an bhanaltra [ag] feuchaint air an bhfiach dubh ag 61 na 
fola. — « Anois, a inghin, an bhfeiceann tû an fiach dubh 
td ag ôl na fola ? Td gruaig an fear 5 so [a] bhfuil tusa i ngrddh 
leis [mar an bhfiach dubh sin], td a ghruadh mar an fuil agus 
a chroiceann chomh geai leis an sneachta. » — « A mhd- 
thair, cionnus a bhfeicfidh mé é ? » — « Deunfaidh mé an 
méid sin lé go ^ bhfeicfidh tû é. Chuirfidh mé sgeula aig 



et les poumons. Il les jeta sur la neige; il emporta le chevreau 
pour le donner à apprêter à la nourrice. Un corbeau vint et 
se mit à boire le sang. La jeune fille et la nourrice étaient à 
regarder le corbeau boire le sang. — « Eh bien, ma fille, tu 
vois le corbeau qui est en train de boire le sang ; les cheveux 
de cet homme que tu aimes sont comme ce corbeau, sa joue 
est comme le sang et sa peau aussi blanche que la neige. » — 



I, 


= dhearhhrâthair. 


2. 

3- 

4. 
5. 

6. 


= tniina. 

Leg. falnighthe. 

aedh dans l'ouest du Connaught 

Leg. jir. 

= chum go. 




Revue Celtique, XVI. 



31 



4U G.Dottin. 



10. Nûer fûér Âilyë sgyéalà, hdnik nyendi les a Yrihçr 
Ardân agùs à y°idy kômrddï ïn à -/"idya'/at. Hanik sied ér ai an 
tdwr. Vi an vanog agùs an wdnaltrà fanàyt gô vékit sied iéd. 
Hyûil sied sis agùs 'ûàs ër ai an tdwr. Nôirë yànik sied an va- 
nog, durt sied na-/ wdkâ ényar le na hûli ban nis-prdyà nd hi. 
Hânik sied er ds. 



II. Fûa sied ég 61 stya-/ i-dyd-/ a tdvernyë. Hi sied sis -/ô 
fada, agùs vï sied nà si sis g'61; s'e an kçrà vi akà kôr sis ër 
brd'/à an vanôg. Nôirë d'ôïl sied anôing, d'çiri sied sûàs a-g°i- 
dyà-/tà /éle. Hanik sied wdla. 

La ér nà wdirà-/, t'inse kydn gô nà komrddi gôn-ydr is Qgye 
YÔ na drydhàro'/i an tdriskint fùér Âilye. Hdnik an farôg gôdi 
'n à yrdhër Ailye. Diàrôyà yô : "An fi°r an skyçàl ta rdti 
g'ûàr tu ôfàr ër à-mannôg o°rtlat, agùs ma fwéris, kçrd na-/ 
tyûrà lat hi ? » • — « Ni dka mesi, agùs da vçkin, ni -/enygy 
rôd ë bih wé Yàm m'dnàm vç kdilti lé'/yë. » ''Ansin, hânik 
gay ùa"/ï an vanôg, dûrt sied gô mô kldhïrë vi in sa-vdi fùër 
an tdriskint. Dûrt se gô dôkit se les i. 



« Ma mère, comment le verrai-je ?» — « Je ferai tout ce qu'il 
faut pour que tu le voies. Je dirai un mot à Aillé en sorte que 
viennent ses frères et ses camarades. » 

10. Quand Aillé sut l'histoire, il vint, avec son frère Ardan 
et ses camarades en sa compagnie. Ils arrivèrent en face de la 
tour. La jeune fille et la nourrice attendaient pour les voir. 
Ils se promenèrent de long en large devant la tour pour voir 
la jeune fille. Quand ils l'eurent vue, ils dirent que jamais un 
homme n'avait vu de ses yeux une femme plus belle qu'elle. 
Ils s'en retournèrent. 

11. Ils s'en allèrent boire dans une auberge, ils restèrent 
assis longtemps et ils restèrent assis à boire, la conversation 
qu'ils tenaient tomba sur la beauté de la jeune fille. Lorsqu'ils 



Un Dialecte irlandais. 43$ 

Aille an nos go dtagadh a dhearbhràithre agus a chuid 
comraidi. » 

10. 'N uair fuair Aille sgeula, thâinic in aendidh leis a 
dhearbhrdthair Arddn agus a chuid comraidi in a chuideachta. 
Thdinic siad air agaidh an torr^ Bhi an bhean 6g agus an 
bhanaltra [ag] fanacht go bhfeiceadh siad iad. Siubhail siad 
sios agus suas air aghaidh an torr3 nô go bhfaca siad an bhean 
ôg. 'N uair a chonnaic siad an bhean og, dubhairt siad nach 
bhfaca aon fear dé n-a siiiii[bh] bean nios breagha nd i. 
Thdinic siad air ais. 

11. Chuaidh siad ag 61 asteach i dteach an tdbhairne. Suidh 
siad slos go fada, agus bhi siad 'na suidhe sios ag 61. Is é an 
c6mhrddh bhi aca cur sios air bhreagha an bhean 6g^. 'N uair 
d'61 siad a nd6ithin d'eirigh siad i gcuideachta a chéile. Thdi- 
nic siad a bhaile. 

Ld air n-a bhdrach, d'innsigh ceann dhe na comrdidi[bh] 
dho'n fear is 6ige dhe na dearbhrdithreachaibh an tairsgint^ 
fuair Aille. Thdinic an fear 6g go dti n-a dhearbhrdthair Aille. 
D'fiarfuigh se dhe : « An fior an sgeul td rdidhte go bh-fuair tii 
offer air an mbean ôig thabairt leat ? agus md fuarais, créad 
nach tiubhrd leat i ? » — « Ni faca mise, agus dd bhfeicinn, 
ni choinne6chadh 4 rud air bith uaithe dho m'anam bheith 



eurent assez bu, ils s'en allèrent tous de compagnie. Ils ren- 
trèrent chez eux. 

Le lendemain l'un des camarades raconta au plus jeune des 
frères la proposition qu'avait reçue Aillé. Le jeune homme 
alla trouver son frère Aillé. Il lui demanda: « Est-ce vrai 
l'histoire qu'on m'a dite, que tu avais reçu la proposition 
d'emmener la jeune fille avec toi ? et si tu l'as reçue pour- 
quoi ne l'emmènerais-tu pas avec toi ?» — « Je ne l'ai pas 
vue et si je l'avais vue rien au monde ne m'arrêterait, même si 



1 . Leg. tiiirr. 

2. Leg. na tnnd ôige. 

3 . Leg. tairgsin. 

4. = choiighhôchadh. 



436 G. Dottin. 



12. Dûrty an wandltrà gôr ànis vi ânt am àcô ; « ta ri Mô- 
nônân g'ôl gô kûgyôlâ ér âstir ég à ri yùgyâla.. Nùër a dimé Mô- 
nônan gô kûgyôlâ, hùg Âilye les Drçdrà; dyémi sied gô Âlôb- 
win 11' aty a ro à garid rompu. Hanik sied ëg à ri Alobwin. 
Hanik se 'md^, yrà se a lâév le yéniné yô nâ drâharôyi. Xûr 
se kçàd mile faltyé rïv yjdn Esnyë. « Nisë », isrà Ailye yô nà 
wintre : « sôdi mô y^lë, Drédrâ ni Mônônan vi ïn sa tdwr klôyà 
o vl si nâ lydnà gô dânik si suas nâ ban ôg. Fùër mise hi, agùs 
is orâm a Idg si â sùil, agûs hit si ï grdy lyôm. Hôig me 
erôm hçn, o hit si ïn gray lyôm i ort lôm agùs dûrt me 
lôm hçn gô dokin gô Alôbwin ëg mô kdredy o ta sùil agâm 
gôr ta se. » Rùg ri Alôbwin ër Idëv ér Drç'drâ : « Nil çn-yar 
a yéfây an tdriskint nay dôekit se ç. Nis, kôsno se fwil agùs 
k^ërp ér an dstir so ; nis, ni dkà sibse m.ise agùs ni dkâ mise 
sib. Rdyâ tùsà, Ailyë, ëg iârlà YÛinë an tr'ôin a'risï tu yo t'dstir. 
K°ire mise g°irim sgwôlâ ridy an ildïn yùilé ri, ma 's ma les 
Idév yùganta ôrt dib, ta k'ad ôku. » Nis, ta triân y'ir Alôbwin 
ër iw klan Esnyë, yunâ yob, agùs iàrlâ yùinë â tr'ôin. 



je devais perdre la vie pour elle. » Là-dessus arrivèrent tous 
ceux qui avaient vu la jeune fille; ils dirent qu'il était un 
lâche, l'homme qui avait trouvé cette bonne occasion. Il dit 
qu'il la prendrait. 

12. La nourrice dit que c'était le bon moment pour eux. 
« Le roi Manannan est parti en Ulster pour aller rendre visite 
au roi d'Ulster. » Quand Manannan fut parti pour l'Ulster, 
Aillé prit Derdriu avec lui ; ils partirent pour l'Ecosse où était 
leur ami. Ils arrivèrent chez le roi d'Ecosse. Celui-ci sortit et 
donna une poignée de main à chacun des frères. Il souhaita 
mille bonjours aux fils d'Usnech. — « Eh bien », dit Aillé â 
l'assistance, « voici ma femme Derdriu, fille de Manannan, 
laquelle était dans la tour de pierre depuis le moment où elle 
était enfant jusqu'à ce qu'elle eût atteint l'âge de femme. Je 
l'ai trouvée et c'est sur moi qu'elle a jeté son regard, et elle 



Un Dialecte irlandais. 437 

caillte léithe. » Annsin thdinic gach a bhfaca an bhean ôg; 
dubhairt siad go mba cleathaire bhi in san bhfear fuair an tairs- 
gint. Dubhairt se go dtôigfeadh se leis i. 

12. Dubhairt an bhanaltra gur anois bhi an t-am aca : « Ta 
ri Mananndin ag 'ul go Cùig' Uladh air aistear aig an Righ 
Cûig' Uladh. » 'N uair a d' imthigh Mananndin go Cûig' 
Uladh, thug Aille leis Déirdre. D'imthigh siad go h-Albainn, 
an dit a raibh a gcaraid rômpa. Thdinic siad aig an Righ Al- 
bann. Thdinic se amach, chraith se lamh le [ga]ch aon-duine 
dho na dearbhrdithreachaibh. Chuir se ceud mile Bilte roimh 
chloinn Uisnigh. — « Anois », arsa Aille dho n-a mhuintir, 
« siod i mo chéile, Déidre ni Mhananndin, bhi ins an torr 
cloiche 6 bhi si 'na leanbh go dtdinic si suas 'na bean oig. 
Fuair mise i, agus is orm a leag si a sûil, agus thuit si i 
ngrddh liom. Thôig mé orm féin, 6 thuit si i ngradh liom, i 
thabhairt liom; agus dubhairt mé liom féin go dtôiginn go 
h-Albainn [i] aig mo charaid, ô td sûil agam gur td se. » Rug 
ri Albann air Idimh air Dhéirdre : — « Ni fuil aon fear a gheo- 
bhadh an tairsgint nach dtôigfeadh se é. Anois, cosnôchaidh 
se fuil agus coirp air an aistear so. Anois, ni faca sibh-se 
mise agus ni faca mise sibh. Rachaidh tusa. Aille, aig iarla 
Dhûine-an-Treoin ; aithrisfidh tû dhô t'aistear. Cuirfidh mise 
goirm-sgoile thrid an oilean. [Ga]ch uile ri, md 's maith leis 
Idmh chonganta thabhairt doib, td cead aca. Anois, td trian 



est tombée amoureuse de moi. J'ai eu le courage, puisqu'elle 
était tombée amoureuse de moi, de la prendre avec moi, je 
me suis dit à moi-même d'aller en Ecosse chez mon ami, 
puisque j'espère qu'il l'est. » Le roi d'Ecosse prit Derdriu parla 
main : — « Il n'y a pas un homme auquel on eût £iit cette 
offre qui ne l'eût pas acceptée. Maintenant, cette expédition 
coûtera du sang et des cadavres ; eh bien, je ne vous ai pas 
vus et vous ne m'avez pas vu. Tu iras. Aillé, chez le comte de 
Dun an Treôin, tu lui raconteras ton voyage. J'enverrai par 
toute l'île une proclamation. Tout roi qui voudra vous 
donner un coup de main en a la permission. » Alors un tiers 
des hommes d'Ecosse se mettent du côté des iils d'Usnech — 



438 G. Dottin. 



13. "In sân am sin, hânik anal Mwinônân léhe na y°\à. 
ârïm, gô wât se sasà ër klan Esnyé fwi an ïntn horl wai. Ha- 
nik se gô Halôbwin ëg ri Hdlôbwin agùs a ynyt arim. Nûër 
ydnik ri Halôbwin tià/ta agûs a y°\à ârïm nçndi les, dag se à 
hd)j, agùs fui se ma-/ fwi nâ '/iiie. Nûër hanïk an da ri 
ïn à yjk^è : — « KC^id mile fâ'ltye érç)t, ri Mônônân as 
E're », is a durty ri Halôbwin les. » Nôirë yrâ. sied lawë le 
7yçlé : — « Wil tùërisk ogùd dôm ér klan Esnyc ?» — « Nïl ; 
Ya-ddgà-/ sied agam, yianin diob prison e lé hu hdso. » — 
« Wil tùërisk e bih ôgùd ôrùb mar is gô hdlôbwin hânik 
sied. » — « Tdire ëg iârlà yûin à tr'ôin, agùs b'édir gô dyùrït 
se yùty tùërisk ôrùb. » 



14. Dimi se ëg iarla yùin a tr'oin. X°ir se fâ'ltye rïv Mônô- 
nân. — « Kéârd ç t' astir? » D'inse Mônônân y' iârlâ y^iin a 
trçin â-âstir. — « Wil tùërisk dgùd ër y\ân Esnye ?» — « Ta. 
Kéârd rôni sied ort, Içe gô danik tu as É'ré agùs dô yùytâ sâè~ 
dyuri ? » D'insë Mônônân ké ânt ùdâr hùg as E'rë: — « Hùg 
klan Esnyë ùëm m'ïnin Drçdrâ vi ïn sa tâwr klôyâ. » — « Ta 



pour leur donner aide — ainsi que le comte de Dun an 
Treôin. 

13. En ce temps-là, Manannan survint avec ses armées pour 
obtenir satisfaction des fils d'Usnech, au sujet de sa fille qu'Aillé 
lui avait enlevée. Il arriva en Ecosse, chez le roi d'Ecosse, avec 
sa puissante armée. Quand le roi d'Ecosse le vit s'avancer, lui 
et son armée avec lui, il quitta sa maison et alla dehors à sa 
rencontre. Quand les deux rois se furent rejoints : « Cent 
mille bienvenues à toi, roi Manannan d'Irlande », lui dit le 
roi d'Ecosse. Quand ils se furent serré la main : — « As-tu 
des nouvelles à me donner au sujet des fils d'Usnech ?» — 
« Non; s'ils étaient venus chez moi, je les aurais faits prison- 
niers pour te donner satisfaction. » — « As-tu sur eux quelque 
nouvelle, puisque c'est en Ecosse qu'ils sont allés? » — « Va 



Un Dialecte irlandais. 439 

dh'fir Albann air thaobh chlann ^ Uisnigh — congnamh [tha- 
bhairt] dôib — , agus iarla Dhùine an Treoin. » 

13. In san am sin thdinic anall Manannâin lé n-a chuid 
arm go bhfaghadh se sdsadh air chloinn Uisnigh faoi an inghin 
thabhairt uaidh. Thdinic se go h-Albainn, aig ri Albann, agus 
a chûmhacht airm. 'N uair chonnaic ri Albann ag tidheacht é, 
agus a chuid arm in aendidh leis, d'fdg se a theach, agus 
fuaidh^ se amach faoi 'na choinne. 'N uair thdinic an dd ri 
in 3 a chéile : « Ceud mile tdilte rômhat, ri Manannâin as 
Éire », is a dubhairt ri Albann leis. 'N uair chraith siad Idimh 
le chéile: — «[An] bhfuil tuairisg agat dom air chloinn Uis- 
nigh ?» — « Ni '1, dhd dtagadh siad agam, dheunfainn dib 
priosûnaigh lé thu sdsadh. » — « Bhfuil tuairisg air bith 
agat orraib, mar is go h-Albainn thdinic siad ?» — « Teirigh 
go h-iarla Dhùine an Treoin, agus b'féidir go dtiubhradh se 
dhuit tuairisg orraib. » 

14. D'imthigh se aig iarla Dhùine an Treoin. Chuir se 
fdilte roimh Mhanannain. — « Ceurd é t'aistear.? » D'innsigh 
Mhananndin dh' iarla Dhùine an Treoin a aistear. — « Bh- 
fuil tuairisg agat air chloinn Uisnigh ?» — « Td. Ceurd righne 
siad ort, lé go dtdinic tù as Eirinn agus do chumhachta saigh- 
diuraidh ? » D'innsigh Mananndin cia an t-ughdar thug as Ei- 
rinn [é]. — « Thug clann Uisnigh uaim m' inghean Déirdre, 
bhi in san torr cloiche. » — « Td siad annso, faoi chumhachta 



trouver le comte de Dun an Treoin et il peut se faire qu'il te 
donne de leurs nouvelles. » 

14. Manannan alla trouver le comte de Dun an Treoin. 
Celui-ci souhaita la bienvenue à Manannan. « Quel est le 
sujet de ton voyage ? » Manannan raconta son voyage au 
comte de Dun an Treoin. — « As-tu des nouvelles au sujet 
des fils d'Usnech? » — « J'en ai. Que t'ont-ils fait pour que 
tu sois venu d'Irlande avec tes puissants soldats ? » Manannan 



1. Leg. chimie. 

2 . = chuaidh. 

3. = chum. 



440 G. Doitin. 

sied inso fwi '/û/ta agùs misnyûil, trçdn, léa sâsà Qrt ditse. » 
D'inse iàrlâ yiiin a tr'oin 'n àty à ro sied ins an. 

15. D'yémi Mônônan agûs à y°id ^râm ïn sàn âty rurty 
larld vûin a tr'ôin n'âty à ro sied ïn san. Nûér a yânik klan 
Ésnye Mônônan tià-/t, agûs a xâ-/tà ârïm : « Nis, çyraliarô'/ï, 
anyû no gô bra-/. » Rçtyé sied hçn leyje an trédy. Hanik an 
dâ ârâm ïn â-/yçle. Vi gyârâ agùs sa edir a da arim; rine klan 
Esnye sliâ-/tâ ér arâm Mônônan. N°ire vi an la kâtyé agûs an 
iyye tiâ/t, stop an dâ ârâm. Là ër nâ wâirâ-/, yôsà an kâ nis 
kûyû nis trénâ nâ 'n kéâd la. Vi klan Lsnyé gyârâ agûs a lyâ- 
gint ârâm Wônônân nâ sliâytï. Has â ka gô tôrnçnâ. ''Stop 
sied tôrnçna yo 'n dârnâ là. In sânn iyyé yl^i Mônônan er â 
■/ôdy kyântàrtï : — « Kéàrd yanasmôdy â m^ïrà-/ ? » Durty nà 
•/yânflirtyô-/i les : — « Ma hâsan tu trédy à mâira-/ is ri vyôg, 
vçis agad g'ûl gô Eyrë. » N°iré yànik sç an sllayta vi dianti ër 
y°idy dràm, ^(\ak se gorlyà agûs durty gôn ômpQt se gô Éyré. 



raconta la cause qui l'avait fait partir d'Irlande. — « Les fiis 
d'Usnech m'ont enlevé ma fille Derdriu qui était dans la tour 
de pierre. » — « Ils sont ici forts, courageux et intrépides 
pour te donner satisfoction. » Le comte de Dun an Treôin lui 
dit l'endroit où ils étaient. 

15. Manannan partit avec ses armées pour l'endroit dont 
lui avait parlé le comte de Dun an Treôin, l'endroit où ils 
étaient. Quand les fils d'Usnech eurent vu Manannan s'avancer 
avec sa puissante armée : — « Allons, frères, aujourd'hui ou 
jamais ! » Ils se préparèrent pour le combat. Les deux armées 
en vinrent aux mains. On échangea coups de tranchant et 
coups de pointe entre les deux armées. Les fils d'Usnech 
firent un grand carnage de l'armée de Manannan. Quand le 
jour fut tombé et que la nuit fut venue, les deux armées s'ar- 
rêtèrent. Le lendemain, le combat recommença, plus fort, 



Un Dialecte irlandais. 441 

misneamhail, treun, lé sdsadh thabhairt dhuit-se. « D'innsigh 
iarla Dhûine an Treoin an dit a raibh siad. 

15. D'imthigh Manannain agus a chuid arm in san ait ar' 
^ubhairt iarla Dhûine an Treoin [clann Uisnigh a bheith], an 
dit a raibh siad in san. 'N uair a chonnaic clann Uisnigh Ma- 
nanndin ag tidheacht agus a chumhachta arm. — « Anois, a 
dheabhrdithreacha, andiu nô go brdth ! » Réidhtigh siad [iad] 
fhéin l'aghaidh an ^ troid-. Thainic an dd arm in3 a chéile. 
Bhi gearradh agus sdthadh eidir an dd arm. Righne clann 
Uisnigh sleuchtadh air arm Mananndin. 'N uair bhi an Id 
caithte, agus an oidhche ag tidheacht, stop an dd arm. Ld air 
n-a bhdireach4, thosuigh an cath nios cûmhachtaighe, nios 
tréine, nd an cheud ld. Bhi clann Uisnigh ag gearradh agus ag 
leagaint airm Mhananndin 'na sleuchtadh. Seas an cath go 
trdthnôna. Stop siad trdthnôna dhe'n darna ld. In san oidche 
ghlaoidh Mananndin air a chuid ceannfart[a]. — a Ceurd 
dheunfasmuid i mbdrach ? » Dubhairt na ceannfairt leis : — 
« Md seasann tû ag troid i mbdrach, is ri-bheag bhéidheas 
agat ag 'ul go hEirinn. » 'N uair a chonnaic se an sleuchtadh 
bhi deunta air a chuid arm, ghlac se a gcomhairle, agus du- 
bhairt se go n-iompôchad